Canicules à répétition : la France à court d'eau ? | 28 minutes | ARTE
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
[musique] La France suffoque et les cours d'eau aussi. Christophe Beltran est à la tête de l'organisme en charge du canal du midi. Avec la sécheresse, l'irrigation est devenue un casse-tête.
On sent bien qu'il y a des tensions qui se génèrent autour de la ressource à nous. Donc l'enjeu pour nous, comme pour le monde agricole, c'est d'avoir la gestion la plus rigoureuse, la plus transparente et la plus parsimonieuse possible pour arriver justement à répondre à l'ensemble des enjeux sur des saisons qui sont de plus en plus compliquées à terminer pour l'ensemble des acteurs. Adopté par le Sénat, la loi d'urgence agricole revient à l'Assemblée nationale cette [musique] semaine.
En prévoyant d'assouplir les installations de bassin et en prévoyant de doubler la superficie dédiée au stockage [musique] d'eau, elle crée des réactions contrastées. Les agriculteurs applaudissent mais certains spécialistes dénoncent un raisonnement à court terme. On va pas dans le bon sens parce que il faut de la sobriété.
Ça veut dire produire pareil mais avec moins d'eau. Il faut qu'on puisse partager les usages et anticiper. Commencer à diversifier nos cultures.
Pour les [musique] détracteurs du texte, c'est tout le rapport à l'eau qui mériterait d'être repensé plus profondément. D'autant que de nouveaux acteurs ont fait leur apparition. a commencé par les centrales nucléaires qui pompent aussi de l'eau pour refroidir certaines [musique] de leurs installations.
Ce weekend, trois d'entre elles ont dû mettre à l'arrêt des réacteurs. Hit autres ont dû réduire leurs activités pendant le [musique] pic de chaleur. Les data center 352 à ce jour en France nécessitent aussi de l'eau pour fonctionner de façon optimale.
Un développement qui inquiète certains défenseurs de l'environnement comme [musique] Camille Étienne. Imaginez qu'on construit partout sur le territoire et qu'on devient de plus en plus dépendant. Notre pays, nos systèmes financiers devient dépendant de ces data center et de l'IA qu'on en découle.
Imaginez donc qu'à un moment donné, on a une quantité d'eau limitée et qu'on doit décider qu'est-ce qu'on fait ? Est-ce qu'on donne à l'agriculteur qu'elle a ou est-ce que on coupe d'un coup tout notre système financier qui dépend de ça ? Alors, la France est-elle bientôt à cours d'eau ?
Faut-il partager l'eau ? Et comment ? Faut-il en stocker ou bien changer nos habitudes ?
Le pays a-t-il une réelle vision de la gestion de l'eau ? Voilà. Et pour en débat de ce soir, nous recevons Agnè du.
Bonsoir. Bonsoir. Vous êtes directrice de recherche au CNRS et hydrologue.
Et selon vous, se préparer à la sécheresse, c'est réduire les usages inutiles de l'eau et cesser d'en dégrader la qualité. Et pour ça, dites-vous, certaines pratiques agricoles et d'aménagement du territoire doivent changer. À vos côtés, Simon Porcher.
Bonsoir. Bonsoir. Vous êtes professeur de sciences de gestion à l'université Paris-Duphine, auteur de Nous sommes fait d'eau, l'avenir d'une ressource vitale publiée aux éditions Les corps conducteurs.
Selon vous, le risque de coupure d'eau potable est réel et les restrictions individuelles ne sont pas symboliques du tout, mais le premier consommateur reste l'agriculture avec des cultures comme le maïs qui demandent énormément d'eau. Et puis Agnager Runaché, bonsoir. Bonsoir.
Vous êtes député ensemble pour la République, ancienne ministre de la transition écologique, également ancienne ministre délégué à l'agriculture. Selon vous, les restrictions d'eau vont se multiplier, sauf si on s'y prépare vraiment. On ne peut pas, dites-vous, se passer de stocker l'eau, mais cela doit se décider collectivement.
