[DIRECT] François Ruffin, député et candidat à l’élection présidentielle | Mardis de l’ESSEC
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 72 %Attaque 18 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 96 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 8:13OuverteRéponse directe
Vous êtes candidat à l'élection présidentielle avec votre parti Debout. Pouvez-vous esquisser votre programme ?
- 8:56OuverteRéponse partielle
D'où vous vient votre engagement pour les ouvriers ?
- 10:22OuverteRéponse directe
Comment définiriez-vous votre engagement de gauche aujourd'hui ?
- 11:50OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que ça veut dire concrètement être de gauche aujourd'hui ?
- 13:14OuverteRéponse directe
Est-ce que la classe politique a abandonné les personnes en difficulté ?
- 16:47OuverteRéponse directe
Comment protéger les plus faibles selon vous ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 17:29François RuffinFait
« Pendant la crise Covid, Emmanuel Macron dit voilà, on voit il nous faut des masques. OK, il identifie un produit et il met le paquet mais des dizaines de millions de subventions sur le masque. »
- 18:08François RuffinChiffre
« À 99,9 % et c'est une state réelle, les masques achetés en France sont en vérité d'origine chinoise et c'est à 96,3 % pour les masques chinois. »
- 19:34François RuffinPromesse
« Identifier sans produits, 100 produits sur lesquels on veut retrouver notre autonomie. Et là-dessus, on met le paquet. »
- 22:52François RuffinPromesse
« Le By French Act peut être mis en œuvre à l'échelle d'un pays. »
- 23:33François RuffinFait
« Je prends au sérieux la question de la dette française et y compris quand on lit Carl Marx et bien on voit que Carl Marx dit qu'il faut pas de dette parce que finalement la dette c'est de l'impôt qui sert au rentier. »
- 24:15François RuffinFait
« On est passé d'un état action à un état subvention. »
- 54:45Fait
« Je suis de gauche, y compris quand le mot gauche avait été complètement discrédité par François Land. »
- 1:13:53Fait
« Nous voulons faire entrer le réparer, cuisiner, jardiner à l'intérieur des collèges. »
Temps de parole
- ?100 %
≈ 0,3 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Nous remercions également notre partenaire LCP qui diffuse ce débat sur sa chaîne YouTube. En tête d'affiche ce soir, mesdames et messieurs, nous recevons un candidat à la présidentielle qui sort complètement du cadre. Un homme qui a passé sa vie à traquer les grands patrons et qui se retrouve ici-même piégé dans le dans l'école française du capitalisme. En tant que grand réalisateur, monsieur Ruffin, ce soir, nous ne savions pas comment vous recevoir. Fallait-il dérouler le tapis rouge de Cann ou sortir les grillades de la CGT ? Êtes-vous arrivé en Ra ou en Vianonoir ? L'histoire ne le dit pas mais vous avez réussi à trouver le chemin du plateau sans vous tromper de décor.
Pour ce premier clap de la saison présidentielle, l'amphithéâtre affiche complet. Côté chiffre, le syndicat des mardis annonce déjà 15000 personnes dans la salle. La préfecture de Sergie elle en décompte plutôt 650. Peu importe le nombre, ce soir, très chers spectateurs, vous avez en avant-première la présentation de notre courtmétrage qui raconte la vie pleine de rebondissement de François Ruffin. Dans notre boîte d'archives se cache plus de 50 ans de rush sur notre antagoniste. Alors, moteur, action et clap sur vos origines. Pour notre séquence d'ouverture, Calais 1975, les corons, les fermetures d'usine, les batailles syndicales et la France des oubliés. Le décor était posé.
Le film prend rapidement un tournant inattendu et vous atterrissez à l'âge de 3 ans à Amien où vous avez où vous avez é vous avez étudié dans le prestigieux collège lycée catholique la providence. Au milieu d'un casting d'héritier en puissance, vous faites alors un magnifique fort à corps. Dès vos 10 ans, vous déclarez vous sentir communiste. Vos camarades vous collent vos promis noms de scène, le plou de service, le pecno du coin et notre préféré au générique, le cutterreux. Seulement 2 ans après vous, un certain acteur nommé Emmanuel Macron usait les mêmes bancs. Simple coïncidence de casting ou préfiguration d'un destin vers l'Élysée. La réponse arrive sur vos écrans en mai 2027.
À 23 ans, alors détenteur d'une maîtrise de lettre, vous refusez de jouer les figurants face à la délocalisation en masse et à l'élevage intensive de poule. Vous lancez alors Fakir, un journal fait maison et sans subvention. Pour parfaire votre rôle d'infiltré, vous passez par les studios à gros budget de la capitale, le centre de formation des journalistes, le monde diplomatique et encore France interre. Votre journal prend de l'ampleur avec son slogan journal fâché avec tout le monde ou presque, mais tout le monde sait que celui que vous avez le plus fâché et de loin, c'est le prince français du luxe, le grand délocalisateur, le Terminator Bernard Arnaud. Vous tournez de 2013 à 2016.
Merci patron. Un documentaire qui vous vaudra le César du meilleur documentaire en 2017. Vous y racontez avec ironie le combat d'un couple d'ouvriers licenciés après la délocalisation de leurs usines en Pologne. Encore un coup fouré du géant du luxe LVMH décidément condamné à jouer le rôle de méchant. Car Bernard Arnaud n'aime pas trop qu'on touche à ses affaires et tel un super vilain de James Bond, il lance à votre rousse Bernard Squarcini, ancien patron du renseignement intérieur français et surnommé le Squal. En caméra cachée, il vous surveille, fait fouiller les poubelles de Fakir et utilise de manière illégale son ancien réseau d'agent de police.
Puis clou du spectacle, alors que vous revenez chez vous après une partie de pétanque au parc, son équipe vous appelle et vous dit "Alors, François, on joue au boule ? Cette saga se finit par 4 ans de prison pour Squarcini et une amende de 100 millions pour le loup en Cachemir afin d'éviter un procès. Les deux Bernards auraient bien aimé que Merci Patron reste secret au fin fond de la Picardie mais le blockbuster social fait carton plein. Vous jouissez alors d'un coup de projecteur énorme. Devenez une figure de prou du mouvement Nuit Debout et créer votre parti politique Picardie Debout. Décidément, on n'a pas le droit de s'asseoir à côté de vous. Une nouvelle scène s'ouvre.
Vous remportez les élections législatives et est élu député de la Somme en 2017. Promettre d'être un député smicar, c'est une sacrée ligne sur l'affiche. Plot twist. Vous voulez faire grimper le SMIC à 1700 €. Vous crevez l'écran dans votre nouveau rôle chez LFI. Le groupe acclame votre investissement sur le plateau parlementaire. Vous braquez votre caméra sur les figurants de l'ombre en vous battant pour la reconnaissance du burnout, la fin des abus de la sous-traitance pour les femmes de ménage et la mise à l'honneur des métiers du lien. Mais alors que vous pensiez être à cours d'inspiration, bingo !
La crise des gilets jaunes éclatent, vous sautez alors dans votre berlingot et sillonnez les ronds-points français pour documenter la révolte. La question ketchup ou maillot pour Thipo attire le tiers état devant votre caméra pour qu'il témoigne. 8 jours seulement de tournage suffisent pour remplir votre disque dur de doléance que vous compilez après dans votre documentaire Je veux du soleil. En 2022, le public reconduit votre contrat de députés pour la suite de la saga. Mais en coulisse, la distance se fait de plus en plus ressentir avec elle les filles.
Tandis que vous restez attaché à l'électorat ouvrier et rural, le grand purgateur Jean-Luc Mélenchon met sa focale sur les centres urbains et les quartiers populaires. Le divorce est acté brutalement lors des législatives anticipées de 2024 et vous changez de maison de production pour rejoindre le groupe écologiste et social. Pendant la fête de l'humanité, vous continuez de lancer des pics à LFI en alertant sur cette gauche qui fait peur. Mauvaise synchronisation. Jean-Luc Mélenchon était trop occupé à s'enjailler sur NASA pour vous entendre. Nous voilà maintenant à la scène finale où vous êtes candidat à l'élection présidentielle mais vous n'êtes pas le seul à gauche à passer le casting.
Haut que non. Face à une gauche qui reste indécise pour choisir l'acteur principal, vous optez pour le PCH bien plus efficace que les interminables audition et vous vous autoproclamez candidat. Vous cherchez à présent des alliés partout, même chez vos anciens adversaires. Quelle surprise de vous voir vous renifler comme vous dites avec Dominique de Vilpin au sujet d'une candidature commune. Si on rembobine un peu, les débats houleux sur la privatisation des autoroutes et le CPE ne sont pas si lointains. Pour le clap de fin, une question nous tarde, monsieur Ruffin.
À force d'être derrière la caméra, le public se demande si vous aurez la carrure d'un acteur qui passe sans broncher sous les projecteurs à l'Élysée. Alors à vous de jouer. Cette question est étant posée, il nous reste plus qu'à vous souhaiter cher monsieur Ruffin, cher public, un excellent débat.
[applaudissements]
Monsieur Ruffin, merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation. Avec plaisir au mardi de l'ESS. Vous disposez, comme le veut la tradition mardisienne, d'un court droit de réponse à la présentation qui vient d'être faite par Louis Rock et Juliette. Non, moi le film il me plaît bien quoi. Euh donc euh voilà, c'est Merci pour votre travail et euh je dirais juste qu'il y a pas de clap de fin. Pourquoi on fait les choses dans la vie ? Je pense qu'on peut les faire euh pour deux raisons qui se conjuguent. On peut les faire pour des raisons politiques profondes, c'est-à-dire le sentiment d'humiliation des autres, d'injustice à corriger, de choses qui vont pas.
Mais ça doit euh évidemment se conjuguer avec un moteur plus intime. Et je pense que mon moteur intime, c'est la peur de l'ennui. Je me suis ennuyé moi pendant toute mon adolescence. Euh je pense que quand j'avais votre âge, je m'ennuyis encore. Et finalement euh euh là je j'ai le sentiment depuis toutes ces années que vous avez narré de vivre une aventure. C'est-à-dire qu'on sait pas ce qui va advenir. Et le seul bémol que je mettrai, c'est vous parlez du club de fin. Bah quoi qu'il en soit pour moi, j'espère que la fin c'est pas l'année prochaine quoi. Et pour vous non plus et pour nous tous non plus. Donc voilà, un grand un grand merci à vous en tout cas pour pour ce travail.
Voilà, merci.
[applaudissements]
Donc aujourd'hui, c'est un mardi mais un mardi un peu particulier parce que c'est une édition spéciale présidentielle. Donc vous êtes candidat à l'élection présidentielle avec votre partie Debout. Et le but de cette de cet échange aujourd'hui, c'est d'esquisser votre programme à travers donc ce dialogue. Et on va commencer directement par revenir rapidement sur votre vie de journaliste et sur la source de votre de votre engagement à gauche. Donc monsieur Ruffin, vous venez d'un milieu assez privilégié. Vous avez grandi à à Mien. Votre père était cadre chez Bonduel. Vous avez fréquenté le même lycée que Emmanuel Macron.
Euh pourtant, vous vous retrouvez comme figure de prou de la gauche ouvrière et populiste et populaire. Euh d'où vous vient cet engagement euh pour euh pour les ouvriers ? Euh d'une part, je pense qu'il y a deux sources à ça. Il y en a une qui est familiale mais que j'ai pas envie de raconter là. Et il y en a une autre qui est les livres aussi. On on grandit et on se nourrit à la fois par la réalité. Alors moi, c'est la réalité de ma région. C'est la réalité de délocalisation en série. C'est la réalité de voir fuir le textile.
C'est la réalité d'avoir dans mon entourage des récits de vie brisé par ça, mais aussi par des livres qui des romans de Steinbeck, de Dostoyevski, de qui vous vous portent en tout cas vers vouloir aller vers un au-delà vers autre chose que la vie banale ordinaire. Et donc voilà, je pense qu'il y a il y a la conjugaison des deux. Il y a Mais mais j'ai pas eu la chance moi d'avoir des parents communistes, écologistes, socialistes, rien du tout. Donc mais juste quand on vous regarde quand même votre combat principal, c'est quand même la lutte contre les inégalités et que c'est assez compliqué de combattre les inégalités lorsqu'on les a jamais ressentis.
