Philippe, Attal, Retailleau, Lisnard... il n'en restera qu'un ?
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 25 %Attaque 50 %Défensif 25 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 17:34OuverteRéponse partielle
Est-ce un handicap sérieux d'avoir été Premier ministre d'Emmanuel Macron pour se présenter à la présidentielle ?
- 22:30OuverteRéponse partielle
Quand on dit bloc central, est-ce que ça va de Retailleau à Glucksmann ?
- 33:44OuverteRéponse directe
Sur qui la pression est la plus forte aujourd'hui ? Gabriel Attal ?
- 42:29OuverteRéponse partielle
Est-ce que le contexte actuel favorise les candidats libéraux ?
- 43:55OuverteRéponse partielle
David Lysnard a-t-il vraiment un programme pour l'avenir ?
- 46:44OuverteRéponse directe
Est-ce que ce climat est différent de celui d'Alain Madeleine ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 18:59PrésentateurChiffre
« Dans l'hypothèse Édouard Philippe, Marine Le Pen serait entre 35 et 37, Édouard Philippe entre 17 et 18. »
- 38:03InvitéChiffre
« Ce n'est absolument pas délirant de dire que sur un premier quinquennat, on doit et on peut baisser de 200 milliards la dépense par an. »
- 39:04InvitéChiffre
« Je vais lui en donner 130 milliards en 90 secondes. »
- 39:07InvitéChiffre
« Ne pas remplacer 800 000 départs de fonctionnaires dans l'administration. »
- 39:41InvitéChiffre
« Elle propose 125 milliards d'euros sur cinq ans. »
- 39:45InvitéChiffre
« On a un déficit annuel qui est de 150 milliards d'euros. »
- 40:40PrésentateurChiffre
« Alain Madeleine, dernier candidat ouvertement libéral à s'être présenté, avait obtenu moins de 4% des suffrages en 2002. »
- 40:55PrésentateurChiffre
« Sondage IFOP Fédiciel pour LCI et Sud Radio, qui donne David Lysnard à 6%, là où Bruno Retailleau est à 5%. »
- 47:57InvitéChiffre
« il y a quand même 80 milliards de dépenses nouvelles dans le programme qu'a présenté Jean-Luc Mélenchon hier. »
- 48:00PrésentateurChiffre
« 106 milliards d'euros de recettes suffisantes. »
- 58:28InvitéChiffre
« 11% seulement des intentions de vote pour Mélenchon chez les 50-64 ans et 5% chez les plus de 65 ans. »
- 1:00:09InvitéChiffre
« 10 points de moins pour Philippe par rapport au score Macron de 2022 et 12 points de plus pour Marine Le Pen par rapport à son score 2022. »
- 1:00:32InvitéFait
« C'est une première depuis, je crois, que le PS existe. »
Temps de parole
- Invité23 %
- Présentateur22 %
- Invité 221 %
- Invité 317 %
- Invité 412 %
- ?2 %
≈ 14,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonsoir à toutes et à tous, bienvenue dans C'est dans l'air. Alors que la France bouillonne entre inquiétudes et colères sur fond de mouvements lycéens, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon déroulent leur campagne sans encombre. Un bras de fer avec l'Ukraine et Bruxelles pour la candidate du RN, une omniprésence dans les cortèges pour le chef de file de la France insoumise. Pendant ce temps-là, dans le bloc central, comme on dit, la bataille sud-durcie malgré son avance. Edouard Philippe ne plie pas le match et des voix s'élèvent désormais pour appeler un rassemblement, voire une primaire même qui irait jusqu'à Raphaël Glucksmann, fraîchement désigné candidat de la gauche sociale démocrate.
Au fil des semaines et des sondages qui laissent entrevoir un duel Le Pen-Mélenchon, la pression se fait de plus en plus forte pour appeler à l'Union. Et malgré le grand nombre de candidats dans cet espace politique, un nouveau prétendant fait une percée remarquée dans les enquêtes. Le maire de Cannes, David Lysnard, omniprésent sur les réseaux sociaux, est persuadé qu'il peut encore bouleverser les pronostics à six mois de la présidentielle. Philippe Attal-Retailleau, Lysnard, il n'en restera qu'un. C'est une question et c'est le titre de cette émission. Avec nous pour en parler ce soir, Jérôme Jaffray. Vous êtes politologue, chercheur associé au Cévi-Pof.
Avec nous ce soir, Vanessa Schneider. Vous êtes grand reporter au Monde, à la une du numéro de Demain, l'Europe et l'Ukraine face au lâchage de Trump. Votre dernier livre, La peau dure, est publié aux éditions Flammarion. Avec nous ce soir, Nathalie Moret. Vous êtes reporter politique pour le groupe de presse régional EBRAS. Je cite ce sondage passionnant, région par région, que vous publiez dans Le Progrès aujourd'hui, qui table sur un duel Marine Le Pen-Jean-Luc Mélenchon au second tour. Et on reviendra dans le détail sur ce sondage. Karl Méhuz est avec nous ce soir. Vous êtes rédacteur en chef au Figaro Magazine.
Votre article Bayrou-Borleau, les orphelins du centre, est à lire dans le numéro qui sort demain. Bonsoir à tous les quatre.
Bonsoir.
Merci de participer à ce Cé dans l'air en direct. On va parler de cette campagne qui se durcit dans le bloc central. Mais tout ça se déroule sur fond de colère sociale. Et cet après-midi, le Premier ministre a pris la parole. Écoutez.
On
redoute
de
la violence. Oui. Oui. Vous voyez bien que nous n'arrivons plus à avoir une manifestation dans ce pays, en tout cas ces derniers temps, dans lequel des mouvements violents de l'ultra-gauche, notamment,
parfois
de l'ultra-droite, en l'espèce ces derniers jours de l'ultra-gauche, qui s'insèrent justement dans les cortèges, et notamment qui donnent à voir une violence épouvantable dans les fins de cortège.
Il
s'exprimait aussi en prévision d'un mouvement qui est organisé samedi, mouvement qui serait une forme d'addition des colères, avec une résurgence des Gilets jaunes. Ça,
c
'est le climat dans lequel se déroule cette campagne. Et on verra dans un instant comment est-ce que les candidats essaient de profiter ou non de ce climat. Le gouvernement a bien du mal à faire rentrer les lycéens dans les établissements et à éteindre cette colère qui s'exprime.
Oui,
parce qu'ils ont eu du retard à l'allumage. Ils n'ont pas compris ce qu'était ce mouvement lycéen au début. Donc, ils l'ont traité comme des violences urbaines en banlieue.
Ensuite,
ils ont pris un peu la mesure, au fur et à mesure où ça s'est étendu. Mais maintenant, ils se retrouvent dépassés par les violences qui continuent dans les manifestations et cette grande crainte de ce
fantasme. Cette convergence
des luttes.
La fameuse convergence des luttes entre les Gilets jaunes, les lycéens, les étudiants, les syndicats. On verra samedi. Ce n
'est
pas complètement sûr qu'il y ait une vraie convergence de luttes parce qu'il n
'y
a pas un mot d'ordre unique. On le voit bien. Les lycéens sont quand même très concentrés sur la fin de parcours sup et puis ce qu'ils appellent la rénovation du bâti, pouvoir travailler dans des conditions un petit peu décentes et avoir plus de professeurs. Les Gilets jaunes,
c
'est complètement différent. C'est du pouvoir d'achat. C'est un prix à la pompe qui doit baisser. C'est de pouvoir vivre de leur travail. Mais malgré tout, s'il y
a
une cristallisation contre le gouvernement, ça peut amorcer une colère qui rejaillera, et on en parlera tout à l'heure, sur les candidats du Bloc central.
En sachant que le gouvernement tente de désamorcer ces colères les unes après les autres, il y
a
eu des annonces cet après-midi en faveur des agriculteurs, entre 500 et 700 millions, une enveloppe d'urgence pour aider les agriculteurs. Il y a eu ces gestes qui ont été faits la semaine dernière pour baisser les prix des carburants. Quelques annonces aussi concernant les lycéens avec le déblocage de 3 000 postes de professeurs remplaçants. Ça va être un enjeu majeur de cette campagne. Savoir si elle se fait sur fond de colère sociale, ça peut bouleverser le climat de cette campagne.
La colère existe, elle est forte dans le pays. Et cette campagne électorale se place aussi sous le signe de l'inquiétude.
C
'est-à-dire, est-ce que cette présidentielle permettra d'améliorer la situation du pays, de donner un cap politique au pays, ou bien est-ce qu'au contraire, elle se perdra et ne réglera aucun des problèmes ? Alors, dans l'intervention de Sébastien Lecornu que vous nous avez montré à l'antenne,
on
sent bien une crainte, une crainte extrême. Le pouvoir a la crainte d'une bavure. C'est ça qui l'inquiète énormément. C'est-à-dire que ce mouvement qui est déjà puissant, qu'on a du mal à arrêter du point de vue du pouvoir, on a une situation d'affrontement entre les policiers et des manifestants. Alors, au départ, on avait considéré que c'était les lycéens. Maintenant, on nous parle de l'ultra-gauche qui s'insère. Donc, le discours a déjà très fortement changé. Mais la crainte, c'est la bavure. C'est-à-dire que si nous avons une situation dans laquelle il y a des blessés extrêmement graves, voire... Il y en a déjà eu. Oui.
Et si ça continue, et si des images apparaissent d'actes, par exemple, de policiers qui auraient frappé trop fort sur un manifestant, là, le risque, c'est de tout emporter.
C
'est-à-dire qu'on ne contrôlera à ce moment-là plus rien. Vous aurez un mouvement général. La convergence peut se faire à ce moment-là sur la protestation contre la violence. Et puis, pour le pouvoir, il faut également rassurer sa police.
