Canada, Royaume-Uni, Ukraine, Balkans : qui veut entrer dans l'UE ? | Ici l'Europe 17/10/2026
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Questions et réponses
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- 0:16OuverteRéponse directe
Parlez-nous de la dette de l'UE et de ses implications.
- 5:21OuverteRéponse directe
Comment analysez-vous la division entre 'frugaux' et 'ambitieux' sur le budget UE ?
- 7:22OuverteRéponse directe
L'UE est-elle en déclin face aux États-Unis et à la Chine ?
- 8:01OuverteRéponse directe
Faut-il des ressources propres pour l'UE ?
- 9:09OuverteRéponse directe
Peut-on adopter le budget avant les élections françaises de 2027 ?
- 9:48OuverteRéponse directe
La France est-elle en crise de la dette ?
Temps de parole
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France 24 LCP public Sénat présente Bonjour à tous et merci de nous rejoindre pour ici l'Europe sur France 24 et les chaînes parlementaires. En cette semaine où les 27 étaient réunis en sommet européen, ils ont vivement débattu des affaires étrangères et nous allons parler dans notre partie débat de l'élargissement du club européen avec éventuellement un statut de membre associé. Et puis ils ont aussi parlé de budget à long terme de l'Union européenne, un budget très clivant et nous avons le plaisir de recevoir un Français installé au Luxembourg pour en parler, Pierre Moscovici, bonjour. Bonjour.
Euh vous êtes en effet le membre français de la Cour des comptes européennes depuis janvier 2026, euh ce après une longue carrière européenne membre du Parti socialiste jusqu'en 2020, vous avez été à plusieurs reprises député européen puis ministre chargé des Affaires européennes sous Jospin, ministre de l'Économie sous la présidence Hollande de 2014 à 2019, commissaire européen aux Affaires économiques et financières et puis premier président de la Cour des comptes françaises.
Alors la Cour des comptes européennes, c'est autre chose et vous avez d'ailleurs alerté le 8 octobre sur l'augmentation euh de la charge de la dette de l'Union européenne en tant que telle qui pourrait approcher 1000 milliards d'euros d'ici 2027. Pourquoi d'abord et et comment la ? Alors, la Cour des comptes européennes, d'abord dire quelques mots ce que c'est parce que c'est pas suffisamment connu, c'est l'auditeur externe de l'Union européenne, c'est une des institutions prévues par le traité qui existe depuis 1977 et en effet, il y a euh 27 euh membres dans le collège, un par État membre, je suis le membre français, le président est un Irlandais qui s'appelle euh Tony Murphy.
Nous examinons le budget de l'Union européenne et nous venons de sortir notre budget, notre rapport annuel. Dans ce rapport annuel, nous soulevons en effet euh un non pas un lièvre mais une réalité qu'il faut connaître, c'est que maintenant surtout après les emprunts qui ont été contractés pour le Covid, l'Union européenne a une dette. Euh jusqu'à présent, cette dette était pratiquement nulle, là elle est de l'ordre de 1000 milliards de l'ordre de 1000 milliards d'euros, ce qui n'est pas énorme si on la compare euh aux dettes comme les dettes françaises qui est 3600 milliards d'euros pour la seule France. On est à peu près à 1 % du du PIB de l'Union européenne. Voilà.
Ce qui ce qui simplement ce que nous avons voulu euh signaler, ce sur quoi nous voulons alerter, c'est c'est un débat qui est qui d'ailleurs vaut pour la France, c'est qu'une dette ça se rembourse. Et donc à partir de maintenant, il y aura une charge de la dette annuelle et jusqu'en 2058 qui représentera quelque chose comme 1/12e du budget de l'Union européenne, ce qui est pas le cas de la France, c'est beaucoup plus hein encore une fois. Et euh nous ne sommes pas en train de dire que cette dette est excessive, l'Union européenne est toujours triple A, euh elle a tout à fait les moyens de s'endetter, elle pourrait s'endetter encore.
Il n'est pas du tout exclu par exemple qu'elle fasse ce que propose le rapport Draghi, c'est-à-dire de s'emprunter euh 1200 milliards d'euros en plus pour la défense, pour la croissance, pour l'innovation, pour la recherche. Je je suis personnellement euh comme Européen convaincu que nous aurons besoin d'investir plus euh pour être à la frontière technologique, pour faire face aux grands défis du monde comme le changement climatique. Euh nous sommes aujourd'hui en train de décrocher par rapport aux États-Unis, nous avons besoin de cet investissement. Oui mais une [grognement] dette une dette ça se rembourse et donc ça se gère.
Nous ne sommes pas du tout dans la situation de la France qui avec ses 3600 milliards d'euros de de dettes, 120 % du PIB, près de 100 milliards d'euros de charge annuelle, se trouve dans une situation qu'elle doit traiter d'urgence. Alors comme chaque semaine, je vous propose un tour d'horizon de l'actualité européenne. C'est l'Europe en bref signé Oïana Almandos.
