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InterviewC dans l'air (sur YouTube)· 13 juin 2019 64 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesRetraitesInstitutions & électionsSolidarités & famille

Édouard Philippe : quoi de neuf pour l'acte II ? #cdanslair 12.06.2019

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 35 %Attaque 41 %Défensif 24 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 69 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:49OuverteÉludée

    Est-ce que ce discours marque réellement une rupture sur la forme, sur le fond ?

  • 1:38OuverteÉludée

    Est-ce que c'est un acte 2 en vrai ?

  • 3:24ComplaisanteRéponse directe

    Il est quand même revenu sur quelques grandes réformes à venir.

  • 5:35RelanceRéponse partielle

    C'est un acte 2, dites-vous, parce qu'il y a une dynamique nouvelle sur la méthode ?

  • 7:25OuverteRéponse directe

    Rémi Lefebvre, vous alliez dire un acte de purement rhétorique ?

  • 8:59OuverteRéponse directe

    Il y a un diagnostic qui est fait sur une méthode pour mener les réformes qui n'était peut-être pas la bonne.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:25PrésentateurFait
    « Edouard Philippe a défendu cet après-midi une sorte de virage social et écologique. »
  • 0:46PrésentateurFait
    « dont celle des retraites ou de l'assurance chômage. »
  • 3:13InvitéFait
    « Marlène Chapa nous avait dit en octobre 2017, c'est pour le mois de mars prochain. »
  • 3:52InvitéFait
    « Premier mot qu'il dit, c'est la fidélité aux engagements. »
  • 4:15InvitéFait
    « parce qu'il faut vraiment faire la prime à ceux qui ont du travail. »
  • 4:18InvitéChiffre
    « Et à ce moment-là, il y a 5 milliards d'euros qui sont vraiment ciblés sur les tranches de l'impôt sur le revenu. »
  • 5:06InvitéFait
    « Il y a eu tout pendant dix minutes au moins de l'écologie, mais ça on verra là. »
  • 11:44Invité politiqueFait
    « Le gouvernement ambitionne de renouer avec les Français. »
  • 12:35Invité politiquePromesse
    « Car ces douze prochains mois, mesdames et messieurs les députés, seront ceux de l'accélération écologique. »
  • 24:14InvitéChiffre
    « il y a en gros 400 000 à 800 000 français qui ne bénéficieront pas de baisse d'impôt sur le revenu »
  • 24:22InvitéChiffre
    « la totalité des autres auront donc 17 millions auront une baisse de l'impôt sur le revenu »
  • 24:25InvitéChiffre
    « qui va de 180 à 350 euros »
  • 24:35InvitéFait
    « qu'il y aura une dégressivité dans l'indemnisation des cadres »
  • 33:12InvitéChiffre
    « le taux d'imposition de la première tranche de l'impôt sur le revenu qui regroupe 12 millions de foyers sera abaissé de 3 points »
  • 33:17InvitéChiffre
    « cela représente un gain moyen par foyer de 350 euros »
  • 33:37InvitéPromesse
    « nous maintiendrons donc la possibilité d'un départ à 62 ans en ne bougeant pas l'âge légal »
  • 33:40InvitéPromesse
    « mais nous définirons un âge d'équilibre et des incitations à travailler plus longtemps »
  • 34:03InvitéPromesse
    « la ministre des solidarités et de la santé présentera à la fin de l'année un projet de loi qui définira une stratégie et la programmation des moyens nécessaires pour prendre en charge la dépendance dès le prochain projet de loi de financement de la sécurité sociale »
  • 34:10InvitéPromesse
    « nous enclencherons une première étape avec des mesures favorisant le maintien à domicile et des investissements dans les EHPAD »
  • 38:54InvitéFait
    « on a une confirmation qu'il y aura sans doute des mesures financières »
  • 39:16InvitéPromesse
    « on va inciter encore plus qu'aujourd'hui les français à partir aux environs de 64 ans pour ceux qui le souhaitent »
  • 45:12InvitéChiffre
    « je crois qu'on parle de 20 milliards d'euros »
  • 47:14InvitéFait
    « Edouard Philippe a demandé à ses ministres de faire du ménage dans les 1200 agences et opérateurs de l'État »
  • 49:37InvitéChiffre
    « au total 2500 agents pourraient être concernés »
  • 55:42InvitéFait
    « les déficits publics et de la dette »
  • 55:45InvitéFait
    « des taux d'intérêt qui peuvent augmenter »
  • 56:12InvitéChiffre
    « ça rapporte des milliards »
  • 56:42InvitéFait
    « il faut réussir à retrouver le chemin du courage donc de l'effort »
  • 56:51InvitéFait
    « Les Français ne veulent pas faire d'effort »
  • 57:15InvitéFait
    « une absence dans nos évaluations de politique publique »
  • 57:53Invité politiqueFait
    « on baisse aussi la part de l'impôt sur le revenu dans les ressources de l'Etat »
  • 57:55Invité politiqueFait
    « c'est une politique libérale »
  • 58:05Invité politiqueFait
    « la fiscalité indirecte est très injuste »
  • 1:00:00InvitéFait
    « la réforme des retraites ça va être compliqué »
  • 1:01:38InvitéChiffre
    « l'âge moyen de départ à la retraite est déjà supérieur à 62 ans aujourd'hui »
  • 1:02:31InvitéChiffre
    « eu 17 milliards d'euros mis sur la table »

Temps de parole

  • Invité48 %
  • Présentateur17 %
  • Invité 215 %
  • Édouard Philippe15 %

2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:11
Présentateur

Bonsoir à toutes et à tous, nous attendons vos questions SMS, Internet et réseaux sociaux pour alimenter notre discussion. Il a donc présenté l'acte 2 du quinquennat en invoquant l'urgence. Dans un discours d'un peu plus d'une heure, le Premier ministre a détaillé la feuille de route pour les prochains mois. Edouard Philippe a défendu cet après-midi une sorte de virage social et écologique. Le président avait hier donné le ton dans un discours où il a reconnu ses erreurs et dénoncé les dérives d'un capitalisme devenu fou. Sur la méthode aussi, changement de ton.

Le Premier ministre souhaite associer davantage les Français, les syndicats pour la conduite des grandes réformes à venir, dont celle des retraites ou de l'assurance chômage. Alors, est-ce que ce discours marque réellement une rupture sur la forme, sur le fond ? Quelles sont les annonces clés ? Quel est réellement l'objectif de ce discours de politique générale ? Edouard Philippe, quoi de neuf pour l'acte 2 ? C'est le titre de cette émission avec nous pour en parler ce soir. Christophe Barbier, vous êtes éditorialiste politique à l'Express. Françoise Pressos, vous êtes éditorialiste politique au journal Le Monde, je cite votre dernier édito. Le Paris, pas si fou de Yannick Jadot.

Rémi Lefebvre, vous êtes professeur de sciences politiques à l'Université de Lille, je cite votre dernier ouvrage. L'entreprise Macron, que vous venez de co-diriger aux presses universitaires de Grenoble. Enfin, Dominique Seux, vous êtes directeur délégué de la rédaction des Échos et éditorialiste à France Inter. Bonsoir à tous les quatre. Merci de participer à ce C'est dans l'air en direct. Vous avez naturellement les uns les autres écouté attentivement Edouard Philippe pendant un peu plus d'une heure. Est-ce que c'est un acte 2 en vrai ?

1:41
Invité

Non, je n'ai pas trouvé. Je n'ai pas vu d'acte 2 d'Edouard Philippe, je n'ai pas vu de Philippe II se révélant à lui-même, prenant une aisance ou une dimension politique supplémentaire. J'ai trouvé le chef de l'administration déclinant tant bien que mal ce que le président avait exposé fin avril. Fin avril, c'était quand même il y a bientôt deux mois. Et il reste beaucoup de choses qui sont floues dans le calendrier, dans la méthode, dans les objectifs, dans le concret. Que ce soit les économies réalisées, les choses à financer, les priorités.

Tout cela m'a laissé un peu sur ma faim, d'autant que ça avait été un peu survendu, je trouve, depuis les élections européennes, comme étant le grand moment d'Edouard Philippe. Emmanuel Macron ne parle pas au Congrès de Versailles, il laisse toute la place à Edouard Philippe, ça y est. Il a parlé hier. Oui, il a parlé. Voilà, donc on a bien compris que déjà le président comprenait qu'il fallait doter, chapeauter cette intervention du Premier ministre d'un peu de souffle politique, d'un peu d'allant. Ça manquait un petit peu d'ambition. Alors ce n'est pas que de la faute d'Edouard Philippe.

On voit bien qu'il y a le jeu aussi des institutions qui, depuis le quinquennat, ont en serré le Premier ministre, coincé entre un président qui prend toute la place, et puis une majorité parlementaire ou un parti qui souvent prend le reste. Il lui reste quoi ? Il lui reste à mettre en musique avec l'administration ce que le président a annoncé. À mettre dans le cadre du possible ce qui est peut-être énoncé comme le cadre de l'idéal, ou du moins de l'objectif. Mais ça m'a quand même laissé sur ma faim. Il y a deux annonces. Il y a une sorte de report s'inédié de la réforme des institutions en attendant que le Sénat de droite soit d'accord.

Et puis au contraire, il y a quelque chose de plus courageux, c'est la PMA en septembre. C'est-à-dire la PMA ne passera pas après la séquence budget et municipale. Mais enfin la PMA, Marlène Chapa nous avait dit en octobre 2017, c'est pour le mois de mars prochain. Puis le gouvernement s'était un peu assis dessus. Donc ce n'est pas non plus une audace extrêmement remarquable.

3:20
Présentateur

Pas énormément d'annonces, dit Christophe Barbier. On va le voir dans le détail. Il est quand même revenu sur, en précisant, quelques grandes réformes à venir. En tournant un acte 2 pour vous, Française François, je terminerai le tour d'état.