Donc est-ce que vous les avez déjà ressenti ou pas du tout ? Je j'ai pas envie de vous raconter mon histoire, mais euh je veux dire, je suis euh j'étais pas d'un milieu qui était particulièrement privilégié à l'origine. Je suis du de la loupen paysanerie du Center mais peu importe peu importe ça, je sais ce que j'ai euh de lien avec mon histoire familiale qui me porte aussi dans ce côté-là. Mais maintenant, vous savez, j'aurais pu ruminer ça et je l'ai ruminé pendant longtemps.
La question c'est qu'est-ce qui fait que un moment on sort de de quelque chose qui peut être voilà qui peut être de l'ordre du du ressentiment du ça va pas bien, il y a rien qui va dans la vie et où on se dirige vers une lumière. Bon voilà, je dis moi, je me suis sauvé par deux choses. Je me suis sauvé par les livres et par les autres. Les autres, c'est ce film de Capra. Euh la vie est belle. Alors je sais pas si vous l'avez vu. Euh donc c'est un banquier euh mais ruiné. En plus sa femme se barre et il est bourré le soir de Noël.
Il conduit une bagnole, il rentre dans un dans un poteau et là euh il a envie de se susciter, de se jeter à la flotte et il a derrière lui son ange, mais c'est un ange de 3e classe, il a pas encore d'elle parce qu'il a encore sauvé personne. Et l'ange se précipite dans l'eau avant lui. Le banquier suit, ramène l'ange dans l'eau et l'ange lui dit "Tu as vu comment je t'ai sauvé ?" Et le banquier dit "Mais tu te fous de moi ? C'est moi qui t'ai sauvé." Non non, je t'ai sauvé en me laissant me sauver. Et je voilà, je pense que dans le le mouvement que j'ai eu vers les autres, c'est avec une volonté de se sauver en sauvant quoi.
Et pour vous, monsieur Rifin, parce que votre engagement est marqué à gauche, qu'est-ce que ça veut dire concrètement d'être de gauche aujourd'hui ? Liberté, égalité, fraternité et avec sans doute la valeur centrale pour moi de l'égalité qui est blessée depuis 40 ans maintenant. Mais je veux dire et je viens vous parler à vous. Euh c'est-à-dire je pense que quand on est je suis de la classe intermédiaire, vous l'êtes aussi à qui on fournit des armes. Les armes de l'école, les armes du savoir, les armes de savoir parler ou de savoir écrire. Et je pense que à la sortie de ça, quand on est dans la classe intermodiaire, on peut choisir, on peut choisir au service de qui on met ces armesl.
Est-ce qu'on les met au service des puissants, au service de ceux qui vont distribuer les médailles, l'argent, les honneurs, les postes ou bien est-ce que on se dit que on les met au service des gens et des plus faibles ? Et bon, c'est un choix que j'ai je peux même pas dire que c'est un choix que j'ai fait parce que j'étais habité comme une évidence par ce choix-là. Mais il est évident que dans les batailles qui ont lieu en Picardie, je me solidarise immédiatement avec les gens qui se font licencier en série chez Willpool, chez Good, chez Magnetti Marelli, chez Paris Si de France, chez Abéia, chez Flodor, enfin bref, je peux vous en citer un paquet comme ça.
Donc et je je viens vous interpeller aussi parce que je pense que vous êtes des gens qui à la sortie de cette école auraient le choix euh aurez le choix de quel côté vous allez. Je me souviens d'un reportage que j'avais fait à Bour en Bress. Ça y est, c'est parti hein euh pour les récis mais j'avais fait un reportage un bour en Bresse sur un foyau de vie qui fermer avec euh dedans un jeune homosexuel euh qui était rejeté par sa famille euh avec un camionneur qui avait tellement roulé qu'il voyait des fantômes sur la route, des zombies comme ça. Bon et donc des des gens qui étaient un peu perdus qui se raccrochaient à ce foyer de vie.
Malheureusement, baisse de crédit, le foyer ferme, ils installent leur tente en face de la préfecture et je suis là pour un reportage le jour des vœux. Et donc, il y a entrant dans la préfecture tous les notables bien en cravat, en costume et tout ça. De l'autre côté, il y a les gens en galère qui ont installé détente et au milieu, il y a un éducateur qui est en train de gratter de l'agritare et de jouer du Renault. Et je me souviens de ce qu'il me dit. Il me dit voilà moi j'aurais pu être à l'intérieur, j'aurais pu aller manger des petits fours, j'aurais pu aller boire ma coupe de champagne mais j'ai fait le choix de rester dehors et je pense que là il y a un choix que nous on peut faire.
Et est-ce que concrètement et euh cette classe politique qui porte des cravates comme que vous voulez dire est-ce qu'elle a abandonné un peu toutes ces personnes, abandonné le lien avec les gens ? Mais en tout cas, il y a eu pour moi, on vit une faillite des élites depuis 40 ans. Le rôle principal des élites, c'est de protéger. C'est de protéger le pays, c'est de protéger les Français.
et euh le choix qui a été fait de la mondialisation et qui a jeté euh je dirais les ouvriers, j'ai j'ai cité toutes les boîtes qui sont parties en Slovaquie, en Roumanie, en Inde, en Chine comme ça de manière répétée et avec un pouvoir politique qui accepte, qui laisse faire, qui parfois pleurniche mais ne fait rien. Et ben qu'est-ce qui se passe depuis 40 ans ? Les Français ne se sentent pas protégés. Je c'est pour moi c'est le verbe clé. Je je raconte toujours que la Picardie, vous savez, c'est la terre de la Grande Jacquerie qui a lieu, je crois, en 1358. Donc, c'est quoi la grande ? Ah ou très bien. Mais c'est la révolte des paysans.
Les Jacques, on les a les paysans ont les surnommé les Jacques. Et donc en 1358, me semble-t-il, ils se soulèvent et ils vont brûler les châteaux, euh poursuivre leur seigneur. Pourquoi ? 2 ans auparavant, il y a eu la bataille de Poitier. Et à la bataille de Poitier, les paysans qui étaient les les soldats de base, ils voient les officiers, les seigneurs fuirent devant les anglais. Ils reviennent au village, il disent "Mais bon sang, ces seigneurs qui se présentent au-dessus de nous, en fait, ils nous ont pas protégé." Et je pense que le grand souci aujourd'hui du pays, c'est que depuis 40 ans, les Français ne se sentent pas protégés.
Là, je reviens d'une manife, la manife des pompiers cet après-midi. Et et ça, c'est quoi ? C'est une cagoule que portent les pompiers. Mais ils me disent en fait ça c'est comme un mouchoir. On mettrait un mouchoir sur notre nez pour aller éteindre les incendie. C'est pareil, on n pas de cagoule filtrante. C'est-à-dire qu'on envoie pour éteindre des feux des gens qui sont pas protégés. Ceux qui nous protègent ne sont pas protégés. Et à mon avis, on a passé un été où en série, on voit la faillite de nos élites d'élites qui ne savent plus ou ne veulent plus nous protéger.
Quand on installe des couvertures de survie sur les ÉPADS euh sur les écoles ou euh euh sur les hôpitaux parce qu'il y a la canicule, c'est bien le marqueur que ils sont incapables de nous protéger, de protéger les malades, de protéger les enfants, de de protéger les personnes âgées, mais même on jusque à la non protection de nos données qui filtrent par centaines de milliers ou par millions dans l'éducation nationale. Et puis évidemment ce qui est ce qui vient renier le la vie des Français qui est le pouvoir d'achat. Comment on protège les plus faibles ? Alors qu'est-ce que vous proposez pour pour protéger ces personnes que dont vous êtes le député ?
Souvent déjà je ne prop je propose de ne pas laisser faire le marché. Alors, vous savez, moi ça fait et je j'ai eu des discussions ma sœur est issue de les secs hein. Laurence Ruffin, elle a fait les secs. Bon et je me souviens de discussion il y a 20 ans, il y a 25 ans avec elle en lui demandant "Mais est-ce que tu parles de taxes frontières ? Est-ce que tu parles de côte d'importation ? Est-ce que tu parles de barrière douanièr ? Est-ce que tu parles de politique commerciale dans cette grande école de commerce ?" Elle me dit non. Mais comment on peut faire ça ? La politique commerciale c'est une clé. Il peut pas y avoir de politique industrielle sans une politique commerciale.
Je vous donne un exemple. Pendant la crise Covid, Emmanuel Macron dit voilà, on voit il nous faut des masques. OK, il identifie un produit et il met le paquet mais des dizaines de millions de subventions sur le masque. Moi, je fais une vidéo parce que à l'Assemblée nationale, les masques, c'est marqué made in China. Donc, je fais une petite vidéo là-dessus. La semaine d'après, les masques qui sont des enveloppes blanches. Ça veut dire qu'il y a des fonctionnaires de l'Assemblée nationale qui mettent les masques made in chana à l'intérieur des enveloppes blanches.
Donc je refais une deuxième vidéo là-dessus et j'ai le patron du masque français qui m'écrit en me disant "Monsieur Ruffin, vous avez raison, c'est exactement ça qui se passe. Passez dans mon entreprise à Frontignan et je vous montrerai." Je vais dans sa boîte. Le chef d'atelier, il me dit "Bon, allez, on va remettre en route la machine pour vous." Bon, mais pourquoi pour moi ? Bah oui, parce que me dit le patron, à 99,9 % et c'est une state réelle, les masques achetés en France sont en vérité d'origine chinoise et c'est à 96,3 % pour les masques chinois. On ne peut pas avoir de politique industrielle sans avoir de manière liée une politique commerciale.
Et donc évidemment quand je parle de des destin populaires qui ont été brisés depuis des décennies, c'est en lien avec le fait que il y a 6 mois dans une indifférence générale, on a signé un traité avec l'Inde. Donc vous êtes plutôt pour remettre des des tarifs doués ou même un protectionnisme. Comment faire comment faire pour pas que ça ça le poids de ces barrières ? euh douanière ne retombe pas sur la population comme c'est le cas euh aux États-Unis par exemple.
Ben, je suis pas sûr que les États-Unis s'en sortent si mal de ce de ce point de vue-là, mais euh euh en revanche, je je ne dis pas qu'il faille faire la politique de Trump en augmentant de 20 %, de 50 %, de 100 % les taxes frontières de manière euh indifférenciée. Ce qu'il faudrait faire, c'est identifier sans produits, 100 produits sur lesquels on veut retrouver notre autonomie. Et là-dessus, on met le paquet.
Alors moi je dis c'est les aliments, c'est les médicaments, c'est l'armement, c'est l'acier, euh c'est les produits qui vont nous aider à la transition pour l'environnement, mais il faudrait identifier sans produit et là-dessus on met le paquet mais on laisse pas faire le libre échange. En fait, de manière générale, euh je suis pour une école de la régulation dans plein de domaines. Je vous prends un autre exemple. Là, on est sur les questions de des marges effectuées par Total. Il y a eu un contrôle des prix et des marges dans notre pays jusqu'à 1986 et Michel Rocard pendant la guerre du golf l'a remis en route et c'était pas un révolutionnaire, c'est un instrument de régulation.
Il y a des crises agricoles tous les 6 mois mais on a eu des instruments de régulation. Ça s'est appelé le quotat d'importation, ça s'est appelé les quotas de production, ça s'est appelé le coefficient multiplicateur, ça s'est appris appelé les prix planchés. On a décidé de faire sauter tout ça et de laisser faire le marché. Mais même dans le sur le logement jusqu'à 1986, il y a un plafonnement, un encadrement des prix des loyers. Donc tout, il y a des instruments de régulation qui ont existé qu'on a détruit dans les années 80 et à mon sens depuis en fait ça crée une tension dans le pays parce que ça crée de l'instabilité d'un côté et c'est source d'inégalité.
Donc moi, je suis partisan de régulation mais beaucoup de ces régulations se font au niveau européen. Comment est-ce que on peut les pourrait les changer ? Est-ce qu'il faudrait sortir la France de l'Europe ? Comment est-ce qu'on fait ? Vous savez Jean-Pierre Chvenemand disait "J'étais pas pour monter dans l'avion mais maintenant je suis pas pour sauter sans parachute." Donc donc [raclement de gorge] la question du frexit pour moi n'est pas posée. En revanche, l'Europe doit être un lieu de combat. On doit se battre quand on va Bruxelles et on doit se battre pour les intérêts français, pas pour les intérêts américains.
