"La croissance française reste solide", affirme Bruno Le Maire, malgré le ralentissement annoncé par l'Insee
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Bruno Le Maire, ministre de l'économie et des finances et l'invité de France Info ce matin, Jean-Michel Apathy. Bonjour Bruno Le Maire. Bonjour Jean-Michel Apathy.
Angela Merkel et Emmanuel Macron se sont rencontrés hier à 30 km de Berlin. J'ai oublié le nom du lieu où ils se sont vus. Vous y étiez ? Oui. Et un accord a été trouvé, nous a-t-on dit, sur un budget de la zone euro. On écoute le président de la République française.
Nous sommes mis d'accord sur la création d'un budget de la zone euro avec une fonction de convergence et d'investissement entre les économies de la zone euro. Ce sera un vrai budget avec des recettes et des dépenses annuelles, des décisions par les États de la zone euro et justement une exécution des dépenses par la Commission européenne.
Alors on n'a pas compris grand-chose parce qu'un budget de combien, qui va financer quoi, qui va être financé comment ? On n'a pas les détails, il faut bien le dire.
Je vais vous donner les détails. C'est vrai ? C'est plus que sérieux. Je pense que ce qui s'est passé hier entre la chancelière et le président de la République sur la zone euro, c'est une avancée historique. C'est la deuxième étape de cette monnaie commune que nous avons créée il y a quelques années. On a eu une monnaie commune, l'euro, mais toujours pas de budget commun entre les 19 États membres. Eh bien nous avons proposé hier, France et Allemagne, un budget commun qui va avoir deux fonctions. La première, c'est que nous allons pouvoir investir en commun, financer des programmes d'innovation, par exemple sur l'intelligence artificielle, sur les batteries.
Nous pourrons mettre l'argent en commun des 19 pour avoir des programmes beaucoup plus puissants, beaucoup plus efficaces qui préparent l'avenir de la zone euro.
Il viendra d'où l'argent ?
L'argent, il peut venir par exemple, c'est mentionné dans le texte, de la taxe sur les transactions financières. Nous avons une taxe en France sur les transactions financières. Elle rapporte à peu près 1,5 milliard d'euros. Nous pourrions consacrer cette taxe au budget de la zone euro. Il peut y avoir une part de l'impôt sur les sociétés qui sera consacrée à ce budget. On a devant nous trois ans pour le décider puisqu'il doit se mettre en place en 2021. Donc il y a encore le temps.
Ça fait autant de ressources en moins pour nous.
Ça fait aussi plus de croissance pour nous à la sortie et c'est bien l'objectif. Et puis il y a une deuxième fonction qui est essentielle, c'est une fonction de stabilisation. On tire les conséquences de la crise de 2008. Quand vous avez eu des pays comme l'Espagne, comme le Portugal, qui ont été très lourdement touchés par la crise, on les a laissés seuls, sans soutien massif. Il a fallu construire des instruments très rapidement. Là, il y aura une fonction de stabilisation de ce budget. Un État qui sera touché par une crise économique arrêtera de contribuer à ce budget.
Mais les autres États prendront le financement de l'investissement, de l'innovation à leur charge par l'intermédiaire du mécanisme européen de stabilité. Et puis l'État, quand il sera sorti de la crise, remboursera les sommes qui lui auront été prêtées. Mais pendant la crise, il n'aura pas arrêté de financer l'innovation, la recherche, les universités, toutes ces dépenses qu'on coupe en général quand on est en situation de crise. Et après, on met encore plus de temps à sortir de la crise et à retrouver de la croissance. Donc ça va favoriser la convergence entre les pays de la zone euro.
Un budget de combien ? Quel est le montant prévisible de ce budget ?
Nous ne sommes pas tombés d'accord, donc nous allons poursuivre les réflexions, je vous le dis très simplement.
Les Allemands veulent que ce soit le plus réduit possible.
