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Discours / meetingMarine Le Pen (sur YouTube)· 25 juin 2025 12 minAutoproduitFond programmatiqueDéfenseInstitutions & électionsEurope & internationalImmigration & asile

Situation au Proche et Moyen-Orient : l'intervention de Marine Le Pen

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Chapitres

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Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:06Invité politiqueFait
    « l'affaiblissement de notre corps diplomatique depuis des années et singulièrement depuis l'arrivée aux responsabilités d'Emmanuel Macron. »
  • 2:48Invité politiqueFait
    « la politique étrangère de la France devrait reposer sur trois piliers : l'indépendance, l'équidistance, la constance. »
  • 4:14Invité politiqueFait
    « J'ai depuis plusieurs années pointé la nécessité de lutter avec un certain nombre de pays de cette région contre les idéologies islamistes. »
  • 6:18Invité politiqueFait
    « Pas d'accès à la bombe nucléaire pour un état signataire du traité de non prolifération de 1968. »
  • 8:24Invité politiqueFait
    « Les États-Unis retrouvent en tout cas pour l'instant leur rôle d'arbitre qu'ils avaient perdu par leur politique belliciste depuis une vingtaine d'années. »
  • 9:48Invité politiqueFait
    « Nous voulons lutter contre l'islamisme, danger direct pour notre pays. »

Temps de parole

  • Marine Le Pen100 %

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Marine Le Pen

Monsieur le président, monsieur le Premier ministre, mes chers collègues, le son des arbres en Orient dans cette région berceau de tant de civilisation est monté d'un cran ces derniers jours. Alors que la situation en Syrie est toujours chaotique et qu'il y a quelques jours encore, des chrétiens ont été massacrés par des milices islamistes. Alors que la lutte contre les terroristes du Hamas mobilise toujours Israël dans la bande de Gaza. Alors que l'autorité palestinienne, par la voix de son président, ah, il faut le saluer, eu des propos sans ambiguïé.

Il a dit ce qu'a fait le Hamas le 7 octobre en tuant et en prenant des civils en otage est inacceptable et condamnable et qu'il doit libérer immédiatement tous les otages et personnes retenues, déposer les armes et ne plus diriger Gaza. Alors que la précipitation de certains pays, y compris le nôtre, à reconnaître dès aujourd'hui l'état de Palestine a semé le trouble en semblant concéder en ces circonstances une prime aux exactions du Hamas. Alors que la Libye est dans une moindre mesure, l'Irak peine à se relever. après les interventions militaires occidentales alors que la Chine à travers les routes de la soie a massivement investi dans des infrastructures logistiques.

Je pense par exemple au porc d'Aprin faisant de l'Iran un partenaire commercial clé pour leur Asie et lui offrant des débouchés stratégiques insensibles aux pressions occidentales Israël. harcelé par les proxy de l'Iran et ayant le 7 octobre subi le pire pogrome depuis la Seconde Guerre mondiale, a considéré que son existence était menacée par le programme nucléaire iranien et soutenu par les États-Unis a choisi par des frappes militaires préventives d'y mettre fin. Mes chers collègues, si le tableau géopolitique apparaît bien complexe voire obscur, il y a un élément qui apparaît bien clair, l'absence de la voix de la France. Et c'est par là que je souhaite commencer mon propos.

La première raison de cette disparition, c'est d'abord depuis au moins le traité de Lisbonne que la France a laissé l'Union européenne avoir une diplomatie propre. Or, l'incapacité de l'Union à penser la puissance autrement que sous l'angle de la régulation en fait un objet international non identifié mais surtout totalement inefficace. La deuxième raison, c'est l'affaiblissement de notre corps diplomatique depuis des années et singulièrement depuis l'arrivée aux responsabilités d'Emmanuel Macron. Nous y avons perdu non seulement une expertise mais aussi des contacts indispensables.

La troisième et sans doute la plus importante est l'inconstance du président de la République sur les sujets internationaux qui a profondément décrédibilisé la voie de la France au point de la rendre presque pire que muette ignoré. Je l'ai déjà exprimé à mre reprise. La politique étrangère de la France devrait reposer sur trois piliers. l'indépendance, l'équidistance, la constance soit exactement le contraire de la politique étrangère menée par Emmanuel Macron, faite d'alignement et de servidité. Ainsi, nous ne pouvons que constater avec tristesse qu'aujourd'hui la France ne compte plus réellement dans le concert des relations internationales, en particulier aux proches et au Moyen-Orient.

