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interviewPublic Sénat — Bonjour chez vous ! (sur Podcast)· 9 février 2026 20 min

Éléonore Caroit : « Nous prenons acte de la démission de Jack Lang de l’Institut du monde arabe »

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat.

0:12
Éléonore Caroit

Et bonjour, Eleonore Carrois. Bonjour. Vous êtes ministre déléguée chargée de la francophanie des partenariats internationaux et des Français de l'étranger. Vous connaissez Stéphane Vernet, rédacteur en chef délégué de West France à Paris. Bonjour, cher Stéphane. On va notamment parler de l'ouverture du consulat français au Groenland. Mais d'abord, l'affaire Epstein, cette affaire qui... C'était un peu l'affaire du week-end. Jean-Jacques Lang qui a annoncé cette démission de la direction de l'Institut du Monde Arabe. Est-ce que vous vous dites soulagée ce matin, madame la ministre ?

0:41
Présentateur

Nous, on prend acte de cette démission. Et puis surtout, on va s'atteler à nommer très rapidement quelqu'un pour le remplacer. Parce que cette institution, l'Institut du Monde Arabe, c'est un endroit incroyable où on construit des ponts entre la France et le monde arabe sur sa culpabilité, sur est-ce que je suis soulagée, est-ce que non.

0:59
Éléonore Caroit

Vous prenez acte, mais c'est quand même l'exécutif qui l'a poussé à la démission. Donc, vous êtes soulagée parce qu'il s'accrochait un peu au gouvernail.

1:05
Présentateur

Je n'ai pas du tout dit ça. Moi, ce que je vais vous dire, c'est que je suis certes ministre, mais je suis d'abord avocate. Et dans l'administration de la preuve, le maniement de la preuve et la recherche de culpabilité, je ne m'en remets pas aux médias, à ce que l'on peut voir dans les réseaux sociaux. Je m'en remets à des enquêtes qui, en ce moment, sont en cours. Pour l'instant, il est innocent. Tout le monde est présumé innocent jusqu'à ce qu'il soit trouvé coupable. Donc, ne me faites pas dire ce que je ne dis pas, surtout sur ce dossier. Après que ce dossier émeuve, interpelle, nous interroge tous, ça, c'est un fait.

Et puis, surtout, moi, je pense aux victimes, à ces victimes qui, aujourd'hui, se retrouvent sur les réseaux sociaux, qui ont déjà vécu tout ce que l'on sait et qui, aujourd'hui, se retrouvent avec ce tribunal médiatique. Je pense que Jacques Lang a décidé…

1:45
Éléonore Caroit

Vous parlez de tribunal médiatique pour Jacques Lang ?

1:48
Présentateur

Pas du tout pour Jacques Lang. Je vous parle de l'affaire Epstein, en général. Et sur Jacques Lang, ce que je vous dis, c'est qu'il a décidé de démissionner. Eh bien, nous en prenons acte et il va falloir nommer son remplaçant rapidement. Mais je ne veux pas politiser une affaire qui est avant tout une affaire judiciaire et dont nous saurons très rapidement s'il est coupable ou s'il est innocent.

2:03
Auditeur

Stéphane ? Qui, pour succéder à Jacques Lang, à la tête de l'Institut du Monde Arabe ? On évoque Jean-Yves Le Drian, peut-être Audrey Azoulay. Vous avez une idée ?

2:11
Présentateur

Je n'ai pas de scoop ce matin, j'en suis navrée. En revanche, ce que je vais vous dire, c'est que ça doit être une personnalité qui connaisse évidemment le Moyen-Orient. Là, il y aura un conseil d'administration qui vient d'être convoqué dans les sept jours vers la nomination d'un président par intérim. Il faut que très rapidement quelqu'un le remplace parce qu'il faut incarner cette institution. C'est vraiment un endroit très important. Au-delà des magnifiques expositions dont certaines en ce moment, c'est vraiment un lieu de culture, d'apprentissage de la langue important.

2:38
Éléonore Caroit

Les associations demandent la réouverture de l'enquête sur cette affaire Epstein en France. Elle avait été clôturée à la suite de la mort de Jean-Luc Brunel. C'était en prison, c'était en 2022. Est-ce que vous aussi, vous demandez la réouverture de cette enquête ?

