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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 7 octobre 2013 11 minContradictoireActualité / polémiqueImmigration & asileTravail & emploiRetraitesSolidarités & famille

Jean-Luc Mélenchon

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 70 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteÉludée

    Que vous inspirent les résultats du premier tour de la cantonale partielle de Brignol ?

  • 1:17FerméeÉludée

    Est-ce que comme le PS et les communistes, vous appelez à faire barrage au Front National au second tour, c'est-à-dire à voter UMP ?

  • 2:51OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qui fait prospérer le Front National aujourd'hui ?

  • 4:22OuverteRéponse partielle

    Est-ce que le premier tour de Brignol ne plaide pas en faveur d'un rassemblement à gauche pour les municipales, en clair de liste commune, avec le Parti Socialiste ?

  • 4:47RelanceRéponse directe

    Sauf qu'il y avait un candidat écologiste qui n'a pas voulu lui retirer sa candidature.

  • 5:28OuverteRéponse directe

    Vous pensez que les électeurs de gauche ne sont pas allés voter pour le candidat communiste parce qu'il avait le soutien du Parti Socialiste ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:47Invité politiqueFait
    « Ayant refusé d'interdire le Front National lorsqu'il était temps, il y a maintenant plus de 20 ans de ça... Ce que vous aviez proposé... »
  • 3:20PrésentateurFait
    « Qui a décidé de rendre pire la loi sur les retraites de M. Sarkozy ? M. Hollande, qui fait des faveurs et des calins tous les jours ? »
  • 3:27PrésentateurChiffre
    « M. Fillon avait l'intention de s'arrêter à 41 années, virgule 5 de cotisation. Beaucoup de gens ont fait leur compte, maintenant on passe à 43. »
  • 6:30PrésentateurChiffre
    « le quart des budgets communaux fonctionne sur les dotations de l'État. »
  • 9:41PrésentateurFait
    « si c'est ça la réponse qu'ont trouvée les socialistes à la situation de Brignol, c'est-à-dire m'injurier, et rendre coupables les autres de leur turpitude, je pense que nous allons devant de nouveaux désastres. »

Temps de parole

  • Présentateur87 %
  • Jean-Luc Mélenchon13 %

0,9 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Bonjour Jean-Luc Mélenchon, que vous inspirent les résultats du premier tour de la cantonale partielle de Brignol ? Je suis comme beaucoup de gens ce matin, totalement consterné et très inquiet bien sûr, parce que je vois bien que le Front National a une capacité de mobilisation indemne d'une élection à l'autre, il retrouve ses voix ou des fois il les améliore légèrement, tandis que tout le reste s'effondre. Et en particulier, ceux qui votaient à gauche ne vont pas voter, traînent les pieds, ne se sentent mobilisés d'aucune façon. Alors voilà, c'est ça notre défi. Comment mobiliser ?

Mais la question n'est pas mobiliser face au Front National, je me permets de vous le dire, qui est une considération d'ordre politicienne. C'est mobiliser pour que quelque chose change dans ce pays parce que la vie est insupportable. Et qu'à partir du moment où elle apparaît insupportable, des tas de gens qui peut-être n'y réfléchissent pas assez, se disent, nous allons régler le problème d'une manière énergique, de telle ou telle façon.

Et pour l'instant, ils donnent l'impression, les plus motivés donnent l'impression que c'est du côté du Front National que se trouverait l'énergie et pas d'une autre, notamment, pas les socialistes, mais aussi nous, le Front de Gauche, qui par notre confusion, notre irrésolution, donnons le sentiment de ne pas savoir où nous allons.

1:17
Jean-Luc Mélenchon

En attendant, à Brignol, est-ce que comme le PS et les communistes, y compris le maire communiste de Brignol, vous appelez à faire barrage au Front National au second tour, c'est-à-dire à voter UMP ?

