Carlos Martens Bilongo, député La France insoumise du Val-d'Oise | La politique et moi
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Questions et réponses
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- 0:26OuverteRéponse directe
Bonjour Carlos Martins-Bilongo.
- 0:28OuverteRéponse directe
Alors il y a quelques années, votre vie était très éloignée de celle du député que vous êtes aujourd'hui.
- 1:04OuverteRéponse directe
Mais bon, coach sportif, c'est un des nombreux métiers que vous avez exercé.
- 1:46OuverteRéponse directe
Est-ce que c'est comme ça que vous êtes devenu le coach d'Aya Nakamura ?
- 2:14FerméeRéponse directe
Et c'était dans quelle année ça ?
- 2:17FerméeRéponse directe
Et vous êtes resté en contact avec elle ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:15Invité politiqueFait
« Exactement. »
- 1:15Invité politiqueFait
« Du coup, c'était une association qu'on avait sur Villiers-le-Bel. »
- 1:19Invité politiqueFait
« La volonté, c'était de faire sortir les femmes de la maison. »
- 1:21Invité politiqueFait
« En pratiquant des cours de sport en collectif. »
- 1:27Invité politiqueFait
« Et très rapidement, on a eu aussi une vocation humanitaire. »
- 1:32Invité politiqueFait
« On organisait des voyages humanitaires dans des pays bien définis où on partait faire du sport avec des collectifs sportifs en Afrique. »
- 1:39Invité politiqueFait
« Et également, on ramenait du matériel sportif. »
- 1:55Invité politiqueFait
« Parce que j'étais venu une référence. »
- 1:58Invité politiqueFait
« D'accord. »
- 1:58Invité politiqueFait
« Et du coup, ça m'avait demandé de préparer sa tournée avec elle pour que, comme elle vient d'avoir un enfant, qu'elle puisse perdre du poids et d'avoir les capacités physiques pour tenir une tournée et ses concerts et showcases. »
- 2:15Invité politiqueChiffre
« 2018-2019. »
- 2:18Invité politiqueFait
« J'ai toujours en contact. »
- 2:53Invité politiqueFait
« Non, je pense que s'il y a un facteur chance, mais le mental joue beaucoup. »
- 2:57Invité politiqueFait
« En fait, c'est les épreuves de la vie. »
- 2:59Invité politiqueFait
« Quand on vient de Villers-Belles, on a beaucoup d'obstacles dès le plus jeune âge. »
- 3:03Invité politiqueFait
« En fait, ça forge. »
- 3:04Invité politiqueFait
« Soit on craque, on abandonne tout et on cède. »
- 3:07Invité politiqueFait
« Soit en fait, ça nous rend plus fort. »
- 3:22Invité politiqueFait
« Parce que j'étais bègue. »
- 3:24Invité politiqueFait
« Oui. »
- 3:24Invité politiqueFait
« Et ma mère en souffrait beaucoup. »
- 3:27Invité politiqueFait
« Je le voyais dans son regard. »
- 3:28Invité politiqueFait
« Moi, j'en souffrais également. »
- 3:30Invité politiqueFait
« Et du coup, je prenais très peu la parole à l'école. »
- 3:35Invité politiqueFait
« J'ai commencé, on va dire, à parler librement. »
- 3:40Invité politiqueFait
« J'ai commencé à parler librement, on va dire, à partir de 6-7 ans, malgré les difficultés. »
- 3:51Invité politiqueFait
« Et du coup, ma mère me dit, écoute Carlos, j'ai réussi à avoir un rendez-vous sur l'orthophoniste. »
- 3:56Invité politiqueFait
« On va aller, on va y aller ensemble. »
- 3:58Invité politiqueFait
« On va apprendre mathématiquement tout ce qui va être fait pendant la séance. »
- 4:02Invité politiqueFait
« On va le reproduire à la maison. »
- 4:11Invité politiqueFait
« On a dit, oui, oui, on reviendra. »
- 4:21Invité politiqueFait
« Et de fil en aiguille, peu à peu, j'ai perdu mon bégaiement. »
- 4:51Invité politiqueFait
« Vous expliquez, il crie, il frappe toute la famille. »
- 4:53Invité politiqueFait
« Il passe la frustration de ses échecs sur nous dès que l'occasion se présente. »
- 5:04Invité politiqueFait
« C'est très difficile. »
- 5:14Invité politiqueFait
« Ma mère a subi des choses terribles toute sa vie. »
- 5:20Invité politiqueFait
« Et en fait, c'est une femme très forte. »
- 5:25Invité politiqueFait
« Malgré tout, elle n'a pas voulu que nous, les enfants, puissions entendre ce qui se passait. »