Ce qui compte à mes yeux, c'est que le cadre soit clair. Un budget pour stabiliser en cas de crise, pour investir et pour innover, et faire de la convergence entre les États membres, parce qu'on ne peut pas continuer à avoir une monnaie unique, avec 19 États qui ont la même monnaie, et 19 politiques économiques différentes, 19 politiques fiscales différentes, ça n'est pas possible. Et ce qui a été décidé hier, permet de résoudre ce problème.
Non, ça ne permet pas de... Enfin, il y a des différences majeures qui vont exister. Le niveau de prélèvement en Allemagne est inférieur au nôtre de 6 ou 7 points. Mais Jean-Michel Lappatier, je suis...
Permettez-moi d'être en désaccord complet avec vous. Ah bon ? Oui, complet.
C'est parce que le budget va résoudre le problème de la convergence.
Mais parce que nous avons un budget, mais parce qu'il y a une autre décision que vous n'avez pas mentionnée, qui est absolument majeure, sur laquelle nous travaillons depuis 10 ans, c'est qu'il y a un accord entre la France et l'Allemagne pour avoir la même base sur l'impôt sur les sociétés. La même base fiscale. Ça fait 10 ans qu'on travaille là-dessus. C'est un sujet qui est très technique et très complexe. Mais pourquoi est-ce que nous n'arrivions pas à avoir le même impôt sur les sociétés entre la France et l'Allemagne ? Parce que derrière, il y a des règles d'amortissement qui sont différentes, il y a des droits des faillites qui sont différentes.
Nous avons fait un travail technique intense avec mon homologue Olaf Scholz. Et nous avons réussi à tomber d'accord pour avoir le même impôt sur les sociétés entre la France et l'Allemagne. Et j'espère que ça servira de base à des travaux européens à 19, pour que demain, à 19 puis à 27, nous ayons le même impôt sur les sociétés. Ça permettra à toutes les PME, toutes les entreprises qui veulent investir dans la zone euro de le faire beaucoup plus simplement.
Y aura-t-il un homme ou une femme à la tête de ce budget de la zone euro, une sorte de super ministre des Finances ?
Je souhaite qu'à terme, il y ait effectivement un ministre des Finances. Le président de la République l'a proposé dans son discours de la Sorbonne. Le budget de la zone euro, je le rappelle, c'était vraiment la pierre d'angle de ce projet pour la zone euro. Il a été accepté par l'Allemagne. Et vous savez qu'au départ, les Allemands étaient très réticents sur ce sujet. Donc nous sommes arrivés à les convaincre. Il reste, je le reconnais bien volontiers, des étapes à franchir. Il reste cette question du ministre des Finances.
Donc l'Amérique ne veut pas, c'est ça ?
Non, il y a des réserves, mais elle ne voulait pas au départ non plus d'un budget de la zone euro. Et finalement, nous sommes arrivés, après des heures et des heures de négociation, à trouver cet accord.
Est-ce qu'il y a... J'avais une autre question. Le montant du budget, vous ne l'avez pas dit ?
Nous, nous voulions partir sur un budget qui représente 0,2, 0,4, 0,5% du PIB. Un peu près, ce qui ferait pour à peu près 20 milliards d'euros, 20, 25 milliards d'euros comme point de départ. Pensons que c'est un bon point de départ. Pour l'instant, il n'y a pas d'accord avec l'Allemagne sur ce point de départ. Mais les chefs d'État nous ont demandé à Olaf Scholz, le ministre des Finances, et à moi-même de poursuivre nos travaux. Nous poursuivrons nos travaux dès la rentrée sur cette question du montant du budget, du fonctionnement très concret. Puis le travail important qu'il va falloir faire, c'est le travail avec les 17 autres États membres de la zone euro qu'il va falloir convaincre.
Voilà. Donc ça, c'est un travail qui est devant nous.
Ça, c'est le travail devant nous. Et là, pour le coup, je reconnais bien volontiers qu'il va falloir se retrousser des manches.
