Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
InterviewFrance Inter — Questions politiques (sur Site radio)· 20 mai 2018 53 minContradictoireFond programmatiqueAgriculture & alimentationEnvironnement & énergieÉconomie & entreprisesSolidarités & famille

Stéphane Travert : "Il est hors de question de choisir entre écologie et agriculture"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 80 %Attaque 10 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 5:23OuverteRéponse directe

    Après-demain, vous irez défendre votre projet de loi sur l'agriculture et l'alimentation devant le Parlement. Texte ambitieux, très controversé. Vous nous direz ce qu'on peut en attendre.

  • 5:58OuverteRéponse directe

    Mais d'abord, qu'est-ce qui vous a marqué dans l'actualité de la semaine ?

  • 7:08OuverteRéponse directe

    Vous n'avez pas rendu jeudi, quand même, pour retrouver vos concitoyens ? Vous les voyez plus régulièrement que ça ?

  • 7:25OuverteRéponse partielle

    Et sans langue de voix, qu'est-ce que vous avez retenu de cette rencontre, et qu'est-ce que vous pensez qu'il faudrait améliorer pour bien passer l'année qui vient ?

  • 8:11RelanceRéponse directe

    Est-ce qu'on vous a posé la question, comme elle a été posée à Gérard Collomb, sur les 80 km heure, puisqu'il a sorti son joker, et est-ce que cette affaire des 80 km heure n'est pas symptomatique de cette coupure entre ce qu'on appelle la France d'en bas, celle de peut-être vous étalée, dans l'Indre, et les élites qui n'écoutent rien et qui décident à Paris ?

  • 12:57OuverteRéponse directe

    Il n'aime vraiment pas être ministre, ou est-ce que l'écologie n'est décidément pas la priorité du quinquennat, M. Travers, Nicolas Hulot ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 5:40Invité politiqueChiffre
    « Oui, nous sommes prêts. Et 2683 amendements, c'est la preuve que ce texte suscite de l'intérêt. »
  • 9:03Invité politiqueFait
    « Moi, je viens d'un département où nous avons le réseau routier le plus dense de France. Et je peux vous dire, avec des routes départementales, etc., et je peux vous dire que le nombre d'accidents est encore trop important. »
  • 18:35Invité politiquePromesse
    « Le président de la République a souhaité que dans les 3 ans, nous puissions étudier la meilleure manière de pouvoir être en situation de ne plus l'utiliser dans les 3 ans. »
  • 20:21Invité politiquePromesse
    « Mon avis, mais il est connu de tous, c'est aujourd'hui, nous avons une période de trois ans pour trouver les éléments qui nous permettront demain de pouvoir dire nous pouvons nous passer définitivement de ce produit. »
  • 22:19InvitéFait
    « Vous êtes entré parce que quatre autres s'en sont trouvés éjectés et vous avez donc été bombardé ministre de l'Agriculture, pas exactement votre spécialité. »
  • 22:34InvitéFait
    « Oui, un ancien socialiste, initialement proche d'Henri Emmanuelli, de Benoît Hamon aussi, et qui, sous la précédente mandature, n'a pas supporté la nomination de Manuel Valls à Matignon. »
  • 23:15InvitéFait
    « Il a suffi que l'ancien ministre de l'Économie, c'était il y a trois ans et demi, choisisse la Manche, votre département, pour son premier déplacement, pour que vous vous laissiez gentiment subjuguer. »
  • 23:34InvitéFait
    « À 48 ans, vous êtes ministre de l'agriculture, de l'alimentation, et vous ajoutez, je vous cite, la caution de gauche d'Emmanuel Macron. »
  • 32:07Invité politiquePromesse
    « C'est redonner du revenu aux agriculteurs et faire en sorte que nos concitoyens puissent avoir une alimentation plus sûre, plus saine et accessible à tous. »
  • 32:41Invité politiqueFait
    « C'est l'inversion de la construction du prix, c'est-à-dire partir du prix de revient chez les agriculteurs. »
  • 33:23Invité politiqueFait
    « Il prendra racine dans le coût de production des agriculteurs grâce à des indicateurs de prix que les filières auront pris la responsabilité de construire ensemble. »
  • 36:35Invité politiqueChiffre
    « Nous importons encore plus d'un milliard d'euros de produits bio sur le territoire français. »
  • 36:54Invité politiqueFait
    « Nous avons mis en place un plan ambition bio avec une grande concertation qui se terminera fin juin. »
  • 36:58Invité politiqueChiffre
    « Plan ambition bio d'un milliard d'euros, 600 millions d'euros venant de l'Europe, 200 millions d'euros provenant de crédits nationaux. »
  • 37:06Invité politiqueFait
    « Avec aussi l'objectif d'aller servir la restauration collective. »
  • 38:26Invité politiqueFait
    « Nous allons doubler les sanctions pénales en cas de maltraitance envers les animaux. »
  • 44:12Invité politiqueChiffre
    « Nous avons une part réservée à l'agriculture biologique en surface agricole utile qui est de 6%. »
  • 44:14Invité politiquePromesse
    « Nous souhaitons la porter à 15%. »
  • 45:02Invité politiqueChiffre
    « Moins 5% en euros constants et on peut aller jusqu'à 17,5 en euros courants. »
  • 45:49Invité politiqueFait
    « Nous souhaitons une PAC plus lisible, une PAC plus simple qui préserve les revenus des agriculteurs. »
  • 49:34Invité politiqueFait
    « Nous avions demandé un certain nombre de choses que les agriculteurs en question puissent être inscrits à la MSA. »

Temps de parole

  • Stéphane Travert62 %
  • Invité24 %
  • Présentateur9 %
  • Invité 22 %

2,2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Invité

France Inter.

0:01
Présentateur

Bonjour à vous, Questions Politiques, on est en direct et jusqu'à 13h, ça commence maintenant. Bonjour et bienvenue dans Questions Politiques, le rendez-vous politique de France Inter, du journal Le Monde et de France Info. Labourrage et pâturage sont les deux mamelles dont la France est alimentée. Notre invité ce dimanche est le ministre de l'Agriculture, Stéphane Travers. Vos questions, vos commentaires sont les bienvenus pour intervenir le mot-clé. Questions Paul.

0:30
Invité

France Inter. Questions Politiques. Alibadou.

0:35
Présentateur

Et avec moi en studio, l'équipe du dimanche, Jeff Vittenberg de France Télévisions. Bonjour Jeff. Bonjour Ali. Françoise Fressos du journal Le Monde, bonjour Françoise. Bonjour Ali. Et Karine Becker de France Inter, bonjour Karine.

0:45
Invité

Salut à tous.

0:46
Présentateur

Avant d'accueillir Stéphane Travers, rapide tour de table pour commencer, qu'est-ce qui vous a marqué cette semaine ? On va démarrer avec vous Jeff. Eh bien Alice qui a retenu mon attention cette semaine, on en parlait dans le flash à l'instant,

0:57
Invité

c'est l'accord de gouvernement qui a été conclu en Italie entre la Ligue et le mouvement 5 étoiles. Comparaison n'est pas raison, mais voilà donc une alliance entre un mouvement populiste et un parti d'extrême droite. qui va remplacer un pouvoir incarné pendant près de deux ans par un jeune et dynamique dirigeant de centre-gauche, Matteo Renzi. Comme Emmanuel Macron, il était à sa nomination le plus jeune leader du continent, pro-européen justement. Il a mis en oeuvre des réformes économiques d'inspiration libérale et il a été le dynamiteur, le démolisseur, c'était son surnom en Italie, de la vieille classe politique qui régnait depuis des années.

J'arrête là les parallèles car il y a quand même une différence de taille. Matteo Renzi, pardon, n'avait pas reçu l'onction du suffrage universel. Avec ses 20 700 000 voix, la présidentielle Emmanuel Macron est sur un siège autrement plus stable que lui. Il n'empêche, à Renzi, mais aussi à Obama, ont succédé des dirigeants à une politique radicale voulue par les électeurs. Cela va peut-être faire réfléchir ceux qui espèrent, y compris autour d'Emmanuel Macron, qu'il n'y ait demain plus rien ou plus grand chose entre lui et ses opposants les plus durs, que sont Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen. C'est le reproche que lui font par exemple le PS ou la CFDT.

Le pouvoir a choisi ses opposants, ceux des extrêmes, quitte à connaître un jour un scénario à l'italienne.

2:06
Présentateur

Merci Jeff. Françoise ?

2:08
Invité

C'est le « retenez-moi où je fais un malheur » prononcé par Nicolas Hulot ce mardi, alors que le gouvernement s'apprêtait à fêter ses un an. Le ministre de l'Écologie, visiblement malheureux, annonce sur BFM que l'été sera un moment de vérité, qu'il fera le point avec le président de la République et le Premier ministre, et alors on verra ce qu'on verra, mais le suspense s'est duré assez peu, car aujourd'hui dans Ouest-France, le ministre de la Transition écologique annonce en fait qu'il restera ministre tant que l'écologie avance. Ouf, on est soulagé. En réalité, ce ne sont pas tant les états d'âme de Nicolas Hulot qui surprennent, car son dossier est objectivement très difficile.

