Yves Jégo : La France en cours de tiers-mondisation ?
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 50 %Attaque 36 %Défensif 14 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 87 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:14OuverteRéponse directe
Est-ce que vous pouvez vous présenter succinctement ?
- 0:37FerméeRéponse partielle
Vous avez fait de la politique. Vous avez mangé à combien de râteliers de partis politiques ?
- 2:44OuverteRéponse directe
Pourquoi vous avez arrêté la politique ?
- 4:28RelanceRéponse directe
c'était quoi la question ?
- 5:35OuverteRéponse directe
Comment vous expliquez la défiance des Français face à cette caste politique ?
- 9:59OuverteRéponse directe
Est-ce que vous entendez cette complexité ? C'est quoi ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 6:37Invité politiqueChiffre
« On était, je ne sais pas, un peu moins de 2 milliards en 1900. »
- 6:40Invité politiqueChiffre
« On va être potentiellement 150 ans après. 10 milliards, c'est du jamais vu dans l'histoire de l'humanité. »
- 8:35Invité politiqueFait
« votez pour moi, j'aurai le pouvoir »
- 10:56Invité politiqueFait
« depuis sans doute Colbert, depuis que le jeune Louis XIV a dit l'État, c'est moi »
- 17:03Invité politiqueChiffre
« la dépense sociale, les prélèvements sociaux sont un des plus élevés d'Europe. »
- 19:09Invité politiqueChiffre
« Un parlementaire, aujourd'hui, c'était en net, je parle en net, 5 500 ou 6 000 euros par mois »
- 19:43Invité politiqueFait
« même la cour des comptes ne sait pas combien il y a d'aides sociales en France. »
- 27:12Invité politiqueFait
« je pense que c'est plus grave, je pense que c'est institutionnel »
- 27:42Invité politiqueFait
« la cinquième république elle est hors d'âge »
- 28:35Invité politiqueChiffre
« moi quand j'étais ministre j'avais 8 fonctionnaires dans mon ministère qui gagnaient plus que moi »
- 28:58Invité politiqueChiffre
« oui 7 ou 8 hauts fonctionnaires qui avaient 13-14 000 et qui étaient logés aussi »
- 32:19Invité politiqueFait
« la pratique de faire travailler ses conjoints ses proches était une pratique extraordinairement répandue dans la vie politique pendant des années »
- 33:31Invité politiqueFait
« la différence de la politique c'est que c'est insupportable parce qu'il s'agit d'argent public »
- 44:19Invité politiqueFait
« je suis pour la libre entreprise la concurrence que je suis attaché aux libertés individuelles »
- 44:55Invité politiqueFait
« la liberté elle peut être régulée c'est l'interdiction qui est mauvaise »
- 45:15Invité politiqueFait
« quand Hollande disait vous allez voir la finance on va la maîtriser »
- 45:35Invité politiqueFait
« l'homme politique qui vient dire aux citoyens votez pour moi j'ai du pouvoir je vais changer les choses au fond le citoyen il sait très bien que l'homme politique a de moins en moins de pouvoir »
- 51:03Invité politiqueFait
« je suis plutôt marat »
- 52:37Invité politiqueFait
« son programme néo-marxiste n'était pas ma tasse de thé »
- 52:45Invité politiqueFait
« une des voies qu'il espère pour prendre le pouvoir est une voie qui ne serait pas une voie purement démocratique »
- 55:28Invité politiqueFait
« nous sommes à la fin d'un cycle de l'histoire de notre pays »
- 55:44Invité politiqueChiffre
« notre constitution date il y a plus de 63 ans »
- 56:06Invité politiqueFait
« dès qu'il y a une réforme peut-être qu'elles sont mal menées, peut-être qu'elles sont mal expliquées, peut-être qu'elles ne sont pas pédagogiques »
- 58:46Invité politiqueFait
« nous sommes au bout d'un modèle »
- 58:50Invité politiqueFait
« la crise de la Covid est venue accélérer un phénomène »
- 59:04Invité politiqueFait
« les hommes politiques sont les boucs émissaires de tout ça »
- 59:25Invité politiqueFait
« le monde qui vient est un monde d'inquiétudes dû au réchauffement climatique, dû aux incertitudes économiques, dû aux pressions politiques et religieuses »
- 1:05:16Invité politiquePromesse
« je voudrais que les infirmières soient mieux payées »
- 1:05:21Invité politiqueFait
« tout le prélèvement social qui est prélevé sur la richesse du pays arrive sur le terrain et ne fuit pas en route »
- 1:06:41Invité politiquePromesse
« moi je pense qu'il faut rembourser la dette »
- 1:06:53Invité politiqueFait
« je suis un des défenseurs du Made in France »
- 1:10:29Invité politiqueFait
« la France est le pays occidental qui s'est le plus désindustrialisé depuis les 40 dernières années »
- 1:11:55Invité politiquePromesse
« un des modèles de développement de notre pays ce sera une France des usines »
- 1:15:02Invité politiqueFait
« l'Europe a grandi trop vite, elle s'est déséquilibrée »
- 1:15:22Invité politiqueFait
« l'Europe elle ne fonctionne plus à cause de ça »
- 1:17:24Invité politiqueFait
« aussi bête que d'interdire le drapeau français pour des produits qui ne sont pas français »
- 1:17:42Invité politiquePromesse
« lorsqu'on vote pour les députés européens, qu'on appelle tous les européens à venir choisir leur parlementaire européen en même temps, on vote pour un président de l'union européenne qui soit élu au suffrage universel des européens »
- 1:19:14Invité politiqueFait
« moi j'ai toujours été favorable à l'entrée de la Turquie dans l'Europe »
- 1:21:17Invité politiqueFait
« j'ai parlé du made in France »
- 1:21:47Invité politiqueFait
« j'ai son audace, m'a fasciné »
- 1:26:27Invité politiqueFait
« la certification Origine France Garantie qui est la seule certification qui permet de garantir l'origine des produits »
- 1:26:59Invité politiqueChiffre
« c'est 600 entreprises qui s'en sont emparées, c'est 3-4 000 gammes de produits »
- 1:28:15Invité politiqueChiffre
« la dernière pétition que j'ai lancée pour les menus végétariens dans les écoles, on a fini à 285 000 »
- 1:28:36Invité politiqueChiffre
« vous avez des centaines de milliers de personnes qui vous suivent »
- 1:29:48PrésentateurChiffre
« on achète encore pour 5 milliards de matériel aux chinois »
- 1:30:29Invité politiqueFait
« quand on rapatrie aujourd'hui la production de masques chirurgicaux, c'est des machines qu'on achète aux chinois »
- 1:38:09Invité politiquePromesse
« je veux qu'une loi réserve l'utilisation du drapeau bleu blanc rouge aux produits français »
- 1:38:36Invité politiqueFait
« il est vendu 140 euros, c'est à dire le même prix que la basket fabriquée à Mont-Jean-sur-Loire en France »
- 1:39:33Invité politiqueFait
« le maillot de l'équipe de France de football avec les deux étoiles fabriquées en Thaïlande pour 5 euros, vendues 80 euros »
- 1:41:10Invité politiqueFait
« on a justement une réglementation qui est exigeante qu'on peut rendre encore plus exigeante »
- 1:41:25Invité politiqueFait
« quand on produit en France on pollue moins que quand on produit en Chine »
- 1:41:30Invité politiqueFait
« on ne fait pas travailler des enfants ce qui est quand même une vraie différence »
- 1:42:52Invité politiqueFait
« je suis un libéral »
- 1:43:02Invité politiquePromesse
« je propose un TVA kilométrique »
- 1:43:55Invité politiqueFait
« c'est ce qu'on appelle la taxe carbone aux frontières »
- 1:46:51Invité politiqueFait
« ça fait partie sans doute des sujets dont on dira dans le futur que ça a été des grands scandales industriels »
- 1:47:35Invité politiqueFait
« l'état a un rôle sur ces sujets-là d'être stratège »
- 1:48:02Invité politiqueFait
« le libéralisme c'est la liberté d'entreprendre mais avec une régulation »
- 1:48:33Invité politiqueFait
« derrière tout ça il y a le maintien de la toute puissance de l'état dans la grande maison EDF »
- 1:49:38Invité politiqueFait
« la distribution et le transport d'électricité devraient sortir du giron d'une entreprise qui est dans le secteur concurrentiel »
- 1:51:00Invité politiqueFait
« nos services de renseignement se sont beaucoup consacrés sur le terrorisme »
- 1:51:30Invité politiquePromesse
« on va mettre de l'argent pour créer des géants numériques européens »
- 1:51:54Invité politiqueFait
« si je crois en l'Europe »
- 1:54:29Invité politiqueFait
« ce n'est plus un sujet »
- 2:06:48Invité politiqueFait
« regardez notre relation avec l'Afrique, on a voulu imposer au moment de la décolonisation, on a voulu imposer ou même on a formé les élites qui ont essayé de reproduire le modèle démocratique étatique français. »
- 2:07:17Invité politiqueFait
« on n'a pas assez respecté la réalité sociologique et la réalité historique et la réalité politique d'un certain nombre de pays. »
- 2:08:33Invité politiqueFait
« il y a eu trop de pantouflage vers la politique, il y a eu trop d'élus qui au fond comme ils avaient une carrière de fonctionnaire et la protection de leur carrière de fonctionnaire se disaient si je perds mon mandat il ne se passe rien. »
- 2:09:19Invité politiqueFait
« je suis partisan d'une chose qu'avait promis d'ailleurs le président de la république et qui n'a pas fait c'est ce qu'on appelle le spoil system à la française. »
- 2:11:31Invité politiqueFait
« ma dernière erreur ça a été sans doute d'essayer de régler le problème politique de ma succession dans la ville de Montreux et de me représenter aux élections à la demande de tous ceux qui étaient mes amis politiques. »
- 2:12:44Invité politiqueFait
« j'avais beaucoup d'admiration pour Bernard Stasi qui avait écrit un livre qui s'appelait l'immigration une chance pour la France. »
- 2:12:55Invité politiqueFait
« à force de ne pas régler ce problème on en fait une bombe à retardement. »
- 2:13:27Invité politiqueFait
« j'avais déposé une dernière proposition de loi à l'Assemblée qui est dans le grand cimetière des propositions de loi. »
- 2:13:36Invité politiquePromesse
« je pense qu'on irait beaucoup mieux en matière migratoire si on mettait en place un système de parrainage et si on demandait aux français de devenir citoyens responsables et d'accepter de parrainer des migrants. »
- 2:17:28Invité politiqueFait
« j'avais fait partie de ceux qui avaient signé à l'époque où j'étais parlementaire l'idée qu'il fallait accueillir Edouard Snowden. »
- 2:20:31Invité politiqueFait
« je n'ai jamais été mis en examen, je n'ai jamais été sur ces sujets-là. »
- 2:25:40Invité politiqueFait
« je suis très partisan et je trouve qu'on l'a créé mais la barre est beaucoup trop haute sur ce sujet. »
Temps de parole
- Yves Jégo82 %
- Présentateur18 %
≈ 5,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Yves Gégaud, bonsoir. Bonsoir. Nous vous recevons pour une chaîne internet qui s'appelle Thinkerview. Nous sommes en direct. Est-ce que vous pouvez vous présenter succinctement ?
Je m'appelle Yves Gégaud. Je suis né en 1961. J'ai fait plusieurs choses dans ma vie, de la politique, pas mal. J'ai été avocat. J'ai été consultant dans une société de ressources humaines. Et aujourd'hui, je me bats pour le Made in France et pour les entreprises françaises.
Alors, Yves Gégaud, vous avez fait de la politique. Vous avez mangé à combien de râteliers de partis politiques ?
Oh, plein. J'ai commencé au RPR. Non, j'ai même commencé à fréquenter, lorsque j'étais jeune, les jeunes Giscardiens, dans ma ville natale de Besançon. Puis assez vite, moi qui étais fils de modestes commerçants, c'était les enfants des notaires, des médecins, qui me montraient bien que je ne faisais pas partie de leur monde. Et donc, j'ai adhéré pour la première fois à un parti politique, à cause et grâce à Jacques Chirac, qui était le RPR. Pas très longtemps après sa fondation. J'ai suivi ensuite l'aventure politique du RPR qui s'est fusionnée dans l'UMP, d'ailleurs sous l'autorité de Chirac, président de la République. C'est au moment où il a été confronté à Jean-Marie Le Pen.
Et puis ensuite, je suis devenu ministre de Nicolas Sarkozy, toujours sous l'étiquette UMP. J'étais un temps porte-parole de l'UMP. Donc, j'étais mouillé à fond dans le parti politique.
Et lorsque je me suis fait virer du gouvernement, parce qu'on considérait que j'avais géré de façon trop agressive pour le patronat local la crise en Guadeloupe et aux Antilles, j'ai participé avec Jean-Louis Borloo à la création de l'UDI, avec cette idée de retrouver au fond ce qu'était ma nature, c'est-à-dire plus au centre de la vie politique, plus ce qu'on pouvait appeler un temps, je ne sais pas si c'est encore de la valeur, mais le gaullisme social, c'est-à-dire la conciliation entre le libéralisme, mon approche politique, et puis une forme d'équilibre dans la vie politique, ce qu'on appelle le centre, avec toutes les complexités que sont le centre, ou plutôt les centres, parce qu'il y a plein de centrisme entre François Béraud et les autres, c'est très compliqué.
Voilà. Donc, politiquement, j'ai mangé à trois rateliers, si vous voulez savoir combien de cartes différentes j'ai eu de partis politiques, qui étaient le RPR, l'UMP, et puis l'UDI, à travers le parti radical, parce que l'UDI, c'était compliqué, c'était un rassemblement de partis politiques. Tout ça est très complexe, et tout ça est complètement incompréhensible pour les citoyens.
Pourquoi vous avez arrêté la politique ?
Parce que je faisais des choses passionnantes. J'étais vice-président de l'Assemblée nationale, j'avais été réélu brillamment député, je faisais des choses passionnantes, j'avais des conditions de confort, de vie sociale intéressantes, mais que j'avais le sentiment de ne pas assez peser sur les choses.
Et je menais, par exemple, un combat qui met toujours cher celui des menus végétariens dans les cantines publiques, pour essayer d'habituer les enfants à manger un peu différemment, pour qu'on consomme un peu moins de viande dans l'avenir, parce qu'on sait que la consommation de viande porte beaucoup sur l'émission de gaz à effet de serre, et que c'est assez nuisible à la planète, et qu'il faut commencer à habituer les générations qui viennent à manger moins de viande, et que les menus végétariens répondent à cette problématique.
Et j'ai vu, au moment du vote de la loi EGalim sur l'alimentaire, combien les lobbies étaient transversaux, combien ce qu'on pourrait appeler le lobby de la viande était au fait puissant. Et je me suis dit, après tout ça, c'est pas là qu'on fera bouger les choses. Il faut aller peut-être dans la société civile, il faut essayer de faire bouger les choses de l'extérieur. Donc j'ai quitté la vie politique, j'ai décidé de partir de moi-même, c'était en 2018, sur ce sujet.
J'ai d'ailleurs posé ma dernière question écrite, ma dernière question orale, j'ai été applaudi par tout l'hémicycle, de Jean-Luc Mélenchon à Marine Le Pen, au Premier ministre, Edouard Philippe, tout le monde était debout pour me saluer, comme tous ceux qui s'en vont. Ils sont toujours très grands quand ils s'en vont. Et surtout, j'étais interpellé par des gens qui, dans les couloirs, me disaient « Oh, qu'est-ce que t'es courageux ! » Et au bout d'un moment, je me suis dit « Oh merde, j'ai peut-être fait un truc dont j'ai pas mesuré les choses. Si tout le monde me dit que je suis courageux,
c'était quoi la question ? »
La question de « Pourquoi j'étais courageux ? » Non, mais c'était quoi votre dernière question ? Ah, ma dernière question, elle portait sur, au fond, l'antiparlementarisme, sur une forme de populisme qui vise à faire porter sur les parlementaires, sur les élus, tous les maux du monde. Alors, je veux bien reconnaître que la classe politique a beaucoup de responsabilités, puisque c'est à elle qu'on donne les clés et qu'elle n'emmène pas forcément les pays dans le bon sens. Mais au fond, je disais, lors de cette question, peut-être que nous ne sommes que le reflet d'un problème de société qui va au-delà de nous.
Et peut-être que si les politiques sont médiocres, peut-être que la société devrait s'interroger aussi sur ce miroir grossissant qu'est la politique. C'était ma dernière...
On reviendra sur ça, c'est très intéressant le fait qu'on a les politiques qu'on mérite. Mais on va commencer autrement. Avant votre arrivée, j'ai proposé à la communauté de s'exprimer avec un gif pour nous donner le curseur de l'intensité que j'allais vous mettre. Et alors ? Et ça oscillait entre le lance-flammes dévoré par les loups, coupé au sabre laser, et j'en passe les meilleurs. Alors ma question, c'est pourquoi vous... Comment vous expliquez la défiance des Français face à cette caste politique ?
D'abord, je ne pense pas que ce soit que les Français. Je pense qu'il y a une défiance mondiale vis-à-vis de ceux qui nous représentent, que le populisme qu'on a vu triompher aux États-Unis, en Grande-Bretagne, dans un certain nombre de pays, est la traduction d'une forme de défiance. Parce qu'au fond, les populistes, ils se font élire en disant c'est tous des pourris et tous des salauds, votez pour nous, vous verrez, on est bien meilleurs. Et puis, il y a toujours beaucoup de déceptions derrière tout ça. Je pense que l'analyse, elle est multiple naturellement. Il y a beaucoup de gens très savants qui ont fait cette analyse.
Moi, je pense que nous sommes le miroir grossissant des problèmes de la société. Et que dans un monde qui change à toute vitesse, c'est la caractéristique de notre époque. Par rapport à l'époque de mes parents, de nos parents, de nos grands-parents, de nos arrière-grands-parents, les changements sont extrêmement brutaux. Changement démographique, on a une planète qui grossit à toute vitesse. On était, je ne sais pas, un peu moins de 2 milliards en 1900. On va être potentiellement 150 ans après. 10 milliards, c'est du jamais vu dans l'histoire de l'humanité. Aucune génération n'a connu un tel choc démographique.
Le choc, et ça entraîne le choc écologique, parce qu'au fond, on est nombreux, on consomme mal, on pollue, on va détruire l'environnement. Premier choc qui nous contraint. Deuxième choc, la transformation technique, technologique, digitale. Alors, vous en êtes un modèle, vous transformez les médias, mais il y a plein de côtés positifs, puis il y a aussi des côtés où la disruption inquiète, où quand on nous explique qu'on ne connaît pas les métiers qu'exerceront nos enfants, parce que plus de la moitié des métiers des 30 prochaines années sont méconnus aujourd'hui, ça crée de l'inquiétude. Et ces changements créent de l'angoisse.
Et au fond, le politique, il est le coupable d'être incapable d'expliquer, de rassurer, et dans un pays comme la France, qui est un pays particulièrement complexe, de toute façon, dans un système démocratique, de démocratie d'opinion, où l'opinion pèse et organise la journée. Moi, j'ai été ministre, ma journée, et encore, c'était il y a 10 ans, ma journée était organisée par la une du journal du matin qui disait ce que j'allais faire dans la journée. Il n'y a pas assez de recul, il n'y a pas assez de temps pour changer les choses en profondeur et en douceur. Le politique surfe sur la vague. Le politique n'a pas la chance comme moi ce soir d'avoir beaucoup de temps pour s'exprimer.
Ça, on verra. Si c'est intéressant, vous aurez du temps.
Ou sinon, si vous me virerez. Mais je raconte souvent cette anecdote à l'époque où je dirigeais la campagne des élections européennes de l'UDI et du Modem, j'avais été invité au journal de Claire Chazal.
Attendez, attendez.
Non, non, mais je vous dis juste ça parce que j'avais été invité au journal de Claire Chazal sur TF1. Et elle me dit, ça va, on a du temps pour parler de l'Europe, c'est important, on a du temps. Je lui dis, Claire, on a combien de temps ? 3 minutes 50. Eh bien, tout est dit. Comment voulez-vous en 3 minutes 50 parler d'une problématique aussi importante ? Et donc, l'homme politique, je pense qu'il est le réceptacle de tout ça et que comme il demande du pouvoir, comme il dit, votez pour moi, j'aurai le pouvoir et comme il fait des promesses en disant, je vais vous améliorer la vie, ça ne marche jamais. Il est donc coupable de tout.
