L'intégrale du vendredi 14 novembre 2025
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Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Public Sénat, en partenariat avec la presse régionale, vous propose Bonjour Chez Vous.
Bonjour à tous, très heureux de vous retrouver en ce vendredi 14 novembre. Pour faire le tour de l'actualité au plus près de chez vous, on regarde le programme. Une émission spéciale aujourd'hui. Tout d'abord, nous serons avec Raphaël Daubé, sénateur RDSE du Lot. Nous parlerons de sa proposition de loi adoptée la semaine dernière qui crée la profession d'assistant en santé buccodentaire pour développer l'accès aux soins. Et dans 30 minutes, nous prendrons la direction d'Albi, dans le Tarn, pour rejoindre Oriane Mancini en direct du Congrès des départements de France. Bonjour Oriane, quel est le programme ce matin ?
Bonjour Quentin, bonjour à tous, très heureuse de vous retrouver ici sur vos terres. Quentin, à Albi, dans le Tarn, où se déroulent les assises nationales des départements de France, nous serons ensemble toute la matinée. Nous suivrons notamment le discours de Coloture de Sébastien Lecornu. Le Premier ministre, ce sera aux alentours de midi. Qu'attendent les présidents de départements du Premier ministre alors qu'ils alertent sur leurs difficultés financières ? On pose la question dans une demi-heure à François Sauvadet, le président de l'Assemblée des départements de France. Et puis dans moins d'une heure, plusieurs présidents de départements seront ici sur notre plateau pour débattre.
A tout à l'heure, depuis Albi. Merci Oriane, merci aussi pour ce clin d'œil. Voilà pour le programme, on est ensemble pendant une demi-heure. Avant d'aller donc au congrès des départements de France, bonjour chez vous. Allez, on commence avec les repères d'actualité. À la une, ce vendredi 14 novembre 2025, il y a bien sûr les commémorations hier à Paris des attentats du 13 novembre 2015. Dix ans après cette nuit d'horreur, une cérémonie émouvante se tenait dans le Jardin du Souvenir, inaugurée pour l'occasion à Paris. Le récit de cette soirée d'hommage avec Fabien Réquer.
Un à un, les noms des 132 victimes des attentats, prononcés par des héros méconnus, policiers, soignantes, bénévoles de la protection civile. La maire de Paris convoque les souvenirs d'une nuit sanglante.
De ce soir-là, comme vous, je me souviens de tout. Les voix, les cris, les sirènes, le bruit, le silence interminable qui a suivi. Je me rappelle l'angoisse, puis la stupeur, et cette certitude que notre ville, Paris, venait d'entrer dans l'une des nuits les plus sombres de son histoire.
À ses côtés recueillis devant le Jardin du Souvenir, le président de la République s'adresse aux proches des victimes.
Au lendemain des attentats, vous avez fait l'épreuve de la normalité impossible. La tranquillité impossible, la vie impossible, et la vie pourtant. Les terroristes ont trouvé beaucoup plus courageux qu'eux. Paris a tenu. Vous avez tenu. La France a tenu.
Accompagné du cœur des rescapés du 13 novembre, place ensuite aux chanteurs des Eagles of Death Metal, qui étaient sur scène au Bataclan le soir des attaques.
C'était très émulant, c'était assez bien fait. Je m'en souviens des restos qui ne sont plus là.
On voulait vraiment rendre hommage aux victimes. Dès qu'on s'est levé ce matin, ça fait déjà plusieurs jours qu'on y pense.
Plus tôt dans la journée, les commémorations se sont succédées, au Stade de France, devant les terrasses parisiennes et le Bataclan, pour une journée d'hommage qui restera ancrée dans les mémoires.
Un homme a été tué par balle en plein jour à Marseille hier. Il s'agit du frère du militant écologiste Amine Kézassi. Il dénonçait le narcotrafic dans un livre paru il y a quelques semaines. Le parquet a ouvert une enquête pour assassinats en bande organisée et associations de malfaiteurs en vue de commettre un crime. Nicolas Sarkozy sera jugé en appel dans le procès libyen du 16 mars au 3 juin. Les dates du nouveau procès ont été annoncées hier par la Cour d'appel de Paris. Le 25 septembre, je vous le rappelle, l'ancien chef de l'État a été condamné en première instance à 5 ans de prison et une amende de 100 000 euros.
Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, se dit inquiet du déficit dans un entretien aux Parisiens publié ce matin. Il nous manque beaucoup d'économie à l'issue de l'examen du budget de la Sécurité sociale à l'Assemblée nationale. Le texte arrive demain en commission au Sénat et mercredi en séance. Ce sera à suivre en direct sur l'antenne de Public Sénat. Une européenne qui fait un pas vers la taxation des petits colis en provenance de Chine. Les ministres des Finances des 27 se sont mis d'accord hier pour taxer les colis d'une valeur de moins de 150 euros. Une mesure qui pourrait entrer en vigueur dès le premier semestre 2026.
On parle tout de même de 4,6 milliards de colis qui sont entrés sur le marché européen en 2024, soit 145 chaque seconde. Allez, on revient sur toutes ces actualités avec vous, Raphaël Daubé. Bonjour. Je le rappelle, vous êtes donc sénateur RDSE du Lot. RDSE, c'est ce groupe centriste du Sénat composé à majorité de radicaux. Nous avons sélectionné trois titres de presse régionale que nous allons regarder ensemble. Tout d'abord, il y a Ouest France. Un hommage poignant.
La cérémonie d'hier était vibrante et spectaculaire, écrit le titre ce matin, avec par exemple le chanteur de Eagles of Death Metal, le groupe qui se produisait au Bataclan, qui chantait hier avec un chœur composé de rescapés et de victimes. À la lune de la Provence, il y a ce titre abattu en plein jour. Le journal qui revient sur la mort du frère Damien Kizassi. Je l'évoquais dans le journal, ce militant écologiste. Et donc son frère qui a été tué par balle hier en plein jour. Et enfin, beaucoup plus léger dans cette actualité très lourde ce matin, je vous le concède, c'est la Charente Libre qui revient sur le festival de la BD d'Angoulême.
Il faut sauver le festival de la BD, l'avenir de ce festival qui est en suspens à deux mois de son ouverture. Parmi ces trois, une laquelle choisissez-vous, Raphaël Dobé ? Je pense que... D'abord, bonjour, merci de votre accueil. Je pense que si je fais preuve de sérieux et de gravité, évidemment, je choisirai l'hommage poignant qu'il y a eu hier, qui est à mon avis le grand moment de l'actualité de ces derniers jours. D'accord. Mais bon, les autres unes sont intéressantes aussi. J'ai un festival de BD, vous savez, à Martel, chez moi, dans ma petite commune. Et vous êtes auteur aussi par ailleurs. Mais bon, revenons sur ces cérémonies. Qu'est-ce que vous en retenez ?
On voyait dans le reportage de Fabien Recker l'émotion qui était très forte hier à Paris. Qu'est-ce que vous avez ressenti, vous, personnellement ? Moi, je me rappelle comme si c'était hier de ce jour-là. J'étais en campagne électorale pour les régionales, les élections régionales. Et nous avions tenu une réunion publique ce jour-là dans un restaurant d'une petite ville. Et à l'issue, nous étions à table, heureux et joyeux. Après, cette réunion publique s'était bien passée. Et je me rappelle de cette annonce qui est tombée sur nos téléphones portables. J'étais à côté de Martin Malville, ancien président de la région, ancien ministre.
Et je me souviens de la sidération qui a été la nôtre, l'effroi. On a compris tout de suite, évidemment, que la campagne électorale était terminée, qu'elle ne serait plus la même. Et surtout, on a ressenti un sentiment de vulnérabilité très profond. On s'est sentis vulnérables, on s'est sentis touchés en plein cœur de ce que nous sommes. Et je dois dire que ce sentiment ne m'a jamais vraiment lâché par la suite. J'ai souvent repensé à ces attentats. À chaque fois que j'étais dans une foule, à chaque fois que j'étais dans une manifestation, j'étais poursuivi encore, hanté par ce souvenir. Dix ans après ces attentats, qu'est-ce que vous diriez qui a changé en France et chez nous ?
Je crois qu'on a évidemment découvert, je le disais, la liberté qui était la nôtre. Cette liberté et cette insouciance, à partir de 2015, s'est vraiment transformée en un sentiment de vulnérabilité. Dix ans après, vous diriez qu'on ne s'est pas remis de cette fragilité ? Non, on a toujours ce sentiment que la sécurité publique, l'ordre public, doit être préservé en permanence. On a une inquiétude vis-à-vis de ça. Or, je pense que, justement, liberté et sécurité doivent s'enraciner dans la République. Et on doit pouvoir renouer avec une forme d'insouciance qu'on avait avant, qu'on a un peu perdue.
Alors, à propos de ce que nous disent les victimes de leur difficile reconstruction, je propose d'écouter Arthur Desnouveaux, rescapé du Bataclan, et le président de l'association Life for Paris. On écoute un extrait de son discours hier.
J'aurais aimé vous dire que l'espérance nous avait portés, mais c'est faux. Elle ne trace aucun chemin. Les Grecs nous l'avaient d'ailleurs bien dit. Elle faisait partie des mots de la boîte de Pandore. Au fond, nous, victimes, nous n'avons rien d'autre à vous proposer qu'une exigence. Celle de vivre, en société, selon les valeurs et les lois qui ont fait de la France et de sa démocratie un modèle. Nous n'avons pas de remède contre la claustrophobie de ce présent que le passé n'éclaire plus et dont le futur semble insaisissable. Mais nous avons appris une chose. On ne défend bien que ce qu'on aime. Défendre la vie dans ce cas-là de plus beau, c'est refuser de céder à la peur.
En matière de valeurs, ce que nous dit Arthur Desnouveaux, c'est très important aussi. Une fois que cette boîte de Pandore de l'horreur a été ouverte, il faut maintenant vivre avec ce malheur ? Il faut vivre avec ce malheur, mais tout à fait. Je pense qu'il faut en effet continuer à défendre ce qu'est notre modèle démocratique, ce que sont nos valeurs humanistes. Il ne faut pas céder justement à la peur, à l'envie d'une forme de repli, de repli sur soi ou d'excès de zèle sécuritaire qui nous conduirait à perdre en qualité de vie. Est-ce que vous diriez que vous êtes inquiet du niveau de la menace terroriste ?
Le ministre de l'Intérieur, cette semaine au Sénat, qui parlait, aux séances de questions d'actualité au gouvernement, d'une menace endogène, des personnes radicalisées de plus en plus jeunes. Donc endogènes, c'est-à-dire qui viennent, qui ont grandi en France. On n'a pas encore vaincu ce terrorisme islamiste. Vous le dites, on est d'accord là-dessus ? Bien sûr. Et on n'est pas près de le vaincre, à mon avis. Ça va durer encore longtemps. Il faut que ce terrorisme fasse l'objet d'une vigilance particulière. Mais je crois que le ministre de l'Intérieur s'est justement exprimé sur le sujet cette semaine. Et l'importance de la coopération internationale.