2:48
Présentateur

Il y a une enquête du parquet financier. Parquet financier. Exactement. Donc ça, c'est déjà en cours. Et puis par ailleurs, vous avez l'enquête qui a lieu aux États-Unis. Et encore une fois, pour être très claire sur Jacques Lang, moi, je ne me prononce pas ni sur sa culpabilité parce qu'il ne m'appartient pas de le faire. Ce que je fais, c'est que je constate qu'il démissionne. Et je me dis que mon rôle, en revanche, en tant que ministre délégué en charge de la francophonie, c'est de s'assurer que très rapidement, ce poste soit pourvu.

3:12
Éléonore Caroit

Il y a une opération d'ingérence russe destinée à faire croire à une implication d'Emmanuel Macron dans cette affaire, dans l'affaire Epstein. Est-ce que vous pouvez nous en dire plus aujourd'hui ?

3:22
Présentateur

Oui, tout à fait. Il y a eu effectivement toute une affaire montée de toute pièce, avec des faux documents, des faux témoignages, des fausses images. Et c'est pour ça que je vous parle de faire attention à ce que l'on voit sur les réseaux sociaux. Et en l'occurrence, il s'est avéré que tout était complètement fabriqué. C'est Viginum, d'ailleurs, qui a lancé l'alerte. Et c'est grâce à cet instrument que nous avons aujourd'hui qui s'appelle French Response, qui est un compte sur les réseaux sociaux, qui permet de réagir extrêmement vite, y compris à des fausses informations qui deviennent virales.

Et ça, c'est le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barraud, qui avait beaucoup investi pour que cet outil puisse avoir lieu. Et on voit qu'il marche aujourd'hui et qu'on est capable de détecter les fausses informations et d'y répondre très rapidement.

4:01
Auditeur

– Viginum, dans son alerte, cite à un ancien shérif américain qui vit en Russie et qui pourrait être à l'origine de cette opération-là.

4:08
Présentateur

– Viginum, effectivement, a donné un certain nombre d'informations. Et ce qui est intéressant, c'est que vous voyez la combinaison des différents instruments. C'est à la fois détecter, pouvoir aujourd'hui, et ce n'était pas le cas il y a quelques années, quelques mois, détecter, identifier les potentielles sources de ces campagnes de désinformation.

4:25
Auditeur

– Ça, c'est Viginum, alors que French Response, c'est le quai d'Orsay, c'est ça ?

4:28
Présentateur

– Exactement. Et French Response, que fait French Response ?

4:31
Éléonore Caroit

– Il faut expliquer pour ceux qui nous regardent ce que c'est.

4:34
Présentateur

– Exactement. Donc c'est un compte sur les réseaux sociaux qui va répondre à des fausses informations avec des faits et qui va y répondre, y compris de manière un peu inattendue.

4:42
Auditeur

– Alors, il faut avec beaucoup d'humour et ça marche très fort, en fait, sur les réseaux.

4:45
Présentateur

– Justement, parce que ça permet d'être vu, vous savez comment marchent les algorithmes. Et en fait, lorsqu'on dit, est-ce qu'on répond à la désinformation avec les mêmes armes ? Alors, on répond toujours avec la vérité, toujours avec les faits, mais parfois avec des réponses qui deviennent elles aussi virales. Et c'est ça, toute la force de French Response.

5:00
Éléonore Caroit

– Madame la ministre, la France a inauguré vendredi son consulat au Groenland. Vous y étiez, je crois. Quel est le message que vous cherchez à faire passer avec cette ouverture ?

5:09
Présentateur

– Alors, je n'y étais malheureusement pas, mais effectivement, c'est un consulat. C'était prévu bien avant toutes les déclarations de Donald Trump sur le Groenland.

5:19
Éléonore Caroit

– Mais c'est avant la crise, c'était avant la crise.

5:21
Présentateur

– Oui, c'était avant la crise et vous avez des consulats généraux qui sont ouverts déjà pour répondre aux populations sur place, mais aussi aux Français qui sont de passage. Il y a environ 700 Français qui vont au Groenland chaque année. Et au-delà de ça, c'est parce que ça représente aussi un intérêt stratégique. On l'a vu justement avec la crise, que c'était une bonne idée d'avoir une présence forte, une présence européenne.

