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interviewEurope1fr· 7 juillet 2026 15 min

Marine Le Pen annonce maintenir sa candidature à la présidentielle

Source d'origine 3 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Europe 1 soir, 19h21, Pierre de Villeneuve. Avec Jean-Michel Salvatore qui est resté et qui est là jusqu'à 20h30 tout autant que Arnaud Benedetti que je salue. Bonsoir. Bonsoir Arnaud, écoutons tout de suite la déclaration donc de Marine Le Pen. J'avais indiqué, vous le savez, que je ne ferais pas campagne sous bracelet électronique. Mais comme j'ai la possibilité de faire un pourvoi en cassation, ce qui n'était pas obligatoirement le cas des autres hypothèses, et que le pourvoi en cassation suspend les effets de l'arrêt, je ferai donc campagne sans bracelet électronique.

0:33
Auditeur

Vous en êtes certaine ? Oui. Vous êtes certaine que la Cour de cassation vous autorisera à faire cela et qu'un juge d'application des peines ne dira pas que vous devez, malgré tout, porter pendant plusieurs semaines ou plusieurs mois un bracelet ?

0:43
Présentateur

Le pourvoi en cassation suspend les peines qui ont été prononcées par la Cour.

0:48
Auditeur

Et donc, ce soir, vous dites que vous êtes candidate à l'élection présidentielle.

0:52
Présentateur

Donc, ce soir, je suis candidate à l'élection présidentielle. Voilà donc un dénouement qu'on a suivi, bien sûr, toute la journée sur Europe 1, avec Arnaud Bédédetti, quelque chose qui se termine par une candidature de Marine Le Pen.

1:08
Invité

Oui, c'était en fait l'attente de toute l'après-midi depuis, en effet, ce jugement. Finalement, ce sont des raisons politiques, au-delà des questions techniques, qui vraisemblablement la poussent aujourd'hui à annoncer cette candidature, de manière assez sereine d'ailleurs, il faut le signaler. Elle considère vraisemblablement, non seulement que c'est son tour, mais vraisemblablement qu'elle est la meilleure des deux candidates du Rassemblement national, qu'elle bénéficie de l'expérience, que les blessures que la ville lui a infugées sont un atout dans ce combat.

Vous savez, on aime bien en France ceux qui ont souffert, rappelez-vous le nombre de présidents qui ont été élus après des batailles très difficiles, qu'il s'agisse de Jacques Chirac ou de François Mitterrand, donc elle s'inscrit un peu dans cette énie. Après, il se pose quand même la question, sur un plan plus technique, c'est, et ça il va falloir peut-être que les juristes nous le disent, que le pourvoi en cassation va durer un certain temps, la décision de la Cour de cassation devrait, si j'en crois les informations que nous avons, intervenir en début d'année, janvier ou février, quid après janvier et février ? C'est une question qui se pose, pour l'instant, moi je n'ai pas de réponse.

2:24
Présentateur

En tout cas, ce pourvoi en cassation est suspensif. Il est suspensif, oui.

2:28
Invité

C'est vrai que la question qu'on se pose quand même, c'est, qu'est-ce qui se passe si la Cour de cassation maintient la décision de la Cour d'appel ? Et là, en discutant avec les uns et les autres, visiblement, le juge d'application des peines a quatre mois pour convoquer Marine Le Pen, si la Cour de cassation confirmait la décision, aurait donc quatre mois pour la convoquer, éventuellement pour lui mettre un bracelet électronique, mais les quatre mois, bah, les quatre mois dépasseraient la date du premier tour et du deuxième tour de la présidentielle, et donc elle échapperait au bracelet électronique, et elle pourrait éventuellement être venue présidentielle.

C'est ça, il faut rappeler que la date du second tour de l'élection présidentielle, c'est le 2 mai. Oui, du second tour, et 18 avril pour le premier tour.

3:19
Présentateur

Voilà, et donc évidemment, il y a un timing dans tout ça qui est intéressant. Encore une fois, ce bracelet électronique, et on l'a dit tout à l'heure avec Gilles William Goldnadel, qui connaît parfaitement ses questions, évidemment, de par sa profession, il pouvait y avoir, non seulement des aménagements de bracelets électroniques, c'est-à-dire des heures à laquelle il peut mettre, des circonstances exceptionnelles où elle doit se déplacer, et il peut y avoir aussi des aménagements de peine, c'est-à-dire que ce bracelet électronique, qui finalement a été donné pour une durée X, finalement, il peut être, de la même façon que les peines de prison, il peut être réduit tout simplement, en fait.

