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interviewRMC· 31 août 2023 21 min

L'interview politique intégrale de Mathilde Panot sur RMC

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Ce matin, vous êtes la présidente du groupe La France Insoumise à l'Assemblée Nationale, vous êtes députée du Val-de-Marne. On va revenir sur les questions de régularisation de l'immigration, on va revenir sur la question de la modernisation des institutions, sur qui incarnera La France Insoumise aux européennes. On reviendra aussi sur la Bayard, mais d'abord ce qui s'est passé cette nuit. Ça s'est terminé tard dans la nuit, après 3h du matin, cette réunion à huis clos avec les chefs de parti. Il y avait pour La France Insoumise Manuel Bompard, il y avait également d'autres chefs de la NUPES. En sortant, ils se sont dit déçus et en même temps, vous n'en entendiez pas grand-chose.

0:37
Mathilde Panot

Exactement. Alors déjà, je voudrais dire que l'initiative d'ampleur d'Emmanuel Macron n'avait d'ampleur que le temps qu'il a retenu les participants à l'intérieur de ce huis clos, comme vous dites. 12 heures. 12 heures, exactement, avec de nombreuses propositions qui ont été faites, puisque la NUPES avait élaboré en commun 14 propositions, notamment puisque le président de la République parlait de référendum, un référendum sur les retraites, puisque des 49-3, des manifestations réprimées, le Parlement bafoué ont empêché le peuple français de s'exprimer sur ses deux ans de vie volée.

Ça a été refusé, de même que sur la vie chère qui étrangle des millions de familles dans ce pays, avec le blocage des prix à la baisse, qui lui aussi a été refusé. Donc Emmanuel Macron incarne aujourd'hui le pire de la Ve République, c'est le fait du prince. Il réunit des gens, les gens parlent, et à la fin, comme pour la Convention citoyenne pour le climat, comme pour le grand débat lorsqu'il faisait parler les Français, eh bien c'est lui qui décidera ce qu'il veut en retenir.

1:33
Présentateur

Vous regrettez d'avoir accepté cette invitation ?

1:35
Mathilde Panot

Non, je pense que c'est important que les chefs de parti de la NUPES, dont Manuel Bompard, aient été portés jusqu'au bout nos propositions. Il y a un document qui existe sur ce que nous avons porté. Et je vais vous dire que je suis particulièrement inquiète de cette rentrée politique dans le pays. Pourquoi ? Le président de la République a commencé par la rentrée politique, par une interview dans Le Point, dans lequel, de nouveau, il utilise les mots de l'extrême droite. Et nous sommes dans une situation, recivilisée, décivilisée, et nous sommes de nouveau dans une situation d'un chaos social terrible. Et je le dis, la République est en danger dans notre pays.

La République sociale, la République des libertés publiques. Et donc, nous serons nombreux et nombreuses à aller marcher le 23 septembre à l'appel d'une centaine d'organisations, avec toutes celles et ceux qui sont attachés aux libertés publiques, à la justice sociale et contre les violences policières.

2:24
Présentateur

C'est une marche, notamment contre les violences policières, on y reviendra. Mais recivilisée, décivilisée, c'est l'extrême droite. On ne peut pas dire ces mots.

2:31
Mathilde Panot

– Écoutez, c'est un titre d'un livre de Renaud Camus qui disait encore l'année dernière sur Sud Radio, il parlait encore de nettoyage ethnique. Donc je pense qu'il faut savoir d'où viennent les mots.

2:42
Présentateur

– Oui, mais Mathilde Manon, justement, faisons juste une pause pour expliquer, parce que justement, certains se sont renseignés, des journalistes ont enquêté. Vous avez tout à fait raison que ces mots ont été utilisés, comme vous le dites. Mais en l'occurrence, il semble que la veille de l'utilisation de ce mot par Emmanuel Macron, il ait rencontré le politologue Jérôme Fourquet, qui a parlé avec lui et qui a réfléchi à cette question de décivilisation, et qui d'ailleurs publie un livre dans quelques semaines sur ce concept. Vous ne pouvez pas dire que Jérôme Fourquet, c'est un fasciste ?