3:30
Invité

Alors pour une fois, je ne vais pas être tellement d'accord avec Christophe Barbier. En fait, c'est le style quand même Édouard Philippe. C'est-à-dire que c'est un homme assez pondéré. Et en écoutant son discours, je trouvais qu'il y en avait, c'était extrêmement bien dosé. Politiquement, il y en avait pour tout le monde. Je m'explique. Première chose à dire, c'était « on reste fidèle à nos engagements ». Premier mot qu'il dit, c'est la fidélité aux engagements. Et au fond, il donne à la droite ce que la droite veut bien recevoir. C'est-à-dire, on poursuit les réformes. On va continuer les réformes, des retraites, de l'assurance chômage, la PMA. Donc on est des réformateurs.

Après, il y a eu la petite voix d'Armanin. Il faut donner aux travailleurs, c'est-à-dire ceux qui gagnent légèrement plus que ce qu'on appelle les gens qui sont sous assistance sociale, parce qu'il faut vraiment faire la prime à ceux qui ont du travail. Et à ce moment-là, il y a 5 milliards d'euros qui sont vraiment ciblés sur les tranches de l'impôt sur le revenu. Sur la révision constitutionnelle, je n'ai pas entendu la même chose. J'ai entendu « attention si le Sénat résiste, j'ai l'arme du référendum » ou alors je fais un texte sur la proportionnelle indépendante et au fond, je mets la dose de proportionnelle que je veux. Au conditionnel. Au conditionnel. C'était plus menaçant.

C'était, en tout cas, il y avait l'idée de dire « écoutez, on veut bien vous entendre, mais on n'ira pas jusqu'à s'enliser là-dedans » et on a quand même quelques armes pour refaire. Et au fond, j'ai trouvé que dans cet exercice quand même très difficile d'Edouard Philippe, parce qu'en fond, il est chargé d'appliquer les annonces d'Emmanuel Macron, il y avait quand même un style Philippe qui était de dire « je garde la fidélité à ce que j'ai, j'entends les critiques, je vais essayer de changer de style, je vais verdir beaucoup aussi. » Il y a eu tout pendant dix minutes au moins de l'écologie, mais ça on verra là.

Mais il y avait quand même l'idée aussi de garder la marque propre d'Edouard Philippe qui est de dire, au fond, toute son analyse, lui, depuis qu'il est à Matignon, c'est de dire « on reproche aux autres, à la gauche et à la droite, de n'avoir pas tenu ses engagements. Et moi, je veux être vraiment le garant d'une certaine fidélité à la ligne. » Et au fond, il a ajusté à la fois sur la méthode et puis en mettant plus de social, mais il est quand même resté fidèle à la ligne de départ qui est le macronisme.

5:35
Présentateur

C'est un acte 2, dites-vous, parce qu'il y a une dynamique nouvelle sur la méthode, en tout cas bien dosée politiquement, mais ce n'est pas un tournant.

5:43
Invité

Ah non, non, non, pour moi ce n'est pas un tournant parce qu'il y a quand même une fidélité à ce qui est vraiment l'axe du macronisme, c'est-à-dire on continue les réformes de fonds, on valorise le travail, c'est tout notre axe, et après on peut changer, mais il y a quand même un axe de fond qui est maintenu.

5:58
Présentateur

C'est la difficulté de lecture, je me mets à la place des Français qui vous regardent ce soir et qui disent « bon, alors, on fait tout comme avant, on change un peu la méthode et on va nous dire que c'est un acte 2 ». Vous voyez ce que je veux dire ?

6:08
Invité

J'ai envie de réconcilier Françoise Fréceau et Christophe Barbier. Christophe Barbier dit « il n'y a pas vraiment de virage ». Et c'est vrai que quand on se souvient de la phrase de la porte-parole du gouvernement qui avait dit « plus rien ne sera comme avant ». On écoute le Premier ministre et on se dit « franchement, ce n'est pas un gros changement ».

Mais en même temps, il y a quand même du contenu, un certain nombre de cases ont été remplies, on n'a appris pas énormément de choses par rapport à ce qui avait été annoncé par le président de la République, mais on a appris des détails, on y reviendra, sur la politique fiscale, sur les retraites quand même, et on a compris que la direction, elle, n'allait pas changer par rapport à ce qui s'était passé depuis le début du quinquennat sur le fond.

C'est-à-dire que vous avez eu les réformes structurelles qui se sont engagées au début du quinquennat, pendant un an, il y a eu l'affaire des Gilets jaunes, avec un virage et un paquet assez important, deux paquets, un 17 milliards au total, et puis on a l'impression que là, il se remet dans la ligne précédente, c'est-à-dire, oui, un petit virage social, oui, un petit peu d'écologie, mais au total quand même, on reste sur, bah écoutez, quelques réformes structurelles, et il n'y a pas de virage complet, mais moi j'ai appris quand même un certain nombre de choses, donc on va pouvoir y revenir.

7:20
Présentateur

On va y revenir sur les réformes majeures à venir, notamment, réforme des retraites et assurance chômage. Rémi Lefebvre ?

7:25
Édouard Philippe

Oui, j'allais dire un acte de purement rhétorique, c'est-à-dire, mais assez habile. C'est-à-dire, j'ai trouvé dans le premier quart d'heure, une certaine morgue, j'ai trouvé chez Édouard Philippe, une ironie sur l'idée que le macronisme est inflexible, un retour, une reformulation en même temps, le choix de la constance qu'on n'a jamais essayé, j'ai quelques formules qui montrent, mais globalement…

7:48
Présentateur

Avec un brin d'humour.

7:49
Édouard Philippe

Voilà, un peu d'humour et d'ironie, mais je l'ai trouvé assez mordant au début, après beaucoup plus terne dans l'accumulation un peu technocratique du train de réforme. Et comme vous l'avez dit tout à l'heure, par contre, ni virage social, ni virage écologique. Alors c'est vrai que dans la rhétorique, il commence par l'écologie, mais en fait, il ne propose strictement rien et réaffirme le productivisme, très clairement, en montrant qu'il n'y aura pas de bouger de ce côté-là. Et puis, sur la présentation de la politique économique, elle est colorée rhétoriquement par l'invocation de la justice sociale, mais toujours, évidemment, dans l'agenda libéral qui est celui de Macron.

Donc il y a quand même l'idée, finalement, qu'il y a eu la parenthèse gilet jaune, il y a eu effectivement ce pouvoir qui était aux abois à un moment donné. Avec des annonces. Après les annonces, et là, on renoue très clairement avec l'agenda réformateur, même s'il y a beaucoup de… on peut déconstruire ce terme de réforme qui fonctionne un petit peu, un peu comme une évidence. Mais voilà, donc pour moi, pas d'inflexion, et plutôt l'idée qu'il y a un bloc qui s'est dégagé, un bloc de légitimité aux actions européennes, qui est le socle du macronisme. Ce bloc est attaché à la réforme, on continue la réforme.

8:57
Présentateur

C'est un bon pour continuer, pas comme avant, parce qu'on va voir qu'il y a quand même eu des mea culpa, à la fois du président de la République…

9:03
Édouard Philippe

Mais sur la méthode, pas beaucoup non plus de puce, sur le changement de méthode.

9:06
Présentateur

On va y venir, mais en tout cas, il y a un diagnostic qui est fait et par le président de la République et par le Premier ministre sur une méthode pour mener les réformes qui n'était peut-être pas la bonne, et on verra ce qu'il a annoncé en la matière. En tout cas, Édouard Philippe, cet après-midi, a voulu démontrer que son gouvernement avait d'une certaine manière entendu, entendu la colère des Français à qui il promet des mesures sociales, mais aussi leurs attentes en matière d'environnement, avec une accélération écologique. Ce sont les mots qu'il a utilisés. La méthode pour conduire les réformes doit-elle aussi changer, moins arrogante, à hauteur d'homme, le Premier ministre.

Sur le sujet, vous allez voir, le président avait donné le ton, c'était hier. Myriam Zéard, Nicolas Baudry-Dasson.

9:48
Invité

Il ne parlera pas devant le Congrès en juillet, comme prévu initialement. Alors, pour marquer le nouvel acte de son quinquennat, Emmanuel Macron a choisi hier un terrain neutre. Genève est les 100 ans de l'Organisation Internationale du Travail. Un anniversaire où le président français fait son mea culpa.

10:08
Locuteur non identifié

Nous avons peut-être parfois construit des bonnes réponses trop loin de nos concitoyens, ou en considérant qu'il y avait des sachants et des subissants. Je pense que c'était une erreur fondamentale.

10:22
Invité

Tirer les leçons de la crise des Gilets jaunes pour mieux tourner la page. Un examen de conscience qui sonne comme un prélude au discours de politique générale. La parole est à monsieur le Premier ministre. De son Premier ministre aujourd'hui. Face aux députés de l'Assemblée nationale, Edouard Philippe prolonge le message présidentiel. Sa mission, écrire le nouveau chapitre d'un mandat, jusqu'ici mouvementé. Les transformations que nous avons engagées, beaucoup de nos concitoyens ont pensé que nous les faisions sans eux. Certains ont même cru que nous les faisions contre eux. Je pense notamment aux retraités et aux Français des territoires isolés.

C'est à nous de les convaincre que nous les faisons pour eux, à nous de changer de méthode pour les faire avec eux. Changer de méthode, mesdames et messieurs les députés, c'est changer de ton. La détermination, la conviction, la passion que nous mettons à défendre nos idées, et nos idées ne sont pas identiques, ne devraient jamais nous conduire à l'arrogance, à l'agressivité, à la caricature. Mesdames et messieurs les députés, regardons avec lucidité notre scène politique et nos débats médiatiques. Ils ne sont pas toujours à la hauteur des enjeux. Je ne donne aucune leçon, je ne m'exonère d'aucune responsabilité. Le gouvernement ambitionne de renouer avec les Français.

Et pour cela, le Premier ministre avance une priorité, l'écologie. Je connais les soupçons me concernant. Je viens de la droite, j'ai travaillé dans une grande entreprise française du nucléaire, je suis élu d'une ville industrielle, je ne pourrai donc ni rien comprendre, ni rien faire. Je trouve que c'est faire peu de cas de lecture ou de culture politique. Peu de cas de mon expérience au Havre, et peu de cas de ces deux années de gouvernement. Mais oui, mais oui, j'ai mis du temps, comme d'autres Français, à considérer que ces enjeux étaient aussi urgents que la défense de l'emploi ou la sécurité.