5:39
Auditeur

– Combien de Français qui vivent en permanence au Groenland ?

5:42
Présentateur

– Très peu, très peu. Et c'est d'ailleurs pour ça qu'on distingue des consulats qui répondent vraiment à des besoins de population qui vivent sur place à des consulats qui ont des intérêts stratégiques. Vous en avez par exemple à Monterey, vous en avez dans d'autres endroits où vous avez des populations limitées et des volontés d'être présents sur le plan.

5:57
Éléonore Caroit

– Mais justement, effectivement, il y a très peu de Français présents. Je crois que c'est neuf. Alors, je ne sais pas si vous pouvez confirmer ce chiffre. – Neuf Français qui vivent au Groenland, quel va être le rôle de ce nouveau consul au Groenland ? Au jour le jour ? Il n'a même pas de bureau, je crois.

6:12
Présentateur

– Mais je voulais vous faire la distinction, vous expliquer la distinction entre des consulats généraux qui répondent à des populations où vous avez des grandes communautés françaises et des consulats qui ont en réalité des visions beaucoup plus stratégiques. Et je vous donnais l'exemple de Monterey au nord du Mexique. Vous avez peu de Français qui vivent à Monterey, mais vous avez un endroit très stratégique avec du near-shoring de la part des États-Unis, des entreprises françaises qui s'installent et une volonté d'être encore plus présents. Le Groenland, dans des proportions différentes et des contextes différents, répond aussi à cet enjeu stratégique.

Et c'est la raison pour laquelle, avant la crise, il avait été décidé d'avoir une présence diplomatique française.

6:45
Éléonore Caroit

– Mais il y a un message politique, madame la ministre, dans cette ouverture. Quel est le message que vous voulez envoyer au monde et peut-être à Washington ?

6:53
Présentateur

– Le message que l'on envoie, c'est que l'Europe est intégrée, l'Europe est forte. On a conscience des lieux qui sont stratégiques et ce sont des lieux européens, groenlandais et danois en l'occurrence. Et donc c'est important que les autres pays européens soient présents.

7:07
Auditeur

– Stéphane ? – C'est aussi pour dissuader Donald Trump. En fait, il y a une dimension très symbolique dans cette ouverture.

7:14
Présentateur

– Encore une fois, c'est pour ça que je vous disais, c'était une décision qui avait été prise avant et ce qui, quelque part, remet le Groenland en Europe, ce qui peut être symbolique, ce sont les opérations, les déclarations conjointes de pays européens qui rappellent que le Groenland appartient aux Groenlandais et au Danemark. Après, sur la question du consulat, moi je pense que c'est une bonne chose, que vu le contexte, eh bien ça tombe bien.

7:40
Auditeur

– Ça fait partie d'un continuum en fait, de dissuasion diplomatique, on va dire ça comme ça.

7:44
Présentateur

– Ça aurait été le cas si ça avait été vraiment décidé post-crise. Moi je pense que c'est un intérêt stratégique d'être présent au Groenland, nous l'avions identifié avant, aujourd'hui c'est une bonne chose. Et puis ce consul général, il aura beaucoup de choses à faire et il aura une dimension beaucoup plus politique que ce qu'il a pu imaginer initialement.

8:04
Éléonore Caroit

– Puisqu'on parle de ce symbole, est-ce que vous savez à quoi ressemble le drapeau du Groenland ?

8:07
Présentateur

– Je l'ai déjà vu, oui, tout à fait.

8:09
Éléonore Caroit

– Quelle couleur, vous savez à peu près, parce qu'on va le montrer à l'antenne, vous savez à peu près à quoi ça ressemble ?

8:14
Présentateur

– Écoutez, je ne sais pas si je serais voulu le dessiner, mais oui, il y a du rouge, il y a du blanc.

