AUDITION DE MARION CARRÉ (ASK MONA) / HUGO CASELLES DUPRÉ (COLLECTIF OBVIOUS) #ai
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 72 %Attaque 8 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:00OuverteRéponse directe
Comment l'IA transforme-t-elle l'éducation et la culture ?
- 7:00OuverteRéponse directe
À quel moment l'IA intervient-elle dans votre processus créatif ?
- 15:00RelanceRéponse directe
Quels sont les biais des modèles d'IA et comment les limiter ?
- 25:00OuverteRéponse directe
Comment authentifier l'originalité d'une œuvre générée par IA ?
- 35:00OuverteRéponse directe
Comment l'IA peut-elle améliorer la diffusion des connaissances sans propager de fausses informations ?
- 5:01OuverteRéponse directe
Comment concilier curiosité individuelle et vérité dans la diffusion des connaissances avec l'IA ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:00Fait
« on va faire en sorte en fonction des questions et des réponses de chacun d'adresser la bonne information »
- 6:00Fait
« il faut trouver une façon et quand on introduit l'intelligence artificielle de garder une forme de progressivité »
Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bien mesdames et messieurs, bonjour. Nous poursuivons les travaux de cette mission d'information dont le titre est création, diffusion et acquisition des connaissances. Comment l'intelligence artificielle transforme notre éducation et notre culture avec l'audition aujourd'hui de madame Marion Caré et de monsieur Hugo Casel Dupré, madame Justine Marente excusé ce matin.
Nous vous remercions madame monsieur d'avoir accepté notre invitation qui s'inscrit dans le deuxème temps de notre de nos travaux consacré aux interactions entre les outils de l'IA et la culture. Nous nous sommes adressés à vous car vous avez tous deux intégré à votre travail les outils de l'intelligence artificielle. Lorsque l'on parle de celle-ci, il est rare d'entendre des paroles optimistes.
On se on se plaît souvent à souligner les risques qu'elles comportent pour la production et et la création. Mais bien au contraire. Donc en effet, le débat public soulligne les risques.
On peut aussi citer le risque de standardisation, de dépendance à la machine, les atteintes aux droits d'auteur, la mise à mal du système de rémunération des artistes, un risque d'éviction par le prix des des œuvres humaines par des œuvres artificielles et cetera. Peut-on donc qualifier d'ailleurs une production artificielle d'œuvre ? À partir de quand ?
Sur les questions que qui s'ex directement à vous désormais. Une œuvre humaine créée avecistance avec l'assistance de technologie di cesse-elle d'être une œuvre ? Quelle est au fond la la ligne de de fracture de partage ?
Pour reprendre les mots d'Ana Harent, une telle production peut-elle être qualifiée de choses immortelles accomplies par des mains mortels ? Quelle place pour les mains de l'homme dans le travail artistique assisté par Lia ? Il il s'agit là de question fondamentale surtout dans un pays comme la France patrie du bras d'auteur nation littéraire s'il l'en fut et dont la foi dans la culture a toujours été une composante essentielle de son identité de ce que l'on pourrait donc nommer un humanisme à la française.
Donc je vais vous passer la parole. Nous serons évidemment très attentifs à vos propos. Vous avez chacun 5 minutes sur les règles, hein, 5 minutes de proposinaire et ensuite madame la rapporteur euh qui se joint à moi pour vous saluer d'ailleurs, j'ai oublié de le dire euh ne manquera pas de vous poser des nombreuses questions d'ailleurs qu'elle vous a adressé à l'avance, il me semble bien.
He très bien, merci beaucoup. À vous la parole. Bonjour, très heureuse de me joindre à vous pour ces travaux.
Concernant mon propos liminaire, je pense que déjà c'est important de présenter sous quelle perspective j'explore ce sujet de l'art et de l'intelligence artificielle depuis bientôt une une dizaine d'années. Pour commencer, je suis présidente et cfondatrice d'une entreprise qui s'appelle ASC Mona dont la spécificité est de mobiliser l'intelligence artificielle au service de la curiosité, c'est-à-dire que nous la déployons dans le secteur culturel. euh au service de la découverte, de l'apprentissage.
Donc il y a différents, on va dire, cas d'usage de cette technologie dans les institution culturelles qui font le pont entre ces institutions et leur public pour faciliter la la rencontre entre les publics et les œuvres notamment. Donc ça, je dirais que c'est ma première casquette qui me permet de, j'aime bien dire mettre les mains dans le camboui, c'est-à-dire explorer et voir au plus près les possibilités de cette technologie et la déployer pour ce type de cas d'usage. Donc ça c'est le premier aspect.
J'ai ensuite d'autres casquettes qui me permettent de prendre plus de recul vis-à-vis de l'impact de cette technologie. Je suis notamment autrice de plusieurs ouvrages à ce sujet. Euh le dernier étant le paradoxe du tapis roulant qui est paru euh chez Latus de l'intelligence artificielle.
Je reviendrai plus en détail euh après, mais tout l'enjeu, c'est de positionner le fait qu'on est à mon sens aujourd'hui et la croisée des chemins dans les choix d'utilisation qu'on fait de cette technologie et dans les impacts qui peuvent avoir nous nous concernant. Euh donc ça c'est des travaux effectivement euh récents. Avant ça, j'ai aussi travaillé sur la question euh de la place des femmes euh dans le numérique à travers euh euh mon avant-dernier ouvrage qui était qui a voulu effacer Alice Reco et aussi la question de l'histoire de la tech, on va dire française puisqu'on a aussi une histoire très riche en la matière avec des des choix décisifs qui ont qui ont été faits.
Et j'ai une autre casquette, on va dire où je m'intéresse aussi à la question de la diffusion de l'intelligence artificielle et de la transmission, que ce soit à travers l'enseignement. J'enseigne notamment à Sciencepo Paris depuis bientôt 8 ans auprès de d'élèves en master. Je fais aussi partie plus récemment du conseil d'administration de la Sorbonne où beaucoup de questions se posent aussi sur l'intelligence artificiel et je suis régulièrement sollicité, on va dire à l'international dans dans de nombreux pays pour explorer cette cette question.
Donc c'est une vision qui est effectivement avec ces différentes perspectives et ancré dans une, on va dire une dizaine d'années qui m'a permis aussi de voir une évolution. Alors l'intelligence artielle, ça existe depuis plus longtemps, mais c'est vrai que depuis 10 ans, dans l'impact de cette technologie sur la société, on voit vraiment une accélération et donc c'est à l'ône de ces différents éléments que je pourrais ensuite répondre aux questions qui nous seront posées. Je vous remercie.
Merci madame monsieur Cazel Dupré, je vous en prie. Alors, merci pour l'invitation et donc ouais, il faut que je vous C'est bon, j'ai la parole. Merci pour l'invitation.
Donc moi, je m'appelle Hugo Cazel Duprix. Et un petit peu comme Marion, je pense que ça fait à peu près 10 ans que je suis dans une pratique artistique et scientifique avec Lia. Ça a commencé enfin même un tout petit peu plus tôt avec mes études.
Donc euh à la base, je suis un scientifique. J'ai donc un doctorat que j'ai obtenu auprès de LENSTA et Linria en intelligence artificielle, donc plus précisément en apprentissage par renforcement qui sont des techniques qui sont utilisées dans plein de domaines de l'intelligence artificielle. Et en fait la raison pour laquelle je me retrouve ici c'est que j'ai une activité artistique avec Obview qui est un trio d'artiste, voilà, d'art contemporain composé de Pierre Fautel, Gautier Vernier et moi-même.
Alors euh Obvious, c'est euh un trio d'artistes qui essaie de créer des œuvres avec des algorithmes d'intelligence artificielle, c'est tout le propos. Et d'essayer de avoir un propos critique sur cette technologie à travers leurs œuvres. Euh donc ça a commencé un petit peu de manière ton nitruante en 2018.
C'est là où on a fait notre première série d'œuvre et une de ces œuvres là s'est vendue un demi million chez Christies aux enchères. Donc ça a été un moment important dans l'histoire de l'art contemporain créé avec de l'intelligence artificielle. C'est pour ça que ça a cristallisé beaucoup de débats à l'époque quand Christ a décidé de mettre cette vente, cette œuvre en vente.
Ça nous a évidemment aussi propulsé sur une scène internationale dans laquelle on a pu participer à beaucoup d'expositions dans plein de musées à travers le monde. Donc c'est quelque chose qui nous a permis de à la fois être pionnier dans ce mouvement de création artistique avec de l'intelligence artificielle et à la fois aussi bah de rencontrer tout un tas d'acteurs du milieu de l'art contemporain pour un peu prendre aussi la mesure de comment eux recevoivent la chose. Aujourd'hui, on est ici pour parler de culture et donc l'art contemporain est vraiment important.
Je pense qu'il y a d'autres questions qui ne sont pas vraiment dans l'art contemporain qui sont peut-être sulfureuses justement dans le monde de la création en général. Euh moi, je pourrais apporter pas mal de réponses, je pense, sur euh les euh sur les deux domaines. Donc ça c'est pour la partie artistique.
Euh voilà, on est des artistes représenté en galerie comme des artistes contemporains classiques à Paris et en Corée. Euh voilà, on fonctionne comme n'importe quel artiste contemporain. On fait des séries d'œuvres, on fait des on fait des expositions, des solo show qu'on appelle avec voilà un un un corps d'œuvre qui va être présenté pendant un certain temps.
On fait aussi des choses que font certains artistes contemporains aujourd'hui un peu plus un peu plus modernes qui sont des collaborations avec des marques, une envie de faire de la création avec des anciennes qui sont par un plus grand public pour essayer de pouvoir rendre la chose plus accessible. Et je dirais que donc la deuxième grande particularité de notre travail est que nous avons créé un laboratoire de recherche avec Sbonne université en 2023. Comme je vous le disais, euh moi à la base, j'ai une carrière scientifique, donc j'ai fait un doctorat en intelligence artificielle.
Donc voilà, j'ai plusieurs publications dans les meilleures conférences du monde. J'ai presque 1000 citations, j'ai plein de papiers et cetera. Donc je trouve vraiment comme un comme un vrai scientifique.
J'ai ensuite fait un doctorat chez Sorb Université puis on s'est lié d'amitié avec un un professeur qui s'appelle Mathieu Cord euh là-bas qui est un professeur de vision euh assez connu dans le domaine et on a décidé de faire un projet de recherche commun dans lequel du coup on a des subventions de l'ANR, l'Agence nationale de la recherche qui finance le projet. Donc c'est des euh voilà, c'est des projets qui sont mis euh euh en compétition et notre projet a été choisi pour faire de la création des nouveaux algorithmes de demain pour la création. Et donc nous le modèle dans lequel on fonctionne c'est que toutes ces œuvres dont je vous ai parlé avant on les créé avec les algorithmes concrets dans notre laboratoire.
Donc ce laboratoire il est à la fois hosté chez nous. C'est moi qui dirige le projet. On a un tésard qui est à la fois chez Ovius et à Sorbon sous la cupervision avec Mathieu Cord.
Il y a un postdoctorat, un postdoctorant qui travaille chez Sorbon aussi. On a plusieurs stagiaires au fur et à mesure des ans. Et on fait bah voilà des publications.