3:08
Mathilde Panot

– Mais les mots ont des poids. Je ne suis pas en train de dire que c'est un fasciste. Je dis, je trouve ça problématique que le président de la République commence sa rentrée politique en utilisant des termes qui ont été utilisés dans l'histoire par l'extrême droite.

3:19
Présentateur

– Vous savez, au moment où vous venez d'un micro, vous savez ce qui s'est passé.

3:23
Mathilde Panot

– Je veux vous dire quelque chose qui est très important. Vous savez quelle est la base de la civilisation humaine ? – Vous décidez chiamant de ne retenir que ce qui vous a mangé là quand même. – Non, non, non. Écoutez, c'est un titre d'un livre. Vous pensez aux mots que vous utilisez. Attendez. La base de la civilisation, c'est l'entraide. Et je vais vous dire pourquoi nous sommes dans une situation catastrophique. Nous avons un problème urgent avec les enfants dans ce pays. Vous avez la mortalité infantile qui augmente de manière significative dans notre pays. L'année dernière, 2700 enfants sont morts avant leur premier anniversaire.

La mortalité infantile, pour que tout le monde comprenne, c'est d'habitude un des niveaux, quelque chose, un indicateur du niveau de développement et bien-être d'un pays. De même qu'hier, nous avons appris qu'il y a près de 2000 enfants qui dorment à la rue dans ce pays, dont 20,5% sont des enfants de moins de 3 ans. Et c'est en augmentation de plus de 20% depuis l'année dernière. Si vous continuez, la moitié des pauvres de ce pays ont moins de 30 ans, dont un tiers sont des enfants. Je le dis ici de manière très forte. Un pays qui ne prend pas soin de ses enfants de cette manière est un pays qui détruit son avenir. Emmanuel Macron est en train de tiers-mondiser la France.

Et je suis très inquiète sur cette question. De même, quand vous voyez, et je terminerai par ce chiffre, qu'un enfant sur quatre en situation de handicap n'a aujourd'hui pas de scolarité digne, parce qu'il n'a pas d'AESH, d'accompagnement d'élèves en situation de grand handicap, ou parce qu'il n'a pas de place dans un service ou un institut dédié. C'est très grave ce qui est en train de se passer. Nous sommes la septième puissance économique au monde. Eh bien, j'aimerais qu'Emmanuel Macron parle de ça, plutôt que d'utiliser je ne sais quel mot pour parler des révoltes de ce pays.

5:03
Présentateur

On en a parlé, est-ce qu'il a parlé, comme vous le faites ce matin à ce micro, à Emmanuel Macron hier soir, de ces questions, de la mortalité infantile, des enfants qui dorment dans la rue ?

5:11
Mathilde Panot

Oui, il a parlé de ces questions, il a parlé de l'augmentation des salaires, de la planification écologique, de la VIème République, de la question de la police dans ce pays. Nous avons fait, vous verrez, il y a un document avec 14 propositions sur lesquelles nous nous retrouvons avec la NUPES, que nous avons portées en commun. Et je le dis, il est inadmissible que ce gouvernement ne prenne pas à bras le corps. Je vous redis juste quand même, pour qu'on se rende bien compte de la situation, 1980, la France était le cinquième pays de l'OCDE avec le taux de mortalité infantile le plus bas.

Aujourd'hui, nous sommes le vingtième pays, derrière la Lituanie, derrière la République tchèque ou derrière la Grèce. Pour vous, c'est dû à quoi ? Eh bien, l'Organisation mondiale de la santé...

5:49
Présentateur

Parce qu'il y a peu d'explications, y compris du côté de la santé, officielles sur cette hausse de la mortalité infantile. En quoi, pour vous, c'est une raison politique ? Quel est le lien, pour vous, entre la présence d'Emmanuel Macron, la hausse de la mortalité infantile ? Je vais vous dire.

6:04
Mathilde Panot

L'Organisation mondiale de la santé dit que le facteur numéro un sur la question de la mortalité infantile, c'est la question des niveaux d'inégalité dans les pays, plus des systèmes de santé. Quand vous avez des maternités qui ont été fermées à tout va, vous avez, alors je ne sais plus le chiffre exact, mais entre près de la moitié des maternités qui ont été fermées depuis 40 ans, et qu'Emmanuel Macron a continué. Vous avez un effondrement aujourd'hui de l'hôpital public, et encore, il y a deux jours de cela, je lisais l'histoire d'une femme qui, à Bordeaux, a failli mourir avec son enfant.