Je le dis parce que les trois derniers présidents, ils ont été membres de des des American leaders, des Young American Leaders. Mais ça me paraît un souci. On est on doit défendre non pas les intérêts allemands, pas les intérêts espagnols, même pas les intérêts européens. On doit aller à Bruxelles avant tout pour défendre les intérêts français. Et ça doit être un lieu de bataille où on sait qu'on va défendre ces intérêts là. Parce que les Allemands quand ils vivons et vender le la première, ils défendent les intérêts allemands. Donc déjà, il faut savoir qu'on y va et qu'on va se bagarrer comme pour ça. Et quand on va se bagarrer pour ça, on y va pas tout seul. On recherche des alliés.
Moi quand François Hollande a été élu président, sa première démarche en politique internationale a dire a été était de dire de pas voter pour Typras en Grèce qui était la gauche grecque quoi. Je pense au contraire et il allait négocier dans un tête à tête avec Merkel. Ça me paraît catastrophique comme démarche. Alors que c'était un moment où on avait tous les pays du sud de l'Europe, l'Espagne euh le Portugal, l'Italie, la Grèce qui était enfoncé dans les dettes et où on pouvait aller faire des alliés et je dis aller faire des alliés y compris avec des gouvernements de droite. Et donc par exemple la bataille du Mercosur, elle a pas été menée sérieusement par la France.
On n' pas eu une position constante au fil des années en disant non, nous refuserons ce traité là. Un jour, on va chez Loula au Brésil, on l'embrasse, on trouve que c'est super. Si jamais modifie une demiGne, ça sera parfait. On rentre à Paris, on va au salon de l'agriculture, on dit c'est nul, on veut pas de ça. Comment on peut avoir des alliés pour mener cette bataille-là ? Et donc évidemment sur la question qui est pour moi centrale de la politique commerciale, il y a une bataille à mener au niveau européen. Après, il y a des tas d'outils d'instruments qu'on peut mettre en œuvre à l'échelle d'un pays. Le By French Act peut être mis en œuvre à l'échelle d'un pays.
La politique de régulation du logement, d'ailleurs, elle existe bien davantage en Allemagne que chez nous, on pourrait la le remettre en œuvre en fait. Là, ce dont je parle, c'est un grand choix de de psychologie de nos dirigeants qui sont enfermés depuis 40 ans dans compétitivité, marché, concurrence, croissance. Et c'est de ça dont il s'agit de sortir aujourd'hui. Ouais. Mais en même temps, nous en tant que jeune, par exemple, la dette c'est une question qui nous fait extrêmement peur parce qu'on n'est pas responsable de la dette d'aujourd'hui et pourtant elle s'élève à c'est quoi 116 % du PIB français. C'est pharamineux.
Et en même temps, on a un peu l'impression que c'est l'état qui régule mal. Donc comment l'État peut réguler tout sachant qu'il est même pas capable de réguler ses propres finances ? D'abord dire que je prends au sérieux la question de la dette française et y compris quand on lit Carl Marx et bien on voit que Carl Marx dit qu'il faut pas de dette parce que finalement la dette c'est de l'impôt qui sert au rentier. Donc évidemment, je suis plutôt dans cette logique là et de dire que quand les Républicains ont lancé une commission d'enquête sur la dette publique française à la sortie du Covid, je me suis immédiatement inscrit dedans parce que je considère que c'est un sujet majeur.
Mais je voudrais détourner le sujet et euh un petit peu donc là vous pouvez mettre en place le bullshitomètre puisque j'ai vu que je je il y a quelque chose qu'il faut comprendre. On est passé d'un état action à un état subvention. Qu'est-ce qui s'est passé ? C'est-à-dire ce paradoxe et que la gauche doit affronter les gens qui se retrouvent au service d'urgence. J'avais encore une dame hierère qui me disent "Bon sang, je passe 8h dans le couloir sur un brancard et pourtant je paye des cotisations, je paye des infos et de fait on est au-dessus de 50 % du PIB de préélèvement." Donc comment ça se fait ? Je veux l'expliquer. On est passé d'un état action à un état subvention.
Les élites, les dirigeants politiques et économiques ont choisi de plonger la France dans la mondialisation. Ça veut dire destruction par million de l'emploi industriel. Donc subvention à l'inactivité, chômage RMI, RSA et cetera. Mais les l'industrie a dit "Mais oui, mais nous on peut pas être compétitive donc il nous faut des subventions." Puis comme le MEDEF est malin, ils ont pas juste dit l'industrie, ils ont dit toutes les entreprises, c'est les 211 milliards. Mais l'agriculture c'est pareil, elle est pas compétitive avec l'agriculture brésilienne, l'agriculture néozélandaise, donc subvention. Les salariés, ils sont pas assez payés pour vivre dans le pays.
Donc subvention, prime d'activité, subvention au salaire. Le logement, il est des tarifs, comme il est pas régulé, il a des tarifs qui a pris 80 % sur les prix de mobilier en 20 ans. Donc subvention à la fois pour les propriétaires niche fiscale, subvention de l'autre côté pour les locataires APL. Bon, jusqu'à l'énergie, plutôt que de réguler le tarif de l'énergie, qu'est-ce qu'on fait ? On fait des chefs de 40 milliards d'euros pour que les gens ils puissent avoir le bouclier tarifaire. Donc, et tout ça, et comment vous l'expliquez ? Est-ce que c'est un manque de courage du côté des élites que c'est un c'est un choix qui est fait.
Donc du coup, on a un pays qui est aujourd'hui intoxiqué aux subventions. Alors là, faut ramener la trosuse comme il est. la quoi ?
Mais non, parce que justement justement justement ce qui se passe de terrible pendant ce temps-là, c'est que à l'inverse ce qui devrait être la colonne vertébrale de l'État, les pompiers, l'hôpital, la justice, la police, l'éducation et bien tout ça se retrouve comme un squelette réduit et c'est là-dedans qu'on coupe et on a moins aujourd'hui en proportion d'agent du service public qui a 20 ans et donc on a à la fois un état qui prend énormément mais qui ne prend pas pour ses services publics pour renforcer muscler sa colonne vertébrale mais qui le le prend pour redonner en subvention tous azimut. Et donc c'est de ça dont il s'agit de sortir.
Et quand on est intoxiqué, c'est comme une drogue. D'accord ? Le sevrage, je prétends pas qu'il se fait en 48 he et que ça va être simple à faire, mais il y a des outils pour ça. Il y a un outil, ce sont les choix de régulation par exemple ou ce qui fait que on peut réguler des prix en amont plutôt que de filer des subventions en aval. On va passer à notre deuxième partie qui est donc à la rencontre des préoccupations des Français. Euh donc nous ce qui vous ce qui nous a marqué avec vous, c'est votre volonté de tout de tout le temps aller voir les gens euh de voir leurs préoccupations.
Vous avez notamment fait un tour de stop, un Tour de France en stop et on a trouvé que c'était une super initiative. Et c'est pour ça qu'est-ce qui vous a le plus étonné euh pendant ce Tour de France sur les Français mais aussi sur leur préoccupation ? D'abord dire que quand je fais ça en vérité, je le fais d'abord pour moi. Je le fais pour ne pas me perdre. et ne pas me perdre, c'est savoir où sont les racines. C'est-à-dire que quand euh vous êtes un politique, euh il y a quand même le risque autour de vous, il y a une équipe, il y a des gens qui vous disent "C'est formidable" que vous enfin vous voyez.
Et donc à un moment, il faut réussir à casser ça pour euh retrouver quelque chose qui est de l'ordre de la parole vrai. Euh et donc lors de ce tour, bon d'abord, il y a des moments qui sont formidables. Je veux dire, comment je peux rencontrer le patron du feu vert de Narbon si jamais je fais pas de l'autostoop ? Et évidemment, c'est un mec de droite mais qui a vécu un accident de la route qui s'en est relevé tout seul et qui dit voilà l'individu peut et en même temps, il me dit bah l'argent doit pas dominer le monde. Ce qu'il faudrait autour de Narbon et ailleurs, c'est que il puisse y avoir des parcelles que les gens cultivent et qu'on on que les agriculteurs puissent aller de ce côté-là.
Ça veut dire que y compris avec des gens où on se dit beaucoup de choses vont nous séparer, il y a la possibilité d'un chemin commun et à l'entrée de l'autoroute, on termine en se en se faisant un câlin. Et ben voilà, donc ça veut dire des beaux moments. Moi, je vis pour ça aussi. D'ailleurs, je suis là ce soir pour vivre un beau moment. Vous voyez, un moment d'humanité, d'humanité partagée. Après, dans les préoccupations que j'ai noté, euh, il y en a deux qui revenaient.
Il y a la question du handicap euh qui est une question euh qui euh est abordiée parfois par le biais dans le discours des politiques mais qui est pas franchement mise sur la table quand on a 9 pillons de personnes en situation de handicap. on en parle jamais, hein. Voilà, donc c'est un sujet euh par exemple des gens qui disent "Bah voilà, moi je voudrais bien travailler mais au fond je suis condamné à la pauvreté parce que même quand je gagne euh un peu euh que je travaille pendant quelques temps et ben ça m'est déduit euh de mon allocation adulte handicapée." Donc là, il y a la question de la condamnation à la pauvreté par le handicap. Il y a eu des avancées également dans ce domaine.
Il a par exemple 6 % de dans des entreprises, 6 % de des employés doivent être en situation de handicap. Euh est-ce que ça a échoué pour vous et qu'est-ce qu'il faut faire d'autre ? Ben ces 6 % déjà ne sont pas respectés. Donc il a un certain nombre d'entreprises mais y compris dans les services publics où on préfère payer des amendes plutôt que de respecter ça. Donc déjà il y a il y a à faire respecter ça. Et par ailleurs euh je ça y est je passe je j'étais à Marseille il y a quelques jours et je vois une personne en situation de handicap qui est dans un logement où son fauteuil il peut pas passer à travers les portes.
que pour se laver, pour aller aux toilettes, bah il faut que il se débrouille avec sa femme qui accepte de l'accompagner et tout ça. Mais au-delà de ça, la conversation se poursuit. Je lui dis "Mais toi, est-ce que tu t'ennuies ?" Bah oui, qu'est-ce que je m'ennuie, c'est terrible. Je me sens inutile. Avant, je bossais, c'était un gars qui faisait du marteau pickur et qui faisait des sondages par marteau pickur. Mais à un moment, son nerciatique, il a coincé puis voilà, il se retrouve plégique.
Il dit "Mais mais je lui dis mais est-ce que tu sais faire des choses par exemple par exemple cuisiner, réparer, jardiner ?" Et ben il dit moi je répare tous les téléphones portables des copains dans l'immeuble de des relations et tout ça. Mais je dis mais si jamais il y avait par exemple un atelier de réparation à proximité de chez toi parce que moi je suis pour un atelier de réparation par quartier et par canton. Si jamais il y avait un hôtelier de réparation, est-ce que tu accepterais d'aller y travailler avec joie ? Parce que là il se sent euh voilà laissé de côté euh inutile. C'est terrible de se sentir inutile à la société.
Et donc je dis ça parce que je pense que du coup on a [raclement de gorge] un gigantesque gâchi dans notre pays. On a un gigantesque gâchi productif.
On a un gâchi productif sur les personnes qui sont en situation de handicap et qui peut-être peuvent pas travailler 35 heures par semaine en étant debout avec un une haute rentabilité et ainsi de suite mais savent faire des choses et la société et les sociétés telles qu'elles sont organisées les marginalisent et puis on a et du coup à la place qu'il soit productif qu'ils apportent quelque chose par exemple je demandais est-ce que tu irais parce que je suis pour que dans les collèges on apprenne à réparer cuisiner jardiner que le ces savoirs pratiques là soient enseigné au collège est-ce que tu irais partager ton savoir-faire avec des collégiens mais il serait ravi de ça.
Donc voilà, moi je considère que derrière toute porte en fait dans tout humain, il y a une richesse qui est immense et qui bien bien souvent est laissée à l'abandon et c'est une perte pour l'individu lui-même mais c'est une perte pour la société pour l'économie toute entière. Il y a déjà des organismes il me semble qui font travailler les personnes en situation handicap. C'est il me semble que c'est les exates. Est-ce que selon vous ça a échoué ? Et pourquoi et comment les comment est-ce que modifier ce système pour que ça fonctionne ? Alors, il y a il y a les exates mais même moi je parlerai d'une autre expérience qui me tient à cœur qui est le territoire zéro chômeur longue durée.
