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interviewBFMTV· 9 juin 2026 3 min

Affaire Lyhanna: "Il faut qu'on incarcère plus et beaucoup plus tôt", assure Bruno Retailleau

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Elle est toujours là cette émotion, comme en témoigne cette marche blanche organisée à Saint-Jean-d'Angélie ce soir, comment vous l'expliquez ?

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Bruno Retailleau

C'est humain. S'en prendre un enfant dans ces conditions-là, c'est le summum de la barbarie. Quand on est parent, quand on a des enfants, quand on a des petits-enfants, des grands-parents pour cette marche blanche, on comprend exactement ce qu'ils ressentent. On ne s'en remet jamais. On peut punir l'individu qui a fait ça, il faut le punir, sévèrement. Mais on ne s'en remet jamais. On reste avec une plaie ouverte toute sa vie.

0:34
Présentateur

Cet individu, visiblement, n'a pas été puni assez tôt. On aurait peut-être pu empêcher le drame qui est arrivé. Quelles sont vos solutions ?

0:42
Bruno Retailleau

Bien sûr, on aurait dû l'empêcher. On aurait dû l'empêcher parce que ce n'est même pas un dysfonctionnement. Il va falloir tout remettre à plat.

0:49
Présentateur

C'est un scandale d'État ?

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Bruno Retailleau

En tout cas, c'est un scandale. Point. Ça émeut tous les Français. Le peuple français est en colère. Et je pense que là, il y a quelque chose qu'on a franchi, comme une limite. Et ils demandent des comptes. Mais solution, ça sera de renverser vraiment la table, d'avoir une autre justice que celle qu'on a aujourd'hui. Je ne veux pas dire, attention, qu'on comprenne bien beaucoup de magistrats qui font très bien leur travail. Mais un, il faut réhabiliter la sanction. Le problème en France, c'est qu'on a inventé un droit à l'inexécution des peines. Vous avez un juge d'application des peines qui défait ce qu'un juge au tribunal va faire.

C'est pour ça qu'il y a tellement d'écarts entre les peines qui sont encourues, les peines qui sont prononcées et les peines exécutées. Moi, je propose la suppression du juge d'application des peines. On est les seuls, d'ailleurs, avec l'Italie, à avoir un juge d'application des peines. Ce que je propose, c'est qu'on incarcère plus, c'est qu'on incarcère beaucoup plus tôt, c'est qu'on revoit, puisqu'on a beaucoup d'aménagements de peines. On incarcère en France, on donne des peines de prison. Il n'y a plus de place dans les prisons. Oui, mais regardez ce qu'a fait la Hollande. D'abord, ils incarcèrent beaucoup plus tôt.

À population équivalente, ils donnent deux fois plus de peines que nous et ils ont moitié moins de détenus. Pourquoi ? Parce que, notamment pour la justice des mineurs, nous, on attend le dernier moment pour les incarcérés. C'est-à-dire qu'on les enferme dans un parcours de délinquance. Ils volent un oeuf, un bœuf, etc., avec violence. Et après, il y a un crime. Et c'est trop tard. Alors là, bien sûr, ils vont faire beaucoup de prison. Donc, moi, ce que je propose, c'est des peines de prison, qu'on pile des courtes peines. Dès les premiers délits graves, comme ça, on peut empêcher des gens d'en commettre d'encore plus graves. Donc, un, on réhabilite la sanction.

Il fera bien sûr construire des nouvelles prisons. On réforme complètement la justice des mineurs. Croyez-moi, quand j'étais ministre de l'Intérieur, j'étais choqué parce qu'il y avait une explosion de violence pour les mineurs. Et ces mineurs-là, parfois, ils avaient 30 antécédents judiciaires. Ça veut dire qu'on leur avait assuré une forme d'impunité. C'est plus possible. Dès les premiers délits, on les emprisonne. Des prisons, notamment, et des peines d'une semaine, de deux semaines.