Lui, malheureusement, est mort, alors qu'elle était enceinte, notamment pour un manque de soins qui n'a pas pu lui être accordé à temps. De même que vous avez des enfants qui sont morts, parce que lorsque vous devez déplacer des femmes par hélicoptère en urgence pour pouvoir accoucher lorsqu'il y a des situations compliquées, et bien là aussi, vous avez des enfants qui sont morts,

6:56
Présentateur

je pense notamment aux petites aimées. Mathilde Panot, est-ce que ça veut dire que vous estimez aujourd'hui que quand le gouvernement, quand le ministre de la Santé dit que certes, il y a des tensions partout dans les hôpitaux, que beaucoup d'urgence ferment, mais qu'il n'y a pas pour autant de conséquences sur la santé des Français, ils mentent ?

7:15
Mathilde Panot

Oui, et je pense que tous les soignants de ce pays vous le direz. Rappelez-vous toujours, nous avons eu le Covid, qui est un choc extrême dans le pays. Le Covid, c'est un moment où tout le monde se rend compte à quel point celles et ceux qui sont essentiels à la dignité d'une nation sont aussi celles et ceux qui sont les moins payés, et dans lequel, pendant des années, on nous a demandé de faire de l'austérité. Et là, de nouveau, Emmanuel Macron, qu'annonce-t-il comme horizon aux Français, et bien 15 milliards de cures d'austérité, c'est ce qu'ils veulent faire pour ce nouveau budget.

7:42
Présentateur

Donc, pour vous, une des priorités, hier soir, ça aurait dû être de dire on rajoute des ambulances, on rajoute des médecins, on rajoute des infirmières,

7:48
Mathilde Panot

on augmente les salaires de les soignants ? Et avant le Covid, c'est ce que j'étais en train de dire, avant le Covid, vous aviez l'ensemble de l'interurgence qui était en grève pour dire qu'il faut arrêter de manière immédiate avec cette politique d'austérité sur la santé, parce que la santé est notre bien commun. Et quand vous voyez qu'ils veulent, de nouveau, dans le budget cette année, augmenter les médicaments, faire un nouvel impôt sur les médicaments, un nouvel impôt sur les consultations, c'est irresponsable alors qu'un Français sur trois renonce à se soigner.

8:14
Présentateur

C'est rajouter une franchise, concrètement, ça reviendrait probablement à 50 centimes par boîte de médicaments qui ne seraient pas remboursées. Conférence sociale, malgré tout, conférence sociale sur les bas salaires, justement, sur toutes les branches où on commence en dessous du SMIC. L'Elysée a confirmé que ça avait été en discussion et que c'était prévu, du coup, dans les semaines ou les mois qui viennent. Ça, c'est quand même une avancée obtenue hier soir ?

8:34
Mathilde Panot

Alors, on va voir si, effectivement, elle se concrétise, parce qu'il y a eu des discours différents qui ont été entendus, mais soit, disons que cette conférence sur les bas salaires existe. Eh bien, Emmanuel Macron nous fait juste perdre du temps. Depuis combien de temps demandons-nous à la France insoumise, avec Jean-Luc Mélenchon comme candidat à la présidentielle, d'avoir une conférence sur les salaires, d'avoir des négociations par branche pour augmenter les salaires par branche ? Depuis combien de temps ? Eh bien, depuis au moins trois ans, nous demandons cette conférence-là. Et depuis trois ans, l'intersyndicale la demande et il ne se passe rien.

Donc, peut-être qu'Emmanuel Macron, sur un sujet, est revenu à la raison. Mais j'attends de voir, parce que franchement, quand vous voyez ce qu'il a fait, par exemple, de la Convention citoyenne pour le climat, qui avait fait un travail excellent et dont ils ont jeté 90% des propositions à la poubelle, je ne suis pas sûre que j'ai envie de faire confiance

9:21
Présentateur

à Emmanuel Macron sur cette question. Vous n'êtes pas dupe là-dessus. Mathilde Panot, sur la question du pouvoir d'achat, vous disiez que ça aurait été l'une des priorités à vos yeux. Lorsqu'on le voit, l'augmentation des prix, notamment sur les fournitures, vous feriez quoi, vous, sur les fournitures ? Quand vous entendez Gabriel Attal, le nouveau ministre de l'Éducation, qui dit « je vais tenter de trouver une solution pour aider les plus modestes, ceux qui travaillent, qui n'ont pas d'aide », vous feriez quoi, vous ?