- 5:32Invité politiqueFait
« Voir, elle nous envoyait, nous, très jeunes, en Belgique, en vacances, pendant chaque période de vacances. »
- 5:42Invité politiqueFait
« C'était les semures de joie. »
- 5:45Invité politiqueFait
« Et ça permettait à des Français qui n'avaient pas de moyens de déposer leur enfant. »
- 5:49Invité politiqueFait
« Et ma mère, en fait, elle travaillait. »
- 5:53Invité politiqueFait
« Mais en même temps, c'était pour régler ses problèmes avec son mari. »
- 5:57Invité politiqueFait
« Et malheureusement, la violence, elle est sociétale dans notre pays. »
- 6:02Invité politiqueFait
« Moi, mon père, c'est après, en me renseignant, j'ai su qu'il a vécu des grosses souffrances dans sa jeunesse. »
- 6:06Invité politiqueFait
« Il a vu aussi sa mère être battue par mon grand-père. »
- 6:24Invité politiqueFait
« Ma mère était super enthousiaste parce que c'est la première fois qu'elle a pu voter, en 2002. »
- 6:30Invité politiqueChiffre
« Elle est devenue française en 1998. »
- 7:24Invité politiqueFait
« Après, voilà. Nous, notre territoire, c'est un territoire où on avait Dominique Troscan. »
- 7:28Invité politiqueFait
« Du coup, c'est un territoire très socialiste. »
- 7:33Invité politiqueFait
« On a mené une campagne assez simple. »
- 7:36Invité politiqueFait
« Dès lors où M. Puponi, lui, est allé vers le modem et la majorité présidentielle, »
- 7:42Invité politiqueFait
« il était un moment certain où les électeurs de la circonscription ne s'y retrouvaient plus. »
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« C'est vraiment un territoire de gauche et de gauche de rupture. »
- 7:52Invité politiqueFait
« Et j'ai su l'incarner avec une campagne de proximité avec les populations de ma circonscription, »
- 8:20Invité politiqueFait
« Parce que les gens ont, comme vous l'avez dit, une très grosse attente. »
- 8:23Invité politiqueFait
« J'ai aussi une proximité où moi, j'ai le même numéro de téléphone depuis plus de 15 ans. »
- 8:31Invité politiqueFait
« Et ils me sollicitent pour plein de sujets qui ne sont même pas liés à mon mandat. »
- 9:35Invité politiqueFait
« Cette phrase est raciste, peu importe qui elle vise. »
- 9:38Invité politiqueFait
« Mais elle me vise moi parce que je suis en train d'évoquer le bateau en question, le Sun Viking. »
- 9:44Invité politiqueFait
« Il faut savoir que le sujet de l'immigration avait été évoqué par différents députés. »
- 9:48Invité politiqueFait
« À aucun moment, un député n'avait subi cette phrase-là. »
- 9:52Invité politiqueFait
« Et malheureusement, c'est la phrase qui m'a été envoyée. »
- 10:41Invité politiqueFait
« Je suis quelqu'un de très calme. Je suis un sportif, je fais de la boxe, etc. »
- 10:43Invité politiqueFait
« J'ai l'habitude de recevoir des coups. »
- 11:30Invité politiqueFait
« Moi, je suis convaincu que la présence d'un jeune de vieille belle qui puissait député noir dérange. »
- 11:39Invité politiqueFait
« C'est ça le sujet. »
- 11:59Invité politiqueFait
« Il y a encore un travail à faire. »
- 12:04Invité politiqueFait
« C'est malheureux, on le voit à chaque fois. »
- 13:16Invité politiqueFait
« Moi, je suis supporter historique des Girondins de Bordeaux. »
- 13:19Invité politiqueFait
« Et là, on est condamné à rester encore une fois en National 2. »
Temps de parole
- Carlos Martens Bilongo60 %
- Présentateur35 %
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C'est un enfant de Villiers-le-Bel qui a franchi les obstacles un à un avant d'être élu député. Ancien coach sportif, mon invité à un mental d'acier, il siège au sein du groupe La France Insoumise à l'Assemblée. Bonjour Carlos Martins-Bilongo. Bonjour. Alors il y a quelques années, votre vie était très éloignée de celle de la vie du député que vous êtes aujourd'hui. Votre vie a ressemblé à ça. C'était quand vous étiez coach sportif à Villiers-le-Bel. On est d'accord, le mec hyper musclé qu'on voit, c'est vous.