Ce n'est pas une façon de se dédouaner, ce n'est pas une façon de se déculpabiliser du misérabilisme de l'impuissance, de la caste politique. Ce n'est pas une façon de dire, je suis d'accord, on a les politiques qu'on mérite, mais des De Gaulle, c'était quoi ? C'était un épiphénomène ? C'était quoi ?
Des De Gaulle, des Napoléons, il y a des moments où dans l'histoire, les chocs font naître un personnage qui surpasse les autres par sa personnalité, par sa capacité à faire. Je pense qu'il peut apparaître demain un De Gaulle, qu'il peut apparaître demain, mais ces personnages-là n'apparaissent en général que sur des chocs, que sur des chocs violents et profonds. et dans le train-train et dans la routine de nos sociétés qui vont bien, en tout cas, qui vont bien, qui n'ont pas de grands chocs, pas de grandes guerres jusqu'à la pandémie sur ce sujet.
Je pense que c'est la difficulté à faire apparaître des grands hommes politiques et que le système est un système qui, parce qu'il écrase le message, parce qu'il ne vous permet pas vraiment de vous exprimer longuement, parce qu'en France, nous sommes un pays d'une complexité absolue. Regardez ce qui se passe sur les vaccins et on a compris la complexité.
Il se passe quoi ? Moi, je vais vous le résumer très simplement. On a commandé nos vaccins au mois de novembre. Il ne faut pas s'étonner qu'on ait pris du retard. On a Pimpin et Pipou qui commandent les vaccins au mois de novembre. On n'avait pas de masque donc on a pris du retard.
Mais si ce n'était que ça et que derrière il y a une logistique parfaite organisée, huilée, on aurait pu le rattraper, le retard. Mais il y a une telle complexité entre ceux qui décident au sommet et la façon dont on agit sur le territoire que ça accroît encore ce phénomène-là.
Est-ce que vous entendez cette complexité ? C'est quoi ? C'est des strates de l'administration où tout le monde défend son petit bout de gras pour légitimer son salaire. C'est pour légitimer un peu de pouvoir à gauche et à droite. C'est quoi ?
Je vais essayer de vous donner comme il fait très froid une image. Si vous avez froid, vous mettez un pull puis un deuxième puis un troisième puis un quatrième. Il arrive un moment au vingtième pull où vous ne pouvez plus bouger. Eh bien, notre pays, depuis, je pense, deux siècles, depuis sans doute Colbert, depuis que le jeune Louis XIV a dit l'État, c'est moi, depuis qu'on a incarné l'État comme étant tout puissant, a créé plein de structures pour plein de bonnes raisons. Chaque pull pris individuellement est une bonne justification. Mais l'accumulation de tout ça fait qu'on ne peut plus bouger.
Dans un monde où il faudrait bouger vite, dans un monde où l'adaptation est un impératif, où l'agilité est un impératif, parce que le monde va plus vite, parce qu'on a une accélération de l'histoire et notre système politique est un système qui ne permet pas d'aller vite. Alors, moi, je n'accuse pas plus la technostructure que les politiques, que les Français aussi, qui sont aussi demandeurs. J'ai été pendant 16 ans parlementaire, je voyais des chefs d'entreprise qui me disaient « Monsieur Gégaud, c'est trop compliqué, il faut simplifier, on n'en peut plus.
» Puis le même chef d'entreprise, 15 jours après, il venait me voir avec son syndicat professionnel en me disant « Eh, on a un problème, il nous faudrait une petite loi pour bien nous protéger là. Si vous pouviez faire un texte un peu compliqué qui nous protège, on serait bien content. » C'est les paradoxes français. C'est le clientélisme, ça ? Non, c'est les paradoxes de ce pays. On veut des choses contraires, contradictoires. On veut moins de morts sur les routes, mais on a du mal à freiner, il faut mettre de permis à point pour y arriver. Nous sommes dans une époque de paradoxes, dans un peuple paradoxal, et gérer ces paradoxes, c'est extraordinairement compliqué.
Bien sûr que les politiques ont leur part de responsabilité.
bien sûr qu'ils ont... Ils ont fait quoi ? C'est quoi ? C'est la corruption ? Alors, qu'est-ce qui explique plus cette défiance ? C'est quoi ? C'est cette corruption, cette déconnexion, le fait d'être au-dessus des lois, le fait de quoi ? Regardez... De manger du petit homard ? Je sais pas. Vous avez tapé des gueuletons quand vous étiez parlementaire ?
Ouais, enfin, pas plus qu'autrement, qu'ailleurs, pas plus que les politiques, pas plus que n'importe qui d'autre. Bon, très bien, ou très mal, enfin, et puis lire les choses aujourd'hui, les choses d'hier avec les yeux d'aujourd'hui, bon, ok, on veut des politiques qui soient exemplaires, c'est tout à fait légitime et c'est tout à fait respectable. Mais on veut aussi qu'ils incarnent l'État, la puissance, une forme de majesté, si j'ose dire, parce que c'est comme ça, c'est culturel, donc c'est contradictoire. On est aussi sur cette contradiction-là.
Je pense que c'est plus grave que ça, c'est plus grave que la corruption, c'est plus grave que celui qui va profiter du système, c'est que nous sommes au fond face à des politiques qui n'osent pas dire qu'ils n'ont plus de pouvoir et que les grands phénomènes qui contraignent l'époque, elles dépassent le politique, elles dépassent le national. Vous croyez que la pandémie, le politique, il court derrière et encore souvent, il court mal. Vous croyez que les phénomènes que j'évoquais tout à l'heure de démographie, que les phénomènes de disruption technologique, que le politique, il peut y faire quelque chose.
Vous croyez que l'économie, vous vous souvenez de François Hollande disant mon ennemi, c'est la finance. Mais qu'a-t-il pu faire contre la finance ? Et donc le politique vend un pouvoir qu'il n'a plus.
D'accord.
D'où la déception.
Comment ça se passe dans un parti politique ? Il y a le financement des campagnes. Comment ça se passe ?
Aujourd'hui, moi j'ai connu l'époque où le financement des campagnes, c'était démerde-toi pour aller trouver des entreprises qui te payent tes affiches. Il y a très longtemps. Il y a 40 ans. Qui te graissent un peu. Ou qui te graissent un peu. Et aujourd'hui, c'est régulé, c'est encadré par des règles, par des limites, etc. Donc voilà. Aujourd'hui, quand on fait de la politique, on est beaucoup moins en insécurité de ce point de vue-là en respectant les règles que ne pouvaient l'être ceux qui, il y a 40 ou 50 ans, essayaient de trouver des moyens de financer leur campagne électorale. Il y a eu des progrès de fait sur ce sujet.
L'insécurité, c'est quand ça, des insécurités ? C'est-à-dire que ça commence par les banques. C'est-à-dire ? Qui finance au départ ? C'est les banques qui détiennent des taxes ?
Ça dépend de ce que vous appelez comme campagne électorale. Si c'est une campagne présidentielle ou si c'est des campagnes plus locales. Si c'est des campagnes locales, c'est des financements de love money, comme on dit, de gens qui sont... Si c'est une campagne présidentielle, c'est beaucoup d'argent sur des campagnes présidentielles. On a vu d'ailleurs dans un passé pas si lointain les difficultés qu'avaient certains partis. Je pense au Front National à trouver des financements. Je pense aussi à des partis plus extrémistes à trouver des financeurs et des financements sur ce sujet. Et on n'a jamais regardé...
Souvenez-vous, il y avait un projet de l'actuel gouvernement qui était d'ailleurs porté par François Béroux pendant le court temps où il était garde des Sceaux, qui était un projet de créer une sorte de banque publique pour justement financer de façon très transparente les campagnes électorales. Ça n'a jamais vu le jour. Donc là, il y a encore un grand non-dit dans l'avis politique qui est le financement des campagnes électorales présidentielles, même si elles sont sous le contrôle du Conseil constitutionnel. Il y a sans doute beaucoup de progrès à faire.
Le contrôle constitutionnel, le Conseil constitutionnel, il n'a pas dit que la campagne de Baladur qui était pour Havre, mais ils l'ont quand même validée ?
C'est ce que j'ai lu aussi, oui.
C'est normal, ça ?
Ce n'est pas normal. Si c'est vrai, ce n'est pas normal. Lequel Édouard Baladur est quand même devant les tribunaux à 93 ans sur des financements de sa campagne électorale. On ne peut pas dire non plus que le système laisse tout passer à tout le monde. On n'est pas une république bananière.
Non, mais on est en voie de tiers mondisation.
Je ne sais pas. J'espère que non.
Pourquoi ?
Pourquoi ? J'espère qu'on n'est pas en voie de tiers mondisation. Parce que je pense que la hauteur de ce qui a été... C'est ça ou quoi ? Hein ?
C'est du déni ? Non, j'espère que non. La dernière fois que vous étiez dans un hôpital, c'était où ? Quand ?
La dernière fois que j'étais dans un hôpital, c'était dans l'hôpital de Montreux, dont j'ai assuré pendant 22 ans la présidence du conseil de surveillance et que je visite régulièrement parce que je suis encore membre du conseil de surveillance. Et j'y mesure la pauvreté, les difficultés, le manque de moyens qui est un des fléaux de notre pays. alors que, quand on regarde les chiffres en macroéconomie, la dépense sociale, les prélèvements sociaux sont un des plus élevés d'Europe. On a un problème quelque part. C'est-à-dire qu'on prélève le plus d'Europe pour le social et les grands systèmes semblent moins bien marcher qu'ailleurs. Il va falloir qu'on se pose un problème. Des tuyauteries.
Où est-ce que ça fuit ? Où est-ce que ça merde ? Où est-ce que ça bug sur ce sujet ? Là, il y a des vraies questions. Quand Macron disait sans doute un peu maladroitement, on prélève un pognon de dingue, ce n'était pas pour dire que c'était mal. C'était pour dire qu'il y a beaucoup au-dessus et il n'arrive rien en bas où ça fuit de partout. Donc, il faut se poser ces questions. Est-ce qu'on a besoin d'autant d'administration du social ? Est-ce que... Moi, j'ai écrit un livre il y a quelques années où je faisais quelques propositions un peu révolutionnaires sur les questions sociales et les questions fiscales. Les deux choses... Un peu révolutionnaires. Une révolution à mon niveau.
Le titre du livre, c'est Marine Le Pen arrivera au pouvoir sauf si... Et le thème du livre, c'était d'essayer d'expliquer ce que, vu de ma fenêtre, j'imaginais qu'il faudrait faire pour empêcher les populistes d'arriver au pouvoir sur ce sujet. Eh bien, je soulignais deux choses. C'est l'hypercomplexité de notre fiscalité. Moi, j'ai voté comme parlementaire pendant 16 ans la fiscalité. Je suis incapable de vous expliquer la fiscalité française. Pourquoi vous avez voté ? Parce que j'ai voté parce qu'il fallait bien voter des budgets pour l'État. Et parce que... C'est une partie qui vous le demandait ? C'était le système qui me demandait, oui.
Et parce que, pour comprendre toute la fiscalité, il faut être ultra spécialisé et que les parlementaires ne sont pas ultra spécialisés dans tous les domaines. Vous êtes en train
de me dire que les parlementaires sont des bonnets qui votent ce qu'on leur demande de voter ?
Non, je suis en train de vous dire que dans un pays complexe, l'administration a le pouvoir parce qu'elle, elle gère la complexité et que celui qui dirige, qui est là pour 2 ans, 3 ans, 5 ans, il ne devient pas un spécialiste de la fiscalité. Sinon, tous les députés seraient des avocats fiscalistes qui se feraient payer des gros honoraires.
Comment s'est payé un député, un parlementaire ?
Un parlementaire, aujourd'hui, c'était en net, je parle en net, 5 500 ou 6 000 euros par mois et des frais dits de mandat qui aujourd'hui font l'objet d'un contrôle extrêmement précis qui sont à peu près
de la même somme. Ils ont été rehaussés les frais de mandat ?
Je ne sais pas. J'ai quitté le Parlement depuis 3 ans donc je ne sais pas sur ce sujet. Mais pour rester sur les sujets de la complexité, notre système social, on parlait du social et des hôpitaux, personne ne sait, même la chambre régionale des comptes, même la cour des comptes ne sait pas combien il y a d'aides sociales en France. Et les guichets de distribution des différentes aides sociales sont multiples, sont nombreux. C'est là où sont les fuites du tuyau. On n'est plus efficace. La dépense sociale, on prélève beaucoup et moi ça ne me dérange pas qu'on prélève beaucoup. C'est sans doute mon côté centriste.
Mais je voudrais que si on prélève beaucoup, on ait des hôpitaux qui soient bien meilleurs qu'ailleurs, qu'on ait les moyens qu'il faut là où il faut et qu'on n'ait pas une administration qui gère tout ça, qui soit tellement compliqué que le coût de gestion de la dépense sociale emporte une partie de ce qui devrait arriver sur le terrain. C'est ça la problématique.
On va revenir sur la tiers-mondisation un peu plus tard mais on va repartir sur le côté pesant de cette administration que vous décrivez d'une façon lente, ineffective, improductive. est-ce que les politiques se retrouvent quand ils sont élus coincés par les réels tenants du pouvoir français, c'est-à-dire l'administration ? Est-ce qu'un politique ne peut pas se sacrifier et faire le grand ménage dans cette administration ou il préfère continuer le rond-rond quotidien et essayer de manœuvrer ?
C'est un sujet. c'est vrai, c'est un sujet quand vous êtes, moi quand j'ai été nommé ministre par Nicolas Sarkozy par Nicolas Sarkozy j'étais le neuvième ministre de l'Outre-mer en dix ans. J'avais en face de moi une administration de grande qualité avec des gens intelligents bien formés très dévoués à leurs tâches mais je lisais quoi dans leurs yeux ?
cause toujours tu seras parti avant nous et ça a été vrai puisque je suis resté quinze mois et cinq jours j'étais parti avant eux et eux ils ont fait des belles carrières regardez quand un ministre est viré tout son cabinet qui sont des hauts fonctionnaires non, non, non ils sont promus ils sont promus et donc il y a un moment où le cabinet a un peu envie que le ministre soit viré pour avoir un job un peu moins épuisant parce que faire du cabinet ministériel c'est un énorme boulot et puis pour avoir des promotions donc effectivement l'administration française elle est admirable par sa formation par son intelligence elle tient le pays elle fait que l'état on a un système étatique de qualité sauf qu'elle est beaucoup plus pérenne que le politique qui lui est là pour quelques années qui pense souvent et trop à sa réélection qui essaye de marquer des points et qui au fond ne fait pas le travail de fond alors est-ce qu'il y en aura un un jour comme vous l'avez dit qui aura le courage peut-être que ça pose la question de nos institutions peut-être faut-il que notamment beaucoup plaident pour un mandat unique de président de la république non renouvelable pour libérer celui qui est en place pour faire le boulot mais même ce système-là regardez Jacques Chirac a été élu face à Jean-Marie Le Pen avec 83% il savait que c'était son dernier mandat qu'il n'avait plus de soucis de réélection quand il était élu face à Jean-Marie Le Pen moi je m'étais dit à ce moment-là Jacques Chirac il va faire la révolution il va dire je n'ai plus de soucis de réélection j'ai été élu à 83% je suis légitime on va réformer le pays et il a fait tout le contraire il s'est dit tant mieux et il est passé sous les fourches codines et son dernier septennat était un septennat Sarkozy parlait des rois fainéants ce qui était très cruel et injuste mais ça n'a pas été un septennat de réforme alors qu'il avait l'occasion politique de réformer le pays de remettre à plat le système donc effectivement il va falloir à un moment soit qu'il y ait un choc et dans l'histoire on apprend que souvent les changements de système ou les évolutions de système se font sur des chocs soit qu'il y ait un jour une conjonction où il y ait quelqu'un qui dit je mets tout sur la table et on fait le boulot je décrivais pardon de faire la publicité pour ce livre sorti il y a longtemps mais dans le bouquin l'idée de dire qu'un président élu il devrait dire voilà je vais poser sur la table des grandes réformes je vais vous les faire approuver par référendum si vous les approuvez on les met en oeuvre si vous les approuvez pas je m'en vais vous voulez pas vous voulez pas tant pis vous m'avez lu président vous voulez pas faire les réformes je m'en vais mais est-ce que c'est pas une vision romanesque est-ce que c'est possible dans une démocratie d'opinion où l'opinion quand elle va voter vote toujours pour autre chose que la question qu'on lui pose est-ce que c'est crédible ce système là mais il va bien falloir qu'on trouve le moyen de changer
de travestir la langue française de faire de la subornation de vote d'endormir les gens c'est pas coupable si
c'est coupable mais est-ce que le système permet de faire autre chose aujourd'hui
est-ce que les gens ne voteraient pas pour vous si vous ne leur mentiez pas les yeux dans les yeux
est-ce que si vous dites aux gens je ne vais pas pouvoir tout faire je pense qu'il y a des grands défauts c'est marrant parce que depuis que j'ai quitté la vie politique je réfléchis beaucoup à ces questions là des grands défauts c'est que vous réfléchissiez avant peut-être non je réfléchissais avant mais à d'autres choses je réfléchis je réfléchis concernant l'élection présidentielle comme je n'ai jamais été candidat on est assez tranquille
vous allez être candidat un jour
non je n'ai pas vos questions vous allez pousser un candidat un jour je soutiendrai sans doute un candidat je ne sais pas mais je ne sais pas aujourd'hui je suis libre je n'appartiens plus à aucun parti politique donc que vous êtes encarté quelque part je n'ai plus de carte de parti politique je ne paye plus de cotisation et je ne paye plus je ne finance plus aucun parti politique
vous ne financez plus avec votre salaire votre parti
je ne finance plus aucun parti politique sur ce sujet et donc ça fait du bien ou pas ? ni bien ni mal c'est une autre vie sur ce sujet mais c'est toujours politique non ? tout est politique vos questions sont politiques tout est politique et les français sont passionnés par la politique ils adorent la politique c'est pas ça la politique mais si la politique c'est la gestion de la cité
se faire enfumer toute la journée c'est pas ça la politique malheureusement en France ?
d'accord si vous avez cette analyse des choses c'est pas la vérité ? se faire enfumer toute la journée ? non c'est pas la vérité c'est pas toute la journée on peut se faire enfumer à un certain moment
est-ce que les politiques ne sont pas des enfumeurs professionnels ? je je des sculpteurs d'air chaud des brasseurs de fumée
je je je je suis pas je suis pas d'accord avec vous je pense que
c'est votre droit oui mais bien sûr
mais qu'est-ce qu'il disait Macron ? un désaccord politique ?
