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interviewC à vous· 24 juin 2024 12 min

Macron : le résultat du 2nd tour « ne sera la faute de personne » - C à Vous - 24/06/2024

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Invité

Qu'un risque de guerre civile, le 7 juillet au soir, si l'extrême droite ou l'extrême gauche obtient une majorité, qu'elle soit relative ou absolue ? Moi je crois profondément que... C'est ce que dit Emmanuel Macron. Oui, c'est lui qui emploie le mot « les deux extrêmes ». Je crois profondément que la France insoumise alimente le Rassemblement national et que le Rassemblement national alimente la France insoumise. Avec un risque de guerre civile ? Avec des discours de division, de haine, de stigmatisation, qui se nourrissent l'un l'autre. On voit bien que dans cette tenaille dans laquelle on veut nous plonger...

C'est pas rien que le chef de l'État alerte sur la possibilité d'une guerre civile à laquelle mènerait les programmes des deux extrêmes. Donc c'est la perspective qui se dessine là, le 7 juillet au soir. La stigmatisation d'une partie des Français qui est assumée par des formations politiques, que ce soit la France insoumise ou le Rassemblement national. Pas les mêmes Français évidemment, pas nos mêmes concitoyens. Une forme de confessionnalisation de la politique à travers ces parties. La haine comme carburant. Évidemment que ça contribue à dresser les Français les uns contre les autres. D'accord, le mot de guerre civile vous le reprenez ou pas en fait ?

J'ai été frappé par des discours et des propos que j'ai pu entendre. On a vu le reportage d'Envoyé Spécial, pas seulement. Quand vous avez le fils d'un cadre du Front National qui est interpellé pour agression homophobe et qui déclare avec ses comparses, vivement après les élections législatives, on pourra casser du PD, je cite, comme on veut. Évidemment que ça fait froid dans le dos et qu'on se dit que, oui, dans notre pays, certains ont de la haine, des pulsions, des volontés de s'en prendre à certaines communautés ou à certains Français en raison de leurs origines, de leurs croyances, de leur genre, de leur orientation sexuelle.

Et que probablement que la victoire des extrêmes, de l'extrême droite, libérerait ces pulsions et pourrait conduire effectivement à des violences et à des violences qui viendraient en retour. C'est ça la crainte. Notre responsabilité c'est de tout faire pour l'éviter. Et je le dis ici, il y a un moyen de l'éviter. Il y a un moyen de refuser cette espèce de grande déchirure en votant pour les candidats ensemble pour la République, mais dès le premier tour. Pas en dispersant des voix sur d'autres candidatures qui se disent pas aux extrêmes, mais entre les deux.

Les seuls qui sont en mesure de se qualifier au second tour pour éviter cette tenaille, c'est les candidats ensemble pour la République que je défends dans cette campagne.

2:18
Présentateur

Gabriel Attal, le Financial Times, le candidat britannique, faisait sa une ce matin sur un sondage Ipsos réalisé les 19 et 20 juin derniers pour savoir à qui les Français faisaient confiance en matière économique. Les résultats sont le Rassemblement national arrive en tête avec 25% des personnes interrogées, le nouveau Front populaire avec 22% et ensemble majorité présidentielle troisième. Vous qui mettez en garde les Français devant les extrêmes qui pourraient les ruiner, le message imprime pas pour l'instant.

2:48
Invité

Vous savez, quand vous êtes majoritaire, quand vous êtes au gouvernement, quand vous gouvernez le pays, c'est toujours plus difficile de convaincre d'être populaire que quand vous êtes dans l'opposition, que vous pouvez expliquer aux Français ce que vous pensez qu'ils ont envie d'entendre, en leur racontant un espèce de miroir aux alouettes, en leur expliquant que tout est possible, que finalement on pourrait être dans un pays où il n'y a pas de dette et en même temps on a la retraite à 60 ans, il n'y a plus de TVA, l'impôt sur le revenu est supprimé pour une catégorie de la population, on renforce le service public et tout va bien dans le meilleur des mondes.

Moi je crois profondément, c'est payé par des rencontres que j'ai sur le terrain, que évidemment que les Français sont beaucoup plus intelligents que ça et qu'ils savent très bien qu'un budget c'est des entrées et des sorties. Et que quand vous avez à la fois le Rassemblement national et la NUPES qui propose des programmes de plusieurs centaines de milliards d'euros de dépenses, sans expliquer pour certains, le Rassemblement national, comment est-ce qu'ils le financent, en commençant à expliquer assez clairement pour les autres qu'ils le financent par des augmentations d'impôts, à la fin ça ne marche pas. Ça ne marche pas parce que ça met en péril tout notre modèle social.