[musique]
C'est une avancée majeure pour les droits LGBT plus en Hongrie. Le nouveau Premier ministre pro-européen Peter Magyar se conforme aux valeurs de l'UE. Il abolit le texte interdisant, au nom de la protection de l'enfance, l'évocation de l'homosexualité et de l'identité de genre auprès des mineurs. Mais selon des militants LGBT, il reste beaucoup à faire. L'obligation de couvrir certains livres dans les librairies, imposée par décret, est toujours bel et bien en vigueur. Cela doit cesser. Donald Trump a passé un accord surprise avec Vladimir Poutine dans le dos des Européens.
Les États-Unis lèvent ainsi certaines sanctions sur le diesel russe pour approvisionner le marché américain et faire baisser les prix du carburant. L'UE a riposté en ajoutant près de 1600 nouvelles personnes physiques et entités russes sur sa liste noire de sanctions afin de maintenir la pression sur le pays. Réunis en Conseil européen, les 27 ont entamé un bras de fer autour du prochain budget de l'UE. La proposition faite par la Commission européenne, environ 2000 milliards d'euros pour la période 2028-2034, est beaucoup trop élevée et mal répartie, selon l'Allemagne et pour la Première ministre danoise Mette Frederiksen.
Nous continuons à consacrer trop de ressources à des domaines dans lesquels nous avions l'habitude de dépenser beaucoup d'argent. Or, nous devons désormais établir des priorités et nous tourner vers l'avenir. La sécurité, la défense, le réarmement de l'Europe et la compétitivité. Les partisans d'un budget ambitieux, comme la France, l'Italie ou la Pologne, veulent plus de fonds pour l'agriculture et la politique de cohésion. Bon nombre de dirigeants européens espèrent trouver un accord au prochain Conseil de décembre, avant les élections à forts enjeux prévues dans l'UE en 2027.
Pierre Moscovici, on est en plein dans la bataille du budget futur de l'Union européenne 2028-2034, avec un camp des frugaux mené par l'Allemagne qui ne qui ne veulent pas de la proposition de la Commission européenne euh 2000 milliards sur 7 ans et puis de l'autre côté, il y a la France et la les amis de la cohésion qui est une politique en faveur des régions les plus pauvres et qui réclament cette enveloppe ambitieuse. Lutte importante, qui va ? Il y a des oppositions qui sont claires, il y a ceux qui veulent dépenser plus et ceux qui veulent dépenser moins. D'un côté les frugaux de l'autre les ambitieux. Il y a les amis de la cohésion et ceux qui sont opposés à tout transfert.
Il y a les amis de la politique agricole commune et ceux qui pensent que cette politique agricole coûte trop cher. Et dans tout ça, c'est vrai que la France et l'Allemagne souvent partent avec des idées différentes puisque la France est toujours favorable à plus d'ambition puisque la France soutient les pays de la cohésion et puisque la France est attachée à une politique agricole qui dans le le cadre qui est proposé par la Commission serait fondu dans un grand fond donc moins lisible que ça n'est aujourd'hui et donc je pense que ce qui attend les Européens, c'est une négociation extrêmement difficile.
Elle a commencé par le chancelier Merz qui s'est rangé dans le camp des frugaux alors que l'Allemagne en général est un peu quand même entre les deux. C'est une position de départ, c'est pas la première fois qu'un chancelier allemand prend cette position là. À la fin que vous dire Caroline de Camaret, ça se passe toujours comme ça, il faudra un compromis mais ce que je souhaite c'est que ce compromis soit le plus ambitieux possible. ? Parce que notre union aujourd'hui, je le redis, elle est en train de décrocher, elle est en train d'être déclassée, elle décline doucement.
Elle reste une des zones les plus prospères du monde mais en terme de PIB par habitant, nous avons décroché très clairement par rapport aux États-Unis, très clairement par rapport à la Chine. Notre croissance est la moitié de celle de la croissance américaine et elle est le quart de la croissance chinoise même si celle-ci a aussi ralenti. Nous sommes dans un monde où il y a une compétition de puissance, nous devons être une puissance. On ne peut pas être une puissance si on n'a pas d'ambition pour l'Union européenne.
La solution à nos problèmes, que ce soit des problèmes sociaux, que ce soit des problèmes économiques, que ce soit des problèmes géopolitiques, que ce soit des problèmes climatiques, c'est pas la seule, mais toute solution passe par l'Europe. Mais est-ce que une des solutions ne passe pas par des nouvelles ressources propres, des recettes ? Donc, qu'est-ce que vous ? Moi, je pense qu'il faut de vraies ressources propres. Euh, ce que je constate, c'est de l'Union européenne.
de l'Union européenne, je constate que y compris la proposition de la Commission qui est traditionnellement plus ambitieuse que ce que les États membres peuvent admettre, ce sont tout de même les contributions nationales qui continuent de fournir l'essentiel, hein, quelques 235 milliards d'euros sur les 285 milliards annuels du budget. Je sais qu'il y aura d'ailleurs des discussions sur ces nouvelles ressources propres. Par exemple, l'idée d'une contribution sur les entreprises choque un certain nombre de pays, euh, dont par exemple l'Irlande, euh, et donc ça aussi ça fait partie du débat.