Ces publications présentent des nouveaux algorithmes que qui ont pour idée de être utilisé à des fins créatrices. On les présente à la communauté scientifique. Donc c'est des travaux sérieux où il y a potentiellement des contributions et ensuite nous on les utilise pour faire nos séries artistiques.
Donc voilà, merci encore pour l'invitation et hâte de la discussion. Merci beaucoup. Monsieur Madame la rapporteur, vous avez la parole.
Merci monsieur le président. Merci tous les deux d'avoir accepté notre invitation. Je pense que vous faites partie de ces figures qui montrent que l'on peut créer, on peut respecter, on peut aller plus loin avec LIA.
Moi, j'aurais une première série de questions sur comment on peut revenir de manière détaillée sur vos procédés de création respectif. À quel moment du processus créatif l'intelligence artificielle intervient-elle ? Est-ce que c'est dès la conception ?
Est-ce que c'est au stade des recherche ? Comment on utilise la génération ? Comment on sélectionne ?
Comment on on matérialise ? Comment on organise la médiation ? Important aussi dans le cadre des activités de diffusion dans les dans les musées.
Mais sous quelle modalité cette intervention se fait-elle ? Est-ce que on prend l'intelligence artificielle plutôt comme un outil d'assistance ou plutôt comme un partenaire de dialogue ? Est-ce qu'on le prend aussi comme une contrainte à dépasser ?
Est-ce que c'est un dispositif expérimental ? Quelle est la part d'automatisation qu'on accepte ou qu'on se laisse faire ? Quels outils ou modèles d'intelligence artificielle vous utilisez concrètement ?
Hugo Casal Dupré, vous avez parlé aussi de ce que vous développez, mais quels sont les les modèles que vous utilisez ? Est-ce que c'est plutôt du génératif de texte, d'images, de son ? Et si oui, lesquels ?
Et comment apporter sa pâte à à un modèle peut-être déjà existant ? Et puis j'en finirai plus globalement pour cette première série de questions. Comment vous vous qualifiez-vous votre relation à la machine ?
Euh, on revient sur l'idée. Voilà, est-ce que c'est un outil ? Est-ce que c'est un co-auteur ?
Est-ce que c'est un public avant le public ? Euh voilà, quelle est la place dans votre environnement et dans votre travail ? Et est-ce que c'est important, cette relation a évolué au fur et à mesure des 10 ans l'un pour l'autre euh que vous cohabitez avec l'intelligence artificielle ?
Je vais répondre en piochant dans les différents euh prismes que je mentionnais euh plus tôt en prenant du coup trois points de vue avant de répondre à cette question de la relation avec la machine. Euh le premier c'est du coup avec Ascma, sous l'angle de la médiation culturelle. Euh nous l'enjeu c'est vraiment de sortir de ce qu'on appelle souvent un une expérience un peu wine size fit hall dans les instant culturel où tout le monde arrive avec une sensibilité des questions, une curiosité différente puisque chacun est est unique mais peut parfois avoir accès au même contenu.
Et donc nous notre enjeu c'est de faire en sorte que chaque personne puisse poser ses questions et avoir vraiment des réponses sur les sujets qui l'intéressent. Et donc pour ça, c'est essentiel de pouvoir nourrir des intelligences artificielles avec des données de qualité qui sont fourni par les institutions culturelles. Et donc nous, on a ce système d'intelligence artificielle de confiance que j'appelle souvent d'intelligence artificielle chef d'orchestre qu'on a développer chez Ascma, qui permet en s'appuyant sur des technologies de type rag, là on parle un peu de jargon, mais l'enjeu c'est de pouvoir faire en sorte de nourrir euh une base de connaissance avec des informations qui sont fournies par une institution culturelle, donc sur lesquelles il y a pas de problématique de de propriété intellectuelle pour faire en sorte que l'intelligence artificielle puisse ensuite se saisir uniquement des informations présentes dans cette base de connaissance pour répondre aux questions et donc faire en sorte qu'il y ait pas d'information qui soit inventé ou trouvé je ne sais où pour répondre.
Et donc après pour ça, on s'appuie sur des grands modèles de langage donc de génération de textes euh qui vont de mistral à open est agnostique en la matière, on travaille avec euh on va dire toute la gamme de ces de ces grands modèles. Donc ça c'est la première premier point de vue sur Askmona. Euh le 2è c'est dans l'écriture puisque'effectivement j'ai publié plusieurs ouvrages, certains avant l'intelligence artificielle, mais le dernier m'a donner du fil à retordre, on va dire euh puisque dans ma pratique professionnelle au quotidien, dans mes tâches de chaque jour, j'utilise beaucoup l'intelligence artificielle.
Et donc quand j'ai voulu me remettre à l'écriture, j'ai eu cette sensation euh comme quand on écrit souvent au clavier, qu'on veut réécrire à la main, d'être un petit peu on va dire rouillé. Et donc, j'ai dû vraiment faire ce cheminement de me forcer à mettre l'intelligence artificielle à distance pour retrouver mon écriture et trouver le bon équilibre. Euh c'est-à-dire que donc au départ, je me suis interdit de l'utiliser pour euh retrouver mon écriture puis ensuite je m'en suis servie pour plutôt de la correction, de la reformulation, mais je me suis aperçu que parfois ça pouvait avoir tendance à tordre mes idées et donc que si je voulais vraiment garder l'intégrité de mes idées, il fallait pas que je m'en serve pour ça.
Et donc j'ai je suis arrivée dans une troisième phase, on va dire, qui est une phase où je me suis plutôt servi de l'intelligence artificielle pour penser contre moi-même. C'est-à-dire une fois que j'ai terminé de rédiger par exemple un chapitre, faire en sorte de la soliciter pour voir quels sont les ang les angles morts, les contrearguments pour chercher du contradictoire et du décentrement, ce qui est souvent difficile de de faire en vas clos avec soi-même. Et c'est cet usage qui m'a semblé le plus intéressant, non pas par rapport à ce que pouvait me dire l'intelligence artificielle, euh mais plutôt pour les réflexions que ça provoquait chez moi, c'est-à-dire du coup, je pouvais voir les choses différemment et trouver d'autres arguments ou d'autres façons de de déployer euh ma pensée.
Donc ça c'est dans dans l'écriture dernièrement. Et après, je prendrai un dernier point de vue qui est celui de la création artistique et que j'ai pas mentionné en introduction, mais effectivement, j'ai fait plusieurs travaux de création artistique. Euh dernièrement, j'avais fait notamment une résidence artistique en Écosse il y a quelques années et c'était avant la vague chat GPT.
Donc, j'avais utilisé des modèles euh donc les ancêtres de des modèles utilisés par Chat GPT, notamment GPT2 pour euh l'entraîner à générer des textes, un certain type de textes d'archives qui étaient des archives qui m'avaient été confiées par la Librairie Nationale d'Écosse qui était difficile à reproduire et donc je les avais reproduit avec cette intelligence artificielle et ce que je voulais questionner c'était les rapports entre vrai et faux et comment est-ce qu'on est arrivé déjà dans ce flou complet que je mettais ensuite en scène dans différentes œuvres et Mon point et pourquoi est-ce que je le cite, c'est que là ce qui m'a vraiment intéressé, c'était de pouvoir sélectionner mon propre jeu de données, entraîner l'intelligence artificielle avec ça et je pense que on ensuite Hugo pourra pourra développer ce point-là. Mais c'est vrai que dans la création artistique, on a besoin d'avoir une pâte qui va souvent plus loin que le simple usage d'un d'un modèle. Ou alors ça peut être dans le fait d'avoir de nombreux allers-retours avec la machine, mais c'est vrai qu'on se contente rarement euh d'un usage, on va dire, prêt à l'emploi de l'intelligence artificielle.
Donc ça c'est assez c'est quelque chose d'assez important. Et donc je dirais qu'aujourd'hui mon rapport à la machine, il est vraiment celui d'un outil, d'une boîte à outil dans laquelle piocher. La notion d'outil pour autant ne doit pas être vu comme quelque chose de neutre.
Euh c'est un outil qui effectivement a ses propres billets euh dont il faut être conscient des limites pour pouvoir bien s'en servir. Donc euh outil ne veut pas dire neutralité mais positionne quand même la machine pour ce qu'elle est pour une machine qui peut être très utile mais qui reste un outil. Monsieur Cassel Lubré, allez-y.
Euh alors, je vais essayer de je vais forcer de répondre aux multiples questions mais je me souviens pas du tout mais je vais essayer de faire le maximum. Alors euh bon déjà je vais pas forcément répéter ce que Marion a pu dire donc tout je vais essayer de donner notre angle mais je me rejoins enfin je rejoins beaucoup ce que ce qui ce qui vient d'être dit dans notre pratique à nous on se on se concentre surtout sur l'image et la vidéo donc c'est les deux modalités dans lesquelles on est je dirais entre guillemets les plus expérimentés et sur lesquels on met le plus d'efforts. Euh donc ça ça a énormément évolué à travers le temps.
Mais il y a certaines composantes qui restent communes dans notre travail, je dirais. Donc il y a toujours la volonté de traiter un sujet. Donc quand on va faire une nouvelle création d'œuvre, bah d'abord ça va partir pas de Lia mais ça va partir de discussion entre Pierre Gautier et moi-même.
Euh donc on a différents sujets qu'on a envie de traiter, qui nous passionnent, qui euh sont polémiques entre nous, sur lesquels on n'est pas d'accord. Euh donc ça c'est une la dynamique qu'on a euh au sein de notre trio et c'est ce qui va motiver euh la création de nos œuvres. Donc euh là voilà par exemple en ce moment on est euh passionné, on s'intéresse beaucoup euh à tout ce qui est euh agent, donc euh tous les différents euh manières d'automatiser certaines formes de travail et d'avoir des agents qui travaillent pour vous, donc des dias qui travaillent pour vous.
C'est c'est quelque chose qui nous intéresse beaucoup et on a envie de voir ça sous le prisme d'une mythologie ou de ou d'une ou d'une société inventée. Donc voilà, ça c'est nos idées qui nous viennent à nous. Et après à partir de ça, ben on va essayer de se saisir des outils open source qui sont euh les déjà les plus proches de ce qu'on essaie de faire.
Euh donc c'est ce qu'on a fait par le passé dans à main euh dans notre laboratoire de recherche, on peut aussi créer nous-même l'algorithme quand on n'est pas satisfait des algorithmes qui existent en open source. Et on va pas se contenter d'utiliser ces algorithmes en open source. Ce qu'on fait, c'est qu'on va les prendre.
Et en fait euh la ce qui est vraiment intéressant avec l'open source, c'est que euh bah on a un modèle mais on a aussi un peu la recette de comment on peut l'entraîner, le modifier. On a accès à on peut lever le capot et regarder ce qu'il y a à l'intérieur. On peut voir quelles sont les choses qui sont modifiables, les choses qui sont intéressantes à enlever ou à rajouter.
On peut combiner différents algorithmes, quelque chose qu'on peut pas faire avec des modèles qui sont fermés. Donc voilà, par exemple, les modèles de euh qu'on peut avoir comme midjourn qui sont des modèles d'images qui sont fermés dans lesquels même si on il y a une grande capacité de de création avec, ben on peut pas aller euh changer beaucoup de choses dedans. Une fois qu'on a ces algorithmes là donc euh qui sont open source, on peut les modifier.
