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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 18 avril 2017 10 minComplaisantFond programmatiqueTravail & emploiÉconomie & entreprisesImmigration & asileInstitutions & élections

Nathalie Arthaud : "Marine Le Pen a la haine des travailleurs qui se battent"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:22OuverteRéponse directe

    Pourquoi dites-vous que vous êtes la seule candidate communiste dans cette campagne ?

  • 1:51OuverteRéponse directe

    Puisque vous parlez de ça, où est l'impérialisme dans la situation décrite par Bernard Guetta ?

  • 2:22OuverteRéponse directe

    Mais ça veut dire qu'il n'y a qu'un seul impérialisme dans les relations internationales ? Ou il y a plusieurs impérialismes qui s'affrontent ?

  • 2:56FerméeRéponse directe

    Y compris la Russie, il y a un impérialisme russe ?

  • 3:03OuverteRéponse directe

    Alors votre idéal c'est bien, donc je reviens à ma première question, une société communiste, mais qui serait différente de ce qu'on a connu en Union soviétique ?

  • 4:20OuverteRéponse directe

    Dans votre idéal, quelle est la place du chef d'entreprise ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:26PrésentateurFait
    « La réalité c'est que je suis la seule candidate à me revendiquer effectivement du communisme, je suis la seule candidate même à me revendiquer du trotskisme. »
  • 2:30PrésentateurFait
    « Là je crois que Trump a voulu signifier à la fois avec le bombardement sur la Syrie et puis le porte-avions qu'il envoie, qu'il était le chef, qu'il était le gendarme du monde. »
  • 3:29PrésentateurFait
    « Parce que voir qu'aujourd'hui on est l'avis de millions de salariés et en fait l'avenir d'une économie est suspendu à la volonté d'une classe capitaliste qui est minoritaire, qui est parasite et qui est complètement irresponsable, c'est juste, voilà, c'est anachronique. »
  • 4:38PrésentateurFait
    « de pouvoir payer leur maison de retraite ou des soins à la hauteur. »
  • 5:02PrésentateurFait
    « Ce que je dénonce, c'est que pèse sur l'économie le diktat de 250 grands groupes, des groupes industriels, des groupes bancaires qui font la pluie et le beau temps sur l'économie et qui imposent leurs décisions à l'ensemble de la population. »
  • 7:24PrésentateurFait
    « On n'est pas du tout dans la même situation. »
  • 7:35PrésentateurChiffre
    « Jean-Marie Le Pen avait augmenté ses scores de 200 000 voix. Ce qui s'était produit, en réalité, ça avait été une chute du Parti Socialiste qui avait perdu 2,5 millions de voix. »
  • 8:47PrésentateurPromesse
    « 1800 euros par mois, le minimum »
  • 9:21PrésentateurFait
    « elle risque d'arriver au second tour et même peut-être au pouvoir. »
  • 9:26PrésentateurFait
    « Son régime sera encore plus autoritaire que tous ceux qu'on a connus. »

Temps de parole

  • Présentateur83 %
  • Nathalie Arthaud17 %

4,2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Il est 8h23, le 7-9 de France Inter, première matinale de France, à suivre aussi en vidéo sur franceinter.fr

0:08
Nathalie Arthaud

Bonjour Nathalie Arthaud, il y a un mot, une étiquette politique qui a fait son retour dans le débat public ces derniers jours, c'est communiste. C'est le mot choisi par les adversaires de Jean-Luc Mélenchon pour le fissiger, mais vous, vous n'êtes pas d'accord. Pourquoi dites-vous que vous êtes la seule candidate communiste dans cette campagne ?

0:26
Présentateur

La réalité c'est que je suis la seule candidate à me revendiquer effectivement du communisme, je suis la seule candidate même à me revendiquer du trotskisme. Pour moi d'ailleurs le trotskisme qui a été le combat contre la dictature stalinienne, c'est la seule façon de pouvoir aujourd'hui porter l'idéal, le véritable idéal du communisme.

0:45
Nathalie Arthaud

C'est d'ailleurs le véritable nom de votre mouvement, l'Union communiste.

0:47
Présentateur

Oui, internationaliste et la réalité c'est que Jean-Luc Mélenchon l'explique, lui il n'est pas communiste, non. Il est dans la tradition de la gauche gouvernementale, la tradition mitterrandienne, il s'en réclame. Il a apparemment beaucoup de nostalgie pour cette période-là, ce n'est pas notre cas. Ce n'est pas notre cas.

1:07
Nathalie Arthaud

Et Philippe Poutou, il a quelques restes trotskistes quand même dans son organisation.

1:11
Présentateur

Il était hier sur votre plateau et il a dit que le NPA n'était pas trotskiste, bon qu'il ne savait plus trop lui. Il se mélangeait les crayons je crois, j'ai bien entendu. Bon écoutez, nous en tout cas, nous savons où nous voulons aller. Nous pensons que l'avenir de l'humanité ne peut pas être le capitalisme, ce n'est pas possible. Là, Bernard Guetta a souligné les tensions internationales, ce climat belliqueux, guerrier et tout ça. On est suspendu à quoi ? À des calculs d'une grande puissance impérialiste contre d'autres, des calculs commerciaux, des manœuvres, etc. Où allons-nous avec toutes ces guerres, avec le terrorisme ?

