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interviewJean-Luc Mélenchon (sur YouTube)· 15 avril 2025 14 minAutoproduit

Canada, Québec, Trump, Guerre commerciale - Jean-Luc Mélenchon invité sur Le Canal Nouvelles

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Jean-Luc Mélenchon a fait la France insoumise à un mouvement politique qui a redessiné le paysage français, marginalisé aussi la gauche traditionnelle. Il a raté le second tour des présidentiels par un cheveu à peine et son parti est arrivé son parti 3e lors de des législatives de l'été dernier mais au sein d'une coalition de gauche beaucoup plus large. Il est entourné en Amérique du Nord pour promouvoir son essai fait mieux qui sera publié en anglais.

Mais sans surprise, un arrêt au Québec s'imposait. Jean-Luc Mélenchon, chef de la France insoumise, merci d'être avec nous ce soir. Merci de me recevoir.

Ça m'a fait très plaisir. Dans votre dans votre essai, vous dites que Fait mieux est un appel à l'insoumission permanente. Êt-vous un révolutionnaire des temps modernes ?

Au révolutionnaire, je vais pas m'en défendre. Je n'adhère pas aux valeurs de cette société. la cupidité, l'argent, le productivisme, la destruction de tout pour en transformer en marchandise.

Je ne je ne partage pas ce système là. Bon après, l'insoumission, il faut la comprendre sur un plan politique, c'est l'insoumission au capitalisme, l'insoumission au négationnisme écologique. Quand on voit le président Trump, une expression aussi sophistiquée que négationnisme écologique, on comprend mieux.

Voilà, cet homme-là il arrive, la première chose qu'il fait, c'est annuler euh l'adhésion des États-Unis d'Amérique à la COP 21. On est ailleurs, on est dans drill baby drill, il veut sortir encore plus de pétrole. Oui.

Oui, c'est tellement conernant de voir qu'à notre époque, des gens peuvent être ce point aveugle devant la réalité car la crise de l'éco de l'écosystème rebrasse toute la politique. Et vous avez bien, vous avez eu l'amabilité de dire que j'ai redessiné. Oui, parce que nous avons mis ça au premier plan he là en ce moment.

En ce moment, nous nous parlons, nous essayons tous les deux d'intéresser les gens qui nous écoutent, mais il faut dire aux gens, on est en train de perdre de temps avec cette guerre commerciale qui n'a pas de sens, avec cette guerre en Ukraine où on perceale prend tellement de place que moi je le vois ici au Canada, les enjeux écologiques, le climat, on en parle plus parce qu'on a peur à notre stabilité financière. On a peur si vous voulez comme tous les êtres humains aiment bien que ça change mais pas trop. Alors euh quand tout d'un coup on leur annonce que tout est rebrassé, ils ont une tendance à la sidération.

Je vais vous dire en Europe où ce sont tous des petits toutous euh des Nord-Américains, ils ne savent plus à quel sens vouer. Comment l'oncle Sam n'est plus là pour dire ce qu'il faut faire. Mais vous feriez quoi vous face à Donald Trump ?

Pas face à monsieur Trump. Je ne tomberai pas. Oui.

Bah je ne tomberai pas dans le piège qui nous t Je m'amuserai pas moi à faire des mesures des réprésailles de douanière qui pèeraient sur le peuple français. Je ferai autrement, j'essaierai puisqu'il ne veut pas que nos marchandises rentrent chez lui. Je dirai où est-ce que nous allons alors les envoyer ?

Et je dirais ce qui arrive de chez eux. Et bien nous ne nous ne ferons pas de guerre commerciale parce que c'est le peuple qui paye. L'inflation n'est jamais compensée par les capitalistes.

Jamais. Donc ce sont toujours les mêmes qui souffrent et pâtissent. Mais si vous voulez, c'est très grave ce qui se passe parce que cet homme n'est pas en fou.

Je veux vraiment que vous m'entendiez tous les gens. N'écoutez pas ceux qui vous disent qu'il est fou, qu'il est malsin d'esprit. Non, il a une vision du monde.

Il veut rétablir la domination des États-Unis d'Amérique sur le monde. Elle est en crise et il veut affronter la Chine. Il prépare activement une guerre contre la Chine.

Vous pensez ? Mais je suis certain, il y a des incidents de tous les jours. Ils ont eux-mêmes désigné la Chine comme ils appellent ça avec des grands mots un adversaire systémique.