D'accord. Donc vous aurez quelques semaines ou quelques mois pour y parvenir. Avant de s'interrompre un commentaire sur la prévision de l'INSEE concernant la croissance en France en 2018, dit l'INSEE, elle ne devrait pas être de 2%, comme vous l'espériez, mais seulement de 1,7%. Parce qu'il y a un ralentissement, notamment, de la consommation des ménages. Quel commentaire ?
Alors, dans nos provisions budgétaires, on était à 1,8%. Là, on est légèrement en dessous. Moi, je ferais deux commentaires. Le premier, c'est que la croissance française reste solide. Et je suis confiant là-dessus. Le deuxième, c'est qu'on ne fait pas autant que ce que nous pourrions faire si on libérait le potentiel de croissance des entreprises. C'est évident. Et donc le choix politique, stratégique de long terme, c'est est-ce que nous continuons à avoir une croissance comprise entre 1,2%, 1,3% et 2,1% ? Ou est-ce que nous essayons de libérer le potentiel de croissance de nos entreprises ?
Et le projet de loi que j'ai présenté lundi en Conseil des ministres, il a justement vocation à dire arrêtons d'avoir une croissance inférieure à ce que nous pourrions faire, libérons le potentiel de nos entreprises. Est-ce que vous maintenez votre prévision de croissance à 1,8% ou est-ce que vous vous calquez d'organisation sur celle de l'INSEE ? Nous maintenons notre prévision de croissance à 1,8%. On ne va pas ajuster la croissance tous les trois mois en fonction des événements. Nous ne sommes pas loin de la prévision de l'INSEE. Mais je pense que nous pouvons, sur le long terme, faire beaucoup mieux si nous levons un certain nombre d'obstacles à la croissance française.
Vous ne prévoyez pas d'économie nécessaire en fonction de ce que dit l'INSEE ? Vous ne prévoyez pas de faire des économies pour ajuster ?
Non, non, je ne prévois pas et nous ne prévoyons pas avec Gérald Darmanin d'économies supplémentaires. Il y a une trajectoire budgétaire. Il faut simplement la tenir.
Vous restez avec nous Bruno Le Maire. Il est 8h40. L'essentiel de l'info, Edwige Coupez.
Salah Abdeslam hospitalisé pour une crise d'appendicite. Dernier survivant des commandos du 13 novembre. Il a été extrait hier soir de sa cellule de fleurimerogis et transféré en urgence avec le concours du GIGN à l'hôpital de Corbeil-Essonne dans le sud de la région parisienne. Pas de grève unitaire cet été à la SNCF. L'UNSA se retire. La CFDT se laisse jusqu'au 28 juin. Fin officielle du mouvement entamé il y a trois mois. La CGT doit acter de son côté dans la journée. Deux nouvelles journées de mobilisation. Ce sera peut-être les 6 et 7 juillet prochains pour les départs en vacances. La CGT qui espère rallier Sud Rail. Prochain épisode de grève demain soir jusqu'à dimanche matin.
L'appel du chanteur Bono à mettre fin aux séparations de familles de migrants aux Etats-Unis. Depuis début mai, plus de 2300 enfants ont été envoyés dans des centres d'hébergement sans leurs parents. Donald Trump assume cette tolérance zéro. Le Mexique de son côté condamne une politique cruelle et inhumaine. Portugal-Maroc, Iran-Espagne, Uruguay-Arabie Saoudite. Les trois matchs du jour au Mondial en Russie. Hier, justement, la Russie organisatrice a fait un pas de plus 28e de finale en battant l'Egypte 2-3-1. Les Bleus de leur côté décolle pour Yekaterinbourg aujourd'hui pour affronter le Pérou demain. Ce sera à 17h.
Bruno Le Maire, ministre de l'économie et des finances et l'invité de France Info ce matin. Jean-Michel Apathy.