Les deux proposent, dans des proportions différentes, avec un calendrier différent, de ramener la retraite à 60 ans. Les retraités qui nous regardent savent très bien qu'on a un système qui est fragile, qu'on a moins d'actifs que de personnes à la retraite, et que les retraites, les pensions de nos retraités sont financées par les actifs qui travaillent. Si vous abaissez la retraite à 60 ans, vous aurez beaucoup plus de retraités encore que d'actifs qui travaillent et un système qui ira à la banqueroute.

Et à la fin, pour qu'ils puissent tenir, c'est soit on augmente les cotisations sur ceux qui travaillent, il faudrait autour de 2000 euros de cotisations en plus pour le financer, soit on baisse les pensions de nos retraités, ça serait 2500 euros de baisse en moyenne de pensions sur l'année. Voilà, donc on voit des partis qui sont prêts à tout pour gagner ces élections, prêts à tout. Être prêt à tout, ça veut dire être prêt à s'allier avec n'importe qui, avec des gens avec lesquels on a expliqué qu'on n'était pas du tout d'accord. J'ai donné l'exemple pour la NUPES, c'est quelque part aussi vrai avec le Rassemblement National et Éric Ciotti.

Jordan Bardella qui défend la retraite à 60 ans, Éric Ciotti qui défendait il y a encore quelques mois la retraite à 65 ans, il faut faire quoi ? Une moyenne entre les deux, pour à la fin trouver quelle va être la solution. Donc, prêt à tout en s'alliant avec n'importe qui, prêt à tout en proposant n'importe quoi. Et à la fin, ça serait, je pense, terrible pour notre pays. C'est qu'un des volets du programme du Rassemblement National qu'on connaît depuis ce matin, puisque Jordan Bardella l'a présenté pendant 90 minutes. Il a aussi parlé d'immigration, de sécurité, de fiscalité, et puis aussi d'éducation. Et là, il veut un big bang de l'autorité.

Tant par ailleurs refaire de l'école un asile inviolable, où les querelles des hommes n'entrent pas, et cela passe, dès la rentrée de septembre, par un big bang de l'autorité. Dès la rentrée, les téléphones portables seront interdits dans les établissements scolaires, dont les lycées. Le vouvoiement des enseignants sera obligatoire. Et les expérimentations des ports de l'uniforme seront poursuivies, je suis à titre personnel, favorable à son instauration à l'école primaire, mais aussi au collège. Nous mettrons un terme à l'idéologie du pas de vague et au recul de la République dans ses propres institutions.

La protection fonctionnelle sera automatique pour les membres de la communauté éducative en cas de plainte pour violence, menace ou injure. Alors, vous avez été ministre de l'Éducation. L'interdiction de téléphone portable dans les établissements scolaires, vous l'aviez fait, mais dans les écoles et les collèges, pas dans les lycées. Pourquoi ne pas être allé jusque-là ? Dans les lycées, le téléphone portable est interdit en cours, je pense, dans la totalité d'entre eux, par le règlement intérieur du lycée. Donc ensuite, vous avez la question de savoir si vous l'interdisez dans les intercours, c'est-à-dire entre les cours. Pourquoi est-ce que ça avait été fait au collège et pas au lycée ?

Parce qu'au lycée, dans la plupart des cas, les élèves sortent du lycée pendant l'intercours. Et donc, s'ils n'ont pas le droit d'utiliser leur portable dans le lycée, ils vont sortir pour l'utiliser dehors. Alors, on peut considérer qu'on interdit aux lycéens de sortir pendant la journée. mais en général, on sait qu'au lycée, on a des journées avec des trous et donc ça peut être compliqué à organiser. Mais je vais vous dire, enfin, je ne vais pas vous dire que je ne suis pas favorable à ce qu'on renforce l'autorité à l'école. Je me suis battu pour ça. Le vouvoiement des professeurs, par exemple, pour plus d'autorité, l'autorité auquel vous teniez beaucoup ?

Moi, je suis pour qu'on respecte toujours la figure de l'enseignant, en toute situation. Je crois que dans la plupart des cas, les enseignants sont, vous voyez, pas à l'école primaire, mais au collège et au lycée. Ensuite, moi, je crois profondément qu'il faut faire confiance aux chefs d'établissement et aux enseignants. Que les chefs d'établissement et les enseignants, évidemment, qu'ils ont à cœur d'être respectés, qu'ils ont à cœur de transmettre, qu'ils ont à cœur que l'autorité soit respectée et qu'ils savent organiser les choses pour cela. Mais là, quand vous entendez Jordan Mandela, vous avez... J'entends expérimentation de l'uniforme. C'est moi qui l'ai lancé.

Donc, je ne vais pas vous dire que je suis contre. Il reprend des choses qu'on a déjà engagées. La protection fonctionnelle pour les enseignants, de la même manière. Un mot sur la double nationalité que Jordan Mandela promet de ne pas remettre en cause. Mais en revanche, il assure que le RN au pouvoir entend réserver un certain nombre d'emplois stratégiques dans les secteurs liés à la sécurité ou à la défense. exclusivement à des citoyens français. Interrogé sur BFM TV pour réagir au programme. Le député sortant, Bruno Fuchs, Fuchs, pardon, du Modem, pardon, a dit un binational franco-espagnol. Ce n'est pas la même chose qu'un franco-africain. Un commentaire sur cette phrase.