Je veux le redire parce que le ministre de l'Intérieur l'a dit aussi dans l'hémicycle, mercredi, au moment des QAG, question au gouvernement, la coopération avec des pays comme l'Algérie, par exemple, qui reprend, c'est aussi une manière de lutter contre le risque terroriste. Allez, on en vient à un deuxième grand thème dans cette émission. Nous allons évoquer l'état d'esprit des maires en France à quelques jours de l'ouverture de leur congrès qui se tient à Paris la semaine prochaine. On va en parler avec Murielle Fabre. Elle est secrétaire générale de l'AMF, l'Association des maires de France. Elle est également maire de l'Upper Time dans le Bas-Rhin. Bonjour à vous, Madame Fabre.
Le CEVIPOF, le centre de recherche de Sciences Po Paris, qui publie ce matin une nouvelle enquête commandée par l'Association des maires de France et intitulée « Malgré un goût d'inachevé, les maires repartent au combat ». Dans l'étude, on apprend que 6 maires sur 10 envisagent de se représenter. C'est plus qu'en 2019, à la même période avant les élections municipales. Comment est-ce que vous analysez ces chiffres et le moral des maires qui donc, a priori, repart à la hausse cette année ? En fait, c'est vrai qu'on a été agréablement surpris de voir que nombre de maires souhaitent se renouveler. Mais c'est toujours à la hauteur des chiffres et d'une analyse un petit peu plus précise.
Parce qu'on sait qu'un point important, notamment sur le fait de se renouveler ou en tout cas de poursuivre ses mandats, c'est l'âge. Et il est vrai qu'en fonction effectivement du taux de nos « retraités » ayant atteint 65 ans et plus, il peut aussi avoir cet effet, entre guillemets, de renouvellement supérieur pour ce mandat 2026. Donc, il faut vraiment qu'on soit dans la précision dans ce cadre-là. Mais c'est vrai que ça dénote aussi cet esprit, d'ailleurs qui est noté en termes introductifs de cette enquête, très combatif en fait des maires de manière générale. Alors, on ne fait pas fi des difficultés.
On sait très bien quels seront les enjeux à partir de 2026 et que l'on vit déjà actuellement. Mais c'est vrai qu'il y a toujours cette volonté de faire, d'agir au quotidien. Et je trouve que ça dénote vraiment en fait l'esprit d'abnégation qu'ont toujours nos collègues maires au quotidien. Voilà. Et au moment où vous vous exprimez, on voit effectivement ces chiffres très différents en fonction de l'âge effectivement des maires sur l'idée ou pas de repartir. Évoquons un instant les maires qui décident bien de se représenter. Les deux premières raisons invoquées dans l'étude, c'est la logique de projet, c'est-à-dire de mener à bien un projet ou lancer un projet pour la commune.
Et l'autre, c'est la logique de l'intérêt général. On se dit deux bonnes raisons en fait de repartir. Effectivement, je pense que ça montre toute la passion finalement qu'ont les maires au quotidien pour leurs concitoyens. Ils oeuvrent au quotidien pour le quotidien d'ailleurs. Et faire aujourd'hui un projet, mettre en place en fait des politiques publiques qui répondent de manière très précise, de manière très pertinente sur leurs communes et sur leurs territoires, c'est vraiment ce qui nous rassemble de manière générale. Et c'est tout à notre honneur et c'est tout à l'honneur des élus locaux qui ont fait preuve finalement tout au long de cette mandature de gestion efficace.
Malgré en fait la succession de crises, ils ont toujours été là en première ligne à vouloir faire, à vouloir agir, à pouvoir répondre même d'ailleurs en l'absence de réponse de l'État. Et on a vraiment démontré que les communes étaient un pôle de stabilité. Et c'est cela que démontre aussi finalement cette enquête, que les maires sont vraiment là pour l'intérêt général, pour servir tout simplement. Et alors Muriel Fabre, du côté des maires qui ne veulent pas repartir, les raisons invoquées, c'est l'idée de reprendre la main sur leur vie personnelle et familiale. L'autre raison, c'est d'avoir accompli leur mission.
Je pense qu'il ne faut pas faire fi non plus des difficultés qui sont celles de la conciliation de la vie familiale ou de la vie professionnelle avec une vie d'engagement de maire. On le sait, en général, ce n'est pas du temps partiel, c'est du 24 heures sur 24. Ça prend énormément de temps et parfois au détriment, où on sacrifie une autre partie de sa vie. Donc c'est vrai que ça fait partie des propositions du travail qu'avait fait d'ailleurs l'Association des maires de France pour améliorer les conditions d'exercice du mandat. C'est aussi ce qu'on attend dans le cadre de la PPL actuellement en cours de lecture.
Et aujourd'hui, il y a besoin aussi de comprendre que c'est un sacerdoce, qu'on le fait évidemment avec envie et avec pugnacité, mais qu'il y a encore des freins. Par contre, le sentiment d'avoir fait son devoir, je pense que ça, c'est extrêmement important. Ça démontre ce qu'on en a dit tout à l'heure, c'est qu'effectivement, les élus sont là pour faire, pour agir et pas pour servir leur intérêt personnel. Ce que l'on peut parfois avoir comme regard sur le politique, mais que l'on n'a pas évidemment sur le maire qui reste l'élu de confiance. Effectivement, la proposition de loi sur le statut d'élu qui continue son parcours parlementaire ces jours-ci. Quid de la question des violences ?
Selon le rapport, depuis 2020, les violences symboliques, numériques et physiques, je cite, se sont d'abord envolées, puis légèrement stabilisées. Mais les chiffres restent effrayants. On est d'accord ? Est-ce que vous pouvez les détailler, les commenter pour nous, s'il vous plaît ? Je pense qu'effectivement, on a, dès l'origine, dès 2020, l'Association des maires de France avait mesuré en fait cette montée des violences qui, heureusement, s'est stabilisée, mais qui reste inacceptable et inconcevable. Alors, il y a évidemment les violences physiques, c'est celle, je dirais, dont on parle le plus.
Mais aujourd'hui, cette montée des incivilités, c'est-à-dire tout ce que l'on peut avoir par rapport à la diffamation, ce que l'on peut aussi avoir sur les réseaux sociaux, parce que c'est vrai qu'on s'est beaucoup armés d'éléments de communication, mais force est de constater que ces réseaux sociaux sont aussi source de tensions où, finalement, on a une mystérisation des propos, où l'on se sent parfois libre de dire tout sur tout et de manière très désagréable, voire très injurieuse.
Et aujourd'hui, on voit effectivement que la majorité des maires, finalement, ou en tout cas des élus locaux, a eu, à un moment donné, en fait, une situation de violence essentiellement verbale et qu'il nous appartient aujourd'hui de dénoncer. Mais il y a aussi cette difficulté aujourd'hui, parce que nous sommes l'élu de confiance, parce que nous sommes aussi en proximité. Nous sommes finalement la représentation globale de l'autorité, qu'elle soit locale, mais qu'elle soit aussi nationale.
Et on sent aussi que les tensions parfois qui sont liées, en fait, à des difficultés de débat au niveau national, à des incompréhensions de politiques publiques menées d'un point de vue national, se répercutent aussi sur le sentiment que l'on peut avoir de cette représentation, cette représentativité, entre guillemets. Donc, je pense qu'il faut à la fois dénoncer systématiquement, en fait, tous ces actes de violence. Il y a vraiment eu un travail de fond là-dessus. Armer aussi, pardonnez-moi l'expression, mais armer aussi nos élus dans ce cadre-là. Et c'est tout le travail que l'on fait avec les formations, notamment avec le GIGN et le RAID.
Et surtout, analyser de manière plus profonde les causes pour pouvoir y répondre de manière très claire et très précise. Merci, Muriel Fabre. Restez avec nous un instant, s'il vous plaît. Raphaël, qu'est-ce que vous voulez dire aujourd'hui à ces représentants des maires à l'AMF, à la veille de l'ouverture de leur congrès ? Quelles sont les remontées de terrain que vous avez dans le lot, vous, sur l'état d'esprit ? C'est à peu près les mêmes. Moi, je voulais remercier d'abord nos représentants de l'AMF. Ils sont très présents et ils défendent bien les maires et cette fonction d'élu qui est si magnifique. Moi, les remontées de terrain...
D'abord, je suis heureux de voir que l'engagement local a toujours cette vigueur et c'est très profond. Parce que vous savez, j'ai été maire pendant des années. Je sais ce que c'est. C'est passionnant d'être maire. C'est très difficile, c'est vrai. C'est un engagement total, mais en même temps, c'est passionnant. Et donc, je ne suis pas très surpris et je le ressens aussi dans mon département. Après, il faut être attentif quand même aux maires. Et je le dis parce qu'ils sont sortis tout de même essorés de ce mandat qui a été complexe entre la crise sanitaire et le reste. Ils ont le sentiment... C'est du pouvoir d'achat aussi. Oui, le pouvoir d'achat.
Et ils ont le sentiment à la fois de ne pas avoir eu... C'est ça qu'on entend par sentiment d'inachevé, je crois. Le sentiment de ne pas avoir eu tout à fait les moyens financiers et humains dont ils auraient eu besoin pour mener à bien leur action publique. Et les projets qu'ils avaient pour les communes. C'est ça, c'est ça. Les projets, c'est de l'action publique. Et en même temps, attention, on leur met sur les épaules beaucoup de responsabilités. Ils sont un peu les derniers pieds de la République. Chacun s'accorde à dire que finalement, le maire bénéficie d'une forme de légitimité et de crédibilité dans la société que les autres élus ont perdu, y compris les parlementaires dont je suis.
Il faut faire attention à eux parce que c'est vrai et ils sont un point de repère pour nos concitoyens. Mais ils doivent être aussi protégés. Et je pense que l'instabilité politique ne les rassure pas. Et je les sens inquiets aussi. Et vous regrettez que le texte sur le statut de l'élu prenne autant de temps à voir le jour ? On est sur une proposition de loi. Donc c'est deux lectures par chambre. Ça aurait pu aller beaucoup plus vite avec un projet de loi. Et là, on voit que même à l'Assemblée nationale, il faut encore attendre pour voir l'examen. Oui, mais les procédures démocratiques et législatives sont toujours très longues. C'est vrai, trop longues.
C'est un texte, il faut le dire aussi quand même, qui ne va pas révolutionner le statut des maires. Et la difficulté dont on parlait tout à l'heure, la conciliation entre la vie familiale et la vie professionnelle. Justement, oui. Il y a des mesures dans ce texte, oui. Oui, il y a quelques mesures. Mais néanmoins, ça restera un sujet. Et la vie d'élu, ça restera un sujet. Muriel Fabre, juste un dernier mot avant de vous quitter. Qu'est-ce que vous pouvez nous dire sur le congrès des maires qui se tient la semaine prochaine ? Quelle va être la tonalité ? Qu'est-ce qu'on peut en attendre ?
Je pense que l'objectif déjà du congrès des maires, c'est d'être évidemment là pour rappeler et alerter sur tout ce qui aujourd'hui trouble notre efficacité au quotidien. Donc nous, ce qu'on souhaite d'abord et avant tout, c'est retrouver notre capacité d'agir. Et c'est vrai, ça a été dit, face à cette recentralisation financière, on souhaite retrouver du souffle et une autonomie dans ce cadre-là. Mais on souhaite aussi que cette bureaucratie excessive qui nous étouffe au quotidien soit enfin conclue par des actes de simplification. Et ce que l'on souhaite, tout simplement, en fait, c'est un peu plus de liberté. Et c'est ce que l'on va démontrer tout au long de ce congrès.