Donc là, on va s'intéresser à quelle donné on veut spécifier l'algorithme sur. Donc en gros, l'idée, c'est de se dire que souvent les algorithmes, ils ont une base euh de connaissance qui est entraînée sur à peu près tout internet. souvent c'est ça et c'est ça aussi la source du problème.
Je suppose qu'on en reviendra juste après. Euh mais donc ils ont une base de connaissance, ils savent à peu près moyennement tout. Donc et ensuite l'idée c'est que bah un peu dans n'importe quel domaine mais aussi dans le domaine artistique, on peut les spécialiser à mieux connaître un sujet et à devenir un peu plus expert sur un sujet et de voir comment euh comment on peut interpréter ce sujet à travers ce prisme-là.
Nous, c'est ce qu'on fait du coup euh dans notre travail euh de plein de manières différentes, soit avec des partenariats, avec des institutions. Euh je pense par exemple, on a fait un un un travail sur les grottes de l'Alasco, on avait voilà un accès à euh des photographies des grottes de Lasco qui sont euh voilà qui sont protégées, sur lesquels on a des accords écrits qui nous montrent qu'on a le droit d'entraîner nos algorithmes dessus. peut aussi créer nous-même notre propre jeu de données.
Euh par exemple, c'est ce qu'on a fait dans notre dernier projet artistique où on a travaillé avec l'Institut du Cerau et de la MOPIN pour essayer de faire des liens entre neuroscience et intelligence artificielle et de décoder notre imagination. J'entrerai pas dans les détails mais l'idée c'est qu'on a dû faire chacun 10 heures d'IRM, collecter nos propres données de cerveau et ensuite entraîner une entraîner une IAS sur nos données de cerveau, à essayer de comprendre comment notre cerveau fonctionne. Donc voilà, c'est ce genre de pratique qui nous permet bah de avoir selon nous quelque chose d'original et qui bah retransmet voilà une certaine une certaine authenticité dans l'approche et qui n'est pas quelque chose de totalement générique.
C'est important quand même de faire un point. Je pense qu'il y a un peu de il faut aussi savoir euh rester humble dans le monde de l'art contreborain. On a vu par le passé que la technique n'est pas euh le plus important pour plein de gens.
Ça l' donc voilà, on pense au grand maître. Euh voilà, ils sont très ils sont très importants par leur technique, mais depuis euh depuis plus d'un siècle euh et depuis Marcel du Champ, on voit que l'art contemporain a bien changé et que le propos conceptuel ou le visuel peut prendre le pas sur la technique et euh on n'est pas nécessairement obligé d'être un maître en technique pour pouvoir créer une œuvre intéressante. Je pense c'est un point très intéressant à dire parce que finalement du coup on met dans on met ces algorithmes fermés sur lesquels on peut pas modifier à l'intérieur, on les met dans une case où on peut pas créer de l'art avec.
Mais moi je nous nous on n'est pas d'accord avec ça dans le sens où voilà par exemple chacun a un appareil photo de très bonne qualité mais tout le monde n'est pas photographe. Donc c'est pas que par la technique que se fait un artiste. Et donc euh et quand même ces algorithmes ont la poten on ont le potentiel d'être utilisés à des fins créatifs euh pour quelqu'un qui n'a pas forcément euh entraîné tout un tas d'algorithmes et qui est scientifique et cetera.
Nous, on se c'est notre créneau et on et c'est quelque chose qu'on qu'on poursuit et qu'on trouve intéressant. Mais je pense que ça ça devrait pas être le créneau de tout le monde et on devrait pas ne pas les considérer comme des artistes si leurs propos touche d'autres personnes. Je pense que c'est le point le plus important, c'est si on crée une œuvre qui touche beaucoup de personnes.
Alors pour nous ça suffit pour être une création intéressante. Euh je rajouterai que le Ouais, les outils ont vraiment beaucoup évolué avec le temps. Même si cette recette d'entraînement et cetera et de créer des nouveaux algorithes, de les faire de les modifier et rester un peu la constante, il y a c'est indénégéniable que ce qu'on pouvait faire en 2017-28 paraît aujourd'hui totalement ridicule.
Euh pour vous donner une idée, voilà euh les algorithes qu'on a utilisé en 2018 pour cette œuvre qu'on a vendu chez Christ à New York, c'était des algorithes qui faisaient des portraits classiques et donc on les avait entraîné sur 15000 portraits classiques euh libre de droit et euh et ça faisait des images toutes petites en 128 pixels par 128 pixels totalement flou et cetera ce qui est un flou d'ailleurs qu'on a continué à travailler parce qu'on trouvait intéressant mais c'était vraiment des images qui aujourd'hui paraît totalement ridicules et pourtant à l'époque c'était vraiment une prouesse technique incroyable Incroyable dans le monde de la recherche, c'était tout le monde était époustoufflé par le fait qu'on puisse faire des visages tout un tout petit peu réalistes alors que aujourd'hui voilà, on peut claquer des doigts et avoir des choses somptueuses et enfin somptueuses en tout cas très très précises et on a des algorithmes très puissants. Donc effectivement comme ces algorithmes ont beaucoup évolué avec le temps, notre relation a aussi évolué. C'est aussi pour ça qu'on s'est dirigé vers ce laboratoire dans lequel on crée nos propres algorithmes parce qu'on a bien vu que avec la prolifération de tous c algorithm mais il y a une volonté d'essayer de se spécialiser de créer son propre outil à nous.
Donc je rejoins pour finir Marion là-dessus. Évidemment l'intelligence artificielle pour nous c'est un outil. Il y a aucune forme d'autonomie.
C'est pas encore le cas et c'est pas possible. Voilà, c'est plus c'est pas un avis, c'est scientifiquement il y a pas de d'algorithme qui soient autonome et qui a une volonté de créer. En tout cas, pas aujourd'hui.
Donc nous, on l'utilise comme un outil et on va voir ensuite dans le futur ce qui va se passer pour ces outils. Mais aujourd'hui, on peut que s'en tenir qu'à ça seul moi. Merci beaucoup.
Donc, vous avez mis en valeur que ces boîtes à outils ont particulièrement évolué. Vous en avez des utilisations qui sont différentes mais qui soulèvent les mêmes questions, celles de l'amont, c'est-à-dire de la façon dont sont conçu entraîner euh les modèles, sur quel type de données. Hugo Casel Duupré, vous avez dit c'est entraîné sur internet.
Euh je sais que Marion Caré vous allez être aussi sensible à la question de la place des femmes dans les techs. Et donc on sait aussi qu'il y a des biais qui vont être renforcés selon la sélection de données. Que sait-on aujourd'hui ? quand on utilise des modèles qui sont en open source ou qui sont des modèles qui ne sont pas en open source sur les données qui ont été utilisées pour les entraîner.
Est-ce que quand on les utilise, on a une prudence, on recherche et on demande à ceux qui ont développer le modèle quelles ont été les sources qu'ils ont pu consulter, quel est le niveau d'exigence qu'on peut avoir, sachant que la transparence est parfois difficile difficile à avoir et selon vous, sur les questions aujourd'hui qui se posent sur les droits d'auteur et sur l'autorisation et la rémunération des auteurs d'œuvres qui ont pu être utilisé par les modèles DI. Comment vous positionnez-vous sur cette question ? Alors, on sait pas toujours beaucoup de choses effectivement euh mais on sait qu'il y a un certain nombre de problèmes de de biais euh de biais euh en tout genre euh mais notamment des biais culturels et linguistiques.
Euh et je trouve qu'en tant que français, ce sont des questions euh importantes à à se poser parce qu'effectivement, on parlait de contenus qui viennent majoritairement du web. Le web étant euh essentiellement en langue anglaise, la langue anglaise, chaque langue renferme son propre sa propre vision du monde. Donc c'est quelque chose qui est déjà pas neutre.
Et ensuite, il y a différentes études qui ont montré notamment que sur le plan culturel, on va avoir du coup des grands modèles d'intelligence artificielle qui vont être plus proches de certaines cultures que d'autres. Et donc cet aspect culturel et linguistique, il est vraiment essentiel dans cet enjeu de faire en sorte d'éviter une forme de standardisation qui est vraiment ce que je mets en avant dans le paradoxe du tapis roulant. Et et pour moi, c'est ça le paradoxe du tapis roulant, c'est que on est face à des outils grand publics, euh des outils d'intelligence artificielle générative que chacun peut utiliser pour être plus rapide, écrire vite du texte, produire des images et cetera.
Sauf que le problème de ces outils, c'est que quand on s'appuie excessivement dessus, on se rend compte au bout d'un moment qu'il nous emmène tous dans la même direction. Donc, on va tous plus vite mais au même endroit. Euh et à mon sens, c'est ça le paradoxe du tapis roulant.
Et c'est pour ça que cet aspect de standardisation, il il est assez important à avoir en tête euh pour se dire comment est-ce que il y a la question des usages des outils, donc au niveau individuel, comment est-ce qu'on s'en saisit pour éviter d'avoir effectivement cette dépendance excessive. Et donc c'est pour ça que j'oppose le tapis de course au tapis roulant en disant qu'on peut renverser l'usage de l'intelligence artificielle pour s'en servir différemment, mais on pourra revenir ensuite dessus. Il y a aussi ensuite un sujet sur les outils en eux-mêmes.
Comment est-ce qu'on peut concevoir des outils d'intelligence artificielle qui sont moins biaisé sur la question notamment des des billets de genre qui a aussi été très documenté, des billets culturels, des billets linguistiques. Donc il y a différents projets de recherche et projets associatifs pour faire en sorte de refléter davantage la diversité des langues et des cultures du monde dans ces outils pour éviter un phénomène d'effacement. parce que c'est vrai que une culture qui n'est pas représentée dans ces outils qui sont utilisés et déployés à grande échelle est une culture qui est euh euh menacé d'oubli ou qui parfois peut aussi être euh stéréotypé.
Euh je je parle notamment de différentes expérimentations que j'ai pu faire dans mon ouvrage où quand on demande par exemple à un outil de génération d'images de générer un instrument de musique du Québranli euh qu'il ne connaît pas euh mais qui a un nom en langue arabe, alors on va se retrouver avec euh des images de mosquée qui n'ont absolument rien à voir. Euh et donc il y a ce type de de biais qui sont extrêmement problématiques dans dans ces outils-là. Donc je pense qu'effectivement la question de la la qualité on va dire des données, elle est clé. pour avoir des outils qui sont eux-mêmes qualitatifs.
Et dans c cet enjeu de qualité des données, effectivement, il y a un fort impact des artistes, des auteurs et de toutes les personnes qui fournissent ces données-là parce que aujourd'hui, on a besoin de ces contributions pour avoir des outils d'intelligence artificielle de qualité qui soient pas juste entraînés sur le web ou sur les données qui nous viennent de forum. Sauf que pour pouvoir avoir ces ces on va dire cette production de données qualitatives, il faut effectivement pouvoir trouver un juste modèle de rémunération pour que ces personnes puissent continuer à produire. Et en fait, souvent, on a l'impression que c'est le problème des artistes euh ou des créateurs.