Bruno Fuchs, pardon. Je connais Bruno Fuchs. Vous pouvez, dans une interview, faire un lapsus. Non, moi, ce qui me frappe, ce qui me frappe, c'est... C'est un lapsus, ça. Non, ce qui me frappe, c'est... On voit bien que dans la proposition qui est faite par Jordan Bardella, ça reprend une proposition historique, classique, de l'extrême droite, du Front National, de Jean-Marie Le Pen. Qui a été abandonnée. Qui a été abandonnée. L'interdiction de la binationalité. Oui, d'accord. Mais enfin, je veux dire, c'est une philosophie qui a toujours existé au Front National. parce qu'il dit je n'interdis pas la binationalité.

Mais c'est quoi le message qu'il a envoyé quand vous dites qu'il y a deux catégories de français ? Que quand vous êtes binational, vous n'êtes pas un français comme les autres ? Il a dit que ça concernerait un nombre minime d'emplois. D'accord. Pour limiter les ingérences étrangères. Mais les instaurer, ça veut dire quoi ? Ça veut dire que quelqu'un qui est français et une autre nationalité, il est, on va dire, corruptible, plus corruptible que d'autres. Ça veut dire qu'il est suspect à être plus délinquant que l'autre. C'est quoi le message qui est envoyé ensuite aux entreprises, à tous les recruteurs, les employeurs qui vont voir des candidatures avec des candidats binationaux ?

C'est le message que vous ne pouvez pas totalement leur faire confiance. Moi, c'est ça qui me frappe. Mais c'est ce qui frappe aussi dans les propos de M. Fuchs ? Oui, mais encore une fois, je vois les propos que vous avez inscrits là sur l'écran. Je n'ai pas vu la déclaration. Je connais suffisamment bien Bruno Fuchs pour savoir qu'il est évidemment très au clair sur ces sujets-là. Il y a une heure, Emmanuel Macron a pris à nouveau la parole dans le cadre d'un entretien enregistré vendredi après-midi pour le podcast Génération Do It Yourself qui décortique, selon les termes de son créateur, le succès d'entrepreneurs, de sportifs ou d'artistes qui, je cite, ont fait le grand saut.

Apparemment, le président rentrait dans ce cadre-là. Une heure quarante-cinq au cours de laquelle il évoque le résultat du 7 juillet prochain. C'est à cette occasion qu'il a alerté sur les problèmes des extrêmes qui mèneraient à la guerre Sylville. Il a évoqué également le résultat du 7 juillet prochain.

10:04
Gabriel Attal

Au-delà de vos colères, elle s'est exprimée, je l'ai entendue, je vous redonne la parole. Qu'est-ce que vous voulez ? Et donc, regardez les projets. Et donc, ce sera la faute de personne le soir du deuxième tour. Ce sera la responsabilité des Français. Et moi, ce n'est pas un pari. C'est une confiance.

10:23
Invité

Ce sera la faute de personne le soir du deuxième tour. Ce sera la responsabilité des Français. C'est quand même lui qui a décidé cette dissolution au soir des élections européennes. C'est les Français qui votent. Personne ne peut dire le contraire ici. C'est les Français qui votent et qui se prononcent. Ils l'ont fait par ailleurs aux élections européennes. On a perdu ces élections européennes. On en tire évidemment des conséquences. Et quand un vote est le résultat d'un rejet et en particulier du rejet du chef de l'État, on peut se dire qu'il a peut-être une responsabilité dans le résultat éventuel le 7 juillet prochain ?

Moi, je crois que les Français sont en train de comprendre, en tout cas ont compris dans une large partie, que ces élections, ce n'est pas un référendum pour ou contre le président de la République. Ce n'est pas une élection présidentielle. Ces élections, ce sont des élections législatives. La seule personne qui est assurée de rester en poste à l'issue de ces élections législatives, c'est le président de la République. Dans une élection législative, vous choisissez une majorité à l'Assemblée nationale qui donnera un gouvernement à un Premier ministre. Pourquoi dirige-t-il de la campagne ? Depuis la dissolution, il a pris la parole en moyenne un jour sur deux sur ce sujet.

Il est président de la République. Parce que ce n'est pas une élection présidentielle. C'est lui qui a pris cette décision. C'est normal qu'il s'en explique. Par ailleurs, ce vote est historique. Et donc, évidemment, il est totalement fondé à s'exprimer par... Il l'a fait avec une lettre, avec un podcast. Moi, je mène cette campagne en tant que chef de la majorité.