COMMENT MACRON ENGRAISSE LES ULTRA RICHES
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- Chiffre
« L’activité n’a pas été relancée. En 2017, avant ces mesures, la croissance a été de 2,7%. Depuis, son rythme est passé à 1,2% par an. »
- Chiffre
« La mesure a coûté 5 milliards aux finances publiques. »
- Chiffre
« Les 350 000 ménages les plus riches ont reçu un cadeau fiscal de 7 500 euros en moyenne. Les 100 plus riches de 1 million chacun. »
- Fait
« La suppression de l’IFI et la création du PFU vont augmenter les inégalités de revenu en France. »
- Chiffre
« Les départs à l’étranger de personnes payant l’ISF sont passés de 600 à 400 personnes par an. »
- Fait
« Tous les revenus des ménages doivent être soumis à l’impôt progressif. Il n’y a aucune raison d’y faire échapper les revenus du capital. »
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Quand l’État subventionne les riches. Le Comité constitué par le gouvernement pour évaluer l’impact de la suppression de l’ISF, l’impôt sur les grandes fortunes, et du PFU, le prélèvement forfaitaire unique, soit la flat-tax à 30% sur les revenus du capital vient de rendre son premier rapport. Une fois de plus, la composition de ce comité pose problème : des fonctionnaires zélés, une députée de la majorité, des experts du patronat, des syndicalistes complaisants, des économistes libéraux.
Pour le résumer, ce rapport de 350 pages nous dit seulement “il est trop tôt on ne peut évaluer l’impact de ces mesures sur l’activité, l’investissement ou l’emploi.” Deux points sont pourtant évidents. L’activité n’a pas été relancée.
En 2017, avant ces mesures, la croissance a été de 2,7%. Depuis, son rythme est passé à 1,2% par an. On ne voit pas le coup de fouet que ces mesures auraient dû donner à l’économie française.
La propagande gouvernementale nous disait que les bénéficiaires des baisses d’impôt allaient investir cet argent dans des entreprises. Or, il n’existe aucune preuve, aucun exemple où effectivement l’argent redonné aux plus riches est allé financer l’investissement direct dans des entreprises. Parmi les plus riches, certains ont utilisé cet argent tombé du ciel pour consommer plus, donc se payer des biens de luxe ou des voyages à l’étranger, d’autres l’ont utilisé pour effectuer des placements en Bourse, mais les placements en Bourse font monter les cours, nourrissent la spéculation financière et ne profitent que pour 0,3% à l’investissement productif.
Le rapport confirme deux points : D’une part, l’ISF ne frappait pas les plus riches parmi les riches puisque le capital des chefs d’entreprise et de leur famille était exonéré, puisque le plafonnement de l’ISF profitait aux ultra-riches qui pouvaient payer des conseillers fiscaux pour mettre en place des montages qui leur permettaient de déclarer peu de revenu, donc d’échapper à l’ISF comme à l’impôt sur le revenu. Au lieu de supprimer l’ISF, il aurait fallu revenir sur ces dispositifs. Enfin, la mesure a coûté 5 milliards aux finances publiques, d’autant que certains dirigeants d’entreprise ont profité du PFU pour se rémunérer en dividendes au lieu de salaires, donc sans payer de cotisations sociales et en payant 12,8 % d’IR au lieu de 40 %.
Les 350 000 ménages les plus riches ont reçu un cadeau fiscal de 7 500 euros en moyenne. Les 100 plus riches de 1 million chacun. Le rapport le reconnaît : la suppression de l’IFI et la création du PFU vont augmenter les inégalités de revenu en France.
Les plus riches ont donc payé 5 milliards d’impôts en moins. On aurait pu penser qu’ils en consacreraient une large partie à la solidarité. Et bien non !
Comme ils ne pouvaient plus déduire leur don de leur ISF, ils ont donné 150 millions de moins. Ni l’emploi, ni l’investissement n’ont augmenté. Par contre, nous dit le rapport, l’image de la France s’est améliorée dans les milieux d’affaires internationaux, ces milieux qui mettent en concurrence les peuples et les États, qui entraînent le monde dans des crises financières, économiques, sociales et écologiques.
Les départs à l’étranger de personnes payant l’ISF sont passés de 600 à 400 personnes par an, soit sur 1000 personnes payant l’ISF, 1 départ au lieu de 1,5. Soit encore une perte de recette fiscale évitée Il faut reconnaitre que la suppression de l’ISF a eu un point positif : elle a contribué à faire prendre conscience aux classes populaires et aux gilets jaunes de l’injustice des réformes que Macron et les classes dirigeantes veulent mettre en œuvre. Favorisant la consommation ostentatoire des plus riches, elle a montré que Macron ne met pas le tournant écologique au premier plan de ses priorités.
Trois principes doivent être rappelés : tous les revenus des ménages doivent être soumis à l’impôt progressif. Il n’y a aucune raison d’y faire échapper les revenus du capital. Les personnes à patrimoine élevé bénéficient plus que les autres de l’organisation de la société.
Les inégalités de patrimoine sont de plus en plus grandes. L’impôt sur le patrimoine est nécessaire et la France doit se battre pour qu’il soit généralisé en Europe. Enfin, le tournant écologique rend nécessaire une société plus sobre, plus égalitaire.
Au lieu de donner ces 5 milliards aux plus riches en espérant que ceux-ci voudront bien un jour en investir une partie, il aurait mieux valu les consacrer à financer directement des investissements publics s’inscrivant dans la transition écologique.