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interviewFrance Inter — L'invité du week-end· 27 septembre 2025 17 min

Ingérences étrangères en Moldavie : "Ce qui se passe dans ces pays-là, ça se passera en France", estime Nathalie Loiseau

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Un grand entretien ce matin avec Marion Loiseau. Nous recevons une députée Horizon, membre du groupe avec Marion Loiseau. C'est Nathalie Loiseau. Bonjour Nathalie Loiseau.

0:17
Nathalie Loiseau

Bonjour Ali Badou. Bonjour Marion Loiseau.

0:20
Présentateur

Il y a eu un bug dans mon cerveau, mais je retrouve le sens commun pour rappeler Nathalie Loiseau que vous êtes députée Horizon, membre du groupe Renew au Parlement européen, ancienne ministre chargée des Affaires européennes, longue carrière dans la diplomatie, spécialiste des questions de sécurité et de défense, et que vous pourrez dialoguer avec les auditeurs de France Inter dans quelques minutes au 0145 24 7000 ou sur l'application de Radio France.

Beaucoup de sujets à aborder avec vous, échelle nationale, échelle européenne, évidemment échelle internationale, et j'aimerais qu'on commence par ça, puisque, je le disais, vous êtes spécialiste des questions de sécurité et de défense, et que depuis plusieurs semaines, l'Europe est confrontée à une série de violations de son espace aérien attribuée à la Russie, en Pologne, en Norvège, en Danemark. Hier, des avions de combat russes ont violé l'espace aérien estonien pendant 12 minutes. Des drones ont été repérés au nord de l'Allemagne, près de la frontière danoise. Quelle doit être la réponse, Nathalie Loiseau ?

1:26
Nathalie Loiseau

Alors d'abord, à quoi ça rime ? À quoi ça rime, ces incursions dans le ciel européen, qui ne sont évidemment pas revendiquées par la Russie, mais qui d'autre ? Qui d'autre a intérêt à essayer de semer la peur, le trouble, la division dans les démocraties européennes, qui d'autre que la Russie ? Là-dessus, il n'y a à peu près pas de doute, en tout cas, il y a des avions russes et des drones russes, il y a encore quelques enquêtes à finaliser, mais il n'y a pas de doute que de l'origine russe. C'est ce qu'on appelle la guerre hybride.

C'est-à-dire, nous faire la guerre, par d'autres moyens que des moyens militaires stricts, ça n'est pas une agression, mais c'est une manière de nous tester, pour voir comment nous réagissons.

2:13
Présentateur

Mais que faire, justement ? Quelle est la réaction ? Puisque pour le moment, il y a une forme de non-réaction, à part des mots qui sont prononcés.

2:19
Nathalie Loiseau

Il y a beaucoup de discours, il y a très peu d'actes.

2:22
Présentateur

Et il y a des divisions entre les 27, entre les discours, par exemple, du ministre allemand de la Défense, qui met en garde contre le piège de l'escalade, et d'autres qui tiennent des positions beaucoup plus fermes, à l'égard de Vladimir Poutine.

2:33
Nathalie Loiseau

Alors, il y a des différences de ton, mais je pense surtout qu'il est temps de montrer que les démocraties n'ont pas peur, qu'elles ne se laissent pas intimider, et que si on les provoque, elles réagissent.

2:46
Présentateur

Alors, expliquez-nous cette réaction, Nathalie Loiseau, puisque la question est simple, puisqu'on est en train de parler de la guerre et de la paix. Faut-il abattre, par exemple, un avion russe qui violerait l'espace aérien d'un pays de l'OTAN ?

2:59
Nathalie Loiseau

Il faut l'alerter, il faut lui dire de sortir de l'espace aérien européen, ou de l'OTAN, et s'il ne le fait pas, c'est assez risqueux et péril. Donc il faut l'abattre. Je vais vous rappeler, 2015, la Turquie...

3:15
Présentateur

Oui, la Turquie n'avait pas hésité.

3:17
Nathalie Loiseau

12 secondes. L'avion russe, il est resté 12 secondes dans le ciel turc, il a été abattu, il n'y a plus jamais eu d'avion russe dans le ciel turc.

3:24
Présentateur

Donc les Turcs ont eu raison ce jour-là.