Et puis bien sûr dans les pays riches avec ce chômage de masse, cette misère qui monte. Donc voilà, c'est cette question-là évidemment qui se pose pour nous.

1:51
Nathalie Arthaud

Puisque vous parlez de ça, où est l'impérialisme dans la situation décrite par Bernard Guetta ?

1:54
Présentateur

Bernard Guetta a bien expliqué que derrière la sortie de Trump et cette démonstration de force, il y a les calculs commerciaux avec la Chine. Un rapport de force, un bras de fer qui est mené. Et ce qu'on voit c'est qu'à chaque fois, mais y compris au Proche-Orient, vous savez le malheur, un des peuples du Proche-Orient, c'est d'être dans une région riche en pétrole. Et c'est le malheur aussi de beaucoup de populations en Afrique, d'avoir des minerais exceptionnels.

2:22
Nathalie Arthaud

Mais ça veut dire qu'il n'y a qu'un seul impérialisme dans les relations internationales ? Ou il y a plusieurs impérialismes qui s'affrontent ?

2:27
Présentateur

Il y a un grand impérialisme quand même. Là je crois que Trump a voulu signifier à la fois avec le bombardement sur la Syrie et puis le porte-avions qu'il envoie, qu'il était le chef, qu'il était le gendarme du monde. Et il a voulu signifier vis-à-vis d'autres puissances impérialistes, la Russie, ses propres alliés aussi d'ailleurs. Mais il y a bien sûr plusieurs puissances impérialistes. Et la France en est une de seconde zone, mais en est une aussi.

2:56
Nathalie Arthaud

Y compris la Russie, il y a un impérialisme russe ?

2:58
Présentateur

Evidemment.

2:59
Nathalie Arthaud

Alors votre idéal c'est bien, donc je reviens à ma première question, une société communiste, mais qui serait différente de ce qu'on a connu en Union soviétique ?

3:08
Présentateur

Je l'ai expliqué, bien sûr. C'est la tradition effectivement trotskiste, qui a toujours combattu cette caricature, cette déformation que le stalinisme avait fait de cette économie planifiée et collective. Donc nous l'avons toujours dénoncé et nous pensons que ça reste une perspective. Parce que voir qu'aujourd'hui on est l'avis de millions de salariés et en fait l'avenir d'une économie est suspendu à la volonté d'une classe capitaliste qui est minoritaire, qui est parasite et qui est complètement irresponsable, c'est juste, voilà, c'est anachronique. Il faut le dénoncer.

Parce que cette classe capitaliste qui domine l'économie avec ses grands groupes industriels et financiers, elle ne mène pas une politique pour satisfaire les besoins de toute la population, pour créer des emplois, pour développer de façon, comment dire, juste et y compris pour respecter l'environnement. Non, elle ne jure que par ses profits, que par l'accumulation d'argent à un pôle. C'est notre réalité.

4:20
Nathalie Arthaud

Dans votre idéal, quelle est la place du chef d'entreprise ?

4:24
Présentateur

Moi, c'est clair que je suis candidate pour parler du point de vue des travailleurs, du point de vue des ouvriers, du point de vue des chômeurs, du point de vue des retraités qui ont bossé toute leur vie et qui doivent se satisfaire d'une retraite qui leur permet même d'être assurés, de pouvoir payer leur maison de retraite ou des soins à la hauteur. Donc moi, je me place clairement de ce point de vue-là.

4:45
Nathalie Arthaud

Est-ce qu'il peut y avoir des entrepreneurs qui créent de l'activité et de la richesse ?

4:48
Présentateur

Moi, je ne suis pas contre tous ceux qui essayent de vivre par leur travail et qui, parce qu'ils sont tombés au chômage ou parce qu'ils n'ont pas d'autre solution, ont monté leur boîte de maçonnerie, leur boulangerie. Ce que je dénonce, c'est que pèse sur l'économie le diktat de 250 grands groupes, des groupes industriels, des groupes bancaires qui font la pluie et le beau temps sur l'économie et qui imposent leurs décisions à l'ensemble de la population. Vous savez, même au sein du patronat, il y a des rapports inégalitaires. Il y a des grands patrons et puis il y a des petits.

Il y a ceux qui subissent la loi des banquiers et puis il y a ceux qui, au contraire, ont les banquiers dans leurs poches. Et c'est une loi de la jungle. Une loi de la jungle pour les salariés qui sont les exploités, bien sûr, mais aussi pour le patronat qui subit le joug du grand capital.

5:43
Nathalie Arthaud

Vous êtes aussi internationaliste, Nathalie Arthaud. Vous ne voulez pas vous rétablir des frontières. Vous connaissez la formule de Marx. Les prolétaires n'ont pas de patrie. Est-ce que c'est la vôtre ? Est-ce que vous considérez que vous n'avez pas de patrie ?