Et pour entamer ce débat, c'est avec vous Valérie et la photo du jour. Oui, Jean-Mthieu, ce que vous voyez là, c'est un bras de Loire presque entièrement avalé par le sable près de Varade en Loire Atlantique. Une image qui a beaucoup fait parler he ce weekend dans les JT nationaux jusque chez nos amis belges, le fleuve royal séché.
Sauf que ce serait peut-être d'après certains spécialistes de la zone et bien un phénomène banal. Ce bras secondaire, s'assèche régulièrement en été tandis que le chenal principal, lui reste en eau. Mais l'image n'est peut-être pas si trompeuse qu'elle en a l'air en juillet, hein.
Le débit du fleuve est tombé autour de 135 m³ par seconde à Montan sur Loire contre 262 en juin. En réalité, ce qui est exceptionnel cette année, c'est la précocité et l'intensité de l'étiage. Agnè ducharne dans cette image, est-ce qu'il faut voir un simple spectacle estival de la Loire ou au contraire le signal d'un fleuve désormais soumis à des sécheresses hors norme ?
Pour moi, c'est dans ce que vous venez de dire, c'est vraiment la précocité qui est notable. Donc c'est un paysage qui sans doute est classique plus tard dans la saison à cet endroit. Et vraiment là, on est très en avance en particulier par rapport à 2022 en ce qui concerne les évolutions des débits dans beaucoup de régions en France, les assec des cours d'eau et et aussi les arrêtés de restriction en eau.
On est en en avance de 15 jours à 1 mois par rapport à 2022 qui était la plus grosse sécheresse depuis 1976. Oui, justement Jerme juste sur le sujet d'aujourd'hui, on parle en effet de jamais vu depuis 2012, vous parliez de 76. C'est vrai que là, est-ce qu'on vit quelque chose, un été là historique concernant la ces choses ?
Euh alors oui, mais malheureusement, j'ai tendance à vous dire que des étés historiques, enfin des records, on va continuer d'en battre parce que une des principales raisons de la situation qu'on qu'on vit en ce moment, c'est le réchauffement climatique et tout le monde est au courant qu'il n'est pas en train de s'arrêter. Bien au contraire, au contraire, il s'accélère. Oui, je voulais vous parler aussi des nappes fréatiques.
Le 1er juillet 2026, 93 % des niveaux sont en baisse et 54 % des points d'observation sont sous les normales mensuels. Agnè Panier Runacher, comment c'est possible alors que on se disait que finalement depuis 2022, elles elles sont aujourd'hui dans niveau plus satisfaisant qu'en 2022. On parlait justement de 2022.
Comment c'est possible de parler de de cette situation aujourd'hui ? Mais en fait cette situation et euh madame vient de l'exprimer très clairement, c'est la dérivée du détraquage climatique parce que je pense qu'il faut vraiment euh c'est détraquage. Oui. le le dérèglement climatique est peut-être plus précis comme image que le réchauffement climatique.
Parce que moi dans dans le la circonscription où j'habite, le Pas de Calé, le réchauffement climatique, ça paraît sympathique pour un département du nord, mais c'est pas du tout sympathique. C'est-à-dire que vous avez des aléas, des événements qui sont de plus de plus en plus détraqués. Vous avez trop d'eau l'hiver, vous n'avez pas du tout assez d'eau l'été.
Et face à ça, effectivement, ce sont des politiques de moyen long terme qu'il faut déployer, c'est-à-dire pas des choses qui s'improvisent en On a, je le rappelle, porté le varen de l'eau en en 2022 qui prévoyait justement pour les agriculteurs un plan en trois temps qui veillait notamment à faire évoluer les pratiques agricoles, aller rechercher les variétés qui étaient les plus résistantes à la sécheresse, à s'interroger à ce qu'on pouvait continuer à produire sur certains territoires. Je pense à l'oxyanie qui est particulièrement en détresse hydrique et où c'est difficile de dire qu'il y a plus d'eau l'hiver et moins d'eau l'été parce que là il y a carrément plus beaucoup d'eau du tout et donc on voit bien que cette transformation elle doit être accompagnée au côté des agricoles. En effet 99 départements hein de toute façon aujourd'hui donc c'est assez important et en effet c'est Borch qui peut frapper et c'est vrai d'une réaction mais tout à fait normale.