C
'est le B.A.B. de l'action d'un pouvoir. Un pouvoir face à une colère sociale si forte, il a besoin de sa police. Donc, il faut tenir à la fois pas de bavure d'un côté, donc retenue. Et ça, c'est amusant. C'est Jean-Luc Mélenchon, maintenant, qui demande de la retenue.
Alors, il demande de la retenue aussi aux forces de l'ordre. Nous sommes donc nombreux à appeler Sébastien Lecornu et Laurent Nunez à donner des consignes claires de modération et de retenue aux forces de sécurité intérieure. C'est aussi de cela que parle Jean-Luc Mélenchon, qui dit la mobilisation du 17 octobre sera un moment important où s'exprimeront au même moment l'exaspération aiguë et de très nombreux secteurs de la société. Lui, il parie sur le fait que ça emporte tout.
Bien sûr, parce que même si les colères sont différentes et se portent sur des sujets différents, on voit bien qu'il y a beaucoup de catégories de la société qui ont des revendications, qui n'ont plus confiance dans le gouvernement. Et en face, on a un gouvernement, on peut dire presque depuis la dissolution, on a une succession de gouvernements qui sont considérés comme assez peu légitimes par la population et qui ne sont pas en mesure, en plus, d'apporter des solutions. Le gouvernement de M. Lecornu est englué dans les problèmes budgétaires, dans les solutions à apporter. Tout le monde sait qu'il y a l'échéance de la présidentielle.
Donc, il y a à peu près tous les ingrédients pour que ça soit inflammable. Il est très difficile de dire, alors qu'il est, quelle sera la mobilisation de samedi, puisque c'est le premier jour aussi des vacances scolaires. Donc, il est possible qu
'il y
ait une désertion de la part des lycéens. Mais en tout cas, c'est vrai que c'est de toute façon le cauchemar de tout gouvernement de voir comme ça des colères très hétéroclites s'agglomérer dans un moment de fragilité gouvernementale.
Oui, mais ce qui est intéressant, et vous les voyez très souvent les uns les autres, c'est que les candidats disent d'ailleurs sur l'ensemble des plateaux que cette campagne ne se déroulera pas sans crise. Certains paris sur soit une crise financière qui, à un moment donné, vient impacter la campagne, soit une crise sociale qui s'embrase. Ou internationale. Ou internationale. Ils ont bien du mal à se projeter sur une campagne qui se construirait un peu hors sol avec des états-majors qui garderaient la main sur un calendrier qui serait établi avant la présidentielle. Et cette
incertitude-là, elle renforce l'inquiétude de tous les Français. Ce qui va se passer samedi, en fait, et le ton qu'a utilisé Sébastien Lecornu le montre, c'est qu'en fait, lui-même ne sait pas si ça va être un début ou
si ça va être
un barou de donneur. Bon,
effectivement,
vous l'avez dit, Vanessa, c'est les vacances scolaires. Donc, on peut parier que dans les deux semaines qui suivent, les lycéens fassent autre chose que descendent dans la rue tous les deux jours comme ils ont fait depuis 10 jours. Mais le reste de la population,
qu
'est-ce qui va se passer ? Alors, c'est pour ça aussi qu'il y a eu l'annonce par le gouvernement de la baisse des prix à la pompe. On espère que tout ça va un petit peu calmer les choses. Ce qui se passe aussi, c'est que le gouvernement, à part ce que vous avez rappelé en début d'émission, ne peut pas promettre grand-chose. Puisque la dette est si abyssale que le budget va déjà être compliqué à être voté. Mais alors, dans quelles circonstances ? Qu'est-ce qu'il va vraiment y avoir dans ce budget ? Est-ce qu'on peut contenter tout le monde ? Non. Donc, en fait, il y a des problèmes, des angoisses. Tout ça s'exprime. Face à ça, il n
'y a
pas de solution parce qu'on est un dans une campagne électorale et le gouvernement n'a pas les moyens budgétaires de répondre à ces problèmes.
Ça peut jouer, évidemment, sur le climat de la campagne. Soit la peur, soit l'inquiétude. Ça définira aussi le point d'équilibre pour le prochain ou la prochaine candidate qui se détachera de cette présidentielle. Il y en a une qui s'est détachée dans les sondages, bien sûr, c'est Marine Le Pen. Mais on va parler du Bloc central. Ça peut jouer aussi, sur
ce
qu
'on
va évoquer ce soir.
Ça
va jouer. Mais on le voit. Depuis qu'ils ont tous démarré leur campagne, ils n'arrivent pas à imprimer. Les candidats du Bloc central, particulièrement. Ils font un meeting, ils font des émissions, ils proposent des solutions. Ça ne dure même pas 24 heures.
C
'est balayé, soit parce qu'il y
a
un événement international, soit parce qu'il
y
a la crise des lycéens.
Ils
n'arrivent pas à imprimer. Et ça se ressent dans les sondages. La plus grosse inquiétude de Sébastien Lecornu, c'était les agriculteurs. Il a tenté d'y répondre parce que là, pour les agriculteurs, pour des dizaines de milliers d'exploitations, c'est une question de vie ou de mort. C'est-à-dire qu'ils mettent la clé sous la porte. Après la sécheresse, après les difficultés qu'ils ont avec les prix de l'essence, il y a des agriculteurs qui se demandent s'ils vont pouvoir acheter les semis au printemps. S'ils ne peuvent pas parce qu
'ils
n
'ont
pas l'argent, ils
sont
balayés. Donc à partir du moment où c'est une question de vie ou mort, on sait que les agriculteurs aussi sont des gens qui peuvent facilement bloquer, qui peuvent facilement mettre le feu à des préfectures. Et là aussi, c'est un électorat assez important pour une partie du bloc central.
Il y a cette question d'Anne dans l'Essonne qui résume pas mal, je trouve, l'état d'esprit général. J'ai vécu près d'une dizaine de présidentielles, mais la tension que je sens cette fois est inhabituelle et pas agréable. Elle est singulière cette présidentielle.
Elle est singulière parce
que les présidentielles, normalement, fonctionnent sur l'espoir. Voilà. Et le changement. Les candidats sont là en train de dire « Bon, jusque-là, ce n'était pas terrible, mais avec moi, ça va être formidable. Je vous promets des tas de choses d'amélioration, etc. »
Et
le pays ressent profondément, je crois, et votre téléspectatrice en est bien l'exemple, que d'abord, la crédibilité des promesses s'effondre. Comment croire des promesses de candidats qui vous disent « ça va être formidable, etc. »
Parce que la situation budgétaire ?
Alors, et parce qu'on sent bien qu'il n'y
a
plus les moyens. Et d'autre part, donc vous êtes orienté sur autre chose. Les extrêmes en profitent. Ceux qui n'ont jamais gouverné ou qui promettent de changer tout, ça, c'est un avantage décisif. Et le bloc central dont on va parler, le bloc central a le malheur pour lui. J'y ajouterai les Républicains au bloc central pour parler de tous ceux qui, en 24 heures, sont oubliés. Ça me paraît assez juste de ce point de vue. Eh bien, eux, ils sont aux manettes depuis si longtemps que c'est très difficile d'imprimer dans cette situation. Donc, il y a la crédibilité des promesses qui est extrêmement faible. Et d'autre part, un résultat qu'une partie aussi importante du pays craint.
Le résultat de la présidentielle est une crainte pour beaucoup de Français. On va parler, l'hypothèse Marine Le Pen, certes, elle fait une percée de premier tour, on en reparlera, très importante. Mais de là à souhaiter sa victoire, c'est quand même toujours une minorité du pays qui, en profondeur, souhaite la victoire de Marine Le Pen. Et pour les autres, c'est encore pire d'une certaine façon. C
'est
-à-dire qu'au fond, la crainte d'une majorité de Français, c'est qu'aucun résultat ne nous satisfasse. Et le pire, le cœur de l'élection en démocratie, c'est absolument fondamental. C'est que le verdict des urnes, la personne qui sera élue président ou présidente, soit acceptée dans sa fonction de président par les électeurs qui n'ont pas voté pour lui ou pour elle. C'est ça le cœur du sujet démocratique. Et donc, il y a un doute sérieux sur ce plan qui fait donc l'inquiétude. Et bien, sur ce plateau, je crois que nous la partageons tous.
C'est la campagne dans la campagne, celle qui va départager les candidats, comme on dit, du bloc central, malgré les appels à l'Union ou à l'organisation d'une primaire, les candidats déroulent leur agenda, persuadés qu'ils parviendront à déjouer le duel qui semble se dessiner dans les sondages entre Le Pen et Mélenchon. La candidate du RN, 2000 le match, et fait même aujourd'hui la une du Final Show Times. Théo Manval et Aurélie Sanner.
La
campagne est déjà bien lancée. Marine Le Pen peaufine ces jours-ci dans la presse internationale. Son opération Crédibilité se montre au chevet des agriculteurs français. On est heureux de vous accueillir, je ne sais pas la première fois. C'est gentil.
Quand
Jean-Luc Mélenchon se voit acclamé par le mouvement lycéen. Soyez prudent. Oui, bien sûr. Et enchaîne déjà les meetings à plus de 10 000 personnes. Ah, quand même ! Le duel s'installe à six mois de la présidentielle. Marine Le Pen caracole toujours en tête des intentions de vote au premier tour devant Jean-Luc Mélenchon qui dépasse désormais Édouard Philippe et distance même encore plus nettement l'hypothèse Gabriel Attal comme candidat du bloc central. Derrière, chaque camp est dans le brouillard. À commencer justement par le centre et la droite que se disputent Édouard Philippe, Gabriel Attal et Bruno Retailleau.