Alors qu'à mon sens, c'est aussi un problème pour les concepteur d'intelligence artificielle parce qu'on sait qu'on a cette course de vitesse où on a besoin de toujours plus de de données pour faire des modèles toujours plus puissants, qu'on est arrivé assez proche de l'épuisement de tout ce qu'on pouvait récupérer en ligne et donc aujourd'hui on a besoin d'accéder à des données qualitatives en plus grand nombre. Sauf que sur le long terme, si on n' pas ça, on a la problématique qui vous a sûrement déjà été soulevée d'intelligence artificielle qui s'entraîne sur des contenus produits par l'intelligence artificielle, ce qu'on un effet un peu photocopie de la photocopie euh et le risque qui a été documenté de de d'effondrement des modèles qui est discuté mais qui est dire que globalement effectivement on va voir des modèles de moins en moins qualitatifs comme ils s'entraînent de plus en plus sur des données générées par l'intelligence artificielle et cette question de l'effondrement des modèles Elle est bien documentée aussi sur la la problématique, on en revient là, de la diversité culturelle. C'est-à-dire qu'à force de s'entraîner sur des contenus produits par LIA qui sont stéréotypés, alors on appauvrit de plus en plus cet aspect de diversité culturelle.
Donc pour moi, c'est un effet effectivement un aspect qui est clé mais notamment pour l'avenir de ces technologies pour qu'elles continuent à produire aussi des contenus de qualité. Euh alors donc pour la question de la transparence, quand on prend une IA sur sur internet, euh comment savoir sur quoi elle a été entraînée ? Euh en vrai selon moi, la réponse c'est on peut pas savoir.
Et la plupart du temps, c'est ça a été entraîné sur des bases de données assez immenses. En tout cas, les bases de données essayent d'être les plus grandes possibles et donc se retrouve voilà comme on dit un peu tout internet. Donc en terme de transparence, il y a zéro transparence.
En terme de euh être capable de savoir sur quoi il était entraîné euh de manière adoc. Donc c'estàdire on vous donne un modèle, est-ce qu'il y a des méthodes scientifiques pour dire "Ah ben, je pense que ça a été entraîné sur ça, sur ça, est-ce que je peux déterminer sur quoi ça a été entraîné ?" C'est pas possible, pareil.
Donc ça, je pense que c'est aussi je pense que c'est déjà des questions qu'il faut un peu enterrer au début, c'est pour l'instant c'est vraiment pas possible. Euh mécaniquement, je vois vraiment pas comment c'est possible non plus. Euh donc voilà, à partir du moment où on part de ce constat là, il faut un peu je dirais euh euh se poser les questions.
Donc euh la question que moi je je pose souvent, c'est euh donc on pourrait penser que du coup c'est pas légitime d'avoir entraîné ces I sur tout internet. Euh voilà, c'est du vol d'avoir pris tout Internex et cetera. Euh je pense que c'est un petit peu euh une question euh un peu compliquée dans le sens où il y a un peu un côté hypocrite des utilisateurs d'Internet. sur cette questionlà.
Euh je m'explique euh en fait euh le fait d'avoir ces entraînés sur ton internet, c'est aussi un peu la rançon de la gratuité d'Internet d'une certaine manière. Donc en fait internet a beaucoup servi à tous les humains à partager du contenu gratuitement et à pouvoir euh bah en fait profiter de ce contenu gratuit pour se développer, pour faire plein de choses, pour communiquer et cetera. Et donc c'est un peu ce que les technophobes ont pu dire au tout début, c'est "Tu es sûr que tu veux tout partager sur internet comme ça ?" Ah mais non, c'est super.
Je partage tout sur internet, ça me rapporte plein de trucs. Je développe mon business, euh je me fais des amis, je rencontre des gens et cetera et cetera. Mais à la fin, la sonon c'est que vous avez tout mis sur internet euh gratuitement et ben ça a été réutilisé et voilà, on peut pas protéger quelque chose qui a été mis euh euh gratuitement sur internet.
Et donc je trouve un petit peu euh qu'il y a un peu de toupé de devoir demander ensuite en retour "Ah mais ce que j'ai mis gratuitement sur internet euh je veux euh une rétribution de l'outil qui a été euh utilisé enfin qui a été entraîné là-dessus." En tout cas, je pense que pour le contenu qui a été mis gratuitement ou le euh je parle pas de livres par exemple, je parle pas euh je parle pas de musique ou des choses comme ça, mais je parle des photos et de tout le texte qui a pu être mis, je trouve ça un petit peu enfin voilà, je pense qu'il y a un peu une une sorte hypocrisie sur la question qu'il faut pas oublier. Euh étant donné que en fait la grande majorité de ce qu'il y a dans ces jeux de données, c'est des données comme ça et pas forcément les données qu'on a tous en tête qui est l'album de Michael Jackson ou le livre de Marion par exemple. euh qui sont euh des œuvres plus protégées quand même et qui euh voilà qui euh bah par exemple les gens vont faire attention que ce soit pas disponible sur internet très facilement.
Après, il y a des acteurs euh malicieux qui eux essayent d'utiliser quand même ces contenus de très haute qualité et sans avoir euh les copyright, ce qui là est une pratique vraiment à condamner. Je pense par exemple à Suno qui est euh le logiciel fermé de génération de musique qui est le plus utilisé et qui euh voilà des chercheurs ont pu démontrer que certaines euh que certaines œuvres copyrightés avaient été utilisées pour entraîner ce modèle là et il y a eu aucune attribution derrière. Et donc là effectivement, c'est des cas où évidemment il faut sévir ou en tout cas c'est cas qui sont pas acceptables.
Mais je pense que pour la question de tout internet, il y a quand même une question un peu plus voilà, j'ai volontairement fait un peu l'avocat du diable, mais je pense qu'il faut un peu se poser la question de notre relation numérique, de qu'est-ce qu'on met sur internet et et donc du coup bah de quelles sont les conséquences de ce qu'on gagne avec le numérique. Voilà, on croit gagner quelque chose gratuitement mais on perd quelque chose derrière. Euh donc la question de l'attribution du coup se retrouve à être une énorme usine à gaz de dire bah si jamais on veut vraiment être ultra fairplay euh il va falloir donner un milliardième de centimes à chaque personne qui euh a mis quelque chose sur internet et dont un algorithme a été utilisé euh pour enfin a utilisé ces données pour être entraîné.
Ça paraît quand même assez difficile. Voilà, c'est des questions qui je pense sont étudiées dans certains cas, par exemple pour la littérature, j'en sais rien, mais pour la musique, mais bon, d'un point de vue global, ça paraît quand même une énorme usine à gaz qui est pas franchement possible à faire. Donc donc c'est pas vraiment la question.
Et encore une fois, je pense que en fait les bases de données sont tellement larges et quand on considère tout internet, c'est un peu entre guillemets, même s'il y a beaucoup de biais comme l'animéon et comme tout le monde le sait, c'est un peu toute la culture, en tout cas toute la culture internet. Et donc on peut aussi avoir le prisme de dire bah c'est un peu comme un artiste ou une personne qui voyage, qui rencontre plein de gens, qui s'inspire de plein de trucs et quand il fait une création, il crit pas exilo. Il en fait c'est de toutes ses inspirations qu'il est capable de faire une création.
Et donc quelque part, il s'est entraîné sur des données qu'il avait pas le droit. Donc d'une certaine manière, il a utilisé une partie de ces données-là pour faire son principe de création. Euh pourquoi la question se pose beaucoup au-delà euh au-delà de d'un point de vue attribution, d'un point de vue argent, c'est la question du plagia aussi.
Donc voilà, ça c'est un des sujets super importants avec Lia, c'est on a peur que comme elle soit entraînée sur X ou sur Y, elle soit capable que faire des reproduction de X ou de ou de X ou de Y et donc que Lia n'est pas capable de créer un truc nouveau et cetera. Donc la question de l'originalité et du plagiaire est hyper importante quand on parle de ça. Euh selon nous, c'est l'approche qu'on va prendre avec Lia qui va rendre le processus euh authentique, original ou non.
C'est-à-dire que finalement euh dire que l'IA est original ou non, c'est pas vraiment ça. En fait, c'est les humains derrière qui sont des plagieurs ou qui sont des gens qui arrivent à faire de la création originale parce que finalement comme on a dit avant, ça reste un outil et on peut faire du plagier avec de la peinture comme on peut faire du Picasso. Donc en fait, il y a pas grand-chose qui a changé là-dessus. simplement, c'est beaucoup plus facile de plager et c'est beaucoup plus facile voilà d'utiliser ces outils là de manière euh de manière très efficace pour essayer de rapidement faire de l'argent ou avoir de la notoriété.
Donc la problème euh le problème fondamental, il est plus sur la prolifération de de ces personnes-là. Et donc c'est là où d'un point de vue pareil, je pense consommation, il faut aussi il y il y a nécessairement, c'est un peu dommage ça passe comme ça, mais c'est un peu obligé. C'est comme ça que ça se passe souvent avec la science, enfin avec la technologie, c'est le consom qui est obligé de se responsabiliser, de se dire bah face à tout ce qui est possible aujourd'hui, je suis obligé de aiguiser mon esprit critique et de dire que voilà, quand j'ai des créations maintenant devant moi, je dois me poser la question de ce qui a été écrit avec de l'IA ou non.
Est-ce que un effort a été mis ? Est-ce que l'approche elle est intéressante ? Et de pas simplement prendre pour argent comptant toutes les toutes les créations qu'on qu'on vous met sous le nez.
Euh évidemment ça cet argument-l peut être critiqué ce que je comprends bien mais si on veut vivre avec Lia on est un peu obligé de faire ça. Et ce que je dis souvent c'est que bah le génie est sorti de la lampe et on va pas le remettre dans la lampe. Il y aura de supprimer ces IA.
Euh et euh et voilà. Et une dernière remarque là-dessus, je dirais parce que je rajouterai pas forcément par rapport à ce qui est dit sur les biais par Marion que que je rejoins parfaitement. Euh je dirais que pour les billets, ce qui est important à notifier aussi, c'est la différence entre les modèles fermés et les modèles ouverts.
Euh les modèles fermés, les entreprises peuvent mettre leurs propres biais dans ces modèles-là. Typiquement, voilà, Chat GPT est très gentil ou euh vous prendre toujours par la main. Ce biais-là, bah il est américain, c'est eux qui ont décidé de faire ça.
Pourquoi il est pas plus neutre ou quoi ? Il vous laisse la possibilité de le faire mais par défaut, chat GPT vous vous en sens toujours, essay d'être super sympa avec vous et cetera. Et ce biais là, ben en fait, on peut très bien ne pas avoir des modèles qui sont comme ça.
C'est a plein de chercheurs qui peuvent faire des modèles très méchants ou qui vous parlent mal ou euh qui sont très critiques et cetera. Mais le choix a été fait de faire ça et aujourd'hui c'est la norme. Mais il faut se poser la question un peu de bah pourquoi c'est comme ça ?
Et donc c'est parce que les modèles fermés voilà c'est des gens ils ont des gros des gros investissements, ils font leur choix, ils mettent leurs modèles, ils essayent de les vendre, d'avoir le plus d'utilisateurs possible et ils font leur propre choix, leur propre billet. Mais c'est important de voir que dans la communauté open source euh bah en fait il y a plein d'autres choses qui sont développées et je dirais que le fait que ce soit pas forcément toujours à but lucratif fait qu'il y a une diversité plus large, qu'on se pose plus de questions, qu'il y a plus de critiques, qu'il y a des modèles plus ouverts qui sont créés, tout est plus transparent, on sait quels sont les biaiss, en tout cas on peut les étudier, on peut poser des questions et et donc voilà, je dirais que c'est pour ça que il faut soutenir l'open source et que c'est vraiment quelque chose qui va nous permettre de décrypter de manière la plus poussée possible et que il faut se méfier des modèles fermés toujours parce que voilà, ils sont motivé par un gain un gain d'entreprise derrière et donc il faut un peu se mé. Merci beaucoup.