Merci Muriel Fabre d'avoir été en notre compagnie ce matin et donc Public Sénat qui bouleverse son antenne à partir de lundi pour suivre le congrès des maires de France. Les émissions spéciales seront à vivre toute la semaine sur l'antenne de Public Sénat. Merci à vous. Raphaël Daubé, on en vient à votre proposition de loi adoptée la semaine dernière. Vous avez présenté un texte qui crée une nouvelle profession médicale assistant de santé buccodentaire. L'idée, c'est de libérer du temps médical au chirurgien dentiste. Quel était le constat de départ ? C'est de dire qu'il y a de graves problèmes d'accès à un dentiste dans de nombreux départements en France.
Oui, en fait, c'est difficile d'obtenir un rendez-vous et les délais explosent. Nos concitoyens ont beaucoup de mal à obtenir un rendez-vous même pour un simple contrôle ou un simple détartrage. Et donc, il s'agissait de libérer du temps médical pour les chirurgiens dentistes, c'est-à-dire leur permettre de se consacrer à des tâches un peu techniques, un peu difficiles et permettre que d'autres professionnels de santé qui seront ces assistants en santé buccodentaire puissent les aider dans une forme de délégation de tâches. Qu'est-ce que votre proposition de loi crée véritablement ? On le dit, un nouveau métier, mais pourquoi est-ce qu'il fallait passer par une proposition de loi ?
Pourquoi il fallait passer par un texte de loi ? En fait, cette proposition de loi, vous savez, elle n'invente pas grand-chose. Ça existe déjà, c'est un métier qui existe déjà sous une forme un peu différente à l'étranger, au Canada, en Belgique, en Allemagne, qu'on appelle des hygiénistes dentaires. C'est légèrement différent, mais cette proposition de loi, elle était attendue par la profession depuis des années. Et puis, elle avait fait l'objet dans la loi Riste déjà d'une première volonté politique, mais qui n'avait pas pu aboutir. Une loi de 2023 ? Exactement, en 2023. Qui n'avait pas pu se transformer en texte…
Non, pour des raisons juridiques et techniques dans lesquelles je ne vais pas rentrer, mais donc il fallait réécrire une loi et donc créer en effet cette nouvelle profession qui exercera sous le contrôle, sous la responsabilité d'un chirurgien dentiste, mais qui pourra aussi aller en dehors du cabinet faire des actions de prévention dans les EHPAD, dans les maisons de retraite ou dans les écoles. Justement, écoutons la ministre à ce sujet parce que le gouvernement a dit soutenir la proposition de loi la semaine dernière en séance. Écoutez donc Charlotte Parmentier-Lecoq qui représentait le gouvernement en séance jeudi dernier.
Vous l'aurez compris, le gouvernement soutient très fortement les dispositions que vous proposez dans cette proposition de loi. En effet, elle répond à un double enjeu fondamental. Le premier enjeu est celui de l'équité territoriale. Le second enjeu, c'est celui de l'accès à la prévention. Nous savons que la prévention buccodentaire est à la fois moins coûteuse, moins invasive et plus efficace à long terme que la prise en charge de pathologies installées.
Voilà, on est au cœur du sujet la question de la prévention qui est très importante. Il faut aussi passer par là pour prendre ce tournant radical vers la prévention en matière de santé. Oui, c'est un des grands combats que nous avons à mener. C'est ce virage préventif qu'on doit faire prendre à notre modèle social. Pas facile. Et en matière dentaire, buccodentaire, il y a évidemment quelque chose à faire parce qu'on sait que la prévention empêche, si vous voulez, la perte des dents, des maladies, des gencives, qu'on appelle des parodontites.
Et donc, je suis chirurgien artistique de profession, donc je connais un peu le sujet, mais il y a une vraie utilité à la prévention et ça coûtera beaucoup moins cher. Donc, c'est aussi ça, cette ambition qui est portée par ce texte. Et j'en reviens au début de cette interview, on disait, il y a vraiment un sujet très important avec la question de la santé buccodentaire parce que c'est un révélateur des fractures sociales et territoriales aussi dans notre pays. Et donc, vous qui avez été dentiste de profession, vous les avez vues concrètement, ces fractures sur le terrain ? Oui, bien sûr. J'ai vu ces fractures.
Moi, j'ai été dans un département qui n'est pas un désert médical, mais qui, comme beaucoup de départements ruraux, éloignés des grandes villes, subit un phénomène d'érosion de ces effectifs, une forme de désertification médicale, on peut le dire. Et donc, oui, j'ai vu des salles d'attente pleines à craquer, j'ai vu des rendez-vous qu'on ne peut pas honorer parce que le téléphone sonne en permanence. Donc, je sais la difficulté pour les professionnels d'assumer cela et pour nos concitoyens, surtout, d'obtenir un rendez-vous. Et puis, quand on a un problème...
Pardon, mais je ne suis pas sûr que cette proposition de loi soit une baguette magique qui va résoudre définitivement le problème en France. Mais en tout cas, elle est certainement un élément facilitateur qui viendra solutionner une partie du problème. Et quand nos concitoyens ont des problèmes avec ces problèmes de santé, des dents, de la bouche, vous le dites aussi, c'est ensuite toute une vie qui est bouleversée pour ces Français. Vous avez tenu un plaidoyer comme ça, même un plaidoyer pour le sourire en séance, on vous a entendu. Merci. Oui, j'ai essayé d'expliquer l'importance de la bouche et l'importance du sourire.
Et en effet, je le rappelle, il y a des enjeux physiologiques que tout le monde connaît et l'état de santé de la bouche reflète toujours l'état de santé général. Et donc, c'est très important. Mais il y a aussi des effets psychologiques et des effets sociologiques. Et en effet, il y a une forme de sociologie du sourire. Le sourire est un instrument dans la vie quotidienne, dans la vie de tous les jours. Et il faut permettre que chacun puisse en arboréen dont il soit fier. Oui, et un dernier mot sur la proposition de loi. Une proposition de loi, c'est un processus très long. Il y a deux lectures par chambre. Quand est-ce qu'on peut voir la mesure être très concrète pour les Français ?
Ce nouveau métier apparaître dans notre quotidien ? Alors, pour le coup, là, ça sera un peu moins long que d'habitude puisque le gouvernement a engagé, vous le savez, une procédure accélérée. D'accord. Donc, il n'y aura qu'une lecture par chambre. Très bien. Et c'est ça, en fait, le soutien que le gouvernement apporte à ce texte. Il est très précieux. Il va permettre de raccourcir les délais de la procédure. Super. Donc, j'espère que d'ici quelques mois, le texte sera passé à l'Assemblée nationale. Et ce métier, du coup, dans nos quotidiens pour accélérer, il va falloir des rendez-vous chez le dentiste. Exactement.
Allez, on en vient à l'actualité dans nos régions grâce à nos partenaires de la presse quotidienne régionale. Direction Limoges pour retrouver Olivier Chaperon, rédacteur en chef du Populaire du Centre. Bonjour à vous, Olivier. On va parler avec vous du mois sans tabac et d'un message à destination des plus jeunes. Absolument. Parce qu'aujourd'hui, on constate que 100 millions de personnes vapotent dans le monde, dont 15 millions d'adolescents. Alors, c'est énorme, ça fait 15%, le calcul est vite fait. Et pour comprendre un peu le mécanisme, on a interrogé les auteurs d'une BD, Guillaume Coudray, qui est journaliste d'investigation par ailleurs, et Émilie Dambray, qui est illustratrice.
Alors, ce n'est pas vraiment une surprise. On connaît les pouvoirs de l'industrie du tabac qui est extrêmement active en matière de lobbying auprès des institutions. Elle n'est pas moins en matière de marketing. Et à travers cette BD, on découvre un peu tous les rouages de l'empire des manières du tabac. Et les spécialistes
parlent eux-mêmes d'une conspiration de la part des industriels du tabac. Alors, il y a deux héros dans cette BD qui vont mener une enquête pour essayer de comprendre
quels sont les arcanes de l'industrie. L'idée, en fait,
c'est de faire comprendre que les jeunes sont délibérément ciblés par ces industries afin de maintenir des profits des entreprises en question. et plus on avance dans le récit de cette BD,
plus on constate que la vape et le tabac sont alliés plus que même liés. Les industriels ont acheté les droits, les brevets, fabriquent même les produits qui sont liés à la vape et en même temps fabriquent aussi des systèmes médicaux au travers notamment des inhalateurs qui permettent de soigner les malades. Alors, une fois qu'on a compris tout ça, l'idée de la BD ce n'est pas d'être radiatrice, loin s'en faut, bien au contraire, mais de faire comprendre aux jeunes les dangers de l'accoutumance puisqu'il faut savoir notamment qu'un fumeur fait huit tentatives avant de parvenir à arrêter de fumer. Donc, il y a un véritable enjeu de prévention en la matière.
Alors Olivier, vous avez une question spécialement pour notre sénateur ce matin. Absolument. Alors, on sait que la production de tabac est en déclin. Le lot a été une zone particulièrement importante de production. Il y a encore une dizaine d'années, on comptait 135 producteurs. Aujourd'hui, ils sont moins de 25 d'après les chiffres. Comment on accompagne aussi ce tournant pour les producteurs qui faisaient une partie de leur chiffre d'affaires avec la production de tabac ? Alors, un tabac de qualité mais qui va tendre à disparaître a priori. Une réponse rapide, s'il vous plaît. Écoutez, ça fait partie de l'érosion du monde agricole qu'on observe. Il y a de moins en moins d'exploitants.
C'est vrai que moi, quand j'ai participé à la récolte des feuilles de tabac quand j'étais étudiant, je faisais des jobs étudiants l'été. Donc, je connais bien le sujet mais en effet, les agriculteurs se sont tournés dans le lot vers d'autres cultures, vers d'autres productions et notamment la noix, le noyer qui devient évidemment la production dans la vallée de la Dordogne la plus importante. Eh bien, merci. Merci Olivier. Je montre ce matin la une du populaire du centre. On voit votre journal La Vap piège à tabac pour les jeunes. Merci Olivier d'avoir été en notre compagnie ce matin et merci aussi à vous Raphaël Daubé d'avoir été dans cette émission votre première télévision.
Merci beaucoup. Merci à vous. On va prendre maintenant la direction de l'hôtel du département du Tarn à Albi où se tiennent les assises nationales des départements de France on vous retrouve à Orianne Mancini pour une édition spéciale au cœur de cet événement. Merci Quentin. Effectivement, édition spéciale suite de cette émission. Nous sommes donc à Albi où se déroulent les assises nationales des départements de France et nous sommes avec François Sauvadet. Bonjour. Bonjour. Merci beaucoup d'être avec nous François Sauvadet président du département de la Côte d'Or et président de l'Assemblée des départements de France.
On va bien sûr longuement parler des enjeux de ces assises nationales et de la venue de Sébastien Lecornu ici à Albi mais d'abord un petit mot puisqu'hier la France commémorait les 10 ans des attentats du 13 novembre et les départements se sont associés à cet hommage. C'était important pour vous en ce jour ?