J'ai perdu un peu de masse musculaire.
La vie du député n'a pas aidé.
La vie du député n'a pas aidé.
Mais oui, c'est moi, c'est moi. C'est plus jeune. Plus jeune, plus musclé. Mais bon, coach sportif, c'est un des nombreux métiers que vous avez exercé. Alors je dis métier, mais au départ, ce travail de coach, il était quasi bénévole. Il y avait même une dimension humanitaire.
Exactement. Du coup, c'était une association qu'on avait sur Villiers-le-Bel. La volonté, c'était de faire sortir les femmes de la maison. En pratiquant des cours de sport en collectif. Et très rapidement, on a eu aussi une vocation humanitaire.
Là, c'est une photo de vous au Sénégal.
On organisait des voyages humanitaires dans des pays bien définis où on partait faire du sport avec des collectifs sportifs en Afrique. Et également, on ramenait du matériel sportif.
Alors vous avez fini par être un peu connu dans le milieu du coaching sportif. Est-ce que c'est comme ça que vous êtes devenu le coach d'Aya Nakamura ?
C'est un peu ça.
Oui ?
C'est dingue quand même. Parce que j'étais venu une référence. Et un de ses managers venait de Villiers-le-Bel. D'accord. Et du coup, ça m'avait demandé de préparer sa tournée avec elle pour que, comme elle vient d'avoir un enfant, qu'elle puisse perdre du poids et d'avoir les capacités physiques pour tenir une tournée et ses concerts et showcases. Et du coup, on a commencé à travailler ensemble.
Et c'était dans quelle année ça ?
2018-2019. Et vous êtes resté en contact avec elle ? J'ai toujours en contact. Et je suis très heureux de la voir aujourd'hui faire des performances mondiales et d'être une grande actrice française.
Alors si on monte quelques années en arrière à dos, vous avez raté le brevet des collèges. Ça ne vous a pas empêché quelques années plus tard de devenir prof d'éco et de gestion en lycée professionnel. Mais entre les deux, il a fallu franchir les obstacles un à un. Je crois que vous avez passé un BEP de tourneur-fraiseur, un BTS technico-commercial. Et une licence de marketing. Là, on vous voit, je crois que c'était quand vous travaillez dans une entreprise d'échafaudage. Exactement. Pour y arriver dans la vie, c'est juste une question de mental ? Ça se joue là-dessus ?
Non, je pense que s'il y a un facteur chance, mais le mental joue beaucoup. En fait, c'est les épreuves de la vie. Quand on vient de Villers-Belles, on a beaucoup d'obstacles dès le plus jeune âge. En fait, ça forge. Soit on craque, on abandonne tout et on cède. Soit en fait, ça nous rend plus fort. Et devant toutes les difficultés, on arrive à les surmonter. Vous parlez des obstacles de votre enfance.
