Manuel Bompard : "Il me semble évident qu'avant Noël, il y aura une nouvelle motion de censure"
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Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans Questions Politiques. Dans trois jours, le gouvernement Lecornu 2 passera le cap des 30 jours d'existence. A l'Assemblée nationale, son projet de budget poursuit son chemin. Une copie largement inspirée de celle de son prédécesseur François Bayrou, mais aujourd'hui détricotée par les oppositions, sans que l'on voit exactement si à la fin, les finances publiques s'en porteront beaucoup mieux, ni qui seront exactement les gagnants et les perdants.
Ce qui est clair en revanche, c'est l'impact politique du nouveau fonctionnement parlementaire, le bloc central fissuré, les macronistes divisés, et au sein de la gauche, le procès en trahison du Parti Socialiste est engagé. Est-il temps de faire des compromis ? Faut-il être radical ? Et d'ailleurs, à quelle radicalité aspirent vraiment les Français au moment où le Rassemblement national est à 35% d'intention de vote dans les sondages ? À cinq mois des municipales, n'est-il pas aussi risqué pour la gauche de jouer de nouveau les irréconciliables ?
Voilà notre discussion ce dimanche, avec le coordinateur national de la France Insoumise et député des Bouches-du-Rhône, Manuel Bompard est notre invité, en direct, sur France Inter, sur France Info, le canal 16 de la télé, et en partenariat avec le journal Le Monde. Nous sommes ensemble pour répondre à toutes les questions politiques, jusqu'à 13h.
France Inter, Alexandra Ben Saïd.
Bonjour et bienvenue Manuel Bompard.
Bonjour, merci.
Merci à vous d'avoir accepté notre invitation. À mes côtés, pour vous interviewer, je salue, Alix Bouillaguet de France Télévisions. Bonjour Alix. Bonjour Alexandra, bonjour à tous. Avec vous tout à l'heure, on retracera le parcours du docteur en mathématiques, Manuel Bompard.
Oui, parce que rien ne vous prédestinait, Manuel Bompard, à faire de la politique. Aujourd'hui, vous avez les deux pieds dedans et on va se demander jusqu'où vous comptez aller.
Françoise Fressos du journal Le Monde est également à nos côtés. Bonjour Françoise. Bonjour à toutes et tous. Avec vous, on va se projeter, comme tous les dimanches jusqu'en 2027, sur quel sujet avez-vous envie de faire le point ce dimanche ?
Alors, ce n'est pas Manuel Bompard, c'est plutôt Jean-Luc Mélenchon avec cet questionnement vers une quatrième candidature. Est-ce que cette fois, c'est la bonne candidature ou est-ce que c'est la candidature de trop ?
Mais d'abord, Manuel Bompard qui sourit déjà. Cinq minutes d'actu entre quatre yeux. Le budget de la Sécurité Sociale continue d'être examiné à l'Assemblée. Est-ce que mercredi, vous allez vraiment voter contre la suspension de la réforme des retraites ?
Alors, si on a la possibilité d'abord d'aller jusqu'au vote du budget de la Sécurité Sociale, je vous confirme notre volonté de rejeter ce budget. Mais ce n'est pas certain à ce stade qu'on aille jusqu'à son terme puisque, vous savez, il y a des délais constitutionnels qui encadrent le temps dont l'Assemblée Nationale dispose pour pouvoir examiner ce budget. et au vu du nombre d'amendements qui nous restent et du nombre de séances qui nous restent, le plus probable aujourd'hui, c'est que mercredi, le budget ne soit pas voté, ni d'ailleurs adopté, ni rejeté et qu'il parte au Sénat avec la possibilité, dans ce cadre-là, pour le gouvernement, de choisir lui-même les amendements qu'il retiendra.
Alors, le gouvernement qui dit, par exemple, Amélie de Montchalin, qui dit, non, c'est faux, ça c'est une fake news encore des Insoumis, le gouvernement reprendra tous les amendements qui ont été votés.
Ah, ben, le gouvernement a la possibilité de choisir les amendements qu'il retient. S'il décide de retenir tous les amendements, il retirera tous les amendements. Mais en tout cas, les parlementaires n'auront pas l'opportunité de se prononcer pour adopter ou rejeter le budget de la Sécurité Sociale.
Alors, vous, qui voulez vous prononcer ? Je repose ma question sur la suspension.
Attendez, je vais y venir, ne vous inquiétez pas.
C'est important quand même parce que c'est...
Évidemment, évidemment.
C'est quelque chose, la suspension de la réforme des retraites, c'est une chose pour laquelle les salariés sont descendus par millions dans les retraites, l'abrogation. Mais dites-moi sur la suspension. Oui, mais c'est quand même une différence majeure. Mais dites-moi sur la suspension.
Mais il n'y a pas de suspension de la réforme des retraites dans ce budget de la Sécurité Sociale. Il y a effectivement une mesure qui a été accordée par M. Lecornu qui a un décalage de l'entrée en vigueur de la retraite à 64 ans d'un an. C'est-à-dire qu'initialement, c'est les gens nés en 1968 qui devaient partir à la retraite à 64 ans. Si le projet de M. Lecornu allait jusqu'à son terme, c'est les personnes qui sont nées en 1969. C'est un décalage d'un an de l'entrée en application de la retraite à 64 ans. Ça ne suffit pas à LFI ? Mais non, mais moi, madame, je suis défavorable à la retraite à 64 ans.
Je considère que d'ailleurs, ça a été une forfaiture antidémocratique, un passage en force. Donc moi, je me bats pour l'abrogation de cette réforme.
Marie-Lise Léon, c'est un syndicat. C'est elle justement qui a emmené des millions de personnes avec la CGT. C'est la CFDT. Elle dit que l'argument de la suspension qui serait en fait un leurre et qui ne suffit pas, c'est un argument de loser. Ce sont ces mots, ce ne sont pas les miens. Ceux qui considèrent qu'en 2027, la gauche n'a aucune chance et donc que fatalement, la réforme borne s'appliquera. Est-ce que c'est comme ça que vous raisonnez ? Est-ce que vous vous dites que la suspension ne suffit pas parce qu'on n'a aucune chance en 2027 ?
D'abord, je vous ai dit que ce n'était pas une chose pour ça. Je vous ai expliqué pourquoi. Et deuxièmement...
Marie-Lise Léon, elle dit que c'est une victoire. Là, c'est un syndicat de salariés.
Moi, je ne suis pas Marie-Lise Léon. Donc si vous voulez interviewer Marie-Lise Léon, invitez-la. Mais là, en l'occurrence, c'est moi que vous avez en face de vous. Or, qu'est-ce que je vous dis ? Et que les gens qui nous écoutent doivent pouvoir comprendre. C'est que faire croire que ça va être un progrès pour les gens. Un décalage d'un an de l'entrée en vigueur de la retraite à 64 ans.
Quand elle est financée, dans le budget de la Sécurité sociale, par un gel des pensions de retraite l'année prochaine, une sous-indexation pendant 4 ans des pensions de retraite, c'est-à-dire qu'y compris les salariés qui pourraient peut-être, et il n'y en a pas beaucoup, bénéficier du fait qu'ils gagnent 3 mois sur l'arrêt de départ à la retraite...
Mais justement, ça, c'est ce dont il faudrait discuter. Madame, madame, madame... N'est-ce pas ? Est-ce que ça n'est pas dans le débat ?
Madame, laissez-moi aller au bout de ma démonstration, si vous voulez bien. Même ces personnes-là qui gagneraient peut-être 3 mois, elles perdent davantage parce que leur pensions de retraite serait sous-indexées pendant 4 ans. Donc en fait, on fait croire aux gens. C'est comme si on disait aux gens, vous devriez être contents, on va vous donner 1 euro, mais dans le même temps, on vous en reprend 5.
Manuel Bonpas, est-ce que ce n'est pas ce débat qu'il faudrait avoir ? Est-ce que ce n'est pas ce débat qu'il faudrait avoir ? On l'a ce débat. Vous l'avez ce débat ?
On l'a là, on l'a à l'Assemblée nationale. Et évidemment, il n'est pas acceptable que pour que ce décalage de 3 mois puisse voir le jour, il faut avaler l'ensemble du budget de la Sécurité sociale, c'est-à-dire entre 12 et 15 milliards d'euros d'économie sur le budget de la Sécurité sociale.
Ce n'est pas ce qui est en train de se passer, n'est-ce pas ?
C'est exactement ce qui est en train de se passer, pardonnez-moi. Le budget de la Sécurité sociale, c'est moins 7 milliards d'euros d'économie sur la santé, c'est 3 milliards pour l'année blanche, c'est 3 milliards sur le gel des pensions de retraite. Vous aurez du mal à faire croire aux gens qui nous écoutent que c'est un progrès. Moi, s'il y avait la possibilité d'avoir le décalage sans les contreparties, très bien, je prendrais, mais il n'y a pas.
Ce matin dans Le Parisien, le premier secrétaire du Parti socialiste est cinglant avec les Insoumis, vous l'avez lu, j'imagine. Quand on prétend défendre les salariés, on ne pratique pas la politique du pire au nom d'un grand soir qui ne vient jamais, vous dites Olivier Faure.
Mais moi, en fait, je ne pratique pas la politique du pire ou du grand soir. Ce que dit Olivier Faure est juste faux, mais vous savez, quand on prétend...
C'est ne pas voter la suspension en disant « nous, on veut la brogation ».
