Maud Bregeon, ancienne porte-parole du gouvernement, et Jean-Philippe Tanguy, député "Rassemblement national" de la Somme, membre du Bureau national du RN - 06/04
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Bonjour à tous, bienvenue dans ce BFM politique spécial. Regardez, cela ressemble furieusement au coup d'envoi de l'élection présidentielle de 2027. En haut, place Vauban, les soutiens de Marine Le Pen et Jordan Bardella sont attendus moins d'une semaine après la condamnation de Marine Le Pen qui la rend pour l'instant inéligible pour la prochaine élection présidentielle. En bas place de la République, certains partis de gauche, LFI, les Verts, appellent à un rassemblement pour défendre la justice.
Et puis à droite, vous voyez actuellement Gabriel Attal qui réunit Renaissance, mais également Édouard Philippe, François Bayrou, un rassemblement qui était prévu avant la condamnation de Marine Le Pen, mais qui se transforme en rassemblement de l'État de droit. Et cette journée va commencer ici dans BFM politique par un débat qui va justement opposer deux visions de la France. À mes côtés, justement, Maude Brejon. Bonjour, vous êtes député ensemble pour la République. Bonjour. Ancienne porte-parole du gouvernement Jean-Philippe Tanguy. Bonjour, merci d'être avec nous. Bonjour. Député du Rassemblement National.
Alors, on va voir vos deux visions, vos positions sur les différents sujets qui nous concernent. Mais comme tout bon débat, ça va commencer par un tirage au sort. Pour savoir qui va députer, Jean-Philippe Tanguy, Maude Brejon, j'ai la pièce dans les mains, pile, face. Qu'est-ce que vous préférez, Maude Brejon ?
Pile.
Allez. Eh bien, c'est face. Ça sera donc pour Jean-Philippe Tanguy. Je suis désolé. On va commencer comme cela. Et puis, bien sûr, un temps de parole qui est contrôlé en régie, notamment par Sylvain, notre rédacteur en chef, pour que ce débat se fasse dans les meilleures conditions et également d'égalité. On le disait, un grand rassemblement qui a amorcé, évidemment, cette semaine politique. Rassemblement dans le septième arrondissement auquel appelle le Rassemblement National, six jours après la condamnation de Marine Le Pen à cinq ans d'inégilibilité. Et pour l'instant, ça veut dire que Marine Le Pen, en l'état, ne peut pas se présenter à la prochaine élection présidentielle.
Jean-Philippe Tanguy, le mot d'ordre du meeting, c'est « Sauvons la démocratie ». Est-ce que ça veut dire que parce que la justice s'applique, la démocratie est en danger ?
Mais la vraie question, c'est est-ce que la justice s'est vraiment appliquée dans de bonnes conditions, dans des conditions impartiales ? Est-ce que Marine Le Pen a été jugée comme une Française parmi les Françaises ? Ou parce qu'elle était la première opposante au système depuis 20 ans ? Je suis rassuré par les interventions très nombreuses de juristes, avocats, anciens magistrats, l'ancien secrétaire général du Conseil constitutionnel, M. Chetel, des membres honoraires du Conseil constitutionnel comme Mme Lenoir, des opposants historiques du Rassemblement National comme l'ancien président de la LICRA, M.
Jakubowicz, qui tous disent que le fond du jugement n'est pas un jugement en droit, que c'est un jugement politique. Et je le regrette parce que les Françaises et les Français, évidemment, ont besoin, et nous avons tous besoin d'une justice parfaitement apolitique, qui rende une justice au nom du peuple, de tout le peuple français, et pas seulement d'une partie.
Ce rassemblement, Maud Brejon, aujourd'hui, il vous pose problème ou pas ? Rassemblement pour sauver la démocratie, dit Jean-Philippe Tanguy.
Je n'enlève à personne et à aucun parti politique le droit de manifester, le droit d'appeler au rassemblement. En revanche, force est de constater, et c'est ce qui me frappe, on a aujourd'hui l'illustration de deux visions radicalement opposées et de deux visions radicalement opposées des institutions. D'un côté, le Rassemblement National, qui ne fait pas que critiquer le jugement qui a été celui de l'indice, ça c'est votre droit, mais qui jette l'opprobre sur l'ensemble de l'institution judiciaire et de la justice.