Mais nous ne pouvons pas, euh, avoir, durablement, une Europe qui n'a pas suffisamment de ressources propres. Euh, ça c'est un point de faiblesse extrêmement fort, parce que sinon on se retourne toujours vers les États, euh, c'est ce qu'on appelle les contributions nationales, et vous voyez que y compris dans le débat français, certains disent qu'on paye trop cher. Alors, en vérité, nous touchons à peu près 19 milliards d'euros de l'Union européenne, nous, euh, reversons 23 milliards d'euros, ce qui est pas illogique compte tenu de notre PIB.
Oh, certains, c'est le Rassemblement national qui dit qu'il faut euh, euh, euh, dit qu'il faut diminuer très fortement la contribution, alors que la Commission européenne propose de l'augmenter très fortement. Et et c'est la raison pour laquelle, encore une fois, pour le futur, si on veut éviter un budget limité, avec des rabais qui sont consentis aux uns et aux autres, alors qu'il faudrait au contraire tous les supprimer, il va falloir aller, un jour, vers des ressources propres plus ambitieuses, beaucoup plus ambitieuses. est-ce qu'on peut sa- simplement décider de ce budget avant euh, une échéance électorale aussi importante que les élections en France, 2e pays de la zone ?
Si j'avais un pronostic à faire, c'est qu'il y a quand même aujourd'hui beaucoup de compétitions électorales, euh, dans l'Union européenne. Il y a les élections espagnoles qui arrivent, qui qui se dérouleront peu avant la fin de l'année. Euh, il y a les élections françaises avec des enjeux européens très forts, il y a les élections grecques l'année prochaine. C'est compliqué d'adopter le budget très vite euh le budget pluriannuel dans ces conditions. Euh mais je crois que ce sera difficile de le faire d'ici la fin de l'année. Ce sera peut-être compliqué de le faire avant l'élection présidentielle française.
Et c'est peut-être pas absurde d'ailleurs qu'il y ait un président de la République nouvellement élu qui conclut ça. D'ailleurs, vous avez mentionné le cas de la France en mauvaise posture budgétaire en effet avec un gouvernement le cœur nu qui fait 43 milliards d'économies pour viser un déficit à 5 % du PIB en 2027 et ce sur fond de grogne sociale et de la jeunesse, des étudiants. Est-ce que c'est ? Ce que je veux dire de manière très solennelle, de manière très forte, c'est que nous sommes déjà dans une forme de crise de la dette. Nous ne sommes pas dans une crise de la dette qui nous menace d'un collapsus ou d'une mort subite.
Il y aura pas demain le Fonds monétaire international, la Commission européenne, les marchés ne vont pas cesser de prendre nos emprunts. Mais regardez ce qui se passe. On est étranglé progressivement. On les paye de plus en plus cher et ça en quelques semaines, notre spread avec l'Allemagne a été pratiquement doublé. Le spread, c'est le différentiel de taux d'intérêt. Nos taux d'intérêt tangentent les 5 %. Il faut vraiment de manière vitale que nous réduisions nos déficits si nous voulons investir justement pour le futur, si nous voulons être capables de répondre au défi climatique, à l'innovation, à la recherche, de financer l'éducation. Regardez ce qui se passe aujourd'hui.
Le gouvernement ne peut pas faire des réponses financières. ? Il n'a plus les moyens de le faire. Et moi, mon mot d'ordre, c'est pas l'austérité. Quand je dis qu'il faut faire 5 % l'an prochain, c'est une question de crédibilité parce que sinon qu'est-ce qui se ? On nous donne des taux d'intérêt de plus en plus élevés. On a une charge de la dette de plus en plus forte. Elle est tout de même aujourd'hui beaucoup plus importante que le budget d'éducation nationale et chaque euro qu'on rembourse pour le service de la dette est un euro en moins pour la jeunesse, pour l'investissement, pour l'avenir. Se désendetter pour investir.
Il faut absolument qu'un pays comme la France retrouve des marges de manœuvre, soit on décide de se désendetter pour investir tout de suite, soit à un moment donné, dans quelques temps, arrivera le moment où les marchés nous imposeront l'austérité. Et pour avoir été le commissaire en charge des négociations avec la Grèce, je peux vous dire que c'est pas marrant. Parlons justement de d'un d'un pays qui sort un peu du lot en Europe, l'Espagne. Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez a annoncé la convocation d'élections anticipées le 29 novembre, 3 jours après le rejet des mesures de son gouvernement pour sortir de la crise du logement.
Pierre Moscovici, vous n'appartenez plus, vous le disiez, au Parti socialiste depuis 2020. Pour autant, qu'est-ce qui se passe, selon vous, avec les sociaux-démocraties présentes dans quatre ? On voit que elles refluent, hein. Sur 27, c'est quand même véritablement un une Europe à droite toute. C'est un monde qui est viré à droite. Regardez l'Amérique latine, regardez le résultat des élections brésiliennes, regardez ce qui s'est passé aux États-Unis. Alors après, il y a plusieurs explications fondamentales.