Oui, c'est important parce que vous vous souvenez tous on a été profondément terriblement choqués par les images de ces attentats et ces familles brisées et nous avons tenu à rendre hommage à tous ceux qui ont été victimes de cette folie aveugle de ce terrorisme islamiste que nous devons combattre résolument et quand on commémore des événements comme cela on se dit que nous devons individuellement participer de ce combat dans la lutte contre tous les comportements complètement fous et réaffirmer les valeurs de la République qui sont des valeurs universelles donc on a observé tous une minute de silence et j'ai voulu aussi qu'on rende hommage à nos forces de police nos forces de gendarmerie nos forces de sécurité intérieure nos pompiers tous ceux qui concourent nos sauveteurs nos équipes nos SAMU tous ceux qui concourent à la prise en charge et à la sécurité de nos compatriotes et réaffirmer la confiance des départements de France à tous ceux qui assurent la sécurité du quotidien je crois que c'était ce double message que nous devions pour réaffirmer qu'ensemble nous formons une république qui ne doit pas s'abandonner au démon de l'extrémisme
on va parler de ses assises nationales le premier ministre Sébastien Lecornu et ce matin à Albi c'est lui qui prononcera le discours de clôture de vos assises est-ce qu'il aura face à lui des présidents de départements en colère ?
Oui vous savez ça fait trois ans que j'alerte l'ensemble des gouvernements successifs on est dans une situation politique à tout le moins inédite pas de majorité les ministres passent plus vite que d'avancer dossier donc évidemment ça nous place tous dans une situation d'incertitude les forces économiques vous avez vu certains renoncent à embaucher parce qu'ils ne savent pas à quelle sauce ils vont être grignotés ou manger demain et puis nous aussi ça nous place dans une situation d'incertitude parce que nous n'avons aucune réponse alors que nous sommes face à des enjeux qui deviennent colossaux j'ai même dit ce matin à un certain nombre de mes collègues que c'était une partie du destin français qui est en train de se jouer en ce moment d'abord on a besoin d'un budget on a besoin d'un budget parce que nous ne pouvons plus nous les départements faire face aux dépenses qui nous sont imposées par l'Etat et notamment des dépenses de solidarité vous le savez tous on verse des prestations des prestations pour les personnes âgées pour les handicapés et pour le RSA l'Etat ne nous qu'on ne pense pas cette dépense explose
et on va en parler François Souadé qu'est-ce que vous voulez dire par c'est une partie du destin de la France qui est en train de se jouer c'est pas seulement l'avenir des départements qui est en jeu
à travers l'avenir du département c'est aussi des pans entiers de nos investissements du quotidien et des services publics du quotidien qui vont tomber aujourd'hui qu'est-ce qui se passe la dépense sociale qu'on nous impose et qui a augmenté et qu'on continue d'augmenter donc moi je vais redire au Premier ministre il faut d'abord arrêter de charger la barque quand je vois que l'Assemblée Nationale débridée dans ses votes continue d'augmenter toutes les prestations alors que nous n'avons pas les sources de financement mais je leur dis attendez dans quel monde sommes-nous ?
enfin absolument et je l'ai lancé hier un appel à la responsabilité c'est pas que le gouvernement le gouvernement aujourd'hui il est pièce et moins lié aux décisions de l'Assemblée Nationale notamment j'ai lancé un appel à la responsabilité de l'Assemblée Nationale quand on a un tel déficit on ne peut pas continuer de charger la barque et nous laisser seul puisque l'État ne contribue pas au versement des prestations donc aujourd'hui ce qui est en jeu quand je parle de destin national c'est que le système des solidarités est en train de s'effondrer et nous sommes les premières victimes puisque l'État ne nous compense pas et puis deuxièmement c'est les conséquences nous sommes devenus le bouclier du monde rural on entretient les routes départementales 380 000 kilomètres des ponts 100 000 ponts on s'occupe des SDIS nous sommes le principaux financeurs face au changement climatique on aide les communes demain et dès aujourd'hui nous ne le pouvons plus donc personne ne pourra dire on ne savait pas j'ai écrit personnellement au nom des départements de France à tous les députés à tous les sénateurs j'ai eu l'appui de tous les ports intermédiaires les fédérations de travail public qui s'inquiètent avec nous donc on est dans un monde de fou
Vous avez eu des réponses de parlementaires ?
Ah les parlementaires j'ai eu des réponses mais j'ai eu aussi des comportements incroyables il se trouve des parlementaires qui disent on va supprimer les départements enfin attendez c'est complètement fou supprimer les départements c'est supprimer l'histoire de France d'autre part ceux qui prétendent qu'en supprimant les départements on va régler le problème de la dépense l'Etat est déjà dans l'incapacité de nous compenser les prestations sociales que nous versons en son nom et certains on pense qu'on pourrait reprendre au niveau de l'Etat les compétences qui sont les nôtres on veut le retour des DAS d'enfants les DAS d'antan pour la protection de l'enfant enfin je vous le dis parfois j'ai le sentiment d'être dans un monde de fou et je ne suis pas là pour défendre des boutiques je ne suis pas un populiste j'ai été parlementaire pendant 24 ans je vois à peu près comment ça marche j'étais membre d'un gouvernement mais aujourd'hui je me désespère
mais c'est les parlementaires ou vous comptez sur le Sénat Gérard Larcher était présent hier est-ce que vous comptez sur le Sénat pour vous aider pour rétablir les choses en matière financière
bien sûr mais vous connaissez l'ordonnancement français la prise de décision française c'est l'Assemblée nationale qui aura le dernier mot s'il n'y a plus de budget il y aura une loi spéciale et puis peut-être qu'on va surtout avec des ordonnances ce qui sera ce serait une situation inédite moi je lance un appel il nous faut un budget et un budget responsable voilà aujourd'hui c'est une véritable foi là pour le moment ce que vous voyez
l'Assemblée c'est pas responsable le budget à l'heure actuelle
franchement ce qui se passe à l'Assemblée me choque me choque quand j'entends dire on peut pas aider les départements au motif que ça va creuser le trou de la sécurité sociale enfin c'est irresponsable on est en train de mettre à terre les départements de France et on dit on peut pas les aider au motif qu'il y ait de la sécurité sociale on continue d'augmenter et la situation la plus encore invraisemblable c'est que l'État constatant nos difficultés elle les reconnaît aujourd'hui mais nous appelle à contribuer au redressement des comptes publics on nous avait dit vous avez ce qu'on a appelé un dilico c'est-à-dire on nous dit participer au financement bon vous vous rendez compte qu'on nous demande de participer de verser une contribution sur des dépenses qui nous sont imposées alors là franchement les bras m'en tombent les bras m'en tombent
on va revenir dans le détail du budget mais qu'est-ce que vous attendez ce matin comme annonce de Sébastien Lecornu
écoutez vous savez dans le contexte actuel on nous parle aussi d'un nouvel élan de décentralisation vous savez il y a une telle incertitude politique je ne sais pas si le gouvernement sera là encore demain ou après-demain je l'espère je l'espère parce qu'il faut retrouver le chemin de la stabilité donc en fait
vous n'attendez rien ce matin du premier ministre
si j'attends du premier ministre d'abord une indication une indication forte une reconnaissance des départements comme étant cet acteur majeur que nous sommes au service de la solidarité on veut continuer d'assumer nos missions de solidarité parce que c'est la république
Sébastien Lecornu il a été président de département est-ce que ça facilite le dialogue
est-ce que ça facilite
les choses entre vous
mais bien sûr c'est un ami j'ai pour lui beaucoup de reconnaissance et à titre politique vous savez il faut être courageux pour reprendre le manche en ce moment à 18 mois des présidentielles ou à quelques mois des présidentielles et puis dans la situation politique qu'on traverse je sais qu'il a la volonté de faire avancer les choses il l'a dit il le fait mais maintenant il est confronté à une assemblée nationale qui vous voyez part dans tous les sens il s'en trouve même je vous le répète pour demander la suppression des départements en tout cas pour en rêver enfin on est dans un monde de fous
qui a demandé ça ?
ben vous avez vu je trouve que dans le groupe central j'observe qu'il y a il y a peu d'élus locaux je le regrette profondément parce que s'ils avaient une expérience d'élus local peut-être ne porterait-il pas le même regard sur le destin français
donc les macronistes ?
je ne désigne pas plus que cela il s'en trouve qu'il y en a qui nous accompagnent et qui nous aident et qui sont très conscients que le département ça participe de l'idée de l'identité de la France c'est d'une idée française et qu'il ne faut pas l'abandonner ou en tout cas l'abandonner ses actions
quelle est aujourd'hui la situation financière des départements ? combien de départements sont en difficulté ?
écoutez c'est très simple en 3 ans 2 ans et demi nous avons eu 6 milliards d'euros de dépenses supplémentaires pour vous en faire le détail à la prévère les extensions de l'Aigure Ségur etc je ne dis pas que ce n'était pas légitime je ne dis pas que ce n'était pas attendu mais dans le contexte il faut quand même éviter de charger la barque quand elle coule dans le même temps et c'est ça qui fait que la situation est inédite c'est que nous n'avons plus de recours à l'impôt on a des dotations on nous les a gelées et donc en même temps nous avons une baisse des revenus des DMTO donc on est dans une situation d'étranglement total
sur les frais de notaire
oui c'est ce qu'on appelle les frais de notaire même s'il y a eu un geste du gouvernement pour nous autoriser à les augmenter bon de 0,5 la réalité c'est que nous avions 14 départements en difficulté il y a 2 ans aujourd'hui nous sommes 54% plus personne ne conteste les chiffres d'ailleurs même ceux qui venaient nous donner des leçons je leur ai rappelé quand même que si l'état avait géré aussi bien les finances publiques que les départements avaient géré les leurs ont géré les leurs je ne pense pas qu'on se soit retrouvé dans l'état français avec 3400 milliards d'euros de dettes donc aujourd'hui on est étranglé par la prestation et la prestation n'est pas compensée
mais est-ce que du coup il faut revoir le modèle de financement des départements
absolument d'abord le modèle de financement des prestations sociales que nous versons pour le compte de l'état pourquoi c'est important que ce soit nous qui continuions parce que nous sommes en proximité je pense qu'il faut aller davantage vers l'individualisation
donc il ne faut pas les nationaliser
non la renationalisation c'est un non-sens la protection de l'enfance croyez-vous que l'état aujourd'hui central fera mieux que nous pour la protection de l'enfance moi j'attends de l'état central à ce qu'il prenne en charge les problèmes de santé psychique psychiatrique de nos jeunes la protection des jeunes des jeunes judiciaires des jeunes on se retrouve avec des jeunes qui relèvent de fait de délinquance multiréitérant et qu'on nous reconfie chez nous parce qu'il n'y a pas de place en PJ que l'état assume sa mission plutôt que de vouloir reprendre en main donc il faut qu'il décentralise redonne confiance assure un financement pérenne solide robuste évolutisse pour le paiement des prestations c'est-à-dire prestations APA RSA etc aujourd'hui c'est même pas compensé à 50% donc tout effort supplémentaire c'est nous qui le prenons et ça représente 70% de nos budgets là ça représentait 54% hier donc vous voyez bien que la situation est attenable l'investissement de nos départements L'année dernière
sur ces prestations sociales Michel Barnier qui était le premier ministre lors de vos précédentes assises avait promis de lancer le chantier de l'allocation sociale unique ça ce serait la bonne réponse pour vous ?