On a passé un hiver excessivement plus vieux. Il a plus, il a plus et on s'est dit bah ça recharge une fréatique. Comment on peut basculer d'un coup comme ça dans le rouge ?
Effectivement ce qui est significatif cette année 2026 par rapport à 2022, par rapport à 1976, c'est qu'on a eu beaucoup de pluie en hiver. 40 jours de pluie d'affilé. On avait des inondations sur tout l'ouest de la France.
Ça a rechargé les nappes. C'est pour ça qu'elles prennent du temps à se vider, qu'elles sont plutôt bien chargées malgré les trois canicules qu'on vient de vivre. Mais derrière, on a ces trois périodes de canicules.
On a eu pas beaucoup de pluie aussi. en avril donc la végétation était déjà sèche avant les canicules et donc on connaît des périodes de sécheresse et puis quand il fait sec, on a chaud, les plantes ont soif donc il faut plus arroser. Nous-même on utilise beaucoup plus d'eau, on a + 50 % plus 100 % d'utilisation d'eau sur certains réseaux d'eau potable et donc ça crée une demande supplémentaire.
Mais justement vous parliez des particuliers et moi je voulais vous emmener à avance dans les Alpes maritimes où l'eau est désormais sous surveillance. Depuis samedi, un arrêté préfectoral limite certains usages comme l'arrosage, le remplissage des piscines, le lavage des voitures. Une contrainte vécu comme une évidence pour certains de ses habitants.
Si tout le monde se met à arroser toute la journée les les jardins, bah je pense que c'est c'est ça permet pas d'économiser l'eau. Surtout que là, en plus, il fait très chaud. Donc en période de sécheresse, je pense qu'il faut l'économiser.
Donc je trouve que c'est une c'est une bonne chose. L'eau, on en a besoin quoi. C'est vital.
Donc c'est à ne pas gaspiller évidemment. Ouais. Même s'il y avait pas cet arrêté, je pense que chaque individu, il faut absolument qu'il fasse attention.
Simon Porchet, ces restrictions, elles sont vraiment utiles, efficaces ou elles sont totalement symboliques ? Non, c'est utile parce que ça permet d'utiliser moins d'eau potable surtout hein, parce que là, on veut sécuriser l'accès à l'eau potable pendant tout l'été. Et donc, on dit aux gens, "N'arrosez pas avec de l'eau potable, neyez pas vos voitures avec de l'eau potable, vous êtes en perte de restriction." Et puis on dit aussi aux agriculteurs, attention, n'utilisez pas d'eau pour irriguer, surtout parce queon a besoin de sécuriser l'eau, la ressource he pour l'accès à l'eau potable derrière.
Donc c'est utile évidemment. Le problème, c'est qu'on peut pas gouverner la France et gouverner l'eau d'une manière générale à coup d'arrêter restriction. Euh il faut avoir une vision un peu plus de long terme pour mieux partager l'eau et éviter au maximum ses restrictions.
Donc il faut vraiment se poser la question de la hiérarchisation des usages, la manière dont on peut stocker un maximum d'eau quand il pleut aussi he pour pouvoir la réutiliser en été et puis d'équiper nos logements pour réutiliser les eaux grises, les eaux de la douche dans les toilettes par exemple et utiliser l'eau de pluie pour arroser son jardin. Alors espagnché, la ministre actuelle justement de la tradition écologique affiche donc aujourd'hui une priorité pour dire il faut garantir l'accès à l'eau potable. C'est qu'on en est là aujourd'hui en France de se dire que il peut y avoir un risque pour une partie du territoire demain ou là vraiment cette semaine par exemple de ne plus avoir d'eau potable.
En tout cas, il y a un risque que quand vous ouvriez votre robinet, il n'y ait plus d'eau qui coule parce que la ressource est en grande souffrance et qu'il faudra acheminer de l'eau par un autre moyen. Certains villages aujourd'hui sont dans cette situation sur le territoire français. Ce n'est pas propre à la France en France.
Oui. Oui, c'est ce qui est pas rien. C'est pas propre à la France he la question du dérèglement climatique, elle concerne aujourd'hui tous les pays du monde et ces questions d'accès à l'eau potable sont de plus en plus pregnants.
