Catherine Pégard, ministre de la Culture, juge raisonnable la décision de Patrick Bruel d'annuler sa tournée et adresse ses pensées aux victimes
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Défensif 40 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 85 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:36OuverteRéponse directe
Est-ce que Patrick Bruel a pris la bonne décision en annulant ses concerts ?
- 1:30OuverteRéponse directe
Aurore Berger a appelé Patrick Bruel à renoncer à ses concerts. Vous aviez été sollicitée ?
- 2:21OuverteRéponse partielle
L'avocate de Patrick Bruel évoque des menaces. Vous en aviez eu vent ?
- 2:58OuverteRéponse partielle
Les syndicats de Radio France appellent à la grève. Est-ce que vous comprenez cet appel ?
- 4:56RelanceRéponse partielle
Ce pluralisme est-il suffisant ?
- 5:39OuverteRéponse directe
La tapisserie de Bayeux a-t-elle été endommagée pendant le transport ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:31PrésentateurFait
« On rappelle qu'il est mis en examen pour viol et agression sexuelle, des faits qu'il a toujours niés. »
- 0:42Locuteur non identifiéFait
« Il a pris cette décision, c'est la sienne dont acte. »
- 0:53Locuteur non identifiéFait
« Je pense que c'est évidemment l'essentiel pour les victimes. »
- 1:23Locuteur non identifiéFait
« Nous sommes dans un état de droit et donc il y a la présomption d'innocence et la justice doit faire son travail. »
- 1:59Locuteur non identifiéFait
« Car rien ne les justifie, ni le talent, ni la hiérarchie sociale, rien ne peut les justifier. »
- 3:25Locuteur non identifiéFait
« Je pense qu'ils le font depuis plusieurs mois, qu'ils ont été eux-mêmes très malmenés dans les derniers mois et très soupçonnés de part et d'autre. »
- 3:45Locuteur non identifiéFait
« Il a raison, les éditorialistes sont là pour exprimer une opinion, la leur, pas celle forcément des journaux dans lesquels ils travaillent. »
- 4:56Locuteur non identifiéFait
« Que l'on doit aux auditeurs, d'abord que l'on doit aux Français, c'est-à-dire les limites du débat démocratique. »
- 5:43PrésentateurFait
« On a signalé des ruptures de fibres. Rien d'inquiétant. »
- 6:00Locuteur non identifiéFait
« Donc, je peux vous dire qu'aujourd'hui, si on dit qu'elle est dans le même état en arrivant à Londres qu'elle était avant de partir de Bayeux, je crois qu'on ne se trompe pas beaucoup. »
- 6:16Locuteur non identifiéFait
« Non, non. Ça fait d'ailleurs beaucoup rire les Anglais qui ont le sens de l'humour. »
- 6:26PrésentateurFait
« L'exposition affiche complet jusqu'au 31 décembre. »
- 6:28PrésentateurChiffre
« Les premiers billets vendus ont déjà généré près de 3 millions d'euros de recettes. »
- 7:00PrésentateurChiffre
« Quand on se rende compte, l'assurance, c'est 800 millions de livres pour plus de 900 millions d'euros. »
- 7:16PrésentateurFait
« Le Premier ministre, hier soir encore, annonçait des efforts supplémentaires qui allaient être demandés à chaque ministère. »
- 8:28Locuteur non identifiéChiffre
« qui sera un sommet totalement inédit, avec plus de 200 personnes qui sont conviées, avec 60 pays représentés. »
Temps de parole
- Locuteur non identifié67 %
- Présentateur30 %
- ?3 %
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A
7h43, l'invité d'RTL Matin maintenant, elle rentre de Londres où l'exposition de la tapisserie de Bayeux vient d'être inaugurée. 68 mètres de toile quasi millénaire et prêtée à l'Angleterre, symbole du pouvoir diplomatique de la culture. Bonjour Catherine Pégard, ministre de la Culture et merci d'être avec nous ce matin. On va parler évidemment de cette tapisserie de Bayeux dans quelques instants, mais avant ça je voudrais revenir sur deux actualités très différentes. D'abord peut-être la décision de Patrick Bruel d'annuler ses concerts prévus en octobre. On rappelle qu'il est mis en examen pour viol et agression sexuelle, des faits qu'il a toujours niés.