écoutez ça c'est l'allocation sociale unique c'est l'accès au droit je dis que l'automaticité de l'accès au droit il faudra quand même qu'en face des droits on mette aussi quelques devoirs et puis qu'on appelle chacun à la responsabilité
mais vous avez dit que ça aurait permis d'alléger le poids des dépenses sociales des départements
non je n'ai jamais dit cela lui Michel Barnier lui il nous a dit l'allocation sociale unique va permettre d'avoir une transparence pour ceux qui accèdent à leurs droits et qu'on puisse faire un bilan total de l'ensemble des aides ça c'est nécessaire mais c'est pas ça qui va régler le problème ça c'est du côté bénéficiaire moi je pose la question du côté systémique c'est-à-dire qu'il faut réinterroger le système social jamais on n'a dépensé autant d'argent dans le système social et jamais on n'a eu un tel niveau d'insatisfaction il faut le réinterroger et en assurer le financement on n'en peut plus des promesses tenues, prises par l'Etat et payées financées par les départements sans compensation financière je vous ai dit donc de quelle manière on le réinterroge on va droit dans le mur d'abord assurer le financement de la prestation on est face au mur du vieillissement il n'y a rien de plus sûr que le vieillissement de la population rien de plus sûr puisque c'est de la démographie on sait que les jeunes d'aujourd'hui deviendront vieux demain on a ce choc devant nous comment est-ce qu'on le prépare on avait une loi du bien vieillir on avait une loi pour le financement du vieillissement de la population tout le monde regarde ça depuis des années et on voit la charge augmentée en direction des départements puisqu'on en finance pratiquement 60-65% vous voyez donc on est dans tous les domaines c'est comme ça donc il faut vraiment qu'on ait un financement pérenne nous ce qu'on a demandé c'est une part de CSG puisque l'Etat la prélève pour nous en redonner pas assez autant que nous la prélevions avec une modulation qui pourrait être une adaptation par département ensuite ce qu'on demande c'est surtout et c'est ce que je demande au Premier ministre c'est de sauver les départements et de sauver le versement des prestations à nos compatriotes parce qu'aujourd'hui on en est là donc je lui demande on a objectivé les données je lui demande un soutien de 600 millions d'euros parce que sinon on va droit dans le mur
donc plus que ce qui était prévu c'était 300 millions je crois dans le budget
alors le gouvernement a estimé que 300 millions c'était de nature à répondre simplement dans l'intervalle on est passé de 15 départements à 54 départements en difficulté ça change tout donc si on veut sauvegarder remettre à niveau pour leur permettre
donc vous lui demandez de doubler le fonds de sauvegarde
oui je le demande de se mettre à niveau pour sauver les départements regardez même des départements présumés riches comme la Gironde ou d'autres départements qui sont plus en difficulté comme l'Aisne les Ardennes et je pourrais en citer de nombreux ces départements là ne peuvent plus faire ça la Gironde est aujourd'hui accompagnée j'ose pas dire sous tutelle on n'en est pas loin mais accompagnée pour pouvoir faire face il lui manquait 100 millions d'euros pour le budget supplémentaire pour boucler l'année 100 millions d'euros donc vous voyez les enjeux financiers devant lesquels nous sommes placés
est-ce que pour vous les départements doivent être exclus des collectivités à qui l'État demande un effort c'est environ 5 milliards d'efforts qui est demandé aux collectivités est-ce que vous dites il faut que les départements soient sortis de ces 5 milliards
c'est trop c'est trop d'abord les 5 milliards pour l'ensemble des collectivités je suis solidaire des régions de France et des maires de France pour dire que c'est trop d'ailleurs le Sénat demande 2 milliards le Sénat est raisonnable il demande 2 milliards c'est une contribution chacun a conscience qu'il faut qu'on participe du redressement notre situation est singulière parce que je vous l'ai dit 70% de nos dépenses sont imposées par le gouvernement elles ne sont pas pilotées donc nous demander de participer à un effort de redressement sur des dépenses qu'on nous impose sans avoir la ressource en face imaginez il n'y a pas besoin de faire une profonde analyse pour dire qu'effectivement on est dans une situation singulière parce que nous sommes la strate des solidarités et que nous agissons dans ce domaine pour le compte de l'État en proximité
est-ce que pour faire des économies les collectivités doivent aussi diminuer le nombre de fonctionnaires
alors ça c'est vous savez en même temps qu'on nous dit diminuer les fonctionnaires en même temps les mêmes qui nous disent là sont ceux qui nous renforcent les critères d'accompagnement dans nos crèches nos critères d'accompagnement dans nos dans nos mecs nos critères d'accompagnement pour les personnes âgées qui bon à un moment donné c'est la soutenabilité du système et donc on a fait tous les efforts vous savez en matière de personnel mais par contre il faut qu'on se mette en mode pause aussi évidemment sur les sur les sur les augmentations indifférenciées de traitement les points d'indice etc il faut réinterroger nos systèmes je le dis comme ancien ministre de la fonction publique pour redonner espoir à nos agents mais en même temps ne pas avoir une systématisation des évolutions salariales qui sont extrêmement coûteuses insoutenables on a tous fait des efforts sur la maîtrise de nos agents mais après ça vous savez pour entretenir une route pour accompagner une personne il faudra toujours une personne en face il faudra toujours quelqu'un dans le camion pour dessaler l'hiver puisqu'on va rentrer la période hivernale nos routes pour les entretenir pour refaire nos ponts il faudra toujours des personnes et à un moment donné on ne pourra pas descendre de ça sauf dégrader sauf à dégrader et moi je fais confiance on a beaucoup travaillé à nos équipes on a beaucoup travaillé sur l'intelligence artificielle on est en train de voir évoluer nos métiers à la vitesse grand V les départements en même temps qu'ils sont confrontés aux difficultés sont les premiers à s'être engagés dans la data dans l'intelligence artificielle dans tous les outils du management dans l'aménagement du territoire dans les jumeaux numériques d'ailleurs on a créé un département de France data département on est la première strata française à s'investir dans les domaines de la protection des données y compris pour le compte des communes
Sébastien Lecornuil a promis une loi de décentralisation avant les municipales qu'est-ce que vous en attendez que demandent les départements sur ce sujet
vous savez dans le contexte politique qu'on traverse faut pas faut pas se raconter d'histoire il n'y en aura pas il n'y aura pas de grand soir et de grand matin moi je plaide pour mais il y aura une loi pour vous
ou il n'y aura même pas de loi de décentralisation
écoutez je ne sais pas quel sera le destin du gouvernement à la fin de l'épisode ou pendant l'épisode budgétaire bon je crois qu'il y a une vraie volonté d'avoir un budget pour un certain nombre de partenaires y compris le parti socialiste et je tiens à saluer cet engagement maintenant il faut qu'il aille jusqu'au bout qu'est-ce qui va se passer après j'en sais rien personne ne le sait ça s'appelle l'incertitude et l'instabilité dans laquelle j'aimerais qu'on en sorte bien donc on est ce que je souhaite tout simplement dans le contexte actuel avant le rendez-vous présidentiel qui sera celui dans lequel on devra le candidat je l'espère afficheront leur projet pour la France et qu'on rentrera de le fond du sujet parce qu'on n'a pas eu de campagne présidentielle la dernière fois donc là ce que j'attends plutôt là c'est des améliorations et d'efficience moi j'ai fait quelques propositions très simples d'abord de redonner du pouvoir au préfet sur l'ensemble des agences c'est partagé par le gouvernement et donc cette déconcentration elle sera utile puis en matière de déconcentration je propose même qu'on aille au-delà les ARS sont régionales je crois qu'il faudrait les remettre sous l'autorité des préfets qu'on a un dialogue plus construit on a une espèce d'administration qui sont hors sol avec lesquelles le dialogue est parfois compliqué et puis je souhaite qu'on fasse une sorte de loi 3DS améliorée c'est-à-dire qu'on re-toilette tout ce que nous devons faire et tout ce que nous ce serait beaucoup plus facile c'est quoi ?
Clarifier les compétences ?
Oui je ne sais pas s'il faut le mot clarifier les compétences c'est-à-dire il faut se réinterroger sur quel est le bon niveau pour agir au plus près et au mieux pour les français
donc redistribuer même des compétences
pas simplement les redistribuer les revisiter moi je suis un partisan de revoir les noix noterées et Maptam même leurs auteurs à l'époque socialiste ont considéré qu'il fallait les revoir parce qu'ils n'ont pas atteint leurs promesses est-ce que la promesse des grandes régions était au rendez-vous sur la réindustrialisation française on nous disait que c'était cela l'objectif sur l'économie française la revivifier est-ce que c'était au rendez-vous est-ce que les départements étaient au rendez-vous de ce qu'ils avaient à faire notamment protection de l'enfance et pourquoi ça n'a pas bien marché mais donc revenir
sur ces grandes régions revenir à des régions de taille plus modeste
moi je pense que le pays il y aurait intérêt à revisiter tout cela parce que franchement considérer que les choses sont immuables c'est comme ça qu'on crée de la complexité je crois qu'on a donc on revient
aux 22 régions d'antan
vous savez je souhaite qu'on reprenne le chemin du bon sens on est durablement dans des difficultés financières durablement dans l'histoire de notre république il y a deux socles il y a la commune parce que quand je vous poserai la question vous êtes d'où vous allez me dire d'où vous êtes moi je suis de Vito j'habite à Vito et puis après j'habite dans mon département la Côte d'Or qui est un département magnifique comme tous les départements français et puis tout cela et bien c'est l'identité qui forge la France après on a créé des territoires peut-être faut-il les réinterroger donc réinterroger ce que nous faisons et moi je plaide donc pour que par exemple les départements reprennent la pleine et entière compétence des réseaux on a les routes départementales on a déployé du très haut débit je pense qu'on pourrait travailler sur le domaine de l'eau utilement pour le pays et on est à la bonne échelle on pourrait travailler sur le problème de l'électricité reprendre toutes ces compétences-là les réseaux
quelques questions politiques plus nationales pour terminer où se situe le centre où se situe l'UDI aujourd'hui est-ce qu'il est encore un allié du gouvernement
écoutez vous savez le gouvernement aujourd'hui il a une durée de vie tellement limitée bon je crois que l'UDI il a une seule volonté c'est d'abord que le pays s'en sorte et qu'on a un budget bon
mais est-ce que vous êtes encore dans le même camp que Gabriel Attal qu'Edouard Philippe
écoutez je me pose des questions je me pose des questions parce qu'on ne peut pas continuer à jouer une carte de raidissement il faut que le dialogue se poursuive bien sûr pas à n'importe quel prix j'ai beaucoup regardé l'abandon de la réforme des retraites enfin franchement c'est quasiment irresponsable alors bien sûr qu'il faut l'adapter pénibilité la reprendre l'ajuster mais y renoncer quand tous les pays autour de nous ont pris en compte l'allongement de la durée de vie et leur relation au travail aussi donc vous vous sentez
plus appartenir à ce qu'on a appelé le socle commune
moi je me sens aujourd'hui ailleurs je veux vous le dire franchement quand je vois le débat politique sa pauvreté quand je vois que des amis politiques d'Ensemble pour la République pointent du doigt la pseudo-indigence des départements j'ai envie de leur dire reprenez pied sur terre reprenez pied sur terre vous voyez vos collègues du Sénat pour essayer enfin il n'y en a pas beaucoup mais voyez reprenez pied franchement c'est pas sérieux la vraie question aujourd'hui qui nous est posée c'est pas de faire des alliances de bricolage c'est de se dire quel dessin français on entend dessiner et comment on souhaite y participer
et quel regard vous portez sur les républicains est-ce qu'il pourrait encore aujourd'hui y avoir un candidat commun de la droite et du centre ou est-ce que les LR sont devenus trop à droite pour vous ?
lesquels de républicains ?