Ce qui est nouveau, c'est que ça touche un territoire qui est habitué à avoir un climat tempéré et que ça touche des parties de territoire. Là, vous mettiez en évidence les Alpes Maritimes. Moi, je suis d'origine méditerranéenne, les Alpes Maritimes, on a toujours quand même vécu avec les incendies, la chaleur, la question.
Ça regardez, on voit la région de Limoge, on voit la creuse, on l'indre est en très grande difficulté et ça c'est totalement totalement inédit. Et c'est là où effectivement on va devoir créer des changements d'habitude et on doit embarquer tout le monde. Donc oui, il va falloir partager l'eau.
Oui, il faut un plan à long terme. Et effectivement c'est pas par arrêter, c'est pas par décret. Et si j'étais taquine, ce n'est pas avec une loi que l'on résout ce type de problème.
C'est effectivement en portant des projets dans la concertation et en faisant en sorte que tout le monde prenne sa part de l'effort. Mais Agnè du Charne, qu'on comprenne bien cette carte, la situation est la même partout. toutes les zones sont touchées par la sécheresse ou quand même il y a des différences dans les régions.
Ben, il y a des différences, c'est la la gradation des couleurs, c'est-à-dire euh la sévérité des arrêtés d'interdiction est liée euh même si c'est pas euh des règles mathématiques parce que c'est des décisions humaines par les préfets qui amènent à ces cartes, mais la l'intensité de de des restrictions sont liées à la à la diminution au niveau faible des ressources qui est différent et ben dans le limousin ou dans le pas de calais. Mais par contre par si on prend l'exemple du limousin, c'est pas du tout nouveau. Enfin 2022, on avait des situation analogue.
C pareil en effet salut forché pour qu'on sache exactement de quoi on parle. Qui consomme aujourd'hui le plus d'eau en France ? Et question dans la question, qui en pompe le plus ?
Est-ce que c'est pas la même chose ? Expliquez-nous. Alors effectivement, il faut différencier prélèvement et consommation.
Prélèvement, ça veut dire qu'on prélève de l'eau, mais qu'on la restitue ensuite au milieu. Et quand on regarde les prélèvements, ce sont les centrales électriques qui prélèvent le plus d'eau. Quasiment la moitié de l'eau prélevée en France, c'est pour refroidir les centrales électriques.
Si on regarde les usages économiques, d'ailleurs, 80 % de l'eau prélevée en France, c'est pour produire des biens agricoles ou industriels ou pour refroidir les centrales. Et l'eau du robinet, c'est seulement 20 % des prélèvements. Après, quand on regarde les consommations, les consommations, c'est l'eau qui est prélevée mais qui n'est pas restituée au milieu parce que c'est incorporé dans un produit.
Et là, c'est l'agriculture qui prélève qui consomme, pardon, 61 % euh de l'eau qui est qui est prélevée. Parce que l'agriculture a quelque chose de particulier. Toute l'eau qui est utilisée est absorbée par les plantes.
Donc, elle est absorbée par les plantes. Alors, les plantes peuvent transpirer derrière mais en tout cas l'eau n'est pas restituée directement au milieu. Oui, c'est ça.
Mais ça veut dire aussi une est-ce que c'est il faut changer finalement ce modèle agricole parce qu' apparemment il est trop gourmand en eau. Faut le changer. Alors, il faut le faire évoluer.
Mais je vais vous donner un exemple. Autant en Occitanie, il va falloir se poser la question de la poursuite de certaines cultures puisque la ressource est en train de diminuer. Autant dans le département dont je suis euh dans lequel je suis député, la question de l'irrigation va se poser puisque nous n'avions pas besoin euh d'irrigation et et que là euh vous ne pouvez pas faire de la culture, vous ne pouvez pas faire grandir des plantes sans eau.
Donc c'est un sujet qui est beaucoup plus complexe. On n'est pas du tout entre blanc et noir, on est vraiment dans des nuances de gris et ça doit être porté au niveau territorial. Ensuite, il y a des méthodes.