La France vient d'être épinglée à Bruxelles pour la mauvaise qualité de son air, l'accord climat n'avance pas, et sur le front de la biodiversité, c'est l'alerte générale. Non, ce qui frappe, c'est la façon dont le ministre s'y prend pour faire avancer ses dossiers. Ce chantage à la démission, qui n'est pas le premier, et qui traduit au fond une vraie faiblesse, en ce sens qu'il semble s'exonérer de ses propres responsabilités.

Or, on voit bien depuis un an qu'il éprouve des difficultés à se mettre en avant sur les dossiers difficiles, on voit qu'il a une envie régulière de tout envoyer balader, la tentation de Venise, qui était si chère à Alain Juppé, et cette propension un peu trop forte à jouer de sa notoriété et de sa popularité, finalement, ça marche pour le moment, mais combien de temps ? Regardez, dans le dernier baromètre Ifob JDD, la cote de popularité de Hulot baisse de 22 points en un an. Donc, si ça se poursuit, il faudra que l'ancien animateur d'Ushuaïa Nature invente autre chose pour faire avancer sa cause.

3:37
Présentateur

Merci Françoise. Karine ?

3:38
Invité

Moi, ce qui m'a marquée, on peut dire des choses comme ça, c'est le mauvais état de nos partis d'opposition. Alors, c'est vrai qu'on le sait déjà, mais c'était extrêmement, voilà, patant, j'ai envie de dire, à l'occasion de cette émission jeudi soir sur France 2, l'émission politique. Qu'est-ce qu'on a vu ? Tous les principaux dirigeants des partis politiques étaient là. On a vu un Jean-Luc Mélenchon qui n'a pas tellement changé, qui continue à nous annoncer, à nous prédire, à nous promettre un grand déferlement de toute la colère de la France, sauf que ce déferlement, eh bien, on continue à l'attendre. On a vu à gauche toujours un Olivier Faure qui n'a pas de message politique fort.

Donc, quand on n'a pas de message politique fort, on n'existe pas, en fait, politiquement. On a Laurent Wauquiez qui, sur la forme, a été assez bon, mais sur le fond, il est toujours là à essayer de se différencier de la politique d'Emmanuel Macron. Donc, c'est compliqué pour lui aussi. Et puis, on a Marine Le Pen qui, finalement, a peut-être été la seule à réussir à le défier sur le terrain européen à l'occasion des prochaines élections européennes, en disant notamment, voilà, j'espère réussir à imposer un parlement d'eurosceptique à Emmanuel Macron à Bruxelles. Autrement dit, personne ne réussit à freiner le président au niveau national.

Et au niveau européen, le Front National est obligé de compter sur ses alliés pour espérer y arriver. Donc, pour l'instant, Emmanuel Macron peut vraiment dormir sur ses deux oreilles.

4:58
Présentateur

Merci, Karine. Il est 12h10. Comment aider les paysans ? Comment sauver cette France rurale qu'on dit à bout de souffle ? Comment garantir qu'on puisse manger mieux et au juste prix ? Comment, en question très politique, réconcilier le président des villes avec les campagnes ? Notre invité est le ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation, Stéphane Travers, qui s'installe dans le studio 221 de la Maison de la Radio. Prenez place, monsieur le ministre. Bonjour, Stéphane Travers. Bonjour. Bonjour. Après-demain, vous irez défendre votre projet de loi sur l'agriculture et l'alimentation devant le Parlement. Texte ambitieux, très controversé. Il nous concerne tous.

Vous nous direz ce qu'on peut en attendre. 2683 amendements déposés. Vous êtes prêts pour le baptême du feu ?

5:38
Stéphane Travert

Oui, nous sommes prêts. Et 2683 amendements, c'est la preuve que ce texte suscite de l'intérêt. Et c'est bien normal.

5:47
Invité

Et de la contestation.

5:48
Stéphane Travert

On parle des territoires, on parle de l'agriculture et on parle de l'alimentation qui concerne tous nos concitoyens, tous les Françaises et toutes les Françaises.

5:56
Présentateur

Et on va y venir longuement avec vous, Stéphane Travers. Mais d'abord, qu'est-ce qui vous a marqué dans l'actualité de la semaine ?

6:01
Stéphane Travert

Ce qui m'a marqué, c'est ce rendez-vous que nous avons eu les uns et les autres, tous les membres du gouvernement, sur les territoires. Un an de l'action. Un an d'action pour aller retrouver nos concitoyennes et nos concitoyens, pour aller les écouter, aller échanger avec eux. Et c'était une première pour un gouvernement, c'est un premier exercice pour un gouvernement, que de faire ces comptes rendus de mandat. Et ça m'a rappelé, moi, ce que je faisais quand j'étais parlementaire ou élu régional en Basse-Normandie, en charge de la pêche et de l'aquaculture.

Et retourner à intervalles régulières, en dehors des périodes électorales, devant ses concitoyens, devant ses mandants, devant ses électeurs, pour faire un bilan de ce que l'on a fait. Se faire engueuler aussi un peu ? Mais aussi, mais ça sert aussi à ça. Mais je peux vous dire que, moi, je me suis rendu à Saint-Maur, près de Châteauroux, dans l'Inde. Ça a été une réunion très respectueuse, dans un état d'esprit très républicain. Et nous avons pu échanger avec toutes celles et tous ceux qui étaient ici pour poser des questions sur la vie agricole. Il y a eu beaucoup de sujets sur l'agriculture.

7:08
Invité

Vous n'avez pas rendu jeudi, quand même, pour retrouver vos concitoyens ? Vous les voyez plus régulièrement que ça ?

7:13
Stéphane Travert

Oui, mais moi, je suis beaucoup sur le terrain, parce que c'est le rôle du ministre de l'Agriculture, d'être sur le terrain pour échanger avec tous ses concitoyens. J'y étais encore hier, dans mon département, et bien évidemment, c'est important de rester à l'écoute.

7:25
Invité

Et sans langue de voix, qu'est-ce que vous avez retenu de cette rencontre, et qu'est-ce que vous pensez qu'il faudrait améliorer pour bien passer l'année qui vient ?

7:32
Stéphane Travert

Qu'est-ce que j'ai retenu de cette rencontre ? D'abord, cette volonté d'échanger, cette volonté qu'ont nos concitoyens de comprendre pourquoi nous menons les réformes, pourquoi nous voulons transformer notre pays. Et aussi, peut-être se dire que nous devons continuer à expliquer, faire la pédagogie de l'action.

7:50
Invité

C'est trop vertical ?

7:52
Stéphane Travert

Oui, je crois que nous... Vous avez hésité un instant, et puis le réflexe langue de voix a pris le bas sur la parole des vérités. On ne pourra jamais me prendre en défaut là-dessus, mais sincèrement, je crois que faire la pédagogie de l'action, c'est nécessaire, et nous devons le faire autant que de besoin.

8:11
Invité

Est-ce qu'on vous a posé la question, comme elle a été posée à Gérard Collomb, sur les 80 km heure, puisqu'il a sorti son joker, et est-ce que cette affaire des 80 km heure n'est pas symptomatique de cette coupure entre ce qu'on appelle la France d'en bas, celle de peut-être vous étalée, dans l'Indre, et les élites qui n'écoutent rien et qui décident à Paris ?

8:27
Stéphane Travert

Écoutez, moi, je ne sais pas de combien de jokers j'ai le droit dans les missions, en tous les cas, je les épuise tous. Alors, quelle est votre position ? D'abord, je n'ai pas été interrogé sur ce sujet, mais j'y ai été interrogé hier. Et je peux vous dire que là-dessus, le gouvernement est mobilisé. Moi, j'en ai assez du décombre macabre, toutes les fins de semaine, quand on vient annoncer aux familles que l'un des leurs a perdu la vie dans des accidents de la route. Moi, je viens d'un département où nous avons le réseau routier le plus dense de France. Et je peux vous dire, avec des routes départementales, etc., et je peux vous dire que le nombre d'accidents est encore trop important.

Donc, je crois que le Premier ministre a pris une bonne décision. Nous savons que cette décision suscite des irritations, qu'elle peut être impopulaire. Mais je crois que nous devons faire preuve de conviction et dire que sauver des vies humaines, c'est beaucoup plus important que de perdre deux à trois minutes sur un trajet domicile-travail le matin.

9:22
Invité

Et Gérard Collomb doit le comprendre aussi, donc.