3:55
Invité

Oui, tout à fait, il y a des remises d'abord de peine, elle aurait vraisemblable bénéficié d'une remise de peine de 3 mois assez rapidement, ensuite il y a des aménagements, et on pouvait penser que si elle avait décidé d'accepter... En fait, ce qu'elle nous dit là, c'est qu'elle n'accepte pas la condamnation, c'est qu'elle se considère innocente, c'est qu'elle ne se satisfait pas du jugement de la Cour d'appel, aujourd'hui, qui lui est d'une certaine manière favorable sur un plan politique, parce qu'elle est éligible, mais qui ne lui est pas favorable au point de vue moral et au point de vue de son honneur. C'est aussi ça, je veux dire, le message qu'elle envoie aux électeurs.

C'est ça, c'est-à-dire que je ne suis pas coupable, je conteste la décision de justice, l'État de droit me permet de me pourvoir en cassation, j'utilise tous les moyens que la justice et que l'État de droit me fournissent, et je vais jusqu'au bout de ma défense. Oui, puisque la Cour d'appel avait tranché,

4:44
Présentateur

et elle avait affirmé avoir voulu prendre en compte la liberté de choix de l'électeur, condition d'expression du suffrage démocratique. Ça, c'était vraiment la Cour d'appel qui disait ça, malgré, encore une fois, une condamnation, avec la juge qui avait commencé, souvenez-vous l'audience, cet après-midi, en disant que les faits étaient très graves, qu'il y avait eu un enrichissement, mais qu'il n'avait pas été un enrichissement personnel. Voilà, chaque mot compte dans la décision de la Cour d'appel.

5:07
Invité

C'est vrai que la question du fait qu'il n'y a pas d'enrichissement personnel est évidemment un point absolument essentiel. Mais là, on sent quand même que Marine Le Pen a dû avoir des assurances de la Cour de cassation, de la justice, je ne sais pas à quel niveau, pour pouvoir dire, je me pourvoie en cassation, j'attends le pourvoi en janvier ou février, et quelle que soit la décision de la Cour de cassation, je pourrais aller au bout de ma campagne présidentielle. Là, il doit y avoir, enfin, on a dû lui donner des assurances, parce que sinon, elle ne prendrait pas ce risque-là.

5:41
Présentateur

Effectivement, les avocats de Marine Le Pen disent que ça suspenderait l'exécution provisoire des décisions de première instance. Voilà, en tout cas, ce n'est pas visiblement, parce qu'il y a beaucoup de choses qui circulent en ce moment, en disant, mais qu'est-ce qui se passe si c'est le jugement de première instance qui est donc plus sévère que le jugement d'appel qui interviendrait, si jamais ? En fait, pas du tout. Le jugement de première instance, il est cassé dans l'appel. Il est cassé dans l'appel. Elle le dit d'ailleurs très bien, il n'existe plus.

Il faut faire très très attention, parce qu'effectivement, il y a quelques bruits qui courent, comme quoi ça serait après le jugement de première instance. Non, il est cassé par la décision d'appel. Alors, écoutons un peu les réactions politiques, et notamment Hugo Bernalicis, qui s'est exprimé, le député socialiste tout à l'heure, à l'Assemblée.

6:27
Auditeur

C'est vrai qu'il y a un côté un peu cocasse, vous êtes sous bracelet, vous avez des horaires à laquelle vous devez être à proximité de la borne, c'est-à-dire chez vous, en réalité, et des horaires où vous avez le droit de vous déplacer comme vous voulez. Et c'est vrai qu'une campagne électorale, vous faites quelques déplacements, vous n'êtes pas toujours chez vous.

6:41
Présentateur

Il faudrait demander des permissions à chaque fois.

6:43
Auditeur

Au juste d'application des peines, bonjour, je voudrais avoir la possibilité pour la faire... Tout ça devient cocasse et ridicule à la fin, mais je pense que la décence, la moralité et la vertu en politique commanderait qu'elle n'y aille pas du fait de sa condamnation. Que sa simple condamnation... Mais là, ça devient un problème aussi pour Jordan Bardella, puisqu'il a maille à partir dans l'affaire.

7:01
Présentateur

Voilà, Hugo Bernalicis, qui n'est pas socialiste, qui est LFI, et qui dit « Alors, ding-dong, bonjour, je voudrais partir là ». Oui, mais alors, n'en déplaise à M. Bernalicis, c'est exactement comme ça que ça se passe pour les aménagements de peines.