Quand on prétend défendre les salariés, quand on prétend défendre les retraités, et quand dans le même temps le gouvernement a l'intention de faire la poche des retraités et des salariés, notre devoir, quand on prétend les défendre, et je prétends les défendre, c'est d'empêcher le gouvernement de faire ça. Ce n'est pas de le laisser faire. Or, ce que fait le Parti socialiste aujourd'hui, c'est en quelque sorte de vendre des illusions et de laisser passer, là, par exemple, hier, les recettes du budget de la sécurité sociale. C'est donc d'avaliser l'idée qu'il va y avoir entre 10 et 15 milliards d'euros de coupes dans le budget de la santé, dans le budget de l'hôpital.
Donc, excusez-moi, mais ça, c'est l'inverse du programme que j'ai défendu devant les électrices et les électeurs. Et c'est d'ailleurs l'inverse du programme que Olivier Faure a défendu devant les électrices et les électeurs.
Le PS, lui, évidemment, revendique sa stratégie, une stratégie des petits pas et des victoires. Alors, donc, la suspension de la réforme des retraites, le rétablissement d'une forme d'ISF, le dégel du barème de l'impôt sur le revenu, un milliard de plus pour l'hôpital. C'est incroyable. Est-ce que vous les comprenez ? Et vous, vous revendiquez quoi ?
Non mais, madame, d'abord, excusez-moi de vous le dire, mais là, la liste des... C'est la liste du PS, hein ? Oui, je sais, mais votre rôle, ce n'est pas juste de répéter ce que dit le Parti socialiste.
Non, mais mon rôle est d'essayer de comprendre où vous en mettez pas.
Est-ce que l'Assemblée nationale a voté un rétablissement de l'impôt de solidarité sur la fortune ? La réponse est non. Ce n'est pas vrai. Il y a eu une modification de ce qu'on appelle l'impôt sur la fortune immobilière, où on a transformé un barème progressif par un barème avec un taux fixe de 1%. Très concrètement, ce qu'a fait l'Assemblée nationale, c'est faire un cadeau aux multimilliardaires, aux plus riches, parce qu'ils paieront moins d'impôts sur la fortune, en l'occurrence immobilière, puisque c'est comme ça que ça s'appelle, si ce projet devait voir le jour, que c'est le cas aujourd'hui.
Vous avez cité dans les victoires du Parti socialiste la réindexation du barème de l'impôt sur le revenu. C'est un amendement que nous avons voté, nous, que le Parti socialiste n'a pas voté. Ils ont voté contre. Alors, si vous voulez maintenant expliquer que les points sur lesquels ils ont voté contre, c'est des victoires du Parti socialiste, ça va commencer à être un petit peu compliqué à convaincre. Maintenant, vous m'avez posé la question. Nous, ce qu'on fait, on se bat pour essayer d'enlever un maximum de mauvaises choses de ce budget. Mais on ne se fait pas d'illusions et on ne vend pas du rêve aux Françaises et aux Français.
Et on sait qu'à la fin, le gouvernement a l'intention de les ramener, notamment par la commission mixte paritaire, c'est-à-dire par le Sénat. Et donc, à la fin, nous allons rejeter ce budget. Nous allons rejeter ce budget de la sécurité sociale, puisqu'il n'y a rien à attendre de ce gouvernement.
Et est-ce que je vous ai bien compris, mercredi, si vous arrivez au moment où il faut voter sur la suspension de la réforme des retraites, vous voterez contre cette suspension ?
Oui, c'est ce que nous avons fait en commission. Et il n'y a aucune raison que nous fassions des choses différentes à l'Assemblée nationale en hémicycle, pour la raison que je vous ai indiquée.
Mais quel est l'espoir sur l'abrogation ? Vous avez quel espoir sur la possibilité de faire passer l'abrogation ? C'est votre niche du 27 novembre ?
Non, mais avec ce gouvernement, je n'ai aucun espoir de faire passer l'abrogation de la réforme des retraites. C'est pourquoi, si on veut l'abrogation de la réforme des retraites, il faut faire tomber ce gouvernement. Parce que vous savez, c'est quand même incroyable. Alors, elle est où, votre censure ? Attendez, c'est quand même incroyable. Il faudrait faire passer comme un progrès le fait d'avoir un vague décalage, alors qu'il y a une majorité de députés qui sont pour l'abrogation. Il suffirait que le gouvernement dise très bien, les députés votent. Et si les députés votaient, l'abrogation de la réforme des retraites serait votée. On ouvre la discussion.
Oui, donc moi je continue à me battre pour l'abrogation de la réforme des retraites, et pour ça, ça passe par la censure de ce gouvernement. On ouvre la discussion avec une question de François Fresseuse. La censure du gouvernement, comment comptez-vous l'obtenir ? Et là, on a l'impression que votre stratégie, comme d'ailleurs celle du Rassemblement National, d'obtenir soit la destitution, soit la dissolution, ça ne marche pas. Qu'est-ce qui vous fait encore espérer ? Est-ce que vous allez essayer d'avoir avec vous les écologistes et le Parti communiste ? Est-ce qu'il y a des discussions qui sont engagées avec eux ?
Racontez-nous quelle est votre stratégie aujourd'hui, alors que, encore une fois, on a l'impression que vous êtes un peu en difficulté par rapport à votre ambition du début. Alors non, je ne me sens pas du tout en difficulté. C'est très simple, Mme Fresseuse. Il y a eu une motion de censure, il y a à peu près maintenant un mois, à l'Assemblée Nationale, qui a échoué à 18 mois après. Vous me parlez des écologistes. Donc, quand est-ce que vous leur déposiez une ? Qu'est-ce que vous attendiez ? Attendez, je vais vous répondre à vos questions, ne vous inquiétez pas. Les écologistes, les communistes avaient voté favorablement cette motion de censure.
Si elle n'est pas passée, c'est parce que les socialistes ne l'ont pas votée. Donc, mon objectif, moi, c'est d'obtenir la chute de ce budget, de ce budget de la sécurité sociale pour protéger les Français. La chute de ce gouvernement. Ça passe par le fait de redéposer une motion de censure. Et nous redéposerons cette motion de censure à partir du moment où nous avons une certitude que celle-ci puisse être votée. Alors, quand exactement ? On va voir comment le calendrier avance. Mais il me semble évident qu'avant Noël, sans doute au début du mois de décembre, il y aura une nouvelle motion de censure.
Parce que tout le monde aura sous les yeux, à ce moment-là, la réalité de ce que sont le budget de l'État et le budget de la sécurité sociale. Et je n'ose croire que les députés socialistes puissent accepter un budget de la sécurité sociale qui coupe sur... En fait, vous ne savez pas encore dans quel état sera la copie. Ça sera au moment de la CMP, c'est ça que vous ferez ? Au moment de la CMP, au moment du retour devant l'Assemblée nationale. Vous savez, c'est très compliqué peut-être pour les gens qui nous écoutent. Mais il y a plusieurs hypothèses sur la table. Il y a l'hypothèse qu'à la fin, il y a une commission mixte paritaire et donc une nouvelle lecture à l'Assemblée nationale.
Et donc là, on aura une vision précise de ce budget et de ce budget de la sécurité sociale. Il y a l'hypothèse que les délais parlementaires soient totalement excédés, que le gouvernement puisse légiférer par ordonnance. C'est votre rêve, ça, en fait. Ah non, ce n'est pas mon rêve. Moi, vous savez, je suis parlementaire et les ordonnances, ça n'a jamais été utilisé en France sur le budget depuis 1958. Donc si le gouvernement va au coup de force jusqu'à passer son budget par ordonnance, alors là, oui, c'est clair qu'il y aura une motion de censure et je crois que le gouvernement sera renversé.
Manuel Bompard, le vote d'hier sur le volet recette du projet de loi de finances de la sécurité sociale est assez éclairant. Vous avez voté contre avec le Rassemblement national. Vos petits camarades communistes et écologistes se sont, eux, abstenus. Est-ce que ça veut dire que vous êtes dans l'hémicycle pour faire en quelque sorte dérailler le système ? C'est ce que vous dit la ministre des Comptes publics, Amélie Montchalin, qui vous classe dans la catégorie arnaqueur et lisionniste, la même catégorie que le Rassemblement national. Est-ce que vous marchez main dans la main avec eux ?
Franchement, madame, moi, je fais mon travail à l'Assemblée nationale et j'essaye de défendre les propositions politiques qui sont celles pour lesquelles les électrices et les électeurs ont élu les députés de la France insoumise. Et madame Montchalin ferait mieux de se rendre compte que c'est son budget qui risque de faire dérailler le pays. Est-ce que vous savez que les prévisions économiques sur le budget de monsieur Lecornu se traduiraient par une division de la croissance par deux l'année prochaine ? Donc vous voyez, pardon, mais elle n'a pas de le saut.
Non, mais les écologistes et les communistes vous ont lâché en quelque sorte. Ça, c'est la grande nouveauté. Les socialistes ont été habitués, mais eux, c'est un fait nouveau.
Madame, il y a eu hier une abstention d'une majorité. Qui permet au budget recette d'être accepté. Je suis d'accord avec vous, même s'il faut aussi dire qu'un certain nombre de députés écologistes et de députés communistes, eux, ont voté contre comme nous. Il n'y a pas eu que les insoumis qui ont voté contre.
Mais c'est une mauvaise nouvelle pour vous.