9:24
Stéphane Travert

Mais tout le gouvernement, la ligne du gouvernement aujourd'hui, elle est simple. C'est ce qu'a proposé le Premier ministre, sera mis en œuvre à partir du 1er juillet. Cela s'inscrit dans une démarche globale autour de la sécurité routière. Et bien évidemment, nous sommes tous tournés dans cet axe. Tout de suite, le zapping politique de Laurence Perron.

9:47
Invité

Bloody Monday, c'était jour de fête lundi pour Donald Trump en Israël. Le drapeau américain flotte sur un embryon d'ambassade à Jérusalem. En Palestine, c'est jour de sang et de cendres. Au sommaire aujourd'hui, jour d'anniversaire, d'inauguration et de mort. 70 ans de la création de l'État d'Israël, inauguration de l'ambassade américaine à Jérusalem et côté palestinien. La cadence des tirs s'intensifie. Un homme tombe toutes les 20-30 secondes. L'un d'eux a une ouverture près du genou, grosse comme un point d'enfant. En France, à l'Assemblée nationale, il est question de violence, de violence sexiste, de viol. Le projet de loi de Marlène Schiappa est débattu.

La députée insoumise, Clémentine Autain, accuse. La montagne a accouché d'une souris. Voilà le traumatisme qui suit si souvent le traumatisme de la violence sexuelle. Ne pas être cru et entendre la justice exprimer un non-lieu. Au défaut de cette preuve, de la preuve, de cette maudite preuve, s'ajoute le soupçon. C'est le fameux « elle l'a bien cherché », « comment était-elle habillée », « il n'y a pas mort d'homme », « ce n'est qu'un troussage de domestique ». Brutale, violente, la politique encore, celle d'Emmanuel Macron, mise en objet par Jean-Luc Mélenchon. Oula, vous êtes dangereux.

Non, c'est le président des riches, mais le monarque républicain n'a pas un sceptre, il a un ciseau, il coupe. Monde de brut pour Nicolas Hulot, qui semble encore s'interroger. L'écologie est-elle soluble dans le macronisme ? Pas sûr quand on l'écoute chez Bourdin. Ça dépend d'abord du président de la République et du Premier ministre. C'est eux qui décident de ma présence ou pas au gouvernement. Après, moi, je n'ai pas d'agenda personnel. Moi, la seule chose, c'est que je suis là pour faire, et pour organiser, harmoniser, mais je ne peux pas le faire tout seul, évidemment, cette transformation sociétale.

Eh bien, cet été, on aura, avec le président et le Premier ministre, je pense, un moment de vérité. Allez, pour tester sa motivation, on l'envoie près de Draignan, aux arcs sur Argence, faire la pédagogie du gouvernement. Il est cueilli à son arrivée par des cheminots en colère, interpellés par les jeunes agriculteurs, harponnés par la députée La République En Marche, Valérie Gomez-Bassac. Je suis très fière de faire partie de la majorité, très fière de la politique que nous menons, mais ceci étant, je suis désolée, il y a un mai, et le mai, il est sur ma circonscription.

Quand je vous entends dire que vous attendez le dossier, et que moi, je sais que j'ai transmis le dossier, il y a huit mois, sur la carrière de Mazog, et que j'ai vu vos conseillers il y a quinze jours, comprenez quand même que je me sens un peu mal à l'aise. Et le ministre, qui décidément paye de sa personne, finit bravement dans le guet-apens des journalistes, en concédant, et oui, M. Hulot n'est sans doute qu'un humain.

Non, non, mais c'est marrant, parce que ça, c'est, pardon, mais c'est une espèce de grammaire parisienne qu'on reprend, voilà, je m'interroge, j'ai des doutes, mais comme tout le monde, le pire, c'est les gens qui sont bardés de certitudes, qui sont contents de soi, qui sont satisfaits de ce qu'ils font.

12:54
Présentateur

Merci Laurence Beuron. Il n'aime vraiment pas être ministre, ou est-ce que l'écologie n'est décidément pas la priorité du quinquennat, M. Travers, Nicolas Hulot ?

13:03
Stéphane Travert

Mais, l'écologie, c'est une priorité. Et elle est essentielle aujourd'hui. Nous sommes dans une transition. Aujourd'hui, nous devons... Mais pourquoi est-ce qu'il se sent si mal au gouvernement ? Mais être ministre, c'est difficile. C'est prendre des décisions à longueur de temps et trouver des compromis. Et c'est parfois compliqué. Et je sais quelle est la difficulté de l'exercice, et nous devons trouver les compromis qui sont utiles pour notre pays, utiles pour les Français, et faire en sorte que les décisions que nous prenons, elles soient justes.

13:35
Invité

Est-ce qu'il est un peu trop dans le chantage politique, dans la pression permanente mise sur l'exécutif ?

13:39
Stéphane Travert

Moi, je n'ai rien à dire là-dessus. Chacun voit les choses comme il l'entend. Moi, ce que je sais, c'est que, en ce qui me concerne, moi, je suis tourné dans l'action qui est la mienne. J'ai une feuille de route à remplir. C'est celle du Premier ministre, sur les bases du programme du Président de la République, sur laquelle il a été élu. Et, sorti de là, moi, je fais mon travail.

13:59
Invité

Mais si on le comprend bien, si on l'entend bien, Nicolas Hulot, c'est qu'il est pétri de bonnes intentions, et qu'il n'y arrive pas, et qu'en gros, lui, il est très écologiste, les autres ministres le sont beaucoup moins. Et vous, du coup, vous êtes un peu dans le rôle du méchant. Vous l'admettez, ça ou pas ?

14:11
Stéphane Travert

Je n'ai pas de rôle de gentil ou de méchant. C'est exactement comme ça que c'est posé. Nous travaillons à trouver des trajectoires, des trajectoires responsables, et des trajectoires qui soient efficaces, pour le pays, et pour, aussi, les objectifs qui sont les nôtres. La France, elle a été leader avec la COP de Paris. La France, elle est leader, demain, pour prendre le combat sur la lutte pour protéger la biodiversité. Et, autour de tous ces éléments, nous devons conjuguer des politiques qui puissent s'intercaler les unes avec les autres, créer les bonnes conditions pour l'aménagement du territoire, faire en sorte que, sur le plan social, nos concitoyens ne soient pas plus fragilisés.

C'est un ensemble homogène que nous devons construire. Et construire un ensemble homogène, c'est difficile. Cela demande, parfois, des arbitrages. Et c'est une tâche qui est ardue.

15:09
Invité

Mais, M. Travers, est-ce que les intérêts des agriculteurs sont globalement compatibles avec la transition écologique ? Est-ce qu'on peut concevoir que coexiste une agriculture de masse qui fait vivre des dizaines de milliers de familles et un respect de l'écologie à tous les niveaux ? Est-ce qu'il n'y a pas l'obligation de choisir entre les deux objectifs ?

15:24
Stéphane Travert

Il y aura deux questions de choisir. Les agriculteurs, ils sont les premiers concernés par la biodiversité. Ils sont les premiers concernés par la transition écologique dans laquelle nous sommes. Ils sont les premiers concernés par l'entretien des paysages, l'aménagement du territoire. D'ailleurs, ce sont les premiers acteurs de la transition écologique. Ils détériorent l'environnement aussi. Mais regardez, mais là-dessus, c'est une insulte que l'on fait aux agriculteurs. Ils détériorent l'environnement. Une insulte ? Les agriculteurs, eux, aujourd'hui, ce sont des gens qui entretiennent le paysage et qui sont tournés vers cette transition que nous appelons tous de nos voeux.

Mais aujourd'hui, les agriculteurs, ils font des efforts.

16:03
Invité

Parce qu'on est d'accord sur le paysage, je vois très bien ce que vous voulez dire, mais ils abîment les sols, non ? En mettant quand même pas mal de chimie, encore aujourd'hui, des produits phytosanitaires.

16:11
Stéphane Travert

Mais nous sommes en train d'y travailler, justement, pour réduire cet impact. Et c'est ça que je veux dire à Jeff Wittenberg, c'est de dire qu'il y a une dizaine ou une quinzaine d'années, on enseignait aux agriculteurs dans les formations qu'il fallait utiliser un certain nombre de produits. On s'est aperçu depuis qu'un certain nombre de ces substances étaient dangereuses pour notre environnement, dangereuses pour la terre. Et donc, il faut contribuer à les diminuer, à travailler avec les agriculteurs et pas sans eux, mais construire une trajectoire avec eux pour que cela soit diminué.

16:42
Présentateur

Mais qu'est-ce que vous dites à Nicolas Hulot ? Vous l'avez entendu vendredi dernier lorsqu'il parlait biodiversité, lorsqu'il évoquait la grande extinction, la faune et la flore qui disparaissent à une vitesse absolument inédite dans notre pays, à cause de l'urbanisation, évidemment, mais aussi essentiellement à cause des pesticides. Il a parlé des pesticides, alors il a trouvé les mots pour ne pas mettre en cause directement les agriculteurs, mais c'était exactement ce qu'on entendait en l'écoutant.