L'Europe est confrontée à une autre question importante, celle des migrants. Il en a bien entendu été question hier entre Angela Merkel et Emmanuel Macron. L'Europe se divise sur cette question. Les Français aussi. Je voudrais vous montrer un sondage opinionnoué qui a été fait au début de la semaine. 56% des Français estiment que la France a fait le bon choix en n'accueillant pas l'Aquarius contre 42%. Vous vous situez où, vous, dans les 42 ou dans les 56 ?
Moi je me situe dans les 56, mais je le dis sans fierté particulière, parce qu'on sait bien que c'est des questions qui sont extraordinairement douloureuses. Tout le monde voit les images des migrants, voit ses femmes, ses enfants, toutes ces personnes qui sont sur des navires de fortune, dans des situations qui sont inacceptables humainement. Mais le principe de responsabilité, c'est de ne pas accueillir tout le monde en laissant grande ouverte les portes de la France. C'est le principe de responsabilité.
Mais là c'est une question humanitaire qui était posée. C'est-à-dire un bateau... Les Italiens ne veulent pas de ce bateau. Si personne n'en veut, qu'est-ce qu'il devient ? La France a une tradition de générosité en tant que d'accueil.
La règle, la règle...
On a fondé Médecins Sans Frontières pour ça.
La règle, c'était celle de l'accueil par le pays qui était le plus proche, c'était l'Italie. C'est ce qu'a rappelé le président de la République, à juste titre. Quant à la générosité française, elle est là. Quand vous regardez le nombre de demandeurs d'asile que nous accueillons chaque année, c'est près de 100 000. Alors les 100 000 n'ont pas forcément l'asile au bout du compte, mais nous accordons beaucoup l'asile. Nous accueillons des gens qui sont en situation de détresse, menacés dans leur pays.
Maintenant, il est temps, et c'est ça l'urgence absolue à mes yeux, de définir une politique européenne qui soit beaucoup plus volontariste, beaucoup plus claire, beaucoup plus solidaire aussi, avec, entre les pays membres de l'Union européenne, des règles qui soient plus claires et mieux respectées par chacun, parce qu'elles ne le sont pas aujourd'hui, avec, en deuxième lieu, un contrôle des frontières qui soit beaucoup plus effectif et solide qu'il ne l'est aujourd'hui, et en mettant en commun des ressources qui, aujourd'hui, ne sont pas suffisamment mises en commun.
Et puis le troisième sujet, celui qui est de plus grande ampleur, qui est le plus compliqué, c'est comment est-ce qu'on participe collectivement au développement économique des pays sources ? La France le fait dans le cadre du G5 Sahel, mais tous les États européens doivent le faire. Chacun doit comprendre que face à un défi, qui est un défi migratoire, stratégique, historique, il n'y a pas de réponse nationale, individuelle. Ça n'existe pas. Ceux qui font croire ça aux gens, leur mentent.
On va penser que l'Italie, l'Espagne, la France pourra s'en sortir tout seul, face aux centaines de milliers de personnes qui vont quitter le territoire africain, parce qu'ils n'ont pas d'autre choix, parce qu'on ne leur a pas laissé d'autre choix.
C'est un mensonge. C'est curieux d'entendre ça, qu'il n'y aura pas de situation nationale, parce que l'Italie a réclamé notre aide. L'Italie confrontée à des vagues migratoires importantes depuis 2015, a réclamé notre aide, c'est-à-dire à l'Europe tout entière, mais notamment à la France aussi. Depuis 2015, à l'inverse, nous, nous avons renforcé nos contrôles aux frontières, notamment à Ventimi, et du coup, la Ligue Partie d'extrême droite est arrivée au pouvoir en Italie.
Vous avez raison, Jean-Michel Lepati, c'est une des raisons.
Mais est-ce qu'il y a une autocritique que la France doit faire sur le résultat de ce qui se produit aujourd'hui en Italie ? Est-ce qu'on n'a pas, par égoïsme, encouragé l'accession d'un parti d'extrême droite en Italie ?