7:13
Invité

C'est toujours assez savoureux d'entendre la France insoumise parler de morale et de vertu. Il n'en reste pas moins que la candidature maintenant annoncée de Marine Le Pen va doucher les espoirs de pas mal de partis politiques qui pensait que Jordan Bardella était un candidat qui était moins solide que Marine Le Pen, qu'il avait vraiment des fragilités qu'on a pu voir d'ailleurs ces derniers temps, et que donc, il serait beaucoup plus facile de battre le Rassemblement National avec Jordan Bardella qu'avec Marine Le Pen. Là, je pense que c'est le contraire qui va se passer.

Marine Le Pen, finalement, va sans doute profiter, à mon avis, dans l'opinion, de sa tenacité, d'un certain courage, de son cran. Je pense que ça lui sera forcément crédité. Et c'est vrai que, par exemple, pour les Républicains, c'est une décision qui n'est pas une bonne nouvelle. Je pense que Retailleau aurait bien aimé que ce soit Bardella, parce que là, il pensait que Bardella était plus faible que Marine Le Pen.

8:08
Présentateur

Même pour Jean-Luc Mélenchon, parce que dans l'optique d'un second tour que le bloc central essaye de dénigrer, de nier avec un bandeau sur la tête, un bandeau sur les yeux, dans l'hypothèse d'un second tour RN-LFI, il y avait vraiment une très, très grande différence, j'allais dire, de stature, entre, imaginez un débat de second tour, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, et Jordan Bardella, Jean-Luc Mélenchon. C'est quand même pas la même musique. Sur le ticket, alors, sur Jordan Bardella, une chose, c'est que Bardella reste dans le scope.

C'est-à-dire que le fait de faire campagne ensemble, et c'est ce qu'elle a réaffirmé ce soir sur TF1, le ticket, c'est Bardella Premier ministre, Marine Le Pen Présidente, et elle y est revenue ce soir sur TF1. Je pense que nous offrons aux Français un binôme. Un binôme président de la République et Premier ministre, s'ils nous font confiance, et que ce binôme, il a une véritable solidité, il est très fort de ses convictions, de l'habitude que nous avons de travailler ensemble depuis des années, et je pense que ce binôme est gagnant, c'est un ticket gagnant, en quelque sorte. Nous sommes, encore une fois, complémentaires.

9:19
Auditeur

On pourrait croire qu'ayant été lancé, d'une certaine manière, vers cette présidentielle, il en conçoive un peu de déception. C'est humain.

9:26
Présentateur

Non. Il ne va pas exprimer. Je pense que vous avez trop l'habitude de la classe politique classique, et que vous essayez de faire porter sur nous ses défauts. Nous, Jordan Bardella et moi-même, nous nous battons pour la France. Nous nous battons pour les Français. Cette cause, clairement, nous dépasse. Et donc, nos ambitions personnelles ne rentrent absolument pas en ligne de compte.

9:48
Invité

Jean-Michel. Alors ça, ça va être assez original de voir la campagne, parce que ça va être... Marine Le Pen est candidate à la présidence, mais d'une certaine façon, Jordan Bardella va être candidat à la vice-présidence. Et c'est vrai qu'on avait rarement vu ça. Quand Sarkozy avait été candidat en 2007, il avait annoncé qu'il prendrait Fillon comme Premier ministre, mais il n'y avait pas cette proximité entre Fillon et Nicolas Sarkozy.

10:12
Présentateur

Les circonstances étaient différentes. Nicolas Sarkozy n'était pas dans la même situation que Marine Le Pen aujourd'hui.

10:18
Invité

Et là, c'était un accord, en fait, totalement politique. Alors qu'entre Marine et Bardella, il y a un accord politique, mais il y a aussi un accord personnel, puisque Bardella est quand même... Elle l'a fait grandir. C'est la force du Rassemblement national, ce binôme, de toute façon. Et le vrai sujet, c'était de savoir s'il allait pouvoir perdurer après ce jugement en appel. Et elle a très bien compris que ce binôme était très intéressant, parce qu'il est d'abord sociologiquement intéressant, parce que Bardella ramène des jeunes.