17:06
Stéphane Travert

Il ne s'agit pas de mettre en cause les agriculteurs ici. Parce que les agriculteurs, aujourd'hui, il n'y a pas que les agriculteurs. Et les agriculteurs, ils sont tous tournés vers cette transition parce qu'ils veulent aussi se protéger, les agriculteurs. Les agriculteurs, ce qu'ils veulent, c'est pouvoir vivre dignement de leur travail, ils nous y reviendrons. Ils veulent pouvoir produire une alimentation de qualité en faisant en sorte que leur santé ne soit pas mise en danger. et donc, ils sont engagés dans cette transition. Mais nous devons construire avec eux une trajectoire. Et la lutte pour la protection de la biodiversité, elle est absolument essentielle.

Et personne ne le nie dans ce gouvernement. Personne ne le nie. Il n'y a pas de mais. Quand on parlait de Nicolas Hulot, vraiment, il mettait en cause les choses, il parlait d'urgence. Mais il y a une urgence à travailler.

17:57
Invité

Le glyphosate serait interdit demain, M. Travers.

17:59
Stéphane Travert

Mais nous devons construire des trajectoires. Et c'est bien cela que nous... Et c'est là-dessus que le gouvernement est mobilisé. Regardez sur cet exemple du glyphosate. Il y a encore 20 ans, on utilisait à peu près 8 litres par hectare de glyphosate. Aujourd'hui, nous sommes à moins d'un litre par hectare. Regardez les progrès qui ont été faits par l'agriculture lors de toutes ces années. Aujourd'hui, et vous le savez, et je veux le rappeler parce qu'il faut être précis, l'Union européenne a autorisé l'autorisation de l'utilisation du glyphosate encore sur une durée de 5 ans.

Le président de la République a souhaité que dans les 3 ans, nous puissions étudier la meilleure manière de pouvoir être en situation de ne plus l'utiliser dans les 3 ans.

18:44
Invité

Et je complète, Nicolas Hulot soutient un amendement qui dit qu'on peut l'interdire tout de suite. Pourquoi ? Mais parce qu'il y a la biodiversité qui est extrêmement dangereuse. En gros, en fait, vous dites, nous, on trouve une trajectoire, et il lui dit, mais on ne peut plus trouver la trajectoire, il faut agir tout de suite, radicalement.

18:59
Stéphane Travert

On peut être sur des trajectoires rapides. Alors, qu'est-ce que vous faites concrètement sur cet amendement ? Vous le refusez ou pas ? Alors, moi, par exemple, je vais vous dire, je ne suis pas pour préempter le débat parlementaire. Il y a déjà eu un débat en commission. Il y a cet amendement dont vous parlez aujourd'hui. Eh bien, nous aurons le débat en séance publique, avec les parlementaires, parce que ce sont les parlementaires qui, aujourd'hui, font la loi. Et, aujourd'hui, mon avis, il est de dire que nous devons construire des trajectoires. Ça, c'est de la langue de bois. Non, ce n'est pas de la langue de bois. C'est un élément de langue.

19:33
Présentateur

Ça fait à peu près dix fois que vous le dites depuis que vous êtes arrivé. Mais bien sûr. En l'occurrence, pour ça, je vous pose une question simple. L'amendement qui propose l'interdiction du glyphosat tout de suite parce qu'il y a urgence, sera-t-il voté ?

19:42
Stéphane Travert

Il y aura le débat dans l'Assemblée nationale.

19:45
Invité

Et vous laissez l'Assemblée décider ?

19:46
Stéphane Travert

Eh bien, c'est l'Assemblée nationale qui décidera, bien évidemment. Mais il doit y avoir ce débat dans l'hémicycle. C'est aussi le respect que l'on doit au Parlement là-dessus. Mais là encore, je le dis, nous n'avons pas attendu. Nous avons tout de suite mobilisé les instituts de recherche, les instituts techniques, l'INRA, pour faire en sorte que nous puissions trouver des solutions alternatives. Et d'ailleurs, le rapport de l'INRA l'avait dit, il n'y a pas de solution clé en main. Le ministre de l'Agriculture nous dit

20:15
Présentateur

je n'ai pas d'avis, on verra la semaine prochaine, je ne sais pas ce qu'il en avion aura.

20:18
Stéphane Travert

Voilà votre avis, Stéphane Travers. Mon avis, mais il est connu de tous, c'est aujourd'hui, nous avons une période de trois ans pour trouver les éléments qui nous permettront demain de pouvoir dire nous pouvons nous passer définitivement de ce produit. Il n'y a pas de surtransposition non plus européenne à apporter. Il y a cette durée de cinq ans qui a été remise, votée par la Commission européenne. Et donc, nous nous inscrivons.

20:45
Présentateur

Donc l'amendement ne sera pas voté pour vous répondre, François, c'est ce qu'il fallait comprendre.

20:48
Invité

Mais il y a six mois qui se sont écoulés depuis la décision qui a été prise.

20:52
Stéphane Travert

Oui, je pense.

20:53
Invité

Est-ce que des solutions alternatives commencent d'ores et déjà à dessiner ? Oui, bien sûr. Lesquelles ?

20:57
Stéphane Travert

Il y a des solutions alternatives. Aujourd'hui, les solutions alternatives, c'est à travers la modification de plans agronomiques, c'est la rotation des cultures, c'est essayer de faire en sorte que nous puissions travailler sur le désherbage mécanique. Donc on va faire appel à la mécanique agricole de précision là-dessus. Et donc, il y a des solutions, mais ces solutions, elles n'englobent pas toutes les utilisations.

21:24
Invité

Et donc, dans trois ans, on sera prêt ?

21:25
Stéphane Travert

Et dans trois ans, il faut que nous puissions être prêts. Mais moi, je ne peux pas vous dire... Vous savez, je me base, moi, sur la science et le droit. Et moi, je ne sais pas ce que la science aura pu, d'ici trois ans, me dire quelles sont les alternatives véritables et quel sera le catalogue des alternatives véritables qui existent à ce moment-là.

21:45
Présentateur

Le ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation, Stéphane Travers, est l'invité de Questions politiques. Votre portrait, Stéphane Travers, il est signé Karine Bécard.

22:01
Invité

Stéphane Travers, vous êtes arrivé au gouvernement il y a moins d'un an. Vous avez évidemment fêté cette semaine avec tous vos collègues ce premier anniversaire, mais soyons précis, vous n'avez pas fait partie du tout premier gouvernement. Vous êtes entré parce que quatre autres s'en sont trouvés éjectés et vous avez donc été bombardé. Ministre de l'Agriculture, pas exactement votre spécialité, mais en étant normand, un normand du Cotentin, vous pouviez au moins jouer la carte de la ruralité. Joli parcours, en tout cas, pour l'ancien député frondeur, Stéphane Travers, que vous avez été.

Oui, un ancien socialiste, initialement proche d'Henri Emmanuelli, de Benoît Hamon aussi, et qui, sous la précédente mandature, n'a pas supporté la nomination de Manuel Valls à Matignon. Trop recordiste, peut-être, pour vous qui avez grandi dans une famille d'ouvriers et qui avez souhaité adhérer au Parti Socialiste à l'âge de 18 ans seulement. Maintenant, politiquement parlant, y a-t-il une différence si nette entre l'ex-premier ministre et le nouveau président ? Permettez-moi de douter que vous vous soyez posé la question, parce que vous avez été tout de suite, semble-t-il, bluffé par Emmanuel Macron.

Il a suffi que l'ancien ministre de l'Économie, c'était il y a trois ans et demi, choisisse la Manche, votre département, pour son premier déplacement, pour que vous vous laissiez gentiment subjuguer. Ensuite, vous avez accepté d'être l'un des rapporteurs de sa loi dite pour la croissance et vous avez été d'accord pour défendre, vous, le socialiste tendance Emmanueliste, tout le volet sur le travail du dimanche. Alors aujourd'hui, Stéphane Travers, à 48 ans, vous êtes ministre de l'agriculture, de l'alimentation, et vous ajoutez, je vous cite, la caution de gauche d'Emmanuel Macron. Vraiment ?

Parce qu'avec votre carrure de rugbyman, même si vous avez été longtemps, en réalité, un joueur de handball, avec cette carrure de rugbyman, on pouvait espérer que vous sauriez peser, mais pour l'instant, manifestement, vous n'y êtes pas arrivé.