Oui, s'il y a une critique que nous devons nous adresser collectivement, c'est une critique européenne. Lorsque l'Europe n'est pas à la hauteur des défis sur des questions stratégiques, comme la question des migrations, et bien, effectivement, la réponse, c'est des populismes.
Et pour ce qui me concerne, c'est-à-dire, l'économie, si nous ne sommes pas capables, demain, d'avoir, et je le dis à tous nos partenaires, membres de la zone euro, si nous ne sommes pas capables d'avoir une zone euro plus solide, capables de résister à la prochaine crise financière, avec des instruments renouvelés, capables d'investir davantage pour donner des emplois aux gens, des perspectives à nos enfants, demain, vous verrez la zone euro fragilisée, vous verrez les populistes monter, mais ça sert à quoi votre Europe, si vous n'êtes pas capable de nous donner plus de croissance, plus d'emplois, plus de perspectives pour nos enfants ? C'est ça, notre responsabilité.
Est-ce que la France, par égoïsme, a nourri le populisme italien ? Et peut-être aussi le populisme allemand, d'ailleurs, en laissant Angela Merkel seule à face à ses migrations.
C'est l'Europe tout entière, dans son incapacité à apporter, depuis des années, des réponses claires à cette question migratoire, ce que le président de la République essaye de faire aujourd'hui, qui a donné le sentiment aux Italiens, à nos amis italiens, que dans le fond, on les laissait tout seuls. Bien sûr. On disait, mais débrouillez-vous tout seuls. Donc on a une responsabilité ? Mais nous avons une responsabilité collective. Vous savez, quand il y a une montée des populismes, la mauvaise réponse, c'est dire tout ça, c'est la faute des peuples. Ils ne votent pas comme il faut. Ça, c'est une réponse qui est absurde et irresponsable.
Et puis la bonne réponse, c'est de se dire, est-ce que nous, responsables politiques, collectivement, au niveau national comme au niveau européen, nous avons apporté les réponses à nos peuples sur la protection nécessaire des frontières, sur la protection de nos cultures nationales, et sur la défense de nos intérêts économiques ? Quand je me bats avec mes homologues allemands pour résister face à M. Trump, pour qu'il y ait une réponse aux attaques commerciales des États-Unis contre les alliés européens, qu'est-ce que je dis au peuple français ?
Avec le président de la République, nous défendons vos intérêts économiques et nous ne nous laisserons pas marcher sur les pieds par les États-Unis d'Amérique, aussi proches que nous puissions être de ce pays. Quand nous renforçons la zone euro, qu'est-ce que je dis au peuple français ? Même chose, nous allons améliorer le fonctionnement pour plus de stabilité et plus de croissance.
On va rester sur l'immigration, on va écouter Matteo Salvini, qui est le ministre de l'Intérieur italien, qui a expliqué hier à la télévision italienne que son projet maintenant, c'est de compter le nombre de Roms qui sont présents sur le territoire italien.
J'ai demandé un état des lieux précis des Roms en Italie. Qui sont-ils ? Combien sont-ils ? Après, les Roms italiens, malheureusement, nous serons contraints de les garder.
Malheureusement, nous sommes contraints de les garder, les Roms italiens. Un gouvernement comme ça, l'Europe, c'est des valeurs, peut continuer à faire partie de l'Europe ?
Nous allons travailler avec le gouvernement italien. Vous avez entendu cette déclaration ? Bien entendu, mais... Qu'est-ce qu'elle suscite chez vous ?
Qu'est-ce qu'elle suscite chez vous, cette déclaration ?
La question n'est pas celle de Matteo Salvini, du gouvernement italien.
C'est ma question, oui.
La question, c'est la montée. C'est la question que tout le monde se pose ? La question que tout le monde se pose et que tout le monde voit, c'est la montée des populistes partout en Europe. C'est la montée des extrêmes partout en Europe.
Est-ce qu'on peut travailler avec le gouvernement italien quand il dit ça ? On va compter les Roms.