Mais c'est surtout une mauvaise nouvelle pour le pays. Parce que le raisonnement qui était celui du parti socialiste, y compris jusque-là, c'était de dire en fait, on sera fixé au moment de la fin de l'examen sur les recettes, parce qu'on saura quelles sont les marges de manœuvre dont on dispose sur les dépenses. Il n'y a eu quasiment aucune recette nouvelle dégagée sur le budget de la sécurité sociale. En acceptant un budget de la sécurité sociale dans lequel il n'y a... C'est vrai, c'est pour ça que je vous dis quasiment, madame. C'est-à-dire qu'en gros, il y a eu, il était prévu 15 milliards de coupes dans le budget de la sécurité sociale.
Ils ont réussi à rajouter 3 milliards, mais il y a aussi à peu près 3 milliards qui sont ressortis parce qu'un certain nombre de mesures qui étaient prévues ont été annulées. Donc en fait, on est toujours à peu près au même niveau. Si à la fin, vous n'avez pas de recettes, il n'y a pas 10 000 solutions. À la fin, forcément, il va falloir faire payer la facture sur les dépenses. Et payer la facture sur les dépenses, ça veut dire réduire les indemnisations pour les personnes qui sont atteintes, par exemple, de maladies de longue durée. Ça veut dire, par exemple, doubler les franchises médicales. Ça, ça a des conséquences très concrètes sur la vie des gens. Eh bien, moi, je suis contre ça.
Sur ce cadrage économique, on a 3 000 milliards de dettes. On va être à 118% de dettes, 3 500 milliards de dettes, 118% de dettes. On a une charge des intérêts de la dette qui va devenir le premier budget du pays. Est-ce que vous vous placez dans le cadre où il faut revenir sous les 3% de déficit en 2029 ? Est-ce que c'est ça votre trajectoire ?
Je pense que d'ici à 2029, c'est juste impossible. Et ceux qui disent qu'ils vont le faire n'y arriveront pas. Pour la raison que les budgets de ce qu'on appelle d'austérité ou de coupe que M. Lecornu met sur la table se traduisent par un ralentissement de l'activité économique.
Et vous, les recettes, c'est sur les entreprises essentiellement ?
En fait, madame, la situation actuelle, le déficit aujourd'hui supérieur à 5% en France, à un moment, il faudrait quand même que ça soit dit et vous pouvez vérifier ces chiffres. Depuis qu'Emmanuel Macron est arrivé au pouvoir, les dépenses publiques en proportion du PIB, elles n'ont pas augmenté. Elles ont même légèrement baissé. Ce qui a été réduit depuis qu'Emmanuel Macron est arrivé au pouvoir, c'est les recettes. Pourquoi ? Parce qu'Emmanuel Macron a une politique, qui était une politique qu'il a appelée politique de l'offre. Je fais des cadeaux aux plus riches, je fais des cadeaux aux grandes entreprises et j'espère que ça se traduise par un impact sur l'économie réelle. Voilà.
Cette politique-là, elle a profité à 80 fois plus aux 5% les plus riches qu'aux 5% les plus pauvres. Et c'est à cause de ça qu'aujourd'hui, on a effectivement un déficit qui est trop important. Donc, qu'est-ce que moi, je vous dis ? Je vous dis, si vous voulez résoudre le problème qui nous est posé, vous devez rétablir des recettes. Et ces recettes, ça veut dire...
Et on est déjà à 45% de taux de prélèvement obligatoire.
Mais non, mais alors...
On est numéro 2 dans la zone euro.
Mais non, mais en fait, ça dépend. On compte plusieurs fois un certain nombre de choses. Attendez, franchement, soyons sérieux. Les 500 plus riches dans ce pays, ils ont vu leur patrimoine doubler depuis qu'Emmanuel Macron est arrivé au pouvoir. Donc oui, excusez-moi de vous dire qu'aujourd'hui, c'est sur eux qu'ils devraient faire des économies plutôt que diviser par deux la prime de Noël sur les allocataires du RSA. Vous voyez, c'est une question de choix politique. Moi, je préfère faire payer les milliardaires que les allocataires du RSA. Mais il n'y a pas de majorité à l'Assemblée pour la taxe du Kman ? Oui, c'est la raison pour laquelle je pense qu'il fallait censurer le gouvernement.
Et le Parti Socialiste disait d'ailleurs, si la taxe du Kman n'est pas adoptée, nous censurerons le gouvernement. Elle n'a pas été adoptée, ils n'ont pas l'intention aujourd'hui de censurer le gouvernement.
On voit quand même qu'avec ce vote d'hier, je reviens, excusez-moi, à ça, mais c'est quand même la grande nouvelle. C'est-à-dire que les insoumis, vous êtes quand même isolés au sein du camp de gauche. Imaginons des législatives anticipées. Est-ce que vous croyez toujours à la capacité de cette gauche à s'unir ?
Ne dites pas des choses qui y compriment mathématiquement. Mais c'est factuel, Manuel Bambard. Non, justement, mathématiquement, elles ne tiennent pas. Par exemple, parmi l'ensemble des parlementaires du Nouveau Front Populaire, il y en a davantage aujourd'hui, hier, qui ont voté contre les recettes du budget de la Sécurité Sociale que pour. Donc ne me dites pas que je suis isolé. Maintenant, je regrette, je n'ai pas de problème à vous le dire, je ne comprends pas. Et je regrette la décision des écologistes et des communistes de s'abstenir sur les recettes du budget de la Sécurité Sociale.
Et comme il y aura à la fin un vote sur le budget final, j'ose espérer qu'ils vont se ressaisir et qu'ils vont comprendre que le programme du Nouveau Front Populaire, c'est de voter contre. Assiste-t-on au retour des deux gauches irréconciliables ou pas ? Mais non, mais en fait, les électrices et les électeurs de gauche, ils ne sont pas d'accord avec la stratégie du Parti Socialiste. D'habitude, d'ailleurs, vous regardez les sondages, les enquêtes de popularité. Peut-être que vous avez vu, par exemple, l'enquête de popularité ce matin, qui est publiée par le journal La Tribune de Dimanche. Qu'est-ce qu'il dit ?
Il dit que dans le bloc de gauche, ceux qui tiennent bon sur la censure et le rejet de la politique d'Emmanuel Macron, ils progressent. Et qu'à l'inverse, quelqu'un comme Olivier Faure, qui est allé, de mon point de vue, se fourvoyer dans un accord avec M. Lecornu, est en train de s'affaisser. Donc en fait, les électeurs de gauche, y compris les militants et les électeurs du Parti Socialiste, ne sont pas d'accord avec la décision.
Mais c'est un ébochage, imaginons, législative ou municipale, la gauche va se retrouver, elle a toujours cette capacité à finir ?
Je souhaite que les électrices et les électeurs de gauche se retrouvent autour de ceux qui ne transigent pas sur les principes, qui restent cohérents avec les valeurs qui ont défendu.
Donc ça veut dire pas d'accord avec les socialistes, par exemple, pour les municipales ? Ça se traduit comment, ça ?
Aux élections municipales ?
Oui, législatives ou municipales.
Les élections municipales, il y aura effectivement différentes candidatures dans l'essentiel des grandes villes, c'est clair. D'ailleurs, les partis socialistes ont même dit à Paris, vous l'avez peut-être vu, pas d'alliance avec la France insoumise, ni au premier, ni au deuxième tour. Et au deuxième tour, qu'est-ce que vous faites ? Moi, si je suis... les listes conduites ou menées par la France insoumise ou soutenues par la France insoumise, évidemment, dans un second tour aux élections municipales, elles proposent aux autres listes de gauche de se rassembler pour battre la droite et l'extrême droite. D'accord. Donc vous faites l'union au deuxième tour ?
Moi, je souhaite qu'on puisse faire l'union partout où on est en tête, en proposant aux autres de fusionner avec nous. Et quand vous n'êtes pas en tête ? Dans ce cas-là, il faut que vous posiez la question aux partis sociaux. Non, mais c'est à vous, là, que je pose, parce que c'est vous, vous êtes notre invité aujourd'hui. J'entends très bien, mais ceux qui décident de fusionner leur liste ou pas, c'est les listes qui sont en tête. D'accord ? Donc, moi, je réponds à ce que je peux répondre. Si notre liste est en tête, on cherche à créer les conditions de rassemblement. Et pour le reste, vous êtes prêts à vous maintenir ?
Eh bien, pour le reste, on est prêts à en discuter, mais pour l'instant, les socialistes disent qu'il n'est pas question de fusionner avec la... Donc, c'est quand même la grosse fissure à gauche aujourd'hui. Non, mais ça, c'est au Parti Socialiste qu'il faut poser cette question. Vous ne pouvez pas me reprocher à moi, alors que je vous dis au deuxième tour, moi, je cherche à rassembler tout le monde. Vous ne pouvez pas me reprocher à moi une décision qui, manifestement, est celle du Parti Socialiste.
C'est un exemple très concret à Lyon. La candidate LFI vient de lancer sa campagne. Ça se passait jeudi soir, seule, contre le reste de la gauche unie et contre Jean-Michel Aulas, qui réunit la droite et le centre. La stratégie, c'est qu'à vieillier seul au premier tour et au second. Où vous pensez, dans ce cas de figure, qu'il peut se passer autre chose ?
Non, il ne se passera pas autre chose. La stratégie, c'est pas... L'objectif, c'est pas d'être tout seul ou d'être à plusieurs. On a toujours dit la même chose. On propose, celles et ceux qui souhaitent faire avec nous, à partir du moment où on est d'accord sur des mesures programmatiques aux élections municipales.
Le vôtre de programme ?