Alors, on a déjà à questionner enfin par vos réponses ce qui se passait en Aval, mais j'aimerais qu'on revienne sur en aval. Une fois qu'on a du contenu ou des œuvres générées, à quelles conditions considèrent-on qu'elles sont originelles, que ce sont vraiment des œuvres ? Est-ce que vous pouvez nous dire comment on pourrait authentifier le caractère original, le distinguer voilà de ce qui est du plagia ou de la contrefaçon ?
Est-ce que c'est dans l'appréciation même de l'œuvre ? Est-ce que c'est dans l'appréciation du processus de création ? Comment éventuellement le documenter ?
Quelles sont les questions que vous-même vous vous êtes posé pour prouver l'originalité de ce que vous créez ? D'une certaine façon, j'ai envie de dire qu'on devrait pas fonctionner différemment de la manière dont on fonctionnait jusqu'ici avec les œuvres et les créations artistiques dans le sens où je pense qu'il faut se méfier de l'étiquette intelligence artificielle qu'on peut parfois apposer sur des œuvres euh et qui peut viser à les à les déprécier. On a notre on a un biais hein vis-à-vis de l'intelligence artificielle.
Ça aussi été euh montré dans différents papiers, notamment un papier auquel j'avais contribué où dès lors qu'on sait que quelque chose a été généré avec de l'intelligence artificielle dans tout ce qu'on peut voir, alors on est très critique et et on on dévalue ou déprécie ce qui provient de de l'intelligence artificielle. Et du coup en fait le risque c'est qu'on peut mettre sur le même plan des personnes qui pourraient s'en servir. Je trouve que un exemple qu'on a eu dernièrement qui est assez parlant, c'est tout ce qui s'est passé autour de cette publicité d'Intermarché. on s'est dit ah voilà ça c'est une publicité qui a été faite sans intelligence artificielle et qui du coup est une publicité nettement nettement meilleure versus d'autres publicités juste avant dans les dans les jours qui ont précédé qui avaient été faites par intelligence artificielle mais avec on va dire des grosses ficelles et qui du coup n'étaient pas du tout qualitatives et je trouve que là on a opposé ce côté blanc ou noir intelligence artificielle absence d'intelligence artificielle alors que si l'intelligence artificielle est bien utilisé et peut-être que dans la publicité intermarché, je sais pas, elle aurait pu intervenir à un moment donné du processus créatif, pourquoi pas au stade de de d'aller-retour dans l'idéation où il y aurait pu avoir une intervention, on va dire, légère de l'intelligence artificielle à bonission où ça n'aurait pas forcément d'évaluer le résultat final et à l'inverse, les publicités qui ont été décriées auraient pu mieux se servir de de l'intelligence artificielle.
Donc c'est pour ça qu'à mon sens, c'est important de faire attention à ce que cette étiquette-là ne vise pas à d'évaluer le travail d'artistes ou de créateurs qui ont euh une approche et une démarche une démarche euh sérieuse, très intéressante. Donc c'est pour ça que je dis je pense qu'il faut pas changer vis-à-vis de ce qu'on faisait auparavant où en fait on appréciait globalement la démarche d'un artiste. on regardait quels étaient ses travaux, sa perspective, sa trajectoire, comment est-ce qu'il présentait ses œuvres, comment ces œuvres étaient reçu par le public.
Et je pense que ça c'est quelque chose qui doit pas varier, qu'il puisse mentionner effectivement qu'il a utilisé de l'intelligence artificielle. Ça fait partie de ce que faisaient les artistes jusqu'ici en expliquant bah quelles étaient les techniques utilisées pour pour leurs œuvres. Mais je pense que pour autant, il faut pas dévaluer un artiste qui aurait employé l'intelligence artificielle.
Et c'est vraiment une question du comment en fait parce que si on a juste quelqu'un qui génère à la volée plein d'images et se contente de les partager comme ça et qu'il y a pas vraiment de réflexion, de démarche ou de travail, effectivement ça c'est quelque chose de de peu qualitatif. Mais quelqu'un qui se sert de l'intelligence artificielle à boncient, je pense qu'on devrait pas euh déprécier ou dévaluer ce qui produit avec. J'en sais pas grand-chose parce que je suis vraiment extrêmement d'accord avec ce qui vient d'être dit.
Euh je fais juste le parallèle par exemple avec la photographie en 1850. Donc quand la photographie est apparue en 1850, les peintres étaient voilà un petit peu choqués. Euh ce qui s'est passé c'est que il y a eu énormément de critiques des personnes des premières personnes qui ont voulu faire de la création artistique avec la photographie.
On leur a dit plusieurs arguments. On leur a dit euh c'est pas de l'art. On leur a dit euh que c'était un un outil réservé à des ingénieurs hautement qualifiés, donc que c'était pas un outil traditionnel. et on leur a dit que voilà, c'était trop simple et que juste cliquer sur un bouton, ça faisait pas de eux des artistes.
Et donc finalement, on les a pris aussi par le prisme de la technique pour essayer de rambaisser leur travail et en même temps parce que voilà, il y avait une peur peur d'être remplacé. Je pense que au fond ces critiques là, elles naissent du fait que ces critiques sur l'originalité naissent du fait qu'il y a des gens qui se sentent en danger. Et par contre, c'est très légitime de se sentir en danger et je pense que la question est totalement viable.
Euh néanmoins, c'est pas forcément la raison pour avoir des arguments qui peuvent être fallacieux. Euh donc voilà, en 1950, il y a tous ces il y a tous ces il y a tous ces arguments là qui sont avancés contre la photographie. Et maintenant aujourd'hui que les choses se sont tassées, tout le monde est d'accord pour dire que la photographie est un mouvement artistique à part entière et que elle a pas remplacé la peinture.
Par contre, les portréistes, ils ont disparu. Eux, c'est fini pour eux. Donc voilà, les portréistes en 1950, c'était un métier qui euh portait beaucoup, qui il y a plein de gens qui étaient portréistes et la photo a remplacé ce métierlà.
Et donc effectivement, on peut regarder un peu dans le rétro et se dire que c'est un peu on est un peu dans une situation similaire où certains métiers d'animation, de traducteur, de doublage sont menacés d'être remplacé. Euh pour autant dans la création artistique pure, donc parce qu'on parle d'originalité, moi je parle de création artistique pure, ben il y a pas grand-chose qui a changé. Il y a un nouvel outil.
L'originalité réside aussi dans l'œil de la personne qui regarde et dans le contexte social et historique dans lequel vit l'œuvre. Voilà, une œuvre peut être originale à une époque et pas une autre. Tout dépend de des gens selon moi.
Et euh et donc euh et donc voilà. Donc la question de l'originalité faut la prendre vraiment comme pour n'importe quel outil quoi. Merci beaucoup.
Je voulais revenir sur un le besoin commun, enfin on va dire un intérêt commun. Vous l'avez dit Marion Caré que souvent on on prend la question de la création du point de vue des auteurs, des artistes et des ayants droits. Mais peut-être que aussi les développeurs de Model Dia ont un intérêt à ce qui est plus de création. vous avez évoqué le risque d'effondrement des modèles par l'utilisation des photocopies de la photocopie euh et donc des données synthétique.
Dans quelle mesure euh vous pouvez imaginer que demain et bien ce sont les euh enfin les développeurs d'IA qui seront les messes des artistes et des auteurs de demain par un besoin d'avoir des œuvres originales et pas simplement des données synthétiques pour enregistrer enfin pour entraîner leur leur modèle. C'est une question intéressante. Avant d'y répondre, je rebondirai bien sur sur ce qui a été dit, sur ce que ça change pour les artistes.
C'est-à-dire que je disais dans l'évaluation d'une œuvre, si on peut parler d'évaluation d'une œuvre, je pense qu'on devrait garder ce qu'on avait jusqu'ici. Pour autant, pour les artistes dans la création, ça peut entraîner beaucoup de recomposition en se disant "Mais si maintenant on a des techniques qui peuvent faire ça, alors nous qu'est-ce qu'on peut faire de différent en tant qu'artiste ?" Et je me souviens il y a quelques années, Mario Kinglemman qui est un des artistes pionniers en matière de création avec l'intelligence artificielle artificielle disait du coup les images ne suffisent plus.
Si tout le monde peut produire des images à la volée, en tant qu'artiste, on doit pouvoir proposer autre chose que des images. Et donc, je pense qu'effectivement, comme on a on a souvent fait le parallèle entre photographie, impressionnisme, ça va entraîner forcément des évolutions, des recompositions dans ce que les artistes vont chercher à créer. Et de là à dire que des grandes entreprises qui produisent ces modèles d'intelligence artificielle pourraient chercher à messener des artistes pour qu'ils produisent des œuvres pour nourrir leurs travaux.
C'est des choses qui qui pourraient exister et qui pourraient se voir. J'ai envie de dire que dans l'absolu tout est tout est envisageable. Il y a des questions, il y a déjà eu des enjeux de ce type là autour de notamment de production de de contenu littéraire.
Mais effectivement, c'est des questions qui se posent en tant qu'artiste de se dire pourquoi faudrait-il produire pour la machine directement. Ça ça soulève un certain nombre de de questionnements et je pense qu'on est encore dans un enjeu un peu mouvant où je pense qu'il faut trouver un système vertueux pour que les artistes puissent vivre de leur création, que ça puisse continuer à nourrir les intelligences artificielles dès lors que ces artistes sont d'accord pour que leurs travaux puissent nourrir ces intelligences artificielles. qu'il faut trouver une façon de palier au parasitisme qu'on mentionnait aussi en parlant des traducteurs et d'un certain nombre de professions qui sont menacées parce que il y a un enjeu de substitution où on va utiliser une IA plutôt que de faire appel à leur service où il y a aussi je pense une sorte d'évolution dans la perception.
On se dit aujourd'hui ah mais je veux traduire quelque chose, je vais pas demander à un traducteur, je vais demander à une IIA. Donc ça dévalue une perception de la l'expertise de ces métiers alors que c'est des métiers qui ont une expertise qui est essentielle et par exemple vous voulez faire de la traduction littéraire avec une IA, c'est vraiment pas recommandé et il y a plein de subtilités que vous n'arriverez pas à retranscrire. Donc je pense que c'est vraiment des choses où on a besoin de de trouver un équilibre et ces professions, il faut trouver une façon de les préserver parce qu'elles sont essentielles.
Elles ne sont pas complètement substituables par l'intelligence artificielle. Ouais, tout à fait. Il y a un artisanat qui fait que dans même dans enfin on le voit dans l'artisanat, c'est que il y a plein de savoir-faire qui sont conservés alors qui sont pas forcément utiles d'un point de vue productiviste ou d'un point de vue capitaliste et qui sont quand même préservés parce que bah il y a une il y a une il y a une manière de le faire qui est intéressante, qu'on a envie de préserver.
Ça peut être pour des besoins donc pour la traduction je dirais qui sont qui ont une vraie qui ont un vrai intérêt à la fin. Ça peut être aussi pour le plaisir de garder une technique que un humain sait faire et qui est intéressante. Donc ça c'était pour rebondir sur ça.