Le maire du Havre a écrit à ses deux concurrents pour les appeler au rassemblement dès le mois prochain.
Un
rassemblement qui n'est pas fait d'une addition comptable et mécanique
d
'appareils partisans.
Tous
ceux qui disent ça ont évidemment raison de le dire.
Mais
qui doit être le rassemblement de familles politiques qui peuvent s'entendre parce qu'elles sont pro-européennes.
Parce
qu'elles considèrent que l'économie de marché doit être régulée.
C
'est vrai, mais enfin qu'elles sont d'abord le meilleur instrument pour produire de la richesse.
Parce
qu'ils savent que l'autorité de l'État, ça compte. Refus net à ce stade, d'un côté comme de l'autre. Ceux qui sont co-responsables de ce bilan
ne
peuvent pas avoir la moindre légitimité pour se présenter devant les Français et dire qu'ils régleront le problème. Je considère qu'il y
a
beaucoup d'hypocrisie aujourd'hui dans la vie politique et que le clivage ou le retour à une polarisation gauche-droite que défendent l'intégralité des candidats, sauf moi, à ce stade, est artificiel. Face au risque d'éparpillement, revoilà Jean-Louis Borloo qui se propose pour rapprocher tout le monde en élaborant un programme commun.
Moi,
je veux bien faire tir de confiance. Je veux bien faire le papier brouillon. Mais les alliés du Modem, eux, n'abandonnent pas l'idée d'une primaire pour trancher. En allant jusqu'à qui ? Elle est ouverte jusqu'à Raphaël Guzman, bien évidemment. Lui pensait justement avoir réglé la question après sa victoire à la primaire sociale démocrate et s'imaginait déjà rallier d'autres forces à gauche. Il y aura le rassemblement, mais il sera plus large. Ce n
'est
pas simplement ceux qui ont participé à la primaire. Moi, je lance un appel à tous les citoyens écologistes, humanistes. Mais justement, côté écolo, Marine Tondelier n'imagine pas se désister sans discuter.
Ce
n
'est
pas une question de rallier ou pas. Parce qu'aujourd'hui, que ce soit Guzman, Mélenchon, les écologistes, les communistes, personne n
'est
en mesure de l'emporter seul. Et donc moi, je vois les choses de cette manière. Je rencontrerai dans les semaines qui viennent tous nos partenaires politiques, de Jean-Luc Mélenchon à Raphaël Guzman. La question qu'on va leur poser, c'est
quel
accord programmatique ? Quel accord de gouvernement est possible ? Et puis, il y a ceux qui se rêvent encore en recours face à ces candidatures qui peinent à décoller. Dimanche dernier, François Hollande a félicité Raphaël Glucksmann après la primaire, mais préfère encore patienter avant de lui apporter son soutien. On verra bien au mois de décembre, à lui, compte tenu de ce que cette étape a représenté, de créer la dynamique. Ancien président et futur candidat, la liste en tout cas est déjà longue. 30 prétendants déclarés sont aujourd'hui sur les rangs.
Et
cette question essentielle après ce reportage, n'est-ce pas un handicap sérieux d'avoir été Premier ministre d'Emmanuel Macron quand on se présente à cette élection présidentielle ? Voilà la question qui vous est posée ce soir. Vanessa Schneider ? Oui, évidemment, parce qu
'on sent bien, les Français sentent bien que la responsabilité d'Emmanuel Macron, qui est quand même énorme dans ce paysage politique, à la fois éclatée, où les extrêmes n'ont jamais été aussi hauts, si on ajoute le score supposé de Marine Le Pen et celui de Jean-Luc Mélenchon, on en revient à presque 60% des intentions de vote. Donc c'est absolument énorme. Et c'est Emmanuel Macron qui en est le principal responsable. Il a été porteur d'une énorme espérance, Emmanuel Macron, il faut s'en souvenir. Il pensait changer, faire turbuler le système. Les Français en avaient ras-le-bol de ce système d'alternance entre la droite et la gauche des partis traditionnels.
Et il a échoué non seulement à créer, en effet, une nouvelle génération, mais à redonner de l'espoir. Donc évidemment, tous ceux qui sont liés à cette aventure funeste, qui s'est très mal finie, portent ça comme... Et c'est très difficile, que ça soit pour les anciens premiers ministres, même de façon éphémère pour Gabriel Attal, mais pour Bruno Retailleau aussi, ils ne peuvent pas faire oublier qu'ils ont fait partie de cette aventure. Donc ça va être très difficile pour eux, d'abord de se départager, parce qu
'ils
sont beaucoup plus nombreux, et ensuite de pouvoir émerger dans ce contexte.
Alors on va jeter un petit coup d'œil aux sondages. Il y en a quasiment tous les jours des sondages. On a essayé de faire des fourchettes. Alors là, c'est dans l'hypothèse Édouard Philippe, Marine Le Pen serait entre 35 et 37. Édouard Philippe entre 17 et 18. Jean-Luc Mélenchon entre 16 et 18. Donc on voit bien qu'en fonction des instituts, parfois Jean-Luc Mélenchon est en deuxième position. Raphaël Glucksmann entre 9,5 et 13,5. Bruno Retailleau à 6,5. Ça c'est donc un sondage IFOPODOXA. Autre hypothèse, Gabriel Attal, Le Pen entre 36 et 38. Mélenchon 17, 18. Glucksmann 16. Voilà, c'est des écarts très très larges. Gabriel Attal entre 11 et 13. Et Bruno Retailleau entre 8 et 9.
Une fois qu'on s'est dit ça
?
Une fois qu'on a regardé ce sondage... Ce qui est énorme dans les chiffres que vous venez de dire, il faut le souligner, c'est le score de Marine Le Pen. À la précédente présidentielle, Marine Le Pen, c'est 23% des suffrages exprimés.
Là,
vous nous donnez des chiffres d'intention de vote, ce
n'est
pas encore les résultats. Ce n
'est
évidemment pas encore les résultats. Mais ça donne une idée de l'ampleur politique du mouvement. Vous nous annoncez 35, voire 37% dans certaines hypothèses. Donc on est dans une situation. Quant à Emmanuel Macron, il faisait 28% au premier tour de 2022. Édouard Philippe est donné au mieux à 18% dans ce cas de figure. C'est-à-dire qu'on voit le mouvement. C'est effectivement, Vanessa Schneider le soulignait, pour représenter ce qui provient pour les Français du camp macroniste. Et c'est l'extraordinaire difficulté, effectivement, des candidats à Édouard Philippe en tête. Il a été Premier ministre entre 2017 et 2020. On va voter en 2027.
Il pourrait logiquement se dire, écoutez, j'ai changé, on a changé. C'est ce qu'il dit.
J
'ai tiré toutes les leçons. Mais c'est très difficile de s'extirper de l'idée qu'il est dans le camp macroniste. Et donc, on a ce glissement extraordinairement important. Et un Jean-Luc Mélenchon qui n'a jamais été si haut. C'est la quatrième candidature de Mélenchon. Jamais été aussi haut à ce moment de campagne. Alors, il
n
'y a pas de loi qui fait que parce que vous êtes aujourd'hui entre 16 et 18, alors que la dernière fois, vous étiez à ce moment-là à 12, 13, et que vous avez fini à 22, que vous finirez la prochaine fois à 25 ou 26. Mais il y
a
une dynamique. On le voit bien. La vraie campagne. Il n
'y a
qu'un candidat qui
a
une vraie campagne, une vraie équipe, une vraie démonstration de force, qui laboure vraiment, c'est Mélenchon. Le Pen se fait simplement porter par la vague. Il n
'a
pas besoin... Ça
a grand chose. On ne peut pas
dire qu'il en fait beaucoup. Et en revanche, l'équipe Mélenchon est une équipe qui, effectivement, occupe le terrain. Et entre, ils ont une extraordinaire difficulté, Carl Meus le disait, à simplement se faire entendre plus de 24 heures.
Et dans votre sondage que vous publiez, Nathalie Moret, on voit bien à quel point, dans certaines parties du territoire, ils n'arrivent pas à exister. On pense à la région PACA, où Marine Le Pen domine très largement les intentions de vote.
En
Goyne-Franche-Comté. C
'est le
Grand Est dans le nord du pays. Il y a cette domination...
Quasiment 30 points d'écart. C'est ça. Entre le bloc central et Marine Le Pen. Ça dit beaucoup de choses. Ça dit que, d'abord, elle s'est implantée sur tout le territoire. Il ne
faut
pas oublier que passer de 23% à des intentions de vote qui sont... Ok, intention de vote, mais quand même à 43% dans les régions que je viens de citer.
C
'est quand même colossal que Jean-Luc Mélenchon, lui aussi, en ait à une cristallisation d'une partie de son électorat. Et face à ça, le bloc central fait comme il peut. Pourquoi
ça ? Je peux vous poser une question. Pardonnez-moi. Quand on dit bloc central, certains disent que ça va de Retailleau à Glucksmann. Est-ce que c'est vraiment ça dont on parle ce
soir
? Le bloc central, le vrai bloc central, c'est l'ancienne Macronie, si vous voulez, l'ancienne majorité, c'est-à-dire Gabriel Attal et Édouard Philippe. Mais là où je vous suis, c'est que c'est un petit peu mouvant. C'est-à-dire que quand on regarde les sondages, on voit bien qu'il
y a
une partie de l'électorat d'Emmanuel Macron qui va sur Raphaël Glucksmann et qui part aussi du côté de Bruno Retailleau. On voit bien que... Et d'ailleurs, la raison pour laquelle Édouard Philippe endosse ce candidat-là du bloc central, c'est que les anciens Macronis, ceux qui ont voté Emmanuel Macron en 2022 et en 2017, revotent majoritairement pour lui. Donc ils captent l'électorat d'Emmanuel Macron. Et en fait, là où on voit qu'ils ont du mal, c'est que pour l'instant, les candidats des deux extrêmes captent l'envie, les gens ont envie de voter pour eux. Ils captent la colère, la colère des gens. La seule chose qui reste au bloc central, c'est la peur.