Je sais pas si vous connaissez ce discliquer en fait quand une personne est au chômage depuis plus d'un an, c'est expérimental, ça n'est que que dans quelques endroits mais elle peut se rendre dans cette association de cette entreprise EBE alors à but d'emploi entreprise à but d'emploi et venir dire voilà moi je souhaiterais bosser qu'est-ce que vous auriez à me faire faire et donc il y a quasiment un droit à l'emploi pour les personnes qui sont en chômage de longue durée. Malheureusement, ce sont des expériences qui sont seulement sur quelques territoires.
Mais moi en fait, je pense que aujourd'hui, on devrait développer un tiers secteur qui permett à un certain nombre de personnes qui sont laissées de côté du marché du travail ordinaire ou qui pour l'instant ne peuvent pas y rentrer parce qu'on estime qu'ils sont pas qualifiés, parce que leur vitesse d'exécution n'est pas suffisante, parce qu'ils ont pas les diplômes dans le bon ordre et cetera. Et je pense qu' ce tirers secteurlà doit être développé à la fois pour les les hommes et les femmes eux-mêmes, elles-mêmes, mais aussi pour l'économie du pays.
Pour revenir sur votre Tour de France, euh est-ce que euh enfin vous parliez notamment d'une discussion avec un homme de droite, est-ce que il y a des personnes qui vous ont fait changer d'avis sur des sujets ? C'est pas changer d'avis, mais c'est avancer. Euh oui, je veux dire je vais dire et je et je suis en permanente euh démarche d'avancement euh de remise en cause, d'interrogation, de doute. Alors, il y a des trucs où j'ai tranché ma position et on fera plus bouger. Je veux dire euh non mais voilà où ou mollement parce que ça fait des années des années que j'y réfléchis, mais il y a toute un champ de questions, les questions de genre.
Bah je je veux dire dans sur les 20 dernières années, j'ai beaucoup évolué sur les questions de genre parce que elles étaient pas abordées de la même manière euh il y a 20 ans, il y a 30 ans ou quand j'ai eu mon éducation familiale classique, on va dire. Donc voilà, je pense que et en tout cas moi je viens euh euh d'abord pour écouter, vous savez dans quand je suis dans la bagnole en autostop, je pense que je parle 5 % du temps, c'est pour faire des relances. Donc je viens pour euh et avec on a des des des discussions, c'est il y a il y a toujours des trucs paradoxaux qui font que le réel dépasse les idées qu'on peut avoir.
Il y a un luxembourgeois avec qui je me retrouve en bagnole qui est marié euh à une euh marocaine et pourtant qui me dit il y a trop d'étrangers euh au Luxembourg. Enfin voilà, donc on se retrouve dans des trucs un bizarroïdes qui queil faut réussir à appréhender comme ça. Moi je il y a un autre truc qui me tient à cœur parce que là on parle beaucoup des rencontres. Moi, je euh j'ai toujours me suis toujours efforcé euh quand j'étais reporter et maintenant comme député de faire euh la jonction, le lien entre le terrain du réel et le ciel des idées. Euh il faut pas que euh que parce que le réel euh il amène à une forme de résignation.
Euh c'est c'est comme ça euh comme si ça devait être toujours comme ça, comme si ça serait toujours comme ça, comme si on pouvait jamais en sortir. Et donc en fait la seule manière de sortir de cette espèce de fatalité c'est d'en passer par le ciel des idées, c'est d'en passer par les livres qui disent bah voilà hier c'était pas comme ça. Il y a des il y a des moyens pour que ça soit pas comme ça quoi. Mais le le lien entre les deux. Donc autre sujet, dans votre BD, vous mettez en lumière tout ce que vous appelez les travailleurs de l'ombre, donc le les aides soignantes, le personnel de ménage et vous aussi dans votre programme, vous mettez en avant un statut de travailleur essentiel.
Est-ce que vous pouvez un peu expliquer ce statut en quoi il consiste et pourquoi c'est une nécessité de de le mettre en place ? Alors moi je je vais peut-être dire pour comment j'en suis arrivé à m'intéresser à ce qu'on a appelé les métiers du lien. Je suis à la fermeture. Je suis pas à la fermeture, je suis à la vente de matériel de l'usine Flot d'or. C'est au début des années 2000. Les ouvriers sont euh ont été licenciés 2 ans auparavant. Et je leur demande bah qu'est-ce que vous faites ? Les ouvriers, ils sont devenus caristes ou camionneurs. Euh les ouvrières, elles sont devenues assistantes maternell, auxiliaire de vie, aide à domicile.
Et la première que j'interroge, je savais même pas ce que c'était. AVS moi le sigle. et elle pleure. Elle dit "Oui, mon métier je l'aime bien. Franchement, m'occuper des personnes âgées, j'adore ça. Mais moi, je suis mère célibataire, j'ai un gamin et je sais pas comment demain je vais le faire bouffer." Et donc, je vois déjà cette tension entre l'utilité évidente de leur métier et la reconnaissance qui est nulle par la société. Et donc je je euh je les accompagne d'abord dans des manifestations, je les aide à entrer euh dans en en dans la séance du conseil départemental de la Somme. Bref, je fais mon travail d'agitateur.
Puis je suis député, on lance un rapport parlementaire avec un député macroniste, Bruno Bonel et le Covid survient et le Covid est un moment de révélation. C'està-dire ce qui est comme on dirait en photographie ce qui était caché se révèle. C'est-à-dire finalement qui à qui on demande de ne continuer à travailler ? Pas au marketeur hein, pas au trader. Mais à qui on demande de travailler ? On demande de travailler auxiliaires de vie notamment à continuer à passer chez papi et chez mamie.
Et c'est à moment à ce moment que Emmanuel Macron prononce cette phrase : "Il faudra se rappeler que le pays tout entier repose aujourd'hui sur ces femmes et ces hommes que nos économies reconnaissent et rémunèrent si mal." et il ajoute citant la déclaration des droits de l'homme de de 1789 son article 1er, "Les distinctions sociales ne peuvent reposer que sur l'utilité commune." Et et donc et là on est dans une société où c'est presque l'inverse de l'utilité qui on renverse ça. Ce sont les femmes notamment parce que je pense que là-dedans on a en fait un cumul de fragilité. Ce sont des personnes populaires femmes pour partie de régime inimmigré.
Et donc on considère comme normal que bah même si elles font le ménage, même si on pourrait pas vivre sans ell, même si elles s'occupe de nos enfants, des personnes en situation de handicap ou euh de nos parents et ben elles doivent en vivre très péniblement et surtout elles sont super invisibilisées. Et comment on les aide si vous avez pas répondu à ces questions ? Bah la première bataille a été une bataille de la visibilité, une bataille de faire savoir que ces métiers existent. Je me dirais que faut voir ce qui avance quand même. Cette bataille-elà nous l'avons remporté aujourd'hui. Accompagnante d'enfants situation de handicap, on sait ce que c'est.
Aujourd'hui, assistante maternelle, on sait ce que c'est. Aujourd'hui, auxiliaire de vie sociale, on sait ce que c'est. Mais il faut pas et d'ailleurs, il y a plein de mots et y compris les ministres, ils disent que elles sont formidables, elles sont essentielles. Voilà que le pays repose sur ell. Maintenant, faut que ça se traduise en budget. Est-ce qu'il faut faire comme ce qu'on a fait pendant le Covid ? applaudir tous les médecins, applaudir tout le monde. Est-ce que ça veut dire ça arrêter les invisibiliser ? Mais non, moi je dis bien que la bataille de la visibilité, elle a été pour partie gagné. Maintenant, il y a une autre bataille qui a mené qui est la bataille du budget.
Et en gros, ce que je dis, c'est ce qui s'est produit sur les ouvriers, donc qui était en tout cas la figure, c'était une figure masculine, d'usine, de collectif. Il faut que il y ait les mêmes mouvements qui se produisent avec la figure féminine des services aujourd'hui. Et je pense que il y a là un rôle de la gauche et des syndicats de parler d'elles et d'avoir des propositions pour elles. D'où le statut des travailleurs essentiels. Et justement avec les ouvriers, il y a quand même une conscience de classe qui est assez forte alors que avec toutes ces aides soignants, tous ces travailleurs essentiels, il n'y en a pas. Comment on on en crée une et est-ce qu'il faut en créer une ?
Est-ce que c'est le rôle de la gauche de le faire ? Mais je suis pas sûr qu'il y en ait pas. Je suis pas je pense qu'il y a eu deux moments récents qui ont traduit une conscience de classe de ce côté-là. le moment gilets jaunes sur les ronds-points, les femmes sur les ronds-points, c'était les métiers que je viens de vous citer.
Et le la crise du Covid quand elles ont vu qu'elles continuent à travailler, que elles avaient pas de masque, que elles elles allaient pas avoir le droit à du gel hydroalcoolique comme d'autres professions et cetera, il y a une conscience de classe qui est alors je dis elle est émergente et pas là et évidemment il y a un rôle du discours de venir organiser cette cette conscience quelque part. Mais voilà et donc j'ai regretté que pendant l'élection de 2022 alors qu'on sortait de cette crise là et ben ell on en est pas parlé. Elles ont pas été au cœur de la campagne. Il est très clair que je suis candidat pour qu'elle ne soit pas oubliée. J'ai une question assez personnelle.
En fait, je me dis là, on parle de tous les problèmes de français, toutes les préoccupations. Est-ce que pour vous ça fait pas un peu lourd de est-ce que c'est pas un peu déprimant de de récolter tous ces problèmes ? Est-ce que vous gardez confiance dans l'avenir ? même si vous voyez que la situation s'empire sur plein de sujets. Euh d'abord une citation de Gramchi qui disait qu'il fallait allier le pessimisme de la lucidité et l'optimisme de la volonté. Donc voilà euh le chemin qu'on peut tracer entre les deux. Et je dirais que par ailleurs, quand je me suis engagé comme journaliste, je me projetais sur un demi-siècle.
les ultralibéraux entre la société du Montpèlerin et Aïe dans l'Er de guerre, la victoire de Rean et et Satcher chair et la généralisation par l'Organisation mondiale du commerce dans les années 90, ils mettent plus d'un demi-siècle pour ça.
Quand j'ai commencé, je je me disais voilà en fait nous avons un demi-siècle de reconquête à avoir pour changer les idées, changer et du coup derrière changer la société en me en me disant que il y avait finalement une répartition une forme de division du travail politique avec des grands chercheurs, les les économistes de la régulation, avec derrière des journalistes qui viennent euh euh euh euh vulgariser ça euh dont j'étais et avec ensuite des politiques qui viennent prendre le pouvoir pour transformer ça.
Donc j'ai un peu bougé dans le rôle mais en revanche, il y a une question qui ne permet pas d'avoir ce rapport tranquille autant ou en se disant "Bon voilà, il y a des hauts, il y a des bas, ça reviendra, moi je m'inscris dans le temps long." C'est la question climatique. La question climatique, elle fait que c'est comme un compte à rebour. On n'est pas dans des variations. Ce qui est détruit ne sera plus reconstruit. Et donc avec ce sentiment tragique que chaque journée qui passe, chaque mois qui passe, chaque année qui passe où on n'agit pas, c'est avancer vers une catastrophe et vers une catastrophe à la fois pour les Français et pour l'humanité.
Et bon, l'écologie, on va en reparler en après le petit jeu, mais nous, il y a quand même une question, on a fait un sondage sur Instagram avec donc le public et 56 % donc de ce public est contre. On n'est pas vraiment convaincu par l'augmentation du SMIC à 1700 €. Euh c'est vrai que il y a certains de nos étudiants qui vont par exemple devenir entrepreneurs et ça peut leur gérer par exemple des PME et ça peut être dur pour leur budget de d'augmenter les salaires. Est-ce que il peut nous convaincre ou nous expliquer les arguments en faveur de cette augmentation du Smic ? Pourquoi vous considérez que c'est nécessaire ?
Je vais vous convaincre en vous transformement tous en Sarah Salman qui est euh cette avocate qui euh sur les plateaux de BFM disait "Bah franchement, ils ont le SMIC qui se débrouille avec ça, c'est déjà pas mal." Je veux dire euh je vais vous inviter euh à voir une famille, un logement de le frigo à remplir, le plein de la voiture et à faire tout ça avec le SMIC et de voir si vous en sortez. Aujourd'hui, c'est un/ers des Français qui sont sous sous le niveau de l'eau, d'accord ? qui se prive sur tout.