Vous vous considériez comme un enfant handicapé. C'est ce que vous expliquez dans votre livre. Pourquoi ?
Parce que j'étais bègue. Oui. Et ma mère en souffrait beaucoup. Je le voyais dans son regard. Moi, j'en souffrais également. Et du coup, je prenais très peu la parole à l'école. J'ai commencé, on va dire, à parler librement. Là, on vous voit avec votre frère et votre maman. C'est ça. J'ai commencé à parler librement, on va dire, à partir de 6-7 ans, malgré les difficultés. Ça a été un travail quotidien avec votre frère. C'était un travail quotidien avec ma mère parce qu'on n'avait pas beaucoup d'argent. Et du coup, ma mère me dit, écoute Carlos, j'ai réussi à avoir un rendez-vous sur l'orthophoniste. On va aller, on va y aller ensemble.
On va apprendre mathématiquement tout ce qui va être fait pendant la séance. On va le reproduire à la maison. Parce que vous n'aviez pas les moyens d'y retourner. On n'avait pas les moyens. On n'avait les moyens que de payer une séance. Du coup, on a été ensemble. Et en fait, la dame nous a dit, on vous revoit au prochain rendez-vous. On a dit, oui, oui, on reviendra. On a tout appris. Et à la maison, ma mère s'entraînait. En fait, dès qu'elle finissait le boulot, elle avait deux boulots. Dès qu'elle terminait le soir, on reproduisait, etc. Et de fil en aiguille, peu à peu, j'ai perdu mon bégaiement. Et ça a été une épreuve très difficile et douloureuse. Parce que ça prenait du temps.
Et je voyais que ma mère aussi, ça l'a peiné de devoir mettre beaucoup de temps et d'argent sur moi.
Dans votre livre, Noir français, c'est le titre de votre livre. Vous évoquez vos parents qui sont tous deux nés au Congo. Votre mère qui a été aide-soignante puis vendeuse de bijoux. Marché. Marché. Et votre père qui était chauffeur dans des ambassades. Un père violent. Vous en parlez dans votre livre. Vous expliquez, il crie, il frappe toute la famille. Il passe la frustration de ses échecs sur nous dès que l'occasion se présente. Comment est-ce qu'on grandit avec un père violent ?
C'est très difficile. Parce que parfois, on ne sait pas si quand on va rentrer à la maison, si maman va être enceinte. Parfois, on est en revenu.
Ça s'est produit, c'est des choses que vous avez vécues ?
Je l'ai vécu. Ma mère a subi des choses terribles toute sa vie. Et en fait, c'est une femme très forte. Malgré tout, elle n'a pas voulu que nous, les enfants, puissions entendre ce qui se passait. Voir, elle nous envoyait, nous, très jeunes, en Belgique, en vacances, pendant chaque période de vacances. C'était les semures de joie. C'est un dispositif qui permettait à des familles d'accueil en Belgique, des curés, des prêtres, de nous accueillir gratuitement. Et ça permettait à des Français qui n'avaient pas de moyens de déposer leur enfant. Et ma mère, en fait, elle travaillait. Mais en même temps, c'était pour régler ses problèmes avec son mari.
Et malheureusement, la violence, elle est sociétale dans notre pays. Et il y a énormément d'hommes, en fait, par rapport à des traumatismes qu'ils ont vécu. Moi, mon père, c'est après, en me renseignant, j'ai su qu'il a vécu des grosses souffrances dans sa jeunesse. Il a vu aussi sa mère être battue par mon grand-père. C'est comme ça que vous expliquez le comportement qu'il a pu avoir. C'est ce que j'arrive à comprendre quand je regarde dans sa vie, sa jeunesse.
La politique était très présente dans votre famille. Votre mère adorait Lionel Jospin, au point qu'à 11 ans, j'ai lu que vous avez tracté pour lui pendant la présidentielle, la présidentielle de 2002. C'est ça.