Effectivement, si on vote pour le bloc central, c'est parce qu'on a peur d'avoir soit Marine Le Pen, soit Jean-Luc Mélenchon. Ce n
'est
pas porteur de voter parce qu'on a peur. Vous aviez raison. Normalement, on vote parce qu'on a envie, parce qu'on a un désir de voir tel ou tel arriver à la tête de l'État. Aujourd'hui,
ce
n
'est
pas du tout ça qui meut les intentions de
vote.
Avec
cette idée qu'ils sont aussi dans le camp des raisonnables sur les finances publiques, en promettant des efforts, etc. Il y avait cette petite infographie publiée par Le Point cette semaine qui est intéressante et qui montre que tous ceux qui ont voulu défendre des efforts pour gagner une présidentielle ont tous échoué. Donc, les exemples qui sont donnés, c'est Alain Juppé, François Bayreau, Edouard Valadier, Jacques Delors qui ne s'était pas présenté, et Raymond Barr. C'est-à-dire qu'entraîner en disant qu'il va falloir faire des économies et travailler plus, ce n
'est
pas simple.
Ce
n
'est
pas simple. Ils ont perdu dès le premier tour, quand ils ont pu
se
présenter. Donc, ça veut vraiment dire qu'il n'y
a
pas de volonté. La difficulté qu'a le bloc central, si on l'élargit à Raphaël Luxemann et Bruno Retailleau, c'est qu'ils sont tous dans des primaires sauvages. Jean-Luc
Mélenchon
et Marine Le Pen ont totalement réglé le problème parce qu'il n
'y
avait pas eu de primaire dans leur camp. C'est eux les patrons et ils déroulent leur campagne. Raphaël Luxemann, il sort d'une primaire, mais il doit affronter François Hollande aujourd'hui.
On
l'a bien vu dans votre reportage. François Hollande ne se rallie pas à Raphaël Luxemann. Il lui dit « Bon courage, on se donne rendez-vous en décembre ». Je ne crois pas que François Hollande restera absolument silencieux pendant toute cette période. Donc, il doit
être
en compétition. Il est en compétition avec lui. Gabriel Attal et Edouard Philippe sont en compétition de fait. Et, élément nouveau dans le sondage que vous avez sorti, c'est Bruno Retailleau est en compétition avec David Lysnard. Et donc,
quand
vous êtes en compétition de primaire sauvage, vous ne vous adressez pas à tous les Français. Vous vous adressez à un cœur électoral pour essayer de prendre des parts de marché à votre concurrent. Et on l'a bien vu. Edouard Philippe, qu
'est
-ce qu'il fait en ce moment ?
Il
envoie une lettre à Gabriel Attal et Bruno Retailleau pour dire « Réunissons-nous ». Mais les Français, ils ne veulent pas parler de ça aujourd'hui.
Ils
veulent « Qu'est
-ce
que vous nous proposez sur le pouvoir d'achat ? » C'est ce que, quelque part, Jean-Luc Borloo et François Bayrou ont très bien compris. Et ils essayent de dépasser ça. Jean-Luc Borloo, il dit « Il y a deux épopées aujourd'hui. » Ce qui rejoint ce que disait Jérôme Jaffray sur
«
On donne envie aux Français ». Il y a une épopée, Jean-Luc Mélenchon, la nouvelle France. Il y a une épopée, Marine Le Pen, on le voit dans les sondages, la France éternelle. Qu'est-ce que raconte le Bloc central ? Qu'est-ce que dit Édouard Philippe
?
Quelle est l'envie qu'il donne de voter pour lui ? Quelle est l'épopée qu'il raconte ?
On a bien compris qu'il n'arrive pas à cranter dans l'opinion. Mais la question qui est posée aussi, et par Jean-Louis Borloo, et par François Bayrou, c'est de dire « Il y a urgence, il faut qu'il n'y en ait qu'un. »
Il
faut vous entendre. Jean-Louis Borloo, qui dit «
Nous
proposons une... »
Non,
ça c'est Jean-Noël Barraud, pardon, ce matin, qui dit « Nous proposons une primaire, une grande primaire ouverte avec François Bayrou. Où elle doit aller jusqu'à Raphaël Glucksmann ?
»
C'est-à
-dire
que chacun... On a entendu tout à l'heure Jean-Louis Borloo, il dit « Je peux être un tiers de confiance. Je peux être celui qui met tout le monde d'accord. » Comment vont-ils se départager ?
S'il
ne doit en rester qu'un
? Ce sont deux voies différentes. Jean-Louis Borloo, lui, dit « Les idées d'abord. » Il ne rentre pas dans une mécanique électoraliste primaire. Lui, il dit « Il faut donner envie, construire quelque chose. » Donc c'est « Le pays ne marche pas, avec des mécanos, on va essayer de le faire. » François Bayrou et donc Jean-Noël Barraud, eux, sont plus sur de la politique traditionnelle. On va faire une primaire. Mais le problème, c'est qu'une primaire de Raphaël Glucksmann à Bruno Rotaillot ou David Lissnard, ça n'existe pas. Ce n'est pas vrai qu'un électeur qui, aujourd'hui, choisit Bruno Rotaillot, se dira « Gabriel Attal ou Raphaël Glucksmann a été désigné. Eh bien, ça ne pose aucun problème.
En avril ou en mai prochain, je voterai pour lui. » Non. Et de la même manière, un électeur de Raphaël Glucksmann ne votera jamais pour Bruno Rotaillot. Et vous l'avez entendu dans votre reportage, Bruno Rotaillot et David Lissnard disent,
ce
qui est normal aujourd'hui, mais on voit bien quand même qu'ils sont dans cette configuration-là,
«
Ce n'est pas avec les gens qui ont été au gouvernement depuis dix ans
qu
'on va résoudre le problème.
»
Donc
la priorité, là, c'est une entente entre Edouard Philippe et Gabriel Attal. Ils vont regarder les sondages en janvier et puis dire, « Bon,
ben,
t'es devant, vas-y. » Comment ça peut se passer ?
Alors, quand on voit les photos qui ont été alignées, il faut voir que ces quatre personnes ont chacun leur propre parti. Donc déjà, ça complique. Ça veut dire qu'ils ont chacun une écurie, qu'ils ont chacun des entourages, qu'ils ont chacun des collaborateurs. Donc personne ne va se désister pour l'autre. Moi, ce qui va se passer, c'est qu'il va y
avoir
une sorte de sélection darwinienne, en fait, qui va se faire naturellement. C'est à gauche aussi ce qu'espère François Hollande, qui attend de voir, il ne
veut
pas se prononcer trop vite, parce qu'il attend de voir si Raphaël Glucksmann ne va pas s'effondrer, auquel cas il pourra apparaître en recours. Et ce qui va se passer au sein du bloc central, plutôt à droite, c'est en effet une sélection naturelle des candidats. Il y en a qui vont survivre dans les sondages, et d'autres pas. Mais sinon, on voit bien qu'il y
a
des logiques, là, d'écurie. Et
c'est normal
que ça se passe comme ça ? Parce que j
'imagine qu
'il
y a des gens
qui vous regardent ce soir, qui sont dans ce camp que vous évoquiez tout à l'heure, ceux qui ont peur de ce scénario qui est annoncé dans les enquêtes d'opinion, et qui disent, mais pourquoi ils ne s'entendent pas ?
Oui, parce que sur le papier, ils pensent grosso modo la même chose. Ils sont tous pour l'Europe, pour la maîtrise des comptes publics, pour un État solide et régalien. Donc il y a des grandes lignes, ils pourraient tout à fait s'entendre. Alors, d'abord, pour deux raisons. C'est que la droite a été quand même très échaudée par les primaires. Les primaires, ce n'est pas dans l'ADN de la droite et du centre. Ils s'y sont conformés, parce qu'à un moment donné, c'était la mode de faire des primaires et finalement tout le monde passait par là, et que la gauche avait montré l'exemple, mais ce n'est pas dans leur nature. Et là, ce qu
'ils
viennent d'observer à gauche, ce n
'est
pas fait pour leur redonner confiance. Il y
en
a beaucoup qui disent, bon, si c'est pour finir comme ça, où la tension monte, où finalement on finit par s'échanger des noms d'oiseaux, et puis au final on élit un candidat, mais les autres ne vont pas lui faciliter la tâche, ce n
'est
pas la peine. Donc cette solution pour départager ces candidats et ces écuries, la primaire, ça ne sera pas possible. Donc c'est vrai qu'il
y a
une interrogation, en effet, des électeurs du Bloc central, de dire, à la fois vous pensez un peu tous la même chose, et en même temps, il n'y
a
aucun moyen de vous départager. –
Sur qui la pression est la plus forte aujourd'hui ? Sur
Gabriel Attal ? – Gabriel
Attal, il est très nettement distancé dans les sondages. Il n
'y a
pas eu un sondage, Dieu sait s'il y en a eu, il n
'y
a pas eu un sondage pour le placer devant Édouard Philippe. Donc c'est une situation qui fait qu'effectivement, à un moment donné, ses propres députés, parce qu'il faut bien comprendre que cette présidentielle cache les législatives qui vont suivre dans la foulée. Et donc vous avez une situation où chacun, ça vaut particulièrement d'ailleurs pour le Parti Socialiste aussi, se calcule comment on peut être réélu dans des législatives qui suivraient la présidentielle, en pensant, si c'est Marine Le Pen qui est élue, quelle alliance large on peut faire, si c'est un autre résultat, comment ça se passe ? Donc chacun calcule un peu.