Ce déclassement est surtout le fruit d'une politique étrangère incohérente, tiraillé entre des fidélités anciennes, Israël, le Liban, l'Égypte et une dépendance croissante à l'égard de certaines pétromonarchies qui influencent aujourd'hui notre économie, notre dette et parfois même notre société. Mes chers collègues, de quand date la dernière initiative française ayant eu le moindre effet d'entraînement au Moyen-Orient ? On se souvient des échecs successifs au Liban mais aussi du flop de la proposition de coalition internationale après la tragédie du 7 octobre.

À l'inverse, on garde en mémoire l'aigreur et la fraîcheur de la réaction officielle française aux accords d'Abraham, pourtant novateur durant le premier mandat de Donald Trump. comme si la France était incapable d'agir dans le présent et d'imaginer l'avenir plombé par des analyses d'un autre âge. Dans ses mémoires, le général de Gaul appelait à voler vers l'Orient compliqué avec des idées simples. Or aujourd'hui, il semble que c'est une rue arabe fantasmée en référence aux sociétés laïques du monde arabe des années 60 et 70 qui restent au cœur de la définition de notre politique au Moyen-Orient. Alors que cette région du monde est peut-être celle qui a le plus changé depuis 30 ans.

Entre danger accru de l'islamisme dans certains pays et l'éclatant de prospérité des pays du golf deven puissance d'équilibre et désormais de plus en plus influent loin de leur frontières, le Moyen-Orient vit une évolution à la fois heureuse et malheureuse selon les pays. J'ai depuis plusieurs années pointé la nécessité de lutter avec un certain nombre de pays de cette région contre les idéologies islamistes. Je pense par exemple aux Émirats arabes unis ou encore à la Jordanie qui a récemment interdit les frères musulmans. Voilà une initiative qui aurait pu et qui aurait dû être prise par la France.

Je suis convaincu que nous devons non seulement anticiper mais aussi accompagner le mouvement de transformation sociale dans ces sociétés musulmanes parfois épuisé par l'islamisme souvent désireuse de changement tout en respectant évidemment leur histoire leur culture leur identité. La confiance, elle passe aussi par la capacité d'obtenir des résultats. Au Liban, nous devons retrouver une efficacité dans notre soutien à l'indépendance et à la souveraineté du pays des cèdres. Le moment est propice avec une Syrie à la croisée des chemins et un esbola enfin affaibli, le Liban doit redevenir une priorité et la France doit s'y réinvestir.

Pour en revenir à l'actualité brûlante, à force de tenir la posture de l'arbitre donnant bon et mauvais point dans les crises, la France a perdu la confiance de ses amis. C'est cette confiance qu'il faut restaurer en premier avec un principe clair. Nos alliés ont notre soutien. Israël est notre allié. Les États-Unis sont notre alliés. Les propos amène du premier ministre israélien envers le président Macron, tout comme ceux du président américain, ne peuvent qu'attrister la patriote que je suis. De la même manière, les propos francs du chancelier allemand, ils font le sale boulot. J'aurais préféré les entendre dans la bouche d'Emmanuel Macron.

Concernant l'Iran, la ligne de la France doit être claire. Pas d'accès à la bombe nucléaire pour un état signataire du traité de non prolifération de 1968. Il faut ainsi espérer que les bombardements américains aient lourdement entravés l'Iran dans le développement de l'arme nucléaire ou à minima est rappelé au régime des molas qu'une grande partie du monde ne le laissera jamais détenir l'arme nucléaire. Mais il faut bien sûr continuer à parler à l'Iran et c'est à son grand peuple multimillénaire qu'il faut penser. Car malgré les souffrances infinies qu'il subitent aujourd'hui, s'il y a bien un pays qui incarne le fait que les nations survivent au régime, c'est l'Iran.

Ce dialogue doit avoir comme priorité la libération de nos deux otages à bien sûr une pensée pour Cécile Coler et Jacques Paris et pour l'ensemble de leurs proches. Même si la situation est particulièrement instable et peut potentiellement déraper à tout moment, il faut saluer la manière dont le président Trump est intervenu dans cette crise géopolitique. Alors qu'Israël menait une campagne de bombardement contre des cibles iraniennes sensibles avec une stratégie de pression continue espérant l'asphyxie, les États-Unis ont considéré que cette initiative, probablement non coordonnée avec eux risquait d'embraser la région étant donné la dureté de l'arryposte iranienne.