Ma mère était super enthousiaste parce que c'est la première fois qu'elle a pu voter, en 2002. Elle est devenue française en 1998. Et du coup, super enthousiaste de pouvoir voter, très à gauche. Elle aimait beaucoup Jospin. Avec mon père, ils avaient toujours des débats à la maison. Mon père, elle disait un peu plus à droite, mais en fait, c'est juste pour être en conflit avec elle. Dès que je pourrais voter, moi, je voterai à droite, etc. Et en fait, super enthousiaste et en avoir envie de changer les choses.
Vous êtes beaucoup investi dans le milieu associatif, assez jeune. De fil en aiguille, vous êtes allé vers la politique en vous engageant d'abord au PS, puis ensuite à la France insoumise. Et vous avez été investi par LFI aux législatives en 2022 dans la huitième circonscription du Val-d'Oise. Et alors là, vous avez battu assez sèchement le sortant, François Puponi, qui avait pourtant été député pendant 15 ans, qui avait été maire de Sarcelles pendant 20 ans. Comment est-ce que l'enfant de Villiers-le-Bel, qui était novice en politique, a réussi à battre un vieux de la vieille, en quelque sorte ?
Après, voilà. Nous, notre territoire, c'est un territoire où on avait Dominique Troscan. Du coup, c'est un territoire très socialiste. Donc, on était plus ou moins tous sympathisants. On a mené une campagne assez simple. Dès lors où M. Puponi, lui, est allé vers le modem et la majorité présidentielle, il était un moment certain où les électeurs de la circonscription ne s'y retrouvaient plus. C'est vraiment un territoire de gauche et de gauche de rupture. Et j'ai su l'incarner avec une campagne de proximité avec les populations de ma circonscription, que ce soit sur Sarcelles, Villiers-le-Bel, Garges, Arnaudville et Bonneuil. Et on a transformé l'essai de cette belle campagne.
Avoir un enfant du quartier qui réussit à être élu député, forcément, j'imagine que les attentes des habitants de Villiers-le-Bel, de toute la circonscription, sont très lourdes. Comment est-ce qu'on gère ça, cette pression ? Ça doit être une pression pour vous, j'imagine ?
C'est une pression particulière et énorme. Parce que les gens ont, comme vous l'avez dit, une très grosse attente. J'ai aussi une proximité où moi, j'ai le même numéro de téléphone depuis plus de 15 ans. Ça veut dire que les personnes que j'avais pendant le milieu associatif, que j'ai rencontrés, ils ont encore mes coordonnées. Et ils me sollicitent pour plein de sujets qui ne sont même pas liés à mon mandat. Mais j'essaye de répondre à ces questions-là.
Le 3 novembre 2022 était un jour important pour vous. C'était le jour de votre première question au gouvernement. Il se trouve que votre intervention dans l'hémicycle a déclenché le plus grave incident de séance de ces dernières années à l'Assemblée. On va revoir un extrait du journal de 20h ce jour-là.
Les personnes secourues se trouvent dans une situation d'urgence absolue. Les prévisions météo indiquent une détérioration significative du climat. Qu'il retourne en Afrique, est-ce le député qui est visé à titre personnel ou il, les migrants ? Pour l'insoumis Carlos Martins-Bilongo, aucun doute. Aujourd'hui, on m'a renvoyé à ma couleur de peau. Je suis né en France, je suis député français. Et je ne pensais pas aujourd'hui qu'à la Sommée nationale, j'allais me faire insulter. Une version contredite par son auteur, ce député Rassemblement National. Je ne parlais pas du député qui est en train de poser la question, je parlais du bateau passeur de migrants.
Alors aujourd'hui encore, vous n'avez pas changé d'avis pour vous, vous en êtes convaincu, cette phrase, elle vous visez vous ?
Cette phrase est raciste, peu importe qui elle vise. Mais elle me vise moi parce que je suis en train d'évoquer le bateau en question, le Sun Viking. Il faut savoir que le sujet de l'immigration avait été évoqué par différents députés. À aucun moment, un député n'avait subi cette phrase-là. Et malheureusement, c'est la phrase qui m'a été envoyée. Et ça montre en fait aujourd'hui toute cette violence qui existe, le manque d'empathie, ce racisme aussi ambiant qui est dans la société. Et qui est un reflet en fait de l'Assemblée nationale, est un reflet de la vie de tous les jours à l'extérieur. Quels sont les mots qui vous viennent aujourd'hui pour décrire ce que vous avez ressenti ce jour-là ?