Est-ce qu'il a pris la bonne décision et est-ce qu'il a trop attendu peut-être pour la prendre
? Il
a pris cette décision, c'est la sienne dont acte. Je pense qu'aujourd'hui il faut que la justice suive son cours d'une manière sereine. Les enquêtes se poursuivent. Je pense que c'est évidemment l'essentiel pour les victimes. C'est à elle que je pense. Nous, nous avons un devoir, c'est d'être derrière tous ceux ou celles qui sont victimes de violences sexuelles ou sexistes. Ça c'est notre, comment dire, conscience. C'est intangible, c'est un débat qui ne s'ouvre même pas. Donc nous devons lutter contre les violences sexuelles et sexistes. Pour le reste, nous sommes dans un état de droit et donc il y a la présomption d'innocence et la justice doit faire son travail.
Votre collègue au gouvernement, Aurore Berger, ministre déléguée, chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes, avait appelé, elle, Patrick Brouel a renoncé à ses concerts. On ne
vous
avait pas entendu sur le sujet. Est-ce que vous avez cherché à intervenir en coulisses ou vous
êtes tenu loin de
tout ça ? Non, je ne suis pas loin de tout ça, je viens de vous le dire. Je suis même très mobilisée sur ces violences sexuelles et sexistes parce que c'est un travail quotidien pour nous, au ministère de la Culture, pour traquer ces violences sexuelles et sexistes dans tous les domaines. Car rien ne les justifie, ni le talent, ni la hiérarchie sociale, rien ne peut les justifier. Donc nous sommes là, en effet, pour les traquer et j'ajoute qu'une fois que l'on a dit ça, on est dans un état de droit, je le répète, et je pense que la justice doit faire son travail et on doit être chacun à sa place.
L'avocate de Patrick Brouel explique qu'il n'a voulu prendre aucun risque pour son public, pour les personnes qui travaillent pour lui, après des menaces reçues ces derniers jours. Vous en aviez eu vent de ces menaces ?
Moi
je n'avais pas eu vent de ces menaces dans les derniers jours, mais je savais qu'évidemment le débat commençait à s'envenimer, puisque chacun commençait à avoir un jugement sur l'éventualité que ses concerts reprennent. Patrick Brouel avait décidé d'arrêter sa tournée au printemps dernier, il prend cette même décision, je crois que c'est bien.
Vous
êtes ministre de la Culture, on l'a dit, mais aussi de la Communication, et vous assurez à ce titre la tutelle de l'audiovisuel public. Les syndicats de Radio France appellent à la grève les 13 et 14 septembre prochains. Ils protestent contre la présence sur l'antenne de France Inter de Charles Sapin, nouveau chroniqueur le dimanche, aujourd'hui directeur adjoint du magazine Valeurs Actuelles. Magazine qui porte des valeurs non compatibles avec celles de Radio France selon les salariés du groupe. Est-ce que vous comprenez cet appel à la grève
?
Je comprends que les journalistes de France Inter puissent ouvrir un débat. Je pense qu'ils le font depuis plusieurs mois, qu'ils ont été eux-mêmes très malmenés dans les derniers mois et très soupçonnés de part et d'autre, d'ailleurs, de tous les côtés de l'échiquier politique. Peut-être comme ancienne journaliste, mon avis est que la maison de France Inter doit être ouverte. C'est ce qu'a dit d'ailleurs le directeur de la rédaction. Il a raison, les éditorialistes sont là pour exprimer une opinion, la leur, pas celle forcément des journaux dans lesquels ils travaillent. J'observe que ce pluralisme est respecté dans la rentrée de France Inter.
Ce n'est
pas suffisamment le cas jusque-là
?
Non, je ne porte pas de jugement. Je vois qu'aujourd'hui, il y a des chroniqueurs qui viennent de tous horizons, qui sont reconnus pour leur talent professionnel, c'est leur qualité professionnelle qu'on doit défendre. Et je pense que c'est toujours dangereux de faire des procès d'intention.
Ce pluralisme, il est indispensable. Vous le dites, c'est-à
-dire
que vous ne comprenez pas cet appel à la grève
? Je
n
'ai
pas à comprendre ou à ne pas comprendre. C'est un débat interne à France Inter, comme ce serait un débat interne à votre radio s'il devait se produire. Ce que je veux dire, c'est qu'il faut raison garder.
Et attendre, juger sur
les faits ? On doit juger
sur les faits, bien sûr.
Le procès d'intention,
c
'est quand même assez désagréable. La chasse aux sorcières, c'est toujours désagréable. Et je pense que si on a choisi ce chroniqueur, il faut entendre ses propos. Évidemment, ces propos doivent rester
ce
qu'ils doivent rester. C'est-à-dire ni des propos de haine, ni des propos de combat politique. Je pense qu'aujourd'hui, on pêche beaucoup par manque de nuances. On doit trouver une voie, surtout dans un moment qui va être très politique, puisque nous rentrons dans une année électorale.