9:43
Mathilde Panot

Alors, vous avez d'un côté un gouvernement qui augmente l'allocation de rentrée scolaire de 5,6%. D'accord ? Et l'augmentation des fournitures scolaires, c'est 11,3%. Donc, vous comprenez qu'il y a un problème et qu'il y a un mensonge sur le fait qu'avec cette hausse, cette revalorisation de l'allocation... Mais là, il n'y a pas de mensonge, ils n'ont jamais dit que ça allait... C'est Orberge qui disait qu'avec l'allocation de rentrée scolaire, on pouvait tout combler. Ce n'est pas vrai. Nous, nous avons fait une proposition de loi que nous avons déposée à l'Assemblée nationale qui redit « nous voulons une école publique entièrement gratuite ».

Ça coûterait, madame Apolline de Malherbe, 7 milliards d'euros. 7 milliards d'euros, c'est juste 4% de ce que les 500 familles ont accumulé en plus l'année dernière. Donc, ce n'est pas grand-chose dans ce pays, d'autant plus quand on voit que la France est devenue aujourd'hui le troisième pays au monde avec le plus de millionnaires. Donc, il faut juste...

10:32
Présentateur

Quand vous dites les 500 familles, c'est un peu un mot à l'ancienne,

10:35
Mathilde Panot

mais ça veut dire quoi ? C'est les 500 familles les plus riches de France ? Exactement. C'est ce qui est indiqué dans des études.

10:40
Présentateur

Les dividendes, la distribution aux actionnaires des groupes ont été effectivement colossales cette année dans un certain nombre de secteurs, y compris dans l'agroalimentaire où, pour autant, les prix ont augmenté et les marges ont augmenté. Vous feriez quoi là-dessus ? Est-ce qu'il faut créer un impôt spécial ? Est-ce qu'il faut interdire pendant quelque temps, le temps de l'inflation,

11:01
Mathilde Panot

le dividende aux actionnaires ? Là aussi, c'est une proposition que nous faisons depuis longtemps et qu'Emmanuel Macron a refusé d'écouter. Ça s'appelle le blocage des prix à la baisse. Qu'est-ce que ça crée ? Ce n'est pas un nouvel impôt. Ce n'est pas la TVA qui joue du coup sur les caisses de l'État. C'est justement ça joue sur les marges parce que quand vous bloquez les prix à la baisse, c'est les industriels qui doivent réduire leur marge. Et l'Institut Labo-Essi qui a fait des études sur la question de la vie chère a montré qu'en un an et demi...

11:26
Présentateur

C'est un institut qui est proche de la France insoumise.

11:28
Mathilde Panot

Certaines de vos députés en ce moment. En un an et demi, la marge des industriels de l'agroalimentaire avait été augmentée de 70%. Donc c'est bien la preuve que la vie chère vient directement pour remplir les poches des actionnaires. Et d'ailleurs, on le voit...

11:45
Présentateur

Ils ont pris prétexte pour vous de l'inflation pour beaucoup plus en marge.

11:50
Mathilde Panot

Et donc rétribuer les actionnaires ? Exactement. D'ailleurs, l'année dernière, sur le CAC 40, vous avez 10 milliards de dividendes en plus qui sont versés alors que vous n'avez pas une augmentation des profits. Donc qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire que ça a été pris sur la question de l'investissement, donc sur l'avenir et sur la question des salaires. Les salaires ont augmenté. 13% ? Oui. Enfin, quand vous regardez par rapport à l'inflation, ce n'est pas... Non, parce que les Français ne le ressentent pas comme une bonne nouvelle, je vous assure.