23:58
Stéphane Travert

Stéphane Travers. Je ne sais pas si je dois réagir à ce portrait, mais en tous les cas, moi, ce que j'ai vu et perçu chez Emmanuel Macron, et je l'ai vraiment perçu lorsque nous avons travaillé ensemble sur le projet de loi, c'était cette énergie et cette volonté de faire bouger enfin les choses. Nous avons vécu un quinquennat difficile, personne ne le nie, avec des renoncements, et un quinquennat où rien ne semblait possible.

Et devant cette énergie que portait Emmanuel Macron à vouloir transformer notre pays, et à vouloir faire en sorte que chacun, dans ses convictions, parce qu'il faut regarder ce qu'est l'équipe gouvernementale d'aujourd'hui, chacun a pris des risques, chacun s'est mis en rupture aussi avec sa famille politique pour faire en sorte que nous puissions travailler ensemble pour l'intérêt général, c'est ce que nous faisions lorsque vous êtes député dans une circonscription, moi j'ai été élu dans une circonscription qui avait toujours voté très à droite, mais j'ai parlé avec tout le monde, et je n'avais qu'un but, c'était de faire en sorte que mon territoire puisse réussir sur le plan social, sur le plan économique, sur le plan touristique, faire en sorte que l'on rende meilleure la vie des gens, la vie de nos concitoyens, et ces valeurs, elles sont toujours là.

Lorsque j'ai accepté d'être le rapporteur sur le travail du dimanche, ce n'était pas pour libéraliser le travail du dimanche, mais c'était aussi pour redonner des droits aux salariés qui travaillaient le dimanche, et c'était là-dessus...

25:32
Invité

Mais c'était l'accorder quand même, c'était accepter, c'était accepter que c'était du travail le dimanche. Mais bien sûr, c'était accepter

25:36
Stéphane Travert

tout un cheminement, un travail, mais aujourd'hui, regardez, lorsque vous ouvrez des magasins le dimanche, les salariés qui travaillent le dimanche, notamment dans les zones touristiques internationales que nous avons créées à Paris, ces salariés sont mieux payés, ces salariés peuvent le faire de la meilleure manière possible. Et je crois que c'est autour de cela, les valeurs, elles ne nous ont pas quitté, chacun ici, dans l'équipe gouvernementale, a son histoire politique. Et jamais le président de la République nous a demandé de renoncer à nos valeurs, de renoncer à nos engagements.

Au contraire, il a voulu faire de ce gouvernement cette addition de force d'histoire politique et bien une force pour faire en sorte que nous puissions réunir pour la France.

26:19
Invité

Il a fait tous des super techniciens. C'est un peu ce qu'on ressent au bout d'un an.

26:23
Stéphane Travert

Mais il faut savoir ce que l'on veut à un moment. Est-ce qu'on en a besoin de ministres qui ne connaissent pas leur sujet et qui ne font que de la politique ? Je crois qu'on a besoin d'un équilibre des deux, c'est-à-dire d'avoir des ministres qui sont effectivement bons connaisseurs de leurs dossiers sur le plan technique mais qui aujourd'hui savent donner aussi les perspectives politiques pour pouvoir le faire. Vous l'avez dit, peu savent le faire.

26:47
Invité

On parlait des états d'âme tout à l'heure de Nicolas Hulot, on voit aussi les difficultés de Françoise Nyssen. Vous qui êtes un politique à l'ancienne finalement qui avait gravi les échelons qui venait du Parti Socialiste, est-ce que ce n'est pas un handicap pour certains de ne pas avoir fait ses classes en politique et d'être un novice ?

27:03
Stéphane Travert

Est-ce que ça ne manque pas parfois ? C'est aussi cette addition qui fait qu'aujourd'hui vous avez un gouvernement qui est homogène. C'est cette addition qui fait qu'aujourd'hui vous avez un gouvernement dans lequel vous avez une collégialité et une entente comme on a rarement perçu auparavant. Mais on n'a pas de poids lourd politique,

27:19
Invité

M. Travers, on n'a pas de poids lourd politique qui épaulerait le Premier ministre et le Président.

27:24
Stéphane Travert

Mais vous savez, cela fait un an que ce gouvernement est au travail. Il y a un nouveau parti politique, c'est la République en marche. Les Français ont voulu le renouvellement de la classe politique. Eh bien, tout cela va se construire petit à petit. Reprenez le Parti Socialiste d'Épinay si l'on veut faire un peu d'histoire. Reprenez le Parti Socialiste d'Épinay en 71 qui pouvait dire à cette époque un an après qu'il y avait des poids lourds politiques qui accompagnaient François Mitterrand. Les choses se sont construites petit à petit dans l'histoire.

27:54
Présentateur

Est-ce qu'Emmanuel Macron est le Président des villes ?

27:57
Stéphane Travert

Emmanuel Macron est le Président de tous les Français, de tous les territoires et pour l'avoir suivi en campagne. Mais alors pourquoi cette étiquette ? Les États généraux de l'alimentation ils sont nés dans une cour de ferme en Mayenne et moi lorsque j'ai accompagné le Président de la République au Salon de l'Agriculture, lorsque je l'accompagne sur le terrain, je vois quelqu'un qui est parfaitement à l'aise, qui aime ce contact avec les territoires. Donc il n'est pas le Président des villes, il est le Président de tous les territoires parce que nous avons la conviction que nous devons servir tous les territoires. Mais pourquoi cette étiquette ?

elle est donnée par nos adversaires qui n'ont pas grand-chose à proposer d'ailleurs, des adversaires qui radicalisent des positions et nous, nous sommes ici dans l'action et nous ne sommes pas dans le commentaire de ce que peuvent porter nos adversaires politiques. Françoise ?

28:45
Invité

Est-ce que Emmanuel Macron est le Président des riches comme le disent vos anciens amis socialistes au premier rang desquels ? François Hollande ?

28:52
Stéphane Travert

Stéphane Travers. Je ne sais pas ce que c'est que le Président des riches. Moi je vois de la cohérence, de la cohésion sur ce que nous avons à faire aujourd'hui pour transformer notre pays. Moi j'ai vu un pays bloqué, un pays enfermé, j'ai vu un pays qui n'avançait plus, un pays avec un chômage de masse dont on ne savait que faire. Aujourd'hui moi je vois un pays qui est en train de s'ouvrir, qui s'ouvre de nouveau vers le monde, qui s'ouvre sur l'Europe, un pays qui a pris une place prépondérante sur la scène européenne. Et c'était un de vos sujets tout à l'heure. Un pays qui est en mouvement, un pays où l'économie est en train de redémarrer.

29:33
Invité

Le chômage baisse peu quand même, les résultats économiques ne sont pas... Bien évidemment,

29:37
Stéphane Travert

et nous souhaiterions que ça puisse aller plus vite, mais nous avons enclenché des dynamiques pour faire en sorte que nous puissions répondre à cette demande sociale importante.

29:44
Invité

Pardon monsieur Travers, mais il y a d'autres sujets qui suscitent la colère des électeurs, puisque vous êtes régulièrement dans les campagnes. Il y a un sujet qui revient régulièrement, c'est l'affaire des retraites et la hausse de la CSG qui les a fait baisser. C'est le sujet qui revient à chaque fois qu'on interviewe des gens, notamment dans les petites communes de France. Est-ce qu'ils ne vous le disent pas ?

30:02
Stéphane Travert

Vous avez raison, David Travers, ça a été un des sujets auxquels j'ai répondu l'autre soir dans l'Indre. Mais là aussi, nous n'avons pris personne en traite. Ce sujet était clairement exposé dans la feuille de route, dans le programme d'Emmanuel Macron, parce que nous avons considéré que le travail devait payer mieux, donc en baissant les cotisations sociales et faire en sorte qu'il y ait une partie et notamment les retraités qui puissent être là pour aider les autres générations.

30:33
Invité

Il y en a beaucoup. Mais je sais que cela suscite.

30:37
Stéphane Travert

Mais regardez ce que nous faisons aussi à côté. C'est l'exonération de la taxe d'habitation, c'est la revalorisation du minimum vieillesse, c'est la revalorisation de la location adulte handicapé, c'est aussi protéger les plus fragiles de la société. Et aujourd'hui, je crois que c'est une cohérence d'ensemble que nous devons chercher.

30:57
Invité

Question précise sur la taxe d'habitation, est-ce qu'il faut la supprimer aussi pour les résidences secondaires ? Il y a un débat au gouvernement. Qu'est-ce que vous pensez ?

31:04
Stéphane Travert

Moi, je suis plutôt favorable à ce qu'on puisse la maintenir sur les résidences secondaires.

31:09
Invité

Pour un souci de justice sociale ?