Vous savez, je quand j'ai fait Merci patron il y a une dizaine d'années, au milieu les clures disent à un moment bah voilà nous des soirs on mange pas ou alors juste un bout de fromage sur une tartine de pain. Et je me souviens dans le cinéma à ce moment-là il y avait un grand blanc parce que ça n'existait pas dans notre pays. On on croyait qu'on avait chassé la fin et aujourd'hui, je vais voir des aides soignantes dans dans le de groupe Vivaltovi à Poitier, un ÉPAD qui s'occupe des de leurs papiers de leur mamie toute la journée. Mais qu'est-ce qu'elle m'explique ? Elle saute systématiquement le repas du matin.
Je vais le lendemain chez ID Logistics qui est un sous-traitant d'Amazon qui c'est Amazon qui a fait 72 milliards d'euros de profit l'année dernière. Et ben chez les sous-traitants qui sont à 1500 € ils m'expliquent comment ils sautent des repas et comment ils se prent y compris sur l'alimentation. Voilà où on est le pays. Donc je vous invite donc il y en a quand même 44 % qui sont pour l'augmenter à à 1700 €. Je les prends mais voilà par ailleurs, j'entends moi, j'entends très bien, il y a pas de problème dans les grands groupes parce que le problème de notre économie plus les PME.
Oui, voilà, j'entends très bien le problème de notre économie, c'est qu'on a une captation de la plus-value par les firmes et y compris pas seulement au niveau français mais au niveau européen. Là, je sais pas si vous avez vu, mais le rapport Mukato qui étudie 300 firmes européennes qui représentent 40 % du PIB du continent et qui vient dire qu'il y a une augmentation de 151 % des profits pendant ces années-là, mais que la part qui était consacrée aux dividendes est passée de 25 % à 68 %. contexte dividende.
Mais non, je veux dire, on a on a aujourd'hui un y compris dans le journal de mon ami Bernard Arnaud euh les échos euh il ne cesse de répéter que ce sont des dividendes de record, que l'actionnaire est roi. Bon ben voilà à qui est destiné aujourd'hui l'essentiel de notre économie. Donc là, il faut que ça change ça. Donc, mais j'entends donc du coup que pour les PME, pour les sous-traitants, ça soit difficile d'augmenter les salaires. Donc en revanche, là où il peut avoir une alliance et moi j'ai invité à une alliance y compris avec les patrons à une grande alliance sur le logement parce que le logement en fait c'est le point invisible du débat sur le pouvoir d'achat.
La dépense qui a le plus augmenté ces 40 dernières années, c'est le logement. C'est le premier budget dans le ménage des Français, c'est le logement. Et pourtant, on en parle pas comme si c'était une fatalité et que ça allait de soi. Et pour ça touche au pouvoir d'achat, ça touche à la question de la natalité. Moi, je dis quand on interroge les jeunes couples, la première raison qui donne pour le fait de retarder un enfant ou de pas en avoir, c'est le logement. 27 m² ont été perdus en 20 ans. Ça veut dire deux chambres d'enfant. Euh donc euh et euh et compris sur la mobilité professionnelle pour euh que quelqu'un ait bossé dans une autre région, le un truc qui coince c'est le logement.
La question des inégalités euh elle est par le biais du logement. Celui qui va hériter d'un logement, qui va être aidé par ses parents pour en acheter un et ceux qui vont être locataires pendant toute leur existence quasiment. Donc je je pour ce débat à l'occasion de la présidentielle, je pense que la question du logement doit être un un point central avec nous évidemment des questions de régulation. La première, c'est qu'on veut plafonner et encadrer les loyers partout dans le pays. La deuxième, c'est qu'un logement doit se servir à se loger et non pas faire un produit financier, non pas faire du Airbnb, non pas faire en priorité de la résidence secondaire.
Et pourquoi est-ce qu'on en parle pas du logement ? Pourquoi est-ce qu'on parle par exemple de l'augmentation du prix de l'essence ? On parle très rarement de de l'augmentation des coûts du logement et aussi l'accès à la propriété. Pour nous jeunes, c'est impossible de devenir propriétaire. Donc je disais le le les prix du mètre carré ont augmenté de 80 % en 20 ans pendant que les salaires ont augmenté de 20 %. Donc il y a un faossé qui s'est créé entre les deux et qui fait que même pour des gens qui travaillent tous les deux dans le couple et ben la perspective d'acheter un jour sa maison, d'avoir son pavillon est devenue une illusion.
Et euh je pense que ça participe d'un sentiment de déclassement, de malaise quand on se dit on va payer un loyer pour toujours pour ça. Mais avec cette grande injustice, vous avez déjà une maison, vous pouvez aller voir le banquier en disant "Bah voilà, je voudrais prendre un crédit pour en acheter une deuxième et faire de la location." Mais par contre, si vous travaillez, que vous êtes infirmière, que votre mari il est pompier et que vous allez voir la banque et que vous avez pas déjà une caution à apporter avec une maison, il vous prête pas et donc vous serez condamné à être locataire éternellement.
Évidemment, il faut renverser ça et faire que la priorité soit donnée à ceux qui veulent acheter leur propre maison, leur propre logement. Donc, par exemple, on impose aux banques de prêter au plus Nous, on est favorable à une banque du logement. D'accord.
d'abord un doublement des pré à taux zéro hein qui est qui est quand même une mesure qui est utile donc doubler ça mais par ailleurs la création d'une banque du logement qui vient financer l'achat par ceux qui vont l'habiter eux-mêmes est-ce qu'on risque pas une deuxième crise de 2008 mais je pense que c'est l'inverse puisque la crise de 2008 est une crise de la spéculation en l'occurrence qui fait du logement à produit financier vous voyez et là c'est comment on aide les gens et des gens qui ont un revenu des gens pas des gens avec qui on va dire bah vous allez devoir rembourser 80 % de votre salaire, mais au contraire bah que ça soit fixé comme pour un loyer, qu'il y ait des normes bancaires qui soient raisonnables.
Mais je pense que j'entends que on puisse être d'accord ou pas d'accord avec ce que je préconise sur le logement mais en revanche il faut queil y ait dans l'esprit du pays que c'est d'aujourd'hui devenu un gros point bloquant. C'est le premier contraceptif du pays. Quand on connaît la la crise démographique française, je pense que c'est un vrai souci.
Et est-ce que vous pensez que la, c'est un peu ma mais la mort des baby boomers qui sont quand même les premiers propriétaires de logement en France, ça va régler cette question de l'immobilier ou ça va rien changer parce que toutes les mais non mais toutes les maisons qu'on on nos parents par exemple vont les léguer un jour et il y a des économistes qui préconisent ça qui disent que le PR en fait va se régler lui-même avec l'héritage de tous ces logements qu'on nos grands-parents ou donc c'est la question de la grande transmission. c'est grosso modo 400 milliards d'euros par an qui doivent passer d'une main à l'autre.
Donc c'est tout à fait gigantesque hein ce que ce qui est en train de d'advenir. Je suis pas sûr qu'il faille parier là-dessus parce que par ailleurs l'héritage là on est à un moment où le il y a un tel vieillissement la population qu'en fait on est amené à hériter à 60 ans. Euh et donc c'est-à-dire qu'on hérite. Vous vous allez avoir des projets. J'entends qu'il y en a un certain nombre qui veulent devenir entrepreneurs. Euh que vous avez envie de faire des choses dans la vie. Moi aussi quand j'ai lancé mon journal j'avais envie d'avoir un peu de sous pour pouvoir le lancer. Bon et ça c'est à 20 ans don et vous avez personne n'a le souhait que ses parents meurent à 20 ans hein.
Euh voilà donc là je pense comment on fait pour accélérer la transmission ? Je pense qu'il y a une question entre autres. C'est pe c'est pas la seule mais il faut que euh les personnes âgées soient sécurisées sur leur vieillesse. Euh qu' se disent pas que il faut qu'il mettent à fond de côté parce qu'ils vont devoir tellement tout cracher pour leurs derniers mois ou leurs dernières années à l'PAD que du coup il faut épargner épargner épargner épargner. La France est un pays où on a un taux d'épargne qui est considérable. Il a jamais été aussi élevé, hein, 19 %. Donc la question aujourd'hui, c'est compte tenu de l'immense épargne qu'il y a dans le pays, comment on la met en mouvement ?
Comment on la rend utile ? Alors nous euh par exemple sur sur cette questionlà, le fait que l'assurance vie qui est le grand produit d'épargne au ça sert aux obligations. Oui, mais aujourd'hui, il y a plus d'assurance vie qui va vers le NASDAQ américain que vers les PME françaises. Ça peut 3 à 4 % de l'assurance vie. en France qui va vers les PME françaises. Donc comment on fait pour canaliser ça ? Les idées de Michel Barnier de livrer industrie, j'y étais plutôt favorable.
De dire que par exemple vu que le l'assurance vie est un produit en partie défiscalisé à la transmission, bah ça doit être conditionné et conditionné à de l'investissement sur le territoire français ou sur le territoire européen. Mais je pense que je parlais tout à l'heure de la mobilisation de de le des gens. Pourquoi je donc c'estàd du capital humain des personnes en situation de handicap mais je pourrais dire les jeunes qui trouvent un emploi stable dans notre pays de ou 3 ans plus tard qu'en Allemagne y compris quand ils sont diplômés.
On pourrait dire le gâchi sur les étrangers qui pourraient bosser et qu'on envoie pour un renouvellement de papier à faire des que pas possible à la préfecture c'est le gâchi sur les femmes en milieu de carrière quand elles se retrouvent avir un enfant. Ça s'appelle la pénalité maternelle. C'est le gâchi sur les seigniors qui sont bien souvent écartés du milieu du travail avant même d'arriver à la retraite. Et enfin, c'est le gâchi, je suis très attaché sur les 100000 personnes. 100000 personnes qui chaque année euh sont mis en inaptitude soit pour trouble musculosquelettique, soit pour burnout. Et on nen parle pas.
Ça a doublé en disant et c'est comme de l'espèce de la poussière d'humain qu'on met sur le tapis. Donc nous, on est pour la mobilisation du capital humain, pour la mobilisation du capital financier qui existe dans le pays et dont on doit se demander en permanence ce qui peut marcher, ce qui peut pas marcher pour que il soit utile au pays lui-même. Et pourquoi on vient poser cette question de voilà de canaliser les énergies du pays, les talents, les savoir-fair, le la main d'œuvre, le capital parce qu'on sait qu'on a trois défis à rlever. On a le défi productif, pas de grand pays sans une grande industrie et sans une agriculture qui assure notre autonomie.
2e défi, le défi démographique avec de plus en plus de personnes dont il faut s'occuper. 3è défi, le défi euh climatique, ce qui suppose à peu près tout transformer, euh énergie, industrie, logement, déplacement et cetera et que tous ces deux fill là, ils ne pourront être remplis que par le travail. Voilà, si on veut une de l'industrie dans notre pays, de l'agriculture dans notre pays, si on veut s'occuper de personnes âgées, si on veut un atelier de réparation par quartier et par canton, si on veut des dans les champs, si on veut moins d'un tr dans dans notre agriculture, si on veut remettre les marchandises sur le rail, tout ça c'est du travail.
La reconstruction de la France dans la prè-guerre, elle s'est faite par le travail, par un travail qui était valorisé, qui était respecté avec des salariés qui ont disait "Bah, vous allez bosser dur là, il y a un pacte productif mais derrière et ben vous aurez la retraite, vous aurez la sécurité sociale, on va construire ça pour vous." C'est le même pacte qu'il faut aujourd'hui renouver si on veut relever le pays de l'immense faillite, faillite de la dette, faillite écologique, faillite démographique dans lequel il se trouve. Alors avant de commencer notre troisème partie, nous vous proposons de vous prêter au jeu du traditionnel petit jeu des mardis.
Donc on va vous poser, il y aura trois questions. À chaque question, trois réponses sont possibles et vous choisissez celle qui vous convient le mieux. Alors la première question, qu'est-ce qui fait de vous un homme de gauche ? Première réponse, s'associer avec Lfi, gagner une primaire qui n'existera pas, garder la main sur le cœur et rester au SMIC, même si vous additionnez les salaires. C'est moi je je d'abord je dirais enfin je suis un homme de gauche, je suis de gauche, y compris quand le mot gauche avait été complètement discrédité par François Land.
Je constitue continue à assumer le mot gauche, c'est-à-dire cette histoire qui part de la Révolution française qui traverse la commune, Joress, le Front populaire mes 681 et je l'arrête à peu près là. Euh mais euh euh donc mais je pense que je suis de gauche par mon humanité, par mon lien aux gens. Voilà ce qui et par ma volonté de faire que le système il soit la société, l'économie soit plutôt en faveur des gens que de l'argent. Ils ont assez comme ça. Deuxème question, j'ai bien compris que à chaque fois je répondrai ni B ni C hein. La bonne question c'est la plutôt la bonne réponse la 4e. Qu'est-ce qu'un bon dress code à l'Assemblée nationale ?