non je vais vous dire pourquoi je suis pas d'accord parce que Macron a surfé un peu sur cette idée là quand il a après avoir été élu quand il a présenté ses candidats vous vous souvenez de la façon dont il a été chercher des gens de la société civile des gens qui n'étaient pas oui oui ceux qui nous regardent ne voient pas que vous me faites comme ça mais moi je vois que vous me faites comme ça et ça n'a pas marché et ça n'a pas marché et pourtant c'était des braves gens c'était des chefs d'entreprise c'était des gens qui étaient impliqués dans la vie qui sont venus avec leur bonne volonté avec l'idée de dire on va changer les choses moi j'ai le souvenir j'ai été réélu dans cette dans cette dans cette cette mandature je suis parti un an après mais j'ai vu tous ces parlementaires plein de bonne volonté plein de plein d'envie et au bout de 6 mois d'8 mois d'un an ils disaient on peut pas ça marche pas le système est trop compliqué on n'arrive pas à faire les choses donc l'idée de dire ils nous enfument ils nous mentent volontairement je pense que c'est très rassurant pour ne pas se poser les questions sur est-ce que c'est pas plus grave que ça je pense que c'est plus grave je pense que c'est institutionnel je pense que c'est un système qui est un système qui est devenu vermoulu qui est devenu trop compliqué que le politique en ait l'expression la plus insupportable aux yeux de ce que vous me dites sur ce sujet mais qu'on a quand même besoin de politique qu'on a quand même besoin d'une démocratie qu'on a quand même besoin de gens qui s'impliquent et que la solution de sortie de tout ça ce sera sans doute à un moment encore une fois je me répète pardon mais ou un événement ou un homme qui prendra la main et sans doute une transformation institutionnelle je rejoins l'idée de dire que la cinquième république elle est hors d'âge d'ailleurs le général de Gaulle à mon sens qui était un pragmatique n'aurait pas gardé 60 ans après les mêmes institutions et qu'il faudra reposer à plat un système institutionnel plus simple une fiscalité plus compréhensible un système social plus efficace une répartition des pouvoirs un peu plus soft sans doute des avantages pas seulement aux politiques parce que les politiques on a beaucoup renié les avantages qu'ils pouvaient avoir les maisons de fonction des préfets des recteurs tous les moyens qui sont mis au service de l'administration les chauffeurs les voitures etc à cette classe intermédiaire entre le fonctionnaire lambda qui gagne mal sa vie et le politique qui est dans la lumière il y a toute une classe intermédiaire qui vit sur le système et qui en vit très bien du système il faudra se poser toutes ces questions
est-ce qu'il y a des fonctionnaires qui gagnent plus que des ministres
moi quand j'étais ministre j'avais 8 fonctionnaires dans mon ministère qui gagnaient plus que moi bien sûr combien ? à l'époque je ne sais plus moi j'étais je devais avoir 11 000 euros je crois net
avec coiffeur chauffeur
non non je n'avais pas de coiffeur j'avais un chauffeur et j'étais logé dans le ministère sur ce sujet mais je crois qu'il y avait oui 7 ou 8 hauts fonctionnaires qui avaient 13-14 000 et qui étaient logés aussi et qui avaient aussi des moyens sur ce sujet tout ça étant non mais tout ça étant issu d'une autre époque et l'adaptation à l'époque moderne elle doit se faire beaucoup plus vite sur ces sujets là alors on focalise sur le politique c'est normal c'est lui qui assume c'est lui à qui on donne le pouvoir il est jamais puni
quand il prend des décisions de merde par exemple Sarkozy il est puni par l'élection non mais d'accord ça c'est l'ultime il est puni par l'élection il revient à chaque fois non ?
ben Sarkozy il est revenu à chaque fois
non mais lui il a quelques grosses casseroles
Sarkozy il est innocent ? ben j'en sais rien mais que vous voulez que je sache je ne suis pas le juge moi je lis les journaux les médias
est-ce que vous lisez dans les journaux ? ça se tient ? ça se tient pas ?
aucune idée non mais aucune idée si ça se tient ou si ça se tient pas quand on entend ses avocats quand on l'entend lui on se dit ben ça se tient pas il y a une espèce de montage qui est vraiment là on veut les trier il faut dire qu'avec les juges il a été costaud il en a dit sur les juges donc on pourrait penser que le corps de la justice veuille se venger aussi et puis quand on lit d'autres on se dit ah oui bon voilà c'est en ce sens qu'on a besoin d'une justice pour faire l'équilibre entre tout ça moi je ne sais pas juger à la place des juges quand je lis certains journaux je me dis oh là là il a dû en faire quand je l'écoute lui ou que j'entends ses avocats je me dis oh là là qu'est-ce qu'il en prend plein la gueule je ne sais pas faire le juste milieu de tout ça
c'est quoi la pire crasse le truc le plus sordide que vous ayez pu voir durant votre longue carrière de politique
qu'est-ce que vous appelez comme crasse des trucs
des gens qui se gavent des parties fines des détournements de fonds publics des gens qui ne devaient pas être payés et qui ne devaient pas être payés ou des choses comme ça
honnêtement je n'ai jamais vu je n'ai jamais vu de pire crasse comme ça j'ai entendu des choses j'ai lu des choses dans les journaux on a vu exploser des affaires qui s'appellent Cahuzac qui s'appellent d'autres mais il n'y a pas de visibilité de l'intérieur je n'ai pas vu des trucs où je me suis dit oh là là quelle horreur petite combine
que tout le monde connait non
je ne cherche pas qu'est-ce que vous appelez petite combine c'est quoi petite combine par exemple
se faire rembourser des trucs qui ne sont pas dus acheter son QG de campagne avec des fonds publics faire payer une assistante qui n'est pas son assistante qui est sa femme sa fille sa petite fille
ma femme par exemple a travaillé pour moi et c'était son métier je l'ai rencontré dans la politique on s'est connus dans la politique elle était collaboratrice d'un ancien premier ministre elle était communiste non elle n'était pas communiste elle était collaboratrice d'un ancien premier ministre on s'est connus on s'est mariés et naturellement elle a travaillé avec moi à l'époque où ça ne choquait personne et après quand ça a choqué tout le monde elle a pu travailler avec moi sur ce sujet mais elle a fait du boulot elle était là tous les jours elle bossait avec moi donc quel regard vous avez
sur l'affaire Pénélope Fillon
qu'on juge avec les yeux de 20 ans après ce qui était accepté même si ça n'était pas acceptable 20 ans avant et que la pratique de faire travailler ses conjoints ses proches était une pratique extraordinairement répandue dans la vie politique pendant des années jusqu'à ce que ça devienne insupportable et que c'est un vrai problème avec une société qui avance très vite sur ses exigences et autres de juger le passé avec les yeux du futur
l'affaire Cahuzac
l'affaire Cahuzac
non je n'ai pas de compte dans les paradis fiscaux les yeux dans les yeux non mais qu'est-ce qui l'a poussé à dire ça
moi je j'ai connu
le père de la prison
je ne sais pas je l'ai connu c'était un un garçon brillant qui avait beaucoup de morgue qui ne traitait pas les gens ce n'était pas un humanisme moi j'étais il était dans la majorité de l'époque j'étais dans l'opposition bon c'était mais qu'est-ce qui l'a poussé à dire ça je ne sais pas je ne sais pas je n'ai pas d'analyse mais vous savez ces questions-là sur les jeux de pouvoir sur les ambitions sur les mensonges sur tout ça dès qu'il y a pouvoir que ce soit dans le monde de l'entreprise dans le monde de la haute administration dans le monde des médias dans le monde du cinéma de la culture dès qu'il y a pouvoir il y a tous ces jeux-là la différence de la politique c'est que c'est insupportable parce qu'il s'agit d'argent public et que c'est d'autant plus insupportable parce que c'est sous la loupe des médias en permanence et que le miroir grossissant il est permanent c'est-à-dire que si des conflits entre grands chefs de service dans les hôpitaux faisaient la une des médias comme des conflits entre politiques les gens se diraient mais nos grands chirurgiens sont devenus des fous furieux qu'est-ce que c'est que ces méthodes-là ce que je veux dire c'est que le côté public tant mieux c'est ça le signe des démocraties le côté public de la vie politique fait que ce genre de pratique se fait sur la Seine au vu et au su de tout le monde et effectivement ça donne une image épouvantable le jour où on s'intéresse autant au débat entre grands patrons entre grands syndicalistes ou entre grands producteurs de cinéma et qu'on met le projecteur dessus et que tout éclate on va se dire que tous les milieux
sont des milieux insupportables là vous dédouanez encore
non je dédouane pas
je ne dédouane rien chacun a sa part de responsabilité on n'est pas responsable c'est les français qui nous choisissent pardon j'ai jamais dit on n'est pas responsable
on a les médias tout le temps sur le paletot je n'ai pas dit ça c'est une loupe je n'ai pas dit ça le ministre des finances qui nous fraude est tranquille devant l'Assemblée nationale il lâche ça c'est quoi ça
c'est insupportable comme tous ceux qui mentent publiquement sur une sur une sur une
c'est qui les plus menteurs
je ne sais pas c'est à dire c'est qui
quel est le gouvernement qui a été le plus menteur
pour vous ? je suis incapable de vous dire ça et je pense que le mensonge vous avez bien une petite idée non je suis incapable de vous dire qui est le plus menteur ou le moins menteur je n'ai pas testé ça mais que le mensonge n'est pas seulement réservé aux politiques et je n'ai pas dit ça vous ne pouvez pas dire que je dédouane que je dis que ce n'est pas grave
c'est une caricature de dire ça vous ne vous rendez peut-être pas compte mais d'un regard extérieur
ça ressemble à ça si ça ressemble à ça je veux couper ça parce que ce n'est pas vrai parce que l'homme politique il a sa responsabilité on lui donne du pouvoir il doit être exemplaire il doit faire le boulot il doit faire avancer les choses moi j'ai été pendant 22 ans maire d'une commune sur ce sujet et j'ai conscience de ça mais vous me demandez mon témoignage d'ancien politique je vous explique aussi que d'essayer d'apporter quelque chose d'équilibré c'est peut-être quelque chose de centriste c'est tellement facile de dire qu'il y aurait en France 577 salauds à l'Assemblée 325 salauds au Sénat 40 salauds au gouvernement et que si on les changeait ça irait beaucoup mieux si c'était vrai ça serait merveilleux malheureusement c'est pas vrai c'est plus compliqué que ça c'est plus compliqué que ça et d'ailleurs y compris quand vous changez une partie importante des sénateurs des députés des gouvernements le système perdure c'est bien qu'il y ait un problème de système plus qu'un problème de personne ce qui veut pas dire que le problème de personne n'existe pas mais ce qui veut dire qu'il faut pas non plus caricaturer pour dire qu'il n'y a pas de problème de système il faut qu'on se pose les bonnes questions
vous dites que je suis en train de caricaturer non j'ai pas dit vous
j'ai dit on j'ai pas dit que vous caricaturiez mais je ne veux pas le côté c'est l'ancien politique il défend les politiques il accuse les médias et il dit qu'ils sont coupables de rien c'est pas vrai je suis pas sur cette voie là je reconnais la réalité des choses mais je ne veux pas être non plus ceux qui disent les politiques sont des salauds et si on avait je ne sais pas qui à la place ça irait beaucoup mieux parce qu'à ma connaissance il n'y a aucun système dans le monde parfait et il n'y a aucun système qui est remarquable donc il faut qu'on se pose les bonnes questions il faut que les français se regardent aussi dans un miroir pour savoir quelle est leur part de responsabilité parce que c'est tellement facile de dire c'est pas moi c'est les autres moi je dis j'ai ma part de responsabilité quand j'ai fait de la politique j'ai assumé un certain nombre de choses un certain nombre d'erreurs ou un certain nombre de choses qui m'ont valu de sortir du gouvernement mais je ne regrette pas ce que j'ai fait sur ce sujet mais il faut aussi avoir le courage et peut-être l'intelligence de dire regardons tout mettons tout sur la table c'est si simple vous vous rendez compte allez 900 députés 40 ministres 300 fonctionnaires vous changez tout ça et le pays va mieux malheureusement c'est plus grave que ça
le pays dans quel état là ?
le pays il est là actuellement dans un état de dépression qui est lié
avant avant avant parce que ça c'est un épiphénomène
ouais enfin c'est un épiphénomène enfin c'est un phénomène je ne sais pas si on peut le balayer comme ça mais c'est quand même un phénomène
c'était quand même anticipé tout le monde savait quand ça allait nous tomber sur le coin du nez
moi je ne le savais pas je ne sais pas si vous vous le saviez mais je ne le savais pas en tout cas il y avait effectivement des rapports qui ont été déterrés de l'organisation mondiale de la santé où apparemment on prévoyait une maladie qui un jour pouvait faire ça enfin comme toutes les choses catastrophiques qu'on prévoit on pense toujours qu'elles ne vont pas arriver c'est le politique
qui dit ça ne va pas arriver
oui ou c'est le citoyen qui se dit mais non je n'aurai pas de cancer je vais continuer à fumer et à boire et puis quand ça lui arrive il se dit ah ben merde si j'avais su pourtant on lui avait dit donc là aussi
le politique c'est pas le feu nucléaire c'est pas une administration du moins le particulier il fume c'est sa responsabilité quand le politique
non c'est juste pour voir la mécanique qui consiste à dire quand on vous annonce quelque chose de grave vous n'y croyez pas forcément sur ce sujet et vous regardez quand Roselyne Bachelot avait commandé trop de vaccins on lui est tombé sur la gueule on se dit vraiment c'est du gâchant qui chie d'argent public donc c'est aussi la société du paradoxe que j'évoquais c'est à dire que et pourtant elle avait eu raison de commander des vaccins parce qu'elle avait été prudente
surtout l'opposition qui était tombée sur le paletot
peu importe et les journalistes et les médias et la presse et l'opinion publique en disant elle a dépensé trop d'argent pas que l'opposition sur ce sujet et donc elle a été vouée au gémonie sur ce sujet pour qu'on s'aperçoive quelques années après qu'elle avait été prudente quand sur ces questions là donc il y a bien sûr il y a la responsabilité du politique il y a sur cette pandémie je pense que ceux qui diraient on savait on aurait dû sur cette question et tout le monde savait que ça allait venir ça me semble
introduction au siècle des menaces Jacques Blamont aux éditions Odile Jacob fondateur du programme spatial français pas un crétin mais je ne nie pas
que des sachants et des savants aient prévenu sauf que la liste des catastrophes qui sont annoncées dans des livres très importants est multiple et que le politique il ne peut pas se dire je vais prendre tout ça à la vérité et je vais organiser le pays en fonction de ça
c'est une question de temps c'est une question de prisme de lecture c'est une question de vision court-termiste du politique c'est une vision après moi le déluge c'est quoi ?
c'est une question c'est une question de rassurance et que le politique compte tenu de la force de sa parole il ne peut pas jouer le rôle force de sa parole oui la force parce qu'il est médiatique parce que la force
ça c'était à votre époque ça ?
parce que vous pensez que quand le président de la république s'exprime ou quand un ministre s'exprime sa parole elle est plus forte que quand c'est la mienne aujourd'hui qui ne fait plus de politique
je ne suis pas si sûr que ça
en tout cas elle est entendue elle a de la puissance on reste encore sous le j'ai pas dit la qualité de sa parole j'ai dit sa force non mais j'ai dit sa force qui est très entendue sur ce sujet là et donc effectivement si vous regardez toute la littérature tous les gens qui très intelligemment prévoient des choses catastrophiques qui peuvent arriver d'exemples ? non j'en ai pas comme ça à l'esprit mais il y a il y a des gens comme l'ancien ministre je cherche son nom de l'écologie Cochet voilà Yves Cochet qui dit des choses en disant voilà faut prévoir le système va collapser etc il a raison ou il n'a pas raison ?
je ne sais pas je ne sais pas et si j'ose dire pour mon confort intellectuel je voudrais qu'il n'ait pas raison et pour mes enfants je voudrais qu'il n'ait pas raison
c'est un problème
non mais là je suis citoyen sur ce sujet et le politique n'apprend pas assez à dire je ne sais pas le politique il est censé tout savoir donc on lui pose une question vous devez savoir s'il dit je ne sais pas qu'est-ce que c'est celui-là pourquoi on l'est élu puisqu'il ne sait pas ?
vous allez voter pour qui aux prochaines élections ?
je vais voter pour qui aux prochaines élections ? comme je ne sais pas quels sont les candidats j'ai du mal à vous répondre en tout cas je sais pour qui je ne voterai pas je ne voterai pas pour les extrêmes ni pour M. Mélenchon ni pour Mme Le Pen après entre les deux M.
Mélenchon c'est un extrême moi j'aime bien Jean-Luc Mélenchon pour plusieurs raisons d'abord parce que on se connait il a été ancien ministre et qu'on s'est croisé enfin on se connait c'est quelqu'un que j'ai appris à connaître il a été élu de l'Essonne moi j'ai été élu de Seine-et-Marne même si on a une différence d'âge qu'à l'Assemblée il a toujours été très courtois avec moi y compris quand je présidais les séances de l'Assemblée nationale et que je reconnais chez Jean-Luc Mélenchon une puissance culturelle une capacité d'expression une analyse de la société je ne partage je suis loin de tout partager mais tout ce qu'il dit n'est pas à jeter au contraire le côté néo-marxiste le côté antilibéral le côté caricatural de il faut faire payer les riches etc moi je suis un libéral de formation je ne partage pas cette analyse de gauche alors je ne sais pas s'il faut la qualifier en tout cas néo-marxiste c'est comme ça que je vais l'appeler mais par contre ce qu'il a dit sur la puissance maritime de la France et l'atout que représenterait la puissance maritime de la France j'ai été ministre des Outre-mer je mesure combien avec 12 millions de kilomètres carrés de zones économiques exclusives maritimes on est une puissance maritime et on n'en fait rien si on a nommé une ministre de la mer dans le dernier gouvernement enfin bon je n'ai pas vu beaucoup de résultats c'est des atouts qui sont des atouts français mais je ne voterai pas pour Jean-Luc Mélenchon je ne voterai pas pour Marine Le Pen entre ça il y a un peu de marge on verra
si Jean-Luc Mélenchon est au deuxième tour vous votez pour Jean-Luc Mélenchon
face à qui ?
face à Marine Le Pen
ça c'est un vrai sujet ça c'est un vrai sujet en tout cas je ne voterai pas Marine Le Pen
vous ne voulez pas dire que vous allez voter Mélenchon
je préférerais qu'il ne soit pas au deuxième tour pour m'offrir un choix plus en rapport avec ce que je souhaite
vous êtes libéral c'est ça ? ça veut dire quoi libéral ? ça ne veut plus rien dire maintenant ?
ça ne veut plus rien dire ça ne veut peut-être pas dire la même chose que ça ne voulait dire au siècle dernier mais ça veut dire que je suis pour la libre entreprise la concurrence que je suis attaché aux libertés individuelles que je suis pour un état qui ne vienne pas empiéter en permanence sur les libertés individuelles si ça veut dire encore des choses
la régulation des marchés financiers qu'est-ce que vous en pensez ? la régulation des marchés financiers
la régulation des marchés financiers c'est pas très libéral ça non ? c'est pas libéral de réguler les marchés financiers mais libéralisme ne veut pas dire absence de régulation la liberté elle peut être régulée c'est l'interdiction qui est mauvaise et pour réguler les marchés financiers il nous manque un outil ça s'appelle le courage ? non !