Non, pas que le nôtre, mais un certain nombre de marqueurs programmatiques. Écoutez, c'est pas que politiciens, les municipales, ça concerne aussi la vie des gens. Donc nous, par exemple, dans les élections municipales, on défendra la gratuité de la cantine scolaire à l'école. Je pense que ça intéresse des gens qui habitent dans ces villes. On défendra le retour en régie publique de l'eau, par exemple. C'est-à-dire de faire en sorte que ça ne soit pas des multinationales qui s'engraissent sur le dos des habitantes et des habitants de ces villes.
Si d'autres sont d'accord pour porter ces propositions-là, j'en ai pris deux, il y en a d'autres, avec nous, et bien très bien, on peut faire ensemble, mais pour l'instant, c'est pas le cas. Et pas d'inquiétude, aux élections municipales, le seuil pour se qualifier au deuxième tour, il est à 10%. Et il y a toujours eu, aux élections municipales, différentes listes à gauche, porteurs, pas tout à fait des mêmes propositions programmatiques. Et ensuite, c'est les électrices et les électeurs qui décident.
Et donc, à Lyon, je suis très content que pour l'instant, manifestement, la candidature d'Anaïs Belois-Sachérifiée, elle est largement soutenue dans la population lyonnaise, puisque les sondages disent qu'elle pourrait faire 15, 16, 17, 18%. C'est bien.
Alors, cette semaine, il y a une victoire de la gauche, mais elle se passe outre-Atlantique. Une victoire éclatante.
C'est vrai.
Oui, je vous emmène aux Etats-Unis, le nouveau maire de New York, Zoran Mamdani, qui ne s'est pas privé d'interpeller Donald Trump.
Donald Trump, puisque je sais que tu regardes. Regarde, j'ai un message pour toi. Monte le volume. S'il y a bien une ville qui peut montrer à tout le pays comment vaincre Trump, c'est New York, la ville de son ascension.
Alors, la présidente du groupe LFI à l'Assemblée, Mathilde Panot, a fait une vidéo hier, enthousiaste. Elle dit, un insoumis va gouverner New York. Est-ce que c'est votre nouvelle icône, Manuel Bompard, Zoran Mamdani ?
Icône, c'est un mot un peu fort, mais je trouve que sa victoire est une formidable nouvelle. Ça démontre d'ailleurs qu'y compris dans l'Amérique de Donald Trump, il y a une volonté d'une partie de la population de proposer une alternative, qui soit une alternative qui se traduit par un changement dans la vie des gens. Et effectivement, du point de vue des propositions politiques que porte Zoran Mamdani, on se sent, nous, les insoumis très proches. les propositions qu'il a défendues dans la campagne. Je vous ai donné, par exemple, quelques propositions pour notre campagne des municipales sur la gratuité des cantines scolaires.
Je vous ai parlé, par exemple, comment on rend la vie des gens qui habitent dans ces villes moins difficiles. Zoran Mamdani, c'était, par exemple, la gratuité des transports, c'était, par exemple, le gel des loyers, qui sont des propositions qu'on a aussi dans notre programme. Donc, effectivement, on se sent assez proche des propositions politiques qu'il a apportées.
Ça ressemble au socialisme à la française, finalement. Les loyers, les bus gratuits, Lagarde, pour les moins de 6 ans, ça ressemble au socialisme à la française.
Alors, je ne sais pas si vous voulez faire campagne pour le Parti Socialiste, mais si vous me dites, trouvez une ville dans laquelle le Parti Socialiste propose le gel des loyers, je veux bien l'examiner avec vous, mais personnellement, je n'en ai pas trouvé pour l'instant.
Il y a le gel des loyers à Paris ?
Non, mais ça, c'est la loi nationale, madame. Ça n'a rien à voir avec des mesures municipales. Donc, pardon, si le Parti Socialiste, maintenant, veut se prétendre porteur des aspirations de Zoran Mamdani, honnêtement, jusque-là, je n'avais pas compris que c'était leur candidat.
Il y a une forme de gauche aux Etats-Unis. Il y a une autre gauche en Virginie, n'est-ce pas ? Une autre forme.
La candidature... Plus centriste. Vous pouvez essayer de faire apparaître des choses sur un... Enfin, de nier la réalité, mais la proposition politique de Zoran Mamdani, je crois qu'elle est assez proche de celle que l'on défend, et je trouve ça très bien. Et d'ailleurs, on l'a soutenu depuis le premier jour. Et si maintenant, certains tardivement se mettent à le soutenir, c'est une bonne chose aussi.
Manuel Bompard, on entend que vous similerez Zoran Mamdani. Il est ouvertement polystinien, et il a repris en son temps un slogan, le slogan mondialiser l'intifada, en clair, faire la guerre aux Juifs partout dans le monde. Et quand on lui demande de condamner le 7 octobre, et bien souvent, il bat en touche, il répète que le problème, c'est l'occupation d'Israël. Est-ce que ça, ça ne vous choque pas ?
Il y a trois fausses informations dans ce que vous venez de dire. D'abord, le fait que ça voudrait dire faire la guerre aux Juifs partout dans le monde, qui est totalement faux. Comment vous traduisez ça ? Mondialiser l'intifada, je veux bien votre définition. Je vais corriger vos trois contre-informations avant de répondre à votre question. Deuxièmement, il n'a pas utilisé ce slogan. Ça, c'est une deuxième contre-information.
Si, si, il a utilisé la reprise à son conseil. Pas récemment, je vous l'accorde.
Il ne l'a pas utilisé. On lui a posé la question de savoir si ça le choquait que des jeunes personnes l'utilisaient. Il a dit, je ne suis pas là pour faire la police des mots. Et vous traduisez ça par le fait que lui a utilisé ce slogan. Il l'a repris à son compte, il y a quelques temps. Je crois que vous êtes ici pour informer les gens et pas les désinformer. Là, en l'occurrence, par votre question, vous les désinformez. Donc, personnellement, je n'ai pas non plus utilisé ce slogan. Par contre, je salue l'engagement de Zoran Mamdani contre le génocide en cours à Gaza.
Et je dis d'ailleurs que ça lui a valu à peu près les mêmes procès que ceux que subit la France Insoumise depuis des mois et des mois de manière particulièrement infecte et particulièrement inacceptable. Donc, Zoran Mamdani, il a évidemment condamné le 7 octobre. Madame, s'il vous plaît, franchement, donnez des informations qui sont exactes. Parce que sinon, vraiment, après vous déformez les choses.
Il lève des fonds pour l'UNRWA. C'est une agence onusienne qui est accusée de collusion avec le Hamas.
Madame, l'UNRWA, vous parlez d'une agence de l'ONU. Il y a eu une enquête qui a été faite sur ce sujet, sur cette soi-disant collusion avec le Hamas. Quelles ont été les conclusions de cette enquête, madame ? C'est qu'il n'y avait aucune collusion avec le Hamas. Donc, s'il vous plaît, et c'était une enquête qui était une enquête indépendante et internationale. Mais, franchement, vous vous rendez compte de la question que vous êtes en train de me poser. L'UNRWA, c'est une agence humanitaire qui ouvre des écoles pour les enfants palestiniens. Et vous êtes en train de reprocher à Zoran Mamdani de financer l'UNRWA. Vous savez que la France finance l'UNRWA.
Et vous savez que, heureusement que la France finance l'UNRWA. Et qu'aujourd'hui, Donald Trump ne veut plus financer l'UNRWA. Mais, franchement, je crois que vous êtes vraiment trompé dans votre question.
Manuel Bompard, on va aller plutôt sur cette actualité après les incidents à la Philharmonie de Paris. Puisque c'est une actualité proche, n'est-ce pas ? Quatre personnes en garde à vue. Lors de ce concert, il y a donc eu des fumigènes, des heurts. Si vous avez vu les images, ça aurait pu franchement mal tourner. Vous ne pouvez pas empêcher des gens d'exprimer une protestation contre un génocide. Ça, c'est ce qu'a dit Jean-Luc Mélenchon. Vous êtes le seul parti à ne pas condamner. Est-ce que ça veut dire que vous validez ? Est-ce que ça veut dire que vous cautionnez ? Est-ce que c'est responsable ? Que vous cautionnez, qu'on importe, qu'on mette de la violence dans un concert.
Parce que c'est l'orchestre d'Israël qui est en train de jouer.
Là aussi, attention s'il vous plaît. S'il y a eu de la violence vendredi matin, moi j'ai vu les images, vous les avez vues aussi. Ce n'est pas les personnes qui ont allumé des fumigènes, c'est des spectateurs qui les ont frappés. Donc s'il vous plaît... Non, non, n'inversez pas tout. Si, si, si, j'inversez madame. En fait, le sujet est le suivant. Est-ce que la Philharmonie n'avait pas le droit d'organiser ce concert à vos yeux ? Moi je pense que la Philharmonie n'aurait pas dû organiser ce concert. Comme la Philharmonie avait par exemple déprogrammé des artistes russes après l'invasion de l'Ukraine par la Russie.
Parce qu'il s'agissait d'un concert, d'un orchestre philharmonique officiel qui se prétend d'ailleurs comme l'ambassadeur culturel de l'Etat d'Israël. Dans lequel on allait jouer, et on a joué, l'hymne officiel de l'Etat d'Israël.
Ça n'était pas prévu au programme, la Philharmonie a dit qu'elle ne le savait pas, que ça n'était pas prévu au programme.