5:53
Présentateur

Absolument. Et c'est une réalité pour des millions de femmes et d'hommes qui, là où ils sont nés, ne trouvent pas de quoi vivre, ne trouvent pas d'emploi, ne trouvent pas de quoi faire vivre leur famille et qui sont obligés, effectivement, de bouger, de passer les frontières, d'essayer de trouver un endroit, y compris pour se mettre en sécurité. C'est le cas aujourd'hui des Syriens, des réfugiés, et qui sont livrés à eux-mêmes, qui sont condamnés à risquer leur peau en traversant la Méditerranée. Et qu'il faudra accueillir. Et qu'il faudrait accueillir. Et qu'il faudra absolument accueillir.

Et y compris, vous voyez, quand on parle des interventions impérialistes et de ce que font les Etats-Unis, de ce que font la France. Et à chaque fois, ils nous expliquent que c'est par compassion, que ce sont des interventions humanitaires pour aider les populations. Mais là, il y aurait quelque chose de très concret à faire. Pour aider, justement, ces centaines de milliers de femmes et d'hommes qui fuient l'enfer. Donc la première chose, oui, bien sûr, ça serait de leur offrir l'asile.

6:58
Nathalie Arthaud

Alors, puisque vous parlez des réfugiés et des immigrés, le risque Front National. Vous êtes l'un des rares mouvements politiques. Lutte ouvrière avoir refusé de choisir en avril 2002 Le Pen-Chirac, la peste et le choléra. Abat Le Pen, le pire ennemi des travailleurs. Abat Chirac, l'homme du patronat. C'était la une de votre journal, Lutte ouvrière. Aujourd'hui encore, Nathalie Arthaud, vous mettez un signe égal entre Le Pen et tous les autres candidats.

7:24
Présentateur

On n'est pas du tout dans la même situation. Et je rappelle quand même qu'en 2002, il y avait eu une immense escroquerie consistant à dire qu'il y avait eu une montée du Front National. Souvenez-vous des scores. Jean-Marie Le Pen avait augmenté ses scores de 200 000 voix. Ce qui s'était produit, en réalité, ça avait été une chute du Parti Socialiste qui avait perdu 2,5 millions de voix. Donc il n'y avait pas eu une montée du fascisme en France. Et rien que les voix de droite du premier tour permettaient à Chirac d'être vainqueur au deuxième tour. Donc il n'y avait aucun tour, il fallait choisir entre l'un et l'autre.

Aucune raison, aucune raison de voter pour quelqu'un qui allait aggraver l'exploitation, les conditions, qui allait faire la politique du Grand Patronat. Aucune raison. Alors là, on n'est pas du tout dans la même situation. Et dans quelle situation serons-nous dans 5 jours ? Je ne sais pas si vous pouvez me le dire, M. Cohen, Mais moi, je ne peux pas le dire. Alors, tout simplement, ce que je vous propose, c'est d'attendre dimanche soir. Moi, je ferai une déclaration, je prendrai position en fonction, effectivement, des rapports de force et de la situation politique.

Mais moi, vous savez, j'ai mené cette campagne pour dire aux travailleurs, aux classes populaires, aux chômeurs qui tombaient dans le piège du Front National, de cette démagogue, qui cherchent à opposer, à dresser les travailleurs les uns contre les autres, pour au bout du compte, faire la politique du Grand Patronat. Parce que diviser les travailleurs pour mieux régner, c'est exactement la politique du Grand Patronat. Moi, je n'ai cessé de dénoncer cela.

Et je n'ai cessé de dire aux classes populaires, mais si vous avez une politique, une politique qui est aux antipodes de tout cela, c'est de mettre en avant vos intérêts de travailleurs, un emploi, un salaire correct, 1800 euros par mois, le minimum, mettre le nez dans les comptabilités des entreprises et d'affirmer la nécessité de se battre collectivement pour cela, pour imposer cela au Grand Patronat. Donc moi, je n'ai eu de cesse de présenter une politique aux travailleurs contre celle du Front National.

9:01
Nathalie Arthaud

Je vous ai bien entendu, Nathalie Arthaud, en 2002, vous nous expliquez qu'il n'y avait pas de risque que Jean-Marie Le Pen soit élue à l'Elysée. Ce n'est pas forcément le cas, cette fois-ci, avec Marine Le Pen.

9:11
Présentateur

C'est vrai. Et c'est la raison pour laquelle je tiens à dire à tous ceux qui nous expliquent qu'on ne l'a pas essayé ou qu'ils veulent donner un coup de pied à la fourmilière que là, ce n'est pas ça le problème. Là, le problème, effectivement, c'est qu'elle risque d'arriver au second tour et même peut-être au pouvoir. Et son régime sera encore plus autoritaire que tous ceux qu'on a connus. Elle ne fera rien contre les licenciements, rien contre l'exploitation, rien contre les bas salaires, mais elle sera autoritaire. Autoritaire contre les immigrés, autoritaire contre les travailleurs parce qu'elle a la haine aussi des syndicats ouvriers, des travailleurs qui se battent.