Il nous faut inventer un modèle économique où la sobriété énergétique, les transports propres, la saine alimentation, le recyclage progresse beaucoup plus vite que le taux de croissance. C'est ma conviction, et je veux être jugé sur les actes. Car ces douze prochains mois, mesdames et messieurs les députés, seront ceux de l'accélération écologique. Tout au long de son discours, Edouard Philippe détaille une feuille de route qu'il dit vouloir placer au-delà des logiques partisanes. Le vrai sujet aujourd'hui, ce n'est pas de savoir comment ressusciter la gauche ou comment sauver la droite.

Le but, c'est de savoir comment, avec nos héritages, avec nos sensibilités, avec nos différences, nous dépassons nos habitudes pour nous rassembler, pour relever les défis de notre pays et de notre planète. Un message éminemment politique qu'il défendra une nouvelle fois demain devant les sénateurs.

13:19
Présentateur

Et cette question qui fait sans doute référence aux annonces du Premier ministre en matière d'écologie. La République En Marche va-t-elle tenter une OPA sur Europe Écologie ? Les Verts en vue des municipales de 2020. Est-ce que c'est ça qu'il a joué, Edouard Philippe, aujourd'hui ?

13:31
Invité

Une OPA sur le parti, la formation Europe Écologie et Les Verts ? Non, sans doute non. Mais le message électoral a été clair aux européennes. Et puis Emmanuel Macron sait lire les analyses de bureaux de vote. Il voit bien qu'il a perdu depuis 2017, il a perdu une partie de son électorat qui retournait vers la gauche et vers les écologistes. Il sait aussi qu'une partie des jeunes s'attire avec des thèmes écologistes. Donc il faut très vite coloniser ce territoire-là pour ne pas laisser les Verts l'occuper. Par ailleurs, les Verts, ce n'est pas Jadot.

Il y a une culture plus à gauche, parfois gauchiste chez les Verts, qui sera plus difficile à transformer en atout électoral au municipal que ça n'a été le cas aux européennes avec le profil plus consensuel de Jadot. Jadot correspondait à la marche contre le climat, il correspondait à cette écologie très citoyenne. Les Verts correspondent plus à une écologie militante et politique. Macron le sait, il va essayer d'occuper ce terrain, mais ce n'est pas en supprimant les touillettes et les bouteilles en plastique dans les administrations qu'il va y arriver.

14:23
Présentateur

Ça veut dire qu'il n'y avait pas d'annonce suffisante ?

14:24
Invité

C'était un peu court quand même.

14:26
Présentateur

Un peu court sur les annonces aujourd'hui du Premier ministre. Oui, sur les annonces de l'Ontario. On a entendu un extrait intéressant d'un Édouard Philippe qui sait qu'il n'est pas le plus écolo du gouvernement et on dit souvent qu'il n'a pas de conviction écologique et il a dû faire une sorte de présentation de son parcours. On vient de l'entendre à l'instant en expliquant que c'est un ancien dareva, mais qu'il est convaincu et que désormais il croit à un modèle économique qui serait respectueux de l'environnement.

14:47
Invité

Il n'est pas convaincu, il est converti. Il n'est pas converti parce que d'un seul coup il croit vraiment à un changement du paradigme économique. Il est converti parce qu'il voit que politiquement, si on ne fait pas ça, on perd les élections. Et donc c'est une conversion un petit peu intéressée. Ce n'est pas la sincérité de quelqu'un qui se dit je suis écolo. C'est moins sincère qu'Alain Juppé quand il est revenu du Canada et qu'il a dit je ne mangerai plus de cerises en hiver. Là il y avait une véritable conviction, conversion de la part d'Alain Juppé. Chez Edouard Philippe c'est plutôt bon ben regardons les chiffres électoraux, il faut le faire, donc on va le faire.

Alors il assume courageusement d'être passé par une grande entreprise nucléaire, très bien, mais derrière en nous disant je crois en nouveau modèle économique, on attend à ce qu'il le décline. Ça veut dire une nouvelle fiscalité, de nouvelles priorités, peut-être d'ailleurs un grand changement de l'architecture gouvernementale. Parce que si vous voulez vraiment faire du capitalisme vert, il faut peut-être repenser le ministère de l'Agriculture, le ministère de l'Industrie, il faut repenser Bercy, il faut casser beaucoup de chapelles. Pas une trace de ça, pas l'annonce de ça.

Alors là encore, nuance, ce qui est tout à fait vrai c'est que Nicolas Hulot avait comme tête de Turc Edouard Philippe. Il disait l'un de ceux qui m'ont bloqué, qui n'ont pas compris la cause quand j'étais au gouvernement, c'est Edouard Philippe. Là où je nuance un peu, c'est qu'ils ont quand même fait le conseil de défense écologique qui répond précisément à ça, c'est-à-dire essayer que chaque mois à l'Elysée y ait tous les ministres concernés pour que finalement ça ne se perde pas dans les sables et qu'on puisse avancer.

C'est vrai qu'il est converti de très fraîches dates, mais il y avait un message qu'il a essayé de faire passer, c'est aussi au fond essayer de rompre avec cette écologie punitive qu'on a vue au début du quinquennat, avec cette taxe carbone dont ils ne savent pas comment sortir. Et donc l'idée, c'est effectivement de faire de la lutte très quotidienne sur les plastiques et essayer de mobiliser aussi les Français. Et il a de nouveau cité ce jury citoyen qui va quand même avoir à se prononcer avant la fin de l'année sur comment est-ce qu'on va sortir de cette affaire de taxe carbone, qu'est-ce qu'on peut taxer. Et il a redit, ça sera à la fin projet de loi au référendum.

Donc il y a quand même une évolution à la fois des pratiques et de la perception, mais à mon avis, il a été d'autant plus allant sur cette écologie au quotidien qu'il n'a pas envie de bouger sur le cœur du sujet qui est quand même le nucléaire et les grands équilibres. Je pense qu'il n'a pas envie de bouger et donc il fait plutôt de l'écologie quotidienne.

17:07
Présentateur

Du concret. Et d'ailleurs, ça a été assez perlé tout au fil du discours sur le fait que ce soit perçu, on sait que c'est une préoccupation du président de la République, que ce soit perçu au quotidien par les Français, que ce soit sur l'écologie ou sur d'autres réponses.

17:19
Invité

Ça rappelle un petit peu la politique de l'escalier, de la cage d'escalier dont avait parlé Michel Rocard il y a très longtemps. Moi je crois que le gouvernement c'est que sur ces sujets-là les Français certes aux élections européennes ont montré un intérêt pour l'écologie mais qu'ils sont en même temps assez versatiles. Nous sommes versatiles. C'est-à-dire qu'aujourd'hui nous parlons d'écologie mais demain nous parlons d'emploi et nous dirons attention la baisse du chômage et nous parlons du pouvoir d'achat en disant attention le pouvoir d'achat.

Et donc faire un basculement général dont personne ne sait très très bien ce qu'il veut dire en réalité parce qu'on peut dire il faut arrêter l'économie productiviste mais au total personne ne sait très très bien ce que ça veut dire. Ce n'est pas du tout ce qu'il a dit. Ce n'est pas du tout ce qu'il a dit. Mais on peut on entend cette demande et pour l'instant ça reste un petit peu flou. Il y a quand même du concret mais c'est un concret mesuré mesuré parce que les Français ont réagi contre la hausse de la taxe carbone au mois de novembre avec une grande violence.

18:11
Présentateur

C'est quoi le concret pour vous ? Ce que vous avez entendu parler ? Le 100% plastique recyclé ?

18:15
Invité

Le concret ce qui parle c'est la confirmation de la fermeture des centrales au charbon. Il y en a 4 ce sera fermé avant la fin du quinquennat. On ne peut pas tellement en fermer plus puisqu'il n'y en a pas. Il n'y en a pas plus que ça. Alors évidemment on pourrait se dire l'Allemagne a beaucoup plus de centrales au charbon. La Pologne en a l'Italie en a la France en a que 4. Elles seront fermées. Fermé Fessenheim c'est discuté par les experts mais il va apparemment le faire. Donc la France est quand même le pays qui pour la production d'électricité est le pays qui dégage le moins de CO2 donc il n'y a pas mille efforts à faire.

En revanche ce qui est très concret c'est sur le plastique plus de plastique dans les administrations. Bon ça c'est un petit peu gadget mais ça va rester dans les esprits. Vous savez ce genre de sujet le plastique ça a des incidents sur l'économie l'industrie la grande distribution il ne suffit pas de faire un claquement de doigts et de dire on supprime ce genre de choses. Les pays vont petit à petit les engagements qui ont été pris aujourd'hui s'ils sont appliqués c'est assez considérable. j'ai vu d'ailleurs que le Canada avait annoncé la même chose l'interdiction des boîtes en plastique à usage unique.

Mais oui il y a eu une petite discussion la semaine dernière il y aura des discussions au calendrier mais ça si ça se traduit dans les faits c'est considérable.

19:28
Présentateur

En fait il a surtout voulu réaffirmer au delà des mesures concrètes parce que vous laissez entendre qu'il y en a quelques-unes mais pas de révolution y compris sur l'organisation de l'Etat ou même des finances publiques c'était surtout un volontarisme c'était de dire on vous a entendu et on va faire écolo.