ça s'appelle un outil à la dimension des marchés financiers qui sont internationaux et qui dépachent les frontières et au fond les grands sujets j'évoquais tout à l'heure vous m'avez coupé dans mon élan mais quand Hollande disait vous allez voir la finance on va la maîtriser mais l'homme politique devra avoir le courage de dire à l'échelon des pays la finance j'y peux rien ça me dépasse ça passe au-dessus ça dépasse les états regardez comment on court après les GAFA pour essayer de leur faire payer des impôts quelque part on voit bien que ça participe d'ailleurs à ce que l'homme politique ne soit plus crédible c'est qu'au fond l'homme politique qui vient dire aux citoyens votez pour moi j'ai du pouvoir je vais changer les choses au fond le citoyen il sait très bien que l'homme politique a de moins en moins de pouvoir et qui court derrière des phénomènes qui sont mondialisés la mondialisation elle a mondialisé des phénomènes après lesquels on court et la finance elle est devenue mondialisée vous avez un gouvernement mondial qui peut juguler la finance ?
non ?
un pays peut-être que la finance est devenue le gouvernement mondial non ? mais peut-être mais peut-être quand est-ce qu'on envahit le Luxembourg avec nos chars ?
alors je ne sais pas mais je ne vois pas le Luxembourg en matière financière l'Europe a quand même passé des gros coups de rabot donc je pense que les sources de la finance folle elles vont plutôt être dans l'Angleterre et sorties de l'Europe et dédouanées des règles européennes qu'au Luxembourg
vous connaissez le Luxembourg ?
je n'y suis jamais allé mais j'ai rencontré à plusieurs reprises le premier ministre du Luxembourg mais je n'y suis jamais allé
du coup il est temps ah oui il faut arrêter de vous frotter les bras oui c'est ça j'ai bien compris
que ça faisait du bruit
donc revenons
ça traduit peut-être quelque chose
que vous avez les mains sèches qu'il faudrait un peu de crème c'est ça ?
non peut-être je ne sais pas je m'inquiète ou je ne sais pas
non non vous n'êtes pas très inquiet on va peut-être monter le niveau
c'est vous qui pilotez si vous allez trop moi je ne respirerai plus donc vous m'aurez perdu
si il y a le général de Villiers au deuxième tour face à Jean-Luc Mélenchon vous votez quoi ?
j'écris des romans donc c'est bien mais je ne suis pas posé cette question mais je vous promets je viendrai vous dire ce que je ferai mais je serai bien embêté
qu'est-ce que vous pensez du général de Villiers ?
je pense que je n'aime pas les donneurs de leçons
vous lui ai donné quelle leçon ?
j'ai trouvé que son attitude au moment de l'élection d'Emmanuel Macron et sa démission sur le thème comment un politique a osé me parler moi chef d'état-major des armées qui n'ai d'ailleurs jamais gagné de guerre puisqu'il n'y a plus de guerre sur ce sujet m'a gêné parce que moi je considère que l'armée les armées sont un grand corps que je suis très respectueux des militaires mais qu'elles sont soumises à l'autorité politique et que le politique quand il décide l'armée elle obéit quel que soit le politique l'armée doit obéir et j'ai trouvé son attitude m'a gêné oui à titre personnel
c'est de la sécession
je ne sais pas c'est de l'orgueil à mon avis
c'est peut-être ça être français non ? c'est quoi être français pour vous ?
alors c'est peut-être être orgueilleux oui peut-être c'est vous qui me l'avez soufflé être français c'est sans doute je ne sais pas parce que je ne veux pas faire un truc lyrique on a le temps
vous pouvez chanter si vous voulez
être français je pense que c'est partager une histoire c'est moi je suis très amateur d'histoire j'écris plusieurs romans historiques donc je pense que on n'est pas français si on ne s'empare pas de l'histoire je n'ai pas dit on peut venir d'ailleurs et être français pour s'emparer de l'histoire de France pour s'emparer de ce qui fait nos racines c'est quoi qui fait nos racines ?
l'histoire ? c'est la lettre de Guy Mocké c'est quoi ?
c'est tout à la fois c'est Clovis c'est Napoléon c'est Guy Mocké c'est De Gaulle c'est Simone Veil c'est tout ce qui forge au fond ce qui est notre fierté et peut-être notre orgueil disent les étrangers en disant les français vous êtes orgueilleux mais qui est aussi le fait qu'un pays qui aujourd'hui n'est plus un très grand pays en matière de démographie dans le monde reste un pays qui compte encore autour de la planète et quand on va dans n'importe quel pays du monde être français c'est pas rien
c'est pas mal ça être français c'est pas rien être français c'est un état d'esprit non ?
être allemand c'est aussi un état d'esprit j'imagine donc je suis pas sûr qu'il faille se différencier comme ça en tout cas je pense que je suis pas sûr qu'on soit une nation et que au fond on est pas une nation je suis pas sûr qu'on soit une nation comme d'autres pays sont une nation je pense que on est un état d'abord et que l'état et c'est d'ailleurs un des grands problèmes de ce qui se passe actuellement avec les formes de défaillance de l'état sur la gestion des masques etc sur beaucoup de choses c'est que c'est que c'est pas une défaillance
ça s'appelle une incompétence crasse très bien
ok
on peut avoir un vocabulaire on met trois crans de plus d'accord une incompétence
il faut appeler un chat d'accord
mais j'appelle moi chacun appelle le chat comme il veut vous vous appelez les gros matous moi j'appelle les petits chats la défaillance l'incompétence crasse que vous voulez de l'état mais coûte cher parce qu'au fond sans doute que l'état est un des éléments fédérateurs de la France
la classe de fonctionnaire de fonctionnaire c'est ça c'est ça qui est fédérateur non l'état
au sens où depuis plus de deux siècles depuis Colbert je pense on a incarné l'état comme étant l'être suprême
vous êtes plutôt marat en Robespierre
je suis plutôt marat et je suis plutôt fouqué que Colbert
alors pourquoi plutôt marat
je sais pas c'est l'excès de Robespierre c'est j'ai comme ça le sentiment mais peut-être que ceux qui vont fast checker ce que je dis vont me démentir que Robespierre était plus sanguinaire efficace sanguinaire
est-ce qu'on va repasser par cet épisode où le politique aura tellement provoqué le peuple français que nos vieux démons vont se réveiller c'est possible
c'est possible c'est possible que les démons français se réveillent c'est possible qu'on aille vers un choc de type entre guillemets révolutionnaire même s'il faut manier ce mot avec prudence sur ce sujet c'est pas impossible est-ce que vous pensez que notre état certains d'ailleurs parient là-dessus certains espèrent là-dessus vous parliez de Mélenchon ils espèrent la révolte du peuple oui mais
Mélenchon l'a reçu quand on écoute la perception des médias sur Mélenchon on a l'impression de ça y est c'est un troskis léniniste à soi fait de sang Mélenchon je pense que c'est un gars qui est capable de respecter sa parole c'est-à-dire que s'il ne respecte pas son programme il sait qu'il se fera casser les genoux et qu'il assumera
j'ai jamais dit le contraire d'accord un moi j'ai dit que son programme néo-marxiste n'était pas ma tasse de thé et deuxièmement une des voies qu'il espère pour prendre le pouvoir est une voie qui ne serait pas une voie purement démocratique mais qui pourrait être d'essayer de surfer sur une vague révolutionnaire sur ça ce qui est d'ailleurs un peu le défaut de la gauche souvenez-vous ou souvenons-nous de Mitterrand en mai 68 se disant le montant est venu je vais prendre le pouvoir grâce à la révolution du peuple donc voilà c'est tout ce que j'ai voulu dire
bon revenons à nos moutons nos hommes politiques notre administration ça commence à cafouiller un peu et ça se voit maintenant ça se voit ça se sent les masques ont montré leur degré d'incompétence le mensonge politique est arrivé sur la place publique ils se sont fait prendre la main dans le sac le coup des masques machin moi je sais pas le mettre vous avez été porte-parole de quelque chose de l'UMP ouais c'est quelque chose oui c'est quelque chose c'était quelque chose non ? c'était quelque chose c'était un parti politique mais non c'est plus rien
ah bah l'UMP ça n'existe plus ça s'appelle les républicains ouais c'est pareil bah c'est un peu plus de 100 000 personnes qui se mobilisent pour essayer de porter une idée collective
l'UDI c'est quoi ?
l'UDI c'est un peu plus c'est un peu plus de 10 000 personnes qui se mobilisent pour porter c'est la droite molle c'est ça ? non c'est la droite
c'est le côté un peu aussi pertinent qu'un filet d'eau tiède c'est quoi ?
c'est un peu
les socialistes
je ne sais pas comparer ça l'UDI c'est fondé sur l'idée d'une droite européenne convaincue écolo et très ouverte sur les sujets de société
restez à l'écoute on va bientôt parler d'Europe revenons revenons un petit peu sur notre notre pays on est en cours de tiers-mondisation on a une classe de politique qui ressemble plus à une classe de politique d'Afrique centrale ou d'Amérique du Sud ça commence à se voir à la récession c'est un peu comme la mer qui se retire on est en train de voir qui est en short la France va où dans les 5 ans à venir ?
je ne sais pas je ne sais pas pourquoi vous ne savez pas ?
parce que vous ne pouvez pas tabler sur les politiques qui nous dirigent parce que vous ne faites pas confiance à notre administration parce que vous connaissez déjà les paramètres économiques
parce que parce que vous n'avez pas
envie de vous prononcer
non non si j'avais envie de me prononcer je me prononcerai je vous dirai je n'ai pas envie de me prononcer non je ne sais pas sincèrement parce que je pense que nous sommes à la fin d'un cycle de l'histoire de notre pays sans doute plus largement d'ailleurs de l'histoire de l'humanité que le nouveau cycle n'est pas encore complètement posé et que nous avons un modèle vieillissant qui peut se traduire par les propos que vous avez tenus des institutions vieillissantes une organisation administrative vieillissante un système social fiscal je ne vais pas revenir sur ce que j'ai dit en début d'entretien qui est vieillissant qui est compliqué qui date d'une autre époque quand on pense que notre constitution date il y a plus de 63 ans aujourd'hui le monde a changé de façon absolument conséquente qu'il y a une exigence de l'opinion de changer tout ça et à la fois une frilosité quand il s'agit de changer les choses c'est à dire que dès qu'il y a une réforme peut-être qu'elles sont mal menées peut-être qu'elles sont mal expliquées peut-être qu'elles ne sont pas pédagogiques
mais dès que vous
voulez réformer quelque chose
il s'appelait le monsieur qui disait qu'il n'était pas assez pédagogique Jean-Paul Delevoye on va demander à la communauté de nous retrouver ça
ce que je veux vous dire pour répondre à votre question dans les 5 ans qui viennent je n'aurai pas des propos aussi catégoriques que ceux que vous évoquez et des comparaisons aussi fortes que ceux que vous évoquez sur le tiers-monde etc c'est pas la vérité c'est pas ma vérité c'est votre vérité c'est votre façon d'exprimer disons que moi j'exprime des choses avec peut-être un peu plus de nuance
alors je vais vous mettre les yeux en face des trous
mais
on se met les yeux en face des trous j'ai les yeux en face des trous mais avoir les yeux en face des trous ne dit pas qu'on peut manquer de nuance moi j'aime la nuance tout n'est pas mais vous avez c'est bien de répéter en gimmick un certain nombre de dictons qui sont tous très intéressants mais sur ce sujet j'ai une vision qui c'est qui ?
Gilles Le Gendre
Gilles Le Gendre j'ai une vision qui n'est pas qui n'est pas aussi aussi caricaturale pourquoi caricaturale ? mais parce que je pense que de dire qu'on est en voie
quand on voit des étudiants faire la queue pour avoir à manger dans des proportions mais quand on voit
des gens qui sont dans la rue avec des présidents de la république et les uns et les autres on dit c'est insupportable je veux plus personne dans la rue sur ce sujet quand on voit vous découvrez la misère celle des étudiants elle est insupportable mais elle n'est pas plus insupportable que celle des restaurants du coeur ou de la croix rouge où depuis 20 ans on nourrit des gens parce que la société a du mal à le faire enfin je veux dire que d'un seul coup on a l'impression de se dire oh là là c'est insupportable
on est d'accord on est en voie de tiers mondialisation
mais on n'est pas en voie de tiers mondialisation parce qu'on soigne parce qu'on vit de plus en plus vieux parce qu'on a une société où par rapport à la société d'il y a 50 ans tous ceux qui ont vécu la société il y a 50 ou 60 ans on vit différemment et on vit quelque part mieux c'est pour ça que je n'aime pas les mots excessifs mais non mais je ne vous les reproche pas je vous donne la liberté c'est excessif de dire que la France se tiers mondise et est-ce que c'est excessif de dire que ça dépend de ce qu'on met derrière le mot tiers mondialisation sur ce sujet ça dépend des définitions des mots sur cette question là je respecte les visions y compris les plus fortes comme les vôtres et je veux garder ma liberté c'est peut-être pour ça que je suis un libéral d'avoir des expressions qui soient peut-être moins brutales mais je voudrais répondre à votre question dans 5 ans il va se passer quoi sur ce sujet là je ne sais pas parce qu'effectivement nous sommes au bout d'un modèle parce qu'effectivement il y a et la crise de la Covid est venue accélérer un phénomène avec de la dépression et de la colère potentielle face à ce que vous évoquez sur ce sujet parce qu'effectivement les hommes politiques sont les boucs émissaires de tout ça et au fond il faut bien des boucs émissaires assumons qu'on est des boucs émissaires parce qu'effectivement aussi la société refuse de regarder ses défauts individuels c'est-à-dire que le collectif l'individu considère que le collectif va mal mais refuse cet effort personnel pour dire moi qu'est-ce que j'ai fait pour essayer de participer à tout ça et que le monde qui vient est un monde d'inquiétudes dû au réchauffement climatique dû aux incertitudes économiques dû aux pressions politiques et religieuses qui surfent sur tout ça pour faire leur beurre et qu'effectivement il peut sortir de tout ça ou des urnes ou de la rue le pire j'espère pour ma part et pour mes enfants qu'il sortira le moins pire ou le meilleur mais il peut sortir le pire tout est possible
quand on voit Amnistie Internationale écrire un papier comme quoi la France a effectué des arrestations arbitraires ça vous fait penser à un pays du tiers monde ou pas ?
ça me fait penser aux pays qui sont accusés d'avoir effectué des arrestations arbitraires le tout est de savoir dans quelle proportion je ne dis pas qu'une arrestation arbitraire est acceptable mais c'est à savoir dans quelle proportion et est-ce que ce sont des arrestations arbitraires qui ont abouti sur un jugement arbitraire et sur des emprisonnements arbitraires ou est-ce que ce sont simplement des arrestations arbitraires voilà je pense que comparaison n'est pas raison et que les rapports d'Amnistie Internationale ou des défenseurs des droits de l'homme sont très importants
qu'est-ce qui utilise ces petits proverbes ? qu'est-ce qui utilise ? comparaison n'est pas raison on est d'accord
ça vaut bien il faut appeler un chat un chat
d'accord
comme expression
on va monter un petit peu alors
alors montons
d'accord les plaies les plaies de guerre sur les gilets jaunes ça vous fait penser à un état tiers mondiste ou pas ?
ça me fait penser à des enfin l'épisode des gilets jaunes et les plaies de guerre sur les gilets jaunes et les destructions causées par ceux qui se sont emparés du combat des gilets jaunes pour détruire
une petite un petit effet de manche on parle des plaies de guerre
mais je ne fais pas attendez ne me jouez pas le journaliste je ne suis pas journaliste ou ne me jouez pas l'intervieweur plein de dialectiques qui dès qu'il y a quelque chose que je dis qui ne vous convient pas me dit ne faites pas un effet de manche je fais les effets que je veux ou alors je suis plus libre de dire ce que je veux donc effectivement au moment des gilets jaunes j'ai été choqué par les destructions la violence qu'elle soit venue de ceux qui se sont emparés des gilets jaunes que de ceux et il y a un débat parlementaire ce qui prouve quand même qu'on est un pays qui avance sur ce sujet il y a un débat actuellement sur ce qu'on a appelé les LBD qui ont causé ces blessures et sur lequel effectivement le pays j'espère va faire marche arrière parce que la violence de l'état elle est encore moins supportable que le reste de la violence mais je ne vais pas nier pour autant qu'il y avait un climat de violence et qu'au nom des gilets jaunes on a cassé détruit brûlé et failli tuer des gens dans des incendies à Paris qu'on a tous à l'esprit ça existe aussi voilà c'est pas parce que ça dérange que ça n'existe pas ça ne dédouane pas les LBD mais ça existe aussi c'est peut-être pour ça que je suis centriste parce que j'essaye c'est pour ça que vous avez été politique
non ? non pourquoi ? bon revenons à notre question pourquoi ? parce qu'on dit des choses
qui ne correspondent pas à ce que vous pensez non j'essaye pas
de vous mettre mes mots dans votre bouche mais moi non plus
j'aurais beaucoup plus de mal que vous n'en auriez vous d'ailleurs
oui parce que je mâche avant ce qui n'est pas le cas des politiques
moi je mâche pas là je vous sens mais
est-ce que les politiques ont un bon réflexe de déglutition ? oui heureusement est-ce que quand ils avalent ils avalent tranquillement pour voter ou ça se passe bien à chaque fois ?
oui vous allez l'air
un petit peu plus rugueux que la moyenne
non mais je ne sais pas ce que c'est que les politiques d'abord c'est pas c'est comme si on disait les interviewers les youtubeurs les journalistes les médecins enfin voilà il y a c'est pas
pas mal belle défense pas mal
non mais c'est vrai pas mal les politiques alors si vous dites les politiques sont des salauds je ne me sens pas avoir été de ces catégories si vous dites les politiques mettent beaucoup de bonne volonté pour essayer de régler des problèmes compliqués je suis dans cette catégorie tout ça ne soyons pas caricaturales
ok le conseil constitutionnel qui valide des comptes de campagne pourrie ça vous fait penser à un pays du tiers monde ou pas ?
ça me fait penser si c'est le cas à un dysfonctionnement de la plus haute autorité judiciaire de notre pays
vous avez déjà visité un commissariat de police oui ça m'est arrivé ça sent la pisse
pas dans les commissariats neufs mais dans les plus vieux oui hélas
la plupart non ?
oui oui enfin ceux qui sont ça vous fait penser en cas j'ai fait reconstruire le commissariat de ma ville j'ai mis 15 ans pour y arriver donc je mesure les difficultés
de tout ça
mais vous avez fait ça avec votre petite main ?
non j'ai fait ça en étant proche de Sarkozy quand il était ministre de l'intérieur et en allant lui dire c'est le bordel et il faut reconstruire le commissariat de Montreux
quand Nicolas Sarkozy on va prendre votre partenariat avec Nicolas Sarkozy quand Nicolas Sarkozy a fait une loi sur les chiens méchants c'était du populisme c'était quoi ?
c'était un vrai problème en tant que maire je connaissais parfaitement la loi Sars c'est ça ? je ne sais plus quel était le nom de la loi mais je peux vous dire à l'époque j'étais maire que ce n'était pas un problème inexistant
pourquoi ?
sur les chiens dangereux parce qu'il y avait des
vous n'avez pas fait une loi sur les propriétaires ?
c'est-à-dire sur les propriétaires ?
c'est le chien qui est dangereux ou c'est le propriétaire qui est dangereux ?
alors ça c'est un vrai débat mais ce n'est pas un débat pardon ?
ce n'est pas un débat
si c'est un vrai débat parce que certains vous expliquent que c'est le propriétaire et qu'en fonction de la façon dont il élève ou dont il n'élève pas le chien il est dangereux et d'autres vétérinaires vous expliquent qu'il y a des races de chiens par nature plus dangereuses que d'autres je ne sais pas trancher ce débat
quand on voit des infirmières à 1500 euros ou 1300 euros c'est un pays du tiers monde ou ce n'est pas un pays du tiers monde ?
dans les pays du tiers monde il n'y a pas d'infirmières
là on est un peu en galère d'infirmières
je voudrais que les infirmières soient mieux payées je voudrais et je vais répéter ce que j'ai dit au début que tout le prélèvement social qui est prélevé sur la richesse du pays arrive sur le terrain et ne fuit pas en route entre les outils de prélèvement et l'arrivée sur le terrain et qu'on puisse payer mieux nos infirmières qu'on puisse mieux considérer notre personnel de santé mais dans les pays du tiers monde il n'y a pas d'infirmières
les trous sur les routes le fait qu'on commence à avoir des forêts sur nos routes de temps en temps c'est quoi ? ils espacent les pesticides où il n'y a plus de sous pour les pesticides où il n'y a plus de technicien de surface c'est quoi ?
on ne doit pas rouler sur les mêmes routes venez sur les routes de Seine-et-Marne il n'y a pas de trous sur les routes
François Fillon quand il disait je suis à la tête d'un pays en faillite c'est quoi ?
c'était un pays qui était endetté au-delà qu'il est 4, 5, 6, 7 fois plus à cause de la Covid oui on a un vrai souci d'endettement du pays et il y a un vrai débat très politique qui sera sans doute un des débats de 2022 sur la dette qu'on a contractée on la rembourse on ne la rembourse pas on en fait quoi ? on la donne aux générations futures on la met de côté il y a un vrai débat politique là pour le coup
il faut qu'on la répudier la dette ou pas ?
moi je pense qu'il faut rembourser la dette oui et qu'il faut trouver les moyens de rembourser la dette notamment en taxant les produits qui polluent et qu'on importe en masse je suis un des défenseurs du Made in France je pense qu'un des moyens de rembourser la dette c'est sans doute d'avoir un système de TVA kilométrique qui soit un système qui permette de taxer d'une partie de la TVA le produit en fonction du nombre de kilomètres qu'il fait entre l'endroit où il est fabriqué et l'endroit où il est vendu et que cet argent là pourrait servir à rembourser la dette
vous stockez où votre épargne ? moi je n'ai pas d'épargne malheureusement vous gagnez combien en ce moment ?
c'est très variable parce que je suis en libéral donc il y a des moments où je gagne assez bien ma vie à peu près ce que j'avais quand j'étais député et puis des moments où je gagne beaucoup moins ma vie donc c'est...