Donc premier choix le traditionnel costume cravate pour représenter comme il se doit l'État dans ses plus hautes sphères. Deuxème proposition, un maillot de foot car il faut privilégier le confort le confort pour être proche du peuple ou un gilet jaune car en bon français nous ne sommes jamais contents. Euh bon oui, j'ai porté le maillot de foot et je veux dire il y a des gestes comme ça qui parviennent à rencontrer un peu le pays. Je veux dire le nombre de messages de bénévoles des clubs sportifs. Je je vais dire un mot là-dessus. Aujourd'hui, notre pays ne tient pas par le haut. Il tient pas par l'Assemblée, il tient pas par l'Élysée, il tient par le bas.
euh et tient par les salariés qui euh euh sont dans les bureaux, dans les hôpitaux, dans les usines. Bon, il tient par les entrepreneurs, par l'initiative privée, il tient par les élus locaux et il tient par les assauts, il tient par les associations. Si aujourd'hui en France, on a encore la chance d'avoir partout dans les campagnes comme dans les quartiers de la culture, du sport, de la solidarité, c'est par les associations. Et voilà.
Et donc le fait que les bénévoles des clubs de gymnastique, de judo, de basketball, de foot me disent "On a envie de payer ton amende parce que je me suis pris 1500 € pour avoir fait ça" et je leur dit "Non, franchement, je vais me l' payer, il y a pas de problème. On va pas faire une cagnotte pour mes 1500 € mais en revanche, merci à vous." Moi je je dis tous les jours, on doit dire d'ailleurs, j'ai fait une une cérémonie un peu des Césars à Abeville dans ma circonscription, la nuit des bénévolle. Je pense qu'on devrait faire ça à la télé comme on a les victoires de la musique.
On devrait faire une nuit des bénévoles où on remercie tous ceux qui sans toucher un rond sont prêts à les passer leur samedi après-midi au bord d'un terrain pour que les gamins s'ennuient pas quoi. Donc plutôt maillot de foot. Oui oui, je j'assume pleinement. C'est un moment de ma carrière politique que j'assume à 2000 %. 3e question. Qu'est- C'est pas tous les moments comme ça hein. D'ailleurs, d'ailleurs de l' dito qui avait été construit là, il disait la passion, la politique. Moi j'ai pas comme passion la politique hein. C'est quoi v passion ? Non même je dis même au journalistes politiques mais moi la politique elle m'ennuie.
Euh mais franchement si la politique c'est demandé de se positionner entre un tel et un tel et machin et bidu et qu' raconter de trucs. Je je m'en fous. Et d'ailleurs quand j'étais journaliste, j'écrivais jamais là-dessus. Ça ne m'intéressait pas. Je lisais pas les pages politiques des journaux, c'est-à-dire le truc des petits partis. Les idées, ça m'intéresse. La vie des français, ça m'intéresse. Mais cette petite politique- làà franchement, elle ne m'a jamais intéressé et euh en étant dedans, elle m'intéresse encore moins. Donc 3e question. Qu'est-ce qui est le plus probable pour 2027 ? Que la gauche trouve enfin un terrain d'entente pour ne faire qu'un bloc.
que LIA nous tue tous comme les prédit Jacob Coxon, l'ancien chercheur d'anthropique ou que Macron reparte pour un tour avec un trè mandat faute de meilleure solution. Je vais être encore plus pessimiste que tout ça parce que malgré les dernières infos sur les amours de jeunesse de Jordan Bardella sur voilà ses liens avec Alain Soral sur le fait que il y a une vraie culture politique diffusée à l'intérieur du Rassemblement national qui oscile entre Robert Brasillac et Édouard Drumont. Le la probabilité à ce stade, c'est qu'un train de la fatalité arrive amène Marine Le Pen à l'Élysé. C'est ça la probabilité la plus forte.
Et je le dis, de toutes les manières possibles, j'essayerai de faire se dérailler de ce train de la fatalité. C'est ce que vous avez réussi à faire dans votre circonscription. Oui, je j'en suis fier. par trois fois dans une circonscription qui était donnée euh statistiquement au Rassemblement national où il arrivait en tour euh euh en tête euh à l'élection présidentielle ou à l'élection européenne. Bien, par trois fois, nous avons inversé cette logique localement. passer d'une inversion locale à une inversion nationale euh ça va pas de soi. Mais euh en revanche, il y a des choses je sais qu'il faut pas faire, ça c'est autre chose.
Mais mais euh mais donc le voilà, je chercherai le chemin et je le disais euh à la fête de Luma, si chacun reste dans son couloir, on est cuit. L'espoir, il n du fait que on sorte de notre couloir. Donc maintenant, on va passer à la troisème partie qui est pourquoi nous jeunes devrions voter pour vous. C'est vrai qu'aujourd'hui quand on voit le le RN qui va peut-être passer l'année prochaine, la guerre en Ukraine, l'IA qui va prendre tout tous nos emplois, ça peut être un peu anxiogène. Donc c'est pour ça que dans cette partie, on va se concentrer sur nous et sur vos propositions sur les différents thèmes que nous jeunes on considère comme importants.
Ouais, je je vais je vais faire un préalable. Allez-y. Vous l'avez déjà entendu mais je vais vous le redire. Moi, je viens pas ici pour chercher vos voix. Je je viens pour réveiller votre voix avec la conscience que dans l'assemblée qui est rassemblée devant moi, il y en a peut-être un paquet qui me trouve marrant.
Il y en a d'autres que que je rends indifférent, mais il y en a quelques-uns peut-être que je vais toucher qui font se dire "Ouais, c'est pas con ce qu'il raconte." Et vous dire votre responsabilité, c'est que dans la position vous occupez d'élites ou de futures élites économique et bien attention nous avons besoin c'est pas c'est tout sauf de la langue de bois, c'est un appel à votre responsabilité parce que je pense que par exemple si en vue de l'élection présidentielle de cette salle n'était 10 15 20 personnes qui disaient oui la répartition dans notre richesse, il y a un souci. Oui, dans notre euh pays que l'économie soit faite pour les actionnaires, c'est un problème.
Si cette voix-là, elle part d'ici et non pas d'un mec dont on s'attend à ce qu'ils disent ça de gauche. Euh vous voyez quand par exemple sur l'héritage, c'est 104 millionnaires qui viennent dire taxez-nous, taxez-nous sur nos successions. C'est un effet qui est pas le même que si ça vient d'un groupe de gauche de l'Assemblée nationale. Et donc moi je je viens ici, je veux dire ma sœur est passée par ici, je viens vous demander est-ce que vous voulez être Laurence Ruffin ou Patrick Martin et vous inviter à venir apporter les armes que vous avez du bon côté. Voudrez qu'on soit tous des Mathieu Pigas, des milliardaires de gauche ?
Ben, je sais pas s'il y a nécessité d'être milliardaire avant ça et je mets même pas Vous pouvez euh ne pas être de gauche, mais en revanche euh se dire que quand les pompiers manifestent bah c'est euh pour nous aussi. Euh se dire que quand les lycéens de euh Saint-Ni disent "On n'a pas assez de moyens pour l'éducation, c'est nous aussi" et qu'on forme une communauté et qu'on doit pas avoir des destins séparés et prendre la voie. Je je suis sûr que si des voix émergent au sein de de de l'ess pour venir lancer des alertes en vue de la présidentielle, ça a des chances d'être écouté.
Même s'investir en niveau plus personnel hein, même en entreprenant, on peut s'investir pour améliorer la vie des gens. Et euh c'est pour ça qu'on va passer sur un des thèmes qui est quand même assez préoccupant pour nous, c'est la crise écologique. Et euh face à cette face à ce drame, qu'est-ce que vous proposez concrètement pour faire face à la à la au rchement climatique ? Nous, non, je l'ai déjà évoqué, mais notre concept clé, c'est le travaillisme écologique. C'est-à-dire que se dire que en fait, c'est comme si on avait les 12 travaux d'Hercules à réaliser, mais sauf que c'est des humains qui doivent le faire.
Mais là aujourd'hui, l'énergie doit changer, l'industrie doit changer, les déplacements doivent changer, le logement doit changer. Je prends juste ce euh le logement, je reviens sur le logement mais j'y reviens sur le biais de du climat. Euh la société est prête pour avoir un effort à fait sur le logement, sur l'isolation des 5 millions de passeurs thermiques. Moi, ça fait 10 ans que je réclame en commission des affaires économiques qu'on investisse. Alors, je dis disais 20 milliards puis il y a des années, les macronistes trop trop en colère après moi, il disaient c'est pas possible, faut que ça soit 10 milliards.
Bon, il y a un économiste libéral Jeanpis Féri qui a chiffré ça à 26 milliards d'euros par an à investir sur le logement. Et je dis si on fait ça sur le logement, c'est du gagnant pour tout le monde. C'est gagnant sur les factures des gens. C'est gagnant sur leur confort parce que ça sera pas des bouilloirs en été et des frigos en hiver. C'est gagnant sur l'emploi local. C'est gagnant sur le déficit commercial. C'est 40 milliards d'euros d'énergie fossile euh euh importé chaque année. C'est gagnant sur la souveraineté nationale de pu être dépendant des États-Unis, de la Russie, de l'Arabie Saoudite et cetera.
Et donc normalement tout est aligné pour qu'on fasse dès maintenant l'effort sur le logement, qu'on isole les 5 millions de passoirs thermique, qu'on euh euh canalise la main d'œuvre, qu'on canalise l'énergie du pays, qu'on canalise le capital pour que le saut soit démarré tout de suite sur le logement. Et on a perdu 10 ans sur la voiture, enfin sur les déplacements. Oui, il faut évoluer sur les déplacements. Je le dis, ça va être plus compliqué parce que pour les Français, la voiture, ça peut être intimité. euh liberté, propriété, il y a des valeurs qui sont associées à la voiture et qui fait qu'on va pas bouger aussi vite sur la question des déplacement.
Et par ailleurs, comme on a une industrie automobile qui a fait le choix non pas d'investir et d'investir dans cet outil qui est la voiture électrique mais de délocaliser tout donner aux actionnaires, on n pas aujourd'hui l'outil technologique qui est arrivé à maturité pour faire ça. Et c'est les Chinois qui sont voilà, on est dans une situation où il est fort celui qui fait les tac tac là. Appelle, on prononce chinois que déjà Tcha. Euh mais euh on est dans une situation, il faut se rendre compte que la France est devenue le pays sous-développé. L'Europe est devenue le continent sous-développé comparé à la Chine par exemple sur la voiture électrique.
Et pour revenir sur une autre de vos mesures, donc on a également sondé notre public, c'est la mesure c'était instaurer un quotat de kilomètres par personne pour les vols en avion. Alors euh donc 68 % de notre public est contre. Qu'est-ce que vous leur répondez ? Bon, d'abord ça on l'a pas mis dans le courir, mais en fait en effet c'est une mesure que j'ai défendu avec Delphine Bateau à l'Assemblée nationale. En fait, il y a deux manières de faire évoluer la société. Euh soit on considère que c'est par les prix, l'indice prix, on va augmenter les prix.
Mais je pense qu'en vérité, c'est assez injuste quand ça fonctionne de cette manière-là parce que il y a des le le gaisoil à la pompe, il augmente. Je vous dis sur moi, ça n'a aucun effet. C'est la réalité ça c'est je fais mon plein tranquillement. Et en revanche, il y a des gens pour qui ça y est, ça va être de la privation, on va plus pouvoir conduire les gamins. Donc en fait, penser que c'est par le signal prix qu'on va s'en sortir, à mon avis, c'est c'est quelque chose de grandement injuste. Je préférerais qu'on s'en sorte par des mesures de décision démocratiques de quelles sont les limites qu'on se fixe.
En fait, je je j'ai fait un reportage à Monaco, il y a pas que Jordane, au Monaco Yotcho. Et l'un des bateaux qui étaient gigantesque s'appelait le limitless, le sans limite. Et à mon sens, c'est ça nos élites aujourd'hui. C'est l'ubris, c'est la démesure. Si on n pas de limite et ben je pense que nous sommes là pour leur réimposer des limites. Mais je me demande est-ce que ça fera pas comme les impôts, ils vont trouver des moyens de contourner et donc si on impose des limites, là ça serait sur les vols en avion. Ils vont trouver des moyens de contourner également les élites qui polluent le plus.