8:17
Éléonore Caroit

– Voilà, il y a du rouge, du blanc, c'est très symbolique, il est très beau, c'est un symbole d'autonomie et d'identité nationale. C'est très important pour les Groenlandais. Est-ce qu'en guise de solidarité justement avec cette population, ce ne serait pas intéressant, je ne sais pas, de l'afficher sur la tour Eiffel, sur les mairies, est-ce que ce ne serait pas aussi un beau symbole ? Est-ce que vous appelez, vous, peut-être les maires, à pavoiser leurs édifices avec ce drapeau ?

8:41
Présentateur

– Alors le pavoisement des mairies, des lieux publics, etc., c'est quelque chose qui revient très souvent chez certains élus. Moi honnêtement, je pense que nos mairies, elles sont très bien avec le drapeau français, le drapeau européen, et qu'on peut montrer son soutien de mille autres façons.

8:55
Éléonore Caroit

– D'accord, donc vous n'êtes pas forcément pour ce…

8:56
Présentateur

– Mais de manière générale, et je sais que ça revient à chaque fois, à chaque fois qu'il y a une crise, on dit pavoiser les mairies avec le drapeau 2, je n'y vois pas forcément l'utilité à titre personnel.

9:05
Éléonore Caroit

– La crise n'est pas terminée avec les États-Unis, un accord doit encore être conclu entre Américains, Groenlandais et Danois. Est-ce que la France est tenue informée, heure après heure, de l'avancée de ces négociations ? Est-ce que vous avez des informations à nous donner ce matin ?

9:18
Présentateur

– Aucune information particulière à vous donner ce matin, malheureusement.

9:21
Éléonore Caroit

– On passe à l'Iran, Stéphane ?

9:23
Auditeur

– Oui, l'Iran qui négocie actuellement avec les USA, notamment autour du nucléaire et du programme balistique. Est-ce qu'on peut vraiment négocier avec un régime qui tue 20 000 de ses concitoyens en 48 heures ?

9:34
Présentateur

– La France a dénoncé ce qui se passe toujours en Iran et à quel point c'est absolument intolérable de voir des populations civiles prises pour cible. Après, sur la question de la négociation, je ne me prononcerai pas aujourd'hui, je pense que ce n'est pas l'objet. Ce qu'il faut, de toute façon, en diplomatie, de manière générale, c'est trouver aussi des voies de passage, c'est trouver des moyens de maintenir le dialogue, y compris avec des personnes qui sont en violation des droits humains pour arrêter des situations. Donc je ne me prononcerai pas sur ce qui se passe en ce moment.

10:06
Éléonore Caroit

– Est-ce qu'on joue un rôle, nous, Français, dans ces négociations ?

10:09
Présentateur

– Nous, on peut jouer un rôle lorsque l'on reconnaît, par exemple, un régime comme étant coupable, justement, de ces violations, lorsqu'on dénonce…

10:18
Éléonore Caroit

– Le régime terroriste, vous dites régime terroriste aujourd'hui, régime iranien ?

10:22
Présentateur

– Écoutez, encore une fois, les symboles, les mots peuvent être importants, mais ce qui compte aujourd'hui, c'est comment est-ce qu'on est en mesure d'apporter un soutien à une population, comment est-ce qu'on est en mesure de reconnaître les faits, de les dénoncer, de les énoncer, et puis surtout d'appliquer des mesures, des sanctions, des sanctions en européen, d'avancer réellement. Et donc, encore une fois, je ne rentrerai pas dans des négociations qui ont en cours, surtout lorsqu'il s'agit de tiers, mais rappelez quand même que la diplomatie, c'est de maintenir un dialogue, un dialogue exigeant, un dialogue y compris…

10:51
Auditeur

– On est à quel niveau de dialogue aujourd'hui avec les Iraniens ? Parce que l'ambassadeur de France, comme d'autres ambassadeurs d'États membres de l'Union européenne, a été convoquée à Téhéran la semaine dernière, si je me souviens bien. Donc, j'imagine que les choses sont très tendues. Il y a un canal qui existe encore ?

11:10
Présentateur

– Vous avez raison de dire que les choses sont tendues et que les relations sont complexes. Et vous voyez très bien ce qui se passe en ce moment en Iran, raison pour laquelle je m'abstiendrai de commenter cette situation.