On sait que certaines variétés sont plus résilientes, moins consommatrices d'eau. On a toujours cette question du maïs qui est très consommateur d'eau. Il y a la manière aussi dont on pratique l'irrigation.
Quand on fait du goutte à goutte, c'est pas tout à fait la même consommation que quand on fait ce qu'il y a sur l'image derrière vous. Oui. An, je vois ne pas être d'accord avec ce que panché.
Un point qui me semble manqué dans le paysage, c'est le fait que quand l'irrigation euh consomme 61 % des ressources en eau de la France, ça se produit dans 3,5 % du territoire. Et dans ces territoires-là, en fait, la pression sur la ressource est énorme. Et si on fait euh les calculs correctement, on réalise que les prélèvement en eau qui sont faits pour l'irrigation dans les territoires irrigués, ça représente des volumes qui sont supérieurs à la recherche des nappes, mais supérieur de beaucoup en fait, ce qui explique en fait partiellement les sécheresses de ces territoires.
C'est-à-dire que l'irrigation intensive en tout cas celle qui notamment vise à irriguer le maïs contribue notablement aux sécheresses. Et là c'est l'histoire du cercle vicieux et des irrigants qui ben quient la branche sur laquelle ils sont as qu'est-ce qu'on fait ? On arrête le maïs en France.
Moi je pense qu'il faut réellement y songer. Oui ou c'est mon porch ? C'est possible ça ?
Oui. B sorgot mais en fait un peu pas alors le sorgot c'est une autre plante hein. Voilà.
Oui, bien sûr. Ouais. On on peut passer sur d'autres plantes.
On peut passer sur des cultures qui résistent mieux aux sécheresses. Euh et puis effectivement, on peut aussi améliorer la technologie. Alors, le goutte à goutte, on peut le faire surtout pour euh pour les arbres, pour les pommiers par exemple.
C'est-à-dire juste le goutte à goutte, qu'est-ce que c'est exactement ? C'est une une forme d'irrigation. On envoie la goutte le plus proche de la plante de manière à ne pas gaspiller d'eau.
On va pas asperger de de l'eau partout pour faire comme s'il pleuvait. Euh donc ça ça fonctionne très bien. On le fait beaucoup en France he en réalité hein sur pour pour les arboriculteurs par exemple.
Ça permet d'économiser l'eau, ça permet de diminuer de 10 à 40 % l'utilisation d'eau dans dans des exploitations agricoles. Ça s'accompagne souvent de stations météo aussi hein qui permettent de faire des meilleures prévisions météo et puis aussi de sondes qui calculent l'humidité dans le sol de manière à ce qu'on rende la goutte d'eau plus efficace. Mais attention à toutes ces t tous ces mécanismes, toutes ces solutions techniques parce que souvent ça entraîne un effet rebond.
Si je vous sécurise, si je vous permets d'économiser de l'eau, en fait vous allez dire "Bon bah en fait je vais produire plus, je vais utiliser la même autant d'eau qu'avant. Je vais ouvrir le robinet et je vais produire plus d'eau avec plus de goutte à goutte tout simplement. Donc faut éviter ça.
Il faut avoir évidemment un usage sobre. Alors l'autre l'autre, je voulais juste qu'on avance un tout petit peu avec l'autre poids lourd qui est donc le le nucléaire. On a commencé à à l'évoquer aussi avec les avec les centrales.
Anagurinaché, est-ce que la la planification énergétique française a sous-estimé la dépendance du nucléaire ? Non, pas du tout. Alors l'avantage avec le nucléaire, c'est que c'est une énergie qui est tellement sécurisée entre guillemets que c'est une des premières société EDF qui dispose d'un plan d'adaptation au changement climatique que la question de la consommation de l'eau, elle est tout à fait adressée pour la planification de nouveaux réacteurs nucléaires et qu'aujourd'hui aujourd'hui soit à l'arrêt et 8 au ralenti.
Voilàit ça a été prévu ça mais ça ça ne pose pas de problème. C'està-dire, vous n'avez pas de tension aujourd'hui sur la production énergétique. Vous n' avez zéro tension et c'est normal et c'est pour ça aussi que l'on dit qu'il faut développer les énergies renouvelables et c'est pour ça que le photovoltaïque ça tombe assez bien parce que ça produit très bien l'été donc et que le couplet avec des stockages permet de soulager les réacteurs nucléaires.
