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Discours / meetingFrançois-Xavier Bellamy· 4 mars 2021 7 minAutoproduitActualité / polémiqueImmigration & asileInstitutions & électionsEurope & international

Protection des frontières : au sujet de la situation de l'agence FRONTEX

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 60 %Défensif 10 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:02Invité politiqueFait
    « il n'y a pas d'humanité possible sans fermeté en la matière »
  • 2:46Invité politiqueFait
    « On reproche en substance à l'agence Frontex d'avoir écarté du territoire européen des personnes qui sont entrées illégalement. »
  • 3:29Invité politiqueFait
    « Comment se fait-il que nous puissions donner autant de crédit à ce pays, la Turquie, qui est une puissance de déstabilisation depuis des mois à la lisière de l'Europe, qu'à nos propres forces : à celles de l'agence Frontex et à celle des pays européens qui travaillait avec elle. »
  • 4:11Invité politiqueFait
    « Frontex refusait de se conformer aux règles. »
  • 5:30Invité politiquePromesse
    « nous nous sommes engagés devant les Français, devant les citoyens des pays européens, à maîtriser ses frontières. »

Temps de parole

  • François-Xavier Bellamy100 %

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François-Xavier Bellamy

Bonjour à tous. Aujourd'hui je voudrais revenir avec vous sur une actualité qui fait débat dans les institutions européennes : c'est la situation actuelle de l'agence Frontex. Frontex, c'est cette agence qui est chargée d'appuyer les forces des États-membres pour assurer la maîtrise des frontières extérieures de l'Union européenne : un corps de garde-côtes et de garde-frontières européens.

Je vous l'ai déjà dit, cette agence, je crois son travail fondamental, parce que nous ne pouvons pas imaginer que les pays de première entrée – je pense par exemple à un pays comme la Grèce qui a été récemment confrontée à la pression migratoire très forte organisée par la Turquie à ses frontières – on ne peut pas imaginer que ces pays de première entrée supportent seuls le poids d'une pression migratoire qui est en réalité dirigée vers l'Europe entière. Les personnes qui cherchent à rentrer illégalement en Grèce n'ont pas pour projet de s'établir en Grèce : elles veulent venir en France, en Allemagne, elles veulent venir dans d'autres pays européens.

Il est donc normal que nous aidions ensemble les pays européens qui sont aux frontières extérieures de l'Europe à assumer une pression migratoire qui, si elle n'est pas correctement maîtrisée, pèsera forcément sur nous tous. Il est donc fondamental que cette agence puisse, comme cela est prévu aujourd'hui, monter en puissance pour pouvoir se renforcer et assumer efficacement cette mission. J'ai eu l'occasion d'aller voir l'agence Frontex à plusieurs reprises, en Grèce notamment, dès la campagne européenne, puis encore plus récemment pour voir comment fonctionne sur le terrain sa mission et son opération.

J'ai eu l'occasion d'aller encore tout récemment à Mayotte et de pouvoir voir, à Mayotte, comment les agents chargés de la lutte contre l'immigration clandestine travaillent dans le ministère de l'Intérieur français. C'est une mission difficile, une mission délicate, une mission qui impose bien sûr une humanité et un respect scrupuleux des droits fondamentaux, parce qu'évidemment elle vous place face à des personnes qui sont dans une situation de vulnérabilité. Mais cette mission doit aussi être conduite avec fermeté.

Je le redis, je l'ai dit pendant toute la campagne, nous l'avons dit tous ensemble avec notre délégation : il n'y a pas d'humanité possible sans fermeté en la matière, et si nous voulons éviter les drames qui aujourd'hui marquent les frontières de l'Europe sur le sujet migratoire, si nous voulons éviter en particulier ces naufrages en mer Méditerranée, alors il est fondamental que nous puissions imposer ce principe simple : personne ne doit pouvoir rentrer et s'établir sur le sol européen s'il n'y a été légalement autorisé par avance.

Aujourd'hui l'agence Frontex est soumise à une succession d'attaques et de critiques, de contestations depuis plusieurs mois, et son directeur exécutif, le Français Fabrice Leggeri, doit faire face à ces reproches. Le plus grave d'entre eux concerne l'accusation de refoulement illégaux, c'est à dire des refoulements de personnes qui seraient déjà rentrés sur le sol européen. On reproche en substance à l'agence Frontex d'avoir écarté du territoire européen des personnes qui sont entrées illégalement. Sur quoi se fonde ces accusations ? Elles se fondent sur des "preuves" très faibles, très fragiles, et que les enquêtes récentes – qui se sont multipliées – ont permis de dissiper petit à petit.