11:20
Éléonore Caroit

– Alors, Madame la Ministre, vous êtes ministre des Français de l'Étranger. On a deux Français qui sont toujours bloqués à l'ambassade de France à Téhéran, Cécile Collère et Jacques Paris. Est-ce que vous pouvez nous donner des nouvelles d'eux ?

11:30
Présentateur

– Ils sont effectivement toujours à l'ambassade de France à Téhéran et cela fait évidemment partie de nos préoccupations. La diplomatie, elle est avant tout là pour protéger les Françaises et les Français et cela fait partie de notre mission. Ils étaient dans une prison, à la prison des villes à Téhéran. Aujourd'hui, ils sont à l'ambassade de France et nous souhaitons les ramener le plus rapidement possible, en effet.

11:53
Auditeur

– Vous avez également le prix Nobel de la paix, Narges Mohamadi, qui a été condamné à une nouvelle peine de prison, de six ans de prison hier en Iran. Qu'est-ce que la diplomatie française peut faire pour elle ? Est-ce qu'il y a la possibilité d'émettre des messages ou ça fait partie des sujets sur lesquels vous préférez rester ?

12:11
Présentateur

– Absolument, pour des raisons que je suis sûre que vous comprendrez. Je pense que je ne vais pas rentrer dans ces détails, mais vous dire encore une fois notre attachement à dénoncer tous ces crimes contre une population civile, notre attachement aussi à décrire les faits et à participer à des négociations, à des discussions, à tout ce qui peut permettre d'améliorer cette situation pour les victimes civiles qui sont d'ailleurs les premières dans nos pensées.

12:36
Éléonore Caroit

– Il y a le journaliste Christophe Gleize qui est toujours incarcéré arbitrairement par le régime algérien. Il a récemment été transféré dans une prison près d'Algé. Est-ce que vous avez des nouvelles aussi de sa santé ? Est-ce que vous suiviez ce dossier ?

12:48
Présentateur

– Nous suivons de très près tous les dossiers qui ont trait à nos ressortissants à l'étranger, en particulier lorsque ces derniers sont incarcérés. Il y a des visites qui se font dans plusieurs géographies de la part de nos services consulaires. Ça fait d'ailleurs partie de ce que font nos consulats et moi je salue ce travail parce que c'est un travail qui est extrêmement difficile dans certains pays. Et nous sommes évidemment mobilisés pour la libération.

13:11
Éléonore Caroit

– Mais est-ce qu'il va bien ? C'est quand le dernier échange, de quand date le dernier échange entre la France et ce journaliste incarcéré ?

13:19
Présentateur

– Là encore, vous comprendrez que je ne vous donne pas de détails.

13:21
Éléonore Caroit

– On peut juste nous dire, il va bien ou il ne va pas très bien. On l'a eu hier, avant-hier. – Moi je ne l'ai pas eu hier.

13:26
Présentateur

En tout cas, si vous voulez, on a le centre de crise, on a des informations qui nous sont remontées, on a aussi le poste diplomatique qui est mobilisé. Et ce n'est pas que je n'ai pas envie de vous répondre dans les détails, mais notre priorité, c'est vraiment de pouvoir libérer ces personnes qui sont aujourd'hui retenues dans des pays extrêmement compliqués. Et donc, il ne m'appartient pas sur un plateau télé de vous livrer des informations qui pourraient nous permettre d'avancer.

13:49
Éléonore Caroit

– Vous pourriez, vous, vous rendre personnellement à Alger ? Il est question de ce déplacement de Laurent Nunez dans les prochains jours. D'ailleurs, je ne sais pas si vous avez une date pour ce déplacement, mais vous, personnellement, vous souhaiteriez y aller ?

13:58
Présentateur

– Moi, je pense que tout ce qui permet de rétablir un dialogue d'avancée est positif. Ce qu'il faut voir, c'est à quel moment, quelle est l'utilité. En tant que ministre en charge des Français de l'étranger, moi, je suis évidemment aussi aux premières lignes avec Jean-Noël Barraud pour la sécurité de nos concitoyens, nos ressortissants partout dans le monde. – Donc la réponse, c'est oui. – En l'occurrence, la réponse, c'est Laurent Nunez prévoit de s'y rendre. Je pense qu'il faut faire les choses de manière aussi séquencée, intelligente. et je ne vais pas vous donner non plus de date.