Je regardais d'ailleurs le tract d'appel au rassemblement, du Rassemblement National, qui parle de démocratie exécutée, qui dit ce n'est plus le gouvernement des juges, c'est la dictature des juges. Et c'est bien ce que moi je vous reproche, au fond. C'est de pointer du doigt l'institution judiciaire dans son ensemble, bien au-delà du jugement qui a été prononcé, et de pointer du doigt l'ensemble des juges, en quelque sorte de poser une cible dans le dos des juges, et on voit que certains ont subi d'ailleurs des menaces. Et puis de l'autre côté, on a la famille politique à laquelle j'appartiens, qui pense que la justice n'exécute pas la démocratie.
Nous on pense que la justice protège la démocratie, et que la démocratie c'est précisément le respect de l'état de droit et de la chose jugée. Et donc c'est un contraste, c'est deux visions radicalement différentes. Je pense que c'est aussi sain qu'on puisse avoir, au fond, une forme d'éclaircissement et de mise au point aujourd'hui.
Vous placez une cible dans le dos des juges, qu'est-ce que vous lui répondez ? Non, et je regrettais que M. Darmanin, lundi, le mardi, pardon, lorsque je l'ai interrogé sur la nature du jugement, ait menti, ou peut-être ne le savait-il pas, mais enfin ça m'étonne de lui, que j'avais personnellement et d'autres soutenu les juges contre les insultes, contre les attaques. M. Darmanin fait croire qu'on ne soutenait pas les juges, c'est faux. Évidemment, nous soutenons les juges contre toutes les menaces, et nous demandons, et nous l'avons d'ailleurs régulièrement demandé, des mesures plus fortes d'ailleurs pour protéger tous ceux qui sont dépositaires de l'autorité publique dans notre pays.
Malheureusement, ça n'a pas été voté, mais il me semble que vous n'étiez pas forcément contre vous à titre personnel, le renforcement des peines quand ça touchait les forces de l'ordre des magistrats ou un certain nombre de fonctionnaires. Donc, ce n'est pas le sujet aujourd'hui. Le sujet, c'est est-ce qu'un certain nombre de magistrats confondent leur rôle démocratique ou constitutionnel avec un combat politique ?
Je regrette par exemple que votre famille politique n'ait pas condamné aux dernières élections, le communiqué de presse du syndicat de la magistrature qui représente entre 25 et 35% des magistrats, qui, sans aucune ambiguïté, appelle l'ensemble des juges, procureurs, greffiers, tout le personnel lié à l'autorité judiciaire dans notre pays à faire barrage au Rassemblement National, comme il l'avait fait d'ailleurs dix ans avant, contre Nicolas Sarkozy. Ce n'est pas une attitude normale.
Je pourrais vous citer l'affaire Fillon, qui quand même a donné lieu au sein de l'Assemblée Nationale à une audition de l'ancienne procureure du parquet national financier, qui avait dit sous serment qu'elle avait reçu des pressions et des menaces de sa hiérarchie, pardon, aussi bien sa hiérarchie politique que sa hiérarchie judiciaire, transmise au Conseil supérieur de la magistrature, qui est censé faire le ménage, appliquer la discipline au sein de la magistrature, et qui n'a donné lieu à aucune réforme et même à aucune sanction. Donc soit cette procureure avait menti sous serment devant l'Assemblée, soit le Conseil supérieur de la magistrature a enterré l'affaire.
Mais on ne peut pas dénoncer des pressions sous serment à l'Assemblée Nationale au sein de la magistrature, des pressions politiques, puis que l'autorité chargée en charge de la discipline explique qu'il ne s'est rien passé.
Je veux dire, le fond de ma pensée, Jean-Philippe Tanguy, je pense que vous vous rendez compte que vous êtes allé beaucoup trop loin durant les heures et les jours qui ont suivi la décision de lundi. Vous êtes en train, au fond, de bifurquer en parlant de cas particuliers dont on peut discuter, des cas importants, et on peut complètement en débattre. Mais reconnaissez que dans les jours qui ont suivi la décision, lundi, mardi, mercredi, vous n'avez pas ciblé des cas particuliers, vous n'avez pas expliqué des anecdotes, vous avez ciblé l'institution judiciaire dans son ensemble, et vous vous êtes pris à l'ensemble des juges.
Je vois bien que là, il y a une volonté probablement de modifier un peu l'axe de défense. Il est probable que vous preniez aussi conscience qu'une majorité de Français n'adhère aujourd'hui pas au discours qui a été le vôtre en début de semaine. Donc, il y a une modification de la défense de votre part, j'entends, un changement de discours. Mais le discours que vous avez tenu, vous, M. Bardella, Mme Le Pen et vos collègues à l'Assemblée nationale, c'était un discours qui portait le discrédit sur l'ensemble de l'institution judiciaire.