Je suis frappé, moi, dans l'hypothèse de la primaire qui irait de Retailleau à Glucksmann, qui est proposée, vous dites Jean-Noël Barraud par exemple, qu'elle scude pour Glucksmann. C'est-à-dire que Glucksmann, on le met dans le camp du centre et
de la
droite pour mieux le dépouiller, alors que tout le pari de Glucksmann,
c
'est de dire je suis là pour refonder la gauche. Le message est clair, vous n'êtes pas vraiment de gauche. C'est ce que disent déjà les mélenchonistes, et c'est ce qu'ajoutent du tout maintenant les centristes et compagnie. Donc l'objectif de tout ce petit monde, c'est de dépouiller Glucksmann progressivement, pas trop vite, pour ne pas favoriser le parcours de François Hollande. La politique est un art qui se déroule en douceur.
Et il
s'est déjà farci une primaire, il ne
va
peut-être pas s'en faire une
deuxième, c'est quand même pas... Absolument. Il y a une
bataille très importante, elle a lieu auprès des retraités. C'est la une du Figaro aujourd'hui, et elle est très juste là-dessus. Vous avez une situation dans le sondage de l'IFOP par exemple, les retraités premier tour votent à 38% pour Marine Le Pen, et seulement à 24% pour Édouard Philippe. D'accord. Or, quand je regarde les résultats de 2022, les sondages du jour du vote, c'était l'inverse. C'est Macron qui faisait 38, et Marine Le Pen faisait 22. C'est-à-dire que l'électorat retraité, c'est un électorat très très très important. C'est plus de 25% de la population, ils vont voter, et aujourd'hui ils sont prêts à voter Marine Le Pen. Donc c'est un enjeu énorme.
Alors le pari d'Édouard Philippe, il me semble que vous avez dirigé une émission importante récemment sur ce plan, c'est un pari où au fond, à la fois la crainte d'une grande crise internationale, et des menaces, Trump, Poutine, et Poutine en particulier, et la crise de la dette, sont deux choses qui, pour les retraités, sont des éléments qui devraient monter en cours de campagne, et que la question d'augmenter le pouvoir d'achat, à ce moment-là, n'est pas la question centrale, autrement que de protéger le pouvoir d'achat des retraités, en disant qu'on ne portera pas atteinte à leur retraite. Mais ça, si vous voulez, c'est beaucoup plus difficile.
Quand vous regardez les sondages, qu'est-ce qui va compter dans votre vote ? Un, le pouvoir d'achat, deux, le système de santé, donc il y a des demandes d'amélioration de la vie des Français. Les campagnes présidentielles, c'est un match entre les problèmes de la France et les problèmes des Français. Quel est l'équilibre qui se fait entre ces deux dimensions ? Aujourd'hui, c'est d'abord les problèmes des Français, la colère dont vous parliez en début d'émission, le pari d'un candidat comme Édouard Philippe, c'est de faire monter des problèmes de la France.
Mais on le soulignait, Valéry Giscard d'Estaing, par exemple, en 1980, a totalement échoué face à François Mitterrand, pour remonter très en arrière, là, avec ce type de pari. Mais il me semble que c'est sa logique.
– Vous disiez, la pression est la plus forte sur Gabriel Attal, en même temps, quand on entend Gabriel Attal, qui est encore écrit aux Français aujourd'hui, qui se démultiplie, qui est très présent sur les réseaux sociaux, on en parlera dans un instant, qui fait des propositions très régulières, tout le temps, il dit, il n'y a pas de candidat naturel, il n
'y a
pas suffisamment d'écart avec Édouard Philippe pour que je me range derrière Édouard Philippe, le maire du Havre. –
C'est tout à fait vrai, il dit que le match n'est pas plié, et il dit qu'il est au barycentre de cet espace central, donc élargi, qui serait entre une partie des électorats de Raphaël Luxemann et une partie de l'électorat de Bruno Retailleau. Il parle aux électorats, il appelle ça la coalition des démocrates, et il ne parle pas du tout aux partis. Lui,
il
veut être au-dessus des partis, c'est ce qu'il appelle le double dépassement. Mais là où moi, je trouve que c'est quelque chose qui arrive, il n
'arrive
pas pour l'instant à cranter, il a encore trois mois pour le faire. Et là où il y a une forte pression sur lui,
c
'est que moi j'ai quand même observé le premier rang de son meeting à Lyon. Citez-moi les députés, il en a 81, qui étaient au premier rang de son meeting. Il y en avait, mais il y en avait très très peu. Donc on voit en creux que déjà son camp est en train de s'inquiéter pour la survie de leur siège. Parce qu'effectivement, vous l'avez très justement dit, derrière la présidentielle, il y a les législatives. Donc il faudra construire des majorités. Et c'est ce que fait Edouard Philippe quand il essaye de tendre la main à tout le monde en disant « parlons-en, parlons-en ».
Il veut essayer de créer un accord législatif entre tous pour que le candidat désigné, il espère Edouard Philippe, ce sera lui, finalement ait la possibilité d'avoir,
peut
-être pas une majorité absolue, mais en tous les cas la majorité la plus large possible face au rouleau compresseur que sera Marine Le Pen. Avant d
'aller au deuxième reportage, c'était quand
le
calendrier ? C'est-à-dire la date limite, le moment où il va falloir qu
'ils
s'entendent ?
11 février.
Qui
a décidé ça ? En fait, tous le disent un peu en off, il n'y
a
personne qui l'a décidé. En fait,
c
'est pourquoi ? C'est parce qu'au mois de mars, il y
aura
le dépôt des candidatures. Donc février, c'est à peu près l'époque où, en 2017, François Bayrou avait rejoint Emmanuel Macron. C'est là où l'électorat se cristallise et c'est là où, franchement, les sondages seront assez parlants, je pense. 23 février 2017, François Bayrou rallie Emmanuel Macron. Bravo. Mi-février 1995, les courbes se croisent entre Jacques Chirac et Edore Vallure. Ce sont les deux dates que ces candidats ont en tête.
Avec une hypothèse qui est plausible,
c
'est-à-dire qu'ils soient à deux points d'écart.
Ah bah si c'est le cas, à ce moment-là, ils restent.
Ils restent. Et il y aura deux candidats du Bloc central et peut-être même plus. En tout cas, eux sont les admirateurs de l'homme à la tronçonneuse. L'argentin Javier Mila et les libéraux donnent de la voix dans cette campagne. Succès de librairie, par exemple, pour Sarah Knafo et son casse du siècle. Et premier frémissement dans les sondages pour David Lysnard, le maire de Cannes, persuadé, comme il le dit lui-même, qu'il se passe quelque chose autour de sa candidature. Anne Mackignon, Léo Seux et David Lemarchand. Depuis quelques jours, il affole les réseaux sociaux. David Lysnard, juste ici en costume, dans des vidéos générées par intelligence artificielle.
Seul, face à des manifestants cagoulés.
Qui
en est à l'origine ? Mystère.
Le
maire de Cannes ne commente pas, mais lui-même et ses proches investissent
le champ numérique avec un slogan. Il se passe quelque chose. Omniprésent en ligne, 2 à 4 vidéos postées tous les jours sur son compte Instagram.
Bonjour à tous. On est au siège de Nouvelle Énergie. Et écoutez, ça bosse partout.
Il se félicite des compteurs qui s'affolent.
Vous êtes désormais 400 000 abonnés sur mon compte Instagram.
Une
campagne numérique qui semble fonctionner. Dernier sondage hier, David Lysnard devance Bruno Rotaillot. La presse s'en empare. Le candidat qui fait douter la droite. En pleine accélération.
Son
credo, coupé de façon radicale dans les dépenses publiques.
Ce n'est absolument pas délirant de dire que sur un premier quinquennat,
on
doit et on peut baisser de 200 milliards la dépense par an.
L
'ancien porte-parole de
François Fillon vante la politique ultralibérale du président argentin. Ravier Milei, l'homme à la tronçonneuse. Une référence assumée.
Le code de l'urbanisme. Broyez, abroyez le code du travail. Allez, voilà, vive la liberté. Vous voyez le délire dans lequel on est. On est sous cette espèce de théâtre politicien, d'une classe politique très conformiste, qui a l'impression de faire du bien quand elle dépense l'argent des autres et quand elle crée des effets de bureaucratie.
Et
c'est comme ça qu'on arrive à avoir le record du monde de la dépense publique, le record du monde des impôts et des charges, qu'on produit de moins en moins de richesses.
S
'attaquer à un État jugé trop dépensier, c'est aussi la promesse de Sarah Knafow,
députée européenne reconquête, partie d'Éric Zemmour. Le ministre de l'économie prévoit d'aller chercher l'argent dans votre poche, car il cherche 30 milliards d'euros d'économie depuis trois mois. Je vais lui en donner 130 milliards en 90 secondes. Ne pas remplacer 800 000 départs de fonctionnaires dans l'administration. Ses autres propositions, suppression
du soutien public aux énergies renouvelables, « Modernisation de l'administration, abolition de la politique de la ville ». Sarah Knafow en a même fait un livre.
Merci à vous, Lata. Merci. Bonsoir.
Des
coupes drastiques. Un moyen, selon elle, de se différencier de l'autre partie d'extrême droite.