Il y a l'accumulation des crises, il y a une panne de résultats, il y a aussi le fait que la social-démocratie traditionnelle a peut-être atteint ses buts au fond dans c'est déjà et donc il y a besoin de repenser ce que c'est qu'une social-démocratie pour le 21e siècle, que c'est un socialiste, que c'est qu'une gauche qui gouverne pour le 21e siècle, qui soit à la fois très profonde, très sincère, qui soit capable de faire des réformes de société, des réformes sociales et qui en même temps sache tenir l'autre bout de la chaîne, c'est-à-dire gérer sérieusement le pays parce que tous les grands socialistes avaient toujours en tête qu'il fallait produire avant de redistribuer.
Pedro Sanchez, par exemple, je sais pas ce qui va se passer en Espagne. Bon, il bon, ces élections dans une situation compliquée pour des problèmes du jour du pouvoir, corruption supposée dans sa famille ou dans son parti, mais il a aussi eu des résultats économiques. L'Espagne a une croissance qui est supérieure à 2 % alors que celle de la France est de 0,4 point. C'est d'une belle bête politique.
Il a il a ses chances et et il Il savoir que l'alternative, [grognement] c'est pas seulement que le Parti populaire conservateur soit devant lui, c'est qu'il s'allie avec l'extrême droite et que ce soit un pays de plus et un grand pays de plus où il y a une alliance, ce serait le Parti conservateur qui serait en tête mais avec l'extrême droite, une extrême droite qui est extrêmement dure. Et vous savez, moi ce qui me frappe, j'étais ministre des Affaires européennes en 2001, c'est la première fois que l'extrême droite arrivait dans une coalition depuis la guerre en Autriche, on avait pris des sanctions. Aujourd'hui, c'est devenu banal.
Donc il y a il y a il y a une véritable tectonique des plaques, il y a un glissement. C'est vrai que pour la gauche, il y a un défi fondamental qui est un défi culturel, un défi intellectuel, un défi politique, renouveler ses cadres, renouveler sa pensée, une pensée [raclement de gorge] qui soit à la hauteur du siècle parce que paradoxalement, nos concitoyens, ils sont mélangés, ils sont très à droite sur certains sujets, très très à droite par exemple sur l'immigration, ils peuvent être aussi à gauche sur d'autres sujets, ils sont attachés à la cohésion sociale et il y a pas de clarté de l'offre politique sociale démocrate, me semble-t-il suffisante.
Je regarde ça d'un peu loin, mais je suis resté un homme de gauche et j'avoue que ça me navre un peu. Ça me préoccupe parce que une Europe qui serait livrée aux mains des droites les plus conservatrices ou de l'extrême droite, petit à petit perdrait son statut d'union, il faut pas se tromper. L'extrême droite a changé. Par rapport à l'Europe, elle n'est plus pour sortir de l'Europe, mais elle est pour la conquérir pour exercer une hégémonie culturelle et pour faire en sorte qu'on revienne finalement à une Europe qui soit une simple union de nations. Une Europe qui est une union de nations, c'est plus une union.
Et une Europe qui n'est pas unie et qui n'est pas puissante dans un monde où il y a une Chine qui vise l'hégémonie, des États-Unis qui ne sont plus vraiment des amis, une Russie agressive, cette Europe-là, c'est une cible ou plutôt nos nations qui auraient retrouvé prétendument leur identité seules, seraient des cibles offertes à des prédateurs. Je ne souhaite pas cette Europe-là et c'est pour C'est pour je dis qu'on a aussi besoin de progressistes. Pierre Moscovici pour terminer, une question plus personnelle. Vous figurez parmi les responsables socialistes euh que le président euh du Rassemblement National Jordan Bardella aurait visé par des propos antisémites. même le le le meilleur, oui.
En 2013, alors que vous étiez ministre de l'Économie de François Hollande, des conversations privées que le média Mediapart a fait authentifier par des experts. Quelles leçons vous tirez de cet ? Pour être précis, euh Jordan Bardella aurait dit que "Mise et finances, j'aurais sauvé des entreprises que je voulais venger Moïse et que je raisonnais en sioniste davantage qu'en socialiste." Alors ça, on verra si ces propos ont été tenus. On a quand même quelques raisons de penser qu'ils l'ont été. Peut-être erreur de jeunesse qui n'a pas été avouée. Le déni ne me convainc pas. Ce sont des propos de dingue, complotistes, antisémites. Pour le coup, l'inspiration d'Alain Soral, elle est directe.
Euh et ça inspire d'autres réflexions. Je pense que Marine Le Pen a fait un tournant personnel euh sincère euh par rapport à ces questions. Quand elle a pris euh la responsabilité du Rassemblement National, quand elle en a expulsé d'une certaine façon son père, mais je constate que les racines antisémites continuent d'exister chez les cadres, chez certains, et que le rapport au passé n'a pas été totalement euh pensé et purgé. Bah, Jordan Bardella aurait pu dire "J'avais 17 ans, c'était en 2013, et le Rassemblement National était le Front National présidé par Jean-Marie Le Pen, et Alain Soral était son conseiller." Il a choisi de dire qu'il n'avait jamais tenu ces propos.