Par rapport à l'inflation qui étrangle beaucoup de gens, 18% sur les prix alimentaires, par exemple, c'est la dernière note de l'INSEE, ça veut dire que les salaires réels sont en train de baisser. Et il y a eu une information qui est parue, je crois, hier ou avant-hier, qui était là aussi dite sur BFM et que je trouve très grave. C'est la question de la déconsommation. Un expert expliquait qu'il n'y avait jamais eu un tel niveau de déconsommation des Français depuis 33 ans. C'est une très mauvaise nouvelle.

D'abord parce que les Français se privent, mais ensuite parce que ça empêche de remplir le carnet de commandes, de relancer une consommation populaire et donc de relancer la question de l'ample.

12:47
Présentateur

Vous n'êtes pas pour la déconsommation.

12:49
Mathilde Panot

Alors nous sommes sur la décroissance sur un certain nombre. Par exemple, les ressources fossiles va falloir arrêter au bout d'un moment. Mais bon, il va falloir réfléchir à comment on fait. Nous, nous sommes pour qu'on réponde aux besoins des Français. Ce qui est terrible, c'est que... Un instant, Mathilde Panot,

13:00
Présentateur

puisque vous évoquez les questions des énergies fossiles, je ne sais pas si vous avez vu cette information assez surprenante d'un certain nombre de jeunes militants écologistes de cinq pays européens qui font un appel dans The Guardian pour que Greenpeace arrête de s'opposer au nucléaire. Ils disent que c'est démodé et non-scientifique. Votre anti-nucléarisme, disent-ils, sert davantage les énergies fossiles que l'action climatique. Et ils parlent notamment des réouvertures des centrales à charbon. Est-ce qu'il faut changer de doctrine là-dessus ?

13:26
Mathilde Panot

Alors déjà, c'est faux parce que vous regardez, la France est le pays, en nombre de termes d'habitants, le plus nucléarisé au monde. Et quand vous regardez, il se trouve que la France, pays le plus nucléarisé au monde, a dû importer du gaz de schiste. Ça ne vous a pas échappé. Donc ça montre bien que le nucléaire mène aux énergies fossiles. Nous, nous sommes partisans du 100% énergie renouvelable. Vous n'êtes pas pour changer

13:49
Présentateur

la doctrine sur le nucléaire ?

13:50
Mathilde Panot

Contrairement à ces jeunes militants. Moi, je suis très anti-nucléaire et je vais vous dire pourquoi. Il y a une question. Bon, il y a plein de questions. Il y a la question du nucléaire qui est plus cher que les énergies renouvelables. Il y a la question de la sécurité. Mais je vais vous dire, il y a une question fondamentale que personne ne se pose. C'est l'adaptation du nucléaire au dérèglement climatique. Et quand vous voyez qu'il faut refroidir les centrales nucléaires et que tous les étés, maintenant, on arrête des réacteurs nucléaires parce qu'ils ne peuvent pas être refroidis, vous savez, quel est le fleuve le plus nucléarisé de France ? Le Rhône. Le Rhône.

Et le GEC explique qu'il va y avoir une baisse de débit de 40%. Donc comment voulez-vous continuer avec le nucléaire ? Le nucléaire n'est pas adapté au dérèglement climatique. Voilà ce que vous répondez en tout cas à ces militants. Pour faire une sortie planifiée.

14:28
Présentateur

Et précisément, au moment où vous me dites ça, on entend que l'inflation vient de rebondir. Les chiffres viennent de tomber. 4,8% en août. Un rebond qui s'explique notamment par la hausse des prix de l'énergie.

14:40
Mathilde Panot

Eh bien oui. Et puis, alors, je vous ai ressorti ça parce que je trouve ça intéressant. Vous avez vu, entendu, la Première ministre qui, il y a quelques jours, nous expliquait que nous étions au pic de l'inflation et donc que la situation allait s'améliorer. Alors, au pic de l'inflation, c'était aussi Bruno Le Maire qui nous l'avait annoncé en juin 2022. Il l'avait redit en juillet 2022. Puis en août 2022. Puis, Madame Borne avait pris le relais en janvier 2023 pour ensuite le refaire. Vous avez tout un échéancier sous les yeux. Je sais ce que vous avez bossé. Vous avez beaucoup de fiches. Je vous dis ça pourquoi. Ça veut dire qu'en fait, à chaque fois,

15:10
Présentateur

ils disent que c'est la fin

15:10
Mathilde Panot

et que c'est pas la fin. Mais pourquoi ? Parce que ces gens ne font confiance qu'à une chose, le marché. À chaque fois, vous avez Bruno Le Maire qui va inciter, demander. Eh bien, l'incitation, ça ne fonctionne pas. qui est le seul à même de faire en sorte de faire respirer le peuple français.