31:11
Stéphane Travert

Exactement. Vous savez, quand j'étais parlementaire, je me souviens qu'il y a eu des débats sur la fameuse redevance. Moi, je suis très attaché au service public, beaucoup travaillé sur la question de l'audiovisuel et sur le service public. Et je me souviens que j'avais fait des propositions, d'ailleurs, pour élargir l'assiette de la redevance audiovisuelle sur les résidences secondaires parce que j'estimais que c'était possible de le faire à ce moment-là. sur la taxe d'administration, moi, je n'y vois pas d'inconvénients. Mais voilà, les discussions sont en cours. Karine Becker, et puis on en viendra à la grande loi

31:42
Présentateur

que vous devrez défendre à partir de mardi. Allons-y, puisque l'épreuve du feu, ce sera donc mardi prochain à l'Assemblée quand vous irez défendre ce projet de loi sur l'agriculture et l'alimentation. Je parlais tout à l'heure de ce très grand nombre d'amendements. Vous allez nous parler de l'esprit de cette loi. Si vous deviez la résumer, cette loi, en une phrase pour que tout le monde comprenne, que les choses soient claires et ensuite on rentrera dans quelques-unes des grandes orientations que vous irez défendre.

32:07
Stéphane Travert

C'est redonner du revenu aux agriculteurs et faire en sorte que nos concitoyens puissent avoir une alimentation plus sûre, plus saine et accessible à tous. Ça fait une phrase. Merci. Karine.

32:19
Invité

Alors, comment on fait pour augmenter les revenus des agriculteurs ? On se dit que c'est en ayant une agriculture de qualité et peut-être moins de quantité qu'on parviendra effectivement à améliorer leurs revenus.

32:30
Stéphane Travert

Stéphane Travers. C'est-à-dire une agriculture de qualité, vous avez raison, mais aussi ça passe par cette espèce de révolution que nous appelons de nos yeux, de nos vœux, pardon. C'est l'inversion de la construction du prix, c'est-à-dire partir du prix de revient chez les agriculteurs. Et donc, c'est ce que nous souhaitons faire, partir du coût d'exploitation et du coût de revient des agriculteurs et nous leur demandons de se regrouper en organisation de producteurs pour être plus forts, pour ensemble, pouvoir mieux négocier et ensuite mieux répartir la valeur et mieux la construire parce que nous avons perdu beaucoup de temps sur ce sujet.

33:09
Présentateur

Les éditeurs comprennent, le prix ne doit plus être fixé par les distributeurs, par les grandes surfaces, pour le dire vite, mais doit être fixé ou en tout cas doit prendre racine dans le coût de revient, dans le coût de production chez l'agriculteur.

33:23
Stéphane Travert

Il prendra racine dans le coût de production des agriculteurs grâce à des indicateurs de prix que les filières auront pris la responsabilité de construire ensemble.

33:31
Présentateur

Mais d'où la guerre qui est déclarée avec les grandes surfaces. Vous avez accusé Michel-Édouard Leclerc de mensonges, lui dit défendre le pouvoir d'achat des consommateurs. Vous vous dites mieux vouloir rémunérer les agriculteurs. On a là deux logiques qui sont irréconciliables, Stéphane Travers.

33:45
Stéphane Travert

Non, parce que moi je veux réconcilier à la fois le revenu des agriculteurs mais faire en sorte que chacun puisse gagner sa vie aussi. Bien évidemment, c'est faire en sorte que la répartition de la valeur elle se fasse correctement entre les agriculteurs, les transformateurs, les industries agroalimentaires, les entreprises et puis les distributeurs qui doivent aussi gagner leur vie bien évidemment et faire en sorte que, parce qu'aujourd'hui nous assistons à quoi ? Ce sont les distributeurs qui captent la plus grande partie de la valeur, qui captent les marges et aujourd'hui ces marges...

34:13
Présentateur

La grande distribution est le responsable du malheur paysan ?

34:17
Stéphane Travert

Je ne dis pas ça. C'est ce qu'on entend. Je dis aujourd'hui que nous devons mieux répartir la valeur, mieux répartir cette création de valeur, faire en sorte que demain les agriculteurs puissent, à partir de leurs coûts de production, vendre à des prix sur lesquels ils ne perdront plus d'argent, ce qui leur permettra de pouvoir investir, ce qui leur permettra de pouvoir innover et de faire cette montée en gamme que nous appelons de nos voeux de cette manière à pouvoir produire une alimentation de meilleure qualité.

34:45
Invité

Est-ce que ça veut dire que le consommateur doit accepter de payer un peu plus pour avoir la qualité et pour faire vivre les agriculteurs ?

34:52
Stéphane Travert

Alors, le consommateur, il est prêt dès lors où il sait que le produit qu'il va acheter va mieux rémunérer les agriculteurs. Quand il sait que le produit qu'il va consommer va lui permettre de vivre mieux, dès lors où il sait que le produit qu'il va acheter va rémunérer l'économie de son territoire, où il va servir son économie, le consommateur est prêt à payer quelques centimes de plus. Mais, moi, ce que j'entends, c'est que les prix vont gonfler, que l'inflation va être énorme et ça, ce n'est pas vrai.

Aujourd'hui, je crois qu'à travers le lissage, à travers le rééquilibrage des prix et des marges dans les différents secteurs, nous avons la capacité à maintenir le niveau de prix tel qu'il doit être parce que les consommateurs sont prêts à payer un petit peu plus cher leur alimentation mais je dirais que... Mais pour ça, il faudra tendre le bras à la grande distribution. Mais il va falloir négocier avec eux. Il va falloir aussi et nous avons dans le projet de loi un certain nombre d'outils, de dispositifs qui doivent leur permettre demain de faire cette répartition de la valeur.

Et donc, des sanctions financières aussi qui seront adoptées parce que nous souhaitons que demain, lorsque les producteurs vont proposer un contrat, eh bien que ce contrat se fasse sur la base des prix des producteurs et pas unique.

36:11
Invité

Alors, il y a un domaine que vous voulez développer, c'est l'agriculture bio. Le bio, ça coûte cher à produire et ce n'est pas toujours rentable. Comment allez-vous faire très concrètement pour convertir une majorité d'agriculteurs à cette pratique ?

36:23
Stéphane Travert

On l'a vu depuis quelques années, il y a un engouement de nos consommateurs pour les produits issus de l'agriculture biologique. Aujourd'hui, nous importons encore plus d'un milliard d'euros de produits bio sur le territoire français. Et donc, nous avons besoin de...

36:41
Invité

Et les agriculteurs bio ne s'en sortent pas, il faut aussi le préciser.

36:44
Stéphane Travert

Et nous avons besoin de plus d'agriculture biologique. Donc, nous avons besoin d'avoir plus d'agriculteurs qui se convertissent à l'agriculture biologique. Donc, qu'est-ce que nous avons fait ? Nous avons mis en place un plan ambition bio avec une grande concertation qui se terminera fin juin. plan ambition bio d'un milliard d'euros, 600 millions d'euros venant de l'Europe, 200 millions d'euros provenant de crédits nationaux, avec aussi l'objectif d'aller servir la restauration collective. Et nous devons porter, emmener l'agriculture biologique vers cette restauration collective avec les produits sous la belle ou les signes de qualité.

37:18
Présentateur

Il y a aussi la question des mauvais traitements envers les animaux. Vous avez été régulièrement interpellé par des associations qui sont concernées non seulement par les conditions d'élevage, mais aussi par les conditions d'abattage. Soutiendrez-vous un amendement pour instaurer le contrôle vidéo dans les abattoirs, Stéphane Travers ?

37:33
Stéphane Travert

Le contrôle vidéo dans les abattoirs est déjà existant dès lors où le CHSCT ou les organisations syndicales sont d'accord. Donc, aujourd'hui, une entreprise a la capacité de pouvoir le mettre en œuvre. Aujourd'hui, ce que je souhaite, c'est pouvoir mieux accompagner, mieux contrôler et mieux sanctionner lorsqu'il y a des atteintes au bien-être animal. Aujourd'hui, la vidéo-surveillance obligatoire n'est pas utile parce qu'on n'arrive pas à déterminer si oui ou non, si réellement, l'animal est en état de souffrance.

Ce que je préfère, c'est avoir des vétérinaires dans les dispositifs, des gens qui sont là pour contrôler, accompagner les opérateurs parce que c'est un métier difficile et de pouvoir sanctionner le cas échéant lorsque, sur cette base de contrôle, il y a des sanctions à prendre. Et je voudrais dire que ce que nous avons fait, c'est que nous allons doubler les sanctions pénales en cas de maltraitance envers les animaux. Nous allons aussi permettre aux associations de pouvoir se porter partie civile lorsque, sur des contrôles officiels, des cas de maltraitance animale auront été actés. Françoise ?

38:43
Invité

Il y a une interrogation aussi sur l'élevage des poules en cage. Pourquoi ne pas avoir profité du projet de loi pour interdire cet élevage ?