19:44
Édouard Philippe

C'est de l'affichage là encore je crois que c'est vraiment très rhétorique quand on regarde les dix minutes qui ont été consacrées à l'écologie il y a cinq minutes où effectivement il revient sur sa trajectoire il essaie d'inspirer confiance ensuite il se met à distance de l'écologie punitive en disant ça sera en même temps l'industrie et l'écologie ce qui se discute aujourd'hui je ne suis pas tout à fait d'accord avec vous lorsque vous dites qu'il n'y a pas de modèle aujourd'hui alternatif au productivisme non il y en a la question c'est qu'aujourd'hui ce n'est pas son agenda de 6 mètres et globalement effectivement c'est assez édifiant pratiquement aucune proposition le plastique mais rien sur les pesticides sur les passoires thermiques les associations demandent aujourd'hui des normes d'interdiction etc ils ne s'aventurent pas du tout sur ce terrain et il évoque des choses j'ai retenu réussir l'enrue de l'environnement comme l'avait fait Borloo mais on ne sait pas du tout ce que ça recouvre ce que ça recouvre et donc globalement c'est vraiment une réponse tactique effectivement il y a un risque du côté de l'écologie comme l'a dit Christophe Barbier c'est que effectivement le clivage que Macron veut installer entre nationalistes et progressistes soit bouleversé par cette prise en compte de l'écologie qui pourrait recomposer évidemment l'offre politique c'est le calcul des écologistes il ne peut pas passer à côté et ça il ne peut pas passer à côté de ça donc il faut qu'ils réagissent et d'autant qu'effectivement il y a pas mal d'électeurs modérés centristes pas seulement des socialistes qui peuvent être tentés par l'offre écologiste

21:06
Présentateur

C'était la question que je voulais vous poser Rémi Lefebvre est-ce qu'à votre avis avec ces annonces-là il a rassuré une partie de sa famille politique une partie des marcheurs de la première heure qui avaient besoin de volontarisme d'allant sur ces questions-là

21:21
Édouard Philippe

Je dirais qu'il donne le champ sans changer la donne il donne le champ c'est-à-dire qu'il donne l'impression de bouger globalement il n'y a pas de changement en termes de choix macroéconomiques du tout

21:29
Présentateur

Alors un autre sujet puisque c'est vraiment dans les mots utilisés par le Premier ministre plus de justice sociale là on se dit réponse aux gilets jaunes on vous a entendu quelles sont les mesures qu'il met derrière ?

21:43
Invité

On a le découpage de l'avantage fiscal qui va être donné de la baisse des impôts maintenant de manière concrète et chiffrée Alors à la fois il n'y a pas une grande annonce parce qu'avec Emmanuel Macron on avait déjà eu quasiment le détail mais on a la somme on a les tranches concernées on a la précision aussi que ceux qui sont au-dessus de la deuxième tranche il n'y aura rien pour eux donc c'est vraiment les classes moyennes inférieures ceux qui travaillent mais qui ne sont pas aisés donc c'est pas tout à fait le signe envers les premiers de cordée qu'on a eu au début du quinquennat c'est évidemment pas un signe envers les plus riches comme l'avait été la mutation de l'ISF là on s'intéresse au deuxième, troisième et dernier de cordée et là de ce côté-là oui il y a un virage les européennes ont montré la splendeur du macronisme de droite à la fois avec des transferts d'électeurs et puis les ralliements des élus là il s'agissait de contenter la partie gauche qui a tremblé sur ses bases qui menaçait de fronte d'ailleurs il y a quelques semaines et qui s'est calmée on leur donne la PMA on leur donne la justice sociale non seulement les gilets jaunes mais ceux-là ils voteront jamais Macron et c'est pas pour 300 euros d'impôts en moins qu'ils voteront Macron mais ceux qui à l'intérieur de la macronie sont sensibles à ces problématiques de gauche sociétale ou fiscale ils ont passé une bonne après-midi Oui et pas seulement moi je pense aussi qu'il y a un message à l'électorat qui est très tenté par Marine Le Pen et je veux dire cette mesure très ciblée sur les classes moyennes inférieures c'est vraiment éviter que Marine Le Pen arrive à étendre l'électorat qu'elle a réussi à capter ouvrier, employé qui se fidélise et là c'est pour Emmanuel Macron si au prochain présidentiel il y a un de ces morceaux de là la classe moyenne qui se décroche et qui va vers Marine Le Pen ça peut basculer donc je pense qu'il est très préoccupé de ça et je pense que la mesure justice sociale elle est vraiment pour cet électorat populaire auquel aussi s'ajoutent des mesures sur il a eu tout ce mot il faut rassurer les français qui se posent des questions sur leur avenir donc il y a aussi toute l'idée d'un débat chaque année sur l'immigration réaffirmer la laïcité la force républicaine je pense que c'est sur cet électorat là qu'il essaye de consolider des pertes éventuelles qui sont quand même assez avec des sujets sur lesquels

23:46
Présentateur

on ne les avait jamais entendus la lutte contre les trafics de drogue qui devient une priorité du ministre de l'intérieur la sécurité le régalien la première partie du quinquennat ce n'était pas tellement leur genre de beauté

24:01
Invité

mais sur les questions de pouvoir d'achat il y a deux signes il y a deux signes à envoyer sur la justice sociale et un signal qui va intéresser les premiers de cordée pour les derniers de cordée vous avez effectivement l'impôt sur le revenu il y a en gros 400 000 à 800 000 français qui ne bénéficieront pas de baisse d'impôt sur le revenu mais la totalité des autres auront donc 17 millions auront une baisse de l'impôt sur le revenu qui va de 180 à 350 euros si on a compris il y a un autre signal qui est envoyé qui a été moins marqué qui concerne l'assurance chômage des cadres quand il indique et c'est une première qu'il y aura une dégressivité dans l'indemnisation des cadres et peut-être et je le crois une baisse du plafond d'indemnisation des cadres qui est aujourd'hui autour de 6 000 euros brut 6 000 euros net 7 000 euros brut c'est un signal envoyé les cas devront continuer plus mais de l'autre côté pour les premiers de cordée où vous avez la baisse de la taxe d'habitation qui est confirmée pour les 20% restants alors il y a une petite précision de calendrier on pensait que c'était 2020, 2021, 2022 c'est 2021, 2022, 2023 donc il y aura un petit bout après la prochaine présidentielle en réalité il y aura deux bouts les deux tiers de cette baisse là seront après la prochaine présidentielle

25:16
Présentateur

alors vous disiez à l'instant il y avait un petit débat autour de la table sur pas de tournant ou tournant en tout cas sur cette population là qui s'est sentie très bien traitée d'une certaine manière par Emmanuel Macron dans la première partie du quinquennat là il y a une petite inflexion pour ajouter le bonus-malus sur l'assurance-chômage en direction des entreprises qui font trop de contrats courts là il y a quand même en tout cas des priorités qui semblent avoir un peu changé

25:41
Édouard Philippe

oui, il faut rappeler qu'il n'y a que un Français sur deux qui paye l'impôt sur le revenu là ça concerne à peu près 16 millions de contribuables donc entre 350 euros et 180 euros donc c'est effectivement un point intéressant à noter néanmoins comment va être financé cette baisse de la fiscalité parce que si on perd 5 milliards d'un côté et qu'on réduit les dépenses publiques et donc avec peut-être des incidents sur le pouvoir d'achat ou les services publics de l'autre ça manquait ça dans le disco voilà donc il n'y a pas du tout d'indication sur il y a des pistes les niches fiscales etc mais on est très très loin du niveau des 5 milliards donc là il y a beaucoup beaucoup d'incertitudes et du coup le signal il y a un signal qui est envoyé effectivement qui est plutôt effectivement on va s'attaquer à des strates on va alléger les classes moyennes pas forcément les gilets jaunes mais derrière

26:32
Présentateur

pourquoi vous dites pas forcément

26:34
Édouard Philippe

les gilets jaunes c'était plutôt les classes moyennes inférieures

26:36
Présentateur

qui sont visées par les bases d'impôts

26:38
Édouard Philippe

est-ce que c'est le cas c'est la première c'est ceux qui sont

26:40
Présentateur

le plus concernés

26:41
Édouard Philippe

oui mais il y a 50% des français qui ne payent pas les impôts donc difficile de voir quel était le centre de gravité sociologique des gilets jaunes globalement effectivement on nous a expliqué

26:51
Présentateur

que c'était cette France qui travaillait et qui voulait mieux vivre de son travail

26:54
Édouard Philippe

mais c'est un mouvement quand même qui était très hétérogène donc voilà il y a un brouillage quand même sur le financement de cette réduction on va y venir

27:03
Présentateur

parce qu'effectivement vous avez raison de le souligner c'était complètement zappé du discours de politique générale mais on va en parler à la fin de l'émission je voudrais juste voir avec vous la question de la méthode pendant toute la première partie du quinquennat on a expliqué qu'il y avait un problème de méthode avec Emmanuel Macron son gouvernement de verticalité d'arrogance et le mot a été utilisé par le Premier ministre lui-même est-ce que là encore c'est de la rhétorique comme vous disiez à l'instant ou est-ce que vous avez vu dans la façon dont les choses ont été présentées vis-à-vis des partenaires sociaux peut-être quelque chose de différent

27:33
Invité

c'est pas de la rhétorique c'est de la tactique c'est-à-dire que dire pendant qu'on est en difficulté je me suis trompé mais à coup le pas je regrette c'est l'assurance d'être massacré d'être piétiné pendant les difficultés ils ont tenu bon Edouard Philippe le plus longtemps possible sur la taxe carbone et puis après Emmanuel Macron avec le grand débat il a résisté aux gilets jaunes ça a marché les européennes apportent un ballon d'oxygène donc après une fois que le succès politique est à peu près là faire son mea culpa ça devient habile ça peut être sincère mais c'est aussi habile et donc les gens vont se dire ah ben il a compris vous voyez c'est un président qui écoute c'est un Premier ministre qui écoute reste que en effet la méthode va quand même changer parce que l'arrogance c'était la rançon du volontarisme on allait vite on allait fort on réformait vite c'était bien ah oui mais c'était arrogant tandis que là comme il n'y a plus la possibilité de réformer vite parce qu'il n'y a plus d'élan qu'il y a une société à cran qu'il y a des problèmes de financement puisqu'on va devoir réformer prudemment sur des oeufs et son discours en est une illustration autant dire qu'on va concerter alors attention si la concertation ça devient l'enlisement on sera guère plus avancé on a déjà pris du retard sur la réforme des retraites on n'est pas en avance sur la réforme de l'assurance chômage s'il s'agit d'enterrer les choses ça sera quand même très gênant quant à la réforme des institutions je vois bien Emmanuel Macron organiser un référendum en septembre 2020 après les sénatoriales pour passer en force mais à 18 mois de la présidentielle je ne lui conseille pas parce qu'il y a un référendum auquel les Français sont tentés de répondre non pour dire non à Macron plutôt que non à la question ça sera tentant

28:56
Présentateur

Sur les syndicats ?