15:29
Présentateur

Mathilde Panot, la BAYA, les Français sont pour l'interdiction de la BAYA à l'école. Les professeurs sont pour l'interdiction de la BAYA à l'école. Sophie Binet de la CGT est pour l'interdiction de la BAYA à l'école. Est-ce que vous n'êtes pas en train de vous tromper de combat ?

15:45
Mathilde Panot

Alors déjà, tout à l'heure, je vous parlais de l'inquiétude que nous avions sur la rentrée politique d'Emmanuel Macron. Je crois que là aussi, nous avons affaire à une polémique qui est lancée et qui n'est là que pour fragmenter le peuple parce que le pouvoir en place a besoin de fragmenter le peuple. Que va-t-il se passer ? Vous allez placer des chefs d'établissement, des professeurs dans des situations qui sont inimaginables. Pourquoi ? Expliquez-moi, Madame Apolline de Malherbe, comment vous différenciez une BAYA d'une robe longue. Expliquez-moi.

Et d'ailleurs, là aussi, c'était sur votre antenne, je voyais quelqu'un avec des photos qui étaient montrées en nous expliquant comment est-ce une BAYA et n'est-ce pas une BAYA ? Et à la fin, l'interlocutrice qui était là, qui défendait la mesure du gouvernement, a dit il faut appréhender ça selon... Bon, elle n'a pas dit la couleur de peau, elle n'a pas dit... Mais elle dit selon la personne que c'est... Donc en fait, on va être sur un arbitraire. Quand vous rentrez dans une classe... On va être sur un arbitraire.

16:39
Présentateur

Quand vous rentrez dans une classe, Mathilde Panot, est-ce que le fait de porter une BAYA ou non ne distingue pas ceux qui sont d'une appartenance religieuse par rapport aux autres ? Non.

16:50
Mathilde Panot

D'ailleurs, ce n'est pas à nous de dire. Quand vous avez une religion qui explique que ce n'est pas un vêtement religieux... Mais est-ce que vraiment

16:56
Présentateur

vous croyez ce que vous dites ? C'est-à-dire que là, pour le coup, quand vous rentrez dans une classe, est-ce que vous vous dites que celles qui portent ce type de robe ne sont pas

17:03
Mathilde Panot

de l'appartenance religieuse musulmane ? Que disent certains ? Que ça serait une attaque ? Que ça serait beaucoup de gens qui viennent de pays comme des pays d'Afrique du Nord qui sont avec des familles qui sont issues d'Afrique du Nord et qui ne sont pas tous musulmans et musulmanes. Je vais vous dire quelque chose. Alors d'abord,

17:20
Présentateur

ce n'est pas des gens, c'est des filles.

17:21
Mathilde Panot

Oui, des filles. Et vous avez raison d'ailleurs, c'est toujours sur le corps des filles qu'on s'attaque. Donc vous avez raison de le préciser.

17:26
Présentateur

Pourquoi est-ce qu'elles le portent ?

17:27
Mathilde Panot

Alors, je vais vous dire quelque chose. Certains disent que ça serait...

17:29
Présentateur

Est-ce que le regard de l'homme qui se porte sur elle ? Est-ce que ce n'est pas la question aussi de l'égalité des femmes ?

17:34
Mathilde Panot

Regardez... Alors déjà, vous le savez peut-être, mais quand vous êtes par exemple au collège, c'est des moments où vous êtes dans des moments de puberté, votre corps change et beaucoup de jeunes femmes choisissent souvent d'avoir des vêtements amples, que ce soit des abayas, des sweats, ce qu'elles veulent. Et d'ailleurs, les femmes et les filles de ce pays peuvent porter ce qu'elles veulent. Première chose. Deuxième chose, si c'est vraiment... Donc ce n'est pas les jeunes filles musulmanes

17:58
Présentateur

qui portent la baya. Ça n'a rien à voir.