38:49
Stéphane Travert

Vous savez, nous avons demandé aux filières des plants. Nous avons une trentaine de plants de filière et la filière avicole s'est lancée dans une démarche de progrès qui va permettre d'ici à quelque temps de ne plus avoir d'élevage de poules en cage. Aujourd'hui, nous avions pris un engagement. L'engagement, c'était de ne plus avoir de coquilles issues de l'élevage de poules en cage. Et vous savez qu'en 2012, il y avait eu un dispositif qui avait été mis en place et qui demandait aux élevages d'agrandir la taille des cages.

Aujourd'hui, ce que nous souhaitons faire, et c'est une logique qui a pris en compte la filière, c'est de faire en sorte qu'au fur et à mesure des investissements nouveaux qui seront mis en place par la filière, par les professionnels, nous puissions supprimer les cages. Et donc, nous travaillons avec la filière. Il y a une démarche de progrès. La filière sera contrôlée. Nous contrôlerons les plans de filière et l'exécution. On sent chez vous

39:53
Invité

une envie quand même toujours de négocier alors que parfois, certains diraient qu'il faudrait des évolutions un peu plus radicales. Moi, je ne veux mettre

40:01
Stéphane Travert

personne au pied du mur. Moi, je suis pour le compromis juste, la négociation pour permettre de trouver, comme je le disais tout à l'heure, vous étiez capable

40:11
Présentateur

de rupture, vous étiez capable d'engagement ferme sur le précédent quinquennat. Et là, on vous sent à deux douilles. Je suis toujours capable de rupture

40:18
Stéphane Travert

et de négociation ferme. Les négociations, elles doivent être fermes. Mais moi, je ne veux mettre personne au pied du mur. Aujourd'hui, il y a des engagements. Pourquoi est-ce que nous avons demandé aux filières de s'engager ? Nous avons demandé à toutes les filières, filières porcines, filières bovines, filières avicoles, toutes les filières nous ont présenté des plans avec des démarches de progrès. Vous avez des convictions.

40:37
Présentateur

Le gazage des ports, par exemple, pourquoi ne pas l'interdire ?

40:41
Stéphane Travert

C'est un sujet sur lequel nous travaillons aujourd'hui avec la profession. Et je peux vous dire que là aussi, il y aura des aménagements qui seront mis en place parce que là aussi, nous avons besoin de documenter toutes les informations dont nous avons besoin. Vous savez en l'occurrence ce qui se passe dans les abattoirs.

40:59
Invité

les rapports entre le ministre de l'Agriculture et la FNSEA, le syndical plus important, sont toujours assez volcaniques. vous, on n'entend plus jamais la présidente de la FNSEA, à savoir Christiane Lambert. Comment faites-vous ? C'est quoi votre recette miracle ?

41:12
Stéphane Travert

Moi, je l'entends régulièrement, mais vous savez, moi j'ai une relation avec l'ensemble des organisations syndicales qui est faite de rapports de franchise et de clarté. Et moi, je discute avec toutes les organisations syndicales, mais il y a une organisation syndicale qui est majoritaire dans le pays et je discute avec elle. Ce sont des partenaires.

41:32
Invité

Donc vous n'êtes pas le ministre de la FNSEA ?

41:34
Stéphane Travert

Bien évidemment que non. il n'y a pas de ministre, mais on ne va pas en reprocher ça à un autre de mes collègues sur d'autres organisations syndicales. Le ministre de l'Agriculture, il est là pour appliquer une politique et cette politique, il doit l'incarner et la travailler avec les représentants des agriculteurs. Et les représentants des agriculteurs, eh bien, elle se traduit dans cette pluralité syndicale qui existe en France et moi, je travaille avec la pluralité syndicale.

42:00
Présentateur

Une histoire symbolique des problèmes de l'agriculture d'aujourd'hui, c'est le patrimoine français qui est touché au cœur. Le roi des fromages, le camembert est menacé. Est-ce que vous allez vraiment permettre qu'on fabrique du camembert de Normandie d'appellation d'origine contrôlée avec du lait pasteurisé ? C'est un sacrilège là et ça se passe dans votre région, Stéphane Travers.

42:17
Stéphane Travert

Oui, moi je viens d'un territoire où on a un camembert au lait cru moulé à la louche particulièrement exceptionnel. Mais le camembert de Normandie, c'est une appellation emblématique française. Il existe également une production importante de camembert fabriquée en Normandie qui, elle, n'est pas en AOP. Oui, ça s'appelle une étiquette trompeuse. Et qui permet de donner du dynamisme à la filière laitière régionale. Et de tromper le consommateur. On a trouvé une situation de pouvoir arrêter cette opposition entre camembert fabriqué en Normandie et camembert de Normandie. D'appellation d'origine strôlée. Le lobby industriel laitier a gagné.

Non, aujourd'hui ce que nous voulons faire c'est mettre en oeuvre une différenciation des produits. C'est-à-dire que la montée en gamme que nous appelons de nos voeux, moi je suis très attaché au camembert au lait cru et moulé à la louche. Et je veux que... Heureux de vous l'entendre dire alors défendez-le monsieur le ministre. Et je le défends et je le défends en le mangeant aussi. Et tous les jours moi je veux que l'on puisse avoir sur les étiquettes une marque distinctive qui permette pour les consommateurs de différencier un camembert au lait cru moulé à la louche un camembert de Normandie au lait cru moulé à la louche ou un camembert avec du lait termisé. Françoise.

43:31
Invité

Pour qu'on comprenne bien votre projet si vous le réussissez cette espèce de transition agricole à quoi ressemblera la France agricole dans quelques années si la transition que vous mettez en oeuvre réussit.

43:41
Stéphane Travert

Stéphane Travers. Eh bien demain nous aurons une agriculture qui pourra innover et investir parce que les agriculteurs ont retrouvé du revenu qui leur permettra d'avoir un cadre financier dans lequel ils pourront évoluer. Demain cette agriculture française elle permettra de produire une alimentation de qualité durable pour l'ensemble de nos concitoyens. La part du bio qui sera combien

44:02
Invité

à peu près

44:03
Stéphane Travert

à votre avis ? Eh bien nous l'avons dit vous savez qu'actuellement nous avons une part réservée à l'agriculture biologique en surface agricole utile qui est de 6%. Nous souhaitons la porter à 15%. C'était un objectif ambitieux. Donc nous avons besoin d'accompagner le monde agricole là-dedans. Nous avons besoin de structurer l'offre agricole autour des produits de l'agriculture biologique.

44:25
Invité

Mais est-ce que la France a encore la capacité excuse-moi Jeff est-ce que la France a encore la capacité à affronter des grands pays agricoles comme les Etats-Unis comme le Brésil comme la Russie comme l'Ukraine ? Est-ce qu'on doit jouer encore dans cette cour-là ou est-ce qu'il faut la réorganiser notre avenir ?

44:40
Stéphane Travert

La France doit lutter bien évidemment mais nous ne sommes pas tout seuls. C'est à l'échelle européenne que les choses doivent se faire et c'est ce qui fait qu'aujourd'hui nous ne sommes pas d'accord avec la proposition qui a été faite sur la PAC. Le budget finance la proposition de la commission sur le cadre financier pluriannuel qui concerne le budget de la PAC est inacceptable en l'état. Moins 5% en euros constants et on peut aller jusqu'à 17,5 en euros courants. C'est la viabilité même des exploitations françaises qui est touchée.

45:10
Invité

Alors comment vous allez vous battre justement

45:12
Stéphane Travert

là-dessus ? Dès le départ nous avons dit que nous n'étions pas d'accord avec cette proposition.

45:17
Invité

Vous avez combien de temps pour vous battre ?

45:18
Stéphane Travert

Là nous sommes au début de la négociation nous avons quelques mois devant nous parce que c'est une proposition législative mais moi dès le lendemain j'ai attrapé mon téléphone et j'ai appelé un certain nombre de mes collègues.

Nous nous rendrons le 30 mai prochain à Madrid pour avec un certain nombre de pays Finlande, l'Espagne, l'Irlande, le Portugal, la Grèce nous sommes en attente de contact avec l'Allemagne pour décider d'un document commun qui permettra de dire nous ne sommes pas d'accord avec la position qui a été portée nous souhaitons une PAC plus lisible une PAC plus simple qui préserve les revenus des agriculteurs mais ça ne veut pas dire que nous ne voulons pas transformer non plus la PAC il faut changer la PAC aussi de l'intérieur faire en sorte que la réserve de précaution la réserve d'intervention soit plus facilement utilisable et mobilisable dans les années à venir lorsqu'il y a des aléas climatiques ou sanitaires et nous devons défendre une PAC qui soit juste.