28:57
Invité

Les syndicats disent que depuis quelques semaines ils sont davantage consultés ils sont au ministère du Travail notamment sur l'assurance chômage assez régulièrement et sur les retraites Jean-Paul Deslevoix les consulte mais on sent bien quand même qu'entre Emmanuel Macron et les corps intermédiaires il n'y a toujours pas d'affection sociétatiste il n'y a pas beaucoup d'amitié Un exemple très concret Laurent Berger et la CFDT ont été nommés à la tête de la Confédération Européenne des syndicats il y a quelques semaines Laurent Berger n'a pas reçu un coup de téléphone d'Emmanuel Macron pour dire bravo c'est la première fois dans l'histoire syndicale qu'un syndicat français est à la tête de l'SES pas de coup de téléphone rien alors j'imagine que Laurent Berger s'en moque un petit peu il a dit ce matin

29:38
Présentateur

qu'il avait fait un beau discours à Genève il n'est pas rancunier

29:41
Invité

on sent bien que ça n'est pas dans les gènes de ce gouvernement de ce pouvoir de considérer les corps intermédiaires

29:47
Édouard Philippe

avec les élus locaux quand même pas mal de signaux qui ont été envoyés ça c'est aussi une autre strate intermédiaire j'avais déjà senti ça très nettement au moment du discours de Macron suite au débat public à la fin du débat public il y avait déjà ce discours très pro-mer très pro-proximité et ça à nouveau Edouard Philippe a repris ce discours les maires appréciaient des français donc il y a ce discours la décentralisation avec aussi des menaces parce que quand à nouveau il dit qu'il faut simplifier le millefeuille territorial j'imagine que les maires doivent être inquiets mais par exemple il y a des mesures intéressantes améliorer le statut des maires pour se présenter il y a tout un ensemble de signaux qui sont envoyés très clairement aux maires et ça je pense que ça c'est une des conséquences des gilets jaunes les gilets jaunes c'est bien l'idée que le macronisme était comme ça en apesanteur territoriale d'autant que la majorité parlementaire les députés ne sont pas implantés dans les circonscriptions donc il y a la volonté de ne pas se mettre à dos les maires et peut-être plus les maires que les syndicats parce que les syndicats sont moins représentatifs que ces élus locaux d'autant que les municipales arrivent en plus

30:52
Présentateur

en tout cas il a choisi son échelon ce sera les maires

30:55
Édouard Philippe

il ne parle pas au président de région

30:56
Invité

alors la difficulté c'est la période politique c'est-à-dire que toute la main tendue aux élus locaux effectivement c'est une invitation à réformer ensemble sur la décentralisation sur les maires et tout la difficulté c'est qu'on est les municipales donc on va l'accuser d'essayer de débaucher des maires il a lancé un appel quand même et la droite en résistance va peut-être être tentée de ne pas collaborer donc on va avoir une période quand même jusqu'aux municipales assez compliquée sur les textes de décentralisation jusqu'où on va aller dans la clarification des compétences jusqu'où le Sénat va se prêter au jeu alors qu'il est devenu le garant de la défense d'une droite républicaine qui se sent très attaqué ça, ça va être la grande difficulté sur la nouvelle méthode proclamée il faut que les élus locaux jouent le jeu et est-ce qu'ils ont envie de le faire ?

Pas sûr

31:43
Présentateur

Si Edouard Philippe promet d'arrondir les angles en tout cas sur la forme en revanche sur les grandes réformes à venir pas de changement de cap pas de pause dans le calendrier le retraite assurance chômage loi de bioéthique le chef du gouvernement a précisé les contours des prochains chantiers à venir morceau choisi par Julia Lonnet et Christophe Roquet

32:01
Invité

Au cœur de l'acte 2 mesdames et messieurs les députés il y a l'ambition écologique il y a aussi la justice sociale la justice sociale c'est de permettre à tous de travailler nous avons donné aux entreprises plus de souplesse plus de sécurité grâce à la réforme du droit du travail et c'était nécessaire la contrepartie vous savez combien j'apprécie ce terme c'est une responsabilité accrue dans le recours au contrat court qui empêche les salariés de construire leur vie avec un minimum de sérénité c'est pourquoi dans les 5 à 10 secteurs d'activité qui utilisent le plus souvent ces contrats et qui génèrent de la précarité nous instaurerons un principe de bonus-malus sur les cotisations d'assurance-chômage nous avons choisi de concentrer l'intégralité de la baisse de l'impôt sur le revenu annoncé par le président de la république sur les classes moyennes qui travaillent le taux d'imposition de la première tranche de l'impôt sur le revenu qui regroupe 12 millions de foyers sera abaissé de 3 points cela représente un gain moyen par foyer de 350 euros soit à ce niveau un tiers de l'impôt en moyenne c'est massif c'est clair c'est net nous maintiendrons donc la possibilité d'un départ à 62 ans en ne bougeant pas l'âge légal mais nous définirons un âge d'équilibre et des incitations à travailler plus longtemps ainsi chacun pourra faire son choix en liberté et en responsabilité la ministre des solidarités et de la santé présentera à la fin de l'année un projet de loi qui définira une stratégie et la programmation des moyens nécessaires pour prendre en charge la dépendance dès le prochain projet de loi de financement de la sécurité sociale nous enclencherons une première étape avec des mesures favorisant le maintien à domicile et des investissements dans les EHPAD cela fait 10 ans qu'on promet cette grande réforme de dignité et de fraternité nous la conduirons et ce sera un autre grand marqueur social de ce quinquennat peut-être un des plus importants la réalité aujourd'hui c'est que nous sommes proches d'un accord sur le projet de loi constitutionnel mais que ce n'est pas encore le cas sur le projet de loi organique et en particulier sur la question de la réduction du nombre de parlementaires et le Sénat a été très clair sur le fait qu'il n'y aurait d'accord sur rien s'il n'y avait pas un accord sur tout nous allons donc continuer à chercher à nous rapprocher mais nous ne mobiliserons pas du temps parlementaire pour in fine constater le désaccord du Sénat nous ne renonçons pas à nos ambitions qui nous le pensons sont conformes à la demande de nos concitoyens nous attendrons le moment propice et la manifestation de volonté du Sénat qui peut-être ne viendra qu'après le renouvellement de la haute chambre en 2020

35:13
Présentateur

peut-être oui peut-être alors ce calendrier des 12 mois à venir ressemble aux 12 travaux d'Hercule non ? c'est Gilbert dans l'Hérault qui nous dit ça c'est vrai qu'il y a des gros dossiers

35:24
Invité

quand même vous savez gouverner le pays de réunir les bonnes volontés Michel Rocard le disait le 28 juin 88 dans son discours de politique générale lutter contre la drogue aussi travailler sur l'impôt sur le revenu pour plus de justice sociale c'était au coeur du discours de politique générale d'Alain Juppé en mai 95 pour citer deux des mentors de Laurent Philippe c'est pas Hercule c'est Sisyphe c'est Sisyphe de Gourmet Larson alors on peut imaginer Sisyphe heureux et Édouard Philippe n'est pas malheureux il fait même de l'humour sur lui-même c'est quelqu'un d'équilibré de modéré quelqu'un qui a une vraie philosophie de la vie est-ce que c'est ce dont on a besoin maintenant on est passé du macronisme bonapartisme au macronisme Louis Philippard ou Édouard Philippard je suis pas certain qu'on y gagne

36:04
Présentateur

vous avez l'air de laisser entendre qu'ils n'ont pas pris la mesure de ce sur quoi on les attendait

36:08
Invité

je crois qu'ils ont pris la mesure de leur capacité politique compte tenu de leur assise dans le pays des talents qu'il y a dans ce gouvernement de la force de la majorité cette mesure c'est une mesure de modestie d'humilité d'ambition c'est tant mieux autant être lucide sur soi-même c'est pas la grande vague de la révolution macronienne c'est pas plus jamais ça sera comme avant c'est beaucoup plus modeste tant mieux ça va peut-être être laborieux minutieux mais quand même un petit peu efficace mais c'est pas comme ça qu'on va sortir de l'ornière où nous sommes depuis longtemps Moi je vais encore faire de la contradiction Qu'est-ce qui se passe ?

Mais non c'est parce qu'on est quand même on est à deux ans et à deux ans d'un gouvernement qui a pris sur la tête quand même un mouvement qui aurait pu le renverser l'idée d'aller quand même à l'Assemblée nationale et sans doute d'obtenir la confiance sur l'idée que je vais encore réformer les retraites la dépendance que personne n'a voulu voir parce que c'est trop compliqué et puis je vais aussi faire l'assurance chômage que les partenaires sociaux ont regardé mais n'ont pas voulu prendre à bras le corps et bien c'est quand même l'idée que dans cette espèce de travail de scisif où personne n'a vraiment réussi et bien moi j'y vais quand même et il y a quand même cette idée aussi chez Édouard Philippe de c'est pas facile mais je vais y aller Je vais y aller Je vais faire ces réformes on va en parler dans un instant

37:23
Présentateur

je voudrais vous donner quelques réactions politiques parce que c'était la première prise de parole depuis bien longtemps de Jean-Luc Mélenchon qui était resté silencieux depuis son mauvais score aux européennes et il a expliqué que toute la politique du gouvernement consistait en un passage en force contre le pays le pouvoir pense gouverner tout le monde avec 20% des voix autre réaction celle du parti socialiste d'Olivier Faure qui explique que le compte n'y est pas notamment sur l'urgence écologique il parle de mesures placebo Sébastien Chenu pour le Rassemblement National fustige une bande annonce de mesurettes enfin Alexis Corbière parle d'un premier ministre qui nous a annoncé que tout allait continuer comme avant alors sur la réforme des retraites qui va être un des prochains grands chantiers à venir là il donne le sentiment de pousser ses pions sur un sujet qui hérisse une partie du pays et qui hérisse les partenaires sociaux qui est ce qu'on appelle l'âge pivot l'idée que si on part après alors on ne connait pas encore l'âge pivot mais qu'on part après un certain âge on aura une décote