Je vais vous répondre très simplement. Je voudrais tout à l'heure, dans quelques instants, un entretien avec mon homologue italien, M. Tria, qui est ministre de l'économie. J'aurai un entretien avec M. Di Maio dans le courant du mois de juillet. Et puis je jugerai sur pièce. Je leur dirai, voilà, en matière économique, nous allons progresser sur la zone euro. Est-ce que vous êtes avec nous ou est-ce que vous n'êtes pas avec nous ? Quand vous entendez ça, vous vous dites que vous avez les mêmes valeurs
que le gouvernement italien ?
Mais il y a beaucoup de responsables politiques en Europe dont je ne partage pas les valeurs, dont je vois qu'ils gagnent du terrain petit à petit. Et je me dis que la réponse n'est pas d'aller commenter telle déclaration ou telle autre. La réponse, c'est les décisions. Et si j'ai passé des jours et des nuits avec M. Scholz pour avoir cet accord sur la zone euro et que le président de la République puisse conclure cet accord historique avec Mme Merkel, c'est parce qu'au fond de moi, je ne vous cache pas, Jean-Michel Apathy, mon inquiétude sur ce que l'Europe est en train de devenir. Je ne vous cache pas que ce qui monte aujourd'hui en Europe, partout, politiquement, m'inquiète.
Et que la seule réponse face à ça, ce n'est pas les commentaires, ce n'est pas mon rôle. La seule réponse, c'est des décisions. Une politique migratoire juste, efficace, ferme, qui protège nos frontières et qui, sur le long terme, évite de revivre chaque année ce que nous vivons. Et en matière de politique économique, plus d'emplois, plus de croissance, plus de protection de nos entreprises, plus de défense de nos intérêts stratégiques, plus de protection de nos investissements clés, de nos technologies clés. C'est ça, à mes yeux, qui compte.
Mais il n'y a pas que l'économie, il y a les valeurs, et on voit qu'elles sont sérieusement mises en cause aujourd'hui par l'installation de certains gouvernements.
Bien sûr, mais là, c'est aussi la responsabilité de chaque parti. On pourrait poser la question à l'ancien parti dont je faisais partie il y a quelques mois, les Républicains. Qu'est-ce que l'on veut pour le Parti Populaire Européen ? Est-ce qu'il est cohérent que dans le Parti Populaire Européen, vous ayez M. Orban et Mme Merkel ? Est-ce que, véritablement, ça a du sens d'avoir deux personnalités qui défendent des valeurs aussi différentes, qui font partie du même Parti Populaire Européen ? Je crois que le Parti Populaire Européen peut se poser aujourd'hui cette question. La recomposition politique, elle a lieu en France.
Mais je peux vous garantir qu'elle va avoir lieu aussi au niveau européen parce que les lignes aujourd'hui de partage ne sont plus tenables face aux réalités politiques dans les États. 8h50, l'essentiel de l'info de Vichkoupaz.
Une grève à la SNCF les 6 et 7 juillet prochains pour le premier grand week-end de départ en vacances. La CGT Cheminot doit acter cette décision dans la journée. Le syndicat déterminé à poursuivre le mouvement contre la réforme ferroviaire, suivie par Sudrail. L'UNSA de son côté se retire mais promet sur France Info que l'unité syndicale va durer pour d'autres types d'actions. Une nouvelle polémique sur les APL, associations et oppositions de gauche dénonce la non-revalorisation des aides au logement. Cette année, un manque à gagner de 5 euros en moyenne selon la fondation Abbé Pierre.
En plus de la baisse du même montant déjà décidé l'an dernier, le gouvernement préfère non pas parler de baisse mais de non-augmentation. Lancement d'une vaste campagne de communication pour faire la pédagogie des 80 km heure sur les routes départementales. Une mesure impopulaire est contestée alors qu'elle entre en vigueur dans 10 jours. Certains militent pour que les départements aient le choix des routes concernées. Le retrait des Etats-Unis du Conseil des droits de l'homme de l'ONU. Washington dénonce l'hypocrisie et les partis pris contre Israël.