14:27
Éléonore Caroit

– Mais il faut y aller au plus vite, vous pensez ? Sans donner de date, mais il faut des urgences.

14:31
Présentateur

– Y aller pourquoi, y aller dans quel but, pour rencontrer qui. Ce qu'il faut, c'est faire absolument tout ce qui nous permette de faire avancer des dossiers qui sont extrêmement sensibles et protéger l'intégrité physique, morale, le bien-être de nos ressortissants à l'étranger, en particulier lorsque ces derniers sont incarcés.

14:48
Auditeur

– Stéphane. – Sur l'international, les relations internationales, Jean-Noël Barraud a fait une tournée au Moyen-Orient en fin de semaine, mais vous-même, vous étiez en République démocratique du Congo tout le début de semaine. Vous êtes resté plusieurs jours à Kinshasa. Quel était l'enjeu de ce déplacement ?

15:03
Présentateur

– Oui, absolument. Vous savez, la France organise avec notamment le Kenya un sommet, qui est le sommet Africa Forward, le sommet entre les pays d'Afrique et la France. Donc déjà, le but était de mobiliser différents pays africains pour qu'ils puissent participer à ce sommet, qui sera une rencontre très importante, non seulement entre chefs d'État et de gouvernement, mais aussi entre sociétés civiles, jeunesse, diaspora, monde des affaires. Donc je retourne là cette semaine à Addis Ababa, où il y aura le sommet de l'Union africaine, pour toujours mobiliser. Et je me rendrai aussi au Kenya. Et au-delà de ça, avec la RDC, c'est le plus grand pays francophone au monde.

C'est un pays avec lequel nous avons des intérêts communs, des partenariats en cours, des investissements aussi, sous forme de prêts, pour la construction de grands projets d'infrastructures, des barrages hydrauliques, des projets à impact. Et donc c'était important qu'en tant que ministre chargé de la francophonie, des partenariats internationaux, évidemment, des Français de l'étranger, je puisse m'y rendre.

16:01
Auditeur

– Stéphane, sur l'AFD. – Oui, alors on va parler des partenariats internationaux. En fait, il y a une mission qui est très importante et que vous gérez, c'est l'aide publique au développement. Et le budget 2026 de cette mission a été amputé à nouveau de 803 millions d'euros par rapport à 2025. Une loi avait été adoptée en 2021 qui prévoyait une augmentation progressive du budget de l'aide publique au développement. Et en fait, c'est l'inverse qui s'est produit. Les budgets ne cessent de baisser depuis. Ils ont diminué de 48% en quelques années. Pourquoi ?

16:33
Présentateur

– Vous savez que dans le contexte économique contraint dans lequel nous sommes, tous les ministères ont dû faire des efforts et c'est une réalité. Maintenant, sur l'aide publique au développement, qu'il faudrait d'ailleurs appeler investissement dans le développement, parce que c'est un vrai investissement ce que l'on fait. Ce qu'il faut regarder, à mon sens, c'est moins la quantité d'argent qui est mis sur la table, mais c'est la gestion des projets existants. Et puis c'est surtout la stratégie politique que l'on a. Moi, je veux apporter dans ce ministère, aux côtés de Jean-Noël Barraud, davantage d'impact.

Choisir les géographies dans lesquelles on est pertinent parce qu'on est attendu, parce qu'il y a un intérêt aussi pour la France à s'y trouver. Continuer à investir dans tout ce qui est la santé, l'éducation, là où finalement c'est nécessaire d'aller. Et puis la santé mondiale, c'est un bien commun. C'est-à-dire que la santé, typiquement en RDC, va avoir un impact sur la santé en France. Sachez que c'est là-bas qu'ils ont découvert Ebola, par exemple. Et le vaccin contre Ebola, j'ai rencontré derrière.

17:30
Auditeur

C'est-à-dire que l'idée, c'est de dépenser moins d'argent, mais que ces dépenses ou ces investissements soient plus efficaces ?

17:35
Présentateur

En tout cas, éviter toute forme de saupoudrage, aller sur des projets à impact.