38:20
Invité

c'est-à-dire que Emmanuel Macron a été élu sur l'idée de faire une réforme systémique un changement complet de paradigme on passe d'un système de répartissement à un système par points comme pour les régimes complémentaires et là se rajoute depuis l'automne en réalité mais c'était pas passé un peu sous le radar au moment des Gilets jaunes depuis l'automne l'idée que quand on regarde les comptes de prêt il faut peut-être avoir des mesures financières qui doivent intervenir peut-être dès 2020 et c'est un petit peu on a quand même appris cet après-midi que d'abord on a une confirmation qu'il y aura sans doute des mesures financières la conférence de prêt d'Emmanuel Macron le 25 avril enfin au mois d'avril l'avait dit mais là on a une confirmation devant les parlementaires et puis on voit bien le dispositif qui est en train de se faire c'est-à-dire on conserve l'âge illégal de départ à la retraite 62 ans on ne bouge pas mais on va inciter encore plus qu'aujourd'hui les français à partir aux environs de 64 ans pour ceux qui le souhaitent alors voilà l'âge d'équilibre qu'on appelle âge pivot c'est une piste qui avait été évoquée à l'automne par certains médias dont les échos qui avaient été formellement démentis à l'automne y compris par Jean-Paul Delvoye qui avait dit moins vivant jamais il avait failli mettre sa démission et puis finalement on voit bien qu'on avance vers ça pourquoi ?

parce qu'à la fois les prévisions qui ont été rendues publiques par le conseiller d'orientation de retraite hier montrent qu'il y aura un déficit en 2022 de 10 milliards d'euros donc il va falloir quand même le combler et qu'au total l'idée c'est de dire vous pouvez partir à 62 ans mais si vous partez un petit peu plus tard vous aurez un bonus si vous partez à 62 vous aurez un malus et donc le bonus malus il ne joue pas simplement sur l'emploi il joue aussi sur la retraite toute la question c'est de savoir l'ampleur du malus parce que si le malus est de 1 ou 2% je pense que les français continueront à partir à l'âge légal ou le plus proche possible s'il est de 5% par an là ça se regardera en fonction de la situation de chacun mais évidemment pour les partenaires sociaux et pour les syndicats notamment c'est un peu quelque chose qui arrive qui est nouveau qui n'était pas annoncé

40:26
Édouard Philippe

oui oui c'est assez habile quand même cette réforme de la retraite pour l'instant je trouve que c'est ce modèle âge pivot parce que ça désamorce quand même un peu la critique en permettant aux français de se dire bon on va travailler un peu plus la valeur travail le côté incitatif et est-ce que cette réforme des retraites c'est vraiment une prise de risque bon c'est encore trop tôt pour le savoir parce qu'il y a plein aussi d'incertitudes sur la valeur des points enfin beaucoup de choses qui ne sont pas encore lancées mais aujourd'hui aussi ce qui m'a frappé dans le discours d'Edouard Philippe c'est aussi qu'il a dit que cette réforme serait progressive donc malgré tout il y a quand même l'idée de diluer le coût politique de la réforme sur plusieurs années bon sachant en plus aujourd'hui qui a une donnée qui a beaucoup joué électoralement c'est que les retraités sont devenus un noyau du macronisme ce qui n'était pas vraiment le cas il y a quelques mois souvenez-vous la hausse de la CSG etc avec la droitisation de l'électorat Macron il y a cette épée de Damoclès des retraités qui est un peu retombée voilà pour revenir à ce que disait Françoise tout à l'heure sur la question de la réforme je pense quand même qu'il y a cette idée qu'il y a une fenêtre d'opportunité qui s'ouvre politiquement parce qu'aujourd'hui les Français européennes ont confirmé le socle du macronisme et que là il faut quand même continuer à tailler à tailler à la route parce que finalement c'est ce socle électoral ce qu'il veut c'est des résultats que finalement le paysage politique est fragmenté durablement à gauche la droite qui est très affaiblie l'assurance vie malgré tout que constitue pour Macron le Rassemblement National donc globalement après cet épisode quand même assez incroyable des Gilets jaunes et quand même après ce qu'a vécu Macron se retrouver dans cette situation de pouvoir à nouveau appuyer sur la réforme c'est quand même assez improbable mais est-ce qu'il marche

42:12
Présentateur

sur des oeufs à votre avis cet après-midi sur ce sujet-là est-ce que vous avez senti un Premier ministre même si là

42:18
Édouard Philippe

il n'a pas dit grand chose mais en fait on sent en même temps qu'ils ont un avantage et qu'ils veulent pousser leur avantage

42:24
Invité

lui est personnellement là parce qu'au fond ce qui s'est passé aussi aux européennes c'est presque ce transfert d'électorat c'est-à-dire qu'une partie de la gauche a boudé Emmanuel Macron mais une grosse partie de la droite est venue sur Emmanuel Macron et l'homme qui représente cette droite qui vient c'est Édouard Philippe et donc je pense qu'il était très sincère quand il disait moi je suis là pour réformer pour continuer la réforme et je pense qu'effectivement leur stratégie c'est consolider leur base électorale en évitant qu'il y ait une grosse partie de la classe moyenne qui rebascule du côté du Rassemblement National mais je suis même plus sûre que la gauche soit un sujet pour eux tellement le paysage politique s'est focalisé aujourd'hui sur la droite qui est en train de se faire absorber en partie et le Rassemblement National qui s'installe dans le paysage et notamment sur toute la partie électorat populaire Au chapitre des réformes

43:13
Présentateur

Oui

43:13
Invité

Sur les élections et les retraites les électeurs de droite ont sans doute entendu quatre mots qui ont été prononcés par Édouard Philippe les régimes spéciaux seront supprimés ça c'est un message on ne peut plus direct et c'est l'idée de dire attention ça va compenser le fait que l'âge global pour tout le monde va peut-être être un peu va évoluer dans la réalité cette revendication sur les régimes spéciaux elle existe depuis quoi 1995 donc ça fait très très longtemps Avec quand même un mot

43:41
Présentateur

d'accompagnement

43:42
Invité

pour la fonction publique Pour dire que ça va prendre très longtemps donc on désamorce effectivement vous avez raison on désamorce en disant le principe oui mais ça va prendre tellement de temps que ceux qui en gros ont plus de 50 ans ne seront pas concernés

43:54
Présentateur

Un mot quand même sur la dépendance on a eu l'impression alors peut-être qu'il l'avait déjà dit avant mais que c'était un axe de la fin du quinquennat sur lequel il a voulu appuyer Édouard Philippe sous-entendant qu'il y aurait certaines mesures même dans le projet de loi de finances dès 2020 en faveur du maintien à domicile par exemple de l'aide au maintien à domicile des personnes âgées

44:14
Invité

Oui de ce côté-là on sent qu'on a avancé de manière plus concrète par exemple que sur les urgences c'est-à-dire le gouvernement a visiblement déjà une boîte à outils et que dans la loi de finances dans le PLFSS la sécurité sociale il y aura des choses là aussi c'est très important parce que les masses financières en jeu les masses démographiques et l'impact électoral c'est très très important Agnès Buzyn avait beaucoup avancé là-dessus avec l'idée aussi d'un changement de philosophie c'est-à-dire arrêter la logique des établissements mouroirs où on passe peu de temps et où ça coûte très cher pour essayer de maintenir les gens le plus longtemps à domicile et d'impulser une nouvelle philosophie de la fin de vie c'est pourquoi la dépendance n'ira pas sans une grande réflexion sur la bioéthique sur les lois bioéthiques qui doivent aussi occuper très vite l'automne les débats publics Avec un projet de loi prévu sur le sujet ?

Oui absolument mais pour revenir sur la dépendance il y a quand même un angle mort qui est le financement c'est-à-dire qu'il s'est engagé quand même à dire il y aura 27 milliards de baisse d'impôts pour les ménages sur le quinquennat oui mais alors comment on finance la dépendance qui est quand même l'énorme poste de dépense je crois qu'on parle de 20 milliards d'euros donc comment les financer ça c'est

45:16
Présentateur

Ben oui c'est le chapitre sur lequel le Premier ministre vous l'avez bien compris depuis le début de cette émission c'est pas étendu c'est celui des économies du financement pour financer notamment les baisses d'impôts mais aussi ces réformes dont vous parlez à l'instant sur la dépendance pourtant il va bien falloir trouver des économies des financements notamment en réformant l'administration parmi les pistes à l'étude la suppression notamment de certaines agences publiques reportage Emilien David Maxime Nogier

45:41
Invité

100 000 hectares de zones humides 8 000 kilomètres de voies d'eau bienvenue dans le Marais Poitvin un site unique au monde qui abrite une biodiversité exceptionnelle on retrouve énormément d'espèces d'insectes

46:04
Édouard Philippe

de libellules etc les poissons toute la vie aquatique la végétation dans les canaux etc c'est un habitat extrêmement riche et extrêmement rare et extrêmement menacé aussi

46:13
Invité

préserver ce parc naturel c'est la mission de ces deux agents de l'établissement public du Marais Poitvin à un opérateur de l'état ils sont en charge de la biodiversité et de la gestion de l'eau

46:25
Locuteur non identifié

on est en train de poser une sonde pour pouvoir suivre les niveaux d'eau sur ce secteur l'idée avec cette sonde c'est d'avoir une prise des niveaux d'eau une fois par heure donc à partir de là d'avoir un suivi beaucoup plus exhaustif et beaucoup plus complet de ce qui se fait sur ce secteur-là en termes de gestion des niveaux d'eau

46:44
Invité

ce ne sont pas les seuls acteurs publics en charge de la préservation du site sur cette zone interviennent également les directions départementales des Deux-Sèvres de Charente-Maritime de Vendée mais aussi les directions régionales de l'environnement de Nouvelle-Aquitaine et de Pays-de-la-Loire et enfin l'agence de l'eau Loire-Bretagne qui couvre un vaste territoire un millefeuille administratif auquel le gouvernement pourrait s'attaquer dans une circulaire parue le 5 juin Edouard Philippe a demandé à ses ministres de faire du ménage dans les 1200 agences et opérateurs de l'Etat

47:18
Locuteur non identifié

La multiplicité de ces structures nuit à la lisibilité et à la cohérence des missions des administrations centrales Les administrations devront justifier le maintien des structures de moins de 100 équivalents en plein Vous proposerez les suppressions et les regroupements pour le 15 juin