Vous le qualissez comment, ce discours ?
Et c'est ce discours que je trouve, moi, extrêmement dangereux parce que je pense que lorsqu'on aspire aux plus hautes fonctions et en l'occurrence, lorsqu'on aspire à diriger l'État, on doit être garant de la séparation des pouvoirs et du respect des différentes institutions. J'ai parlé d'une forme de trumpisation dans le discours. Et d'ailleurs, les faits de ces derniers jours m'ont plutôt donné raison puisque je constate que vous avez eu le soutien dans ce discours extrêmement dur à l'encontre de l'institution judiciaire de M. Trump, de J.D. Vance, le vice-président de Donald Trump, de M. Orban. Bon, alors, j'ai envie de vous dire, on a les amis qu'on mérite.
Mais ça dit bien quelque chose de la tonalité du discours qu'a été la vôtre. Et moi, j'entends beaucoup de Français qui ont pu être choqués par ce discours-là ou en tout cas qui n'adhèrent pas à une telle radicalité. Voilà.
Mais n'utilisez pas le soutien de M. Trump dans ce débat. Il n'est pas venu. Nous ne l'avons pas sollicité. Mais il vous dérange. Non, mais ce n'est pas qu'il me dérange. C'est qu'en fait, moi, vous savez, je suis souverainiste. Vous ne pouvez pas me le retirer. Vous savez bien que moi, les opinions des gouvernements étrangers sur le destin de la France, je pense que ça ne nous regarde pas et qu'on n'a pas à en tenir compte. Et M. Macron, à de nombreuses reprises, s'est prévalu de liens d'amitié personnels, même avec M. Trump.
Le restaurant à la Tour Eiffel, l'invitation à Notre-Dame, très chaleureux, même la personne, les deux couples, ils se sont rencontrés, ils se sont prévalus, une relation personnelle, ce que fait d'ailleurs M. Macron avec presque tous les dirigeants du monde. Donc, ne nous dites pas que c'est nous qui sommes amis avec M. Trump, tous les Françaises qui nous regardent. Ça vous fait honte, ce soutien, dirait ? Mais non, ça ne nous fait pas honte. Mais non, moi, je suis contre les ingérences étrangères, quelles qu'elles soient. J'ai toujours été contre. C'est à l'origine de mon engagement politique, donc je ne vais pas changer d'avis là-dessus. Le Kremlin qui soutient Marine Le Pen ?
Non, mais c'est une preuve qu'il n'y a pas une personne qui nous regarde qui pense que le soutien du Kremlin nous a soutenus. Ça ne nous a pas aidé une seule seconde, bien au contraire. C'est une ingérence ? Ça aussi. Ça nous a d'ailleurs été reproché par tous nos adversaires politiques depuis une semaine. Donc, merci.
Vous êtes allés les chercher, ces soutiens ?
Non, on n'est pas allés les chercher.
Puisque on a constaté que vous aviez demandé à un certain nombre de dirigeants européens, M. Orban et d'autres, des mots de soutien pour le meeting de cet après-midi.
Non, on n'a pas cherché de soutien. Je ne sais pas de quoi vous parlez, Mme Réjean. On n'est pas allés chercher le soutien de M. Poutine. D'ailleurs, le soutien de M. Poutine, il s'est exprimé alors que le jugement n'était même pas rendu. Bon, donc, non, je ne vois pas de quoi vous parlez là. Mais revenons sur le fond. Vous avez dit qu'on a changé discours. On n'a absolument pas changé discours. C'est moi qui ai posé la question mardi, donc je sais ce que j'ai dit. Oui, je vous ai entendu, j'étais là. Oui, j'ai vu que ça avait réagi par beaucoup de brouhaha. Peut-être qu'il n'y a pas tout entendu tellement j'ai été couvert d'injures, d'agonies de nos confrères et collègues.
Je n'ai pas dit les juges. J'ai parlé d'un carteron de juges et de procureurs. Donc, c'est bien une partie de cette magistrature qui s'oppose à la démocratie. Les exemples que je vous donnais, vous n'avez pas voulu répondre, c'est votre choix. Mais ce sont des exemples précis qui montrent un problème. Quand je dis qu'il y a 25 à 35 % de la magistrature qui est politisée dans un syndicat qui veut faire barrage c'est une partie de la magistrature. Je n'ai pas remis en cause l'ensemble des magistrats.