3:26
Nathalie Loiseau

Est-ce qu'il y a eu une guerre ? Est-ce qu'il y a eu une escalade ? C'est un message que Vladimir Poutine a visiblement, parfaitement compris.

3:32
Présentateur

Et c'est donc le message que vous passez aujourd'hui à vos collègues européens et aux membres de l'OTAN. Oui, il faut abattre un avion russe.

3:39
Nathalie Loiseau

Ne pas se laisser faire. Ne pas se laisser faire. Ne pas donner le sentiment qu'après tout, les démocraties ont peur et qu'elles sont prêtes à laisser faire n'importe quoi.

3:49
Auditeur

Alors on a fait quand même une démonstration de force avec l'OTAN cette semaine en mer du Nord. Des avions de chasse, 20 bateaux, 10 000 militaires de différentes nations. Est-ce qu'il faut construire un mur anti-drone comme le souhaitent une dizaine de pays européens ?

4:03
Nathalie Loiseau

Et le commissaire européen à la défense ? Il a raison parce que ce qu'on a vu depuis quelques jours, et notamment en Estonie, en Pologne, c'est que quand l'OTAN réplique, elle le fait avec des moyens qui sont mal adaptés. Vous ne prenez pas un F-35 pour lutter contre des drones. C'est ce que j'appellerais un marteau-pillon pour écraser une mouche. Vous auriez pu citer un Rafale si vous vouliez faire du bien à l'égo national.

4:27
Présentateur

Un F-35, c'est un avion américain.

4:29
Nathalie Loiseau

C'était un avion américain et c'était une réaction italienne, allemande. En tout cas, c'est disproportionné. Donc il faut qu'on apprenne à se protéger contre notamment les drones. Il faut qu'on ait beaucoup plus de drones dans nos armées. Il faut qu'on apprenne à se protéger contre les drones. Et qui peut nous apprendre ça ? C'est l'Ukraine.

4:51
Auditeur

Mais ça se chiffre en milliards. C'est ce que dit aussi le commissaire à la Défense. Il dit que ça va coûter beaucoup d'argent. Ça va coûter moins d'argent

4:57
Nathalie Loiseau

de monter un mur anti-drone que d'utiliser des missiles sophistiqués, des avions de chasse sophistiqués contre des armes qui, elles, ne coûtent pas cher. Il faut le faire. Les Européens attendent de nous, de nos décideurs européens, qu'on les défende, qu'on les protège. Et donc, bien sûr que ça coûte de l'argent. Mais la destruction, la guerre, le coût de l'inaction serait bien plus grand encore.

5:22
Auditeur

Alors, puisqu'on parle des ingérences russes et que vous présidez la commission spécialisée contre les ingérences au Parlement européen, là, on parlait des ingérences physiques, mais il y a celles qui sont virtuelles et qui frappent certains pays. Alors, il y a eu la Roumanie à l'époque. Là, on parle de la Moldavie qui n'est pas un pays européen. Mais qui est candidate à l'accession à l'Union européenne. Qui est candidate à l'accession à l'Union européenne. Qui déjà signale des ingérences russes dans sa campagne. Comment est-ce qu'on fait pour l'empêcher, ça ?

5:45
Nathalie Loiseau

Alors, l'année dernière, il y a eu un référendum en Moldavie. Il y a eu une élection présidentielle en Moldavie. A l'époque, déjà, la Russie a dépensé l'équivalent d'un pour cent du PND de la Moldavie. Et elle a acheté 10 pour cent des voix des électeurs moldaves. Elle a perdu. Alors, comment on fait pour contrer ça ? On dit aux électeurs moldaves d'aller aux urnes. Et notamment ceux qui sont dans la diaspora. Ceux qui sont en France, pas ailleurs dans l'Union européenne. D'aller aux urnes et de ne pas se laisser voler. Leur élection et leur avenir par les ingérences russes. Je le dis d'autant plus que...

6:19
Présentateur

Vous êtes en charge de la lutte contre les ingérences étrangères au sein du Parlement européen.

6:23
Nathalie Loiseau

Et j'étais en Géorgie pour l'élection qui a été volée au peuple géorgien. Qui a été truquée. Où il y a eu des achats de voix. Où il y a eu un trucage massif. Et depuis, les géorgiens se sont fait voler leur avenir. La Géorgie a tourné le dos à l'Union européenne. Et une répression massive. Donc, la première chose que je dis, c'est aux électeurs moldaves, ne vous laissez pas faire.