Bon, et moi je n'en suis pas convaincu, comme les Français n'en sont pas convaincus non plus. Euh et étant en plus visé, euh j'aimerais que il soit établi de manière claire. J'aimerais le croire, j'aimerais pouvoir le croire. J'ai du mal. Je quand je dis "J'ai du mal", je suis diplomate, j'ai beaucoup de mal. Et tout ça, ça dit que euh ça continue à taroder, si vous voulez. Et pour ceux qui pensent euh c'est vrai, je je suis juif d'origine, même si je ne suis pratiquant en rien, que le Rassemblement National est le meilleur protecteur des Juifs et qu'il est complètement ignifugé contre l'antisémitisme, c'est quand même un rappel utile. Merci Pierre Moscovici d'avoir été notre invité.
Alors, on poursuit sur la question de l'élargissement du club européen avec un un statut mystérieux de membre associé qui est proposé pour l'instant au Canada, peut-être au Royaume-Uni, peut-être d'ailleurs à l'Ukraine. On en parle dans notre débat à Bruxelles.
[musique]
Bienvenue au Parlement de Bruxelles où l'on dégustera peut-être bientôt du sirop d'érable, une spécialité qui sera peut-être un jour européenne car le Canada se rapproche de nous à grande vitesse. La présidente de la Commission a même mentionné pour ce pays d'Amérique du Nord un statut de membre associé pour l'heure un peu énigmatique. Alors, les 27 s'interrogent. Faut-il créer un nouveau statut entre l'adhésion pleine et entière à l'Union Européenne et les classiques accords de commerce limités dans leurs objectifs.
Cette piste est aussi explorée dans le cas de la Grande-Bretagne d'Andy Burnham, le travailliste qui plaide désormais pour un Britain, l'inverse du Brexit, soit un rapprochement de son pays avec l'Union Européenne. Alors, au dernier sommet européen des 15 et 16 octobre, les chefs d'État ont souligné l'importance de l'élargissement au club européen pour des raisons économiques mais aussi géopolitiques. Ils souhaitent la sortie de réformes profondes et de nouveaux garde-fous.
Le Monténégro est listé comme le prochain entrant en tant que tel à l'horizon 2028 mais la question de l'Ukraine, ce pays en guerre si particulier qui vient d'ouvrir deux nouveaux chapitres de négociation, continue de diviser les Européens sur le rythme et les modalités d'adhésion. Alors, pour en parler, nous recevons deux eurodéputés, Nicolas Bay. Bonjour. Bonjour. Vous êtes vice-président du groupe des réformistes et conservateurs à la droite de la droite du Parlement et lui en France sous l'étiquette identité et liberté le parti de Marion Maréchal Le Pen. Javier Moreno Sanchez, bonjour. Bonjour. Vous êtes espagnol et siégez au sein du groupe des socialistes et démocrates au Parlement.
Vous présidez la délégation pour les relations avec le Canada. Exactement. le 17 septembre, le Premier ministre canadien était à Strasbourg et se félicitait de l'offre de rapprochement significatif formulée par la présidente de la Commission à l'écoute. Canada Le Canada se félicite de cette ambition. Une alliance pour l'avenir est une démarche positive unique que nous définirons ensemble en nous appuyant sur nos forces communes et en nous fondant sur nos valeurs partagées.
Le Canada et l'Europe devraient assurer notre autonomie stratégique grâce à une coopération approfondie dans les minéraux critiques, la capacité industrielle de défense, l'IA et la puissance de calcul, la sécurité énergétique. Nous recherchons la résilience afin que personne ne puisse contrôler nos démocraties, notre état de droit. Alors, monsieur Moreno Sanchez, sommet européen UE-Canada justement à Montréal le 29 octobre, on entend ce Premier ministre canadien qui ne parle pas de statut de membre associé, mais on comprend que ses intentions vont plus loin qu'un simple accord de commerce. On a déjà le CETA, cet accord de commerce avec le Canada. Cette volonté est ?
Très bienvenue parce que c'est positif, on construit. Et la chose importante de la visite de monsieur au Parlement européen, c'est qu'il est venu au Parlement européen et il est resté pendant 2 jours à la maison de la démocratie européenne. Il aurait pu aller voir la présidente de la Commission d'un d'un côté, le président du Conseil Antonio Costa d'un autre, mais non, il est venu et il envoie un message politique très fort au reste du monde en disant il faut préserver la démocratie, il faut la défendre. Donc c'était très important. C'était très important qu'il qu'il vienne Et donc dans ce statut futur, il y aura un parti politique, c'est ce que vous dites, une partie géopolitique politique.