D'ailleurs, j'ai même salué, c'était ma première intervention ici, qu'un certain nombre de magistrats, honoraires, anciens magistrats, avaient eu le courage de prendre la parole pour dire que ce jugement sur le fond n'allait pas. Encore une fois,
je ne remets pas en cause votre propre intervention de mardi. À la limite, les interventions du Rassemblement National ne se résument pas à la question au gouvernement que vous avez posée mardi. Mais enfin, chacun voit bien qu'en ce début de semaine et depuis quelques jours, il y a eu un discours à l'encontre de l'ensemble de l'institution judiciaire. Pardon, on est un peu en boucle. Mais vous diriez que c'est un discours quoi ? Antirépublicain, vous diriez quoi ? Lorsque dans le tract de mobilisation, on parle de dictature des juges, on s'attaque bien à l'ensemble des juges et à l'ensemble de l'institution. Et ça, c'est un discours qui, encore une fois, je le dis, fait mal à la démocratie.
Et vous ne devriez pas, vous ne devriez pas de là où vous êtes, de l'Assemblée Nationale, alors même que Mme Le Pen prétend encore, et elle est présumée innocente. Moi, je respecte l'État de droit jusqu'au bout. J'essaie d'être cohérente. Vous diriez que c'est un discours anti-républicain ? Mais c'est un discours qui fait du mal à la démocratie. C'est un discours qui fait du mal aux fondamentaux de notre République. Et je pense que, même si cette décision a pu générer chez vous beaucoup d'émotions, vous auriez dû contenir ce discours et ne pas revenir au fond à ces pulsions anti-démocratiques.
Encore une fois, extrêmement dangereuses et vous en tenir peut-être à la critique de la décision de justice. On a le droit de critiquer une décision de justice en démocratie. En revanche, je le redis, on ne se prend pas à l'ensemble de l'institution judiciaire.
Maud Brogeon, il y a un gouvernement que vous soutenez, ce socle commun. Il y a un ministre de l'Intérieur qui s'appelle Bruno Rotaillot qui a dit qu'il était, je cite, objectif de dire qu'il existe des juges rouges, sous-entendu d'extrême-gauche.
Vous partagez ces propos ? Je ne reprendrai pas ces propos à mon compte parce que je considère que dans la séquence qu'on est en train de vivre, les tenir dans la séquence qu'on est en train de vivre, c'est alimenter le procès que le Rassemblement national tente de faire à l'institution judiciaire. Pour autant. Les propos de Bruno Rotaillot sont dangereux pour la démocratie également ? Pour autant. Est-ce que les propos pour autant ? Je comprends que M. Rotaillot comme d'autres pointent du doigt des cas particuliers dans lesquels il y a un manque d'impartialité. Et ça, je suis complètement prête à l'entendre.
Mais entre dire il y a parfois des juges qui manquent d'impartialité et qui ont un engagement politique probablement trop affirmé au regard de leur responsabilité et dire de l'autre côté il y a une justice dans sa globalité qui, je le redis, est une dictature avec une démocratie exécutée, pardon, c'est pas complètement la même chose.
Je repose ma question, est-ce que les propos de Bruno Rotaillot sont dangereux pour la démocratie ?
Les propos de Bruno Rotaillot ne sont pas dangereux pour la démocratie mais je ne reprends pas ces mots à mon compte parce que j'estime qu'au regard des convictions qui sont les miennes et encore une fois au regard du mandat que nous a confié le peuple français, notre devoir dans ce moment qui est sensible, qui est complexe pour la vie politique française... Quand le RN le dit c'est dangereux pour la démocratie
quand c'est Bruno Rotaillot c'est pas dangereux pour la démocratie ?
Mais c'est pas la même chose, pardonnez-moi, je disais à M. Tanguy qui citait un certain nombre d'exemples que j'étais prête à entendre ces exemples que je ne connais pas tous pour être très honnête mais j'accepte sur le principe complètement d'en discuter.
Mais c'est ce que vous avez dit les juges rouges, non ? Ah bah le syndicat de la magistrature c'est ce qu'on peut appeler les juges rouges, même des juges anarchistes. Mon point. Donc vous partagez au bout d'un autre œil ou vous ? Oui, vous partagez les nôtres comme souvent, on parle et M. Rotaillot suit, ça c'est pas la première ni la dernière fois.
Vous vous êtes encore une fois je le redis attaqué à une institution dans sa globalité et vous vous attaquez à cette institution dans sa globalité parce que le rendu du jugement en première instance de lundi dernier ne convient pas à Mme Le Pen.
Comme ça la vérité des choses.
Si Mme Le Pen avait été blanchie lundi dernier vous auriez un discours radicalement différent aujourd'hui, vous savez bien.