Avec l'ambassadeur d'Israël à l'intérieur de la Philharmonie qui se lève et qui chante l'hymne. Et excusez-moi de vous dire que oui, quand un Etat dont les dirigeants sont aujourd'hui sous mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale, pour crimes de guerre et potentiellement pour crimes contre l'humanité, je trouve effectivement que ce concert n'aurait pas eu lieu. Et je trouve normal, et je comprends tout à fait, que des personnes aient décidé de protester contre l'organisation de ce concert. Et essayez de les faire passer pour des gens violents, alors qu'ils ont fait une action de protestation. Et qu'ils ont ensuite été frappés.
Et qu'ensuite ils ont été frappés à l'intérieur de la salle par des personnes.
Si vous êtes contre la violence, vous devriez condamner les gens qui les ont frappés. La polémique a porté sur est-ce qu'on peut risquer des problèmes de sécurité dans une salle fermée, ça aurait pu extrêmement mal tourner. Et d'ailleurs ça alimente tout le procès en absence de sécurisation des salles. Et donc ça renforce tous ceux qui demandent encore plus de sécurité. Donc au fond, est-ce que vous ne faites pas aussi le jeu de l'extrême droite en cautionnant des actions pareilles ? Parce que c'était une salle fermée, avec un vrai risque.
Vous avez raison, il y a eu de la violence. Mais justement, l'arrivée de ces personnes a provoqué aussi de la violence.
C'est que ces personnes ont subi de la violence. Eux, ils n'ont pas été violents, contrairement à ce que j'entends sur les plateaux de télévision. Ça aurait pu mal tourner. Maintenant, je vais vous dire franchement, madame, les salariés de la Philharmonie, ils avaient pris position avant l'organisation de ce concert. Ils avaient dit, dans le contexte actuel, il faut à minima qu'il y ait une remise en perspective politique, dans le contexte politique. Mais vous pouvez faire des banderoles, des manifs devant la salle. Vous auriez dit pareil, madame. Mais bloquer, faire des actions comme ça, c'était extrêmement dangereux. C'est une action symbolique et elle n'était pas dangereuse.
D'ailleurs, elle n'a produit aucun autre débordement que des personnes qui étaient dans la salle, qui ont décidé de frapper ces gens. Alors, si vous voulez, on fait 20 minutes sur le sujet. Mais moi, il n'y aura jamais dans ma bouche aucun mot de condamnation pour des gens qui font des actions pacifiques pour dénoncer un génocide. Et ce qui devrait vous choquer, ce qui devrait vous choquer, ce n'est pas que des gens aient allumé trois fumigènes dans une salle, c'est qu'il y a eu 250 Palestiniens qui sont morts depuis que le cessez-le-feu a soi-disant été signé à Gamba. Oui, mais c'est ça qui devrait vous choquer et c'est ça dont on devrait parler.
On était sur une salle de spectacle en France. Plutôt que le fait que des gens aient allumé quatre fumigènes dans une salle de spectacle.
Manuel Bompard, d'autres images qui ont marqué la semaine. Des vidéos révélées par Libération et Mediapart. Elle relance le débat sur le maintien de l'ordre lors des manifestations de 2023, de manifestations contre les méga-bassines à Sainte-Soline. On entend dans ces vidéos, entre autres, des heures de tir tendu des gendarmes contre les manifestants. C'est une pratique interdite. Françoise Fressose, une question. Vous ne faites pas confiance.
Non, est-ce que vous demandez cette commission d'enquête parce que vous ne faites pas confiance à l'armée ou parce que vous avez un doute sur le gouvernement ? Racontez-nous. Parce qu'au fond, toutes les enquêtes sont là. Je fais la transition parce que vous êtes allé un peu vite. Oui, effectivement, on demande une commission d'enquête sur les conditions dans lesquelles le maintien de l'ordre s'est déroulé lors de cette manifestation à Sainte-Soline. Pourquoi on fait cette commission d'enquête, madame ? Parce que les vidéos qui ont été publiées cette semaine, ça fait deux ans qu'elles sont dans les mains de l'inspection générale de la gendarmerie nationale.
C'est parce que c'est la gendarmerie nationale ? Vous pensez qu'ils font de la rétention d'informations ? Je ne fais pas de procès d'intention, madame. J'en reste à des faits. Ces vidéos, elles sont inacceptables. Vous les avez peut-être vues. Il y a ce que vous dites sur les tirs tendus, qui sont une pratique illégale. Mais il y a aussi des propos qui sont juste inacceptables, dans lesquels on dit qu'on va tuer des gens, qu'on est content d'en avoir éborgné. Est-ce qu'on peut juste mettre dans le contexte ?
Oui, c'était une journée en effet très violente. Il y a eu aussi de l'autre côté des violences, des boules de pétence, n'est-ce pas ?
Je ne dis pas l'inverse, madame. Mais est-ce que ça justifie qu'un gendarme puisse être content quand quelqu'un est blessé ? Est-ce que ça justifie qu'on puisse utiliser des pratiques qui sont illégales ? Évidemment non. Or, ces vidéos, ça fait deux ans qu'elles sont dans les mains de l'inspection générale de la gendarmerie nationale. Il ne s'est rien passé.
Qu'attendez-vous de cette commission d'enquête ?
J'attends qu'on fasse la lumière sur y compris la hiérarchie, sur qui a donné les ordres, sur comment ça s'est déroulé, sur est-ce qu'il y a des sanctions pour les policiers, ou les gendarmes en l'occurrence, qui manifestement n'ont pas respecté les règles élémentaires de la déontologie. Vous savez, la police, la gendarmerie nationale, elles sont ce qu'on appelle les détenteurs du monopole de la violence légitime. Et donc ça leur donne des devoirs sur le fait de respecter des cadres déontologiques. Et cette journée, elle a été extrêmement violente. Il y a eu plus de 200 blessés. Il y a des gens qui ont été traumatisés par la violence.
Et ce qui s'est passé ce jour-là n'est pas acceptable dans un état de droit. Mais le ministre de l'Intérieur a demandé une enquête administrative. Ça veut dire que vous n'avez pas confiance dans cette enquête ? Je n'ai pas confiance dans la capacité du ministre de l'Intérieur, effectivement, à apporter des réponses sur ce sujet. Puisque quand on lui a posé... Non, ça c'était le ministre de la Justice. Quand on lui a posé la question, il a dit que globalement, il n'avait pas vu les vidéos. Peut-être que son rôle, ce serait de les regarder, non ? Qu'est-ce que vous en pensez ?
Une dernière question d'actualité, Manuel Bompard, sur le Mercosur. Apparemment, Emmanuel Macron, je vous emmène là sur complètement autre chose. On est sur un accord de libre-échange de l'Union européenne avec les pays d'Amérique du Sud. Emmanuel Macron trouvait que l'accord était inacceptable en l'état. Il a dit, il y a quelques heures, qu'il était vigilant, mais plutôt positif. Qu'en pensez-vous ?
Je pense qu'il est en train totalement de lâcher la France et la position qui est la position assez largement partagée, d'ailleurs, dans la classe politique française. Et donc, je vais vous dire quelque chose, je vais vous faire une annonce. Lors de notre niche parlementaire qui a eu lieu à la fin du mois de novembre, les parlementaires auront l'occasion de dire leurs mots sur le sujet, puisque nous avons déposé une résolution pour s'opposer et rejeter l'accord de libre-échange avec le Mercosur. Ça n'aura pas de valeur, cette résolution. Ça sera juste un signal, c'est ça ?
Si l'ensemble de l'Assemblée nationale vote cette résolution pour rejeter l'accord de libre-échange avec le Mercosur, je crois que ça sera difficile pour le président de la République de faire comme si ça n'existait pas. Le président de la République ment aux Français sur ce sujet depuis le début, en faisant croire qu'il est opposé à l'accord de libre-échange avec le Mercosur, alors qu'en fait, il s'apprête à capituler en race campagne. Eh bien, pour notre part, nous refusons de capituler en race campagne et d'approuver un accord de libre-échange qui aura des conséquences dramatiques pour l'agriculture française, pour l'écologie, pour la santé des habitants et des habitants.
Vous ne croyez pas aux clauses de garantie offertes par Bruxelles ?
Mais ces clauses miroirs, en fait, c'est un miroir aux alouettes, si vous voulez, on va dire comme ça. C'est-à-dire que vous prétendez qu'il va y avoir des contrôles, alors que vous n'avez pas les moyens de garantir et d'assurer ces contrôles. Donc c'est un mensonge qui est fait aux gens. Il faut rejeter cet accord de libre-échange avec le Mercosur. Nous le ferons au Parlement européen et nous aurons l'occasion de le faire aussi à l'Assemblée nationale à travers cette résolution.
Manuel Bompard, vous êtes l'invité de Questions politiques. On va tenter à présent de mieux vous connaître. Et celle qui dévoile nos invités, c'est Alix Bouillaguet, notre spécialiste des biographies et des archives.
C'est ni un mentor, ni un père. C'est évidemment une personnalité politique qui a un rôle central dans la vie politique française et qui a eu un rôle central, y compris pour moi, parce que j'ai beaucoup appris et j'apprends beaucoup à ses côtés. Je ne m'en cache pas, évidemment. Et je pense que Jean-Luc Mélenchon, c'est quand même la personne qui a relevé la gauche dans ce pays. Donc je sais qu'il est du usage de dire beaucoup de mal de Jean-Luc Mélenchon, mais pardonnez-moi, moi j'en dirais beaucoup de bien.