47:34
Invité

L'objectif combattre les doublons et faire des économies Avec seulement 8 salariés l'établissement public du Marais-Poix-de-Vin le PMP pourrait alors être concerné ce que regrettent ses agents

47:48
Locuteur non identifié

Chacun ses propres missions a su trouver sa place dans ce grand monde Sans forcément rentrer dans le détail parce que ça peut être assez long et fastidieux mais on est vraiment sur la complémentarité et plus sur cette vision un peu de coordination et de cohérence cohérence entre les différents acteurs entre les différents syndicats

48:05
Invité

et puis coordination aussi pour justement éviter que chacun se marche sur les plates-bandes et c'est aussi

48:09
Édouard Philippe

une des missions de l'EPMP

48:10
Invité

à mon sens d'amener toute cette coordination justement entre les différents acteurs Même discours du côté du conservateur de la réserve qui travaille en étroite collaboration avec l'opérateur

48:21
Locuteur non identifié

Pour nous ça serait une grande perte parce qu'ils essayent ils réalisent des choses depuis déjà pas mal d'années sur le secteur qui sont vraiment hyper importantes et s'ils devaient partir qui reprendrait quoi qui ferait quoi on ne serait pas est-ce que nous nous serions suivis on a vraiment besoin d'eux pour cette gestion de l'eau qui est vraiment un des facteurs primordiaux de la biodiversité dans le Marais-Poix-de-Vins

48:49
Invité

Pour survivre une hypothèse une fusion avec un autre organisme le chantier s'annonce complexe comme l'établissement public du Marais-Poix-de-Vins une soixantaine d'agences et opérateurs de l'état pourraient être concernés par cette réorganisation pour cette représentante syndicale c'est encore le service public qui est attaqué

49:08
Locuteur non identifié

Il faut arrêter de poser ce préalable budgétaire et de se dire qu'on ne voit les services publics que comme un coup si on met tout sur la table on y réfléchit en se disant de quoi la population a besoin et quel est le besoin global de services publics dans notre pays c'est la question qu'il faut se poser sans se dire dès le départ on va supprimer des emplois et on va faire des économies

49:30
Invité

L'utilité de toutes les petites agences et opérateurs de l'état est en ce moment étudiée au cas par cas par les ministères Au total 2500 agents pourraient être concernés

49:41
Présentateur

Juste de ministre sur ce sujet là on peut dégager vraiment des économies avec les agences de l'état ou est-ce que c'est anecdotique ?

49:49
Invité

C'est anecdotique mais c'est important pour la population de pouvoir donner des exemples concrets alors je ne suis pas sûr que ça rapporte quelques centaines de milliers d'euros à chaque fois que vous supprimez ça n'a rien à voir avec le déficit public de l'état qui est de l'ordre de 80 milliards d'euros évidemment mais bon ce sont des choses symboliques je pense que ça va être particulièrement difficile parce que le gouvernement s'est quand même engagé à arrêter d'enlever des services publics sur le terrain et donc ça rentre un peu en contradiction vous ne pouvez pas à la fois dire on va enlever on va maintenir des services publics sur le terrain parce qu'on a entendu les gilets jaunes et en même temps dire on va supprimer des agences

50:26
Présentateur

Mais cette question qui nous est posée ce soir faire des annonces sur ce qui fait plaisir mais rien sur le financement des mesures est-ce raisonnable ?

50:32
Invité

Et non C'est exactement comme dans l'or du rein de Wagner quand les ondes vignes gardent mal le trésor tous ceux qui passent se jettent dessus pourquoi on se priverait ?

S'il y a des bonnes nouvelles à prendre on le fait que ce soit dans les collectivités locales ou dans l'État c'est pareil et on se dit oh la dette c'est pas grave de toute façon on n'emprunte pas cher et c'est pour les générations futures donc il faut vraiment des gardiens du trésor mais extrêmement rudes et on ne l'a pas alors on comprend le calcul d'Emmanuel Macron être libéral au début du quinquennat avec les entreprises des contribuables ça crée de la richesse ça relance l'économie les caisses de l'État se remplissent on peut faire du social oui sauf que ça n'a pas complètement marché alors comment va-t-il faire ?

il faut remplir les caisses de l'État pour pouvoir dépenser si on nous raisonne qu'en baisse de dépense pour se serrer la ceinture diminuer les services publics en espérant que les gens ne seront pas en colère ça ne marchera pas où sont les trucs qui font que demain la croissance va être à 1,5, 2, 3, 4 et remplir les caisses mécaniquement recréant le mythe de la cagnotte

51:23
Présentateur

mais on est en période d'examen là il peut faire l'impasse sur un sujet comme celui des économies dans un discours de politique générale en particulier pardonnez-moi François Spressoz quand on s'appelle Édouard Philippe et quand on a fait les déclarations qu'on a faites en début de quinquennat en disant

51:36
Invité

ce serait le gardien du temple justement c'est très intéressant parce que ce qui s'est passé en décembre dans cette espèce de clash qu'il y a eu on n'en a pas su grand chose mais ça a été quand même assez fort entre Matignon et l'Elysée sur la taxe carbone l'une des raisons pour lesquelles Édouard Philippe ne voulait pas céder et voulait absolument garder cette taxe carbone c'est qu'il disait si on l'abandonne au fond on a perdu une ferme plutôt les yeux en ce moment sur les 17 milliards de dépenses nouvelles c'est l'idée de dire laissez-moi réformer je serai le plus réformateur de tous mais donnez-moi un peu de marge sur le budget parce que je ne peux pas faire et la réforme et serrer les vis et au fond c'est ce qu'avait aussi essayé de négocier Nicolas Sarkozy en 2007 avant la crise des subprimes qui avait complètement fichu en l'air tout son projet mais c'était quand même l'idée de on a quand même aussi besoin de gras à moud pour réformer On fait les réformes structurelles mais d'essayer la brine mais d'essayer la chose

52:30
Édouard Philippe

C'était le même discours avec François Hollande à la réforme territoriale quand il avait supprimé le discours sur la suppression des départements c'était très clairement envoyer des gages à la commission européenne pour qu'elle soit moins soucieuse de la dépense publique moi ce que j'attends de voir aussi c'est ce discours effectivement sur les agences mais aussi tout le discours sur la délocalisation les maisons de services publics tout ça qui est une réponse aux gilets jaunes comment ça va être financé on nous parle de redéploiement mais ça va aussi générer Il a donné des chiffres

53:01
Présentateur

sur les maisons de services publics avec des objectifs assez ambitieux une maison de services publics dans chaque canton

53:06
Édouard Philippe

des fonctionnaires qui vont quitter Paris pour la province ça c'est des vœux pieux concrètement ça va être très compliqué à mettre en œuvre la réforme de l'État en sciences politiques elle est étudiée depuis des années elle est marquée par un échec constant c'est-à-dire que globalement il y a des phénomènes de dépendance Pourquoi d'ailleurs ?

53:22
Présentateur

Pourquoi on n'y arrive pas ?

53:23
Édouard Philippe

Parce que c'est le propre des administrations de créer des situations de verrouillage et que globalement les fonctionnaires sont aussi attachés au pouvoir qu'ils ont de leur administration et puis évidemment il y a le statut de la fonction publique qui rend les choses compliquées il y a les résistances des élus locaux parce que les services publics c'est aussi des activités dans telle ou telle ville il y a toute une série de mécanismes qui font que il est très difficile de revenir en arrière en fait le gros

53:51
Invité

des dépenses publiques aujourd'hui sont les transferts sociaux c'est le plus gros de la masse et qu'on parlait des retraites tout à l'heure les retraites en 1962 représentait 6% du PIB aujourd'hui c'est 14% c'est-à-dire qu'on voit bien que c'est là que ce n'est pas un gisement d'économie mais c'est là que les réformes doivent être faites pour que les Français qui ont aujourd'hui les Français ont aujourd'hui la durée de vie à la retraite la plus longue des pays développés alors on s'en réjouit c'est un choix c'est un choix politique mais pas un choix très courageux en même temps et c'est aussi un choix qui est fait parce que nous avons un taux de chômage élevé et on se dit si on incite si les gens partent plus tard en retraite ce sont des chômeurs parce qu'on n'a pas résolu notre problème de chômage mais on voit bien que je mentionnais les chiffres sur la retraite les dépenses pour l'éducation 1962 6% du PIB aujourd'hui à peu près la même chose c'est-à-dire qu'on voit bien que nous avons privilégié les transferts sociaux plutôt que le cœur du cœur qui devrait être l'éducation qui devrait être la recherche et notamment on connaît bien le niveau des salaires du monde de l'enseignement qui sont particulièrement bas par rapport à ce qui se fait dans beaucoup de pays

54:58
Présentateur

Est-ce que vous expliquez cet impasse de la part du Premier ministre sur les économies sur le financement en gros ça devrait servir à ça un discours de politique générale c'est-à-dire à un moment donné

55:08
Édouard Philippe

Mais ce n'était pas vraiment un discours de politique générale c'est là où on retombe c'était un exercice de communication donc effectivement il ne fallait pas trop donner prise à la critique sur ce plan

55:19
Invité

Je crois que c'est un sujet qui comme beaucoup de présidents de la République n'intéresse pas beaucoup Emmanuel Macron parce qu'il se dit c'est de l'argent qu'on gagnera en faisant des économies dans 10 ans peut-être et encore ce n'est pas certain donc ce n'est pas immédiat c'est un sujet qui intéresse d'autant moins aujourd'hui qu'avec des taux d'intérêt très très bas ça ne coûte rien de s'endetter mais évidemment le risque alors là je fais un petit peu le vieux schnock qui retourne les déficits publics et de la dette des taux d'intérêt qui peuvent augmenter mais effectivement un jour ou l'autre les taux d'intérêt vont finir par remonter Oui mais comme ça fait

55:50
Présentateur

très longtemps que vous n'annoncez la hausse des taux d'intérêt et qu'elle ne se produit pas Mais à un moment ça va arriver Peut-être ça arrivera Allez nous revenons maintenant à vos questions Si on baisse l'impôt sur le revenu comment va fonctionner la France ?