Bruno Retailleau ?
Bruno moi j'ai beaucoup travaillé c'est quelqu'un que j'apprécie j'apprécie il prend les premiers bras le port je ne suis pas d'accord sur tout en tout cas c'est quelqu'un que j'apprécie et j'appelle
et Laurent Wauquiez ?
je l'apprécie également alors vous allez me dire c'est très centriste tout ça non je dis simplement il y a des républicains que vous appréciez pas ? non j'appelle les républicains à la responsabilité les députés républicains quand je vois qu'un certain nombre d'entre eux ont été aux abonnés absents sur des enjeux essentiels pour l'avenir des départements je les appelle à la responsabilité je les appelle à redéfinir et je suis prêt à le faire avec eux ce que nous voulons pour la France demain moi je veux une France de la commune je veux une France des départements et je veux une France efficace décentralisée est-ce qu'on peut se mettre d'accord là-dessus ?
et qu'ils s'inscrivent dans un espace européen construit est-ce qu'on peut se mettre d'accord ? oui je le pense en tout cas tous ceux qui voudront s'y livrer à des aventures avec les extrêmes je les condamnerai parce que de toute ma vie j'ai combattu le rassemblement national de toute l'extrême droite de toute ma vie j'ai combattu l'extrême gauche parce que je les mets à équivalence de comportement erratique et je continuerai j'ai pas l'intention de changer alors dans tout l'espace après il faut qu'on retrouve le chemin du bon sens et de la responsabilité
merci beaucoup merci François Sauvadet d'avoir été notre invité on suivra votre discours en direct juste avant celui du Premier ministre ce sera vers 11h40 et Sébastien Lecornu aux alentours de midi on suivra tout ça en direct sur notre antenne merci beaucoup François Sauvadet d'avoir été avec nous c'est l'heure de notre reportage en région dans nos départements et parmi vos compétences vous l'avez dit et la question de l'entretien des routes on va à la Roche-Neuveille c'est dans le département de la Mayenne une route vient d'être refaite mais ce genre de projet à l'avenir risque de devenir compliqué les contraintes financières du département ne lui permettent plus d'assurer l'entretien des routes notre journaliste Cécile Cixou s'est rendue sur place
Quand on arrive au village de la Roche-Neuveille c'est sur une route désormais toute neuve
3 km réaménagée l'an dernier
par le département des travaux qui soulagent le maire de la commune Jean-Paul Forveille le tronçon trop étroit pour faire passer des camions était devenu très dangereux
Elle était dangereuse pour les usagers en voiture quand ils rencontraient des camions parce qu'elle était très étroite et puis elle était hyper dangereuse Aucune famille n'envoyait ses enfants au collège ou au lycée à vélo alors qu'aujourd'hui très régulièrement je vois des jeunes qui vont au collège ou au lycée à vélo par la voie douce
A côté de la route une voie dite douce pour vélo et piéton
a aussi été construite
Ces travaux ont été conduits
par Denis Charan et Vincent Solnier ils ont coûté 3,5 millions d'euros au département
C'est un projet un peu inédit dans son format et qui risque fort de ne pas se reproduire avant 5 à 10 ans Car les moyens pour s'occuper des routes sont de moins en moins importants
Il devient très difficile pour le département de la Mayenne d'entretenir les 3700 km de son réseau routier Le passage des camions des tracteurs mais aussi le gel dégrade rapidement l'état des chaussées Tous les ans près de 200 km nécessite d'être refaits
Les routes se dégradent un peu plus circuler dessus vous avez l'apparition de ce qu'on appelle des nids de poules ou des ornières ou du faïençage de la fissuration et donc c'est tout
le revêtement superficiel qui peut partir donc naturellement dès qu'il y a un nid de poules ou un trou dans la chaussée c'est un risque d'accident et même d'insécurité puisque dès que la route se dégrade on a une insécurité avec les vitesses qui sont autorisées même à 80 km heure
Le département de la Mayenne consacre 20% de son budget d'investissement au réseau routier soit 15 millions d'euros c'est 3 millions de moins qu'il y a 5 ans un budget en baisse mais Vincent Solnier
ne veut pas pour autant renier sur l'entretien des routes
Si vous ne faites pas l'investissement minimum chaque année en faveur de ce réseau routier vous savez que très vite à échéance de 5 à 10 ans
vous allez payer très cher cet abandon de l'entretien et de la maintenance du réseau routier
Pour éviter la catastrophe sur le long terme il cherche des solutions alternatives
On utilise différents leviers différents outils techniques donc concrètement ça passe par plutôt privilégié de l'enduit que de l'enrobé sur les routes ça passe par une planification plus serrée qui permet d'échelonner un certain nombre de projets qui devaient être réalisés sur 3 ans au regard d'un linéaire qui avait été défini et plutôt de privilégier un format à 4 ou 5 ans A l'avenir le département de la Mayenne ne pourra plus supporter seul des projets d'ampleur comme celui de la Roche-Neuville pour ne pas renoncer
Vincent Solnier propose qu'il soit désormais partagé avec les autres collectivités
Et on va en parler tout de suite avec nos deux invités Bonjour Stéphane Troussel Merci beaucoup d'être avec nous Vous êtes le président socialiste du département de la Seine-Saint-Dix Bonjour Nicolas Lacroix Merci également d'être avec nous président LR du département de la Haute-Marne président du groupe droite, centre et indépendant à l'Assemblée des départements de France On vient de voir ce sujet qui était consacré à l'entretien des routes Est-ce que ça fait partie aujourd'hui des difficultés des départements ?
Ça fait partie des risques de ne plus pouvoir entretenir notre réseau départemental Réseau départemental qui est fréquenté on l'a encore vu récemment par 80% des Français 80% des mobilités du quotidien se font sur notre réseau de routes départementales Donc oui notre réseau est également en danger parce que nous allons devoir faire des choix Certains départements ont déjà commencé à réduire l'entretien les investissements sur nos routes On parle de routes mais il faut aussi parler d'ouvrages d'art de pont Et ça ce sont des investissements conséquents pour les départements Les difficultés des départements pourraient avoir un lien direct avec l'entretien de cette mobilité du quotidien
C'est un vrai risque Stéphane Troussel ?
Oui C'est non seulement une difficulté pour l'entretien quotidien et puis aussi pour transformer nos routes parce que la question des mobilités c'est aussi permettre Nicolas et moi on n'a pas tout à fait les mêmes caractéristiques en termes de département mais par exemple dans un département urbain comme le mien il faut désormais assurer l'intermodalité il faut faire en sorte que nos routes soient davantage végétalisées Moi j'ai des routes départementales qui sont vraiment en milieu urbain dense et donc il faut y insérer des sites pour les bus il faut végétaliser il faut faire des pistes cyclables il faut élargir les trottoirs pour permettre aux piétons de circuler de manière plus sereine et apaisée et tout ça ça a un coût la transformation écologique de nos routes ça a un coût et donc il faut investir investir massivement et quand les départements sont en difficulté financière ces projets là ils sont plus longs à réaliser ils sont ils sont désormais plus coûteux et donc ça fait partie des difficultés auxquelles on est confronté
Quand vous parlez de risque Nicolas Lacroix c'est aussi un risque pour les usagers une multiplication d'un risque d'accident ?
Vous savez moi je suis le département qui est repassé à 90 km heure vous savez qu'Edouard Philippe avait souhaité que tout le réseau routier repasse à 80 km heure en Haute-Marne on roule désormais à 90 km heure et c'est d'abord effectivement puisque vous me posez la question c'est une question de sécurité routière donc l'aménagement de nos routes la sécurité routière l'entretien par nos équipes tout ça ça fait partie évidemment d'une mission importante des départements on a beaucoup d'agents sur les routes on doit être en sans cesse vigilance on a évidemment aussi de plus en plus d'intempéries des forêts qui se dégradent des chutes d'arbres des événements climatiques de plus en plus nombreux donc tout ça ça fait une forte mobilisation de nos équipes et oui ça compte sur un budget d'un département l'entretien les investissements et effectivement la modernité aussi qu'on doit apporter sur notre réseau départemental
et ça fait partie de vos sujets de préoccupations dont vous attendez peut-être des réponses de la part de Sébastien Lecornu le Premier ministre qui est à Albi ce matin pour conclure vos assises nationales qu'est-ce que vous attendez dans quel état d'esprit vous l'accueillez Sébastien Lecornu ce matin Stéphane Troussel est-ce que vous espérez des choses est-ce que vous êtes en colère est-ce que vous êtes un peu résigné
la résignation ça ne fait pas partie de mon vocabulaire je pense que dans un contexte surtout tellement difficile pour nos concitoyens avec à la fois cette instabilité politique et institutionnelle j'ai envie de dire heureusement qu'il y a les collectivités locales pour faire en sorte que nos concitoyens au quotidien se rendent compte que les services publics locaux ça continue de fonctionner que dans nos collèges dans l'accompagnement des personnes âgées des personnes en situation de handicap dans l'accompagnement des enfants en grande difficulté heureusement qu'il y a les services publics locaux face à un spectacle disons-le politique nationale notamment au Parlement qui est parfois désespérant affligeant pour nos concitoyens donc moi ce que j'attends du Premier ministre c'est d'abord un discours de vérité un discours de vérité sur la situation et un discours aussi de vérité sur sa capacité à répondre aux situations difficiles auxquelles nous sommes confrontés et puis moi je vais vous dire j'attends pas du Premier ministre qu'il ouvre un énième débat sur un nouvel acte de décentralisation aujourd'hui j'en suis pas là moi j'attends qu'il profite de ce moment aussi pour dire un peu quelle est sa vision de la décentralisation et surtout que face encore une fois aux difficultés auxquelles nous sommes confrontés financières d'abord et un certain nombre de difficultés très concrètes sur des projets pour lesquels nous avons des difficultés à les mettre en oeuvre et bien qu'il règle des situations compliquées on vient de fêter les 40 ans de la décentralisation des grandes lois de décentralisation il faut revenir à cet esprit de la décentralisation lui donner du souffle lui donner une vision lui donner une ambition et puis nous donner quelques garanties sur la manière dont on va pouvoir élaborer nos budgets parce que moi et c'est d'ailleurs pour ça que je ne remettrai pas en cause la date de vote de mon budget je voterai le budget du département au mois de décembre parce que nos services les habitants le monde associatif les milieux culturels le mouvement sportif a besoin de stabilité et c'est aussi pour ça que nos collectivités doivent faire preuve et on va évidemment