Stéphane Travers justement puisqu'on évoque

46:17
Invité

l'Europe et la PAC pourquoi on parlait du syndicalisme agricole tout à l'heure parlons de politique pourquoi tant d'agriculteurs se tournent vers des votes anti-européens comme le Front National alors que cette PAC justement permet à beaucoup d'exploitation de survivre. parce qu'ils ont besoin

46:31
Stéphane Travert

de réexpliquer ce que fait l'Europe et quelle est l'utilité de l'Europe pour nos agriculteurs. La PAC c'est la première politique européenne c'est la politique avec les meilleurs taux de retour que nous puissions avoir aujourd'hui en France et la PAC c'est une politique fondatrice de l'Union Européenne mais donc trop souvent les agriculteurs se sont trouvés confrontés à la PAC dans des difficultés incommensurables pour eux ils ne la comprenaient pas elles n'avaient pas de lisibilité aujourd'hui nous devons simplifier tout ça simplifier les schémas de fonctionnement de la PAC

47:01
Invité

Quand Marine Le Pen leur dit le problème que vous avez c'est l'Europe et bien ils l'entendent et ils votent pour elle c'est quand même ce qui se passe concrètement lors des dernières élections

47:10
Stéphane Travert

Si j'entends Marine Le Pen et qu'on supprime l'Europe comme elle souhaite le faire ou la réformer dans le sens qu'elle veut et faire en sorte que les agriculteurs ne puissent plus bénéficier des aides PAC je ne sais pas comment nous allons faire

47:24
Invité

Ça veut dire quand même qu'on a une agriculture sous oxygène et qu'elle est peut-être véritablement à réorganiser parce que je repose ma question parce que je n'ai pas le sentiment que vous avez vraiment répondu à celle que je vous posais précédemment

47:34
Stéphane Travert

Mais si justement mais j'avais commencé à y répondre et puis on est parti sur un autre sujet mais ce que je veux dire c'est qu'aujourd'hui nous avons besoin d'une agriculture qui ne soit plus dépendante des subventions Les agriculteurs qu'est-ce qu'ils veulent ? Donc il faut que ce soit

47:48
Invité

encore une agriculture productiviste il faut que ce soit une agriculture de circuit court

47:51
Stéphane Travert

Nous avons besoin d'agriculteurs qui puissent gagner leur vie quel que soit le modèle de production qu'ils ont choisi que ce soit l'agriculture biologique que ce soit l'agriculture pour les AOP ou les AOC ou une agriculture dite conventionnelle plus intensive en respectant aujourd'hui les règles environnementales Nous avons besoin d'agriculteurs qui puissent gagner leur vie pour pouvoir innover et investir dès lors où ils auront cette capacité d'investissement les aides viendront aussi en moins Les agriculteurs ce qu'ils me disent c'est qu'ils ne veulent plus dépendre des aides ils veulent pouvoir vivre de leur travail

48:26
Invité

D'où la question à quoi sert aujourd'hui la PAC à quoi doit-elle servir très précisément puisqu'on a cru comprendre que c'était beaucoup de la subvention donc la PAC modernisée à quoi ça sert ?

48:38
Stéphane Travert

C'est de la subvention directe la PAC effectivement vous avez raison mais c'est aussi à travers son deuxième pilier des corrélations avec l'ensemble des territoires et nous travaillons avec les régions sur ces sujets le président de la république avait beaucoup parlé pendant la campagne du paiement des services environnementaux là aussi nous avons besoin de travailler avec nos partenaires pour faire acclimater cette proposition parce que la France aujourd'hui fait cette proposition depuis un an et nous avons besoin d'aller faire corps avec nos partenaires européens pour qu'elle puisse entrer dans les mœurs et que nous puissions la mettre en œuvre

49:20
Présentateur

Question sur son feuilleton qui n'en finit pas Notre-Dame-des-Landes la deuxième phase d'expulsion s'est achevée vendredi mais les opérations sur la ZAD ne sont toujours pas terminées

49:27
Stéphane Travert

Moi je me suis rendu la semaine dernière à Nantes à la préfecture pour animer le comité de pilotage qui a mis en avant 15 projets agricoles pour lesquels nous pouvions signer des conventions d'occupation précaires et il y en avait deux sur lesquelles nous devions retravailler La logique agricole va reprendre ses droits Petit-à-dire

49:47
Invité

Les projets éligibles ça veut dire quoi ? Que vous avez été indulgent pour sortir au plus vite de cette affaire ou que les zadistes ont vraiment travaillé sérieusement sur des projets concrets ?

49:56
Stéphane Travert

Il y a eu un travail nous avions demandé un certain nombre de choses que les agriculteurs en question puissent être inscrits à la MSA qu'ils puissent justifier de diplômes ou de savoir-faire dans le domaine agricole qu'ils puissent avoir un projet qui réponde aux règles environnementales sanitaires etc. Et ces projets 15 projets ont été jugés recevables et ils vont se mettre en oeuvre mais nous avons besoin aussi de rétablir l'ordre et l'état de droit sur cette zone pour que les agriculteurs qui ont déposé des projets puissent les faire valoir dans de bonnes conditions Les squats expulsés

50:28
Invité

ont été réinvestis hier qu'est-ce que ça vous inspire ?

50:31
Stéphane Travert

Deux d'entre eux en tout cas ? Nous devons toujours revenir à cet état de droit et que je le rappelle fermement les gens qui n'ont pas déposé de projet agricole n'ont rien à faire sur la ZAD et donc doivent la quitter ou doivent en être expulsés par la force

50:44
Invité

Mais est-ce que Notre-Dame-des-Landes a une vocation agricole ?

50:47
Stéphane Travert

Mais il peut y avoir une vocation agricole ça peut être un très beau laboratoire sur des expérimentations pour accueillir des start-up faire de l'agriculture biologique faire de l'agriculture comme l'ont proposé un certain nombre des 15 projets qui nous ont été présentés qui sont aussi des projets intéressants et puis il y a des agriculteurs historiques qui vont pouvoir reprendre leurs terres et qui vont pouvoir les cultiver et produire une agriculture durable Karine

51:15
Invité

Pour finir je voudrais poser une question aux socialistes vous disiez au tout début que Ah tiens vous l'êtes toujours d'ailleurs

51:21
Stéphane Travert

par parenthèse Je suis un homme de gauche et ça on ne me l'enlèvera pas mais je ne suis plus adhérent en partie Je ne suis plus adhérent mais la question elle ne se pose pas comme ça aujourd'hui

51:32
Invité

En tout cas je m'adresse à l'homme de gauche et à l'ancien socialiste on peut au moins présenter les choses comme ça Vous avez dit tout à l'heure que le précédent mandat a été un quinquennat compliqué on voit un grand succès littéraire pour François Hollande qui est en train de faire dédicacer son livre partout Un succès Un vrai succès J'ai dit quoi ?

51:50
Présentateur

Grand Ce n'est pas un grand succès

51:51
Invité

Enfin il y a 150 000 exemplaires quand même qui ont été publiés 400 000 exemplaires

51:55
Présentateur

du livre de Jacques Chirac

51:56
Invité

D'accord Donc peut mieux faire Ok Mais est-ce qu'on lui a volé malgré tout son bilan à François Hollande ?

52:02
Stéphane Travert

Stéphane Travers Non c'est son bilan C'est le sien Moi je n'ai pas lu C'est le vôtre aussi Je n'ai pas lu l'ouvrage Oui Mais bien évidemment Mais moi là-dessus je ne fuis pas mes responsabilités J'ai été élu de cette majorité avec les désaccords que chacun connaît Je les assume Je les assume parfaitement Mais nous avons souhaité tourner la page pour faire autre chose et surtout autrement

52:26
Présentateur

Donc pas d'injustice envers François Hollande Est-ce qu'il manque

52:29
Invité

un volet social à la politique actuelle ? Est-ce qu'il faut un modèle social à inventer ? Et est-ce que vous allez participer à la définition de ce modèle ?

52:36
Stéphane Travert

Mais aujourd'hui il y a une politique cohérente et homogène qui se met en place Libérer, protéger, unir C'est autour de ce triptyque là que nous travaillons et que nous transformons notre pays dans la durée avec la plus grande détermination et mobilisation et chacun doit pouvoir s'y retrouver et chacun s'y retrouve

52:55
Présentateur

Vous préférez la sauce blanche ou la harissa sur le kebab ?

52:58
Stéphane Travert

Ah, sauce blanche

52:58
Présentateur

J'ai découvert que Saint-Lô dans votre département La Manche était la capitale française du kebab en lisant Libération hier La Kebab Académie France Kebab est donc chez vous Merci Stéphane Travert d'être venu nous rendre visite On vous souhaite un bon dimanche Merci à tous les trois Merci à Alexandre Génardi qui a préparé cette émission Je vous retrouve juste après le journal pour le grand face-à-face A tout de suite Sous-titrage Société Radio-Canada

53:20
Locuteur

Sous-titrage Société Radio-Canada

Stéphane Travert : "Il est hors de question de choisir entre écologie et agriculture" — Stéphane Travert · Pourquijevote