Oui, le le plus important, c'est qu'on avance ensemble. Et moi, je préfère qu'on ait de facto euh une relation très étroite que de jure. Les gens disent c'est pas possible parce qu'il est pas dans les traités. Mais il faut on est dans un moment géographique. Non, mais on est dans un moment géopolitique qui est qui est qui est qui est trouble, qu'on on sait pas très bien. Donc les choses positives, il faut les faire. Et puis il faut être créatif et inventif. Je vous rappelle que l'euro était pas dans les traités à l'époque. Schengen, c'était pas dans les traités. Pendant la pandémie, la santé, c'est pas c'est pas dans les traités.
Mais quand il y a la volonté politique de de se rapprocher, de travailler ensemble, on peut le faire. Alors Nicolas Bay, une très large majorité de Canadiens sont favorables à ce ce rapprochement dans un contexte de forte tension avec les États-Unis de Donald Trump évidemment. Euh le Canada c'est un pays qui partage nos valeurs, qui connaît notre combat pour la démocratie, le libre-échange, le soutien à l'Ukraine. Qu'est-ce que vous ? Welcome ou no ? Bah d'abord, il y a énormément de pays partout dans le monde qui euh partagent les les exigences démocratiques, un certain nombre de valeurs avec avec les nations européennes.
Et d'ailleurs, le continent sud-américain, par exemple, a les mêmes sources civilisationnelles que nous parce que ce sont des Européens qui se sont installés là-bas et on a des liens forts et et il y a des liens linguistiques avec l'Espagne comme il peut y en avoir au Canada, une partie du Canada avec la France à cause de la francophonie. Mais je crois que d'abord, il faut restituer le discours de Ursula von der Leyen dans son contexte.
Elle Il faut dire la vérité dans ce discours de septembre, elle avait pas grand-chose à annoncer et finalement, il y a aussi d'abord peut-être une opération de communication qui consiste à dire "Ah bah voilà, on est dans un contexte où le Canada et les États-Unis sont en tension et c'est l'occasion d'un rapprochement stratégique avec le Canada." On Moi, je partage l'idée d'avoir des partenariats forts. On a déjà un partenariat commercial avec le CETA. On pourrait aller plus loin sur des partenariats économiques ou politiques. Mais mais la vérité, c'est que ça existe déjà avec tout un tas de pays dans le monde. Ça n'est pas une particularité.
Et donc quand elle dit quand Ursula von der Leyen parle d'un statut de de associé, moi je crois que ça n'a pas beaucoup de sens au-delà de la communication. ? Parce que d'abord le Canada n'est pas européen géographiquement. Voilà, on peut avoir des liens privilégiés mais l'Europe ça c'est d'abord une entité géographique, culturelle, historique, spirituelle mais en tout cas, on peut pas conceptualiser sérieusement que l'Europe s'étende au de l'autre côté de l'Atlantique au monde entier Vous vous dites si on pourrait Mais mais en revanche si vous me permettez je je je termine là-dessus bien sûr qu'on doit avoir des liens mais ça doit pas être simplement du contexte politicien.
Vous comprenez bien que si demain il y a une nouvelle majorité ou un nouveau pouvoir aux États-Unis et que les relations s'améliorent entre les États-Unis et le Canada, il faudrait pas qu'on soit les victimes directes de ce phénomène parce que finalement le Canada ne se serait rapproché de nous que de manière très transitoire pour pour pour un enjeu finalement régional qui nous concernait peu. Voilà, il faut avoir une vision stratégique de l'Europe et pas une vision opportuniste de communication. C'est de l'opportunisme ou est-ce que on peut créer quelque chose qui politiquement soit solide ? J'ai l'habitude de dire que le Canada est le pays le plus européen hors d'Europe.
On partage monsieur Bella dit les valeurs, les traditions, les langues et tout. Donc pas jouer sur les mots mais moi pour moi le plus important c'est vraiment qu'on ait qu'on démontre cette relation avec l'ICS. Si on fait un accord digital d'ici le le sommet de qui aura lieu à la fin du mois, si on on a un accord pour qu'il travaille sur Erasmus plus, sur l'intelligence artificielle, on partage la même vision toutes toutes ces choses et puis ce rapprochement il se fait aussi bon c'est peut-être symbolique mais c'est important. Monsieur Carney a participé à la communauté politique européenne il y a il y a quelques mois.
Maintenant je sais que les la présidence irlandaise a invite les ministres canadiens au sommet informel qui se tiennent ces ces derniers mois. Donc c'est vraiment une volonté et moi j'insiste sur le côté positif. Dans ce monde où où il y a des tensions ça que des gens veulent y aller vers quelque chose de positif ouvert, je pense que c'est important. Ça veut dire qu'on pourrait voir un premier ministre canadien dans les conseils européens par exemple un ? Bah il pourrait déjà être comme observateur mais mais en fait ça voulait dire qu'ils ont ils ont adhéré.
Et effectivement il y a il y a il y a l'océan entre ces pas un pays européen mais Saint-Pierre-et-Miquelon c'est pas très loin du Canada et le Groenland non plus mais bon Ils sont européens dans dans l'esprit c'est différent parce que Saint-Pierre-et-Miquelon est un territoire français.