en parler Nicolas Lacroix vous qu'est-ce que vous vous attendez ce matin de Sébastien Lecornu est-ce que vous attendez un cap est-ce que vous attendez des annonces précises est-ce qu'il est en mesure de le faire
bon d'abord vous savez que ça fait maintenant plusieurs assises où on attend beaucoup de choses les premiers ministres passent et les difficultés des départements ne cessent que d'augmenter alors aujourd'hui bien sûr il y a de la colère il y a de l'inquiétude il y a aussi une volonté de stabilité face au spectacle de l'Assemblée nationale mais on est là aussi pour faire des propositions à travers mon intervention que je ferai en fin de matinée je vais aussi faire quelques propositions parce qu'on ne peut pas être uniquement là pour demander être sur la défensive on doit évidemment faire acte de difficultés et on le sait on va expliquer au premier ministre qu'il le sait on a rencontré de nombreux ministres on travaille avec ce gouvernement comme avec d'ailleurs ceux d'avant mais il doit nous entendre je crois que le gouvernant a bien pris conscience des difficultés des départements aujourd'hui je pense que ça c'est acquis des deux côtés mais un premier ministre ne peut pas venir clôturer les assises de départements de France sans annonce nous rassurer peut-être quelques annonces on a évidemment souhaité faire quelques propositions on a été aussi on a proposé un certain nombre de choses sur la décentralisation le premier ministre a écrit à toutes les collectivités il y a quelques semaines le département de France a répondu mais on est là aussi pour construire avec ce gouvernement on n'est pas là uniquement pour détruire pour se plaindre je crois que les français ils ont besoin aussi d'un message d'espoir alors non on n'est pas résigné on se bat au quotidien dans nos départements pour les habitants de nos territoires c'est ce qu'on va lui dire maintenant aujourd'hui il faut évidemment qu'on soit entendu et le premier ministre ne peut pas venir sans annonce qui va évidemment dans le sens et dans les attentes des départements
et l'alerte elle a été lancée par le président de l'assemblée des départements de France François Sauvadet pour lui ce n'est pas seulement l'avenir des départements qui se jouent c'est bien plus que cela on l'écoute
c'est une partie du destin français qui est en train de se jouer en ce moment d'abord on a besoin d'un budget on a besoin d'un budget parce que nous ne pouvons plus d'où les départements faire face aux dépenses qui nous sont imposées par l'État et notamment des dépenses de solidarité vous le savez tous on verse des prestations des prestations pour les personnes âgées pour les handicapés et pour le RSA l'État ne nous compense pas cette dépense explose
François Sauvadet pour qui c'est une partie du destin français qui est en train de se jouer vous partagez ça Stéphane Troussel
ce qui est sûr c'est que désormais depuis un certain nombre d'années les départements aux côtés de l'État et de l'assurance maladie assument une partie du modèle social de notre pays et moi je crois fondamentalement plutôt que les délires identitaires d'Éric Zemmour et de Séniaus en permanence moi je crois profondément que l'identité de notre pays c'est son modèle social justement et quand les départements sont en difficulté pour assumer la prise en charge du vieillissement de la population d'assumer la prise en charge l'accompagnement des personnes en situation de handicap alors qu'on sait à quel point la société maintenant se mobilise et en attente la situation par exemple de la manière dont on prend en charge les enfants en situation de handicap à l'école c'est pas à la hauteur d'un grand pays comme le nôtre la question des enfants en difficulté on parlait tout à l'heure de la transformation écologique de nos routes l'ensemble de ces éléments qui participent de ce modèle qui fait l'identité de la France et bien aujourd'hui c'est en difficulté donc puisque les départements aux côtés de l'État
oui bien sûr
et donc puisque les départements aux côtés de l'État et de l'assurance maladie assument une partie de ce modèle de protection sociale et bien qu'est-ce qu'on veut est-ce qu'on veut le mettre à mal est-ce qu'on veut être dans une gestion comptable de la misère en permanence de l'austérité ou de la rigueur ou est-ce qu'au contraire on pense que face à la richesse qui existe dans notre pays face à l'enrichissement des plus riches de ce pays est-ce qu'on veut au contraire et bien assurer une forme d'égalité et de justice pour nos concitoyens sur l'ensemble du territoire je termine par là il y a quelque chose d'insupportable aujourd'hui dans le mode de financement des départements c'est que l'État ne consacre pas les mêmes ressources à la prise en charge d'une personne âgée ou en situation de handicap quel que soit sur l'ensemble du territoire quelqu'un d'une personne âgée du Val-d'Oise ou de la Lozère et bien ils ne sont pas accompagnés par l'État de la même manière ce n'est pas juste ce qui fait
il faut une renationalisation des prestations sociales
on peut ouvrir tous les débats ce que je crois par contre c'est que pour financer ces grandes compétences qui permettent à la société de tenir debout et bien il faut remettre à plat les règles de financement de notre modèle social et ça passe aussi par les règles qui concernent les départements aujourd'hui elles ne sont plus adaptées et elles ne sont plus justes
Nicolas Lacroix
François Sauvadet a évidemment lancé un message d'alerte mais vous savez il y a maintenant deux ans à Strasbourg nous parlions de 15 départements en grande difficulté aujourd'hui c'est 60 départements et la dégradation des départements est très rapide aujourd'hui il n'y a plus de départements en bonne situation financière on est tous affaiblis on doit tous revoir nos politiques on doit revenir sur un certain nombre d'engagements on doit revenir aussi sur nos partenariats avec les communes je l'ai dit hier d'ailleurs au ministre en charge de la ruralité il faut que les maires l'entendent aujourd'hui les départements ne seront plus le partenaire essentiel des communes ne seront plus le partenaire essentiel du monde associatif tout ce qui fait vivre nos territoires on est également très présent sur les questions de santé ces questions de santé sont essentielles pour les français nous les départements on a souhaité aussi s'emparer de cette question donc oui fracturer fracturer fracturer les départements c'est vraiment mettre en péril la république il faut vraiment que le premier ministre l'entende on ne peut pas non plus sans cesse contribuer à l'effort demandé à la nation on a déjà largement contribué à nouveau solliciter les départements c'est vraiment aujourd'hui insupportable pour de nombreux départements qui ne peuvent plus faire cet effort pour certains ils ont déjà fait de nombreux efforts on dit souvent aujourd'hui on est à l'os et on ne peut plus aller au-delà il faut vraiment ça aussi que le gouvernement l'entende alors vous savez ils ont très souvent entendu les messages malheureusement derrière on attend toujours des mesures fortes qui nous concernent
et on va réécouter justement sur cette question du modèle de solidarité qui est évidemment très important pour les français on va réécouter ce qu'on disait il y a quelques instants François Sauvadet
le système de solidarité est en train de s'effondrer et nous sommes les premières victimes puisque l'état ne nous compense pas et puis deuxièmement c'est les conséquences nous sommes devenus le bouclier du monde rural on entretient les routes départementales 380 000 kilomètres des ponts 100 000 ponts on s'occupe des SDIS nous sommes le principaux financeurs face au changement climatique on aide les communes demain et dès aujourd'hui nous ne le pouvons plus donc personne ne pourra dire on ne savait pas
Nicolas Lacroix est-ce qu'il faut revoir notre modèle de financement social ?
Les départements c'est la collectivité des solidarités 44 milliards d'euros par an et vous le savez on intervient du plus jeune âge jusqu'à la fin de la vie on intervient auprès des plus fragiles ce modèle il fonctionne aujourd'hui je pense que les départements ont prouvé qu'ils étaient en capacité d'accompagner les plus fragiles j'ai souvent aussi dit qu'on avait un vrai sujet sur le vieillissement de la population aujourd'hui on ne traite pas ce sujet vous avez des départements qui sont en grande difficulté le mur du vieillissement on en parle souvent on attend cette loi grand âge qui n'est toujours pas là comment demain on va financer le grand âge et qui est promis
par Emmanuel Macron quasiment depuis le début de son premier quinquennat
exactement et puis on parle aussi beaucoup de la protection de l'enfance avec de grandes difficultés dans nos territoires alors ce modèle social pour moi le département a montré qu'il est en capacité de répondre à toutes les attentes mais oui on est maintenant en grande difficulté pour répondre à toutes les attentes au-delà des départements
il faut le revoir le modèle social
écoutez moi je suis je pense que les départements ont prouvé que c'était la collectivité en capacité d'aller au plus proche des habitants donc de trouver des solutions de façon très adaptée on est la solidarité du quotidien on connaît beaucoup de beaucoup de d'habitants de nos territoires et on est en capacité d'agir au plus proche d'eux maintenant effectivement les finances des départements ne permettront plus demain d'aller sur toutes ces questions certains départements ont déjà fait un certain nombre de choix douloureux mais alors les choix ils sont très durs on doit évidemment baisser le niveau d'intervention sur la prise en charge de nos aînés on doit laisser des enfants en difficulté on doit uniquement se réduire à verser le RSA sans apporter tout cet accompagnement en matière d'insertion parce que le département il n'est pas uniquement là pour verser le RSA il est là aussi pour accompagner les personnes en grande fragilité et pour les aider à retrouver le chemin de l'emploi donc toutes ces questions aujourd'hui elles sont remises en cause dans tous les départements on essaie maintenant de faire des économies sur ces questions de solidarité humaine et ça effectivement c'est un vrai danger pour la cohésion de notre pays
Stéphane Troussel François Sauvadet il fustigeait aussi un peu les députés les débats budgétaires en cours à l'Assemblée qui augmentaient justement les prestations sociales ce qui allait augmenter les difficultés financières des départements vous partagez ?
Alors ça je ne partage pas parce que je pense que quand nos concitoyens les plus fragiles les plus vulnérables doivent vivre ou survivre avec quelques centaines d'euros au titre du RSA je ne crois pas qu'il faille empêcher la revalorisation par exemple des prestations sociales Donc oui moi je suis Et comment vous allez faire
pour les financer ?