François Bérou qui essaie de se raccrocher aux branches avec 4000 euros en foyer fiscal c'est la classe moyenne
oui mais c'est un débat ouvert c'est combien la classe moyenne en France ? c'est un débat ouvert par François Hollande à partir de quel moment on est riche on n'est pas riche qu'est-ce qui est riche pour celui qui n'a rien et qui n'a que vous évoquiez tout à l'heure l'infirmière qui a 1500 euros celui qui gagne 15 000 euros il est riche pour celui qui gagne 30 000 euros celui qui gagne 15 000 euros il est moitié pauvre tout ceci est très relatif ce qui est intéressant de voir c'est la pyramide des rémunérations et moi je fais partie du haut de cette pyramide
0,1% ?
pardon ? du 0,1% ? je ne sais pas si c'est le 0,1% ou si c'est au plus mais je fais partie du haut de cette pyramide ce qui fait d'ailleurs que je suis taxé dans mes impôts à plus de 40% voilà je paye des impôts et je suis du haut de cette pyramide je travaille beaucoup aussi et je n'ai l'impression de voler personne alors travaillant je parle de mon activité libérale personnelle et pas de ce que je pouvais toucher à l'époque où j'étais politique c'était bien moins important vous faites tout seul votre comptabilité ? non j'ai un comptable
vous payez combien ?
370 euros par mois
on va parler un peu de la France là non ?
je crois qu'on en a parlé pas mal mais on peut encore en parler
ça c'était les préliminaires hein ? c'était les préliminaires mais c'est parfait donc vous vous agitez beaucoup en ce moment avec une pétition qui est pour sauvegarder le drapeau français pour les entreprises françaises qui produisent en France ouais c'est ça ?
alors je ne sais pas si je m'agite beaucoup ah si vous agitez je m'agite c'est ce qui me fait le plaisir d'être invité ce soir chez vous je ne sais pas si c'est un plaisir d'ailleurs on verra à la fin mais non c'est moi je je pense que produire en France c'est un projet de société je pense que notre pays manque de projets collectifs que ça fait longtemps que les hommes politiques recherchent le graal qui pourrait rassembler le pays du plus modeste au plus riche du plus éloigné du monde urbain au plus rural autour d'un projet collectif pour avancer ensemble je pense que produire en France c'est un projet collectif du plus modeste qui produira des légumes dans son jardin au plus grand industriel qui produira des avions des trains de l'ingénieur à l'ouvrier je crois dans la France des usines je pense qu'on a commis les politiques mais aussi le capitalisme a commis une erreur majeure en pensant qu'on pouvait garder dans les pays dits occidentaux le design la recherche l'innovation les ingénieurs et puis que tout le reste ça pouvait partir dans les pays low cost que c'était pas grave on a commis une erreur majeure
on rappelle que la France est le pays occidental qui s'est le plus désindustrialisé depuis les 40 dernières années oui
c'est exactement ce que je dis on a commis une erreur majeure qu'on en a payé les conséquences en termes d'emploi
les français ont oui le pays la France les politiques ils ont payé quoi ils ont pris leur retraite tranquille tout se passe bien
ok ok le on a besoin de chaper l'expiatoire de nos fautes collectives donc si vous voulez me redonner le fouet que je me flagelle en disant c'est ma faute c'est ma très grande faute ok les politiques ils vont très bien alors que le reste va très mal j'essaye d'élever le débat vous vouliez l'élever si on reste si l'ensemble de notre débat c'est on est un pays en voie de tiers mondisation les politiques sont des menteurs et sont des pourris et c'est toute leur faute vous avouerez qu'on reste quand même au ras des pâquerettes
j'ajoute encore plus c'est comment on les rend responsables
j'aimerais comment on les rend responsables d'abord ils sont responsables parce que tous les 5 ans ils passent à la moulinette d'être élu ou pas élu oui mais c'est c'est une forme de responsabilité sur ce sujet et puis il y a des outils judiciaires qui peuvent quand ils ont dérivé les rendre responsables et le passé récent a montré que des politiques pouvaient finir en prison même si ça n'est qu'une toute petite partie ça prouve quand même que la machine peut fonctionner j'aimerais qu'on reste sur le produire en France sur cette idée de mobilisation collective moi je crois que un des modèles de développement de notre pays ce sera une France des usines des ateliers de la production et je quand j'ai quitté l'Assemblée nationale je me suis dit je vais mener ce combat de Médine France la production française des usines des ateliers des ouvriers de cette France qui n'est pas la France des villes qui est la France des gilets jaunes les usines elles ne sont pas dans les métropoles ou très peu les usines elles sont dans le milieu rural ou dans le milieu suburbain les usines c'est celles qui font vivre les cantons c'est celles qui font vivre les départements et ce n'est pas du tout le cœur des métropoles qui elles sont marquées par les services par la distribution et pas par les usines et ce combat là je le mène de plusieurs manières et effectivement je suis très agacé quand je vois qu'il y a des petits malins qui se disent les français veulent acheter des produits français ils se disent qu'au fond le Médine France c'est écolo et c'est patriote ça donne de l'emploi et que ça fait vivre des usines et qu'il y a des petits malins qui vendent des produits avec du bleu, blanc, rouge alors que les produits ne sont pas français et donc cette pétition que ceux qui nous regardent peuvent signer sur change.org je fais un peu de publicité en direct cette pétition elle a pour vocation de demander comme l'ont fait les Suisses une loi pour dire que quand on met un drapeau français sur un produit il faut que ce soit un produit français c'est basique les Suisses ils ne sont pas en Europe non ?
c'est pour ça qu'ils ont pu faire une loi ?
nous on est en Europe c'est pour ça que je dis que vous agitez parce que Montebourg il s'est agité aussi il a essayé il est monté à l'Europe il a dit bon on va faire un peu de protectionnisme économique en l'occurrence le ministre allemand de l'industrie lui a dit écoute mon gant t'es bien gentil mais moi si j'avoue que les Porsche elles sont faites à Bratislava ça va être compliqué
et bien moi je dis au ministre allemand qui a dit ça que le 21ème siècle sera celui de la transparence et de la traçabilité et que s'il veut cacher que les Porsche sont faites à Bratislava un jour qu'il ne sera pas fait comme un autre le consommateur le découvrira et la marque Porsche sera morte comme la marque qui fabriquait vous savez les fameux lasagnes au bon goût d'Italie avec la viande de cheval qui venait des pays de l'Est de la sauce tomate qui venait de Chine et de la pâte qui était faite vous avez cité le pays tout à l'heure je vous ai dit que je n'avais jamais visité le paradis fiscal
Luxembourg
voilà la pâte était faite au Luxembourg la marque elle en est morte sur ce sujet donc je pense que la traçabilité et la sincérité sur l'origine des produits sera la grande affaire de la consommation du 21ème siècle
et que l'Europe
devrait avancer à grand pas sur ce sujet devrait alors elle avance un petit pas
ça marche ou ça marche pas ?
ça marche pas mais est-ce qu'on avait est-ce que Mitterrand et Kohl avaient le choix quand le mur de Berlin s'est effondré de dire aux pays de l'Est à qui on chantait depuis des années libérez-vous du communiste vous verrez c'est mieux de l'autre côté du mur de leur dire ah non mais maintenant que vous l'avez fait mes enfants non ben l'Europe c'est pas pour vous parce que c'est ça le fond du débat parce que l'Europe a grandi trop vite elle s'est déséquilibrée elle n'a pas adapté ses institutions à une Europe qui était bâtie pour être à 15 ou 17 et qui est passée à 27 mais c'est bien parce qu'il y a eu un phénomène politique et que là on a eu deux dirigeants Helmut Kohl et François Mitterrand qui ont dit venez et on a déséquilibré le système et l'Europe elle s'est arrêtée à cause de ça et l'Europe elle ne fonctionne plus à cause de ça aujourd'hui donc moi je suis un Européen convaincu parce que quand je regarde le monde je me dis la France a 60 millions on ne pèse pas lourd par rapport aux 250 millions d'Américains aux milliards et quelques de Chinois à l'Inde etc mais l'Europe il faut aujourd'hui ça ne marche plus ça c'est vrai
et les 80 millions d'Allemands ils pèsent plus non ?
ils pèsent plus économiquement sur ce sujet même si il n'y a jamais rien de définitif sur cette question mais ils pèsent
on fait quoi ? on réforme l'Europe on ne réforme pas l'Europe on sort de l'Europe ?
on a trois solutions solution 1 on reste comme ça on a un machin ça fait des petits pas mais on n'avance pas c'est possible je ne dis pas que c'est mon choix solution 2 on va en arrière chaque pays se referme sur lui c'est un immense exit de tous les pays
pourquoi vous dites refermer ? pourquoi vous présentez ça avec un vocabulaire négatif ?
parce que quand vous êtes sur un pays vous avez bien vu ce qui s'est passé avec l'Angleterre ils sont bien renfermés derrière leurs frontières ils ont remis des barrières du protectionnisme et quand vous allez en Angleterre
c'est sale le protectionnisme ?
le protectionnisme c'est les contraintes que vous mettez aux frontières oui alors soit vous les montez aux frontières de l'Europe soit vous les mettez aux frontières des nations c'est pour ça que je dis renfermer sur ce sujet et soit on va vers cette voie là soit troisième solution on réorganise le système ça veut dire qu'il faut remettre tout à plat qu'il faut travailler avec les pays qui sont les plus proches des uns des autres et qui peuvent être intégrés c'est les fameux projets d'Europe à plusieurs étages à plusieurs vitesses avec des politiques qui sont très intégrées pour les uns et pas pour les autres moi je plaide pour un truc sur l'Europe et quand j'ai une chose qui me semblerait être un déclencheur un truc bête basique aussi bête que d'interdire le drapeau français pour des produits qui ne sont pas français
les bases
un truc mais qui d'une puissance absolue moi je voudrais que lorsqu'on vote pour les députés européens qu'on appelle tous les européens à venir choisir leur parlementaire européen en même temps on vote pour un président de l'union européenne qui soit élu au suffrage universel des européens parce qu'aujourd'hui l'Europe elle n'a pas de visage il n'y a pas de responsable et la présidente de la commission européenne qui est mise en cause aujourd'hui sur les vaccins elle est nommée elle n'est pas élue alors elle est validée par le parlement il y a un process qui s'est un peu amélioré dans le temps mais moi je pense que si on avait le courage de se dire si on veut faire l'Europe on élit des parlementaires européens et en même temps le président de la commission pas en lui donnant plus de pouvoir mais il est élu et aujourd'hui on voit bien qu'il y a des partis politiques qui sont devenus européens oui ils sont tous dans des alliances européennes il n'y a pas de parti politique ils se sont tous regroupés pour compter au parlement européen et bien je pense qu'on changerait les choses parce qu'on donnerait un responsable une incarnation et le président élu de la commission européenne par les européens il aurait la capacité de tirer son bilan de dire j'ai fait j'ai bien fait j'ai pas bien fait etc je pense que ça pourrait changer beaucoup de choses pour aller de l'avant en matière européenne bien sûr c'est une proposition que nous avons faite à certaines reprises à l'époque où je m'occupais de politique qui trouve beaucoup de freins y compris chez les présidents de chacun des pays qui se disent mais on veut pas un super président plus légitime que nous mais si on veut faire avancer l'Europe peut-être que cette mesure là je dis pas toute seule mais ce serait déclencheur symbolique pour changer la donne
la Turquie dans l'Europe
moi j'ai toujours été favorable à l'entrée de la Turquie dans l'Europe je faisais partie des rares qui dans ma famille politique étaient favorables je me suis fait pourrir la tête pire qu'avec vous par Nicolas Sarkozy et d'autres
on va pas commencer à vous pourrir la tête là c'est encore gentil
bon bah ça va donc je me suis fait pourrir la tête par Nicolas Sarkozy à l'époque qui était très très anti entrée de la Turquie je pense que maintenant c'est trop tard je pense qu'on a amusé le peuple turc pendant des années en lui disant vous allez venir vous allez venir et que en fermant brutalement la porte de l'Union Européenne à la Turquie on a créé une situation de de de de de tension qui n'est pas bonne à nos frontières voilà moi je considérais que l'Europe elle pouvait alors il y a tout le débat sur la partie de la Turquie qui est européenne Istanbul le reste de la Turquie moi j'ai été j'assume un partisan de l'intégration de la Turquie dans l'Union Européenne je crains malheureusement que ce ne soit plus possible aujourd'hui
pour des raisons de terrorisme de radicalisation d'Erdogan pour des raisons
politiques globales pour des raisons de rejet effectivement pour des raisons au regard des conflits qui se sont déroulés aux portes de la Turquie et qui pèsent sur la vie politique turque pour plein de raisons
alors là on me demande de vous secouer un peu vous trouvez qu'on vous a pas assez secoué qu'on a été gentil
ça va
la chaise est confortable
pour l'instant ça va pourquoi l'électrique
non l'électrique est-ce que vous avez des rêves un peu
oui plein plein j'ai plein de rêves d'écrire des romans parce que j'adore écrire des romans des rêves personnels ou des rêves politiques publics je vous demande pas
vos rêves érotiques non non
ça cela mais non non j'ai plein de rêves pour mon pays pour des choses qui me passionnent sur des combats que je mène j'ai parlé du made in France je pourrais vous parler des combats que j'ai pu mener sur le le végétal le végétarien sur toutes ces questions oui j'ai plein de rêves heureusement que j'ai des rêves sinon je serais je serais je serais un astre mort
un astre mort c'est on dirait Macron non non Macron vous avez quel avis sur Macron je vois que vous grattez un peu le nez
quel est mon avis sur Macron moi je suis j'ai son audace m'a fasciné son audace politique ah ouais il fallait avoir l'audace pour pour bousculer
l'immaturité peut-être
moi j'appelle ça de l'audace on appelle ça comme on veut il y a une forme de culot mais qui est peut-être dû à ce que vous évoquez mais qui est une forme de culot mais en tout cas et au fond je me dis aujourd'hui dans la classe politique française il y a quelqu'un qui ferait mieux
je ne suis pas sûr Nicolas Sarkozy il ferait mieux ou pas je ne suis pas sûr pourquoi ?
parce que je pense que on est dans un monde de zapping et quand on a été on n'est plus quand on a quitté la vie politique on n'y revient pas et que les temps sont extraordinairement compliqués ce qui pèse sur les politiques est lourd que la défiance est très forte pour plein de raisons qu'on a expliquées quand Macron
il dit venez me chercher il ne se rend pas compte qu'il est en France
oui d'accord
il ne se rend pas compte qu'il est en France c'est une provocation à l'un des seuls peuples qui a pratiqué le régicide
il ne se rend pas compte que la petite phrase sortie de son contexte peut avoir une violence inouïe et que toutes les petites phrases sont des bombes à fragmentation et qu'effectivement quand on fait de la politique c'est très compliqué on ne peut plus rien dire sans courir le risque que la petite phrase soit extraite et vous revienne dans la figure en boomerang ça a commencé avec Chirac sur le bruit et l'odeur
ça fait une belle chanson d'ailleurs
oui mais je veux dire que c'était le début mais ça s'est amplifié avec on va les passer au Karcher avec toutes ces petites phrases qui sont revenues en boomerang
descendant traverser la rue
oui vous voyez je ferai encore de la politique je ne suis pas sûr que je pourrais entre guillemets me risquer dans un exercice comme celui qu'on fait ce soir pourquoi ? sans prendre le risque de sortir la petite phrase qui revienne en boomerang là je suis libre je m'en fiche s'il revient une petite phrase en boomerang je n'ai rien à vendre politiquement j'entends
un politique c'est un camelot c'est ça ? c'est un ? un camelot il a des trucs à vendre il a surtout à vendre quoi ?
non un politique c'est quelqu'un qui essaye d'expliquer qui essaye d'expliquer un monde complexe par des mots simples et qui et oui bah oui pour que ça tienne dans le format parce que ce soir on a du temps et c'est précieux et c'est agréable de pouvoir dérouler j'espère que les gens regarderont le plus longtemps possible mais quand vous avez 3 minutes 50 quand vous avez pourquoi aller là-bas alors ? parce que vous ne pouvez pas faire autrement c'est quoi ? c'est du tapinage médiatique ?
mais parce que vous ne pouvez pas faire autrement parce que la vie démocratique elle s'incarne par une démocratie d'opinion et que l'opinion vous ne pouvez pas passer à côté en disant je ne veux pas entendre l'opinion
c'est quoi l'opinion ?
c'est ce qui est forgé à travers le prisme des médias des médias des réseaux sociaux d'ailleurs pour moi médias réseaux sociaux c'est la même chose le prisme ou des micros ou des écrans qui fait que votre parole va frapper un nombre de cerveaux conséquents vous ne pouvez pas faire autrement
revenons au Made in France fabriqué en France est-ce qu'il ne faudrait pas commencer par payer ses impôts en France ?
oui oui bien sûr c'est mieux quand on paye ses impôts en France
vous payez vos impôts en France ? oui oui vous avez toujours payé vos impôts en France ?
toujours
je me gratte mais ce n'est pas parce que c'est assez j'ai toujours payé mes impôts en France je n'ai jamais payé des impôts en dehors de la France et j'ai toujours considéré que je payais beaucoup d'impôts d'ailleurs quand on paye des impôts on trouve toujours qu'on en paye trop
pas mal pas mal revenons au Made in France on fait quoi ?
on fait une petite pétition à 1000 signatures puis on va voir Macron il dit bon écoute Macron tu ne te rends pas compte j'ai 1000 signatures puis après on va aller voir l'Europe et l'Europe il va faire ses biens Yves quand on a regardé un petit peu ce qui se passait autour de notre actualité on s'est dit encore un politique qui va surfer sur le Made in France mais je ne suis pas politique c'est pour ça qu'on vous a fait venir je ne surfe pas c'est une conviction c'est une conviction vous avez fait un rapport en 2010 pour Nicolas Sarkozy à propos du Made in France ou du Produire en France oui à propos du même sujet mais c'était en 2010 c'est un énième rapport payé avec notre pognon qui a servi à rien
alors d'abord c'était payé avec votre pognon au sens qu'à l'époque je vivais sur l'argent public oui sur ce sujet mais ce rapport on en a extrait une chose qui est d'avoir créé une certification qui s'appelle la certification Origine France Garantie qui est la seule certification qui permet de garantir l'origine des produits on s'est inspiré des Suisses parce qu'ils ne sont pas dans l'Europe en créant des critères qui sont assez exigeants et en créant un process où ce n'est pas l'entreprise qui dit mon produit il est français c'est un organisme extérieur qui vient qui fait les vérifications qui est payé par l'entreprise comme tous les organismes de certification mais qui fait un rapport note pour dire ce produit il est français il n'est pas français et s'il est français au titre des critères qu'on a fixé il y a le tampon le label Origine France Garantie ça ça existe c'est 600 entreprises qui s'en sont emparées c'est 3-4 000 gammes de produits et ça crée de l'emploi ça crée de l'activité sur ce sujet ça a permis sans doute d'aider des usines à vivre d'aider des consommateurs à acheter des produits et de la transparence donc si je pensais que tout est vain et que rien ne sert à rien je ne serais pas là je serais dans mon jardin en train de faire pousser mes légumes sur ce sujet je pense qu'on peut faire changer les choses je pense qu'il y a l'opinion publique qui est importante qui est un acteur important de la démocratie d'aujourd'hui elle est assez ouverte elle est prête sur le Made in France à s'engager elle a envie elle souhaite elle a compris les enjeux avant sans doute les politiques et que maintenant il faut bouger le système pour que les politiques puissent faire avancer les choses moi je suis passé du politique élu du politique élu et payé par la nation où j'avais le sentiment de ne pas faire des choses à aujourd'hui comment dire l'homme des organisations non gouvernementales qui veut faire agir les choses de l'extérieur mais oui je pense qu'on peut faire bouger les choses alors effectivement la pétition d'abord elle a un peu plus de 1000 signataires à l'heure où on parle puisque avant d'arriver chez vous j'ai regardé on devait être pas loin de 1700 ou 1800 moi j'espère qu'on sera beaucoup plus nombreux la dernière pétition que j'ai lancée pour les menus végétariens dans les écoles on a fini à 285 000 donc c'est pas si mal que ça et peut-être que si tous ceux qui suivent cette je sais pas sur internet oui oui mais cette interview je sais pas comment il faut dire en tout cas nos échanges sont motivés ils se disent ce serait pas si con de réserver le drapeau français aux produits français et qu'ils vont signer vous avez des centaines de milliers de personnes qui vous suivent peut-être ça peut faire monter et peut-être qu'on peut faire bouger le système peut-être qu'on peut y croire peut-être qu'on peut se dire juste avec un clic on va faire des choses moi j'ai pas renoncé à croire que c'est possible je m'emmerde pas pour mon intérêt personnel je m'emmerde parce que je pense que c'est possible qu'on peut y arriver et que quand je vais visiter l'usine de Haute-Loire qui fabrique des bonnets et qui s'appelle comment qui s'appelle les ateliers PRH qui a un savoir-faire incroyable et que je vois dans le même temps le 15 de France fait faire ses bonnets au Portugal ça me fout les boules voilà sur ce sujet j'ai rien contre le Portugal j'ai rien contre le 15 de France mais je me dis on a des ouvriers on a des gens qui ont un savoir-faire pourquoi on les fait pas bosser pourquoi on retrouve pas un peu de simplicité un peu de bon sens
je peux vous poser une question oui vous parlez de simplicité et de bon sens notre pays notre grand pays la France
non le pays qui est en voie de tiers-mondisation de tiers-mondisation on peut pas être contradictoire en disant qu'on a un grand pays
on a un grand pays tiers-mondisé bientôt c'est ça
on a vu
une entreprise de masques
oui on l'a fermé
en pleine pandémie on achète encore pour 5 milliards de matériel aux chinois
et vous savez
c'est quoi c'est de l'incompétence et c'est quoi c'est un mix
de plein de choses c'est un cocktail de je m'en foutisme d'incompétence d'un capitalisme qui dit on s'en fout autant laisser fabriquer aux chinois on va gagner plus en important qu'en fabriquant nous-mêmes il faut aussi souligner la problématique du monde de l'entreprise lui-même mais qui se suicide le libéralisme
c'est ça
oui enfin le capitalisme échevelé c'est pas que le libéralisme c'est le lapin du gain d'ailleurs quand on rapatrie aujourd'hui la production de masques chirurgicaux c'est des machines qu'on achète aux chinois parce qu'on a perdu le savoir-faire des machines sur ce sujet pour ça que je vous dis que produire en France c'est un projet de société que c'est un projet global que c'est un projet complexe un projet d'une génération c'est se renfermer non pas du tout
je me fais l'avocat du diable
pourquoi d'ailleurs je parle de made in France souvent on me dit fabriquer en France vous dites made in il faut dire fabriquer non je dis made in France exprès parce que made in France vous avez la vision fermée en disant on produit pour nous et on est en autarcie on a tout fermé et on s'enferme sur nous-mêmes et moi j'ai une vision ouverte on est fier de ce qu'on produit on le consomme et on le vend et dans un monde qui s'ouvre et qui a besoin d'acheter et bien on fait circuler nos produits et je vais vous dire attendez je termine un truc non parce que je vais oublier et comme vous êtes très fort pour me perturber je vais oublier produire en France c'est aussi la culture pourquoi ?