On vous entend, c'était en septembre dernier, effectivement très laudateur sur Jean-Luc Mélenchon. Vous, vous apparaissez pourtant comme en quelque sorte l'antithèse de Jean-Luc Mélenchon, c'est l'anti-bruit et fureur. Mais si votre style diffère, vous êtes son premier lieutenant zélé, le coordinateur du parti, celui qui donne les éléments de langage, celui aussi qui a gravi tous les échelons de la Mélenchonie depuis 2008. Est-ce que c'est offensant de vous décrire aussi comme un apparatchik ?
Oui. Pourquoi ? J'ai l'impression que vous avez envie d'être offensant avec moi aujourd'hui. C'est pour ça que je me... Mais parce que d'abord, vous dites l'audateur zélé, etc. à accepter peut-être l'idée que la personne qui est en face de vous, elle a un cerveau, elle a des idées, elle essaye de réfléchir parfois par elle-même.
On va parler de votre cerveau parce que vous en avez bien.
Non, mais vous voyez, je le dis comme d'autres en fait. Et pour le reste, oui, je ne me cache pas du fait qu'effectivement, je suis fier de militer aux côtés de Jean-Luc Mélenchon, que je considère qu'il a eu un rôle essentiel alors que la gauche, elle était dans les limbes après le quinquennat de François Hollande pour retrouver, reconstruire une gauche digne de ce nom dans ce pays, qu'on peut aussi lui reconnaître quand même, parce que c'est bien, j'entends que beaucoup de gens aiment le critiquer, mais il faut peut-être aussi reconnaître quand il y a des choses positives.
Par exemple, on pourrait reconnaître à Jean-Luc Mélenchon d'avoir contribué à faire émerger aussi une nouvelle génération politique. Et pour le reste, madame, moi, je suis un militant, je travaille pour défendre les idées qui sont les miennes, je porte la parole des habitantes et des habitants de ma circonscription. Si vous voulez traduire tout ça en apparatchik, je trouve que c'est un peu réducteur pour l'engagement politique qui est le mien.
C'est sûr que c'est un peu réducteur parce que votre grande passion sont les chiffres. Vous cartonnez à l'école, au bac, vous avez 20 en maths et 19 en physique.
Oui, c'est ça.
Oui, école d'ingénieur à Grenoble, docteur en maths appliquée dans le domaine de l'optimisation aérodynamique en aéronautique. Alors, autant vous dire que là, moi, je ne suis pas du tout calée. À la sortie...
C'est juste pour optimiser la forme des ailes d'avion, madame.
Très bien.
Oui, je pourrais expliquer.
Et donc, loin maintenant. Donc, à la sortie, vous montez une start-up spécialisée dans l'intelligence artificielle. On peut se demander quand même, au vu de ce parcours d'excellence, qu'est-ce que vous êtes allé faire en politique ?
Ben, tout simplement parce que...
D'où vient cette passion ?
Ben, je crois que c'est une prise de conscience aussi dans ma jeunesse du caractère insupportable des inégalités qui existent dans notre pays, de la marche à l'abîme que vivent aujourd'hui nos sociétés du point de vue du changement climatique. Et tout ça a forgé chez moi aussi une envie de transformer la société parce que je trouve que cette société, elle ne fonctionne pas bien. Voilà. Et donc, j'ai décidé de m'engager d'abord en dehors des formations politiques pour essayer de changer les choses. Et puis, petit à petit, je me suis dit, il ne suffit pas de protester dans son coin. Il faut s'y mettre aussi.
Et les déjeuners du dimanche avec vos parents, vous avez deux frères cadets. C'était animé. Ils sont de gauche, vos parents ?
Oui, ça parlait quand même politique, mais il n'y avait pas d'engagement. Partisans. Voilà. Donc, ça a sans doute aussi contribué, évidemment, à forger ma conscience politique. Mais je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas avoir une formation scientifique. C'est vrai qu'il n'y en a pas beaucoup. Et en même temps, être engagé en politique, on peut faire les deux. Moi, je garde un intérêt pour la science, pour les recherches que j'ai pu faire dans ma carrière professionnelle.
Il paraît que pour vous détendre, vous faites des équations de temps en temps.
Ça, c'est un peu une caricature, ça. Mais je suis intéressé, bien sûr, par la science. Je vous avais dit, j'ai travaillé dans le domaine de l'intelligence artificielle. C'est un sujet, y compris politiquement, duquel j'essaye de m'emparer aussi, parce que je trouve que c'est un sujet qui a beaucoup de répercussions politiques. Mais je suis aussi fier de mon parcours politique. Je crois qu'on peut être fier des deux en même temps.
Alors, je sais que la phrase, l'expression est un petit peu à la mode. Celle d'être un moine soldat, mais elle vous correspond aussi. Il n'y a pas que Sébastien Lecornu.
Je ne sais pas pourquoi vous dites ça.
Non, vous n'êtes pas un moine soldat.
Je ne sais pas ce que ça veut dire un moine soldat.
Quelqu'un, vous êtes un gros bosseur.
Ah oui.
Dans une forme de discrétion.
Discrétion, je ne sais pas. Regardez, je suis avec vous aujourd'hui. Mais oui, vous avez raison. Je considère que quand on porte la parole des électrices et des électeurs, qu'on défend des idées à l'Assemblée nationale, il faut être à la hauteur. Et être à la hauteur, ça nécessite aussi de travailler sur les sujets, sur les dossiers. J'essaye de faire en sorte de ne pas dire des bêtises. Mais je trouve que tout le monde devrait faire pareil, non ?
Et est-ce que votre côté pas de vague, c'est aussi un moyen, un bon moyen, pour ne pas déclencher la colère mélenchonienne qui s'abat parfois sur les trop conditions ?
Mais pourquoi ? En fait, le problème, c'est que vous avez une... Pardon, je vous le dirai, ce n'est pas grave, mais...
Est-ce que... Je termine juste ma question. Je vous laisse terminer. Est-ce que c'est parce que aussi, dans votre partie, l'après-mélenchon, c'est presque un interdit ou en tout cas un impensé ?
Non, parce qu'en fait, le problème, ce n'est pas grave, mais vous avez en fait une idée préconçue sur la France insoumise qui fonctionnerait de telle ou telle manière. En gros, pour résumer, que ce serait Mélenchon qui déciderait de tout et que les autres... Ah ben, il y a eu quand même quelques preuves assez éclatantes. Attendez, et que les autres n'ont pas de cerveau et qu'ils suivent sans réfléchir. Pardon, moi, en fait, ce n'est pas dans ce mouvement politique que je vis.
Le fait, quand même, qu'il y ait une purge, je sais que vous n'aimez pas le mot, mais en 2024, les anciens compagnons de Jean-Luc Mélenchon, Raquel Garrido et les Corbières, ils ont dû prendre la sortie. Vous avez mené sans état d'âme cette purge.
Mais d'abord, je n'ai pas fait de purge. Ils n'ont pas été réinvestis comme candidats aux élections législatives. Et effectivement, j'assume totalement cette décision, mais ce n'était pas une décision personnelle, c'était une décision collective. Donc, je ne sais pas pourquoi vous voulez plaquer l'image que vous avez de la France insoumise sur moi et sur la manière avec laquelle on fonctionne. Donc, je vais vous dire, la France insoumise, c'est à peu près 400 000 militants partout en France. Plus de 100 000 qui militent au quotidien dans des groupes d'action. C'est des gens qui font des collectes, par exemple, en ce moment alimentaires.
C'est des gens qui font des collectes de jouets de Noël pour les enfants qui n'auront pas de chance d'avoir des jouets de Noël. C'est des gens qui se battent, en fait, pour défendre des idées. Et puis ensuite, c'est effectivement des parlementaires qui essayent de bien faire leur travail aussi. Donc, je sais que ça ne correspond pas tout à fait au canon médiatique sur la France insoumise.
Donc, il n'y a pas de culture du chef.
Mais moi, la France insoumise que je connais, c'est ça. C'est ça, la réalité du mouvement que je coordonne et du mouvement que j'ai rejoint. Et je suis très fier d'avoir rejoint ce mouvement. Et je trouve qu'il subit des procès qui sont souvent des procès très injustes par rapport à la réalité.
D'anciens insoumis aussi. Là, Alix les a cités. Il n'était pas très content de prendre la sortie aussi brutalement.
Vous savez, dans toutes les formations politiques, je peux vous faire la même chose dans toutes, il y a parfois des gens qui sont en désaccord et qui décident de quitter une formation politique. Et c'est rare qu'ensuite, ils disent beaucoup de choses bien pour ces formations politiques-là. C'est comme ça, c'est la vie politique. Je ne leur en veux même pas de le faire. Mais ce n'est pas parce qu'eux le disent que c'est la vérité de comment fonctionne le mouvement insoumis.
Nous vous avons demandé de venir, Manuel Bompard, avec une carte blanche, un sujet sur lequel vous voulez braquer, les projecteurs, sur lequel on vous questionne peut-être moins. Mais alors là, c'est la grosse actu, la COP.
Justement, je ne trouve pas que ce soit vraiment la grosse actu. Je trouve qu'on en parle très peu. On est à 10 ans, c'est la COP qui va s'ouvrir à Bélème. On est à 10 ans de la COP 21 qui avait eu lieu à Paris, dans lequel il y a eu quand même des objectifs très ambitieux qui avaient été pris. Réduire la hausse de la température à 2 degrés, si possible à 1,5 degré. 10 ans après, je trouve que la situation est catastrophique. Tous les scientifiques vous disent aujourd'hui que ce seuil de 1,5 degré va être dépassé dans la prochaine décennie. Et pour faire le lien avec les sujets nationaux, en France, on est censé réduire nos émissions de gaz à effet de serre de 5% chaque année.