Euh est-ce que vous pouvez me rappeler un peu la question s'il vous plaît que je puisse parce que j'avais une réponse mais je me souviens plus exactement. Ouais pardon. Du coup on est parti sur d'autres d'autres questions et en fait m' fait en avoir plusieurs.
Donc peut-être qu'on peut passer au au au projet. Ouais. J'ai juste un commentaire, c'est sur bah le fait que des grosses entreprises commencent à faire du messena de d'œuvre.
Je pense qu'ils feront pas ça parce que ils vous ont pas attendu pour faire ce genre de messen mais ils font pas du mécen de choisir deux trois artistes et faire des chef-dœuvres et cetera. Ils vont plutôt en Afrique prendre tout un tas de gens et essayer de créer des des jeux de données euh très hautement qualifié pour entraîner leurs algorithmes. Donc ça, il y a plein de documentaires maintenant sur le sujet de comment Open AI est allé au Kenya et pour tout en gros les le chat GPT qu'on utilise aujourd'hui globalement il y a une base où c'est entraîné surtout internet et ensuite c'est find to en gros c'est surentraîné sur des démonstrations et les démonstrations c'est des démonstrations de conversation où il y a par exemple quelqu'un qui demande ah comment c'est quoi la dérivée de log de de log de x et après il y a une réponse qui dit oui c'est un sur x et cetera et donc du coup plein de questions comme ça et ces questions répondent ces démonstrations et ben en fait ils ont payé des gens pas chers du tout au Kenya pour avoir tout un tas de d'exemples là-dessus.
Donc je pense que la stratégie dans leur côté va pas trop être de faire des grandes peintures et des super livres, mais plutôt d'essayer de exploiter dans des pays où la où la main d'œuvre est pas chère, de faire des très gros jeux de données et en mettant la pression le plus possible pour que la qualité soit haute. En fait, il y a plein de méthodes en plus pour faire en sorte d'évaluer si ce que font ces gens-là est bien ou non et donc de pouvoir éliminer ceux qui font pas les bonnes données et cetera. Donc ils vous ont pas trop attendu là-dessus mais ils sont ils sont bien en marche sur ça.
Merci beaucoup. C'est vrai que entre messen et exploiteur là on est plutôt dans le la deuxème le deuxème terme. On a parlé beaucoup de la création.
J'aimerais parler maintenant de la diffusion. La diffusion des connaissances elle peut être entravée par la prolifération de contenus qui sont facilement générables grâce à l'IA. euh comment on arrive euh à combiner la curiosité et la vérité, c'est-à-dire comment on arrive à pouvoir faire émerger selon les goûts et les choix des uns et des autres euh et donc conformément à leur curiosité, mais aussi pouvoir indiquer, lutter contre les fausses informations, contre des contenus qui viennent déformer des connaissances et non pas donc de nouvelles connaissances mais des contenus qui viennent lutter contre les connaissances. comment on peut utiliser l'intelligence artificielle pour améliorer la diffusion des connaissances.
Alors effectivement, je pense qu'on a toujours le même effet qu'on voit dans différents secteurs avec l'intelligence artificielle où ça peut être le remède et le poison à la fois. Euh sur la partie remède. Euh effectivement, ce sont des choses que nous on explore avec ASMONA en se disant comment est-ce qu'on peut faire en sorte d'avoir euh des données de qualité dont on change en fait leur mode de diffusion.
C'est-à-dire de au lieu d'avoir un texte qui est le même pour tout le monde, on va faire en sorte en fonction des questions et des réponses de chacun d'adresser la bonne information et de le faire notamment avec la bonne formulation se disant par exemple si je fais une visite en famille, je vais avoir besoin d'un niveau de langage qui est différent de si je je suis un adulte. Même chose sur des contenus par exemple en facile à lire, à comprendre ou ce type de chos. Donc je pense qu'il il y a un certain nombre d'opportunités sur l'accessibilité, la mise en circulation des contenus, des informations et et que ça ce sont des choses très intéressantes à explorer.
Après effectivement et c'est souvent des débats qu'on a aussi dans dans l'éducation quand on pense à la question de comment est-ce que l'intelligence artificielle ne risque pas au contraire de nous éloigner de cet objectif de faire en sorte que chacun puisse s'approprier des connaissances en facilitant un petit peu trop le le travail. Je pense que ça c'est un aspect qui est assez clé en se disant euh il faut trouver une façon et quand on introduit l'intelligence artificielle de garder une forme de progressivité. Euh c'est-à-dire que souvent et et moi je fais le parallèle avec par exemple la calculatrice en se disant on continue à apprendre à faire du calcul mental avant d'utiliser une calculatrice alors qu'on pourrait très bien faire le le raccourci.
Et je pense que dans l'éducation globalement et même dans la façon dont tout le monde s'approprie l'intelligence artificielle, c'est important de commencer par maîtriser euh soi-même un certain nombre de compétences avant de pouvoir déléguer l'intelligence artificielle et que si on fait pas ça, c'est là que c'est assez problématique parce qu'on peut risquer de créer une dépendance. dépendance parce que on saura pas faire 100 et dépendance parce que on sera pas en mesure d'évaluer ce que produit l'intelligence artificielle. Si je demande par exemple quelque chose de trivial mais à une intelligence artificielle de faire un communiqué de presse, sauf que j'en ai jamais fait, je saurais pas dire s'il est bon ou mauvais.
Donc ça, je pense que c'est vraiment cet aspect de littératie numérique qu'il faut pousser plus loin avec l'intelligence artificielle pour faire en sorte euh que ce soit pas l'alpha et l'oméga d'avoir déjà un socle de compéten solide. Et je pense que c'est un un très gros challenge parce qu'aujourd'hui c'est des outils qui sont entre les mains de tout le monde. On s'inquiète beaucoup de la question de l'école.
Je j'ai bon espoir qu'elle soit adressé prochainement, mais je pense qu'il reste la question de toutes les autres personnes euh entre les mains desquelles ces outils tombent et qui ont pas du tout de recul vis-à-vis de l'usage de ces technologies. Euh et je pense que ça c'est quelque chose où on en revient, on y reviendra sûrement plus tard, mais les instants culturelles ont un rôle à jouer dans cette sensibilisation de la population à l'intelligence artificielle, à ses effets de bord, à sa bonne utilisation et c'est quelque chose qui est vraiment clé parce que il y a effectivement des formations qui ont lieu en entreprise mais pas forcément dans toutes les entreprises et donc se pose la question de toutes les personnes qui vont plus à l'école et comment est-ce qu'on peut faire en sorte qu'elles adoptent à bonissant cette technologie. Oui.
Alors, une question rebond comme on dit à l'Assemblée nationale sur cette question de la de de l'information générale. Certains certains États étrangers ont ont tenté une information, c'est la Finlande, je crois qui voulait que au moins 1 % de sa population a été initié à à l'usage à l'intelligence d'abord puis à l'usage de l'intelligence artificielle. Euh on pourrait évidemment, vous n'êtes pas la première à nous suggérer cela, euh y penser du point de vue français bien sûr, mais qui pourrait faire cela ?
Quelles sont les institutions qui pourraient être chargées de cela ? Déjà, l'école, l'université, les entreprises des des entreprises privées. Première question.
Deuxièmement, vous êtes professeur à sciences pot, madame. Et donc, j'aurais bien voulu savoir que si vous avez noté un changement dans la façon dont les élèves, vos étudiants euh travaillent, euh le rapport à la connaissance, le rapport à l'acquisition de connaissances. Certains de nos de nos interlocuteurs ont parlé d'un d'une sorte de paresse qui s'étendait dans le dans le monde euh étudiantin parce que évidemment l'outil est tellement pratique que ça dispose ça dispense dans certains cas pour certains exercices de l'effort de de réflexion.
Je voudrais vous recueillir votre témoignage là-dessus s'il vous plaît. Si vous me permet je là on passe à l'acquisition. Oui oui, je voudrais pas qu'on oublie la question posée également à Hugo Casel Duupré sur la la diffusion.
Je prends le rebond et je te laisse la question initiale après. Alors effectivement, moi je parlais euh d'esprit critique dans le sens où l'adoption de l'intelligence artificielle, on a différentes statistiques qui circulent. En France, on s'en sert de plus en plus et donc plein de personnes vont sur ces outils grand public, mettre un promte, obtiennent une réponse et commence à s'en servir.
Euh et souvent il y a un aspect très expérimental avec ces technologies où faut commencer à mettre les mains dedans pour comprendre comment ça fonctionne. Et néanmoins, je pense qu'il y a de véritables effets de bord avec plein de personnes qui ont pas vraiment conscience des limites et qui du coup vont reprendre tel des informations qui peuvent être erronées ou s'en servir comme des moteurs de recherche alors que c'est pas forcément l'usage le le plus intéressant. Et on va aussi avoir petit à petit cet aspect de standardisation euh notamment si vous l'avez peut-être vu avec ce cette problématique du slop, c'est-à-dire des contenus qui sont tous à peu près semblables que les gens se partagent et font circuler et donc qui conduit à une forme d' appauvrissement intellectuel général.
Donc ça c'est quelque chose d'important et je pense que à mon sens c'est l'esprit critique qui doit être aiguisé à l'air de l'intelligence artificiel et c'est en cela que je vois une contribution potentielle des acteurs de la culture que ce soit des artistes, des créateurs, mais aussi des instants culturelles qui qui diffusent ses travaux. Mais aussi et quand je parle d'institution culturel, c'est très large. Ça peut aller des bibliothèques, au musées, au spectacles vivants.
Il y a beaucoup de de formes et de formats qui peuvent servir à effectivement avoir un recul critique et quand je dis critique, c'est pas que négatif sur le fonctionnement de cette technologie et ses effets de bord potentiels pour pouvoir s'en servir à bon. Ça c'est la première partie de la question. Sur la seconde partie de la question, effectivement, je j'ai vu des évolutions parce qu'en 8 ans, c'était un un aspect euh très prospectif.
Les gens venaient dans ce cours en disant "On verra bien ce qui se passera plus tard, c'est un sujet du futur." Aujourd'hui, je vois des étudiants qui viennent avec une véritable envie de se former. Euh une vision assez aussi polarisée pardon de cette technologie avec des personnes qui sont plutôt favorables, d'autres personnes qui sont extrêmement aussi opposé à la technologie et euh effectivement dans différentes remarques d'étudiants que que j'ai pu entendre, il y a ce côté où euh ah bah je vais gagner du temps, donc je vais on va dire externaliser un certain nombre de devoirs auprès de l'intelligence artificielle, ce qui est un défi pour les enseignants parce que il faut trouver de nouvelles modalités d'évaluation que nous on a pu expérimenter notamment en travaillant sur un des rendus qui était un essai où on leur demande de réaliser cet essai avec une intelligence artificielle générative mais on évalue non pas l'essai mais toute la conversation donc comme on évaluerait la démonstration pour voir est-ce que justement ils s'en sont servis à boncient en mettant leurs idées et non pas en laissant gagner la machine sur leurs propres idées.