Elles se fondent en particulier sur des vidéos, émises par des gardes côtes turcs, contre les forces de Frontex, et contre les garde-côtes grecs et roumains qui venaient les appuyer. Les garde-côtes turcs, c'est à dire les garde-côtes de ce pays qui organisait la crise migratoire à la frontière européenne, les garde-côtes de ce pays qui au même moment menaçait la souveraineté de la Grèce, la souveraineté de Chypre, qui au même moment mettait en danger la stabilité de la zone et allait jusqu'à menacer directement une frégate militaire française...

Comment se fait-il que nous puissions donner autant de crédit à ce pays, la Turquie, qui est une puissance de déstabilisation depuis des mois à la lisière de l'Europe, qu'à nos propres forces : à celles de l'agence Frontex et à celle des pays européens qui travaillait avec elle. C'est la question que j'ai posée à une commissaire européenne qui s'est complaisamment fait le relais de ces accusations qui semblent aujourd'hui si peu fondées. La commissaire Johansson, une commissaire social-démocrate suédoise, a récemment affirmé dans une commission parlementaire, ici, au Parlement européen, que Frontex refusait de se conformer aux règles.

Avec toute notre délégation au Parlement européen, avec tous nos collègues français, nous avons écrit un courrier à madame Johansson, un long courrier détaillé pour lui demander de répondre de ces critiques.

Soit ces critiques sont fondées et elle peut le démontrer, soit elles ne le sont pas – ce qui semble être le cas au vu des dernières enquêtes – et alors il s'agit d'une tentative de déstabilisation extrêmement grave d'une commissaire européenne contre une agence européenne, d'une commissaire européenne chargée d'exécuter cette stratégie décidée par la présidente de la Commission, déterminée par le Parlement et le Conseil européens, stratégie de montée en puissance d'un corps de garde-côtes et de garde-frontières, contre ce corps qui est chargé d'exécuter ce mandat. Il y a là un sujet majeur.

Un sujet majeur d'abord pour notre avenir, parce que nous le savons bien : la question migratoire sera au coeur de ce mandat, elle est au coeur de notre avenir. Nos sociétés sont déjà fragilisées, fracturées, traversé de multiples tensions, et nous ne parviendrons pas à reconstruire leur unité si nous n'arrivons pas enfin à maîtriser efficacement les frontières extérieures de l'Europe. Il y a là aussi une question fondamentale d'un point de vue démocratique, parce que nous nous sommes engagés devant les Français, devant les citoyens des pays européens, à maîtriser ses frontières. C'est l'engagement qu'a pris la Commission européenne, cet engagement elle doit le tenir.

Si aujourd'hui une commissaire européenne se permet de jeter le soupçon sur des fonctionnaires qui travaillent pour une agence européenne sans avoir de fondement pour cela, alors cela signifiera qu'il y a évidemment un problème démocratique, un problème institutionnel majeur. Madame Johansson avait déclaré il y a quelques mois de cela que l'Europe était en train de vieillir, qu'elle n'avait plus d'enfants, et qu'il allait falloir évidemment qu'elle importe des bras pour remplacer les jeunes qu'elle n'a plus dans ses usines et ses entreprises. Cette vision à la fois désespérée et cynique... Cette vision, politiquement, je la conteste absolument.

Madame Johansson a bien sûr le droit d'avoir son avis ; elle n'a pas le droit en revanche de fragiliser une action qui a été engagée par la Commission européenne, qui est portée en notre nom par le commissaire européen Margaritis Schinas en particulier, chargé de défendre le mode de vie européen. Cette affirmation d'une fermeté dans la politique migratoire, elle doit être suivie d'effet. Vous pouvez compter sur nous, sur tous les élus de notre délégation – en particulier sur ceux qui en commission LIBE travaillent directement sur ce sujet, pour pouvoir efficacement mettre en oeuvre cette politique.

Nous ne nous contenterons pas de déclaration, nous voulons que la lumière soit faite sur la réalité de ces accusations portées au cours des dernières semaines et des derniers mois, et nous voulons surtout que jamais ces accusations ne puissent déstabiliser ce dont nous avons le plus besoin : une politique enfin déterminée pour mettre fin à la naïveté européenne sur le sujet migratoire. La semaine prochaine, je serai heureux de vous retrouver pour un autre moment important ; nous aurons l'occasion de la plénière qui s'annonce de voter sur la taxe carbone à l'entrée du marché unique, cette barrière écologique qui était au coeur de notre projet pour l'élection européenne.

Ce sera l'occasion pour moi de revenir sur cette promesse tenue que nous serons heureux de partager ensemble. Merci encore et à très bientôt.