On voit bien avec l'éviction de la ligne de Jordan Bardella que finalement Marine Le Pen renoue avec une ligne beaucoup plus socialisante. Elle a défendu la retraite à 60 ans devant le MEDEF. On voit que sur le plan d'économie qu'elle propose, elle propose 125 milliards d'euros sur cinq ans. Donc vous imaginez, c'est rien du tout. On a un déficit annuel qui est de 150 milliards d'euros. Donc on est vraiment dans le statu quo. Et le statu quo dans le déclin, c'est toujours le déclin. Moi, je veux une rupture. Une petite
musique libérale qui résonne jusque dans les rangs de renaissance. Guillaume Casvariant, ancien ministre macroniste, a créé le parti de la liberté. Et même à l'heure où les lycéens réclament de meilleures conditions pour étudier et où trois Français sur quatre assurent être attachés au service public, le député assume.
C
'est facile de dire oui.
C
'est facile d'arriver à dire, vous avez raison, je vais porter une proposition de loi qui vise à filer un nouveau chèque ou une nouvelle aide. C'est facile. C'est classique. À la fin, vous pensez que qui va le payer ? En réalité, c'est vous. Si c'est pas vous, c'est votre voisin, ou votre enfant, ou votre soeur, ou votre frère. En réalité, c'est nous tous qui payons ces aides-là à travers des impôts, des taxes, des cotisations.
Les libéraux français en quête d'un nouvel élan pour la présidentielle. Alain Madeleine, dernier candidat ouvertement libéral à s'être présenté, avait obtenu moins de 4% des suffrages en 2002.
Et
nous en parlons ce soir parce qu'il
y a
eu ce sondage d'intention de vote au premier tour, sondage IFOP Fédiciel pour LCI et Sud Radio, qui donne David Lysnard à 6%, là où Bruno Retailleau est à 5%. La pression, elle monte sur Bruno Retailleau, Karl Meus.
Clairement, parce qu'en fait, Bruno Retailleau faisait le pari d'être le nouveau François Fillon
qui
a émergé dans la primaire de la droite en 2017, là où personne ne l'attendait. On devait avoir un affrontement Nicolas Sarkozy-Alain Juppé. Alain Juppé, dans les sondages, était peut-être déjà à 35% et gagnait la présidentielle. Et François Fillon
a
émergé. Bruno Retailleau faisait ce pari en disant, j
'ai
un programme sérieux, je travaille, je vais voir les Français. Patatras, c'est, si ce sondage est confirmé...
Oui,
bien sûr, c'est
le premier qui donne un effet.
On est dans une fourchette d'erreurs possibles. Mais, en tout cas, il y a quelque chose qui se passe autour de David Lysnard
qui,
auprès de l'électorat de droite, fonctionne exactement comme ça avait fonctionné pour François Fillon. C'est-à-dire qu'il y
a
quelqu'un à droite qui dit
« il
est intéressant
». Il
le dit à quelqu'un d'autre qui dit « ah oui, c'est vrai ». Et du coup, il s'y intéresse, il regarde. Il y a les vidéos sur les réseaux sociaux. Il fait une campagne décalée. Il n'a absolument pas les mêmes moyens que tous les autres puisqu'il a un tout petit parti. Il n'a pas tout cet argent. Mais il a une image différente des autres. Et lui est le seul dans tout cet espace à pouvoir dire « moi, je n'ai jamais
travaillé
avec Emmanuel Macron ». Or, dans une présidentielle qui sera sur la rupture, parce que le président ne se représente pas et qu'il faut quelque chose de nouveau, lui a un élément, un avantage comparatif, si je peux dire, par rapport évidemment à Edouard Philippe et Gabriel Attal, mais aussi, même s'il tente de le gommer, à Bruno Retailleau qui a été ministre pendant une petite année. Nathalie Moret. Il incarne la nouveauté. Personne ne le connaît. Je veux dire, c'est quelqu'un qu'on connaît, nous, parce qu'il est le maire de Cannes depuis des années. Mais le grand public ne le connaît pas, donc il incarne la nouveauté.
Vous avez raison, il incarne la nouveauté, mais il a aussi quelque chose de très fort, c'est que c'est le président des maires. Donc ça veut dire qu'il aura ses 500 signatures sans aucun problème. Et
être à
la tête d'une association comme ça, ça veut dire que ça essaime partout sur le territoire. C'est-à-dire que vous êtes dans la Creuse, dans le Jura, ou au fin fond du Finistère, vous en parlez à votre maire, et votre maire va vous dire,
«
Ah bah oui, je connais très bien David Giscard, il fait très bien le travail, etc. » Donc c'est un vecteur de notoriété absolument énorme. Après, moi je trouve que ce qu'il fait sur les réseaux sociaux, c'est quelque chose qui fera date, quoi. C'est très très intéressant. Et qui
fait
qu'il touche un public dont on vous a parlé. C'est intéressant cette anecdote, Nathalie,
que vous avez raconté tout à l'heure.
Oui,
parce que
j'étais ce week-end au meeting de Mélenchon à Clermont-Ferrand, au milieu des militants, et les militants de la France insoumise, qui ne sont pas susceptibles d'être pris en quelconque connivence avec David Lissnard, ne parlaient que de ça. Effectivement, en disant, « Mais c'est qui celui qui dit qu'il se passe quelque chose ? C'est ici qu'il se passe quelque chose ? » Et je me suis rendu compte qu'ils avaient entendu parler de ce candidat-là, tout en ignorant totalement qui c
'est.
Voilà.
Et
c'est peut-être ce qu'il proposait. Parce qu'il y a cette question de ce sort de Christian Meurthe-Moselle. David Lissnard a-t-il vraiment un programme pour l'avenir
? En
tout cas, il a un programme pour lui-même. David Lissnard, son slogan, « Il se passe quelque chose ?
»
Oui, parce qu'il part de zéro et là,
il
est à 6. Mais c'est quand même
une belle personne. Dans un seul
sondage, il faut préciser.
Dans un seul sondage et dans des sondages qui, on le sait bien, à cette date-là, ne veulent pas dire grand-chose pour la présidentielle. Mais pourquoi il se passe quelque chose ? Il se passe quelque chose parce qu'il incarne cette colère, en fait, des Français, alors qu'ils soit se posent sur le Rassemblement national, soit sur la France insoumise, selon les bords. Mais il incarne aussi, c'est le maire d'une petite commune, il incarne la province contre Paris. Il y a beaucoup de relents poujadistes dans ce qu'il dit
David Lissnard. Même si c'est Cannes
? Même si on parle de Cannes ?
On parle de Cannes, mais dans toutes ses vidéos, c'est la province, c'est Paris, c'est les fonctionnaires. Et donc, il y a des relents à la fois populistes, poujadistes, c'est vieux comme le monde. On se souvient régulièrement, dans l'élection présidentielle, il y a un candidat comme ça qui dit il faut tout foutre par terre, tout recommencer, virer deux tiers des fonctionnaires, et la France se portera mieux. Et avec là, des démonstrations spectaculaires qui sont destinées, évidemment, aux réseaux sociaux. Après, l'expérience nous a montré que les candidats libéraux, ils ne font pas un grand chemin en France. La France n'est pas une terre très libérale.
On aime bien du libéralisme économique, l'économie de marché, certes, mais encadrée. Les Français sont quand même très attachés aux services publics. Alors, à la fois, on se plaint du billefeuille administratif, on se plaint des lourdeurs, on se plaint des taxes, parce qu'il y a tout ça qui sous-entend, et des impôts. Et en même temps, on est les premiers à dire il faut renforcer que l'éducation nationale soit plus solide, que les hôpitaux soient mieux dotés, que la police ait des moyens convenables pour assurer ses missions. Donc, il est peu probable que l'aventure de David Lissnard aille très loin.
Et l'autre différence par rapport à Milley ou à des candidatures comme ça, ce président argentin, qui utilise des méthodes un peu iconoclastes, c'est d'abord, il s'inscrit dans une tradition très populiste. Il y a eu dans toute l'Amérique latine une tradition de leader populiste. Donc, l'électorat est plus familier de ça. Mais surtout, c'est un vrai libéral au sens libéral-libertaire, presque libertarien. Alors que là, avec David Lissnard, on a un libéral économique, mais pas du tout sur les questions sociales et politiques. Il fait aussi une croisade anti-bouc. Donc, c'est un libéral de type conservateur. Et sur l'aspect conservateur, il a quand même beaucoup de concurrents.
Vous parliez de ce programme de réduction du nombre de fonctionnaires, etc. Est-ce que le contexte dans lequel nous sommes aujourd'hui, avec des candidats de ce bloc central, si on les prend tous, on peut même rajouter, alors il n
'est
pas du tout dans le bloc central, mais Marine Le Pen qui propose 140 milliards d'économies, Bruno Retailleau, c'est 200 milliards d'économies, Gabriel Attal qui a écrit à 600 000 Français, il dit que la France doit arrêter de vivre à crédit, il propose la suppression de 100 000 postes de fonctionnaires. On est aussi dans un moment où il y
a
une espèce de consensus sur l'idée qu'il faut y aller à la serpe, peut-être pas à la tronçonneuse, mais dans la dépense publique. Est-ce que ce n
'est
pas un climat un peu différent, peut-être, de ce que ça a pu être à l'époque d'Alain Madeleine ?