6:45
Auditeur

Mais vous êtes inquiète pour le résultat de dimanche ? Parce que l'élection législative a lieu dimanche.

6:48
Nathalie Loiseau

Je n'ai aucun doute que la Russie met tout en oeuvre pour essayer de faire dérailler la trajectoire européenne de la Moldavie. Il y a des cyberattaques. Il y a eu un chantage à l'énergie. Il y a des achats de voix. Il y a de l'argent sale qui circule. Il y a eu une désinformation massive. Et attention, ça ne concerne pas qu'un petit pays un petit peu loin en Europe qu'on ne connaît pas très bien. Un état tampon

7:12
Présentateur

entre l'Union européenne et l'espace russe.

7:16
Nathalie Loiseau

Et je nous alerte, nous. C'est-à-dire que ce qui se passe dans ces pays-là, ça se passera en 2027 en France. Je n'ai aucune espèce de doute là-dessus.

7:24
Présentateur

Aucune espèce de doute. Alors, plusieurs auditeurs de France Inter vous interpellent, Nathalie Loiseau, et reprennent cette expression de lanceuses d'alerte. Rodolphe, Jeanne, Marie, tous se demandent comment lutter contre les ingérences étrangères. À quand une armée européenne commune ? Lanceuses d'alerte, ça ne suffit pas apparemment pour de nombreuses personnes qui considèrent qu'il faut maintenant passer à l'action et ne pas être uniquement dans l'apostrophe à Vladimir Poutine.

7:54
Nathalie Loiseau

Oh combien ! Je suis absolument d'accord avec eux. Moi, mon rôle de parlementaire, c'est d'abord de comprendre ce qui se passe, de l'expliquer à nos concitoyens. Donc, merci de m'écouter et de me donner la parole ce matin. Mais c'est évidemment de pousser nos dirigeants, nos gouvernements à agir contre...

8:10
Présentateur

Oui, parce que vous entendez l'inaction, l'inaction qui est dans le sous-texte de ces trois interventions différentes que je viens de citer.

8:16
Nathalie Loiseau

Je l'entends parfaitement. Et, par exemple, le cœur de tout ce dont on était en train de parler, c'est la guerre d'agression russe en Ukraine. Et on doit faire beaucoup plus aujourd'hui pour aider l'Ukraine à se défendre. Je crois que tout le monde, même Donald Trump, même Donald Trump, a compris que Vladimir Poutine n'était pas pressé d'aller vers la paix. Comment est-ce qu'on peut faire pour que la paix vienne plus vite face à une Russie qui comprenne qu'agresser ses voisins, essayer de les affaiblir, ça n'a pas de sens ?

8:49
Présentateur

Christophe a une idée qui ressemble à celle de Donald Trump. Cesser d'acheter du gaz liquéfié du pétrole russe qui finance la guerre.

8:56
Nathalie Loiseau

Ça, il a...

8:56
Présentateur

Oui, mais de nombreux membres des 27 continuent à le faire.

8:59
Nathalie Loiseau

À commencer par les meilleurs amis de Donald Trump. Donc, moi, j'entends le changement brutal de position de Donald Trump. Je ne vais pas le critiquer. Pour une fois que je suis à peu près d'accord avec lui, tant mieux. Mais je voudrais aussi qu'il agisse. Ceux qui, dans l'Union Européenne, continuent à importer du pétrole russe, c'est la Hongrie. C'est les plus proches de Donald Trump. Il passe un coup de fil à Viktor Orban et on va voir ce qui se passe. Mais au-delà de ne pas dépendre de la Russie, je demanderais à ce qu'on aide davantage l'Ukraine et pour le faire. C'est-à-dire envoyer plus d'armes, financer plus de soutien militaire.

J'entends aussi mes compatriotes qui vont me dire mais attendez, on a un déficit budgétaire, on a une dette, on a des besoins. Ils ont raison. Il y a, en Europe, sur le territoire européen, 200 milliards d'avoirs russes gelés qui dorment. Il faut les prêter à l'Ukraine. C'est maintenant qu'elle en a besoin. Ça correspond au dommage de guerre qu'un jour la Russie devrait lui payer. Il faut que la Russie paye pour la guerre qu'elle mène contre l'Ukraine.