Le capitalisme de notre époque est en crise et pour se sortir de la crise, il a besoin de l'économie de guerre. Il a besoin de fabriquer et de vendre des armes. Voilà pourquoi déjà nous en Europe, nous sommes tombés dans le piège.

C'est pour ça j'ai dit c'est des petits toutous. Monsieur Trump a tapé sur la table a dit maintenant tout le monde doit consacrer 5 % de sa richesse à acheter des armes. Les siennes évidemment et bien qu'on fait les Européens, ils ont décidé qu'on donnerait 5 % pour l'armement en Europe.

Vous voyez c'est terrible d'avoir des dirigeants politiques qui, comme on dit en français un peu vulgair n'ont rien dans le ventre. Ouais. Vous êtes au Québec.

Oui. Vous vouliez passer au Québec avant d'aller aux États-Unis ? Euh, j'ai été surpris, je faisais ma recherche.

Le 10 février, vous avez souligné le traité de Paris. Une date que personne au Québec a souligné. Je peux vous le promettre.

Rappelez, c'est le je en vous désolant que c'est la date où euh et le traité où la France cédé le Québec aux anglais. C'est quoi pour vous le Québec ? Bon, alors attendez déjà, je vais vous dire une chose qui va vous faire sourire.

Ça commence d'ailleurs. Nous aimons le Québec. Nous ne savons pas pourquoi.

Les Français ont peut-être une espèce de sentiment de comment dire de nostalgie. un petit relonial. Non, je je crois pas parce que les Français sont braves, ils sont pas coloniaux, c'est leurs dirigeants qui le sont.

Non, on vous aime, on sait pas pourquoi. Bon, c'est comme ça, ça serait bien. Ben oui.

Bon ben, c'est comme ça. Puis après là, c'est un peu plus grave. C'est à la fois cette affection qui existe.

C'est la francophonie. Nous avons, on pourrait appeler ça la québécophonie, hein. Pourquoi on appellerait ça la francophonie ? la il y a cette langue que nous avons en commun qui nous permet tout d'un coup d'échanger comme si on se connaissait depuis toujours.

Et puis il y a ce moment particulier où votre voisin que vous auriez tort de ne pas croire menace de vous envahir. Alors moi je devais venir ici parce que je vais aux États-Unis. Je me suis dit, je vais reprendre mon souffle un petit coup avant en passant à Montréal puisque j'y suis pas venu depuis 10 ans.

Bon très bien. Et on là on dit non, on peut pas se contenter de ça. Il faut qu'on aille dire aux Québécois et aux Canadiens nous sommes avec vous parce que personne ne vous le dit.

Vous avez votre Commonwealth là et ben votre le premier ministre britannique quand il va voir le président Trump, il parle pas de vous. Et alors le journaliste lui dit "Vous avez parlé du Canada, c'est lui qui se fâche." Il dit "Qu'est-ce que c'est que cette histoire ? chercher à nous diviser.

Non, non, on l'a encore à travers de Mais bon, le français il y va, il en parle pas. La présidente de la Commission européenne, mais enfin mais qu'est-ce que c'est que cette histoire ? Qui est notre ami là-dedans ?

C'est quand même bien le Québec, le Canada. Donc moi, je suis venu, on a constitué une délégation, je viens avec un député Aurélien Taché qui est un député unfi français. Vous avez, il y aura deux députés européens qui tous les deux ont à voir avec euh euh le Canada, madame Marina Mesure et euh monsieur Arrache Saïdic.

Les deux sont liés aux organismes communs. Nous venons vous dire à vous les Québécois d'abord parce que vous êtes nos cousins, nous sommes venus dire que nous nous sentons solidaires et que s'il vous arrive quoi que ce soit, nous on essaiera fu avec des pierres et des bâtons de venir vous aider. Je ne sais pas comment, mais je ne sais pas vous dire mieux ce que nous ressentons à votre égard.

On est dans un monde où on voit, j'ai été surpris dans une des entrevues, vous disz qu'en 2016, c'était comme l'espoir d'une, tu sais, que que la gauche prenne sa place, que ça marche. Là, on est en 2025, la gauche est comme déroutée face Vous êtes gentil en disant ça. Ben, j'essaie d'être poli.