Une décision qui intervient aussi après les critiques sévères de cette institution contre la politique migratoire américaine et notamment contre la séparation de plus de 1300 enfants de leurs parents sans papier à la frontière mexicaine.
Bruno Le Maire, ministre de l'économie et des finances et l'invité de France Info ce matin, Jean-Michel Apathy.
On a appris hier que les APL, c'était une mesure qui figurait dans le budget mais personne ne l'avait vu passer, et donc on a appris hier en fait que les APL ne seraient pas revalorisées de l'inflation cette année. Jacques Mézard, votre collègue qui est en charge de ce dossier, dit qu'il ne s'agit pas d'une baisse mais d'une non-augmentation. Chacun appréciera. En tout cas, Olivier Faure, le patron du Parti Socialiste, n'a pas aimé.
On le voit avec les aides sociales, on le voit avec les APL, on le voit avec la politique de la ville. C'est un président qui visiblement n'a Dieu que pour les puissants, pour les premiers de cordée et pour les autres ses marches ou crèves.
Alors on pensait que les APL, après l'épisode de l'année dernière, vous n'y toucheriez pas mais en fait il n'y aura pas de revalorisation des APL ce qui évidemment est un souci pour ceux qui les touchent.
Et Jacques Mézard a raison, il n'y a pas de baisse des APL.
Non, il n'y a pas de baisse, il n'y a pas de revalorisation.
Il n'y a pas de baisse des APL. Il y avait tout le temps une revalorisation. Et vous me permettrez de répondre à Olivier Faure également parce qu'il aurait pu citer la revalorisation de l'allocation adulte handicapé, il aurait pu citer la revalorisation du minimum vieillesse, il aurait pu citer l'augmentation de la prime d'activité. Ce ne sont pas
les mêmes publics, on parle des APL.
Ces discours caricaturaux, je ne suis pas sûr qu'ils soient forcément les plus convaincants. Les APL ne baisseront pas.
Mais les APL ne seront pas revalorisés comme ils l'étaient chaque année.
Oui, mais vous pourriez aussi mentionner le fait que dans le parc social, les tarifs des logements et des loyers seront gelés eux aussi. Donc vous voyez que tout ça s'équilibre. On veut toujours aller pointer du doigt. Vous êtes sûr que ça va s'équilibrer ? Ça fait partie de la politique du gouvernement et c'est fait effectivement pour s'équilibrer. Et on peut avoir sans cesse une augmentation des APL avec un effet inflationniste sur les loyers que nous connaissons tous où nous pouvons essayer de régler les problèmes à la racine. Ce que le gouvernement s'efforce de faire sur tous les sujets, c'est de régler les problèmes à la racine.
Vous aurez encore une polémique avec les APL et donc vous aurez encore ces propos. C'est toujours les mêmes qui trinquent. Mais vous savez,
on peut multiplier les polémiques qui me paraissent inutiles. Moi, ce que je veux expliquer, c'est que nous allons traiter les problèmes à la racine en évitant de continuer avec des solutions qui depuis des années n'ont pas permis à notre pays d'avoir la croissance et l'emploi qu'ils méritent.
Vous avez présenté lundi, vous avez fait référence tout à l'heure à un projet de loi en Conseil des ministres pour simplifier, si vous le pouvez, la vie des entreprises et accroître leur capacité de progression, de croissance. Vous avez dans ce projet de loi mentionné des privatisations qui seront désormais possibles et précisément l'une d'elles suscite question, ADP, à l'aéroport de Paris. Pourquoi est-ce que vous voulez privatiser ADP ? On a du mal à le comprendre.