Cette année, on va à peine les réduire, peut-être de 0,5 ou de 0,6%. Et là, on a un budget dont on parle depuis un mois, dans lequel on ne parle jamais d'écologie. Alors que vous avez, par exemple, un rapport qui a été fait par Jean-Pierre Zéniféry et Mme Mahfouz, qui ne sont quand même pas des insoumis, qui dit qu'il faudrait qu'il y ait 80 milliards d'euros d'investissement par an pour être à la hauteur de l'urgence climatique et environnementale. Et là, on va diviser par deux le fond vert, on va réduire les fonds pour la rénovation thermique des logements.
Il y a eu un gros coup d'arrêt au moment des élections européennes de l'année dernière, où au fond, c'est comme il y a eu une sorte de rejet presque populaire du Green Deal. Est-ce que vous en tenez des conséquences ? Est-ce que vous dites oui, il faut peut-être réorienter la façon dont on procède ? C'est clair que l'écologie libérale, on va dire, qui a été celle de la Commission européenne, est une écologie très antipopulaire, c'est-à-dire faisant croire que pour... On l'a beaucoup mis en cause sur le côté normatif. Trop de normes. C'était ça, la grosse critique. Mais aussi sur le fait que ça allait reposer essentiellement sur les catégories populaires.
Par exemple, pour prendre un exemple assez emblématique de cette politique, c'est ce qu'on a appelé les zones à faible émission en France. Vous avez voté contre. Oui, où on a dit, parce que ce n'est pas de l'écologie, ça. Voilà. Si vous voulez, moi je suis élu, je vous donne un exemple très concret.
C'est l'interdiction progressive des voitures les plus polluantes dans les villes.
Oui, mais le problème, c'est la question des alternatives. Moi, je suis élu d'une ville, par exemple, à Marseille, et de quartiers, qui sont des quartiers très très pauvres. Dans le troisième arrondissement de Marseille, il y a 50% des gens qui vivent sous le seuil de pauvreté. Il y a des bus, il y a des métros à Marseille. Oui, enfin les bus, vous voulez aller habiter à la Belle de Mai, à Marseille, et vous allez voir les bus après 20h, comment vous allez pouvoir rentrer ou aller travailler. Vous allez aller là-bas, et puis vous allez essayer d'aller travailler à l'autre bout de la ville et vous allez voir que vous avez besoin de 1h30 ou 2h pour aller travailler. C'est impossible.
Et quand vous dites, il n'y a pas d'alternative, mais en plus vos voitures, vous n'allez pas pouvoir les utiliser pour aller travailler, vous condamnez des gens à rester à la maison. Et donc c'est impossible.
Et qu'est-ce que vous dites sur 2035 ? Est-ce qu'il faut que Bruxelles garde cette date butoir pour interdire la vente des véhicules à moteur thermique ?
Moi, je ne suis pas pour remettre en cause ces règles-là, mais alors il faut une politique en France qui soit une politique de planification de la transition nécessaire du secteur automobile, qui n'a pas été faite pour l'instant. Où on a, par exemple, poussé les constructeurs à se positionner sur le champ de l'électrique, mais sur du haut de gamme ou sur du moyen de gamme, sans se protéger de la concurrence internationale. Et aujourd'hui, le secteur de l'automobile, il est en crise en France.
Donc ce que je voulais vous dire, c'est que je ne comprends pas, alors que cette question-là, elle devrait être centrale, comment on peut examiner un budget dans lequel on va encore faire des économies sur le budget de l'écologie. Souvent, quand on parle de la dette, vous avez un argument qui consiste à dire « Non, mais on va laisser ça à nos générations futures », ce qui est souvent bien faux d'ailleurs, parce que la dette, on la fait tourner, on la fait rouler, on réempreinte pour rembourser.
Enfin, oui, mais les taux d'intérêt sont plus...
Mais il y a une dette, madame, qu'on ne pourra jamais rembourser. C'est la dette écologique. C'est-à-dire que c'est irréversible ce qui est en train de se passer aujourd'hui. Et je trouve que c'est irresponsable d'avoir des gouvernements qui continuent à rien faire sur ce sujet, même à reculer, alors que dans 10 ans, dans 15 ans, dans 30 ans, c'est même la question de la survie de l'espèce humaine sur Terre qui va être reposée.
On continue avec 2027, si vous voulez bien, on se projette, on continue à se projeter. Françoise Presseau, une question qui sera au cœur du débat public et de la présidentielle dans deux ans. Françoise ? Jean-Luc Mélenchon.
Il a déjà eu trois candidatures à la présidentielle. Il n'est pas encore candidat officiel, mais on voit qu'il se prépare. Et donc, la grosse question, mais dans tous les esprits, c'est est-ce que c'est la bonne, cette fois, la bonne candidature ou est-ce que c'est la candidature de Troux ? Donc, première interrogation, c'est l'âge. Quand vous voyez Jordan Bardella, 30 ans, qui carincole en tête des intentions de vote à l'élection présidentielle, est-ce que vous ne dites pas à la France insoumise « le temps des papys, c'est fini » ? D'abord, il faudra vous utiliser les expressions que vous voulez. C'est gentil, papy. Non, mais ça va. Mais bon, faites attention avec les sondages.
Je veux dire, moi, vous savez, à 18 mois... Non, mais là, puisque je réagis à Jordan Bardella... Je sais, mais ça, de toute façon, vous dites à chaque fois les sondages... Non, mais ce n'est pas que je dis à chaque fois, madame, mais à un moment, il faut juste se rappeler des choses qui se sont passées. Vous savez qu'il y a 18 mois de l'élection présidentielle de 2022, Jean-Luc Mélenchon a été annoncé à 8% dans les sondages et Marine Le Pen a été annoncé à 30% dans les sondages. Il y avait exactement 22 points d'écart à 18 mois de l'élection présidentielle. Le soir de l'élection présidentielle, Jean-Luc Mélenchon a fait 22% et Marine Le Pen a fait 23%. Il y avait un point d'écart.
Donc, vous savez, je fais très attention avec les gens qui disent... Le RN n'était pas au niveau auquel il est aujourd'hui. À 30, là, il est à 35. Et il n'y avait pas non plus la banalisation de l'image du RN à cette époque-là. Et là... Je ne veux pas contester certaines choses que vous dites, madame François. Je veux dire juste, remettons les choses en perspective. Pour le reste, Jean-Luc Mélenchon, il a fait 11% la première fois, il a fait 19% la deuxième fois, il a fait 22% la troisième fois. Alors moi, je ne suis pas devant. Je ne sais pas ce qui va se passer. Et donc, la quatrième fois, vous le mettez à quel niveau ?
Je considère que progressivement, la France Assoumise, les idées qu'on défend, la base populaire qui est la note, s'élargit. Et elle s'élargit, évidemment, avec Jean-Luc Mélenchon, aux différentes élections présidentielles. Quant à la question de savoir qui sera notre candidat à l'élection présidentielle de 2027, on répondra à cette question en temps voulu, quand on contre-sidrera, que c'est le bon moment pour vous répondre. Vous dites qu'il n'est pas candidat, là, Jean-Luc Mélenchon ? Je vous dis que... Jean-Luc Mélenchon... Vous dites qu'il y a un débat interne pour savoir s'il l'est ou pas ? Non, je ne vous dis pas qu'il y a de débat interne.
Je vous dis que Jean-Luc Mélenchon, comme tous les parlementaires de la France Assoumise, sont en campagne permanente. Donc, effectivement, il est en campagne.
C'est le slogan du Rassemblement national.
Comme tout le monde est en campagne. Oui, mais ce n'est pas parce que... Si, ce matin, le Rassemblement national dit que le ciel est bleu et qu'il est bleu, je ne vais pas dire qu'il est rouge. Poursuivons, poursuivons, parce qu'on perd du temps. Vous dites qu'il y a un élargissement successif de l'électorat de Jean-Luc Mélenchon. Depuis 2022, il se produit quand même des choses plutôt inquiétantes pour lui. D'abord, son image personnelle. C'est beaucoup aggravé. Une majorité de Français le juge inquiétant, pas attaché aux valeurs démocratiques. C'est original, Mme Président. Non, ce n'est pas...
En fait, ce que je constate, c'est que dès que la réalité vous déplait, vous dites que ça n'existe pas. Donc, il y a l'image dégradée de Jean-Luc Mélenchon. Il y a le fait qu'il n'est plus hégémonique au sein de la gauche. On voit bien qu'il y a eu des dissensions d'anciens et les fils qui sont partis. Les écologistes tâtonnent. On voit bien que la gauche dite réformiste est en train de faire sécession. Donc, pourquoi vous dites élargissement de l'électorat de Jean-Luc Mélenchon ? D'abord, la situation que vous décrivez, que je ne veux pas contester aujourd'hui, elle n'est pas très différente de la situation de l'élection présidentielle de 2022.
Est-ce que j'ai besoin de vous rappeler qu'il y avait une candidature... Le RN n'était pas à ce niveau-là. Le RN n'était pas le favori de l'élection. Il y avait 8 députés aujourd'hui, 120 ? Un débat qui ne part pas dans tous les sens. Vous me parlez de la situation à gauche. Est-ce que oui ou non, en 2022, il y avait une candidature du Parti Socialiste qui a fait 1,75% qui s'appelle Mme Hidalgo ? Est-ce que oui ou non, il y avait un candidat des écologistes ? Est-ce que oui ou non, il y avait un candidat des communistes ? Oui. Ça n'a pas empêché Jean-Luc Mélenchon de faire 22% des voix. Donc, il n'y a pas quelque chose de très différent de ce point de vue-là.