parce que quand vous vendez à l'étranger un produit français il a quelque chose de plus qu'un produit qui n'est pas français il a tout l'affect qui est porté par la France et dans cet affect il y a la culture et le rayonnement culturel de notre pays la force culturelle de notre pays elle donne de la puissance à notre industrie
qu'est-ce qu'il nous reste culturellement les français ?
il nous reste beaucoup de choses fermées aujourd'hui mais il nous reste quand même du cinéma du théâtre de la littérature il nous reste quand même une histoire le théâtre politique le théâtre politique ? c'est quoi le théâtre politique ?
c'est ce grand barnum qu'on a tous les jours bon revenons ah d'accord
je me disais les politiques vont reprendre un petit coup j'ai compris un petit coup non mais je veux dire que le français sera une des langues les plus parlées dans le monde à cause de la natalité africaine avec l'anglais dans le siècle qui vient c'est un atout culturel conséquent mais si ça porte pas notre industrie si ça porte pas nos usines si ça porte pas nos ateliers si ça fait le pas du boulot à nos enfants ça sert juste à une élite moi je veux produire en France c'est un projet de société c'est mobilisateur pour toute la société c'est pas une anecdote c'est par un gare c'est mobiliser la société
bien sûr que c'est par un gare c'est sauver la France sauver son tissu économique c'est plein de choses alors il faut dire aux français quoi acheter français parce que notre état ventripotent n'est pas capable de protéger les boîtes françaises donc votez avec votre carte bleue et protéger les boîtes françaises ou il faut dire à l'état sortez-vous un peu les doigts du...
il faut dire les deux il faut dire les deux il faut regarder dans le plan de relance le gouvernement il a mis une petite enveloppe enfin une petite enveloppe non mais petite enveloppe c'est pas l'expression que vous pouvez avoir à l'esprit il a mis en crédit je crois quelques centaines de millions pour les relocalisations pour dire ceux qui ramèneraient des usines en France on va les aider les crédits ont été consommés pour trois ans tout de suite bon mettons plus d'argent lançons le grand défi de dire il faut des usines partout je vais vous raconter
pardon il sort d'où l'argent
il sort des emprunts ah c'est de la dette oui donc c'est bien la dette mais j'ai jamais dit que c'était mal s'endetter ça dépend pourquoi si c'est s'endetter pour créer des usines qui vont créer de la richesse c'est plutôt vachement bien la dette sur ce sujet là je parle beaucoup des Suisses et je vous ai parlé de la législation suisse
et on leur passe le bonjour
et on leur passe le bonjour parce que on les embrasse fort j'ai eu un discours avec un ami suisse qui m'a dit la Suisse c'est la France on se ressemble beaucoup
ça c'est le canton de Vaud ça
c'est le canton de Vaud en disant on est très on est très semblable j'imite mal l'accent mais celui que j'avais il parlait comme ça et il a dit on a une église dans chaque village comme vous mais nous on a une différence avec vous on a aussi une usine dans chaque village c'était très juste et au fond cette France des territoires mais oui les Suisses ils ont un super humour en plus ils produisent et cette France des territoires cette France du rural cette France des oubliés cette France des gilets jaunes elle s'incarne autour des usines elle s'incarne autour des ateliers j'étais il y a quelques c'est ça que la France va si mal j'étais il y a quelques semaines en tournage d'une émission que je fais pour Public Sénat qui fait visiter les usines et j'emmène les téléspectateurs visiter les usines et j'étais dans le Finistère et j'étais dans le taxi entre Quimper et Poules Drosic et Poules Drosic il y a une entreprise qui s'appelle l'entreprise ENAF qui est une entreprise centenaire qui fait du pâté qui a 300 salariés
qui s'est fait attraper par L214 d'ailleurs
qui s'est fait attraper par L214 qui essaye de faire des progrès des efforts sur le bien-être animal et dans le taxi le chauffeur de taxi me dit ah vous venez faire un reportage sur ENAF je lui dis oui alors vous en pensez quoi il me dit heureusement qu'on les a parce que les jeunes ils auraient travaillé où mais tout est dit et cette France du déséquilibre vers l'urbain cette France qui a cru que les services allaient tout régler cette France qui a cru que le commerce allait pouvoir vendre tout sauf des produits français est une France qui s'est appauvrie culturellement économiquement socialement c'est pour ça que je plaide pour la Florence des usines et des ateliers c'est pour ça que je pense qu'on peut y arriver alors évidemment ma petite affaire sur le drapeau bleu blanc rouge c'est une petite affaire mais c'est le déclencheur de quelque chose de plus important et moi j'y crois je crois qu'on peut produire en France qu'on peut être fier des gens qui produisent ceux que j'ai rencontrés ceux que j'ai filmés ceux que j'ai essayé de mettre en avant sont des gens formidables ils sont fiers de ce qu'ils font des chefs d'entreprise des dizaines de noms des entrepreneurs si j'en cite certains et pas les autres ils vont m'en vouloir mais quand vous allez à Fèche-le-Châtel dans le Doubs et que vous voyez l'entreprise Christelle qui est l'héritière du grand groupe industriel Jappy que vous voyez des ouvriers qui vous expliquent qu'un qui travaillait chez Peugeot mais qui pour rien au monde il partirait maintenant de chez Christelle tellement il est fier de ce qu'il fait qu'il est fier de vendre des casseroles qui se vendent dans le monde entier parce que juste elles sont françaises elles sont belles elles sont bien faites quand vous allez à Montjean-sur-Loire à la Manufacture 49 voir une entreprise qui a été créée il y a plus d'un siècle par le groupe Eram aujourd'hui qui est un grand groupe mondial qui a gardé une usine de production de chaussures et que vous voyez des ouvriers qui vous disent on est fier de fabriquer des baskets parce que quand on baisse les yeux au supermarché et qu'on voit des gens qui ont nos baskets on est fier de ce qu'on a fait ça vous donne quand même une autre idée de ce que pourrait être la France que ce qu'on vit aujourd'hui et qu'un pays qui se regarde le nombril qui est malheureux et qui n'a plus de fierté la fierté de produire c'est quelque chose d'important et ça va de l'agriculteur en circuit court qui fait du bio dans son potager jusqu'effectivement aux ouvriers des plus grandes usines
il y a des marques françaises qui ne jouent pas le jeu c'est à dire qui disent voilà on est français mais que derrière ça produit ailleurs et ça stocke ça finance ailleurs alors il y a celles est-ce qu'on peut appeler ça des traîtres
il y a celles qui le font parce qu'elles ne peuvent pas faire autrement parce que si elles ne trouvent pas un équilibre elles ne peuvent plus produire en France et elles essayent de trouver un équilibre le monde est tel qu'il est je le regrette mais il est tel qu'il est puis il y a celles qui sont les gros filous qui fabrissent un tout petit peu en France presque tout à l'extérieur et qui vous rebadigeonne tout en bleu blanc rouge c'est ça que je dénonce quand vous voyez une grande marque française on va citer une grande marque française qui a des actionnaires suisses qui incarne le savoir-faire textile français qui a un logo qui est un crocodile elle n'accouste ne donne pas de nom qui vous vend une paire de baskets avec le crocodile bleu blanc rouge dessus bleu blanc rouge et que quand vous fouillez à l'intérieur de la basket vous découvrez qu'elle est faite au Vietnam c'est les lacoustres elle est faite au Vietnam moi ça me pose deux problèmes le premier c'est le mensonge sur le crocodile bleu blanc rouge
alors il a le droit d'utiliser le bleu blanc rouge
c'est pas un mensonge c'est pour ça que je veux qu'une loi réserve l'utilisation du drapeau bleu blanc rouge aux produits français c'est pour ça que ça me choque et ça me choque il y a une deuxième chose qui me choque c'est que si cette basket avec un ou ce polo mais en l'occurrence c'est une basket avec un produit avec un drapeau bleu blanc rouge il était vendu avec une marge normale il devrait être vendu 40 ou 50 euros parce qu'effectivement il est produit pour 10 ou 15 euros au Vietnam mais il est vendu 140 euros c'est à dire le même prix que la basket fabriquée à Mont-Jean-sur-Loire en France et ça c'est dégueulasse parce que le low cost il bénéficie pas aux consommateurs en l'occurrence il bénéficie à qui ?
pardon ? il bénéficie à qui ? il bénéficie aux importateurs à la marque au système sur sa dividende ? oui sans doute mais je suis un libéral je comprends le système mais le système il s'équilibre par quoi ? le système capitaliste il s'équilibre par la responsabilité de l'acheteur par la transparence de l'acheteur
par le sang des pauvres en général
oui dans l'histoire mais moi je rêve qu'il s'équilibre par une société plus responsable et si je reste sur l'exemple de ma basket avec mon crocodile bleu blanc rouge s'il était dit qu'elle est fabriquée au Vietnam de façon très lisible et qu'il n'y ait pas de crocodile bleu blanc rouge peut-être que le consommateur il dirait une basket faite au Vietnam moi je ne veux pas la payer plus de 50 euros voilà mais on a la même chose avec le maillot de l'équipe de France de football avec les deux étoiles fabriquées en Thaïlande pour 5 euros vendues 80 euros what the fuck c'est quoi ce scandale ? c'est quoi ce scandale ?
et la fédération française couvre son équipementier qui couvre tout le monde alors qu'on pourrait faire et moi je connais des dizaines d'entreprises qui peuvent fabriquer le maillot de l'équipe de France pour un prix raisonnable où ça ? dans le nord chez le maillot à côté de l'île dans plein d'endroits en France qui peuvent fabriquer
broder à Orléans
le même maillot de l'équipe de France qui peut être vendu 80 euros avec une bonne marge pour tout le monde c'est quoi une bonne marge ? ça dépend du type de produit c'est un ennemi à deux deux ennemis mes parents étaient commerçants et à l'époque ils vendaient des vêtements à Besançon et à l'époque
on passe le bonjour à la Franche-Comté au Byzantin
au Byzantin aux gens de Besac
et à Pentus aussi
au passage oui chacun boit l'apéritif qu'il souhaite
et à Métabille
oui bien sûr et aux amis de la Cancoyote qui va devenir IGP
et du et du Montdor
et du Montdor et du et du Vacherin en l'occurrence et du Comté et du Poulsard d'Arbois
il n'y a pas un problème avec l'écologie et le Comté en ce moment là ?
on a un problème si c'est les vaches pètent
non il paraît que le Comté est en train de ravager toutes les rivières
alors je ne sais pas mais
est-ce qu'on ne va pas avoir un problème c'est-à-dire que si on ré-industrie la France comme en Chine on va se retrouver à massacrer comme en Chine
non parce qu'on a justement une réglementation qui est exigeante qu'on peut rendre encore plus exigeante c'est ce qui plombe notre compétitivité les coûts de production mais c'est parce qu'on a un niveau social un niveau sanitaire un niveau environnemental qui est exigeant et qu'au contraire quand on produit en France on pollue moins que quand on produit en Chine et on ne fait pas travailler des enfants ce qui est quand même une vraie différence sur ce sujet
c'est ça ? pourquoi on fait travailler des enfants ? mais pas des mineurs pas des mineurs
revenons à la pollution importée maintenant est-ce que vous y croyez vraiment ? cette réindustrialisation de la France alors que la majeure partie des français tourne autour de 2000 euros que la Chine a subordonné sous-doyer intoxiqué appelez ça comme vous voulez les consommateurs avec des produits de merde c'est pas la Chine qui a fait ça c'est les politiques qui ont laissé la Chine venir chez nous c'est ça ?
par nature j'ai compris que les politiques sont responsables de tout donc on pose ça là les politiques sont responsables de tous les désordres du monde ils sont coupables une fois qu'on a posé là on va s'envoler sur des analyses qu'on va partager ensemble sur des choses un peu différentes vous croyez bien
que la France
qui défiance je vous dis c'est pas la Chine qui a fait ça c'est la grande distribution qui a été chercher des marges plus importantes et qui a été chercher des pays locaux pour fabriquer à moindre coût et pour continuer à vendre à coût moyen et à gagner beaucoup d'argent encore une fois je suis un libéral je constate et je ne reproche pas je dis simplement qu'il y a une défaillance dans l'équilibrage et que la fiscalité peut rééquilibrer ça pourquoi je propose un TVA kilométrique c'est quoi mon idée de TVA kilométrique c'est l'idée suivante c'est de dire on pourrait avoir un taux de TVA qui soit avec un socle à 12 ou 15 et qu'entre 12 ou 15 et 25 ça varie en fonction du nombre de kilomètres qu'a fait le produit pour venir entre l'endroit où il est fabriqué et l'endroit où il est vendu c'est très juste c'est très écolo parce que ça fait vraiment circuit court si vous produisez à proximité vous payez moins que si vous produisez loin nos voisins qui produisent le Maghreb la Turquie qui nous vendent des produits seraient moins frappés que l'Asie qui sont beaucoup plus éloignés beaucoup moins respectueux d'un certain nombre de règles et c'est simple à mettre en oeuvre et là on aurait un levier compréhensible par le citoyen et un levier qui pourrait permettre de rééquilibrer un peu les choses d'ailleurs les politiques comme vous dites tournent autour depuis des années c'est ce qu'on appelle la taxe carbone aux frontières on cherche le graal de ce sujet mais le graal c'est la TVA kilométrique et quand on me dit non mais c'est difficile c'est pas difficile du tout tout celui qui vend dans un supermarché ou sur une plateforme internet il sait de quelle usine sort son produit et on sait calculer le nombre de kilomètres qu'a fait le produit c'est pas difficile à calculer
sur internet c'est quoi la marque de votre montre
c'est une swatch c'est une France bah non c'est une swatch Medin Suisse
ou Medin pas Suisse
en l'occurrence je crois qu'elle est faite en Suisse
parce que c'est le modèle un peu cher
non je crois pas que ce soit le modèle cher ça doit être le modèle à 140 euros
pourquoi vous avez pas une lip ou une deux pancels
alors j'ai une collection de lip parce que comme je viens de Besançon j'ai une collection de lip la Charles de Gaulle la préférée j'ai une montre une montre routine parce que j'aide beaucoup Florian Chausson qui est un jeune très courageux qui est en train de recréer une filière horlogère française 100% française et qui a créé une marque qui s'appelle routine sur ce sujet bah je change de montre ce matin j'ai mis la swatch voilà ça dépend de mes humeurs j'ai pas fait un choix en me disant oh là là je vais aller chez des gens qui vont regarder ma montre donc j'ai mis ma swatch
et votre petit bracelet breloque Scooby-Doo
c'est quoi ça ? c'est ce qu'on donne à l'association Régine France Garantie voilà bleu blanc rouge un petit un petit un petit bracelet pour montrer qu'on est attaché au Made in France il est franc en France
il est fait en France ?
ouais
c'est difficile de s'habiller de s'équiper en Made in France ? oui enfin c'est difficile qu'est-ce que vous pensez de Montebourg ?
mais j'aime beaucoup Arnaud on a eu deux vies politiques un peu parallèles quand il a été ministre nommé par François Hollande j'ai été le voir je lui ai dit tu sais j'ai créé la certification Régine France Garantie ça démarre puisqu'on l'avait créé l'année d'avant bon voilà si tu penses que je ne suis pas apte à la présider parce que je suis un homme de droite moi je suis prêt à laisser les clés parce que je pense que c'est plus important que ma personne il m'a dit mais non je trouve que c'est super on va travailler ensemble et puis quand il est sorti du gouvernement on a mené plein de combats médiatiques ensemble pour le Made in France dans un attelage on a fait le en même temps avant l'heure il y avait en même temps un homme de droite et un homme de gauche sur ce sujet aujourd'hui il est au conseil d'administration de l'association Origine France Garantie puisque le miel bleu blanc ruche est Origine France Garantie et voilà je l'apprécie beaucoup je ne partage pas toute sa vision politique mais c'est quelqu'un que j'aime beaucoup qui est un homme de sincérité
Montebourg versus Macron vous votez quoi ?
ça c'est un piège je ne répondrai pas à cette question sur ce sujet je ne sais pas je ne sais pas il faut voir les programmes les alliances je ne fuis pas la question mais qu'est-ce que vous pensez
de l'affaire Alstom ?
qu'est-ce que je pense de l'affaire Alstom c'est que ça fait partie sans doute des sujets dont on dira dans le futur que ça a été des grands scandales industriels on a laissé faire
ça fait mal non ? oui surtout en plus Alstom General Electric il y en a dans votre région non ? oui oui il y en a partout
bien sûr on leur passe le bonjour d'ailleurs oui ça fait mal et c'est là où quand les politiques coupables de tout parlent d'état stratège il faut que ça s'incarne par des réalités il ne faut pas que ce soit des mots il faut que ce soit des réalités et que moi je pense que l'état a un rôle sur ces sujets-là d'être stratège et d'éviter que les entreprises industrielles françaises ne deviennent les proies d'enjeux qui ne sont pas des enjeux d'intérêt national qui sont des enjeux capitalistiques alors ils existent ils ne sont pas illégitimes simplement l'état il doit réguler vous m'avez posé la question tout à l'heure sur la régulation et en disant le libéralisme c'est l'absence de régulation non le libéralisme c'est la liberté d'entreprendre mais avec une régulation qui fait que les intérêts premiers des pays des états des nations sont défendus
donc des peuples
donc des peuples naturellement
EDF-GDF ça vous fait penser à quoi en ce moment ?