Ma mère m'a élevé ainsi. Euh, est-ce que Est-ce que la gauche a un examen de conscience à faire ? un examen de conscience pourquoi pas mais surtout il faut que ça semble pas trop enclin en faire un non parce que bah nous quand même je m'excuse mais nous nous avons proposé quelque chose et comme vous avez eu l'amabilité de le dire nous avons été entendus des Français parce que ce que ne savent peut-être pas les Québécois c'est que tandis que je faisais comme vous disiez un cheveux pour le 2e tour à 22 % le grand Parti socialiste faisait 1,67 c'est-à-dire que les sociaux démocrates ont connu la même aventure que le communisme d'État.

Tout ça s'est effondré et ils n'ont pas fait le moindre effort de réflexion sur pourquoi ça s'est effondré. Donc la gauche doit être plus radicale pour être entendu. C'est je ne sais pas le mot radical, moi je l'aime bien parce que après tout pourquoi pas.

Mais vous êtes révolutionnaire. Oui mais radical ça veut dire qui va à la racine des problèmes. Je suis d'accord, ça me déplaît pas trop.

Bon mais l'essentiel c'est qu'il faut qu'elle fasse une proposition claire, nette et précise. Il y a pas de démocratie possible si tout le monde dit pareil. Or, les sociau-démocrates et les gens de droite, il y a deux il y a deux grandes options dans la vie, soit chacun pour soi, soit tous ensemble doivent faire l'honneur au peuple de se présenter avec des idées et c'est au peuple de trancher.

Or, les socio-démocrates, regardez ce qui est arrivé aux États-Unis. Jamais monsieur Trump ne gagne une élection s'il y avait pas eu madame Camala Haris qui était une espèce de duplicata de de du trumpisme parce que c'est eux qui ont commencé les démocrates avec les droits de douigne avec les subventions à leurs industries. Bref, tout ça pour vous dire la gauche doit et c'est ce que j'essaie de faire d'abord partir de la crise écologique pour répondre à ça.

Nous sommes devant le danger d'effondrement de la civilisation humaine. Deuxièmement, le système capitaliste pour 8 milliards d'individus conduit à un productivisme suicidaire. Comprenez-le les gens, nous perdons notre temps en ce moment.

On devrait être en train de réparer la maison, de prendre nos précautions. Mais vous êtes inondés tous les ans, vous allez pas me dire le contraire. Non, quand même, ça urge aussi chez vous, non ?

Oui, c'est vrai. Mais il y a une il y a une Est-ce que la gauche a pas est pas responsable de certaines euh dans le monde conventionnel, on l'appelle des dérives euh des excès dans sa défense ? Par exemple, ici au Canada, on appelle ça le multiculturalisme, l'espèce de l'espèce de parti prix, je pense en tout cas ici en Amérique du Nord très proalestinien qui a été vu par plusieurs comme une forme amenant à nourrir un antisémitisme.

Ça non mais ça c'est réel. Je veux dire, je sais que vous aimez pas qu'on vous pose cette questionlà, mais il y a une énorme communauté séparade ici qui est interpellée par ça et qui m'en voudrait si je ne vous la posais pas cette question. Je le comprends.

D'autant que si vous voulez, c'est une campagne mondiale du Lioude contre tous ceux qui se qui se prononcent contre la politique de monsieur Netaniaou qui a un gouvernement d'extrême droite. Ça nous savons tous et nous avons le droit d'en discuter. Sauf que en discuter vous vaut immédiatement d'être traité d'antisémite.

Alors sont antisémites le pape, le secrétaire général de l'ONU, moi-même le président de la République française. Ce qu'il faut bien comprendre. Le pape a pas mis une affiche qui ressemblait à l'image antisémite nazie d'un juif là pour appeler à une manifestation là.

D'accord. Nous non plus. Alors ça tombe bien.

Mais c'est une mané organisée par votre parti. Non c'est ce dont vous me parlez c'est d'un comment on appelle ça ? D'un visuel.

Mais écoutez madame, tournons pas autour du poids à moins que vous vouliez jouer le journaliste français. Je veux pas faire la pose. Je la pose.

Mais moi je veux répondre justement vous dites il y a une grande communauté. Moi, je veux dire à la communauté chefade, je ne confonds pas les juifs de tous les pays avec le gouvernement d'Israël et nous avons le droit de critiquer monsieur Netaniaou surtout quand il commet ce que nous appelons un génocide, un massacre de masse. Et je suis persuadé que la masse des personnes que je connais, membres de la communauté cfharade, n'aime pas qu'on massacre et ne se sentent pas représentés.