1:27
Présentateur

Moi, je serai là-bas, je ne vois pas comment je vote UMP. Enfin, c'est la peste ou le choléra, c'est tous les mêmes. Ils racontent les mêmes choses, ils ont les mêmes objectifs, ils tiennent les mêmes propos insensés contre à peu près tout ce qui bouge. Ils sont aussi antisociaux les uns que les autres. Bon, je pense qu'il faut que la France regarde bien en face d'elle le fait que, ayant refusé d'interdire le Front National lorsqu'il était temps, il y a maintenant plus de 20 ans de ça... Ce que vous aviez proposé... Oui, oui. Il y avait aussi le journal Charlie, plein de gens disaient ça. Alors, on les a acceptés comme un parti comme les autres.

Ben, maintenant, c'est un parti comme les autres, oui ou non ? Puisqu'il vit d'argent public, il reçoit des dotations de l'État, et on nous le ressort aux élections pour nous faire peur.

2:09
Jean-Luc Mélenchon

En tout cas, entre l'UMP et le Front National, vous ne choisissez pas.

2:11
Présentateur

Je ne sais pas vous dire, M. Cohen, ce matin, je suis très troublé, et mes amis, sur place, sans doute, vont me dire ce qu'il faut penser. Mais j'ai le plus grand mal à dire, écoutez, il y a une différence entre ces deux-là. Parce qu'il n'y en a pas. Et c'est bien le drame dans lequel nous sommes enfermés aujourd'hui en France. Et petit à petit, l'étau se resserre sur les gens de bonne volonté comme moi, et combien d'autres qui nous écoutent en ce moment, et qui voient cet étau se refermer, choisir entre un UMP qui maudit tout le monde et un Front National qui maudit tout le monde. Quelle est la différence entre les deux ? Alors, je crois qu'il y a vraiment un moment de grande difficulté.

2:48
Jean-Luc Mélenchon

En attendant, ce n'est pas l'UMP qui prospère, c'est le Front National. Et à votre avis, Jean-Luc Mélenchon, qu'est-ce qui fait prospérer le Front National aujourd'hui ?

2:55
Présentateur

Eh bien, la division sur le fond de la gauche, le désespoir, la résignation. Qu'est-ce que vous voulez ? On élit un président de la République social-démocrate, qui nous l'a dit sur tous les tons, et que fait le président social-démocrate ? Il démantèle les acquis sociaux du pays. Que voulez-vous que les gens comprennent ? Qui a décidé de rendre pire la loi sur les retraites de M. Sarkozy ? M. Hollande, qui fait des faveurs et des calins tous les jours ? Mais écoutez, M. Fillon avait l'intention de s'arrêter à 41 années, virgule 5 de cotisation. Beaucoup de gens ont fait leur compte, maintenant on passe à 43. Écoutez, qui a inventé ça ?

C'est quand même bien un président social-démocrate, ce qui signifie que les gens vivent le contraire de ce à quoi ils s'attendaient. Les gens qui ne sont pas des spécialistes de la politique se disent « Mais c'est injuste, tout ça est cruel, pourquoi est-ce qu'on câline sans arrêt les patrons ? Pourquoi est-ce qu'ils n'apparaissent à la télévision des ouvriers ou des salariés que quand c'est pour eux qu'ils viennent dire « S'il vous plaît, exploitez-nous la nuit, faites-nous travailler la nuit, faites-nous travailler le dimanche.

» Et tout le reste du temps, quand on parle des retraites, des petites choses simples, l'augmentation de salaire, le fait de pouvoir aller se soigner, vous savez que ça coûte de plus en plus cher, que de plus en plus de gens y renoncent. Alors là, non, c'est terminé, plus personne n'a la parole. Et on dit « Écoutez, il faut être raisonnable, il faut savoir se serrer la ceinture. » Voilà, il ne faut pas contourner cette vérité-là. La vérité est que le Front National prospère sur la résignation et sur la désorganisation du fait que le principal pourvoyeur de ses voix est à l'Elysée.

4:22
Jean-Luc Mélenchon

Est-ce que le premier tour de Brignol ne plaide pas en faveur d'un rassemblement à gauche pour les municipales, en clair de liste commune, avec le Parti Socialiste ?