Donc sur la question de l'énergie, je dirais qu'on a plutôt un peu d'avance. On doit améliorer euh les prélèvements d'une part et euh les la consommation d'eau. Et vous savez que les quatre premiers euh réacteurs à venir vont être construits en bord de mer.
Donc euh il présentera pas de de difficultés. En revanche, il y a deux réacteurs à buger sur lequels les études de l'eau sont très complètes et se poursuivent précisément pour sécuriser cette ressource. Et puis n'oublions pas que notre système énergétique contribue à gérer l'eau.
C'est notamment toute la chaîne de barrage qui existe et qui ont aujourd'hui un usage de plus en plus important en terme de en temps d'inondation et en temps de sécheresse. Mais est-ce que ça veut dire quand on en parle, on voit l'agriculture, on voit aussi donc l'énergétique. Est-ce qu'on a basé finalement trop notre modèle sur l'eau ?
Euh on en est très dépendant en tout cas. Moi, je rejoins assez largement madame Panier Runaché sur le diagnostic présent, mais je pense qu'il manque encore une fois un élément dans le paysage, c'est que le climat d'aujourd'hui n'est pas le climat de demain. Et le climat de demain, ça va être plus chaud et plus sec en été dans notre territoire.
Donc en fait les arrêts centrales trois à l'arrêt 8 au ralentis aujourd'hui mi-juillet déjà il y en aura davantage dans un mois et puis dans 10 ans au mois de juillet et au mois d'août il y en aura encore davantages qui seront à l'arrêt très certainement. Donc la la plusvalue on va dire de de l'électricité nucléaire qui est soi-disant d'être non intermittente à mon avis c'est quelque chose auquel il faut renoncer. Ouais.
Alors, je je pense pas peut-être très rapidement. N'oublions pas que les mainten se font essentiellement l'été dans les centrales nucléaires. Donc, vous avez une saisonnalité d'utilisation des centrales nucléaires et c'est précisément la force d'un mix énergétique qui ne repose pas que sur le nucléaire qui est la force aussi de notre pays.
Alors, on vient de parler justement de l'agriculture, on vient de parler du nucléaire, mais figurez-vous qu'il y a un nouveau grand consommateur d'eau qui est actuellement présent et qui fait son entrée d'une manière assez fracassante. Ce sont les data centers, soit les centres de données en fait. Et oui hein, souvenez-vous ces grands hangar remplis de serveurs qui forment en quelque sorte la colonne vertébrale de notre internet, de l'intelligence artificielle, du cloud.
Alors, quel rapport avec l'eau ? B, d'abord, pour fonctionner, ces serveurs ont besoin d'électricité. Or, pour la produire, on l'a vu, les centrales nucléaires ont besoin d'eau.
Ensuite, pour éviter que les puces de ces serveurs ne chauffent trop parce qu'on les sollicite en utilisant internet, bien, il faut les refroidir. Pour les refroidir, là encore le plus souvent, et bien ça passe par des circuits d'eau froide. Des chercheurs ont calculé en 2025 qu'envoyer 10 à 15 questions à Chat GPT consommer environ 1,5 d'eau, soit les grandes bouteilles d'eau qu'on trouve en supermarché.
Les chiffres en plus doivent être mis à jour puisqu'ils ils ont été mesurés sur une ancienne version de l'application aujourd'hui peut utiliser. En France, l'autorité de régulation des communications électroniques estime que ces centres de données ont consommé en 2023 681000 m³ d'eau, soit environ 272 piscines olympiques d'eau. J'ajoute potable sans méthode unifiée de calcul.
Il faut se reposer donc sur les données he livrées par les géants de la tech eux-mêmes. Exemple Google. 3e sur le marché du cloud en pointe sur le terrain de l'IA avec Jemini et bien Google dit avoir consommé 30 milliards de litres d'eau en 2024 environ 12000 piscines olympiques rien que pour le refroidissement de ces serveurs. problème supplémentaire, la quasi-ttalité de l'eau qui est utilisée justement pour refroidir et bien n'est pas recyclée puisqu'elle s'évapore et à cela il faut en plus et enfin ajouter le fait que les data center se multiplient pour répondre à des besoins d'une IAG de plus en plus performante et qu'une grande partie de ces infrastructures sont en plus construites dans des zones déjà en stress hydrique.