Il faut qu'ils acceptent l'idée que la critique que nous faisons peut-être des fois qu'on porte des maladresses d'expression où on n'est pas assez attentif. OK, je veux bien l'entendre. Mais tout le monde doit aussi entendre qu'on a le droit de critiquer cette politique abominable qui ne correspond pas à ce que nous avions l'habitude d'accepter les uns et les autres.

Et encore aujourd'hui, de nombreuses organisations euh juives euh se se déclarent elles, hein, c'est pas moi qui invente l'adjectif, ne sont pas d'accord et le disent et prennent notre défense. Si bien que je crois que tous nous devons prendre un peu de hauteur et ne pas nous laisser coller dans la passion du moment à étiqueter tout le monde comme ça pour vous savez, il y a bien assez d'antisémites, c'est pas la peine d'en inventer d'autres. Dernière question, vous allez avoir une rencontre mercredi avec la coporte-parole de Québec solidaire.

Oui, vous êtes pas sans savoir que Québec solidaire a pas le vent dans les voiles en ce moment hein. La gauche est un peu et un de ces son copte-parole qui a démissionné disait que quand la gauche oublie de s'occuper du monde puis qu'elle s'occupe trop d'elle-même, c'est là que les gens décrochent. Vous quel conseil vous avez pour les militants de Québec solidaire ?

Ah moi je me permettrai pas donner des conseils. C'est tellement difficile madame, vous savez d'être de Non mais votre lecture de de l'espèce de croisée des chemins très difficiles dans laquelle se trouve ce parti. Mais déjà vous avez une situation, il faut aussi tenir compte des données électorales.

Vous avez un système qui donne tout à celui qui arrive en tête. Donc c'est un peu compliqué. Les gens ont tendance à traiter l'élection un peu d'après la théorie du jeu en se disant qui c'est que je déteste le plus alors je vais voter pour l'autre qui a le plus de chance de gagner.

Ça si vous voulez c'est nuisible à l'esprit civique parce que on ne discute plus du fond des dossiers. C'est une espèce de course de petits chevaux. Ça n'a pas C'est très dur pour eux.

Deuxièmement je n'ai qu'une chose à leur dire. Passionnez-vous, si je dois le dire, je prends l'autorité de mon âge et de mon expérience politique et de mes résultats. Passionnez-vous pour le monde, parlez pour l'humanité, pas seulement euh pour même si c'est le Québec qu'on aime tous, pas seulement pour ça.

Il faut dire à chacun, vous avez une responsabilité en tant qu'être humain à l'égard du monde et c'est pour ça qu'il faut que vous votiez. Si vous oubliez vos idées à la porte du bureau de vote, ne vous étonnez pas de pas les retrouver dans l'urne. Après, si vous allez au bureau de vote en vous disant "Ah ben moi, je suis de gauche, mais finalement je vais voter pour tel autre parce que alors là vous êtes à côté de la plaque." Assumez, c'est la démocratie.

Si vous ne croyez pas au peuple, alors faites autre chose. Mais si vous croyez que c'est le peuple qui est souverain, bah faites plus confiance. Défendez vos idées, mettez votre petit bulletin, vous avez gagné et vous assumez.

Vous avez perdu. Vous acceptez. C'est ça la démocratie.

Contrairement à ce qui s'est dit pendant longtemps, voyez-vous madame, chez nous en France était championnat du monde, on avait une gauche qui était quasi révolutionnaire qui du jour au lendemain ne parlait plus que de consensus. Fallait tous qu'on soit d'accord. Depuis quand la démocratie c'est tout le monde est d'accord ?

Non, ça c'est la dictature. La démocratie c'est comme on n'est pas d'accord, on discute et on vote. C'est ça que vous avez comme chance en ce moment.

Et dites-moi pas que quand vous avez un voisin pareil, vous êtes pas en état de faire des choix politiques fondamentaux. Alors, je comprends plus rien. On l'espère.

On a une campagne électorale en ce moment. Oui, je sais pas moi, je n'y suis pour rien et je ne m'emmêlerai pas juste un petit peu. Je vais quand même faire un meeting avec Québec solidaire parce que c'est mes camarades.

Mais oui, Jean-Luc Mélenchant, merci beaucoup d'avoir été avec nous ce soir. Merci madame de m'avoir invité. Yeah.