De de toute façon sur les impôts, si jamais il y avait une volonté politique qui ne contourne pas, ils payeraiit leurs impôts. Je veux dire, c'est pas une fatalité. Il faut voir quand même que la puissance de l'État quand il le veut, il peut au moment de la crise Covid, de jour au lendemain, il nous a dit qu'il fallait remplir un papier pour sortir de chez nous, qu'on avait pas le droit d'aller pisser à plus d'un km, queil fallait se parler à moins d'un à plus d'un mètre l'un de l'autre et cetera et cetera. il a réussi à imposer du jour au lendemain ces normes-là. Qu'on me fasse pas croire que l'État ne peut pas faire payer les impôts aux riches aujourd'hui. C'est un choix.
Mais je veux le dire, tout à l'heure, on me disait que j'étais fâché avec mon ami Bernard, mais moi je je souhaite qu'il appartienne pleinement à la communauté. euh ce que ce qui s'est passé avec Sarah Salman qui a insulté de haut, je souhaiterais que Bernard Arnaud simplement il se dise "Bah voilà, j'appartiens à la communauté nationale." Et de à ce titre-là, bah oui, j'en ai les moyens, je vais pas aller euh faire mettre mon yacht avec un pavillon de malte, ça se fait pas. C'est une question de dessence. Vous savez, la honte chez les Grecs était une vertu quand on et on on l'entend quand on dit et honé. Et honé, c'est quelqu'un qui est au-delà de la honte.
Et donc je pense que leur donner le sentiment que ce qu'ils font c'est honteux, ça ne se fait pas, c'est pas décent. Voilà. Et donc là, je dis simplement à mon ami milliardaire qu'il paye au moins en proportion autant d'impôts qu'une infirmière ou que sa secrétaire. Vous savez, c'est Warren Buffette qui était à l'époque la première fortune mondiale et qui avait déclaré "La guerre des classes existe, c'est un fait mais c'est la mienne, la classe des riches qui mène cette guerre et nous sommes en train de la remporter. Mais la réalité c'est que Warren Buffett le regrettait. Il avait comparé sa feuille d'impôt avec la feuille d'impôt de sa secrétaire mais il s'est dit "Mais c'est quoi ce truc ?
En proportion, je paye moins d'impôts que ma secrétaire. Ça va pas ?" Et il était venu sur les plateaux télé en demandant lui-même à être davantage taxé. Vous parlez beaucoup de limite pour dans ce combat écologique. Est-ce que vous pensez carrément qu'il faut pas qu'il faudrait pas aller plus loin et avoir un modèle de décroissance en quelque sorte ? En tout cas, il y a une bataille sur l'imaginaire de et et c'est presque une chance. Pendant un siècle, le plus a signifiaé du mieux et on le voit jusque les années 70 quand le PIB augmente, les indices de bien-être augmentent et en fait à partir des années 70, il y a plus de corrélation entre les deux.
Et ça c'est vrai en France, mais c'est vrai dans tous les pays du monde. À partir entre en gros entre 20000 dollars et 30000 dollars par tête de pipe, il y a plus de lien entre l'augmentation du PIB et euh l'évolution des indices de bien-être. Alors après, il y a un épidémiologiste que j'aime beaucoup qui s'appelle Richard Wilkinson qui dit qu' à partir de ce moment-là, en fait, ce qui fait que les gens se sente mieux dans une société, c'est le la faible part d'inégalité parce que on n'est pas stressé en fait, on est moins stressé dans le jugement. On a moins peur d'être agressé quand on est dans des sociétés qui font plus de commun parce qu'il y a moins d'inégalité.
Mais oui, là et pour quand on défend quand je défends les métiers du lien, c'est avec la conscience que les femmes qui font euh ces travaux de d'accompagnement d'enfants en situation handicap, de personnes âgées, de malades, euh c'est à la fois un combat populaire social, un combat féministe, un combat antiraciste, mais que c'est aussi un combat écologique parce que quelque part, on vient dire que le progrès dans la société de demain, il vient pas de plus de bien mais il vient de mieux de lien et et que au fond Ce qui fera le progrès, c'est sans doute pas d'avoir un frigo connecté à notre téléphone portable avec la 6G qui prévient carf market quand il y a plus d'olive à l'intérieur.
Or, le progrès que nous vendent les publicitaires et nos dirigeants, c'est ce progrès là. Donc plutôt oui pour la un modèle de décroissance. Alors moi, je me suis jamais revendiqué décroissant. J'ai toujours dit que j'étais accroissant comme on peut être agnostique. C'est-à-dire que la croissance euh je je ne suis ni pour ni contre. Ça dépend ce qu'on ce qu'on met comme euh euh qu'est-ce qu'on fait croître et qu'est-ce qu'on fait décroître. S'il s'agit de faire croître un certain nombre de métiers de lien ou de production locale et ainsi de suite, je suis pour. S'il s'agit de faire croître les importations de téléphones portable, je suis contre.
C'est pour ça que nous enfin la question, j'ai commencé par la question du déficit commercial. Je veux dire que le déficit commercial et déficit écologique, ils vont de pair. Euh d'ailleurs, c'est un ancien élève de l'ess qui s'appelle Benjamin Briss qui a démontré ça dans un livre que j'ai trouvé franchement formidable qui s'appelle la sobriété gagnante. Et euh euh en fait le on on le le nous on place la question du déficit commercial comme euh notre boussole. C'est notre boussole économique, c'est le déficit commercial.
Depuis 40 ans, on a des dirigeants qui viennent dire "On va combler le déficit commercial en exportant davantage." Nous, on répond que non, il faut combler le déficit commercial en important moins. En important moins, ça veut dire en produisant ici ce qu'on peut produire ici, c'est les sans produits, mais aussi en réparant euh tout ce qui peut l'être. Si vous à la place d'acheter un nouveau téléphone portable, vous réparez un nouveau téléphone portable, non seulement il y aura pas des des tonnes des mètres cubes de terre qui seront euh fouillés par des bulosaires, mais en plus vous importerez pas un téléphone venu d'Asie qui va faire du du déficit commercial.
par exemple que un jeune entrepreneur a produit une machine pour euh euh recharger les piles. Il me dit toutes les piles peuvent être rechargées. Il y a 12 % des piles quand elles sont ramenées au supermarché en fait elles n'ont jamais été utilisées. Il y en a 30 % dans laquelle il y a encore de l'énergie intérieure et même le reste peut être chargé. Et pourtant, on continue à à importer 1 milliard de piles par an d'Asie. C'est à la fois du déficit écologique et du déficit commercial. Évidemment, c'est une mesure de bon sens de se dire que bon, on va installer ces machines euh pour faire de la consigne de pile quelque part dans tous les supermarchés du pays.
J'ai une question sur le thème du chômage, euh notamment le chômage des jeunes, le taux de chômage des jeunes donc des moins de 25 ans en France et d'environ 20 % contre environ 6 % en Allemagne. Comment expliquer expliquer ainsi qu'il soit plus de trois fois plus élevé que notre que notre voisin allemand ? Et faut-il s'inspirer des mesures prises par l'Allemagne, par exemple la valorisation de l'alternance malgré le coût que ça représente pour l'État. Il y a une question d'éducation. Enfin, quelle éducation nationale, qu'est-ce qu'elle produit ? Je l'ai dit tout à l'heure, nous voulons faire entrer le réparer cuisiner jardiner à l'intérieur des collèges. Pourquoi ?
Parce que nous nous ne voulons pas cette séparation entre les savoirs intellectuels, nobles, haut et de l'autre côté ce qui serait crasseux, bas, manuel. Et donc on on et d'abord et il s'agit de former des êtres plus complets. Je sais pas si vous réparez, cuisiner, jardiner vous savez faire. Moi, je vous dis que non perso et je trouve que ça va pas pour la société de demain. Ça va pas mais euh il faudrait qu'on on puisse se diriger vers des filière professionnelles, technique sans que ça soit avec un sentiment d'échec, avec un goût de défaite dans la bouche, dans avec le sentiment d'être dans une impasse et en l'ayant subi et non pas choisi.
Et vous voyez en Finlande chaque élève a 70 heures en face à face avec une psychologue conseillère d'orientation pendant tout le collège. Vous imaginez ? Moi, moi je pense que j'ai pas eu une heure avec une consillère d'orientation et qui trouve des stages qui emmènent dans le lycée où se trouverait la personne si jamais elle choisissait cette filière et cetera. Et donc là, il y a un grand sujet. Le le lycée professionnel est un point aveugle du débat sur l'éducation et à mon sens il faudrait le le revaloriser en cassant la barrière entre ce qui les matières nobles. J'avais un débat avec mince Najad Valelkassem. J'avais un débat avec Najad Belcassem à l'université de Picardi donc chez moi.
Et euh son idéal euh c'était que tous les euh c'était que tous les jeunes puissent faire s'ils envaient les moyens une thèse. Bon moi j'ai jamais eu envie de ça mais s'il y en a quelques-uns qui ont envie de faire une thèse pourquoi pas. Mais moi, mon idéal c'est quel que soit le niveau où on s'arrête, quelle que soit la filière qu'on choisit, et bien on puisse euh avoir de la dignité dans son métier.
Je voilà ce et je pense que il y a un nœud du côté de l'éducation nationale et y compris dans le le on le voit le mal-être au travail qui est important dans notre pays plus important plus important qu'en Allemagne avec une cassure entre ceux qui ont fait des études supérieures et qui se sentent supérieurs et de l'autre côté ceux qui se sont arrêtés avant le bac et qui du coup dans les entreprises ne sont pas considérés. Donc là je pense qu'il y a il y a un grand chemin à faire de ce côté-là. Malheureusement, on va passer à la dernière question. Et comme le veut la tradition mardisienne, nous allons poser la même question à chaque candidat qui s'assoit sur nos fauteuils rouges.
Et la question est la suivante, c'est si vous si vous ne deviez retenir qu'une seule mesure de votre programme à mettre en œuvre les 100 premiers jours de votre présidence, laquelle choisirez-vous et pourquoi ? Rapidement, en 30 secondes. Aujourd'hui, compte tenu de l'urgence, je j'indexerai les salaires sur l'inflation. ces dernières années dans le public comme dans le privé, on a les prix de l'alimentation, les prix de l'essence, les prix du logement qui ont augmenter plus vite que les salaires. Ça veut dire que les gens qui travaillent, qui tiennent le pays debout, ils ont perdu en niveau de vie, ils ont perdu en pouvoir d'achat.
Donc la la première mesure que je prendrai, ça serait celle-là. Et après, je pense que la grande question qui est la remise à plat du budget de la nation et de nos protections, c'est-à-dire de la fiscalité et que ça doit passer par je sais que les mesures que je pourrais proposer qu'un un président de la République égalitariste, humaniste, enfin proposerait même avec une assemblée, même avec des ministères qui seraient à sa main, ça il y aurait des blocages dans la société. Donc je pense qu'il faut en passer par des nouveaux États généraux.
La Révolution française euh elle est née d'une crise fiscale euh et le roi a convoqué les États généraux et c'est ce qui a amené euh à la la ce que les les trois ordres se demandent comment ils allaient la surmonter ensemble et je pense qu'on est à un moment où il y a un lien entre la crise fiscale et la crise démocratique. Merci monsieur Ruffin pour ce débat et nous pouvons maintenant passer aux questions du public.
[applaudissements]
Ah, vous étiez là alors ? Bonsoir monsieur Ruffin. Il y a quelque chose que je trouve un peu paradoxal dans votre discours, c'est-à-dire que d'un côté vous voulez baisser le chômage mais de l'autre vous voulez augmenter le SMIC à 1700 €. Le tout à l'air d'une course à qui elle devient de plus en plus performante et de moins en moins cher contrairement à la main d'œuvre humaine. Et donc vous est-ce que vous avez pas peur que votre mesure elle se traduise par un frein à l'embauche et qui qu'elle viennent en fin de compte grossir les chiffres du chômage pendant que Lia nous remplace ? On prend plusieurs questions ou en prend une par une ? D'accord.
Euh d'abord, enfin je le redis, ça n d'une nécessité. Quand on a un/ers des Français qui travaillent, qui sont sous l'eau aujourd'hui, qui sont amenés à se priver sur l'alimentation et sur le reste, il y a une absolue urgence à se demander comment on résout ça et ne pas se poser cette questionlà. Je veux dire, c'est euh euh je replace ça dans mon dans ma question sur la mondialisation. Je m'excuse hein, vous allez dire que je suis je suis le bou chitomètre quoi. Mais euh le le théorème de Schhaker Ain dit que à l'ouverture des économies répond une inégalisation interne. Ça veut dire quoi ?