Non, je ne crois pas parce qu'il y a deux choses différentes. Je vais essayer de vous couvrir, en tout cas de débattre de l'inverse. Le concept de dictature des juges ou de gouvernement des juges c'est un concept politique qui est ancien et vous, s'il peut me permettre, je pense que dans ce tract vous avez voulu confondre notre critique du fond sur le jugement de fond et notre critique de ce qu'on appelle le gouvernement ou la tyrannie des juges. Qu'est-ce que c'est ? C'est que nous considérons qu'en démocratie les juges dans la tradition française ce que disait Montesquieu doit rester la boule de la loi.
C'est-à-dire qu'elle doit rester une interprétation stricte du droit tel que l'a écrit le pouvoir législatif. Depuis la construction européenne, je vais essayer d'aller rapidement, les juges ont pris une tradition anglo-saxonne et interprètent de plus en plus le droit que tous les deux nous écrivons à l'Assemblée nationale pour faire leurs propres normes, pour faire des jurisprudences exorbitantes de ce que nous avons écrit à l'Assemblée nationale et parfois prendre un pouvoir au sein de notre République qui n'est pas celui que les Françaises et les Français ont voulu avec le général de Gaulle qui disait lui-même la seule cour suprême c'est le peuple.
Quand les juges interprètent un certain nombre de lois européennes, de normes européennes contre le droit français... Donc c'est à vous de modifier la loi en tant que législateur ? Ça, ce n'est pas la loi. Malheureusement, ce sont les traités européens qui ont autorisé cette dérive. Et ce gouvernement des juges... Là, pour Marine Le Pen, c'est la loi française. Par exemple, prenons un exemple pour que tout le monde comprenne. Dans la tradition anglo-saxonne, par exemple aux Etats-Unis, ce sont les juges qui décident si l'avortement est légal ou pas dans l'ensemble des Etats américains. Ça, c'est la conception américaine.
Ce ne sont pas les parlementaires du Congrès qui ont voté une loi sur le statut de l'avortement au niveau fédéral. C'est les juges. Ils ont, dans les années 70, décidé que c'était possible. Ils ont changé d'avis récemment, et je le regrette, rendant l'avortement possiblement illégal dans un certain nombre d'Etats. En France, ce n'est pas ça. En France, ce n'est pas les juges qui décident si l'avortement est légal ou pas. C'est le parlementaire. On aurait pu... C'est-à-dire que ce n'est pas notre tradition. Et là, par exemple, dans le jugement de fond, pour donner cet exemple-là, les juges n'ont pas appliqué la loi. Par exemple, ils ont décidé... Non, je finis.
Ils ont décidé que la loi Sapin, qui a été votée après les faits, devait s'appliquer dans son esprit aux faits précédents. C'est complètement contraire aux faits français. Jean-Philippe Tanguy, justement, dans une logique... Notre opposition, un autre exemple dernier, que notre opposition à la construction européenne devait nous être reprochée et aggraver notre peine, ça n'existe dans aucune loi française. Jean-Philippe Tanguy, justement, dans le fait de possiblement...
Peut-être qu'on va être puni pour s'opposer à l'Union européenne. Dans le fait de possiblement modifier la loi, il y a quelqu'un qui s'appelle Éric Ciotti, qui justement dit qu'il faut modifier la question de l'exécution provisoire, c'est-à-dire que cette peine qui est applicable immédiatement. Il dit que dans la niche de son groupe, il va déposer une proposition de loi pour mettre fin à l'exécution provisoire. Maude Brogeon, vous voterez cette proposition de loi ?
Non, je suis fermement opposée à cette proposition de loi, qui est d'ailleurs proposée à l'initiative indirecte du Rassemblement national, avec deux objectifs. Le premier objectif, c'est de discréditer la décision de lundi dernier. Et le deuxième objectif, c'est de permettre à Mme Le Pen de contourner ou d'arranger une affaire judiciaire qui ne lui convient pas pour son propre avenir politique. Et j'en veux pour preuve les déclarations de M.
Tanguy qui disait mardi, je crois, après les questions au gouvernement, que cette loi serait rétroactive et qu'elle permettrait donc à Mme Le Pen de contourner, en quelque sorte, ce n'est pas vos mots, mais c'est les miens, la décision qui a été prononcée lundi. Moi, je considère qu'on ne légifère pas comme ça. Je considère qu'on ne légifère pas pour arranger les affaires judiciaires d'une responsable politique. Je considère qu'on ne légifère pas sous le coup de l'émotion. Peut-être que parfois, on a tendance à le faire, mais je crois que c'est une erreur de toute façon, de façon générale.