Ça, c'est la première chose que je voulais vous répondre, Mme. Pour le reste, sur l'élargissement de notre base politique, moi, je regarde par exemple le résultat des dernières élections européennes, qui est toujours une élection difficile pour la France à saumuse. La participation, c'est plus compliqué pour nous. On a gagné 1 million de voix par rapport à l'élection européenne précédente. Mais vous êtes très loin de Gluckspan, par exemple, du candidat Gluckspan. Oui, mais Jean-Luc Mélenchon, la liste de la France à saumise en 2019, elle avait fait 6% et M. Jadot avait fait 14%. D'accord ? Donc, les élections européennes, ce n'est pas les élections présidentielles.
Je vous dis juste que du point de vue des bases politiques que ça met en mouvement, je considère que le travail qui est le nôtre, d'aller chercher en particulier, puisque c'est notre stratégie, les gens qui sont les plus éloignés de la politique, qui, globalement, n'y croyaient pas et qui, petit à petit, retrouvent des raisons d'espérer. Et mon objectif, c'est de créer une stratégie qui permet de gagner l'élection présidentielle de 2027, ou celle d'avant, s'il y en a une avant. Et pour gagner cette élection, je pense que c'est auprès de ces gens-là, des abstentionnistes, des gens qui sont les plus éloignés politiques, qu'il faut progresser.
Et je suis content de voir que notre travail porte ses fruits. Quand la gauche vous dit que vous ne pouvez pas gagner le deuxième tour de la présidentielle parce que vous êtes devenu LFI, Jean-Luc Mélenchon, le repoussoir par rapport à Marine Le Pen, Qu'est-ce que vous répondez à ça ? Mais d'abord, je leur réponds que pour gagner au deuxième tour de l'élection présidentielle, il faut d'abord y être qualifié au deuxième tour. Parce que quand je vois des gens qui sont annoncés à 4% dans les sondages nous expliquer que nous, on ne sera pas en mesure de gagner au second tour... Vous visez qui, là ? Voilà, Olivier Faure, Marine Thondelier, pardon... Vous les prenez pour quantité négligeable ?
Je ne les prends pas pour quantité négligeable, mais eux s'appuient sur des sondages pour dire que nous, au deuxième tour, on ne pourrait pas gagner. Donc ces mêmes sondages disent qu'ils ne sont même pas en capacité aujourd'hui de se qualifier au second tour. Je trouve que ce n'est pas les mieux placés pour nous donner ces leçons. Pour le reste, au second tour d'une élection présidentielle... Excusez-moi. Allez-y. C'est juste pour compléter la réponse. Aux dernières élections législatives, tout le monde disait qu'il n'y aura pas au second tour de mobilisation contre l'extrême droite. Il y en a eu une.
Y compris un certain nombre de députés insoumis qu'on a annoncés, soi-disant, trop clivants. Ils ont été élus, y compris avec des voix qui ne venaient pas uniquement des camps insoumis. Et donc il n'y a pas de raison qu'aux élections présidentielles par la mobilisation des abstentionnistes et des gens les plus éloignés de la politique et par le fait qu'un certain nombre de candidats, si c'est l'extrême droite en face, un certain nombre d'électrices et d'électeurs voudront battre l'extrême droite. Oui, je pense que Jean-Luc Mélenchon ou un autre candidat insoumis a tout à fait la possibilité de l'emporter. En tout cas, c'est mon objectif.
Sauf que vous avez... Il y a un changement quand même notable par rapport aux années 2020. À 2020, ça c'est l'enquête Fracture française. La France insoumise, un parti qui attise la violence, un parti dangereux pour la démocratie, les chiffres sont plus hauts aujourd'hui parmi les électeurs de gauche qu'en 2020.
Votre image s'est dégradée à gauche chez les écolos,
chez les socialistes.
Heureusement, vu toute l'énergie qui est mise pour essayer de salaire la France insoumise, franchement, si ça n'avait produit aucun résultat, vous devriez vous interroger. Vous le prenez par l'ironie. Non, je ne le prends pas par l'ironie. C'est pas une réponse. Si, c'est une réponse, madame. Je décris une stratégie de diabolisation de la France insoumise qui a été menée dans tous les grands médias depuis deux ans et qui produit, c'est vrai, ces résultats.
Moi, ce que je vous dis, c'est que quand on va rentrer dans la campagne présidentielle, quand les gens vont sortir de ces polémiques ridicules et qu'ils vont s'intéresser à ce qu'il y a dans les propositions, dans les programmes et pas juste aux bêtises qu'on dit sur la France insoumise, oui, je pense que cette image soit disant dégradée, je pense qu'elle va très largement s'améliorer. Parce que, excusez-moi, mais dans l'interview dans la discussion qu'on a depuis 55 minutes maintenant, expliquez-moi ce qui attise la violence, expliquez-moi ce qui est hors républicain, etc. Strictement rien.
Tout ça, c'est des calomnies et des procès qui sont faits contre la France insoumise et qui ne s'appuient sur aucun élément sérieux.
Là, on est sur des sondages et des enquêtes d'opinion. Mais imaginons que Jean-Luc Mélenchon ne soit pas candidat à la prochaine présidentielle. Est-ce que ça pourrait être vous ?
Mais madame, moi, je ne vais pas rentrer au jeu des petits noms et des petits chevaux. Moi, si l'élection présidentielle devait avoir lieu demain, j'ai toujours dit que je trouvais que Jean-Luc Mélenchon était aujourd'hui la personnalité la mieux placée pour un autre candidat. Mais dans la jeune garde, vous voyez bien,
il y a Mathilde Paneau, il y a Clémence Guettet, il y a vous.
On a l'embarras du choix. Mais vous ne dites pas
tiens, oui, moi, j'ai les épaules.
Mais vous l'avez dit, on a l'embarras du choix. Il y a plein de gens qui ont les épaules. Les personnes que vous avez citées, évidemment, les ont. Et si on doit à un moment décider... Mais vous m'avez mis dedans.
Et il faudrait une primaire à ce moment-là ?
Mais non, on choisira...
François Ruffin le dit encore ce matin, il faut une grande primaire de la gauche.
Non mais franchement, on a parlé de Zoran Mamdani tout à l'heure. Zoran Mamdani est exactement la démonstration que la primaire est absurde quand vous mettez ensemble des candidats qui ne portent pas la même orientation programmatique. Zoran Mamdani, il a gagné l'élection contre celui qu'il avait battu à la primaire. Donc si vous allez dans une primaire avec des gens qui ne défendent pas les mêmes projets politiques, il n'y aura pas... Par exemple, ce n'est pas vrai. Donc il ne faut pas faire croire des choses qui ne sont pas vraies. Ce n'est pas grave s'il y a plusieurs candidatures. Il faut juste être en capacité de se qualifier au second tour.
Eh bien nous, on travaillera pour être en mesure de nous qualifier au second tour. Quant à notre candidature, ne vous inquiétez pas, on décidera ensemble et on aura une proposition aux communes et ça sera la meilleure.
Les deux dernières minutes, Manuel Bompard, on passe au vrai-faux. La dernière séquence, je vous donne des affirmations, certaines très sérieuses, d'autres un peu plus triviales. Et vous répondez vrai ou faux. C'est le référendum qui vous a amené à la politique. Vrai ou faux ?
Vrai, plutôt vrai.
Vous parlez régulièrement à une intelligence artificielle. Vrai ou faux ?
Non, faux.
Vous auriez les épaules pour être président de la République ?
Bon, ça, ce n'est pas à moi de répondre à cette question. Ah bah, vrai ou faux ? Bah non, par définition, on n'est pas forcément la personne la mieux placée pour parler de soi-même.
Vous faites partie de la commission de la défense et des forces armées à l'Assemblée nationale. Vous avez auditionné le chef d'état-major. Il faut se préparer à un choc avec la Russie d'ici 3-4 ans. Pour vous,
je crois qu'au sens d'une... C'est ce qu'il dit, le général. Par exemple, la revue stratégique nationale ne dit pas ça, donc plutôt faux.
Vous êtes supporter de l'AS Saint-Etienne ?
Je suis supporter de l'OM et l'AS Saint-Etienne...
Ça, c'est... Aïe, aïe, aïe. C'est dur, là. C'est dur, là. Non, attendez, on va dire les choses, franchement. Député de la 4e circonscription.
Je soutiens l'OM et après, c'est vrai que je suis né à Firmini, donc j'ai aussi, on va dire, une passion de cœur pour l'AS Saint-Etienne.
Faux. Juste la seconde fois. Ouais. En 2022, justement, deuxième tour, Le Pen-Macron, vous avez voté Macron, vrai ou faux ? Vous avez répondu, on a mal voté. J'ai pas entendu.
J'ai voté contre Marine Le Pen, ouais.
Vous avez voté Macron ?
J'ai voté contre Marine Le Pen. Pour le reste, laissez-moi le secret de l'isoloir. Mais en tout cas, j'ai pas voté pour Marine Le Pen.
En 2027, vous pourriez voter Glucksmann, vrai ou faux ?
Ben non, puisque je voterai pour le candidat de la France insoumise.
Ah, donc. Manuel Bonbach. Vous n'allez quand même pas me demander de voter pour quelqu'un d'autre. Merci d'avoir répondu à nos questions politiques. Merci à vous. On se retrouve la semaine prochaine.
Bonne journée.
Manuel Bompard