Pour reprendre les mots d'un de nos diplomates, en frappant lui-même le camp américain, tente de restaurer l'équilibre, montrer sa capacité d'action, calmer son allié et maintenir l'Iran dans un cadre lisible de confrontation limitée. D'ailleurs, poursuivait-il, la République de Teran au frav américaine avec retenu soulligne que les deux camps savaient ce qu'il faisaient. Agir sans provoquer de points de bascule, 14 missiles, le même nombre que se lancé par les B2 tirés sur deux bases, tous interceptés. Une riposte symbolique qui vise davantage à préserver la face qu' a changé la donne. L'escalade a été évitée non par épuisement mais par calcul.

Je crois que collectivement nous pouvons nous réjouir du CC le feu proposé pour ne pas dire imposé par les États-Unis et saluer cette sortie de crise sans vainqueur ni vaincu. Chaque protagoniste gardant la face aux yeux du monde. Les États-Unis retrouvent en tout cas pour l'instant leur rôle d'arbitre qu'ils avaient perdu par leur politique belliciste depuis une vingtaine d'années. L'Iran évite l'humiliation et le régime sort incontestablement affaibli de cette guerre. Israël garde le soutien de ses alliés et a démontré à cette occasion sa supériorité militaire, en particulier en matière de renseignement.

Leur système de renseignement notamment humain leur a permis d'infiltrer l'État iranien en profondeur, rappelant son opération Biper qui avait profondément affaibli le Esbola il y a quelques mois. Voilà une leçon pour notre pays sur l'importance du renseignement humain. Je ne crois pas que les États-Unis cherchaient à changer le régime iranien. Le président américain semble avoir compris, comme nous le défendons, que le changement de régime ne peut intervenir que par le peuple iranien lui-même. Le moment de la succession de Camenai aujourd'hui très âgé sera peut-être une opportunité pour que la société iranienne choisisse un nouveau système politique.

Du côté des pays arabes qui ont réagi de façon modérée, la question est bien entendu celle du leadership régional. L'Arabie Saoudite en particulier, malgré la temporisation sur les accords d'Abraham, espère probablement renforcer et étendre son statut d'interlocuteur incontournable de la région pour la France, sans bien sûr remettre en cause nos liens avec les Émirats arabes unis où nous avons d'ailleurs une base militaire. Le rapprochement avec l'Arabie Saoudite qui a la clé de beaucoup de sujets cruciaux pour nous est incontournable.

Les plaques tectoniques qui avaient commencé à bouger avec les accords d'Abraham et dont l'élan s'est arrêté avec l'attaque du 7 octobre vont irrémédiablement se remettre en mouvement. Il est par conséquent important de repenser notre influence au Moyen-Orient et surtout les objectifs que nous voulons atteindre. J'en vois au moins cinq. Nous voulons lutter contre l'islamisme, danger direct pour notre pays. Nous voulons garantir la sécurité d'Israël, pays amis et allié. Nous voulons protéger la souveraineté du Liban, engagement multimillénaire de la France.

Nous voulons le maintien de la paix internationale en interdisant l'acquisition de en interdisant l'acquisition d'armes nucléaires dans la région. Nous voulons protéger la liberté du commerce international et développer nos échanges commerciaux. À cet effet, une fois au pouvoir, il faudra réorienter considérablement le discours de la France. Il faudra défendre, ce qui fut l'un des principes permanents et structurants de notre politique étrangère, l'attachement traditionnel de la France au droit et à la légalité internationale qui repose sur l'égalité souveraine en trait état, laquelle est le fondement même du système multilatéral, cœur de notre rapport au monde.

Cela pas, je le crois profondément, par deux postulats qui, avec la fin du mondialisme que nous vivons semblent être partagés de plus en plus largement dans le monde. L'existence des nations participe à la diversité du monde et donc à la richesse de l'humanité. La considération des peuples et le respect des nations sont des principes essentiels à la paix et à l'harmonie du monde. C'est dans ce sens que vous le savez, je souhaite compléter le droit international. La France éducatrice des peuples, selon la belle formule du pape Jean-Paul II et de tout temps créatrice de droits nouveaux doit offrir au monde un nouvel outil juridique, une déclaration du droit des peuples et des nations.

Profondément ancré dans la tradition diplomatique et politique de notre pays, les grands principes énoncés dans cette charte a commencé par l'égalité en dignité et en droit de tous les peuples et les nations pourrait servir de guide sur le chemin de la paix et de la prospérité auquel aspire tout naturellement les peuples du proche et du Moyen-Orient. Je vous remercie. [Applaudissements] Merci madame la présidente. [Applaudissements]