Et j'attends à ce que le socle commun, LR, Renaissance, Modem, Horizon, la famille politique à laquelle j'appartiens et un positionnement extrêmement clair sur ce sujet.
Vous noterez que François Bayrou n'a pas un positionnement très clair ce matin chez nos confrères du Parisien. Il dit, je cite, qu'il n'est pas député et c'est au Parlement que ça se discute.
J'attends du gouvernement et du Premier ministre qu'il ait une position extrêmement claire sur la proposition de M. Ciotti en s'opposant à cette proposition-loi, encore une fois, de façon expliquée et nette, parce que cette proposition-loi n'a pour objectif que le discrédit d'une décision de justice prononcée ait une facilité donnée à Mme Le Pen face à l'institution judiciaire. C'est inenvisageable.
Mais ce n'est pas du tout une facilité. Il y a deux choses différentes. L'exécution provisoire, d'ailleurs M. Bérou, d'après la presse, l'a dit à une réunion au mardi matin, ça n'existe qu'en France. C'est une exception française et ça a pris un problème de droit. Pourquoi ? Mme Barrej, députée et ancienne maire de Motoban, a été condamnée à être inéligible avec une exécution provisoire, a perdu son mandat de maire de Motoban. Deux ans plus tard, en appel et en cassation, elle a été reconnue innocente. Donc elle avait perdu son mandat et c'est un préjudice irréparable. C'est-à-dire qu'en fait l'exécution provisoire supprime la présomption d'innocence.
Ce n'est pas du tout la même chose que l'appel. Parce que vous dites que ça arrange les affaires de Marine Le Pen. Marine Le Pen sera donc jugée en appel avec nos autres amis à l'été 2016. Même s'il n'y a pas d'exécution, si l'exécution provisoire entre les deux disparaît. Parce que la loi aurait été votée, en théorie. Si Marine Le Pen devait encore condamner, ce que je ne pense pas puisqu'elle est innocente évidemment des faits qui lui sont reprochés. Eh bien, le qui est exécution provisoire ou pas ne l'empêcherait pas d'être condamné sur cette affaire. Donc vous n'êtes pas de très bonne foi dans cette histoire.
Parce que l'exécution provisoire c'est juste de maintenir la présomption d'innocence. Et ça concerne tous les Français et tous les Français. Pas seulement Marine Le Pen. Et ça posait un problème avant Marine Le Pen. Je vous ai présenté l'exemple de Mme Barège. Il y a M. Falco, maire LR de Toulon, qui a perdu son mandat alors qu'on ne sait pas encore s'il est définitivement condamné. à ne plus pouvoir exercer votre métier pendant deux ans. Et en fait, vous étiez innocent. Et donc pendant deux ans, vous êtes privé de votre métier alors que vous n'avez pas à faire valoir vos droits. Là, le principe, c'est que tout le monde soit jugé pareil. Ce n'est pas du tout une exception.
Je pense qu'on ne fait pas, je le redis, je pense qu'on ne fait pas une loi qui est une loi de circonstance montée de toute pièce par un allié de Mme Le Pen pour arranger les affaires de Mme Le Pen. Et je pense que les Français ne comprendraient pas qu'on puisse être dans cette démarche-là. Je crois et je suis convaincue qu'être dans cette démarche-là, faire une loi ad hoc pour répondre à la condamnation de Mme Le Pen renverrait une image absolument dramatique de l'Assemblée nationale et des députés que nous sommes. Ensuite, est-ce qu'on peut mener une réflexion sur la question de l'inégibilité et de l'application immédiate en matière civile, en matière pénale ?
Peut-être, mais on ne le fait pas à chaud. On ne le fait pas sous le coup de l'émotion. Et on voit bien, en l'occurrence, pardonnez-moi, personne n'est dupe, cette proposition de loi, elle est proposée par M. Ciotti. M. Ciotti est un allié de Mme Le Pen. L'annonce du dépôt de cette proposition de loi se fait le mardi lors des questions au gouvernement lors d'une question qui traite de la condamnation en première instance de Mme Le Pen. Et M. Tanguy vient nous dire ensuite que ce sera rétroactif et que ça permettra à Mme Le Pen de peut-être être candidate.
C'est un principe de la loi pénale. La loi plus douce, supplie la loi plus dure.