– En tout cas, vous avez raison, c'est que le mot économie est un mot central. Alors maintenant, reste à savoir quel est exactement le programme que propose chaque candidat. Par exemple, Jean-Luc Mélenchon a tenu une conférence de presse hier, c'est comment rétablir les comptes publics. Alors si franchement, on n'attendait pas d'un parti politique et d'un candidat qu'il fasse de comment rétablir les comptes publics une conférence de presse, alors rassurez-vous, il y a quand même 80 milliards de dépenses nouvelles dans le programme qu'a présenté Jean-Luc Mélenchon hier. En revanche, pour les retêtes…
–
106 milliards d'euros de recettes suffisantes.
–
Alors voilà, sur les impôts, les taxations, etc., mais ciblées sur les entreprises et sur les personnes fortunées. Donc c'est un message qui quand même est très inattendu là-dessus. Alors pour David Lysnard, je rejoins ce qui se dit, c'est-à-dire qu'au fond, d'abord, il y a l'envie de quelqu'un de nouveau. C'est profond.
Et
Lysnard, il capte ça aujourd'hui. Et il capte le fait que Philippe, Attal, Retailleau n'enthousiasme pas. On n'a pas envie des représentants des partis politiques, on n
'a
pas envie des gens qu
'on
gouvernait, on a envie de tourner la page. Maintenant, pour toutes les raisons qui ont été très justement dites, le type de programme que propose Lysnard est un programme qui finit par inquiéter. Au début, il séduit, en disant, bah oui, il faut couper à la serpe, à la broyeuse, puisque c'est le jeu de Lysnard de dire ça. Maintenant, il va gêner beaucoup les candidats du Bloc central s'il continue. L'immense intérêt pour lui de ce 6%, voyez-vous, alors on dit un code, on dit ce que c'est vrai, pas vrai, c'est que maintenant, il faut le rentrer dans tous les sondages d'intention de
l'économie qui vont avoir
lieu. Lysnard, le problème pour être testé, c'est d'arriver à être testé. Si vous rentrez dans les sondages et si ensuite vous montrez que le 6 se transforme en 8, alors c'est la barre des 10 qui change tout. La barre des 10, aujourd'hui, autrefois, c'était la barre des 20, c'est-à
-dire
combien la réduction des clientèles politiques est en œuvre. Mais ça va beaucoup gêner le Bloc central. C'est-à-dire que si Lysnard existe, et lui, il n'est pas prêt à négocier avec quelqu'un. Il considère que s'il a effectivement... Ce qui est invraisemblable, de toute façon, il est président de l'Association des maires de France. Il va être rééligible en novembre. Ce qui est incroyable, c'est que Retailleau, président des Républicains, lui a accordé son soutien sans aucune négociation liée à la présidentielle. C'est ce qui s'appelle un savoir-faire politique de grande envergure. Donc Lysnard, le problème, c'est que personne ne va l'arrêter, qu'il
y a
un segment qui aujourd'hui est plus important que du temps d'Alain Madeleine. Vous avez raison. Parce que si tout le monde veut changer les choses, Mélenchon veut changer les choses, Le Pen veut changer les choses, les autres, le bloc central, ne
sont
pas crédibles pour changer les choses. Il n'y
a
pas de raison qu'une partie de l'électorat de droite ne se dise pas. Il faut changer les choses. On soutient Lysnard. Et à ce moment-là, Lysnard, du coup, fait grandir l'hypothèse d'un duel Mélenchon-Le Pen de second tour en réduisant le bloc central CQFD.
Et on l'a bien vu, c'est devenu un exercice indispensable pour tous les candidats se faire entendre d'une manière ou d'une autre sur les réseaux sociaux et en particulier sur TikTok.
Et
en la matière, certains ont pris un peu d'avance. Nicolas Fleury, Les Rousseux et Arnaud Faurat.
C'est le nouveau terrain de jeu des politiques. TikTok, ses vidéos
ultra
rythmées et ses thèmes décalés. La rose,
c
'est vraiment, pour moi, la plus belle des fleurs. Et pourtant, je ne
suis
pas socialiste. Ils espèrent viser une toute nouvelle audience. La prochaine fois, je suis dans le jaune. Je pense que je vais le garder.
Ce réseau très utilisé par les jeunes, une aubaine pour les candidats à la présidentielle qui espèrent dépoussiérer
leur image. Finale de la Ligue des champions, mon meeting. Finale de la Ligue des champions, mon meeting. Pourquoi choisir alors qu'on peut faire les deux ? Ce jour-là, Gabriel Attal rencontre des agriculteurs. Et comme à chaque déplacement, une équipe le suit partout et filme chaque échange avec les électeurs.
Les
vrais hommes politiques, ils sont comme ça. Ah oui, non,
non.
Ça,
c
'est pas moi, ça. Ça, c'est un plus. On cherche à avoir les moments purs, commissants sur le terrain et à les retransposer sur les réseaux sociaux. C'est aussi montrer autre chose que la télévision, les médias traditionnels. C'est un canal préférentiel pour le candidat vu que c'est en direct avec les Français. La recette, un ton rieur totalement assumé par le candidat. J'essaye que les contenus qui sont postés sur mes réseaux sociaux,
il
y
ait
toujours un message politique. Alors parfois, il est peut-être un peu léger, mais
vous
regardez mes réseaux sociaux et mon compte TikTok en l'occurrence, la plupart des vidéos sont des vidéos dans lesquelles j'ai un message politique pour parler de l'école,
pour
parler du logement, pour parler de l'agriculture. Bonne chance. Merci beaucoup. Ravi de vous avoir rencontré. L'enjeu, créer un contenu viral pour toucher le public le plus large possible. L'algorithme, il se nourrit de ce que vous consommez. Donc soit, vous avez toute une niche des personnes qui suivent Gabriel Attal. Donc ça, peu importe la vidéo, l'algorithme poussera à ces personnes qui suivent Gabriel Attal. Et après, sur des sujets, par exemple, on sait que les rythmes scolaires sur TikTok, ça marche énormément. Donc
on
va capter cet algorithme, gros sujet qui est sur TikTok sur les rythmes scolaires parce qu'il y a beaucoup de nos jeunes qui nous attendent là-dessus. Et bien forcément, ça va être montré des journées moins longues et moins de vacances. Avec moins de 700 000 abonnés, il reste loin de certains politiques qui ont misé depuis longtemps sur les réseaux. 1,6 million d'abonnés pour Marine Le Pen, 2,4 millions pour Jordan Bardella quand plus de 3 millions de personnes suivent Jean-Luc Mélenchon.
Les
Insoumis multiplient les vidéos ces dernières semaines en soutien au mouvement lycéen. Ils
ont
toujours plus de répression. Il va falloir payer. Investir les réseaux sociaux, le député LFI Antoine Léomant était l'un des premiers à le faire. Chaque jour, il faut se renouveler. J'ai une idée, c'est de partir de la vidéo qui a cartonné et je fais vous souvenez de ça ?
Ce
genre de contenu
est
-ce que vous vous souvenez de ce moment à l'Assemblée nationale ? a longtemps été rejeté par les politiques.
Ils
disaient qu'on était les députés tiktokers, ils se moquaient de nous. Moi, ils m'appelaient le député youtubeur alors je l'avais mis même à un moment donné pour me moquer en disant «
bah
oui, ça me va très bien d'être le député youtubeur ». Mais c'est vrai qu'on a eu beaucoup de moqueries autour de Jean-Luc Mélenchon en particulier qui a très tôt investi les réseaux sociaux et aujourd'hui,
on
voit que tout le monde est en train d'aller sur ces plateformes-là parce que c'est indispensable. Et tant pis si les réactions du public sont négatives. L'algorithme aime les polémiques quitte à polariser le débat. Mais chez LFI, on se défend de vouloir jouer uniquement sur l'émotion.
Ce
qui fonctionne sur un réseau social, c'est quand il y a du fond politique et que ça entre en adéquation avec une attente populaire. Les gens vont partager du contenu, aimer du contenu, commenter du contenu. Évidemment, si ça les fait réagir au sens soit ça agace, soit ça fait rire, soit ça fait plaisir, donc évidemment que l'émotion peut avoir un impact. Mais s'il y a un accord avec le message politique qui est dedans, ça fonctionne. Certains candidats ont pourtant choisi de faire l'impasse sur TikTok comme Raphaël Glucksmann qui réclame son interdiction ou Édouard Philippe qui privilégie d'autres réseaux sociaux.
On
peut
faire sans
aujourd
'hui ? Non, je ne pense pas qu'on puisse faire sans mais les réseaux sociaux, quel que soit le réseau qu'on choisit, c'est indispensable. C'est indispensable parce que, et surtout à destination des jeunes, les jeunes ne regardent plus le journal de 20h, les jeunes ne lisent plus les journaux. Donc, pour toucher les populations qui ont décroché des modes d'information traditionnels,
il
faut bien aller sur les outils qu'ils utilisent. Alors, ça a aussi un autre avantage, c'est qu'on maîtrise son propre contenu. On a vu les images, on fait évidemment des contenus qui sont avantageux pour nous, où on maîtrise complètement le message ou par exemple si vous êtes dans une foire et qu'on va garder l'échange positif avec quelqu'un qui va vous dire que vous êtes extraordinaire et pas le coup de sifflet qu'il y
a
eu juste avant ou juste après. Et généralement, il y a des gens qui sont dédiés à ça, qui vont faire des belles images avec des filtres, donc on maîtrise totalement son contenu. Et ça permet aussi, dans une période comme ça, où il y a énormément en profusion de candidats, les médias traditionnels ne vont pas suivre les activités de David Gisner, de Bruno Retailleau, au quotidien. Et ça permet du coup d'être présent de façon quotidienne, même si on est noyé dans une masse de candidats et de pouvoir émerger par des trends ou par... Après, l'inconvénient, parce qu
'il
y a évidemment des inconvénients, c'est l'effet bulle. Et on voit bien que certains candidats ne se rendent pas forcément compte de la réalité de leur implantation parmi les électeurs parce qu'ils sont gratifiés quotidiennement par des likes, des abonnés, qui leur fait un peu prendre la grosse tête. Ça
fait
penser aux signatures quand ils vont signer des livres et qu'il y a une file d'attente et une queue intermidable.