10:06
Auditeur

Mais justement, Donald Trump, vous disiez, il a changé de position. Aujourd'hui, il semble beaucoup plus méfiant vis-à-vis de Vladimir Poutine qui jusqu'ici était son ami. Il affiche sa méfiance. Dans les mots. Est-ce qu'on peut compter sur lui en tant qu'allié pour venir aider à financer l'Ukraine ? Il faut arrêter de se demander

10:21
Nathalie Loiseau

ce que fait Donald Trump. Il faut se demander ce qu'on fait nous. Et si lui fait quelque chose en plus, tant mieux, c'est la cerise sur le gâteau. Mais c'est à nous d'agir d'abord.

10:30
Présentateur

Autre dossier sur lequel vous vous êtes engagé, Nathalie Loiseau, c'est la question de l'État palestinien qui était au centre, évidemment, de l'Assemblée générale des Nations Unies. Un État palestinien serait, je cite, un suicide national pour Israël. Ces mots sont de Benyamin Netanyahou qui complèterait. Nous ne l'accepterons jamais. Qu'est-ce que ça vous inspire, cette déclaration ?

10:51
Nathalie Loiseau

C'est la preuve que la France, mais aussi le Royaume-Uni et d'autres ont bien fait de reconnaître l'État de Palestine parce que ce que a dit hier Benyamin Netanyahou à la tribune de l'ONU, c'est exactement ce qu'on craint. il ne veut jamais d'État de Palestine.

11:07
Présentateur

Il dit qu'il n'y en aura jamais.

11:09
Nathalie Loiseau

Il ne veut jamais.

11:10
Présentateur

Ce n'est pas qu'une question de volonté, c'est une question ferme d'action.

11:13
Nathalie Loiseau

C'est sa position. Ça veut dire qu'il ne veut pas de paix parce que la paix au Proche-Orient, c'est deux États, Israël et la Palestine, vivant en sécurité côte à côte. Et donc, Benyamin Netanyahou, ça n'est pas une surprise, nous dit la paix, ça ne m'intéresse pas. Et c'est ça qui est tragique. Et pourquoi est-ce que la France et d'autres pays ont bien fait de reconnaître l'État de Palestine ? Il faut donner un espoir au peuple palestinien. S'il n'a plus aucun espoir, comment s'étonner qu'il se radicalise ? Si on lui dit que son avenir, c'est la mort ou l'exode. C'est ça que dit Benyamin Netanyahou aujourd'hui.

11:53
Auditeur

Ce que critique certain, c'est d'avoir fait ça alors que le Hamas est encore en place et ça serait donner une prise au Hamas.

11:58
Nathalie Loiseau

Je comprends, j'entends que la décision passe mal. Je ne vais pas dire non, non, tout va bien, tout le monde a compris. Alors, moi, je voudrais dire deux choses. S'il avait fallu conditionner la reconnaissance de l'État de Palestine à la libération des otages, libération qui aurait dû aboutir depuis longtemps, le Hamas est fautif à 100%. Il a commis le plus gros pogrom depuis la Deuxième Guerre mondiale. Ces otages, c'était un scandale absolu. le Hamas continue à combattre l'État d'Israël. Il est co-responsable de ce qui se passe à Gaza.

Mais s'il avait fallu conditionner la reconnaissance de l'État de Palestine à la libération des otages, on aurait donné au Hamas les clés de la reconnaissance de l'État de Palestine. Le même Hamas qui, lui, ne reconnaît pas l'État d'Israël. Mais ça, je ne l'accepte pas.

12:50
Présentateur

Question rapide. L'Espagne et l'Italie ont envoyé des navires de guerre pour protéger la flottille de navires humanitaires partie rejoindre Gaza et qui ont été visées par une attaque attribuée à Israël. Est-ce que la France devrait, elle aussi, se joindre à ses partenaires européens ?