Vous avez parfaitement le droit de déposer cette proposition de loi. C'est pas mon interprétation. Ma position, elle est de dire que du fait de l'exemplarité que les Français attendent de nous et du lien qu'on doit retisser entre les élus et les citoyens, il serait incompréhensible de voter une loi qui vienne encore une fois arranger les affaires judiciaires et une responsable politique. On en parle dans un instant. Que ce soit Mme Le Pen ou d'autres. Maud Bréjean en parle dans un instant.
Et on verra aussi vos deux visions qui s'opposent sur la question de la réponse à apporter à Donald Trump et bien sûr ces rassemblements prévus cet après-midi. Vous restez dans BFM Politique. On se retrouve dans un instant. BFM Politique, Guillaume Daré. Vous êtes bien sur BFM Politique qui amorce une journée spéciale sur BFM TV. Ça a tout du coup d'envoi de la prochaine présidentielle. Vous voyez en haut à l'image le Rassemblement National qui appelle ses soutiens à venir soutenir Marine Le Pen après sa condamnation. Place de République, c'est la gauche qui se rassemble justement pour défendre, je cite, l'État de droit.
Et c'est François Bayeroulou à droite qui est en train de s'exprimer à la tribune du Rassemblement de Renaissance. Gabriel Attal, Édouard Philippe prendront la parole également. Ce sera à suivre dans l'après-midi, bien sûr, sur BFM TV. Plusieurs visions de la France et deux particulièrement qui s'opposent ce matin dans BFM Politique puisque je reçois Maude Brejon, ancienne porte-parole, député ensemble pour la République, Jean-Philippe Tanguy du Rassemblement National qui est avec moi. Alors on tient les compteurs en régie. Vous avez une petite minute d'avance, Maude Brejon. On va donc avancer par une question à Jean-Philippe Tanguy.
On voyait ces trois rassemblements ce matin chez nos confrères du Parisien. Le Premier ministre, François Bayeroul, explique, je cite, qu'il n'est ni soin ni souhaitable quand il évoque le Rassemblement National qui convoque, qui appelle les militants à se rassembler. Ni sain ni souhaitable ce rassemblement puisque nos institutions organisent à la fois la séparation des pouvoirs et la protection de la justice dit le Premier ministre. Qu'est-ce que vous en pensez de ces propos ?
J'en pense que M. Béroud a sans doute l'habitude de présenter la deuxième joue. Nous, ce n'est pas notre genre. Donc Marine Le Pen, c'est une lionne et quand on vient la chercher, on la trouve. Donc elle se défend et nous n'allons pas nous laisser attaquer en silence. Donc c'est un meeting, c'est un rassemblement de soutien parfaitement démocratique, parfaitement républicain, tout à fait pacifique évidemment. C'est quand même triste qu'on en soit à devoir le préciser alors que dans toute l'histoire du Rassemblement National, des institutions évidemment. Donc tout ça, c'est n'importe quoi. Bon, on a voulu aussi faire peur aux Français.
De toute façon, c'est un peu malheureusement la marque du fabrique du système depuis 20 ans. C'est toujours utiliser la peur. La peur pour gouverner, la peur pour faire taire, la peur pour mobiliser une partie des Français contre les autres. Voilà, la peur, tout le temps la peur. La peur n'est pas un projet politique. La peur divise, la peur est toxique pour notre société et j'espère que nos compatriotes ne sont plus dupes de cette théorie de la peur qui sur tous les sujets essaie d'étouffer le débat.
Et donc, si on en croit le sous-titre du meeting auquel vous allez vous rendre pour le rassemblement de Renaissance, Maud Brejon, vous avez en face de vous la défenseuse de l'État de droit.
Oui, au moins. C'est très modeste, mais c'est sûr que Mme Bayrou sera un peu plus humble que M. Attal.
C'est un appel à l'indurrection, quasiment, c'est ce que dit François Bayrou, ce meeting cet après-midi. Non, mais on n'est pas obligé. Ça vous choque ?
Attendez, on jugera sur pièce. Je peux redire ce que j'ai déjà dit.
Ce qui me choque
et ce qui me pose problème, c'est les propos tenus par le Rassemblement National depuis ce début de semaine. Que des partis ou des organisations se réunissent et appellent à la mobilisation, c'est leur droit. En revanche, je suis très inquiète quand je vois que le Rassemblement National mobilise sur l'argument de la dictature des juges parce que ça n'occupe rien de bon sur ce qui sera dit cet après-midi. Mais encore une fois, nous jouerons sur pièce.