17:39
Auditeur

C'était le cas avant ? Il y avait du saupoudrage ?

17:41
Présentateur

Il n'y avait pas du saupoudrage volontaire, mais par la force des choses, lorsque vous aviez… Des pertes en ligne ? Non, pas vraiment des pertes en ligne, mais vous aviez beaucoup de projets qui se superposaient, chacun avec leur pertinence. Aujourd'hui, nous devons faire des choix. Nous sommes face à la nécessité d'ailleurs de gérer un budget qui est moindre.

Moi, je pense qu'il faut vraiment s'atteler à regarder ce que l'on a fait auparavant, à accompagner ces projets jusqu'au bout, en tirer aussi tous les bénéfices, parce qu'on l'a fait aussi parce qu'il y avait des intérêts pour la France, et puis à continuer en choisissant nos géographies et en choisissant nos projets pour qu'ils aient toujours de l'impact et garder en tête la sécurité des Français.

18:17
Éléonore Caroit

Il nous reste très peu de temps.

18:18
Présentateur

C'est parce que c'est un sujet qui me passionne. J'ai compris.

18:20
Éléonore Caroit

Sébastien Lecornu a accordé une interview à nos confrères de la presse régionale. Je vous invite à lire Ouest France. Je l'ai lu. Vous l'avez évidemment lu. Et Sébastien Lecornu qui annonce un ajustement, pour ne pas dire un remaniement ministériel dans les heures qui viennent. Est-ce que vous, vous avez reçu des garanties personnellement ?

18:35
Présentateur

Je n'ai pas reçu de garantie et je n'ai pas non plus d'inquiétude particulière. Je pense qu'aujourd'hui, chacun doit travailler sur son portefeuille. C'est en tout cas ce que je fais. Moi, je suis vraiment concentrée. Comme je vous le disais, j'ai des portefeuilles qui me passionnent avec des enjeux, notamment financiers en ce qui concerne l'investissement solidaire, des enjeux des Français de l'étranger. Et puis, évidemment, la francophonie dont on n'a pas parlé. Mais j'espère que vous me réinviterez. Vous réinviterez, évidemment.

19:00
Éléonore Caroit

Rachida Dati va quitter le gouvernement. Vous êtes triste ? Vous êtes déçue ?

19:03
Présentateur

Elle va le quitter. Elle est en pleine campagne. C'est son choix. Et je pense qu'il correspond peut-être à ses besoins. Honnêtement, je n'ai pas de commentaire à faire.

19:12
Éléonore Caroit

Vous n'avez pas d'opinion là-dessus ?

19:13
Présentateur

En tout cas, j'ai beaucoup d'autres choses dont je dois me préoccuper aujourd'hui plutôt que de regarder les municipales. Et moi-même, je ne suis pas candidate. Je n'aurai pas le temps vu tout ce que je dois gérer par ailleurs.

19:23
Éléonore Caroit

Très rapidement, si vous aviez un grand sujet à mettre en avant pour ces prochains mois, pour le gouvernement Lecornu, d'ici à la présidentielle, c'est quoi la priorité numéro un ?

19:32
Présentateur

Le Premier ministre l'a dit. On a l'énergie, mais je ne vais pas vous en dire une seule. L'énergie, France Santé, je pense que c'est fondamental que l'on puisse avoir une santé au plus proche de nos concitoyens. Et puis lorsqu'il parle de réforme de l'État, de collectivité territoriale, de mieux organisée finalement, c'est assez transversal. C'est comment est-ce que l'on fonctionne, comment est-ce que les collectivités fonctionnent. Et je pense que ça, surtout ici au Sénat, c'est quelque chose qui pourra être compris.

19:55
Éléonore Caroit

Merci beaucoup. Merci Elénore Carrois d'avoir répondu à nos questions ce matin. Merci Stéphane. La une de Ouest France aujourd'hui, c'est les JO. La France qui lance ses Jeux avec cette médaille d'or remportée au relais mixte du Biathlon. Vous suivez les Jeux, j'imagine ? Absolument. C'est important, c'est un instrument de soft power, c'est ça ?

20:12
Présentateur

C'est important et puis en plus, j'adore les Jeux, donc c'est au-delà de l'intérêt.