4:29
Présentateur

Si on veut plus perdre, c'est ça qu'il faut faire. Parce qu'à Brignol, c'est ce qui s'est passé. Le maire communiste candidat a distribué avec ses amis, alors le candidat titulaire était communiste. Et le PS n'a pas présenté de candidat. Oui, voilà. Et ils ont dit, oui, cette logique a été appliquée.

4:47
Jean-Luc Mélenchon

Sauf qu'il y avait un candidat écologiste qui n'a pas voulu lui retirer sa candidature. Et on peut penser que s'il y avait eu une candidature unique, elle aurait passé le second tour.

4:56
Présentateur

On peut le penser, on peut penser le contraire. Ce que je veux dire, c'est que la distribution de tracts avec le point et la rose, et l'appel d'Arlem Désir à voter pour le communiste, franchement, n'a pas aidé la situation. Ah, ça l'a plombé ? Ah ben, évidemment. Mais enfin, mais M. Cohen, il faut quand même réaliser. Non, je vous pose la question. Il y a deux tiers d'abstentionnistes. Qui sont ces gens ? Puisque vous retrouvez les voix du Front National, d'une élection à l'autre. Où manque-t-il du monde ? Clairement, ceux qui ont cru à la gauche et au sol férinien, au Parti Socialiste, et qui pensent que ce sont d'horribles traîtres.

5:28
Jean-Luc Mélenchon

Vous pensez que les électeurs de gauche ne sont pas allés voter pour le candidat communiste

5:32
Présentateur

parce qu'il avait le soutien du Parti Socialiste ? Je pense que pour beaucoup, oui. Vous sous-estimez la situation. Vous venez de me poser une question. Faut-il faire des listes aux communes ? Mais si nous faisons ça, M. Cohen, les gens normaux se diront s'ils font des listes communes au premier tour, au deuxième tour, on peut comprendre bien des choses. Mais s'ils sont ensemble au premier tour... C'est donc qu'ils sont d'accord. Alors pourquoi est-ce qu'ils disent qu'ils ne sont pas d'accord ? Ils sont d'accord.

5:54
Jean-Luc Mélenchon

Sauf à penser que les enjeux sont locaux, qu'il s'agit de se retrouver sur des objectifs locaux,

6:01
Présentateur

à dimension municipale. Je comprends bien. Mais l'illusion d'après laquelle l'élection municipale est une élection locale est le compte charmant que les gens des médias eux-mêmes ne respectent pas, puisqu'on fait des sondages nationaux. Puisqu'il s'agit d'une élection nationale... Oui, mais je l'entends bien, mais c'est une erreur totale. D'autant que, premièrement, comme je viens de le dire, c'est une élection qui a lieu dans tout le pays en même temps. C'est la première générale depuis l'élection de François Hollande. Troisièmement, le quart des budgets communaux fonctionne sur les dotations de l'État. Donc ça a à voir directement avec le budget de l'État.

Et nous allons voter contre le budget de l'État. Expliquez-moi voir la cohérence qu'il y a à voter contre le budget de l'État et ensuite à aller l'approuver localement. Et puis, troisième élément...

6:44
Jean-Luc Mélenchon

Pierre-Laurent, ce week-end, les villes où les communistes dirigent avec les socialistes n'ont pas à rougir du bilan sortant. Ben ça, c'est vrai.

6:50
Présentateur

Il a par exemple ? Les villes qui sont dirigées par des communistes, c'est-à-dire normalement des membres du Front de Gauche, bien sûr qu'ils n'ont pas à rougir de ce qu'ils ont fait. Et ils font bien d'accueillir tous ceux qui veulent partager avec eux l'opposition à la politique d'austérité nationale. Il en va tout autrement lorsqu'il s'agit d'entrer dans une liste dirigée par un socialiste. Et par exemple, une socialiste aussi éminente que Mme Hidalgo, ça n'est pas lui faire injure que de dire qu'elle soutient le président de la République, la politique du gouvernement. Mais la question est de savoir est-ce qu'elle fait une bonne politique à Paris, non ?