Ils sont ils sont ils sont ils sont européens ils sont européens dans dans l'esprit et moi ce que je dis c'est que c'est que tout ce qui est qui est positif qui qui permet de de construire d'avancer bah bienvenue après jouer sur les termes associés Oui pardon je comprends je comprends cette idée mais il y a quand même un sujet d'efficacité et moi je crois pas que l'Europe sera davantage respectée sur la scène mondiale si elle multiplie les artifices de communication et qu'elle s'étend au monde entier de manière en réalité euh euh euh pas opérationnelle du tout.
Alors C'est un peu c'est c'est un peu comme le G7 où d'un seul coup ils ils invitent tous les pays du monde bon et puis à la fin on voit bien que ça n'aboutit pas à grand-chose. C'est-à-dire que la faiblesse la fragilité de l'Europe aujourd'hui et de l'Union européenne dans son expansion institutionnelle c'est de ne pas être capable de peser vraiment sur la scène mondiale Elle veut s'entourer d'amis elle essaie de s'entourer d'amis en tout cas. économique et encore et donc aujourd'hui dire bah on va faire venir tout un tas de pays associés à nous ça va ajouter ça va ajouter du flou On va parler d'un autre Bon on va En attendant on va parler de l'Europe pour nos partenaires.
Quand même reconnaissez qu'elle séduit au-delà au-delà de son propre continent et un autre pays d'ailleurs qui frappe à sa porte après l'avoir claqué c'est assez paradoxal la Grande-Bretagne. Le nouveau Premier ministre Andy Burnham en poste depuis 3 mois plaide pour un rapprochement significatif en amont du sommet UE Royaume-Uni du 20 novembre prochain, on l'écoute. Le Brexit a fait plus de mal que de bien. Je saisirai l'occasion offerte par le prochain sommet entre l'Union européenne et le Royaume-Uni pour exposer au pays ce que je considère être les différentes options pour la relation de long terme avec nos partenaires européens.
Et il existe différentes options et je verrai si nous pouvons trouver un consensus autour de l'une d'entre elles. Un consensus qui nous apportera de la clarté sur notre position et sur l'avenir du continent dans lequel nous vivons. Xavier Moreno Sanchez, alors qu'est-ce qu'on fait avec nos amis ? On leur retend la main, on leur offre un statut particulier et ? Alors, pendant justement la semaine canadienne de Strasbourg, des journalistes m'ont demandé est-ce que cette association avec le Canada ça va pas fâcher nos amis britanniques et tout. Moi j'ai dit c'est très simple, la porte est ouverte, ils ont qu'à revenir. Welcome back, dit le président français Emmanuel Macron.
Moi pour moi aucun problème, ils ont qu'à revenir si c'est la telle est leur volonté et on repart comme on était il y a quelques années en arrière. Sinon bah faire l'association aussi la plus proche possible comme avec le Canada. Et la vérité c'est que les Britanniques en quittant l'Union européenne ont obtenu dans le l'accord le nouvel accord le nouveau traité entre l'Union européenne et le Royaume-Uni tous les avantages de l'Union sans les inconvénients. Ah bah ils ont pas l'air de le penser, ils sont majoritairement contre le Brexit aujourd'hui.
Ils regrettent amèrement et le peuple britannique avant le Brexit qu'ils étaient aussi contre et finalement ils ont voté pour mais surtout ils ont obtenu dans l'accord avec l'Union européenne un accès totalement libre au marché européen sans droit de douane ni quota et sans pour autant être contraint par les les les la jurisprudence et juridictions complètement par normes, ils ont gardé les toutes nos normes ils ont gardé les normes Et ils n'ont plus mais ils ont plus le droit de regard maintenant au Conseil Européen ils ont pas le pouvoir de décision sauf que on verra si si si s'aligne sur les normes ultérieures, je pense que c'est loin d'être acquis et surtout ils ont un accès libre au marché européen, c'est ça qu'ils voulaient sans avoir besoin de payer comme ils faisaient avant environ 12 milliards d'euros chaque année.
Ils veulent revenir dans l'UE Non mais attendez attendez [rires] ils veulent récupérer ils veulent ça veut dire ? Ça veut dire le Premier ministre actuel en opposition à son prédécesseur nous dit moi j'aimerais bien que que le Royaume-Uni revienne dans l'Union Européenne. La question c'est savoir ce que veulent les Britanniques. Est-ce qu'ils veulent dans la durée encore une ? Est-ce qu'on peut construire une politique continentale avec une vision en fonction des majorités de ? Vous êtes on se rapproche du Canada parce que le Premier ministre canadien est fâché avec Trump La la réussite du Brexit vous a fait mentir en tant que que parti politique Mais c'est pas c'est pas du tout la question.
Moi j'ai toujours considéré Non pas du tout moi j'ai toujours considéré que c'était aux aux Britanniques de décider de de leur destin. Ils ont décidé souverainement et démocratiquement à la majorité absolue de quitter l'Union Européenne. On a négocié pendant des années et abouti à un accord qui est très avantageux pour eux.