Et
pendant cette année électorale, il doit y avoir du débat. Toutes les opinions peuvent s'exprimer dans les limites, encore une fois. Que l'on doit aux auditeurs, d'abord que l'on doit aux Français, c'est-à-dire les limites du débat démocratique.
Catherine Pégard, on le disait, vous êtes tout juste de retour de Londres. Vous êtes allé assister à l'inauguration de l'exposition sur la tapisserie de Bayeux, qui vient d'être installée au British Museum, prêtée par la France. Vous avez pu la voir, vous, cette tapisserie. Ça va, le trajet ne l'a pas endommagé ? On a signalé des ruptures de fibres. Rien d'inquiétant.
On a signalé une rupture de deux fils sur 70 mètres de long d'une tapisserie. Alors, c'est vrai qu'elle a été examinée avec une particulière attention. Ça a pris beaucoup de temps, puisque les experts l'ont examinée centimètre par centimètre. Donc, je peux vous dire qu'aujourd'hui, si on dit qu'elle est dans le même état en arrivant à Londres qu'elle était avant de partir de Bayeux, je crois qu'on ne se trompe pas beaucoup.
C'est un prêt de 10 mois. Ça veut dire qu'elle sera de retour en France l'été prochain ?
Il
n
'y a
pas de risque ? On rassure tout le monde de voir ce prêt prolongé ?
Non, non. Ça fait d'ailleurs beaucoup rire les Anglais qui ont le sens de l'humour. Ils commencent tout leur discours en disant « rassurez-vous, on va vous la rendre
».
En tout cas, l'engouement, il est réel pour cette tapisserie. L'exposition affiche complet jusqu'au 31 décembre. Les premiers billets vendus ont déjà généré près de 3 millions d'euros de recettes. Est-ce qu'il
y a
une partie reversée à la France ? Ou est-ce que c'est un prêt qu'on fait à titre complètement gracieux ?
Non, parce
que vous savez, quand on fait des prêts, ce sont toujours les emprunteurs qui paient les frais. Donc, c'est eux qui ont payé tous les frais. Les Anglais ont payé tous les frais de ce prêt, qui est un prêt, encore une fois, extraordinaire, hors norme. Jamais la France n'a fait un prêt aussi important, n'a concédé un prêt aussi important. Et je connais peu de pays qui aient pu concéder des prêts aussi importants à un autre pays.
Quand on se rende compte, l'assurance, c'est 800 millions de livres pour
plus de 900 millions d'euros. Oui, ça ne veut tout dire et
rien dire.
Non,
mais c'est dire l'importance ou la
valeur qu'on donne à cette œuvre. Oui, c'est capital, bien sûr.
Puisqu'on parle argent, Madame la Ministre, on est dans une période un petit peu compliquée sur le point budgétaire. Le Premier ministre, hier soir encore, annonçait des efforts supplémentaires qui allaient être demandés à chaque ministère. Est-ce que vous, vous avez la garantie de préserver votre enveloppe l'année prochaine ?
Pour l'instant, nous sommes dans ces débats budgétaires. Effectivement, les annonces du Président de la République et du Premier ministre, puisque le Président de la République avait dit à peu près la même chose en Conseil des ministres de rentrée, effectivement, ne nous rendent pas très optimistes sur le budget que nous allons devoir défendre. Vous
allez faire partie des
sacrifiés
? Non,
je ne crois pas. Je ne crois pas du tout que l'objectif soit de sacrifier les uns ou les autres. Je crois que l'objectif est de prendre conscience que ce sera une année extrêmement difficile. L'éditorialiste qui est en face de moi ne va pas le démentir. Donc, on doit tous faire des efforts. Mais par ailleurs, la culture, à mon avis, est un bien essentiel et essentiel dans les mois qui viennent, parce que dans le débat politique, la culture a sa place, la culture a sa place pour montrer les limites à ne pas franchir, pour montrer aussi ce qui fait la fierté de la France, c'est sa culture. Moi, je l'ai vu à Bayeux.
Je vais le voir dans deux jours pour ce sommet du cinéma, qui sera un sommet totalement inédit, avec plus de 200 personnes qui sont conviées, avec 60 pays représentés. Ça me semble plus important. Le reste, le débat que j'ai à avoir aujourd'hui, c'est défendre les priorités du ministère de la Culture. Et c'est ce que je fais jour après jour.
Le cinéma qui se porte très bien en France. On a eu un mois d'outre-record.
Absolument.
On
rappelle
20 millions d'entrées dans les salles françaises. C'est deux fois plus que l'an dernier. On imagine que ça vaut réjouir. Madame la ministre,
s
'il vous plaît, restez avec nous, parce qu'Alex Vizorek est là.
Bonjour.
Bonjour. Bonjour. Bonjour. Bonjour.