18:00
Mathilde Panot

Attendez, si c'est vraiment une attaque à la laïcité où on nous explique que ça serait une manière de détourner la loi de 2004. Alors vous avez d'un côté déjà le culte musulman qui explique que ce n'est pas un vêtement religieux et ce n'est ni à vous ni à moi de le dire. Première chose. La deuxième chose, c'est que regardez quand est-ce que c'est porté.

18:17
Présentateur

Une croix n'est absolument pas demandée par le clergé. Le clergé ne demande pas aux fidèles de l'Église catholique de porter une croix. Donc si vous demandez au clergé si c'est demandé... Non, non, mais c'est important. C'est un argument qui va dans cette question de comment est-ce qu'on distingue. La vérité, c'est comment est-ce qu'on distingue quelqu'un quand on rentre dans une classe. Est-ce qu'à première vue, vous dites que celles qui portent la baya ne sont pas musulmanes ? Est-ce que vous avez déjà vu des jeunes filles laïques ou des jeunes garçons puisque vous disiez gens non genrés portent des abayas ?

18:46
Mathilde Panot

Oui, parce que je viens de vous expliquer que vous étiez incapable, vous comme moi, de distinguer une abaya d'une robe longue. Donc vous êtes incapable. Les chefs d'établissement disent quand ils sont confrontés à ça qu'il n'y a pas de doute. Vous avez des abayas qui sont plus portés dans 0,1% d'établissements parce que là, on est en train de parler d'un problème qui est un problème peanuts dans le pays. On parle de 150 établissements qui sont confrontés régulièrement à ces questions. La plupart des Français ne savent même pas ce que c'est un abaya. Ils sont souvent portés en septembre et en mai et en juin. Donc ce n'est pas un contournement de la loi de 2004. C'est adapté à la météo.

Voilà, c'est une tenue dans laquelle... Pour vous, Sophie Binet est islamophobe ? Mais je n'ai pas du tout dit ça. Et d'ailleurs, quand vous regardez la CGT Éducation, elle dit qu'il ne faut surtout pas tomber dans ce piège-là. Quelle est la situation aujourd'hui de l'école publique ? C'est que je vous parlais des enfants en situation de handicap qui sont déscolarisés. Je vous parlais des 15 millions d'heures.

19:35
Présentateur

Je suis 100% d'accord. Vous avez donné des faits sur des réalités très douloureuses face à l'éducation nationale. Je recevais ici même à ce micro le maire de Grigny hier matin qui disait toutes les difficultés effectivement auxquelles il fait face et notamment l'absentéisme des professeurs, la difficulté à recruter des professeurs, etc. Mais ça n'a rien à voir. On peut quand même aussi parler de la question de la Baya ou est-ce que du coup on n'a pas le droit d'en parler ?

19:54
Mathilde Panot

Mais ce n'est pas une question de ne pas avoir le droit d'en parler. C'est qu'on commence une rentrée qui est catastrophique sur beaucoup des aspects et la seule chose que fait ce pouvoir c'est diviser, diviser, diviser. Eh bien je le dis, la Baya n'est pas le sujet prioritaire du pays. Loin de là. Et la seule chose pour laquelle il crée cette polémique c'est pour fragmenter le peuple.

20:13
Présentateur

Mathilde Panot, présidente du groupe La France Insoumise à l'Assemblée Nationale. Merci d'avoir répondu à mes questions ce matin. Il est 8h53 sur AMC BFM TV. Merci à Pauline de Manard. Dans quelques instants on revient sur l'histoire de cette famille qui s'insurge contre le SAMU malgré trois appels aux 15. Un homme est mort. C'était en juin dernier. Il a succombé à un infarctus. On vous raconte tout cela dans quelques instants et vous entendrez le témoignage de la fille et donc de ce père de famille. A tout de suite.

20:41
Invité

On parle d'un téléphone. Soyez un peu excessives ou carrément surexcités. Soyez optimistes. Soyez réalistes parce qu'on peut tous avoir besoin d'un nouveau smartphone. Profitez de la rentrée pour bien vous.

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