Oui mais c'est pour ça que je pense qu'il faut remettre à plat les règles du financement de notre modèle social Bien évidemment que ça ne peut pas reposer exclusivement sur les départements par exemple qui n'ont plus de ressources qu'ils peuvent eux-mêmes mettre en oeuvre Donc moi je pense que encore une fois face à un développement de la précarité face au développement au vieillissement de la population même dans un département très jeune comme la Seine-Saint-Denis par exemple le nombre de personnes âgées de 75 ans et plus dans une génération il va doubler en Seine-Saint-Denis et donc si on veut que par exemple les personnes âgées qui souvent dans un département populaire comme le mien ont eu des vies dures ont commencé à travailler tôt donc sont souvent avec des niveaux de dépendance qui interviennent plus tôt et sont plus lourds et ils ont parfois des ressources plus faibles il faut y consacrer des moyens importants donc je ne crois pas mais est-ce que les augmenter
à l'heure actuelle avec vos difficultés c'est pas mettre les départements dans une impasse
écoutez moi je ne considère pas que dans un pays qui est la 7ème puissance mondiale qui a vu ses ressources augmenter qui a vu les ultra riches s'enrichir ces dernières années je ne crois pas que notre règle commune ça doit être de dire et bien on doit rabaisser les droits des plus fragiles des plus vulnérables des personnes âgées des allocataires du RSA ou des personnes en situation de handicap qu'est-ce que c'est que cette histoire mais vous avez vu comme ce pays est riche vous avez vu comme monsieur Bolloré et ses amis s'enrichissent comme l'ensemble des entreprises du CAC 40 et on n'aurait pas les moyens de faire en sorte que nos vieux vivent mieux que les personnes en situation du handicap soient accompagnées je ne crois pas à ça donc oui ça ça va être un beau débat de société entre la droite et la gauche parce que moi j'en ai ras le bol qu'on nous explique qu'il n'y a plus de clivage bien sûr qu'il y a du clivage et bien assumons ce débat là et on aura certainement des moyens de trouver des compromis des consensus même mais oui il faut accepter ce débat il va y avoir une élection présidentielle et bien moi j'assume ce débat sur quel modèle de société voulons-nous je crois que ce qui a fait la force de notre pays c'est justement son modèle social c'est de faire en sorte qu'y compris dans les crises et bien notre modèle social il permette à la société de tenir debout donc trouvons des ressources trouvons des recettes je ne crois pas que ce soit un problème de dépense dans notre pays le problème dans notre pays aujourd'hui c'est un certain nombre de recettes Emmanuel Macron et ses gouvernements depuis 2017 il a privé notre pays de recettes la flat tax l'impôt de solidarité sur la fortune un certain nombre de cadeaux fiscaux pour les plus riches et bien allons chercher des ressources pour défendre notre modèle social vous avez compris qu'on a quand même quelques divergences avec Stéphane Troussel où on se rejoint c'est qu'effectivement la droite et la gauche on ne parle pas toujours le même langage vous savez aussi qu'aujourd'hui à l'Assemblée nationale c'est la gauche qui compte beaucoup et qui arrive effectivement à faire passer un certain nombre de textes qui ne vont pas dans le sens souhaités par une grande partie des départements puisque les départements de France je le rappelle c'est quand même 72 départements qui sont présidés par des départements de la droite
donc vous vous le regrettez
cette augmentation nous on souhaitait un gel des AIS d'ailleurs l'an dernier
ce sont les allocations individuelles de solidarité
l'an dernier les départements de la droite et du centre n'ont pas versé la hausse la hausse votée de 1,7% sur le RSA on a donc appliqué ce gel on est encore de nombreux départements à ne pas avoir versé à la caisse d'allocations familiales cette hausse et pour cette année effectivement quand on demande des efforts aux français on considérait effectivement qu'il fallait à nouveau demander un gel des allocations individuelles de solidarité en 2025 nous ne l'avons pas appliqué on le demandait pour 2026 et évidemment à l'Assemblée nationale la gauche a réussi à débloquer en tout cas à dégeler ce qu'on souhaitait il ne s'agit pas de s'en prendre au plus fragile vous savez il n'y a pas d'un côté la gauche est-ce que vous prenez
leur position ou est-ce que vous dites compte tenu de notre situation c'est irresponsable
moi ce que je veux faire c'est continuer à pouvoir verser toutes ces allocations aux plus fragiles je veux continuer à protéger ce modèle social à force de vouloir donner plus quand on n'en a pas les moyens on n'arrive plus quand vous dites est-ce que le modèle social est en danger oui il est en danger parce que je crois qu'à un moment il faut effectivement prendre des décisions qui sont difficiles c'est difficile je vous le disais c'est difficile de baisser le niveau d'intervention auprès d'une personne âgée qui a besoin d'accompagnement c'est difficile de ne pas mettre tous les moyens à disposition de nos partenaires pour protéger nos plus fragiles c'est difficile de ne pas avoir toutes les solutions pour les personnes en situation de handicap ça on le partage maintenant c'est comment on finance nous les départements on n'a plus les moyens de les financer alors évidemment on pourrait dire on renationalise c'est pas la solution parce que ce sont les compétences au coeur des départements donc les questions de solidarité on doit les garder on doit les maîtriser on doit les exercer le mieux possible mais dans cette période difficile effectivement nous on souhaitait le gel des allocations individuelles de solidarité et c'est pas être antisocial ou finalement taper toujours sur les plus fragiles je crois que l'effort il devait être partagé et ça c'est aussi un message que les français souhaitent on entend dans nos territoires vous savez quand les départements de droite de la droite du centre et des indépendants a souhaité geler le RSA c'est un message qui a été fortement entendu dans nos territoires bon bah voyez le clivage gauche droite ça existe encore j'entendais tout à l'heure François Sauvadet quand vous lui posez la question de savoir où il était il vous a répondu ailleurs moi je suis à gauche voilà moi je suis à gauche et bah voilà c'est très bien et c'est tant mieux pour la démocratie d'ailleurs je pense qu'il faut assumer ce clivage gauche droite donc oui moi encore une fois dans un moment comme vit notre pays je ne crois pas qu'on puisse dire aux personnes âgées qui sont accompagnées au titre de l'allocation pour l'autonomie des personnes âgées aux personnes en situation de handicap je pense notamment aux familles qui ont des enfants qui ne sont pas prises en charge dans des établissements spécialisés et qui doivent rester à la maison et qui n'ont comme seule ressource pour les accompagner que la prestation de compensation de handicap non je ne leur dirai jamais que la seule solution c'est de geler les faibles ressources qui permettent de les accompagner par contre oui je vais me battre et je pense qu'on doit pouvoir le faire ensemble sur un certain nombre de situations pour que l'État qui est garant de la solidarité nationale et bien il accompagne les collectivités qui aujourd'hui versent ces prestations mais je n'accepterai pas que le seul message qu'on envoie aux plus fragiles c'est leur dire ah bah finalement on va geler vos prestations bah écoutez moi je préfère dire ça aux ultra riches de ce pays qui se sont gavés depuis un certain nombre d'années vous savez il y a ceux qui vous disent on a un problème de recettes oui on a un problème de recettes parce que quand la France va mal nous on doit accompagner davantage de personnes fragiles quand la France vieillit on doit accompagner davantage de personnes âgées quand la France va mal c'est plus d'enfants qui nous sont confiés donc oui on a un problème évidemment de recettes et de dynamique de recettes mais on doit aussi se regarder nous-mêmes et regarder nos dépenses c'est ce qu'on a fait on est de nombreux départements aujourd'hui à avoir mis en place un certain nombre de révisions de nos politiques publiques parce qu'on n'a pas qu'un problème de dépenses on est aussi un problème de recettes on est aussi un problème de dépenses donc on doit aussi montrer au gouvernement que nous on est capable de regarder nos dépenses parce que ça je pense que c'est quelque chose de noble dans la politique de dire évidemment il nous en faut toujours plus évidemment on souhaiterait en distribuer plus mais pour en distribuer plus il faut faire aussi il faut faire aussi des économies et effectivement on doit regarder nos propres dépenses ça a été dit il n'est pas normal que dans un département pour une même situation vous accompagnez de 1 à 4 la personne qui doit obtenir un accompagnement mais ça c'est pas uniquement l'état c'est aussi des décisions qui sont prises dans nos départements parce que qui fait l'évaluation des personnes qui doivent être accompagnées nos équipes nos services donc on doit aussi passer à nos équipes à nos services un certain nombre de messages pour aller dans le sens de moins de dépenses oui bon bah écoutez on peut continuer effectivement cet échange et ce débat moi je encore une fois est-ce que c'est juste que l'état consacre 24% à la compensation de la prestation du handicap en Seine-Saint-Denis quand d'autres départements en reçoivent 50% ce n'est pas juste moi je souhaite que sur l'ensemble de notre territoire national une personne âgée qu'elle soit dans le Cantal ou dans le Val-d'Oise elle soit traitée de la même manière pareil pour les personnes en situation de handicap et encore une fois et bien oui ces dernières années les recettes fiscales de notre pays elles ont été diminuées notamment au profit des plus riches et bien ça ça met en cause notre système de solidarité quant aux économies très franchement moi je suis à la tête d'un département le département de la Seine-Saint-Denis qui a affronté des défis majeurs des économies j'en ai fait mais par contre je refuse oui je refuse que les économies ça soit sur le dos des plus fragiles
et on a compris on ne vous mettra pas d'accord sur ce sujet on va terminer sur la question de la décentralisation puisque le Premier ministre a promis une loi de décentralisation avant les municipales on va écouter ce qu'en dit François Sauvadet le président de l'Assemblée des départements de France
dans le contexte politique qu'on traverse il ne faut pas se raconter d'histoire il n'y en aura pas il n'y aura pas de grands soirs et de grands matins ce que j'attends plutôt là c'est des améliorations d'efficience moi j'ai fait quelques propositions très simples d'abord de redonner du pouvoir au préfet sur l'ensemble des agences c'est partagé par le gouvernement et donc cette déconcentration elle sera utile puis en matière de déconcentration je propose même qu'on aille au-delà les ARS sont régionales je crois qu'il faudrait les remettre sous l'autorité des préfets qu'on a un dialogue plus construit on a une espèce d'administration qui sont hors sol avec lesquelles le dialogue est parfois compliqué et puis je souhaite qu'on fasse une sorte de loi 3DS améliorée c'est-à-dire qu'on re-toilette tout ce que nous devons faire et tout ce que nous serait beaucoup plus facile il faut se réinterroger sur quel est le bon niveau pour agir au plus près et au mieux pour les français
vous êtes d'accord Nicolas Lacroix vous n'attendez pas de grands soirs mais une sorte de loi 3DS la loi 3DS c'est la précédente loi décentralisation
bien sûr que je suis d'accord avec François Sauvadet la décentralisation est-ce que c'est la priorité des français aujourd'hui est-ce que ce sujet de la décentralisation les français chaque matin se disent est-ce que le gouvernement le corps nu va nous proposer les français ils veulent de la clarté
donc c'est une erreur de prendre tout le loi avant le municipal c'est pas la priorité
non c'est pas la priorité les français veulent de la clarté ils veulent de l'efficacité ils veulent de la lisibilité et nous on veut de la liberté pour agir on veut évidemment pouvoir continuer à intervenir sur l'ensemble de nos compétences donc on veut peut-être une clarification de nos compétences mais on ne veut pas un grand soir on veut du bon sens on veut du bon sens c'est simple pourtant le bon sens si ce pays retrouvait du bon sens je pense que les français se sentiraient beaucoup mieux
vous n'attendez rien non plus là-dessus
vous voyez qu'on peut être d'accord très franchement la tarte à la crème du nouvel acte de la décentralisation à chaque fois qu'il y a une échange électorale qui arrive c'est pas le sujet de nos concitoyens nos concitoyens ils veulent que l'action publique elle marche qu'ils y comprennent quelque chose qu'ils s'y retrouvent que encore une fois face au défi du vieillissement face à la prise en charge à la nécessité de la prise en charge du handicap la prise en charge des enfants en difficulté et bien que les collectivités locales qui depuis 40 ans assument des responsabilités et bien elles en aient des moyens moi ce que je souhaite surtout c'est que face à des lois qui se sont multipliées face à un état qui a transféré des compétences sans aucun moyen face à des règles du jeu qui finalement ont créé des inégalités sur notre territoire parce que quand on transfère des compétences qu'on fige des dotations et bien ça crée des inégalités et bien qu'on remette un peu d'ordre de justice et d'égalité entre les territoires et les citoyens déjà très franchement si on faisait ça tant mieux mais ça sert à rien de promettre effectivement le grand soir de décentralisation je ne crois pas que le gouvernement fut-il de Sébastien Lecornu ou d'un autre en ait les moyens politiques à l'Assemblée Nationale
Merci à tous les deux merci beaucoup d'avoir été avec nous sur ce plateau on suivra bien sûr en direct le discours de Sébastien Lecornu ce sera aux alentours de midi on verra ce qu'il vous répond ce qu'il vous annonce s'il y a des annonces ce sera à suivre sur l'antenne de Public Sénat on se retrouve d'ailleurs dès 11h pour suivre justement les discours de clôture de ces assises nationales des départements de France à tout à l'heure
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Raphaël Daubet