Mais est-ce que l'élection municipale consiste à quoi ? Ce sont les plus vicites ? Oui, non, mais attendez. Écoutez, monsieur, vous n'allez pas m'apprendre comment on fait. J'en ai vécu 7, d'accord, d'élections municipales. J'ai mon âge. Et j'en ai personnellement dirigé 5 de campagne. Donc, vous ne me prendrez pas à ne pas savoir ce qu'est une élection. C'est une élection locale, monsieur Cohen, je vais vous dire. Savez-vous que les conseillers municipaux élisent les sénateurs ? Donc, nous contribuons directement à l'élection des parlementaires nationaux.

7:49
Jean-Luc Mélenchon

Donc, assez de cette sable... C'est pour ça que les communistes parisiens sont très tentés d'y aller, à Paris, parce qu'ils vont avoir, ils pourraient avoir un sénateur en cas d'élection de Mme Hidalgo.

7:56
Présentateur

D'abord, vous ne savez pas ce que les communistes vont voter. Tant que leur vote n'a pas eu lieu, vous ne le savez pas. Alors, ce que je veux vous dire, c'est que c'est une élection nationale. Au niveau local, nous sommes en état de faire des propositions très claires, de radicalité concrète. Une élection municipale n'est pas un plébiscite pour notre bon seigneur. Une élection locale, c'est un endroit où on confronte des idées et des propositions pour la ville. Mais on ne raconte pas des histoires aux gens. On ne leur dit pas, tout est possible, alors même qu'il y a un budget qui rend tout impossible nationalement. Voilà ce que je veux dire.

Donc, au premier tour, il faut avoir des listes autonomes. Vous savez que je suis de moins en moins seul sur ce sujet. Il faut arrêter de dire, les communistes vont aller avec les socialistes. Ce n'est pas vrai. À part Nantes, Paris et Lyon, tout le reste des grandes villes va être en liste autonome. Et ce sont, la plupart du temps, des communistes qui seront la tête de liste.

8:45
Jean-Luc Mélenchon

Avec Europe et Ecologie Les Verts éventuellement, on l'a dit dans le journal, puisqu'il y a des alliances locales qui sont en train de se nouer. David Assouline, le porte-parole du PS ce matin sur Europe 1. Après Brignol, je dis à Jean-Luc Mélenchon de se rendre compte que sa responsabilité a continué à faire du PS son ennemi principal.

9:07
Présentateur

Oui, enfin, il ferait mieux de faire autre chose. Parce que ce n'est pas moi qui gouverne. Je veux dire à David Assouline, s'il veut que ça change, je veux bien prendre la direction du gouvernement et on ne fera pas ce qu'ils sont en train de faire. La responsabilité pleine et entière repose sur des politiciens de deuxième main, comme ce David Assouline, qui passe son temps à aboyer. Si c'est ça la réponse qu'ont trouvée, je demande que tout le monde m'entende bien, si c'est ça la réponse qu'ont trouvée, les socialistes, à la situation de Brignol, c'est-à-dire m'injurier, et rendre coupables les autres de leur turpitude, je pense que nous allons devant de nouveaux désastres.

S'ils ne veulent pas corriger leur politique, les choses s'aggraveront. Les gens n'en ont rien à fiche de ces combines politiciennes. Ce qu'ils veulent, c'est que leur vie change, parce que c'est trop dur de vivre. Personne n'y arrive. On n'arrive plus à joindre les deux bouts, à part une petite catégorie de riches et d'opulents qui sont là et pour qui, eux, tout va bien pour eux. Mais ils ne se rendent même plus compte du monde dans lequel ils vivent. Je suis persuadé qu'une bonne partie des puissants ne se rend pas compte que dans les classes moyennes aujourd'hui, on n'y arrive plus, y compris les gens qui n'arrêtent pas de bosser. Voilà. Et donc, ce n'est pas les pitrories de M.

Assouline et quelques autres, les Harlem Désir et toute cette meute d'aboyeurs qui sont incapables de faire quoi que ce soit de positif. Ils n'ont qu'à réélever le niveau de leur parti. Ils n'ont qu'à convaincre les gens. Pourquoi n'y arrivent-ils pas ? Parce qu'ils ne peuvent pas convaincre du fait que cette mauvaise politique a du sens pour les pauvres gens. Jean-Luc Mélenchon, co-président du Parti de Gauche.