Simon Porscher, quand on met tout ça bout à bout, sachant qu'on manque déjà d'eau, on est en train d'en parler, ça veut dire quoi ? Qu'on va droit dans le mur ? Euh ça veut dire qu'il faut avoir vraiment faire de la planification là parce que les data centers ça utilise énormément d'eau.
On parlait de Google 30 milliards de litres c'est la consommation d'eau de d'une ville d'un million d'habitants de d'eau potable. Donc c'est énorme. Euh c'est avant en plus le développement de de l'intelligence artificielle générative.
Donc on a besoin de data center parce qu'il y a une question évidemment de souveraineté mais un data center ça utilise beaucoup d'eau pour refroidir mais en plus ça utilise beaucoup d'eau parce que il faut le connecter à l'électricité et donc ça utilise beaucoup d'électricité et il faut de l'eau aussi pour refroidir les centrales électriques. Donc beaucoup d'ailleurs de projets de data center demandent à être rattachés directement à des centrales nucléaires pour utiliser énormément d'électricité. Donc il y a une question qui se pose.
Amsterdam a fait un moratoire sur la construction de data center justement pour sécuriser l'eau potable. Au Texas, on a fait passer une loi en 2021 qui permet de couper l'électricité des data center en cas de manque de ressources en eau. Donc il y a vraiment une question politique qui se pose et de positionnement des data center pour ne surtout pas les mettre dans des zones en stress hydrique.
Alors justement Jar cette semaine Assemblée nationale on parle de cette planification d'eau avec cette loi d'urgence agricole pour répondre on se souvient aux manifestations des agriculteurs des agriculteurs pardon il y a plus d'un an. Est-ce que cette loi va véritablement changer aujourd'hui ? Et bien notre manière de gérer l'eau, de s'attaquer à ce problème aujourd'hui qui est quand même vital pour nous ?
Bah, il me semble que c'est pas du tout l'objet de cette loi. L'objet de la loi d'urgence agricole, c'est de faciliter l'accès à l'eau pour les gros irrigants. Point.
C'est tout. Et puis par ailleurs de de aussi de faciliter la dégradation des captages pour l'eau potable puisque seuls les plus pollués feraient maintenant l'objet d'une protection. Euh et c'est ça, c'est vraiment l'eau que vous, moi nous buvons tous enfin tous les Français.
Ouais. Agier Raché, vous êtes d'accord avec ça ? Est-ce que stocker l'eau, c'est aggraver la situation ?
Alors, vous avez plusieurs versions de ce projet de loi et c'est là où ça devient un tout petit peu complexe. Vous avez une version qui a été votée à l'Assemblée nationale qui était, on va dire, raisonnable et vous avez une version qui a été votée au Sénat qui est déraisonnable dans euh sa sa rédaction actuelle. Pourquoi elle est déraisonnable ? parce qu'en gros, elle organise le fait que les irrigants sont prioritaires dans les usages de l'eau par rapport aux autres.
Et d'ailleurs même le MEDEF qui n'est pas connu pour son militantisme environnemental échangé a parlé d'accaparement. Absolument. Euh donc effectivement là, il y a tout un travail qui est mené au sein de ce qu'on appelle la commission mixte paritaire.
Elle se réunit demain mais les négociations sont en cours en ce moment. et euh de l'enfer au paradis. Il y a quelques amendements.
Si on utilise ou si on prélève trop l'eau au moment où il y en a pour arriver finalement au débarrage de l'été où on aura plus d'eau, effectivement on partagera la misère. C'est ça qu'organise en quelque sorte cette loi. Et bien écoutez, on va suivre ça et ces débats avec intérêt notamment.
J'imagine qu'on reviendra dessus vu la situation de cet été. En tout cas, merci à vous trois d'être venus débattre ce soir.
Agnès Pannier-Runacher