13:06
Nathalie Loiseau

Autant, je ne partage pas la démarche des membres de cette flottille parce que je pense que c'est de la gesticulation qui n'apporte rien à la vie quotidienne des Palestiniens. Je pense que ça ne fait pas avancer la cause de la paix. Je pense qu'il y a une forme de mise en scène et de provocation. Autant, je trouve insupportable que ces gens avec qui je ne suis pas d'accord soient menacés et sans doute, même si Israël le conteste, par Israël. Donc la France

13:34
Présentateur

devrait se joindre à l'Italie et à l'Espagne pour protéger la flottille ? Je ne suis pas sûre

13:37
Nathalie Loiseau

que pour cette flottille il y ait besoin d'une armada. Mais la première chose qu'il faut dire et qu'il faut obtenir c'est qu'Israël cesse de harceler et de menacer

13:47
Auditeur

cette flottille, évidemment. Alors Nathalie Loiseau, on voulait vous parler aussi de politique nationale parce que le Premier ministre donne aujourd'hui un entretien aux Parisiens aujourd'hui en France où il écarte notamment la mise en place d'une taxe Zuckman sur les gros patrimoines, le retour de l'impôt sur la fortune. Il propose, je résume, de débloquer quelques milliards pour les retraites et la santé. Il revoit, ça va vous intéresser au niveau européen, les objectifs de déficit pour l'an prochain, un peu plus, 4,7% du PIB contre 4,6. Est-ce que tout ça, ça peut permettre de guérir la France homme malade de l'Europe ? Alors vous avez raison de le dire,

14:22
Nathalie Loiseau

en Europe aujourd'hui, on parle de la France comme un pays qui est face à des grosses difficultés et nos voisins européens ont du mal à nous comprendre. Ils ont du mal à comprendre qu'il n'y ait pas déjà une coalition de partis responsables qui s'intéressent aux biens communs pour essayer de redresser la situation. Regardez l'Allemagne, vous avez en gros la droite et la gauche qui gouvernent ensemble et c'est le cas dans beaucoup de pays européens. Ça, ils ne le comprennent pas bien. Ils ont du mal à comprendre que les Français hurlent à l'austérité ou à la rigueur quand dans beaucoup de pays européens on a pris des mesures beaucoup plus radicales pour sortir des déficits.

Donc c'est vrai, nos voisins ne nous comprennent pas. Moi, j'appelle les partis politiques à la responsabilité. Personne n'aura tout ce qu'il veut. dans la situation actuelle parce que l'Assemblée nationale est ce qu'elle est. Et le Parlement européen

15:19
Présentateur

également.

15:20
Nathalie Loiseau

Est-ce qu'on peut penser aux Français avant de penser à des postures politiciennes ? Vous avez raison, au Parlement européen, personne n'a la majorité tout seul. Personne n'a la majorité tout seul et pourtant on arrive à faire des compromis.

15:31
Présentateur

Sondage exclusif publié par le Grand Continent hier, 65% des personnes interrogées se disent humiliées devant l'accord commercial conclu cet été entre l'Union européenne et les Etats-Unis. Vous en faites partie ? Oui, bien sûr. Oui ? C'était une erreur de conclure cet accord commercial ?

15:47
Nathalie Loiseau

C'était une humiliation et l'humiliation c'est est-ce qu'on aurait réussi à faire autrement ? C'est ça la vraie humiliation. Est-ce qu'on est suffisamment compétitif ? Est-ce qu'on est suffisamment uni ? Est-ce qu'on est suffisamment déterminé pour pouvoir mieux résister ?

16:04
Auditeur

Donc il ne faut pas augmenter les impôts parce qu'on n'est pas assez compétitif ?

16:08
Nathalie Loiseau

Attendez, c'est deux choses complètement... On est en train de parler de ce qui s'est passé en Europe. Chaque pays est allé voir Ursula von der Leyen en disant attention moi j'exporte mes voitures donc il ne faudrait pas trop fâcher Donald Trump. Attention moi j'exporte etc. Le résultat c'est que Ursula von der Leyen est arrivé faible face à Donald Trump. Ça s'est vu et elle n'a pas utilisé ce qu'elle avait j'allais dire dans sa poche comme instrument j'allais dire de menace commerciale. Ce n'est pas très joli comme mot mais on voit bien qu'il y a une guerre commerciale et dans une guerre il faut utiliser des armes.

16:42
Présentateur

Merci Nathalie Loiseau d'avoir été l'invité de France Inter ce matin et bonne journée à suivre la revue de presse.