56:07
Invité

L'impôt sur le revenu ce n'est pas tout des recettes fiscales la TVA par exemple allez si on augmentait d'un ou deux points la TVA ça rapporte des milliards c'est formidable Alors c'est pas pour ça qu'il faut le faire parce que si on augmente la TVA on peut évidemment pénaliser la consommation Donc il y a des tas de leviers sur lesquels on peut jouer mais je pense que le mot a été dit tout à l'heure par Dominique c'est le courage Il y a un manque de courage quand on ne veut pas fâcher les gens quand on ne veut pas demander des sacrifices ni aux assurés sociaux ni aux travailleurs ni aux retraités ni aux fonctionnaires on finit par se retrouver face à une équation insoluble Alors Macron en a eu du courage au début ça s'est retourné un peu contre lui peut-être que son courage était un peu trop coupant peut-être un peu trop brutal mais il faut réussir à retrouver le chemin du courage donc de l'effort Regardez la semaine dernière le débat qu'on a eu une fois de plus sur les jours fériés à l'occasion du lundi de Pentecôte Les Français ne veulent pas faire d'effort parce que les politiques qui leur demandent leur demandent trop timidement et sans arriver à les convaincre que cet effort sera payant

56:59
Présentateur

Il faudrait qu'il soit efficace c'est un discours que vous tenez souvent à François Fresseau il y a un doute sur l'efficacité de la chose politique et des décisions politiques les Français sont réticents aussi

57:10
Invité

Absolument et je pense qu'il y a une absence dans nos évaluations de politique publique c'est d'essayer d'évaluer fortement de consacrer une bonne partie du débat national à dire qu'est-ce qui marche qu'est-ce qui ne marche pas à évaluer toutes les décisions à les changer si besoin mais ça on n'a pas du tout

57:28
Édouard Philippe

On attend encore l'évaluation sur les SF d'ailleurs

57:29
Invité

Absolument

57:30
Édouard Philippe

C'est bientôt non ?

57:33
Invité

Ce sera à l'automne mais ce sera probable enfin il y en aura une première à l'automne mais au bout d'un an c'est quand même compliqué Moi je voulais préciser

57:38
Édouard Philippe

quand même sur la baisse de l'impôt sur le revenu moi je trouve ça inquiétant parce que d'un certain point de vue baisser c'est l'impôt le plus redistributif l'impôt sur le revenu

57:46
Invité

On baisse ceux qui sont en bas Oui je sais bien

57:50
Édouard Philippe

mais du coup on baisse aussi la part de l'impôt sur le revenu dans les ressources de l'Etat et je pense que c'est un mauvais signal c'est une politique libérale à moyen c'est évident donc voilà le problème aussi aujourd'hui de la fiscalité c'est qu'elle est essentiellement indirecte et que la fiscalité indirecte est très injuste Mais on peut espérer

58:08
Invité

comme avec la prime de 1000 euros de la fin de l'année que les gens qui vont avoir ces tristes tournes d'impôt ils vont la consommer tout de suite donc la remettre dans l'économie Il a eu un mot assez curieux il a dit à un moment Edouard Philippe tout ça ce sont nos sous J'ai entendu Le réel nos sous C'est assez curieux dans la bouche d'un premier ministre ça se surprend mais ça veut dire l'envie de parler de choses très concrètes D'être moins techno D'être moins techno

58:29
Présentateur

L'acte 2 n'est-il pas simplement un projet de campagne électorale pour 2022 ?

58:34
Invité

Oui mais l'acte 1 aussi c'était un projet de campagne électorale un président sans sa réélection il y a des échelons intermédiaires vous ne pouvez pas faire grief à un pouvoir de se préoccuper des obstacles électoraux qui sont devant lui après il ne faut pas tomber dans la démagogie donc il y a une juste mesure entre les bonnes nouvelles les cadeaux les efforts à trouver je trouve qu'aujourd'hui ils étaient un peu en deçà de la main Mais il a été porté ce matin par une plutôt bonne nouvelle les créations d'emplois qui ont atteint un niveau 93 ou 94 000 créations d'emplois au premier trimestre ce qui peut laisser espérer que le taux de chômage va baisser au premier trimestre de manière de façon sensible on verra bien Est-ce que c'est en train de marcher ?

C'est ça Les prévisions de 300 sont pas bonnes quand même Et à ce moment-là le gouvernement dira écoutez mon affaire ça marche ça a infusé

59:14
Présentateur

Et il a commencé son discours de politique générale nous avons des résultats avec nous avons des résultats et l'attractivité de la France qui est au plus haut et les chiffres du chômage qui sont au plus bas Après le discours de Macron hier devant l'organisation internationale du travail il semble normal d'être déçu par les annonces du premier ministre non ?

59:30
Invité

Oui parce que la critique du capitalisme fou le mea culpa le côté une main qui vendait le social une main qui vendait l'écologique dans l'apparition télévisée du président ça a laissé augurer quelque chose qui avait plus de souffle alors évidemment Edouard Philippe a mis cela à son aune à sa dimension à son style c'est peut-être pour ça qu'on est un peu déçu peut-être que Macron lui-même était un peu frustré de ne pas pouvoir faire un grand discours au Congrès alors il a lâché ce discours à l'OIT

59:55
Présentateur

Quelle réforme à venir pourrait s'avérer compliquée ?

59:59
Invité

Je pense que la réforme des retraites ça va être compliqué dans la mesure où il y a à la fois l'allongement du départ à la retraite même si formellement ce n'est pas dit et puis il y a quand même tout un changement de système ce qui fait que les gens qui seront sur le point de partir en retraite vont comparer avec ce qu'ils auraient pu toucher aujourd'hui donc il va y avoir à mon avis des choses assez compliquées alors il a quand même de le voir avec lui qui a concerté depuis des mois et des mois avec les syndicats donc il ne peut pas dire que c'est une réforme qui tombe du ciel mais je pense que ça va être quand même très compliqué parce que c'est un changement complet de paradigme Je pense que le plus compliqué alors ça peut être les retraites mais je ne suis pas sûr que les Français aillent beaucoup dans la rue si l'âge de la retraite légale ne change pas parce que ça va être compliqué à lire vous le disiez tout à l'heure ça va être compliqué à lire mais bon à mon avis le point le plus compliqué ce sera probablement l'évaluation de l'ISF c'est-à-dire s'il arrive à l'automne ou au début 2020 l'idée que c'est pas si clair que ça etc et à ce moment-là il reprendra comme Nicolas Sarkozy en 2008 il reprendra de face le président des riches

1:01:03
Présentateur

Mais là il a prévu de changer de cap si ça marche pas il fera machine arrière

1:01:09
Invité

Oui alors c'est un peu comme le 80 km heure quel sens ça a d'évaluer au bout d'un an c'est-à-dire c'est très rapide D'après le discours

1:01:17
Présentateur

de Philippe peut-on penser que le gouvernement est en train de reculer l'âge de départ à la retraite sans l'annoncer ?

1:01:23
Invité

Ah oui C'est ça ? Ah oui Moi je pense que formellement il faut s'habituer dans notre tête à se dire qu'on va partir à la retraite à 64 ans si on veut avoir tous nos avantages C'est une prise d'otage on est pris en otage par soi-même si on veut se libérer deux ans avant on paye Mais la réalité c'est qu'en fait l'âge moyen de départ à la retraite est déjà supérieur à 62 ans aujourd'hui

1:01:42
Présentateur

Il y a combien ?

1:01:43
Invité

Alors c'est 62,2 je crois Je ne m'engage pas

1:01:45
Présentateur

sur 64 ans Non Le gouvernement touchera-t-il au statut des fonctionnaires ?

1:01:51
Édouard Philippe

C'est déjà en route C'est déjà en route Il y a une loi qui est en cours qui permet d'embaucher plus de contractuels donc il y a déjà ça je pense que l'agenda est en route

1:02:00
Présentateur

Et sur la question des retraites oui il va en tout cas changer leurs conditions

1:02:03
Invité

aux offens sur la retraite Il y a quand même des choses un peu bizarres On a appris lors de l'augmentation d'EDF récente que sur nos factures EDF il y a une ligne où le consommateur d'électricité paye les retraites des agents EDF C'est quand même un peu étrange comme solidarité sociale Donc c'est normal de remettre à plat tout cela

1:02:19
Présentateur

Le mea culpa de Macron marque-t-il un nouvel état d'esprit qui peut s'assimiler malgré tout à un tournant du quinquennat ?

1:02:27
Invité

Oui Oui parce qu'il y a quand même eu 17 milliards d'euros mis sur la table et il y a eu quand même ce grand débat qui a permis un dialogue qui n'existait pas avant et au fond il l'a dit Emmanuel Macron il a dit j'ai découvert le pays il ne le connaissait pas Mais contournant une

1:02:43
Édouard Philippe

continuité quand même sur les politiques publiques il n'y a pas d'inflexion

1:02:46
Invité

Oui et non parce que quand vous augmentez le salaire de l'ensemble des SMICAR de 100 euros par mois ça n'est pas rien c'est-à-dire c'est un changement assez complet sur la rémunération

1:02:58
Présentateur

Un socle de français fidèle des syndicats atone une opposition explosée que risque le gouvernement ?

1:03:03
Invité

Il risque quand même des mouvements spontanés imprévisibles comme on a eu avec les gilégences Attention les gilégences peuvent revenir Exactement on ne sait jamais avec des réformes on sait maintenant que le substrat social français il est explosif

1:03:12
Présentateur

Que reste-t-il du grand débat dans ce discours du Premier ministre ?

1:03:15
Invité

Il reste quand même de la méthode nouvelle de la concertation de la déconcentration Pas grand-chose

1:03:20
Édouard Philippe

sur la démocratie perspective dont on a beaucoup parlé

1:03:22
Invité

Un peu de référendum c'est dans les tuyaux J'ai cité l'or du Rhin c'était pas la flûte enchantée quand même cet après-midi On va finir avec ça

1:03:29
Présentateur

c'était le mot de la fin Merci à vous tous C'est la fin de cette émission qui sera rediffusée ce soir à 22h25 On se retrouve demain 17h50 pour un nouveau C'est dans l'air Tout de suite c'est à vous avec Anne-Elisabeth Lemoyne Belle soirée sur France 5