Elle tient vraiment de manière très forte, de par son implantation électorale, de par sa façon aussi de faire campagne les classes populaires, et ça, c'est absolument essentiel. Bardella rassure une partie, d'ailleurs, de l'électorat conservateur libéral. Et c'est très important pour une campagne d'avoir une complémentarité de ce type. Et ça, c'est vrai que c'est la seule offre politique, aujourd'hui, qui offre, j'allais dire, ce dispositif qui est tout à fait original. Le vrai sujet, en fait, du jugement, c'était de savoir si ce binôme allait pouvoir continuer. Ce binôme, il peut continuer ce soir. Marine Le Pen profite d'une décision de justice qui lui est partiellement favorable.

Elle profite aussi des ressources que lui offre l'État de droit pour continuer son aventure politique.

11:28
Présentateur

En tout cas, Marine Le Pen se pourvoit en cassation. Ça, c'est aussi une information, parce qu'elle aurait pu laisser les choses comme ça. Et pour l'honneur, évidemment, et pour être blanchie de toute condamnation, elle a dit que l'ERN, et elle-même, était innocent. Écoutez-la. Je considère que nous sommes innocents des faits qui nous sont reprochés et que ces faits ne peuvent pas recevoir la qualification de détournement de fonds publics. Et je rappelle pour la deuxième fois qu'il s'agit, encore une fois, d'un reproche qui nous est fait en indiquant que nos assistants ont fait de la politique nationale alors qu'ils devaient faire de la politique européenne.

Et la Cour, d'ailleurs, a rappelé, de la manière la plus claire qui soit, qu'il n'y avait eu aucun bénéfice financier dans cette affaire. Oui, mais c'est extrêmement, tout de même, important de le rappeler. Voilà, donc, cette déclaration de Marine Le Pen qui, elle-même, est avocat. Donc, il y a forcément des connaissances. Arnaud Béné.

12:30
Invité

Mais en fait, je veux dire, elle revient un peu à la ligne qui était la sienne dès le départ. Ils ont toujours considéré que, in fine, un collaborateur parlementaire ne pouvait pas être considéré comme un fonctionnaire. et que c'est un collaborateur politique. Parce qu'en fait, le règlement du Parlement européen, d'une certaine manière, tend à fonctionnaliser le collaborateur parlementaire. Or, le collaborateur parlementaire, indéniablement, c'est un collaborateur politique. Et là où elle a, j'ai dit, des arguments, c'est de dire, on n'a pas été les seuls à le faire, puisque tout à l'heure, on entendait un député de la France insoumise, mais la France insoumise est poursuivie. Alors, M.

Mélenchon, apparemment pas, mais un certain nombre de cadres de la France insoumise sont poursuivis pour les mêmes faits qui sont aujourd'hui reprochés à Mme Le Pen. Donc, là-dessus, en effet, elle a des arguments à faire valoir. Et c'est vrai que l'argument le plus important pour elle, c'est de démontrer qu'il n'y a pas eu d'enrichissement personnel, parce que, bon, c'est ce qu'elle dit, c'est ce qu'elle répète, et c'est d'ailleurs la raison pour laquelle elle se pourvoit en cassation, parce qu'on voit bien que, dans le camp d'en face, c'est sa probité qui va être mise en cause, et elle veut retirer à ses adversaires cet argument qui est un argument qui est faux.

13:31
Présentateur

Alors, cet enrichissement personnel n'a pas été retenu, c'est de l'enrichissement du parti qui a été retenu, mais elle veut également chasser cela. Et, effectivement, les réactions politiques sont là. Elles se précisent, par exemple, M. Gabriel Attal épingle la dimension morale d'une candidate condamnée à deux reprises. Voilà ce que dit Gabriel Attal. Et, bien sûr, on va avoir ce genre de réaction à gauche, en n'oubliant pas que nous sommes dans une présidentielle, dans une campagne présidentielle, qui, encore une fois, on l'a dit depuis plusieurs semaines et plusieurs mois, commence le 7 juillet. Marine Le Pen est aujourd'hui candidate officiellement, on l'a appris il y a quelques minutes.

Donc, la campagne commence véritablement aujourd'hui, puisqu'on a un nom, un nom labellisé sur le RN. On ne savait pas jusqu'à présent si c'était Jordan Bardella ou si c'était Marine Le Pen. Et là, évidemment, vous avez les concurrents qui vont tout faire pour savonner la planche, mettre des pots de banane, utiliser l'expression que vous voulez. Merci beaucoup, Arnaud Benedetti. Merci beaucoup, Jean-Michel Salvatore. Bien sûr, d'autres précisions tout au long de la soirée sur cette candidature de Marine Le Pen. Dans la matinale également, bien sûr, avec Alexandre Lemaire.