Ils
se disent « La France
nous réclame
».
Nicolas
Sarkozy s'était trompé. Il avait confondu lecteur et électeur. Et en effet, il avait des foules énormes qui venaient signer, lui faire dédicacer ses livres à chacune des librairies dans lesquelles il allait. Et ça ne s'est pas pour autant transformé. D'ailleurs, il n
'a
pas passé le cap de la primaire de son propre camp. Et donc là, il y a ce risque-là aussi dans les réseaux sociaux de confondre le nombre de likes et le nombre d'abonnés avec l'adhésion, une vraie adhésion derrière populaire. Donc c'est dangereux.
Il
ne
faut
pas prendre la grosse tête avec les réseaux. Jean-Luc Mélenchon, il a théorisé ça puisqu'il organise même aujourd'hui des conférences de presse destinées aux nouveaux médias.
C
'est-à-dire que pour lui, tout ce qu'il peut faire en évitant les médias traditionnels, il le fait. Il a théorisé ça. Et c'est d'ailleurs pour ça, je pense, qu'une partie de la population, les plus jeunes, sont cristallisées quand même un petit peu sur sa candidature. Après, j'observe que pour élargir, il est obligé de passer par les médias traditionnels. Deux exemples. Sa déclaration de candidature, il l'a faite sur TF1 au journal de
20 heures parce
que c'est quand même là où il y
a
le plus de monde. Moi, la semaine dernière, il m'a donné une interview où il a détaillé ce qu'allait être sa sécurité sociale intégrale parce qu'il savait qu'effectivement, mon lectorat serait sensible à ça. Donc là, il est dans un moment où il va commencer à s'élargir parce qu'il est plus haut que ça
fait de route. Parce qu'il est à 18%. Pour les petits
candidats qui n'arrivent pas à décoller, c'est un vrai
outil de
présence. Mais vraiment, effectivement, c'est un vecteur. Aujourd'hui, je vous rejoins, on ne peut pas s'en passer.
Vous
voulez ajouter quelque chose rapidement ?
Oui, très rapidement. Il y a une très grande structuration des intentions de vote selon l'âge. Il faut bien comprendre que les publics réseaux sociaux ne sont pas les mêmes que les autres. Prenons Jean-Luc Mélenchon, par exemple. C'est un succès énorme d'intentions de vote dans les catégories jeunes et jusqu'à 35 ans et un désert électoral quand on monte vers les plus de 50 ans. C'est-à-dire, par exemple, 11% seulement des intentions de vote pour Mélenchon chez les 50-64 ans et 5% chez les plus de 65 ans. En revanche, 51% dans le sondage IFOP, des 18-24 ans, ça varie selon les sondages, c'est en général au moins 45%, prêt à voter Mélenchon. Donc, le risque, c'est l'erreur stratégique
parce
que les plus de 50 ans, ils pèsent très très lourd. La moitié de l'électorat français qui se rend aux urnes a plus de 50 ans. Donc, si vous visez seulement l'électorat jeune,
vous
pouvez faire un triomphe et finalement, ça ne marche pas bien. C'est un problème donc d'équilibre.
Et
nous revenons maintenant à vos questions.
Question
de Louis. Edouard Philippe est-il perçu comme un héritier du macronisme ?
Oui,
c'est tout son problème. Mais comment pourrait-il en être autrement ? Il a été 3 ans Premier ministre.
Il avait appelé à sa démission quand même
?
Oui, mais il est resté dans la majorité. Les députés horizon sont dans la majorité
de
Sébastien Lecornu.
Sauf qu'il n'y a pas
de majorité. Sont dans le bloc central soutien Sébastien Lecornu. Et c'est tout son problème. C'est qu'il essaye de dire qu'il incarne la rupture. Il est sans cesse ramené à ça. Et le fait de vouloir que Gabriel Rattal le rejoigne renforce aussi cette histoire.
Question de Victor.
À
Paris, dans les sondages, le total du centre et de la droite est très faible. Ce camp politique a-t-il déjà été aussi bas
?
Alors, non. Mais c'est tout simplement parce que l'extrême droite n'a jamais été aussi haut. Alors, Marine Le Pen contesterait bien sûr le terme d'extrême droite. Droite radicale, extrême droite. C'est cette percée qu'on n'a jamais connue dans notre histoire politique en France. Et qui fait que vous avez raison. À ce moment-là, la droite et le centre. Là, nous avons, je l'ai dit, 10 points de moins pour Philippe par rapport au score Macron de 2022 et 12 points de plus pour Marine Le Pen par rapport à son score 2022.
Question de Philippe en Charente-Maritime. Aucun candidat issu du Parti Socialiste à la présidentielle. Est-ce une première en France ?
Oui. Et c'est ce qui fait tousser une partie du Parti Socialiste qui n'est pas d'ailleurs alignée tous derrière Raphaël Luxman. C'est une première depuis, je crois, que le PS existe.
Et c'est que Liane Royal l'avait accusée de vouloir faire une OPA sur le Parti Socialiste.
Mais il
risque aussi de ne pas avoir de candidat des Républicains.
C
'est là où on voit, de l'autre côté à droite,
c
'est là où on voit l'effondrement des partis traditionnels.
Qu'est
-ce
qui pourrait faire que Bruno Retailleau décroche et décide de rallier une autre candidature ? C'est si les sondages le donnent en dessous de 5% en seuil de remboursement des frais de campagne ?
s'il est trop faible et qu'en effet, il
y a
un autre candidat qui est à peu près sur sa ligne politique. Question de
Philippe dans les Bouches-du-Rhône. Gabriel Attal et Édouard Philippe n'avaient-ils pas fait un
pacte
pour que le moins bien placé des deux dans les sondages se retire ?
Oui,
mais on sait ce que valent les pactes en politique. Édouard Ballet-Dior, Jacques Chirac ne peuvent pas en témoigner mais nous, oui. Et ensuite, ce pacte, c'était, on verra, en janvier-février. Vraiment, la date
mi-février. Ça
sera mi-février.
Dominique, dans le Haut-Rhin, pourquoi organiserait-on une primaire entre des candidats incapables de s'entendre pour voter un budget
?
C'est une
vraie question. Oui, c'est une vraie question. C'est une vraie question mais c'est pour
ça qu'il n'y aura pas de primaire aussi
large.
Aussi
large.
Question
de Luciano en Isère. Une primaire allant de Glucksmann à Retailleau ne crédibiliserait pas le slogan UMPS longtemps brandi par le clan Le Pen ?
Si, et je trouve que c'est une primaire qui n'aurait pas de sens parce qu'encore une fois, entre Bruno Retailleau et Raphaël Glucksmann, il n
'y a
absolument rien en commun. Donc c'est un slogan d'URN mais il n'y aura pas de primaire dans cet acte-là.
Question de Gilles dans le Val-de-Marne. Si l'URN est aussi haut dans les sondages, est-ce parce qu'il convint davantage ou parce que les autres parties ont perdu en crédibilité ?
Oui, les autres parties ont perdu en crédibilité. L'effet notable en ce moment, c'est en effet la force extraordinaire de la candidate RN. On parle de la montée des deux extrêmes mais le score de Mélenchon est fait la moitié de celui de Marine Le Pen. Donc on n'est pas du tout dans les mêmes étiages. Ce qui est très étonnant, c'est la capacité de résistance de Marine Le Pen dont on pensait qu'elle allait un peu s'effondrer avec sa condamnation judiciaire visiblement, ça ne semble absolument pas poser problème à son électorat ou à ses futurs électeurs.
Et les ennuis de Jordan Bardella dont on a ressorti des écrits antisémites n'entament pas du tout non plus la cote de popularité de Marine Le Pen. Donc on voit qu'il y
a
un électorat qui est totalement imperméable à toutes les polémiques qui peuvent entacher sa candidature. Marine Le Pen n'a pas de problème de premier tour mais elle a un problème de second tour.
C
'est-à-dire qu'après aller vers l'électorat de conquête, celui qui lui manque ça va être beaucoup plus difficile.
Cette question, la présidentielle, peut-elle nous réserver d'énormes surprises ?
C'est l'habitude.
C'est toujours le cas.
C'est l'habitude. Il y a toujours des surprises et donc nous serons peut-être là pour les commenter avec vous.
Florent dans le chair, Edouard Philippe, Gabriel Attal, Bruno Retailleau, David Lysnard, où sont les
femmes
? Peut-être Marine Tondelier et puis on a quand même la principale,
Marine Le Pen est une femme
et elle est créditée très très haut dans les sondages.
Merci à tous les quatre. C'est la fin de cette émission qui sera rediffusée ce soir. Il est l'heure de retrouver Anne-Elisabeth Lemoyne. Bonsoir Anne-Elisabeth.
Bonsoir Caroline. Au programme ce soir, comment lutter contre l'obésité et le diabète ? Faut-il créer une nouvelle taxe sur les produits emballés les plus sucrés ? C'est le projet du gouvernement auquel les députés semblent favorables. Quels sont les risques exacts de ces produits transformés ? La dépendance au sucre existe-t-elle ? On pose la question dans un instant.
Très bonne émission à vous. Demain, vous retrouvez Aurélie Cas pour un nouveau C'est dans l'air et n'oubliez pas que vous pouvez nous retrouver quand vous le souhaitez en replay et en podcast. Très belle soirée.