Donc ça c'est un exemple de d'expérimentation, mais je pense que il faudra travailler sur l'envie d'apprendre parce qu'il y a ce besoin de continuer à apprendre même quand on a des technologies qui peuvent nous couper l'herbe sous le pied. et surtout ce qui est difficile avec l'apprentissage de de donc garder cette envie d'apprendre et l'apprentissage et la formation et l'intelligence artificielle, c'est aussi un vrai challenge parce que les technologies évoluent tout le temps et donc on veut pas transmettre des compétences périssables où dans quelques années les outils auront évolué et changé. Donc, il faut trouver le bon socle critique et donner la bonne boîte à outils pour pouvoir avoir des expertises qui vont pouvoir s'adapter aux évolutions technologiques.
Euh donc ouais, sur ce volet là, je pense que Marion est un peu plus qualifié sur le sujet. Donc je me permettrai juste de dire deux trois commentaires. Euh le premier commentaire, c'est que effectivement la prolifération, donc on parle de diffusion, la prolifération de contenu de basse qualité, donc de slop et cetera, est un phénomène qui est clairement en train de se mettre en place et sur lequel je reviens à mon truc, on peut pas remettre le génie dans la lampe.
Donc c'est perdu pour internet sur ce sur ce sur ce côté-là. Il faut accepter le fait que une prolifération immense de ces contenus euh nous arrive dessus et déjà là. Euh donc du coup, la question c'est plus de se dire bah euh vu que la diffusion est comme ça maintenant, qu'est-ce qu'on doit faire ou qu'est-ce qu'on peut faire ?
Euh comment on s'adapte ? Je pense que globalement les humains ont tendance à très vite s'adapter et justement trouver des nouvelles manières de communiquer ou par exemple avoir des endroits où l'information un peu mieux traitée, mieux filtrée. C'est quelque chose qui va commencer sûrement à être de plus en plus apprécié sur internet.
Voilà, à l'aire où en fait on est passé d'une aire où on commence à avoir accès internet puis on veut des endroits où il y a plein de contenu parce que c'est génial. Avant, on avait pas ça, mais au fur et à mesure du temps, on va sûrement avoir euh le besoin de de revenir à quelque chose de plus restrictif où il y a moins d'informations, même peu d'information où limite on doit attendre l'information. Euh c'est sûrement des des choses qui vont arriver à mon avis dans les communautés.
Il y a beaucoup de de gens qui disent que ça peut être aussi la fin d'internet ou la mort d'Internet. Donc c'est la la théorie de la mort d'Internet, c'est de dire qu'il y a tellement de contenu et tellement de botes qui se parlent entre eux que finalement en fait il y a très peu de contenu humain et les humains se désintéressent d'Internet. Bon, j'y crois moyen dans le sens où quand même la communication instantanée avec n'importe où dans le monde, c'est quand même quelque chose de très pratique.
Donc pas sûr que que ça disparaisse mais c'est la vie de certaines personnes. C'est intéressant de le mentionner. Je pense euh ce qui change aussi du coup d'un point de vue de la diffusion, c'est que euh à l'avèement de Photoshop, on s'est mis à moins croire dans les images.
C'estàd quand on voit une image, on se pose un peu la question maintenant quand on voit une image, on parle pas du principe qu'elle est forcément vrai direct. Euh euh bah là, bah ça va être un peu la même chose pour la vidéo maintenant. Euh donc voilà, la vidéo, les algorites de génération de vidéos sont très bons maintenant.
Voilà, il suffit de scroller un peu sur TikTok ou sur les réels d'Insta pour se rendre compte très vite que il y a plein de contenu où on peut vraiment se tromper même quand on est expert dans le domaine. Ça m'est arrivé. Donc en vrai, je vois très bien euh que maintenant on peut plus croire dans une vidéo.
Et donc bah voilà, bah dans le problème de la diffusion, c'est de se poser la question de des sources, de de se dire "Bah voilà, quel qui a posté ça ? Est-ce que je peux croire dans cette source Donc cette cette fiabilité de l'information va être cruciale d'un point de vue source. Et pour terminer sur l'éducation euh je pense que c'est sera enfin serait vraiment trop bien de pouvoir mettre tout ça en place et notamment avant l'université parce que je pense qu'à l'université c'est quand même des choses qui se mettent un peu en place. s'il y a des formations maintenant sur l'IA quand même quand on est en école d'ingé, c'est pas quelque chose qui est ignoré et tout ça, mais euh mais avant le avant l'université, ça serait bien d'avoir des choses là-dessus.
Mais bon, pareil là, je suis un peu dubitatif parce que OK, on est plein de bonnes intentions et cetera, mais par exemple, il y a pas de cours d'internet au collège ni au lycée. On n pas d'ordi au au collège et au lycée. Alors que bon, au fond, enfin en tout cas, il y a un petit peu mais bon, c'est euh c'est je dirais que il y a pas de enfin il y a toujours euh une un un gros lag entre le développement d'une technologie et l'adoption dans des milieux scolaires qui sont euh ouverts à une très grande partie de la population.
Et donc où on se pose la question bah comment on peut le faire ? Est-ce que c'est pas plus safe de rester sur un truc à l'ancienne parce que au fond on sait que ça marche ? Euh ce que je peux comprendre quoi.
Mais euh mais donc ouais, je dirais que euh c'est cool d'avoir des bonnes intentions là-dessus mais euh ça paraît vraiment hyper dur que de mettre en place euh euh des trucs au collège par exemple sur ce sujet-là parce que ben enfin personne sera d'accord entre eux quoi. Donc je sais pas. Bonne chance à tout cas.
Il y a déjà des pratiques qui se font effectivement qui participent à ce que vous avez tous les deux pointé comme un besoin. C'est celui d'aiguiser notre esprit critique. Je note aussi que vous êtes convaincu que les artistes que les institutions culturelles peuvent aider à aiguiser cet esprit critique et et donc ça nous permet aussi de valoriser le rôle de l'art dans notre dans notre société.
Euh vous avez euh collaboré donc chacun chacune avec des institutions culturelles. Il y en a une sur laquelle j'aimerais revenir, c'est une collaboration que HVW fait et on parle de Molière. Est-ce que Hugo Cazel Dupri vous pouvez nous expliquer en quoi consiste Molière ex Makina et comment il allie création et diffusion de connaissances ?
Euh alors justement, j'ai j'ai un col pour la médiation avec le projet Moliax MC en ce moment auquel je peux pas rendre parce que je fais cette audition mais mais effectivement c'est un de nos enjeux. Alors le projet Molia Makina part de notre collaboration avec la Sorbonne. L'idée c'est que Pierre Marie Chauvin qui est vice-président SBON université agriculture euh a fait une petite présentation lors de l'annonce de notre laboratoire de recherche commun avec Sorbon.
On s'est bien entendu ensemble et lui il cherche à faire des initiatives entre différents domaines de de Sorbon pour promouvoir euh la culture, la science et l'art. Il nous fait rencontrer le théâtre Moli Sorbon qui est une troupe d'acteurs et des historiens de l'art et euh et des chercheurs en littérature du 17e qui s'intéresse à Molière Corneille et Ratine surtout à Molière. Il c'est à la fois une troupe, il joue Molière comme à l'époque au 17e.
Ils ont l'addiction à l'époque. Il cou euh les les costumes sont cousin. Ils font des décors pain à la main et il jouent comme à l'époque.
Et il s'intéresse à la génétique théâtrale. Il essaie de savoir comment les pièces sont créées, comment Moli a créé ces pièces au 17e. Essay de récupérer des informations là-dessus.
C'est leur recherche et ils essayent de les appliquer pour faire des spectacles notamment. Voilà, en 2023, ils ont fait le malad imaginaire à l'opéra royal de Versailles. C'était un grand succès et voilà, ils se ils se produisent un peu partout.
Nous, on les a rencontré et la question qui a émergé c'était qu'est-ce que Molière aurait écrit en 1974 s'il avait pas été mort d'une simple gripe ? En fait, globalement, il est mort d'une simple grippe. Un peu dommage.
Il aurait pu continuer à écrire. Il aurait très enfin, il aurait écrit. Et eux, en fait, en tant qu'expert de Molière ont des informations sur le processus de création de Molière.
Et donc l'idée ça été de se dire est-ce que on peut avec tous les indices qu'on a sur le processus de création de Molière essayer d'avoir un processus non biaisé ou le moins biaisé possible pour savoir qu'est-ce qu'il aurait créé ensuite pour faire une sorte d'ucronie dans laquelle on a la pièce que Molière aurait pu écrire et donc l'intelligence artificielle est un très bon outil pour être pour faire cette création là parce que c'est quand il est géré de la bonne manière le moins biaisé et le plus le plus manipulé able pour faire cet exercice là. Donc je rapide résumé, on fait on écrit toute la pièce avec Michael Bouffard et Coraline Renault qui sont le directeur et une doctorante du théâtre Molière Sorbon. Donc avec nous, l'idée c'est queon écrit tout le texte de la pièce.
On écrit d'abord un canvas qui est le résumé de toute la pièce. La pièce est sur l'astrologie. Molière a critiqué beaucoup les pseudosciences.
Il aurait sûrement écrit sur l'astrologie. Je vous la fais courte mais c'est ils ont plein d'indices sur le fait qu'il aurait sûrement écrit là-dessus. Ensuite, on est allé plus loin, on a créé euh on crée aussi les costumes.
Donc, on crée des fausses euh archives que Molière aurait pu utiliser pour ses costumiers basé sur des dessins de Henry JC. Euh donc, on entraîne un algorithme spécial spécialement à faire des dessins d'Henry JC et ensuite sont donnés aux costumiers du TMS pour créer les costumes de l'astrologue par exemple. Paris pour les décors où les décors sont des dessins basés sur Pierre Paul C20.
On entraîne l'algorithme sur ces dessins-là et on crée des décors fictifs du salon de Géronde qui est le père de la fille qui va se marier et cetera et cetera. Euh et aussi pour la musique où on recréait des partitions fictives de Charpentier qui était la personne qui euh qui faisait la musique pour Molière. Et d'un point de vue diffusion, bah et éducation, on aime beaucoup ce projet parce que euh d'un point de vue des jeunes euh typiquement, enfin moi euh je sais pas si je le dis là mais c'est marrant mais euh mon mon rêve dans ce projet c'est que à la fin on va faire un livre évidemment donc avec une préface qui raconte un peu le projet puis euh la pièce et moi je rêverai que ce que cette pièce là soit le sujet de bac de français en 2030 par exemple parce que je trouve que c'est un très bon exemple de comment l'intelligence artificielle peut qui est au centre du débat dans notre société aujourd'hui.
Donc euh si elle est au centre du débat, les jeunes, ils ont aussi envie d'en parler et j'aimerais bien en parler à l'école, je suppose. En tout cas, c'est intéressant pour eux de découvrir ça via un entreprise que par exemple des tutos sur chat GPT en cours. et et je pense que la pierre, la pièce qu'on est en train d'écrire est est une très bonne ouverture vers ce sujet-là parce queon peut à la fois étudier Molière qui est le patrimoine français qui est quelque chose qu'on étudie au collège et au lycée et plus tard et qui est une une valeur française qu'on a envie de continuer à transmettre dans nos écoles mais avec un regard différent et en pouvant ouvrir sur des questions plus larges et en se disant "Alors, qu'est-ce que tu en penses d'avoir créé comme ça ?
Est-ce que c'est intéressant ? Est-ce que c'est est-ce que c'est vraiment du Molière ?" Non, c'est pas du Molière, c'est d'après Molière.