EDF-GDF ça me fait penser à d'abord une petite privatisation non je pense que c'est plus compliqué que ça je pense que c'est un montage qui n'est pas très libéral et qu'au contraire derrière tout ça il y a le maintien de la toute puissance de l'état dans la grande maison EDF qui est quand même confrontée à la concurrence sur la question de la production d'énergie parce qu'il y a deux choses dans EDF il y a la production d'énergie avec le nucléaire qui est un vrai sujet en soi un sujet stratégique un sujet de savoir-faire un sujet de compétence
avec Alstom on l'a dans l'os
si on continue à dépecer le savoir-faire d'Alstom au profit des américains oui on l'a dans l'os sur ce sujet et puis il y a chez EDF la production donc essentiellement le nucléaire mais pas seulement puis il y a la distribution il y a le réseau que ce soit le réseau de distribution ou que ce soit le réseau de transport d'électricité et là je pense que derrière ce qu'on appelle Hercule le projet Hercule c'est pas la privatisation c'est au contraire le maintien d'une toute puissance qui n'est pas forcément très saine et moi je pense que la distribution et la oui il faut que j'arrête de me frotter les mains je pense que la distribution et le transport d'électricité devraient sortir du giron d'une entreprise qui est dans le secteur concurrentiel et devraient être totalement totalement rendu public parce que les réseaux de transport c'est fondamental sur l'électricité si le réseau de transport n'est pas tenu et le réseau de distribution n'est pas tenu c'est pas le plus compliqué en matière d'énergie et de production d'électricité c'est pas de produire de l'énergie c'est de la transporter et de la distribuer et là il y a un vrai sujet et au fond je pense qu'on est à contre-vérité quand on dit c'est une privatisation rampante non je pense qu'au contraire c'est une volonté d'EDF de garder la main sur tout et ça ça me semble pas très sain
est-ce que vous pensez que nos services de renseignement protègent correctement nos boîtes est-ce que le renseignement économique français ne s'est pas un peu relâché infiltré ou détendu est-ce qu'on est un petit peu en short en termes de renseignement économique d'intelligence économique est-ce que l'intelligence économique c'est pas l'économie de l'intelligence maintenant en France
si sans doute c'est une belle pirouette sémantique mais je pense d'abord que nos services de renseignement se sont beaucoup consacrés sur le terrorisme pour des raisons douloureuses qu'on comprend tous que les moyens n'étant pas affinis ce qu'on a concentré sur le terrorisme religieux n'était pas sur d'autres sujets que la question de l'intelligence économique et de la protection est majeure et qu'elle ouvre la question de la souveraineté numérique et que là l'Europe a été défaillante et plus que défaillante par manque de vision oui
non mais manque de vision oui par manque de vision il n'y a pas eu de lobby il n'y a pas eu des choses comme ça
derrière par manque de vision
peut-être de protection de protection intellectuelle
par manque de vision par manque de volonté politique de dire on va mettre de l'argent pour créer des géants numériques européens pour nous protéger et aujourd'hui par manque de volonté de protéger les seuls qui restent les OVH les Alstom pas les Alstom les Atos avec les supercalculateurs qui restent des outils de technip qui restent des outils de notre souveraineté numérique moi je pense si je crois en l'Europe et si je voudrais que l'Europe reparte d'un bon pied c'est justement pour avoir l'Europe des souverainetés la souveraineté alimentaire la souveraineté sur les médicaments génériques la souveraineté numérique c'est pas à l'échelon d'un pays on est trop petit pour construire ces souverainetés c'est à l'échelon d'une union qu'il faut construire ces souverainetés et là on s'est laissé dépouiller par les géants du monde qui avaient des marchés intérieurs qui portaient leur développement c'est le cas par exemple pour prendre un autre sujet sur la batterie les Chinois et les Coréens sont les champions du monde des batteries parce qu'ils ont développé un marché intérieur notamment de véhicules électriques qui leur a permis de se développer chez eux et après d'exporter dans le monde entier on n'a pas su faire ça en Europe et là l'Europe de l'industrie de la vision industrielle elle est à construire et sur l'intelligence économique on revient au sujet de base je pense que là on a une vraie faiblesse et une vraie faiblesse qui s'incarne par le diable numérique qu'on ne maîtrise plus et toutes nos données partent en dehors de chez nous quand je vois tous les gens qui sont sur des adresses j'aimais les autres
il y compris le gouvernement
il y compris le gouvernement magnifique
on a une petite pensée pour quelqu'un qui nous était cher Robert Guillaumeau à propos de l'intelligence économique quand vous voyez la ville de Vendôme qui vend son nom à LVMH contre des emplois ça vous fait penser à quoi ?
rien c'est bien ils ont raison
ils vendent leur nom ?
c'est quoi ? Paris a vendu son nom depuis longtemps ? moi je crois que les marques territoriales elles existent vous trouvez
nos milliardaires patriotes ?
nos milliardaires patriotes ceux qui payent des impôts oui ceux qui font de l'évasion fiscale non
c'est pour ça qu'ils sont milliardaires
non ? parce qu'ils font de l'évasion fiscale ou parce qu'ils payent des impôts ? en tout cas pour répondre à votre question je pense que les milliardaires qui payent des impôts en France sont patriotes
est-ce que vous voulez qu'on aborde un sujet encore ?
non vous en avez marre déjà de moi ? vous m'avez dit si j'en ai marre je finirai avant 8h30 il reste un quart d'heure donc ou alors
on va prendre 3-4 questions internet
mais moi je on peut arrêter qu'est-ce qu'ils pensent du CICE ? le fameux CICE ?
cette belle arnaque à 40 milliards
ouais j'en pense que ce n'est plus un sujet
c'est quoi ? c'est une arnaque ? c'est de l'argent pour les copains ? c'est une façon de virer la caissière pour la remplacer par des rompées ? c'était une façon socialiste
de ne pas baisser les impôts
de ne pas augmenter les impôts c'est ça ?
voilà
je pense que la question de la fiscalité elle est globale que notre système fiscal il est incompréhensible je l'ai dit tout à l'heure illisible d'une complexité absolue qu'il est inventé d'ailleurs par des gens qui après passent la moitié de leur vie à inventer le système fiscal le plus compliqué au monde et l'autre moitié de leur vie à aider les gens à s'en dédouaner ce qui est quand même un écosystème c'est un beau petit écosystème ça vit sur lui-même sur ce sujet et je pense que une des vraies réformes de notre pays serait une réforme de simplification fiscale alors évidemment politiquement c'est très compliqué à mettre en oeuvre en temps normaux parce que ceux qui sont gagnants du nouveau système fiscal ne viennent jamais vous dire merci et ceux qui sont perdants parce qu'ils payent plus vous tombent tous sur la gueule c'est pas vrai
regardez l'ISF il y a des gens qu'on remercie pour l'ISF non ? qu'on finançait des campagnes ou des choses comme ça non ?
je parle de l'opinion publique je parle pas de cet aspect là quand il y a eu des changements par exemple quand on a changé la taxe professionnelle il y a eu des gagnants et des perdants ceux qui avaient gagné au jeu qui payaient moins on les a pas entendus dans la rue dire merci au gouvernement et ceux qui payaient plus qui étaient beaucoup moins nombreux ils ont tous fait des manifs donc effectivement c'est ça qui rend la réforme compliquée et vous l'avez dit tout à l'heure oui il faudra ou un événement ou un homme qui ait le courage de dire on fait les trucs voilà c'est comme ça mais c'est pas gagné donc je pense que malheureusement il faudra un événement pour essayer de reconstruire un nouveau modèle plus simple plus efficace et que la question fiscale dès que vous en prenez un petit bout c'est comme le Mikado la fiscalité c'est comme le Mikado vous prenez un bout vous avez beaucoup de mal d'en extraire un bout sans faire s'effondrer tout le reste
question internet un mot sur la décroissance la sobriété heureuse
oui moi je suis plus sur une croissance heureuse qu'une décroissance décroissance c'est pas la même chose la récession et la décroissance la récession la décroissance il y a une notion de volonté la récession vous la subissez plus que vous ne la souhaitez moi je suis pour ces notions alors après il faut savoir ce qu'on mettrait chacun derrière tout ça on peut avoir des longs débats mais moi je pense que l'idée d'une croissance durable d'une croissance verte d'une croissance qui préserve nos ressources
croissance verte mais c'est encore c'est du bullshit washing du green washing
non c'est pas du bullshit washing c'est à dire la croissance c'est quoi définissant la croissance la croissance c'est quoi
la croissance c'est tant de calories par an pour avoir nos ressources c'est à dire on puise des calories c'est ça la croissance non ?
c'est pas on peut avoir des définitions différentes la croissance
vous allez vous mettre la définition du bouton c'est ça ? pourquoi du bouton ? parce qu'il y a le produit du bonheur oui
non mais si la planète va à 10 milliards il faudra nourrir cette planète l'équiper l'habiller la soigner donc il faudra de la croissance
ça va en faire des instagrammeuses maquillage
non mais il faudra de la croissance oui ou non si on va à 10 milliards ça dépend il faudra qu'on nourrisse qu'on habille qu'on répartisse les choses différemment sur ce sujet là et les peuples aspireront à ce qu'on peut appeler le progrès qui ne l'est pas forcément on peut avoir ce débat philosophique sur ce sujet infini mais ils aspireront à ça donc je pense que tant qu'on aura la bombe démographique qui guidera l'époque et il faudra qu'on ait de la croissance pour accompagner cette bombe démographique et cette croissance il faut qu'elle soit respectueuse de nos ressources naturelles sacré défi qu'elle soit respectueuse de notre santé c'est la question de la pollution qui est aussi un sacré défi sur ce sujet et puis qu'elle soit au passage aussi respectueuse de limiter les gaz à effet de serre parce que c'est le réchauffement climatique qui est un défi encore plus dangereux à quoi ?
au réchauffement climatique ou à notre capacité à le limiter
à notre capacité à enrayer le réchauffement climatique à nourrir tout le monde à avoir plus de décence de dignité pour les plus faibles
si j'y crois pas si j'y crois pas je m'enferme dans un pessimisme qui va me détruire vous êtes capable
de prendre les bonnes directions pour préserver vos compatriotes ? qu'il n'y a pas d'eux ? vous êtes capable de prendre les bonnes directions pour préserver vos compatriotes ?
oui moi j'y crois je pense qu'on peut qu'on peut essayer de qu'on peut s'en sortir oui je reste optimiste je crois qu'on peut essayer de concilier des choses qui peuvent apparaître comme inconciliables que c'est compliqué que c'est mondialisé que c'est entre des mains de gens qui de toute façon ont peu de temps pour agir parce qu'au fond quand vous avez un mandat électif vous êtes élu le temps que vous soyez élu que vous preniez la main sur les choses et que vous êtes déjà plus au pouvoir donc il y a aussi la notion de durée qui joue et c'est la contrepartie de la démocratie mais oui je pense qu'on peut s'en sortir je parie sur notre capacité parce qu'il y a quand même des choses intéressantes qui arrivent dans notre époque les disruptions technologiques qui font que ici dans un appartement à Paris on peut toucher 100 000 200 000 je ne sais pas combien de personnes pour s'exprimer c'est artisanal oui c'est artisanal non mais c'est artisanal mais il y a il y a 40 ans ça n'aurait pas existé c'était impossible et c'était impossible pour moi il y a 40 ans qui commençait la vie politique de pouvoir me dire qu'à un moment j'aurais l'occasion de pouvoir m'exprimer et d'être entendu par des dizaines de milliers de personnes de façon simple et pragmatique je n'avais pas cet outil et si j'avais voulu distribuer 100 000 tracts j'aurais fait comment donc c'est aussi des points la rupture la disruption technologique elle n'est pas que porteuse de négatifs elle est porteuse aussi de beaucoup de choses positives y compris pour aller dans les objectifs qu'on évoquait d'une croissance durable
question internet peut-on raisonnablement penser rattraper notre retard sur les GAFA pour assurer notre souveraineté numérique
c'est une vraie question pour l'instant on voit que même aux Etats-Unis il y a des tentatives de couper les GAFA en morceaux j'entends parce que ce sont des monstres qui ont grandi comme le blob c'est le blob vous savez cette espèce de chose dont on ne sait pas ce qu'elle est qui grandit comme ça toute seule et que personne ne peut arrêter il faut il faut se dire que les GAFA seront peut-être à leur tour victimes aussi de ruptures qui n'auront pas vu venir et qui peuvent c'est des monstres au pied d'argile c'est aussi des monstres fragiles parce que leur modèle repose sur des technologies qui peuvent être mises en cause qui peuvent être battues en brèche et qu'il faut que les Etats là interviennent mon ami Bruno Le Maire porte cette idée d'une fiscalité et la France la portait un peu toute seule a beaucoup de mal à faire bouger l'Europe mais je pense qu'il y a une vraie question oui face à ces géants mondiaux et on parle des GAFA mais on pourrait parler aussi alors je n'ai plus l'acronyme des géants chinois et autres vous avez vu d'ailleurs que le gouvernement chinois il fait de la régulation quand le patron d'Alibaba sortit de l'épure du discours officiel on l'a convoqué gentiment pour lui expliquer qu'il fallait qu'il se remette dans la ligne c'est une société assez régulée
on voit mal Macron faire ça sans lui rigoler
disons que le régime chinois n'est pas vraiment le modèle de la démocratie française
quand on voit les gilets jaunes quand même on se dit un petit parfum jaune c'est quoi
c'est à cause de la couleur
oula il essaye de faire des blagues attention on n'est pas sur BFM on n'enterre pas des pokémons ici
oui c'est vrai que le pauvre le pauvre qui le pauvre journaliste qui a dit ça
alors question d'internet qui est d'ailleurs une très bonne question que pense-t-il du rôle de McKinsey et d'Accenture dans le fonctionnement de l'état c'est très inquiétant
c'est très inquiétant parce que sans Cora c'est très inquiétant parce qu'on a une magnifique formation de nouveaux fonctionnaires et l'ENA est une école qui forme des très beaux esprits moi je ne suis pas sur ceux qui crachent sur l'ENA je suis sur ceux qui reprochent que l'ENA soit la seule source de formation des élites je pense que l'élitisme ne peut pas venir que d'un logiciel unique mais le logiciel énarque il n'est pas mauvais simplement si c'est toujours le même logiciel qui décide de tout ça ne fonctionne pas et je trouve très inquiétant qu'effectivement sur des questions notamment d'organisation logistique alors qu'on a une armée qui en matière de logistique n'est pas la plus mauvaise au monde loin de là on sait avoir des opérations extérieures qu'on a
on est quand même
foutu de monter des opérations extérieures que peu de pays peuvent monter
vous parlez desquelles Barkhane
ce qui se passe au Mali et dans un autre pays on dépend évidemment largement des américains
ça ne s'appelle pas de la logistique ça s'appelle essayer de survivre avec des bouts de ficelles
bon c'est un peu caricatural là aussi je termine sur McKinsey
vous avez déjà été en OPEX
oui j'ai été faire un séjour sur Charles de Gaulle qui était en OPEX
une question très intéressante quand on voit notre industrie de l'armement par exemple
je finis sur McKinsey je pense que c'est inquiétant et je pense qu'au fond qu'on se dise qu'on a besoin de payer des sachants alors qu'on est censé avoir quand même une technostructure de haut niveau c'est un peu inquiétant
c'est magnifique
non mais si on n'avait pas de technostructure de haut niveau et qu'on se dise on est vraiment libéral et quand on a un problème on fait appel aux meilleurs sachants ça ne me choquerait pas ce qui me choque c'est l'accumulation des deux
mais des meilleurs sachants franco-français bien entendu oui
enfin bon
ok toutes ces sociétés là ce sont vous connaissez des grandes sociétés françaises de conseil qui ont le niveau d'expertise elles aspirent tous les jeunes vont travailler chez ces géants là malheureusement là aussi
un peu comme nos chercheurs avec les vaccins c'est un peu ça c'est un scandale non ? oui le pays de Pasteur oui ce qui est un scandale
sur les vaccins c'est sans doute qu'on se soit tourné vers les deux grands Sanofi et Pasteur en disant qu'est-ce que vous pouvez faire et qu'on oubliait qu'il y avait toute une série de jeunes start-upeurs de la biotech qui pouvaient répondre d'ailleurs le gouvernement anglais s'y s'est pas trompé et on s'est fait piquer comme ça un savoir-faire qui était très français c'était quoi la question que je vous ai
notre industrie d'armement oui quand on voit que nos balles de FAMAS maintenant ce sont des balles autant c'est normal c'est pas normal notre industrie c'est à Thiers c'est ça non ? c'est à ? l'industrie des balles c'était pas à Thiers
je sais pas on fabriquait les balles moi je suis pour que de haute précision je suis d'abord on a une industrie de l'armement qui était importante et je suis pour que on ait une souveraineté forte nationale sur ces sujets là et qu'on soit très attentif à ces questions là parce que derrière l'industrie de l'armement avec tout le débat philosophique qui peut y avoir il y a aussi le développement industriel il découle du savoir-faire et des techniques de l'industrie de l'armement de l'industrie civile extrêmement intéressante en matière d'innovation en matière de savoir-faire industriel là on est on se met en danger sur ces questions on n'en est pas stratège
le paradoxe français de vouloir apporter la démocratie pour les petites filles à l'étranger et à côté de vendre des missiles
c'est le paradoxe de tous les pays qui se croient des grandes démocraties et qui veulent inspirer le monde de leur modèle c'est le paradoxe américain c'est le paradoxe
ils se croient c'est fait à dessein c'est pourquoi
oui parce qu'il y a cette espèce d'idée que regardez notre relation avec l'Afrique on a voulu imposer au moment de la décolonisation on a voulu imposer ou même on a formé les élites qui ont essayé de reproduire le modèle démocratique étatique français ils l'ont bien fait non ?