J'étais abasourdi, surpris. Je ne pensais pas vivre ça à l'Assemblée nationale, comme je l'évoque. Avant mon mandat, j'étais professeur d'économie dans le 17ème arrondissement.
Et vous auriez voulu réagir différemment quand vous vous êtes refait le film de ce qui s'est passé ?
Non, beaucoup de gens m'ont dit que j'avais très bien réagi. Parce que je suis quelqu'un de très calme. Je suis un sportif, je fais de la boxe, etc. J'ai l'habitude de recevoir des coups. Et ce n'est pas un coup physique qu'on reçoit. C'est une parole très blessante qui transperce. Moi, tout de suite, je pense à ma mère. Je pense à Rosa Parks également. C'est au même moment. Et en fait, je reste figé. Je ne réponds pas du tout. Mais je me dis, waouh ! Il l'a fait ici. Dans l'hémicycle. Me renvoyer à quelque chose qui est inacceptable, en fait.
C'est une ignominie et c'est odieux. Pendant les semaines qui ont suivi, vous avez reçu des menaces de mort, des dizaines de messages racistes. Même chose, un an et demi plus tard, quand votre collègue Raphaël Arnaud a posté cette photo qu'on va voir accompagnée de la légende RN, pas content, On vous y voit donc à ses côtés, à l'Assemblée, avec les députés Ali Diwara et Sébastien Delogu. Vous vous attendiez à ce que cette photo déclenche autant de messages racistes ? Je ne pensais pas. Qu'est-ce qui a provoqué ces messages dans cette photo pour vous ?
Moi, je suis convaincu que la présence d'un jeune de vieille belle qui puissait député noir dérange. C'est ça le sujet. Mais dérange encore aujourd'hui ? Encore aujourd'hui, c'est une vérité.
Parce que vous vous posez la question dans votre livre « Noir français ». Vous racontez donc le racisme que vous avez connu bien avant d'être député, notamment dans le cadre de votre travail, et vous interrogez, la France est-elle prête à faire de la place à tout le monde, sans distinction, surtout aux noirs ? Après trois ans de mandat, vous répondez quoi à cette question ?
Il y a encore un travail à faire. C'est malheureux, on le voit à chaque fois. Je le mets juste pour une photo, une simple photo. Vous imaginez, il y a eu plein de plateaux le lendemain, une heure après, pour dire oui, leur posture, etc. Un avocat a dit oui, on dirait la cour d'appel des Assises. Pourquoi ? Parce qu'un bon est rouge et vous avez deux noirs et un français, un autre français d'origine, quatre français d'origine diverses. C'est terrible en fait.
On va passer au quiz à présent. Vous allez donc devoir compléter les phrases que je vais vous proposer. Je m'appelle Carlos Martins Car.
Carlos Martins, c'est le... C'est le curé qui a accepté de recevoir mes frères et sœurs en Belgique. Et vraiment, je le remercie parce qu'il a donné une bouffée d'oxygène à ma mère en ce moment difficile. Pour rester en forme quand on est député ? Pour faire du sport.
Oui, mais vous disiez que vous avez un peu perdu en masse musculaire. J'ai perdu, mais j'essaie de courir un peu. Il faut garder la forme. Un jour, les Girondins de Bordeaux, c'est votre club de cœur. Mais bon, là, ils sont loin.
Là, on jouait la montée en N1. Moi, je suis supporter historique des Girondins de Bordeaux. Et là, on est condamné à rester encore une fois en National 2. Et c'est une grosse difficulté. Merci beaucoup, Carlos Martins Bilingo, d'être venu dans La Politique et moi.
Carlos Martens Bilongo