Aujourd'hui que il y ait une partie de la classe politique qui dit ce serait bien de revenir Ils ont perdu beaucoup de plumes économiquement Mais vous savez je suis pas sûr que les pays qui sont à l'intérieur de l'Union Européenne se portent beaucoup mieux économiquement à commencer par la France Non l'Espagne ça va ça ça devrait Oui mais bien sûr que On est on est au top hein On pourrait pas oui économiquement pas trop mal et le cas au migratoire en Espagne c'est Mais c'est c'est un autre sujet.
Mais honnêtement je pense que si l'Union Européenne est en permanence à faire des va et des va et vient en fonction des circonstances électorales de tel ou tel pays membre ou partenaire, elle va pas euh euh sur le chemin de la puissance, de l'indépendance et du rayonnement sur la scène mondiale. Or c'est ça le véritable enjeu. Alors élargissons un petit peu, il y a d'autres candidats qui frappent à à porte de l'Europe officiellement ceux-là selon le processus classique d'adhésion. On parle de cinq pays des Balkans occidentaux, de l'Ukraine, de la Géorgie, de la Moldavie et de la Turquie, même si le processus d'adhésion est suspendu en ce qui la concerne.
Le prochain sur la liste pourrait être le le Monténégro, Javier Moreno Sanchez. Euh, est-ce qu'il faut intégrer tous ces pays, à quelle échéance, est-ce qu'il faut réformer les règles européennes pour le ? Alors, la la la voie est de peu à peu élargir effectivement, il faut voir quand et comment. Changer les règles, changer les règles, il faut que ça se fasse dans le cadre des traités actuels, parce que maintenant une réforme des traités, je la vois compliquée. Ça a déjà été très compliquée au début de ce siècle, il y a une vingtaine d'années, donc je la vois très compliquée. les vetos, quoi.
Donc donc donc il faut il faut on peut faire des des réformes à interne, par exemple, moi j'ai toujours plaidé pour que le Parlement européen ait l'initiative législative. Je veux dire, il y a des choses qui qui qui peuvent avancer sans sans devoir modifier les traités. Donc à partir de là, pour pour l'élargissement, pour que ça fonctionne, parce que c'est vrai que si on est 30 ou 35, à un moment donné, il faudra il faudra changer les règles du jeu. Mais comment on le le ? Parce que si on ouvre les traités, vu le contexte géopolitique et géoéconomique qu'on a en ce moment, ouvrir des traités, ça ça va être compliqué.
Donc donc oui, je pense que c'est c'est la vocation de l'Europe de de de s'ouvrir à à à ces pays. Le rythme et tout ça, moi je me prononcerai pas trop vite maintenant. Pour un parti patriotique, vous dites finalement pas besoin de d'élargir ce club européen, peut-être pas à l'Ukraine, les Balkans, on sait pas, et cetera, il y a des il y a des problèmes trop importants, on reste entre nous ou ? Ce qu'on voit en tout cas, c'est que les élargissements, les derniers élargissements ont pas encore été totalement digérés, c'est le moins qu'on puisse dire.
Quand on voit par exemple la Roumanie ou la Bulgarie, pour prendre les élargissements les plus récents, on a encore des différentiels très importants sociaux, par exemple, qui aboutissent à une vraie concurrence déloyale intra-européenne, parce que par exemple le problème du détachement des travailleurs et cetera. Donc on voit bien que l'élargissement est aussi un peu une illusion, un peu une fuite en avant. Je passe sur la Turquie parce que évidemment la Turquie elle est elle est elle est européenne ni par son histoire ni par sa géographie.
L'ouverture aux Balkans occidentaux, on sait que c'est des pays, je pense à la Bosnie-Herzégovine, à l'Albanie qui sont des pays de corruption généralisée. Donc c'est tout ça est un peu illusoire. Quant à l'Ukraine, moi je crois que ça n'est pas sérieux. Autant euh qu'on soutienne l'Ukraine euh c'est une chose, autant euh je dis bien militairement par exemple, autant qu'on dise elle doit adhérer à l'Union européenne, je pense que ça n'a aucun sens. ? Parce que c'est ça ça créerait une concurrence euh déloyale terrible pour nos agriculteurs. C'est un pays qui est totalement gangrené par la corruption. Et puis il faut réfléchir aux intérêts européens.
Et les intérêts européens, c'est aussi d'avoir des pays qui sont euh qui font un peu une zone tampon en quelque sorte avec les autres, nos autres grands compétiteurs, les autres grandes puissances. On n'a pas intérêt à être directement limitrophe de nos concurrents les plus importants. On n'a pas intérêt à être directement limitrophe de nos concurrents les plus importants. On n'a pas intérêt à être directement limitrophe de nos concurrents les plus importants. On n'a pas intérêt à être directement limitrophe de nos concurrents les plus importants. On n'a pas intérêt à être directement limitrophe de nos concurrents les plus importants.
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