ça a bien marché
non ? ça n'a pas bien marché
il y a corruption marché parallèle financement je ne parlais pas
de cet aspect là je parlais du fonctionnement des états des systèmes politiques je pense que on n'a pas assez respecté la réalité sociologique et la réalité historique et la réalité politique d'un certain nombre de pays et que quand on veut plaquer un modèle qui est un modèle qui est le nôtre sur un certain nombre de nations ou de pays on court le risque de tomber à côté de la plaque et que le résultat soit pire que de n'avoir rien fait
le pantouflage on le supprime on en fait quoi ? c'est quoi le pantouflage ? imaginez-vous vous avez fait l'ENA payé par les impôts français vous avez été formé par l'argent français vous occupez un poste dans un ministère dans une j'allais dire une industrie française mais et ensuite vous allez dans le privé avec votre carnet d'adresse du public et ensuite
je savais quelle était la définition je voulais vous l'entendre dire vous voulez qu'on joue à ce jeu là ? non non pas du tout
ne me provoquez pas
non mais je voulais qu'on soit bien d'accord sur la définition de pantouflage moi je considère que ça fait partie des choses qu'il faut régler en interdisant en demandant à celui qui a quitté la fonction publique de la quitter définitivement et il y a eu trop de pantouflage vers la politique il y a eu trop d'élus qui au fond comme ils avaient une carrière de fonctionnaire et la protection de leur carrière de fonctionnaire se disaient si je perds mon mandat il ne se passe rien voilà moi je fais partie de ceux qui quand j'ai quitté la vie politique volontairement il a fallu que je retrouve une activité il n'y avait rien qui m'attendait il n'y avait rien de précis sur cette affaire et je pense qu'il faut pour une société de responsabilité il faut que celui il ne faut pas avoir parachute devant parachute derrière parachute doré et quand on prend des risques quand on veut passer du métier de fonctionnaire au métier de dirigeant d'entreprise on quitte la fonction publique et on n'y revient pas comme je suis partisan d'une chose qu'avait promis d'ailleurs le président de la république et qui n'a pas fait c'est ce qu'on appelle le spoil system à la française je suis partisan que quand un gouvernement arrive les 200 ou 300 postes de plus hauts fonctionnaires il les nomme avec une nomination politique mais que quand le gouvernement s'en va ses postes sautent et le suivant puisse nommer les hauts fonctionnaires ça limiterait les cabinets ministériels ça limiterait les doublons et ça limiterait ce que j'ai pu connaître à l'époque où j'étais ministre c'est à dire des fonctionnaires qui me disaient cause toujours tu seras parti avant nous et qui se réjouissaient au fait au moment où je partais parce que ça leur permettait d'avoir des promotions
question internet c'est quoi tes trois plus grosses erreurs moi ?
de n'avoir pas mesuré dans la crise à laquelle j'étais confronté comme ministre des Antilles qui était une crise très lourde
vous voulez passer le bonjour à Elie de Mota ?
je veux passer le bonjour à tous les guadeloupéens et en particulier à Elie de Mota s'il nous écoute mais à tous les guadeloupéens les antillais plus largement parce que ça m'a beaucoup enrichi cette crise
ça vous a fait du bien un peu d'avoir Elie de Mota en face non ? non c'était
oui mais au delà de ça j'ai appris beaucoup de choses et j'ai appris sur moi même j'ai appris politiquement mais ma première erreur c'est de ne pas d'avoir cru que bien faire suffisait et qu'il ne fallait pas se blinder politiquement par derrière pour ne pas sauter et donc c'est pour ça que j'ai été la victime expiatoire de cette affaire là ma deuxième erreur c'est difficile de dire ces erreurs politiques c'est sans doute de n'avoir jamais construit un plan de carrière puis peut-être m'aurait emmené un peu plus loin mais je ne le regrette pas moi j'agis plutôt à l'instinct j'agis au feeling j'agis vous voyez j'accepte des invitations comme celle de ce soir sans savoir où je venais ce que je venais faire
personne n'y croit pas une seule seconde
mais si c'est vrai mais je vous promets sans connaître le modèle
vous aviez vu l'interview de Montebourg ?
non j'avais vu les 10 premières minutes de l'interview de Montebourg sur ce sujet mais je ne regrette rien je fais les choses comme je les ressens donc je suis plus instinctif et puis ma dernière erreur ça a été sans doute d'essayer de régler le problème politique de ma succession dans la ville de Montreux et de me représenter aux élections à la demande de tous ceux qui étaient mes amis politiques qui trouvaient que la situation n'allait pas bien alors que j'avais quitté la vie politique et ça a été très mal compris donc c'était pas une erreur d'affection c'est pas une erreur sur le fond mais c'est une erreur parce qu'elle était mal comprise des habitants voilà j'en ai sans doute plein d'autres mais je ne vais pas réfléchir à mes erreurs
on va parler une question interne qui est mal formulée je vais essayer de la reformuler l'immigration les réfugiés les migrants tout ce cette incompréhension même en termes de vocabulaire
c'est étrange parce que quand vous quand vous quittez votre pays pour aller travailler vous êtes un expatrié et quand vous quittez votre pays pour aller travailler mais venant d'un certain nombre d'autres pays vous devenez un migrant ce qui est quand même un vocabulaire très étrange moi je suis j'ai toujours été au tout début de ma vie politique j'avais beaucoup d'admiration pour Bernard Stasi qui avait écrit un livre qui s'appelait l'immigration une chance pour la France et qui était très étonnant dans ma famille politique sur ce sujet et j'ai été maire d'une ville frappée par la question migratoire je pense que à force de ne pas régler ce problème on en fait une bombe à retardement et à force de ne pas mettre en place des règles claires et lisibles de migration et les règles claires et lisibles elles sont fondées à mon avis sur le travail je pense que la régularisation ou l'acceptation dans notre pays d'un migrant elle est fondée sur quelqu'un qui a un travail quelqu'un qui trouve un travail quelqu'un qui est en activité doit pouvoir être accepté ou régularisé et avant de partir j'avais déposé une dernière proposition de loi à l'Assemblée qui est dans le grand cimetière des propositions de loi pour qu'on essaye de s'inspirer du modèle canadien sur l'immigration qui est un modèle intéressant sur le parrainage et je pense qu'on irait beaucoup mieux en matière migratoire si on mettait en place un système de parrainage et si on demandait aux français de devenir citoyens responsables et d'accepter de parrainer des migrants alors les canadiens ont une expertise c'est monté c'est régulé c'est organisé mais je pense qu'il faut mettre un peu d'humanisme dans tout ça et que les images qu'on voit de l'Ampedouza des morts dans la Méditerranée sont des images qui ne créent que la douleur et que la tension y compris politique et qu'il faut qu'on ait une vraie politique migratoire beaucoup plus lisible et fondée sur le parrainage si vous acceptez si vous voulez parrainer un migrant que vous l'aidez que vous l'accompagnez que vous signez un contrat avec lui et bien allez allons-y avançons parce que le paradoxe c'est que c'est compliqué
de signer un contrat avec quelqu'un comme ça pourquoi ? imaginez-vous
les canadiens y arrivent
je vais vous dire les saoudiens on peut prendre la même chose ils signent un contrat ils prennent le passeport et puis tranquille
on n'est pas toujours obligé de voir ce qui ne marche pas on peut voir aussi ce qui peut fonctionner sur ce modèle et sur les migrations sur cette question là je pense qu'il faut être clair qu'il ne faut pas que des gens restent en France par défaut parce que le système ils sont tombés à côté du système sur cette affaire qu'il faut fixer des règles qu'il faut accompagner j'ai été membre du Haut Conseil à l'intégration je pense que la question de l'intégration elle est majeure parce qu'à force de ne pas traiter l'immigration et de laisser faire sans règles précises on rate l'intégration aussi et qu'il faut qu'on revisite ça non pas dans une vision négative et fermée dans une vision positive de dire dans quelles conditions on peut accueillir des migrants et on aura besoin si on produit en France si on va vers la société à laquelle j'aspire du made in France on aura besoin de main d'oeuvre et peut-être que la France ne suffira pas sur cette main d'oeuvre et qu'il faut effectivement lier au développement économique cette question migratoire c'est un vrai sujet extrêmement douloureux douloureux dans tous les sens
question pas bête du tout quand on quand on gagne le RSA comment on se paye du made in France
compliqué extrêmement compliqué mais quand on gagne le RSA et qu'on achète une paire de chaussettes made in China qui est fabriquée pour 40 centimes et qui vous est vendue 12 euros on se fait avoir
l'affaire libyenne on en a parlé on ne revient pas dessus financement de campagne tout se passe bien
je vous ai déjà dit que je j'ai répondu longuement je n'ai pas fui le truc mais si j'avais des éléments
si j'avais des éléments
et des scoops je vous dirais je n'ai pas plus d'informations peut-être même moins qu'en ont ceux qui nous écoutent donc je ne sais pas préjuger par avance
Assange Snowden on en parle un peu ou pas nous le pays des droits de l'homme les mains sur le coeur la démocratie pour les faibles les pauvres c'est quoi le droit d'asile c'est de l'impuissance on est devenu un pays de moyenne impuissance on n'est pas capable de dire bon on est la France ici Snowden a montré que les Etats-Unis se gavaient sur les datas des français sur le renseignement économique sur les boîtes françaises c'était open bar open bar pourquoi on ne lui donne pas l'asile pourquoi on est obligé d'avoir la Russie qui accorde l'asile à Snowden c'est parce qu'on n'est pas capable d'assurer sa sécurité en France c'est parce qu'on n'a pas de couilles avec les Etats-Unis pas de couilles pas d'embrouilles
c'est parce qu'on est sous
le robinet de leur renseignement
c'est par l'acheter par l'acheter par l'acheter moi j'avais fait partie de ceux qui avaient signé à l'époque où j'étais parlementaire l'idée qu'il fallait accueillir Edouard Snowden on a accueilli on a accueilli l'Aliatollah Romény en France donc on est un pays
on a remis la légion à qui d'autre là déjà en Katimini à Cile Égyptien
oui à Sisi au président non c'est pas Sisi peu importe mais je veux dire oui je pense que c'est la lâcheté c'était la lâcheté et la lâcheté sans doute les pressions les pressions du gouvernement américain
c'est de la lâcheté où notre élite française est infiltrée par l'idéologie américaine ou devenue dépendante au réseau américain
je pense plutôt la troisième solution que je pense qu'il y a une forme de dépendance je pense que dans les grands jeux des échanges diplomatiques c'est je te donne ça tu me donnes ça ne me touche pas là-dessus je ne touche pas là-dessus la diplomatie a toujours été un grand jeu de on peut dire ça comme ça a toujours été un grand jeu d'échanges de bons ou de mauvais procédés ensemble et qu'effectivement sur cette affaire c'est tombé sur des deals qui se sont faits sur le dos des droits de l'homme et que les droits de l'homme ont bon dos dans un certain nombre de cas voilà c'est le réel politique c'est le réalisme de ce qui se passe alors après si on élargit le focus et qu'on regarde globalement on reste quand même un pays d'accueil et des droits de l'homme et porteur de ça mais sur quelques affaires douloureuses on n'a pas été à la hauteur on n'est pas un pays parfait mais ça
Assange Assange qui est en Taule en Angleterre où il n'y a pas de chauffage où il se fait fouiller au corps il se voit donc c'est de la torture ça non ?
on peut qualifier ça c'est une forme de torture oui volontaire ou involontaire de la part de ceux qui l'accueillent mais c'est une forme de torture oui sûrement mais il y a hélas vous parlez de ceux qui sont médiatiques qui sont médiatisés dont on parle beaucoup mais il y en a aussi tellement en dehors des mailles du filet il y en a aussi tellement dont on parle jamais qui groupissent qui ont été victimes des systèmes qui ont été victimes de pas de chance comme dirait l'autre ou qui ont été victimes qu'ils sont tombés en dehors des systèmes qu'il faut c'est bien de focaliser sur ceux qui sont très médiatiques il ne faut pas oublier que les démocraties sont loin d'être des systèmes parfaits oui
question d'internet alors on va vérifier ensemble le fait que sa gestion d'une commune fut épinglé par la Cour des Comptes aurait-il un commentaire à nous faire ?
oui la Cour des Comptes vérifie la gestion de toutes les communes j'ai eu plusieurs rapports de la Chambre régionale des Comptes ça n'a jamais débouché sur aucune mise en cause d'aucune sorte judiciaire après il y a eu des critiques sur des choses qu'on peut améliorer on peut toujours s'améliorer et toute gestion qu'elle soit individuelle privée d'entreprise ou autre peut toujours s'améliorer donc on peut dire épinglé par la Chambre régionale des Comptes j'aurais été épinglé si j'avais commu des illégalités ce qui n'a jamais été le cas je n'ai jamais été mis en examen je n'ai jamais été sur ces sujets-là donc voilà j'assume les erreurs qui ont pu être faites quand on gère une commune et des difficultés oui ça peut arriver et la Chambre régionale des Comptes est là pour nous aider à corriger les erreurs donc c'est plutôt ça
alors une dernière question que pense-t-il de la vente d'armes par la France aux Saoudiens alors la vente d'armes ça va des canons César au laboratoire P4 est-ce que les Saoudiens ce pays où on tronçonne les journalistes dans les ambassades il faut la voir à côté de nous il faut continuer de leur parler il faut continuer de leur parler quand même
on va être sur on va être sur ce que vous appelez le grand jeu de focus c'est ça de la diplomatie oui on dit qu'est d'Orsay voilà moi je pense que la diplomatie mondiale les grands équilibres nécessitent de parler à beaucoup de pays il y a parler et parler il y a parler et parler il y a ceux qui se voient sur le devant de la scène et ce qui peut faire avancer des vraies causes par dessous il y a les pressions qui peuvent être faites j'avoue que c'est des secteurs que je connais assez mal celui de la diplomatie je n'ai jamais été diplomate de mon état et que j'ai un peu de mal à juger c'est bien c'est mal il faut celui-là moi je suis toujours très gêné par les jugements abrupts à l'emporte-pièce abrupts
à l'emporte-pièce il y a un journaliste alors on en pense qu'on en pense il a été terminé
il a été terminé dans un puits et il y a combien d'autres qui ont été qu'on n'a pas vu dont on n'a jamais parlé dans des pays ça veut dire que si on ne parle à aucun pays où les journalistes sont malmenés ça va limiter les relations diplomatiques est-ce que les diplomates dont je ne suis pas vous l'avez compris
j'ai bien compris
mais les diplomates vous direz aussi que si on ne parle pas on ne fait pas avancer les causes et qu'on a fait libérer des gens grâce à un certain nombre de choses on pourrait vous parler de la Libye parler des infirmières bulgares d'un certain nombre de sujets où les droits de l'homme ont pour le coup progressé parce que des infirmières bulgares
il n'y a pas une histoire avec la femme de Sarkozy
je parle des infirmières bulgares qui ont été libérées grâce à l'intervention de la France sur ce sujet on pourrait parler d'Ingrid Bettencourt et d'un certain nombre d'autres sujets où la diplomatie a permis des succès elle est loin d'être parfaite moi je suis gêné par donner des jugements du type qui sait tout et qui veut tout juger sur des sujets où je ne suis pas forcément un grand spécialiste je n'ai pas honte de le dire
le cannabis en France est-ce qu'on peut faire du cannabis made in France ?
oui j'espère que sur ce qui va arriver sur le CBD sur l'aspect à la fois médical et bien-être de quelque chose de régulé on aura des filières made in France oui parce que ce serait le paradoxe qu'on ouvre un peu les portes de cette consommation et que les quelques dizaines de milliards voire centaines de milliards de ce marché on se fasse importer des produits qui viennent d'ailleurs de chez nous donc j'espère qu'il y aura des filières nationales tout ça dans un débat clair démocratique régulé où on ne confond pas le bien-être et la drogue et où on a un aspect qui est un aspect santé qui est à prendre en compte aussi ça bouge ça bouge beaucoup c'est en train d'évoluer sur ce sujet mais pour le coup il faut y accrocher une filière industrielle économique agricole française oui bien sûr on sera les meilleurs comme d'habitude je ne sais pas si on sera les meilleurs
vous êtes plutôt Windows ou Linux ?
je suis plutôt Windows
vous êtes plutôt Windows
la marque de vos chaussettes
mes chaussettes elles viennent d'une entreprise qui je les achète à la boutique de l'Assemblée Nationale qui est ouverte à tout le monde et elles viennent d'une entreprise qui est à Mont-Solémine combien je les achète ? autour de 20 euros c'est de la bonne cam ? oui oui elles tiennent bien le choc puis elles montent très haut donc j'aime les chaussettes qui montent haut je ne peux pas vous les montrer vous avez des pinces ? non je n'ai pas des pinces
est-ce que vous avez déjà fumé un joint ? non
je n'ai jamais fumé ni un joint ni une cigarette je n'ai jamais fumé de cigarette de ma vie un cigare ? oui j'ai dû fumer 10 à 12 cigares dans ma vie c'est bien
à quel prix la libéralisation des infirmières ? à quel prix la libération des infirmières ? je ne sais pas
mais c'est tout le débat vous ne faites rien pour libérer des gens vous dites c'est un scandale vous ne les aidez pas et vous mettez un prix pour libérer vous dites c'est un scandale vous avez payé trop cher comme quoi ça ne va jamais c'est compliqué
le référendum d'initiative populaire ou d'initiative civique je suis très partisan
et je trouve qu'on l'a créé mais la barre est beaucoup trop haute sur ce sujet et que nos amis suisses qu'on évoquait tout à l'heure ont une pratique de la démocratie référendaire qui est intéressante
le franc CFA c'est made in France ?
le franc CFA c'est une c'est une une monnaie déclinante
un peu comme la France non ?
je ne sais pas s'il faut le regretter s'il faut voilà c'est le franc CFA est issu d'une époque postcoloniale qui est en train de s'achever je pense qu'il faut rester très proche moi j'ai été vice-président de la fondation Borloo pour l'énergie en Afrique je pense que le dialogue entre l'Europe et l'Afrique est un dialogue indispensable que si on additionne l'Europe et l'Afrique le centre du monde est là autour de nous et qu'additionner l'Europe et l'Afrique ce n'est pas si compliqué c'est mettre 26 chefs d'état d'un côté et 54 de l'autre ensemble et leur dire voilà on va faire des choses ensemble on va jumeler nos universités on va jumeler nos entreprises on va travailler ensemble on ne va pas faire de l'aide au développement on va faire du co-développement on va faire de la co-croissance on va grossir ensemble on va s'entendre et on va travailler ensemble ce serait absolument formidable vous comprenez qu'ils peuvent être réticents après la France-Afrique ?
oui je comprends bien sûr qu'ils puissent être réticents mais je comprends aussi que la jeunesse d'Afrique elle a les yeux rivés sur l'Europe notamment à travers les smartphones à travers cette vitrine en direct sur l'Europe et qu'au fond travailler ensemble ce serait une intelligence collective et je pense que si l'Europe doit renaître de ses cendres institutionnelles c'est sans doute sur des souverainetés mais c'est aussi sur la main tendue à l'Afrique Europe plus Afrique c'est l'équation du 21ème siècle et si on arrive à faire ça on aura sauvé peut-être même le monde je parle avec beaucoup d'emphase mais on aura sauvé le monde et qu'on a tout on a les consommateurs on a les savoir-faire on a les marchés on a les hommes on a la terre on a l'agriculture on a l'énergie avec le soleil et avec notre capacité on a tout est-ce que pour revenir à ce qu'on disait tout à l'heure sur les parlementaires est-ce que 54 chefs d'état africains et 26 chefs d'état européens c'est-à-dire 80 personnes on ne peut pas les enfermer mûrer les portes du château de Versailles et leur dire mettez-vous d'accord sur un projet ambitieux à 20 ans un peu à la saoudienne non ?
un peu à la Vatican
c'est mieux à la saoudienne il y a plus de résultats
pas sûr
est-ce que vous avez un ami imaginaire
un ami imaginaire non
vous croyez en Dieu oui vous avez un ami imaginaire alors ? c'est pas un ami c'est une force c'est une force imaginaire
c'est une force intérieure
vous allez à la messe ?
non mais on peut croire en Dieu sans avoir sa propre pratique
est-ce que vous pouvez conseiller trois livres à notre communauté ?
oui je peux conseiller Le Prince des Marais qui pour moi est un des plus beaux livres que j'ai lu de Pat Conroy c'est un livre un énorme bouquin mais qui est un livre absolument formidable je peux conseiller alors après c'est plus d'un livre mais c'est toute la série des Rougons Macars et des Zola ça a bercé ma jeunesse et mon enfant oui mais c'est des classiques qui sont absolument formidables qui est à la fois une plongée dans l'histoire dans l'histoire sociale dans les personnages dans les personnalités bon ça fait plus de trois parce que si on prend tous les Rougons Macars c'est une sacrée série et puis qu'est-ce que je peux conseiller d'autre comme bouquin non voilà c'est bien ça fait plus de trois
est-ce que vous avez un conseil pour les jeunes générations ?
oui parce que j'ai des fils réfléchissez à ce que sont vos gros cailloux vous connaissez l'histoire ? c'est ce professeur américain qui explique à ses élèves pour son dernier cours qui leur demande si le seau est plein il sort un seau dessous sa table il le remplit de gros cailloux et il dit est-ce que le seau est plein ? les élèves disent oui il est plein il sort un seau de sable il verse ce sable et le sable remplit est-ce que maintenant c'est plein ?
les élèves disent oui maintenant c'est plein il sort un seau d'eau et il remplit d'eau et le seau se remplit et il leur explique que la philosophie de cette démonstration c'est que s'il avait mis d'abord l'eau et bien il ne pouvait plus mettre le reste s'il avait mis d'abord le sable il ne pouvait plus mettre le reste et que dans la vie il faut d'abord choisir ces gros cailloux qu'est-ce qui est important pour vous et puis après ce qui est moins important et ce qui est encore moins important c'est une très belle philosophie de vie et bien je dirais à la jeunesse choisissez vos gros cailloux qu'est-ce qui est important pour vous ?
voilà moi je sais ce qui est important pour moi ce qui est important pour moi c'est ma liberté et et je vais avoir 60 ans dans quelques jours et et j'aspire à être le plus libre possible avec les contraintes de la vie c'est ma famille les miens et puis c'est la rencontre avec les autres et bien je pense que l'exercice qu'on peut demander à la jeunesse c'est de choisir ces gros cailloux et puis après de mettre les plus petits cailloux et les choses plus difficiles et ça peut vous porter toute une vie
Yves Gégaud merci merci
Yves Jégo