Mais quelle question ça pose ? Ça pose des questions sur le processus de création de Molière et peut-être on peut mieux comprendre Molière grâce à ça aussi parce que voilà quand on est au collège lycée, on nous balance d'imaginaire, on nous dit ouais on a interprété comme c comme ça parfois on est un peu dubitatif. Là si on explique le processus de création de melière, peut-être on comprend mieux pourquoi il faisait ses critiques de pseudoscience et cetera.
Et donc c'est pour ça que dans ce projet-là, on va faire beaucoup de médiation au château de Versailles. Donc évidemment, ouais, le grand truc de la pièce, c'est qu'elle sera jouée au château de Versailles en mai prochain. Mais on va faire beaucoup de sujets de médiation.
La pièce va être jouée devant beaucoup de jeunes au château de Versailles. Deux représentations sont réservées pour les jeunes et on pense que voilà ce genre de projet qui est purement culturel pour le coup est une sorte de manière d'introduire les gens de manière plus souple et plus peut-être plus ludique aussi à l'utilisation de l'intelligence artificielle dans le milieu de la culture. Est-ce que vous diriez que dans les interactions avec les chercheurs, les spécialistes de Molière, le fait d'avoir euh pu euh participer à la création de cette pièce post Molière euh a fait avancer la recherche ?
Est-ce qu'il y a eu des connaissances euh qui ont pu être mis au jour grâce à ce travail ? Alors euh ouais, c'est une super question parce que effectivement c'est une de nos euh une de nos grandes trouvailles du projet, c'est que bah voilà, on s'est dit on fait cet exercice de style, on est extrêmement jusquau bouhiste, on essaie de pas écrire un mot nous-même mais euh on fait des milliards d'aller-retours avec Lia sur toute sur toute l'écriture et en fait la grande surprise a été que chez les historiens et les experts de littérature du 17e, le fait de faire l'exercice avec nous leur a permis de découvrir des nouvelles choses à la fois sur le processus d'écriture de Molière ou même sur des des choses dans le texte de Molière. Le fait que un certain personnage vous voit toujours ce personnage là mais que le personnage en retour le tuto c'est chose qu'on avait pas remarqué finalement et en fait en se posant la question en créant les dialogues finalement Michael Bouffa commence à dire mais c'est marrant là qu' le tuto et vous voir après il va voir il va revoir dans les textes de Molia se rend compte que effectivement c'est le cas dans toutes les pièces et que donc du coup bah c'est un une nouvelle découverte entre guillemets qui permet de voilà de de d'en savoir plus sur Molière en faisant l'exercice.
C'est un peu le grand truc de on comprend vraiment que en faisant et bon évidemment ils comprennent déjà beaucoup sans avoir fait mais en faisant on comprend des nouvelles choses. Pareil sur les costumes, le fait de pouvoir en fait la création des dessins fictifs des costumes a extrêmement bien marché. Cra époustoufflant dans le projet.
C'est la partie qui a le mieux marché. Et en fait ça leur a donné plein d'idées justement de compléter certains dessins parce que souvent les dessins, on a que le devant mais on pourrait avoir le dos. euh euh compléter en fait euh la voix de de de compétion d'archives historiques euh qui sont partiellement abîmé ou manquante et qui et est une voix qui du coup semble extrêmement intéressante.
Pour la musique classique, il y a beaucoup de participantes ou incomplète et l'intelligence artificielle utiliser la bonne avec les bons disclaimer et peut être un très bon outil ici pour voilà avoir l'avis le plus informée qui se rapproche de ce qui aurait pu être fait à l'époque sans pour autant dire que c'est la vérité. Merci beaucoup. J'aurais une question.
Vous avez euh tous les deux euh bénéficié et initié des projets avec euh des institutions à l'extérieur de la France. Euh je voulais savoir comment vous appréciez le dynamisme, l'ouverture des institutions culturelles, qu'elle soit publique ou privée en France par rapport à ce que vous avez pu voir dans d'autres pays. Quelle est votre appréciation du soutien que ça soit dans le discours ou du soutien financier de cette ouverture à l'intelligence artificielle de la part de notre pays ?
Alors, je vais vous répondre en prenant la casquette Ascma, puisqueeffectivement nous, on a collaboré avec des instions culturelles dans différents pays et continents euh en Amérique du Nord, Canada, États-Unis. En Europe, on a des collaborations un peu partout. Je souvent l'exemple de la Bosners zeggovine pour montrer la la diversité en Asie aussi.
Et ce dont on a pu se rendre compte, c'est que effectivement on a on a débuté en en France et on a eu la chance très tôt d'avoir le soutien d'un culturel majeur notamment sur une un enjeu d'ouverture en se disant "OK, on va tester, on va voir ce qui se ce qui se fait." Et je me souviens que lors de nos premiers déplacements, par exemple aux États-Unis, on y arrivait en disant que là-bas tout serait tout irait beaucoup plus loin, beaucoup plus d'avance et cetera. Et on s'est rendu compte par exemple que les instions culturelles françaises dans leur réflexion n'étaient pas en retard par rapport aux inions culturelles américaine et c'est un constat qu'on a pu faire dans différents pays parce que je pense que il y a déjà une spécificité des instions culturelles en général qui est que elles pensent dans le temps long.
Donc souvent elles vont pas toujours se précipiter sur les premières technologies puisque elles ont un enjeu de voir comment tout ça va va évoluer pour se positionner dessus, même si il y a toujours une ouverture et une curiosité à l'innovation. Euh et c'est quelque chose que nous on a pu vraiment apprécier euh dès euh dès nos débuts. Euh donc je dirais que les instions culturelles françaises se positionnent notamment les instelles muséales et patrimoniales avec lesquelles on on travaille beaucoup chez Eskmona euh se positionnent ne sont pas en retard par rapport aux autres.
Certaines sont même plutôt en avance. Mais après en fait pour moi c'est pas tellement une question de nationalité, c'est aussi une question de dimensionnement de chaque institution culturelle et beaucoup d'équipes et d'humains. parce que ça passe par le fait d'avoir des personnes au sein des équipes qui ont le temps, l'expertise pour s'emparer de ces sujets et aussi des enjeux, on va dire économiques et budgétaires qui un frein aussi bien en France que dans d'autres dans d'autres pays avec aussi d'abord un enjeu et et chez Asmona, on a aussi toute une activité de de formation à l'intelligence artificielle en dehors de de nos outils et souvent c'est le premier socle pour pouvoir comprendre le fonction fonctionnement de l'intelligence artificielle et déployer une véritable stratégie pour la déployer au service de ses objectifs et pas juste faire ce que nous on appelle des projets gadgets qui seraient juste innovés pour innover.
Et donc je pense que ça c'est quelque chose qui est propre à beaucoup de d'institutions et qui dépend cet enjeu de déculturation il est il se joue vraiment au niveau global et j'ai pas le sentiment que les instants culturels françaises soient plus en retard que d'autres. J'ai le même sentiment honnêtement. Ouais, que ça soit d'un point de vue recherche par exemple, déjà la France met beaucoup d'argent là-dedans et c'est je trouve ça vraiment impressionnant.
On est le pays, je pense en Europe où il y a une communauté scientifique la plus attractive. On a aussi la chance d'avoir des figures mondiales comme Yan Lequin par exemple qui permettent aussi de promouvoir ça je pense. Mais encore là sur les dernières semaines, il y a des nouvelles start-up de recherche en IA qui sont extrêmement impressionnantes qui s'implémentent à Paris.
Donc d'un point de vue recherche, on a pas forcément trop à rougir selon moi, même s'il y a des toujours des ordres de grandeur différents entre les États-Unis et la France, on n pas forcément à rougir parce que on a des on est chercheurs très forts et on est très bien financé. Et d'un point de vue culturel, effectivement au début, on peut se dire "Ouais, c'est eux qui vont être fermés et cetera." Pas du tout, franchement, on a pas du tout ce sentiment-là.
On se sent accompagné, challenger de la bonne manière s'il le faut. Euh enfin, je trouve ça vraiment honorable la manière dont c'est fait. Euh finalement les plus grands euh enfin je dirais que en en France si on doit euh se s'autojuger euh je dirais que c'est plutôt les collectionneurs qui sont très fébriles par exemple euh d'un point de vue art contemporain.
Euh euh par exemple nous on a beaucoup plus de collectionneurs euh outreatlantique asiatique et en France les collectionneurs sont quand même très frileux par exemple sur sur les nouvelles formes d'art et tout. Donc ça, je pense que c'est quand même assez dommageable mais on peut pas être prophète dans son pays tout le temps aussi. Et donc finalement que les institutions me montrent la voix et elles doivent vraiment continuer dans cette dans cette voie là comme elles l'ont toujours fait depuis plein d'années sur ce point là.
Je pense qu'on a vraiment pas à rougir. Parfait. Merci beaucoup.
Nous arrivons au terme de notre échange d'aujourd'hui et je voulais vous remercier avec madame Calvez pour votre contribution à notre travail car vous nous avez beaucoup aidé aujourd'hui à avancer sur la question de la de la création et de l'originalité finalement irréductible du créateur puisque nous avons entendu précédemment beaucoup de réflexions tout à fait pertinentes par ailleurs sur la rupture anthropologique sur le risque que au fond d'être enfin de devoir subir hein le la l'intelligence artificiel comme une sorte de déferlement de de l'âme de fond à laquelle nous ne pourrions plus résister. Et là, vous avez parlé en tant que praticien et en tant que également que queenseignant et théoricien et chercheur de la de de cet aspect selon lequel l'homme au fond, enfin le créateur lorsqu'il utilise l'intelligence artificielle, d'abord il la regarde d'une certaine manière et cette manière est singulière pour chaque artiste. C'est pas bon.
Ensuite, il l'utilise d'une certaine manière. Là aussi, c'est singulier. Donc c'est c'est ça peut pas être réduit à quelque chose de de mécanique, même s'il s'agit bien d'algorithme et de machine.
Les créateurs peuvent créer des algorithmes d'apprentissage. Ils peuvent interroger la machine sur leur propre production comme vous l'avez rappelé au début de votre propos madame j'ai beaucoup aimé. Et ce côté de décentrement, vous vous décentrez, vous vous avez une sorte de façon de reflet permet la le l'intelligence artificielle et au fond ça produit davantage encore de production artistique de de génie au fond.
Et donc c'est cela que je retiendrai pour ma part aujourd'hui, c'est ce côté c'est pas de l'optimisme, c'est simplement que vous nous dites parce que vous le faites qu'en fait euh vous demeurez des artistes qui maîtrisaient votre art, qui progressaient dans votre art et que l'intelligence artificielle y contribue comme beaucoup d'autres choses, comme vos lectures, comme vos rencontres, comme vos échanges et qu'il n'y a pas lieu là-dessus de de fantasmer sur une éventuelle disparition de l'humain dans la création. Et pour ça, nous voulions vous remercier parce que notre travail s'inscrit, vous le savez, dans une mission qui nous a été confiée par la commission permanente de de affaires culturelles et de l'éducation pour l'Assemblée nationale. Madame Calvez va rédiger un rapport et je pense que sincèrement des contributions comme les vôtres vont beaucoup enrichir ce rapport, j'en suis certain et je voulais vous en remercier.
Merci beaucoup.