Ça veut dire que plus on fait du libre échange et bien plus il y a des tensions à l'intérieur de la société. J'illustre ça en disant que c'est l'ouvrier de chez Good chez moi à qui on dit bah finalement vos pneus ils sont produits pour moins cher en Slovénie, en Roumanie et cetera et on lui demande de regarder vers le bas et vers l'est pendant que le patron de chez Total va dire "Mais moi, je suis même si je touche 600 fois le SMIC, je suis pas assez payé parce que regardez le patron d'Exon et cetera et donc lui il regarde vers l'ouest et vers le haut." Donc on a ce cette tension interne à la société.
Je dis que pour des raisons euh que les les gens puissent en vivre et pour des raisons de nécessité démocratique, il faut que les gens puissent vivre de leur travail, bien en vivre et pas en survivre. Et après, moi je suis prêt à mettre sur la table la question euh de euh des protections et des protections sociales. Je suis prêt à ce que dans les états généraux de la fiscalité et le le budget de la nation et le financement des protections soit posé. dire que par ailleurs aujourd'hui euh le il y a des aides qui sont telles au niveau du SMIC, les allèges fillons et ainsi de suite que ça a été démonstré par des économistes, ça a été repris par des députés y compris macronistes.
On a aujourd'hui des trappes à bas salaire aux alentours du du SMIC. Donc là, il y aurait une nécessité de lisser les aides et non pas de les concentrer sur les les plus bas salaires du pays. Euh, bonsoir monsieur Rupin. Donc en fait, vous parlez beaucoup des des invisibles, donc c'est-à-dire les aides soignants, les agendants d'entretien, les les caissières, mais au-delà des augmentations de salaires dont vous que vous avez mentionné, d'où le SMIC, comment vous redonnez une vraie dignité à ces métiers quand on sait que la qualité de vie de travail, la reconnaissance et la protection sociale, elle vaut autant que la gratification mensuelle financière qui leur sont versées.
Est-ce que vous pourrez-vous questions ? On n pas bien entendu. Excusez-nous monsieur. En fait la question c'était vous avez beaucoup parlé des la partie invisible de la France mais comment vous leur donnez de la valeur de la protection sociale sachant que c'est aussi important que que l'augmentation de salaires qui leur sont versés chaque mois. En tout cas, je je vous remercie de de poser des questions sur là où vous n'êtes pas directement concerné. Pour moi, sur les travailleuses essentielles, il y a trois volets, il y a salaire, il faut que au minimum les personnes perçoivent le SMIC.
Et c'est pas le cas aujourd'hui parce que ce sont bien souvent des temps partiels et de faux temps partiels avec des temps de transport qui sont pas comptés comme étant du temps de travail. Et donc on se retrouve avec des des des temps des des salaires partiels mais pour des temps plus que pleins. Donc première question c'est les salair. Deuxième question c'est les horaires. Il doit pas y avoir des petits bouts de contrat le matin, des petits bouts de contrat le soir. Il faut construire du temps plein. Et la troisième question c'est celle des carrières. Quand on est femme de ménage, on doit avoir la possibilité de devenir aide à domicile.
Quand on est aide à domicile, on doit avoir la possibilité de devenir auxiliaire de vie. Quand on est de vie, on doit avoir la possibilité de devenir être soignante. Quand on est soignante, on doit avoir la possibilité de devenir infirmière. Et que tout ça ne soit pas vécu comme des impasses. Et je signale cette injustice au niveau de la formation, c'est que recours à la formation, les gens qui sont déjà les mieux formés, les cadres recourent beaucoup plus à l'information que ni recours à la formation continue que ni recourt les ouvriers ou les femmes de ménage ou les lesires de vie. Donc là, c'est quelque chose.
Je pense que la question de la formation au fil de la vie pour faire qu'on reste pas comme si on était condamné à rester à la même place mais qu'on puisse avoir une évolution est un sujet. Bonjour monsieur Rupin, je suis à votre droite juste là. Euh, on vous a beaucoup entendu parler de politique intérieure jusqu'ici et c'est normal et dans toute la campagne présidentielle, on entend beaucoup parler mais à une heure où les tensions dans le monde sont de plus en plus sérieuses et la guerre est en Europe aujourd'hui, je me poser la question de comment vous comptiez gérer le parapluie nucléaire français. Est-ce que vous comptiez peut-être l'étendre ?
Quelle est votre politique par rapport à ça ? Et même par rapport à la construction d'armes nucléaires, de nouveaux moyens de défense ? Voilà, c'est ma question. Bon euh le le le la France dispose d'outils pour se faire entendre à l'international le siège au Conseil de sécurité des Nations- Unies, la position dans le haut commendement de l'OTAN et évidemment le fait que on soit sur le continent les seuls à disposer de l'arme nucléaire. La décision d'appuyer ou de pas appuyer sur le bouton ne doit pas être partagée. D'accord ? Ça veut dire que c'est le président de la République. C'est ici en France qu'on décide si on appuie ou pas.
Et avec quand même l'espoir pour vous queon nit jamais appuyé sur ce bouton là. Mais la prise de décision, elle doit rester purement française. Et ensuite, il peut y avoir des accords, des discussions sur des couvertures de d'autres pays, notamment des pays européens. et qui a un partage euh de ça. Maintenant euh euh voilà, là je je pense qu'on a été euh dans des temps qui ont été des temps de paix, de tranquillité. On nous disait que c'était la fin de l'histoire euh et maintenant l'histoire, elle se remet à faire du bruit. Et donc évidemment, il faut que je ne me suis pas opposé moi à une augmentation du budget de la défense.
Je signale juste puisqu'on parlait de climat que je souhaite qu'il y ait une augmentation de la même manière du budget la protection civile, pas seulement face aux menaces militaires mais face aux menaces civiles. et dire que la France a joué un rôle parfois qui n'était pas à la qui dépassait sa propre mesure parce qu'elle savait faire entendre une voix qui était une voix du nom et dans les moments les plus difficiles, c'est le nom du général de Gaul à à l'OTAN. C'est le nom de Froisson Mitéran à l'installation de de la guerre des étoiles par Ronald Rean. C'est le nom, on le sait, de Jacques Chirac à la guerre en Irak.
Et je le dis parce que ce sont des moments où notre nom a raisonné avec force dans le monde et le fait de se couler dans l'ordre du monde, de l'accepter, d'accepter une forme de consensus à finalement ces dernières décennies plutôt conduit à notre effacement diplomatique et à ne pas jouer ce que le général de Gaul appelait le rôle d'équilibre de la France. Voilà. Et je pense qu'on a un rôle d'équilibre, on a un rôle de pont à jouer, notamment vis-à-vis des puissances du sud et non pas un rôle d'alignement. Je dis moi qu'il nous faut une France qui dérange plutôt qu'une France qui se range, quoi. Bonjour monsieur Ruffin, merci pour votre intervention.
Moi ma question, elle va porter sur l'écologie. Vous en parlez tant et c'est un sujet qui me tient à cœur aussi. Vous avez sûrement connaissance du projet ITER qui est en formation en France actuellement, un projet sur la fusion nucléaire qui serait une innovation incroyable. [grognement] Moi, je voudrais avoir votre avis là-dessus puisque c'est à la fois un projet pour lequel on a fait confiance à la France puisque le chantier se trouve en France dans un petit village. Mais c'est aussi un projet qui est le fruit d'une coalition de grande puissance. Donc, j'aimerais avoir votre avis là-dessus.
Euh d'abord, je nous avons annoncé que sur les questions d'énergie qui peuvent être des question clivante à gauche, nous ne renoncions pas au nucléaire. Nous considérons qu'en la matière, nous avons à savoir-faire sur lequel il faut s'appuyer, mais qu'en même temps, il s'agit d'avoir un nucléaire sûr. Un nucléaire sûr, ça veut dire un nucléaire où on n' pas nomades de l'atome qui sont précarisées à l'intérieur, mais que toute personne qui met les pieds dans une centrale nucléaire est un fonctionnaire dépend clairement du service public. Pourquoi ?
pour des raisons de sécurité du travailleur lui-même parce que sinon on n'arrive pas à avoir un suivi de sa santé et pour des questions de sécurité du site qui fait qu'on sache qui on fait rentrer. Ça c'est la première chose. On cumule ça quand même avec les énergies pas quand même avec un essort des énergies renouvelables mais dont l'enjeu est qu'elle soit acceptable et je le dis en parlant d'un département la somme qui est le département qui a le plus d'éoliennes en France mais qui est à saturation parce que au fond il y a aucun avantage qui est lié il y a aucun avantage qui est lié en terme de retombée de retombée économique ou de retombée d'emploi.
Enfin, le projet ITER dont vous parlez, il est l'illustration que des en fait je ne crois pas à l'Europe qui avance à 27 sur des projets de cette nature là ou sur des projets industriels ou puisque la question a été évoquée sur les projets de défense ou de d'industrie de défense. En revanche, ce à quoi je crois, c'est à des accords de coopération. C'est d'ailleurs c'est comme ça qu'on a fait Arian, c'est comme ça qu'on a fait Airbus. Et en fait, les grands succès qu'on a rencontré, ce sont moins euh des des accords de toute l'Union européenne ensemble en passant par Bruxelles que des politiques de coopération.
Donc la politique de coopération sur ITER, je signale, je pense que on n'aura pas d'industrie du numérique en Europe si jamais il y a pas une politique de coopération qui est menée en la matière. Et évidemment sur le côté de l'industrie de défense, il nous faut là aussi une politique de coopération. Bonsoir monsieur Rupin. Déjà premièrement merci d'avoir accordé ce temps ici à l'essateur et rédacteur d'un journal. Vous êtes aussi auteur de plusieurs documentaires. Mais aujourd'hui en France 80 % des médias sont détenus par des milliardaires. Comment on s'exprime aujourd'hui en France ? Comment on garantit la liberté de la presse et de l'information ?
Et comment on s'exprime dans un pays où 80 % des médias sont détenus par des milliardaires ? Je pense que vous pointez un grand souci quand on évoquait tout à l'heure ce que j'appelle la bataille de l'imaginaire. Moi, pourquoi je suis devenu journaliste ? Parce que je voulais déjà changer le monde. Mais je me disais que pour changer le monde, il fallait qu'on change le regard sur le monde. Donc il fallait qu'on change les idées, les représentations. Voilà pourquoi je suis devenu journaliste. Évidemment, quand l'imaginaire, quand les représentations, quand les idées sont entre les mains de milliardaires, au mieux on va voir une politique de conservation.
Et donc j'en reviens au programme du Conseil national de la Résistance qui fait qui disait qu'il fallait la liberté et l'indépendance de la presse à l'égard de l'État, des puissances d'argent et des influences étrangères et j'en reste là. Et évidemment, on a à la fois aujourd'hui le cumul des influences étrangères et des puissances d'argent puisque les réseaux sociaux sont aux mains de milliardaires américains ou chinois. Donc on a le cumul de ça.
Donc euh ça doit être donc on est pour une loi de euh déconcentration euh qui fait qu'on mesure les audiences cumulées, c'est-à-dire si on a à la fois une télévision, un journal, une radio et ainsi de suite, on mesure l'audience totale et on dit "Là c'est trop, on découpe." Il faut savoir que cette bataille-là, la bataille du pouvoir euh des les les entreprises en général n'aiment pas qu'on leur dise de faire ça, mais encore moins quand il s'agit des entreprises de presse. Ça veut dire que ce sera une bataille formidable.
La bataille sur laquelle il y a eu le plus d'amendements à l'Assemblée nationale euh c'est dans ces 40 dernières années, c'était une loi contre la concentration des médias parce qu'il y avait un groupe qui s'appelait Hersan qui pourtant à côté de de Boloré euh Arnaud euh euh SaAD et compagnie aujourd'hui c'est Pinuts mais enfin en 1983 c'est une bataille gigantesque avec des milliers et des milliers d'amendements qui avaient été déposés par la droite. Je pense que c'est une question clé parce que c'est la bataille de l'imaginaire et on n'arrivera pas à transformer la société si on transforme pas le regard sur la société. Merci beaucoup monsieur Ruffin. C'était la dernière question.
Merci au public également. Vous êtes maintenant tous conviés à un cocktail dans le dans le grand hall avec monsieur Ruffin. M.
[applaudissements]