Je n'aime pas tellement ce terme parce que je pense qu'il ne reflète pas ce que nous allons faire. Le terme de privatisation ? Oui, parce que quand vous regardez la situation exacte d'ADP, vous avez l'État qui a 50,4% des parts et vous avez des acteurs privés dont Vinci, des actionnaires privés, l'aéroport de Skipol qui ont le reste 49,6% des parts. Mais pourquoi est-ce que vous voulez... Nous aurions pu avoir une solution extraordinairement simple qui aurait consisté à dire, voilà, on laisse les acteurs privés passer au-dessus de 50% et puis ils auront un droit de tirage et de possession illimité sur les actifs stratégiques, sur les pistes, sur les aérogates.
Nous n'avons pas retenu
cette solution-là. Je tiens à insister là-dessus, nous n'avons pas retenu cette solution-là parce qu'elle aurait donné à les acteurs privés la propriété ad vitam et aeternam d'un actif stratégique. Là, nous nous faisons une solution qui est beaucoup plus rigoureuse, beaucoup plus protectrice des intérêts de l'État, des intérêts des Français. Nous allons donner en concession pour une durée limitée de 70 ans des aéroports dont nous estimons qu'ils seront mieux gérés de manière plus dynamique par un acteur privé. Et nous gardons du côté de l'État tout ce qui fait la régulation de cet aéroport. Les tarifs aéroportuaires, par exemple, c'est l'État qui les régulera.
Les investissements... En quoi ça sera mieux géré ?
Regardez aujourd'hui les différents résultats. Qu'est-ce qu'ils vont rapporter
qui n'existent pas aujourd'hui ?
Mais le développement des commerces, le développement à l'international, ça marche bien, je pense que ça pourrait marcher mieux. Et la deuxième raison, Jean-Michel Apathy, c'est que nous immobilisons sur cet aéroport 9 milliards d'euros pour des dividendes de 180 millions. Alors chacun sa conception de l'État. On peut estimer que l'État immobilise sur aéroport de Paris une somme aussi importante que 9 milliards d'euros alors que ça pourrait être géré par un acteur privé qui ferait aussi bien.
On peut estimer, et c'est notre choix avec le président de la République et le Premier ministre, qu'il vaut mieux placer ces 9 milliards d'euros pour investir dans l'avenir, financer de la recherche sur les programmes technologiques les plus pointus et préparer l'avenir de nos enfants. Nous, nous estimons que ce choix-là, il est plus responsable et qu'avec toutes les régulations que nous mettrons en place, les intérêts des Français seront aussi protégés.
Bruno Le Maire, juste une précision. Tout à l'heure, nous avons évoqué la croissance, le chiffre de l'INSEE qui a été donné hier, donc cette prévision de 1,7% pour 2018. Vous nous avez dit, moi je maintiens 1,8%, mais la prévision de croissance du gouvernement, c'était 2%. Oui, la prévision, c'était 2%. Alors, ça dépend quel document vous prenez. Le budget a été bâti sur 1,8%.
Le budget a été bâti sur une hypothèse de croissance de 1,8%. Et dans le programme de stabilité, vous avez une évaluation à 2%. Il est courant d'avoir des différences d'évaluation entre le budget et le programme de stabilité qui est transmis à l'Union Européenne. Aujourd'hui, nous maintenons cette prévision de croissance, puis nous verrons ce que donneront les mois qui viennent. Mais vous espériez bien 2%. Mais moi j'espère toujours le meilleur en termes de croissance.
C'était le chiffre qui était annoncé. Non, mais je précise ça aussi pour tous ceux qui nous écoutent et qui ont pu être surpris par vos propos ce matin.
Mais dans nos prévisions budgétaires pour tenir les comptes de la nation, ce que nous avons présenté avec Gérald Darmanin, c'est une évaluation à 1,8%. L'INSEE aujourd'hui dit 1,7%. Très bien. Et puis nous ferons le mieux possible dans les années qui viennent pour dépasser ce chiffre.
Merci beaucoup Bruno Le Maire.
Très bonne journée à vous.
Bruno Le Maire