Alors justement, on va voir ça également un peu plus tard dans l'émission parce qu'on reviendra bien sûr sur ces rassemblements. Mais je disais aussi à la tribune, on le voit sur la question de la justice, sur la question des juges, mais plus largement sur la question de l'économie et de la situation internationale. Ce sont plusieurs visions de la France et du monde qu'on va voir en direct bien sûr sur BFM TV cet après-midi s'affronter et dès un instant sur ce plateau. Il y a eu un événement mondial qui a marqué tous les esprits. Ça a été un tremblement de terre selon les termes même de François Bayrou ce matin dans Le Parisien.
C'est cette annonce de Donald Trump qui a augmenté les droits de douane pour quasiment le monde entier plus 20% pour les produits importés justement de l'Union européenne. Alors la réponse, elle doit être française ou européenne ? Jean-Philippe Tanguy.
Elle sera européenne de fait puisque la politique commerciale de toute façon a été transférée à l'Union européenne avec le peu de succès que l'on sait malheureusement d'une chose déjà. Le fait que M. Trump fasse des décisions où est la surprise ? Il l'a annoncé pendant toute sa campagne. Il l'avait déjà fait quand même avec des proportions moindres mais quand même avec une remise en cause des accords de libre-échange avec le Mexique et le Canada sous son premier mandat. D'ailleurs M. Biden n'avait pas remis en cause ses décisions et là il avait annoncé ses décisions. Donc moi je ne comprends pas avec la personnalité de M.
Trump telle qu'on connaît c'est son deuxième mandat on ne découvre pas le personnage il fait ce qu'il avait dit. Ben oui ça fait 2-3 mois qu'il fait ce qu'il avait dit. Pourquoi on n'a rien préparé ? Quand je vois que l'Union Européenne ressort des mesures qu'on avait déjà appliquées avant qui sont des mesures ridicules contre-productives on va taxer l'Harley Davidson. Est-ce qu'on croit que l'Harley Davidson sont un bien critique du commerce entre l'Union Européenne et les Etats-Unis ? Le bourbon qui consomme du bourbon américain en Europe alors que ça cible en cible directement nos producteurs de vins et spiritueux français qui sont importants.
Le problème derrière ça par contre puisque quand on a transféré la politique commerciale à l'Union Européenne de manière quasi exclusive c'est qu'en fait on se retrouve mélangé aussi avec des gens qui ont fait des politiques qui étaient de mauvaise politique. Prenons quel est le principal bénéfice commercial entre quel pays a le plus d'excédents commercial au sein de l'Union Européenne envers les Etats-Unis ? L'Irlande la toute petite république irlandaise qui a plus de 86 milliards d'excédents commercial avec les Etats-Unis parce que c'est un parasite fiscal.
Ils ont organisé un modèle au sein du marché commun qui fait que des multinationales américaines en particulier la pharmacie ou les GAFA s'installent en Irlande utilisent la force du marché commun uniquement pour le bénéfice de l'Irlande et de ses multinationales. Quand il y a un procès y compris des institutions européennes pour lutter contre ce comportement de paradis fiscal le gouvernement irlandais ne se met pas du côté de l'Union Européenne et de ses partenaires qui sont floués mais du côté des multinationales et donc on a créé au sein de l'Union Européenne par stupidité et par idéologie des problèmes sur lesquels la France va payer.
Donc en fait les vignerons français vont payer pour le parasite fiscal de l'Irlande j'aurais pu citer les parasites fiscales. Ah oui l'Irlande c'est vraiment le parasite fiscal.
Votre discours est fascinant c'est-à-dire que Donald Trump met en oeuvre une politique isolationniste qui va profondément déstabiliser l'économie mondiale et affecter les consommateurs américains et européens mais le problème pour le Rassemblement National c'est l'Union Européenne.
C'est nous ?
On vous interroge sur les décisions de Donald Trump et sur sa politique protectionniste et vous répondez en attaquant l'Union Européenne alors que la solution face à cette politique-là qui n'est d'ailleurs pas très éloignée du programme de Mme Le Pen et du programme que vous défendez au Rassemblement National la seule réponse possible pour répondre à votre question est-ce que c'est français ou européen ? C'est français et européen.
On voit bien que Donald Trump s'attaque à l'Union Européenne impose des droits de douane sur l'ensemble de l'Union Européenne et donc la réponse doit naturellement être une réponse coordonnée et unie à l'échelle de l'Union Européenne en ciblant avec une réponse similaire à ce que Donald Trump met en place de son côté et en ciblant certaines filières. Il faut assumer un rapport de force extrêmement clair et c'est ce que prône le président de la République.
Le rapport de force parce que Donald Trump ne comprend que ça et le faire encore une fois de façon coordonnée en européen et là-dessus qu'on soit d'accord ou pas avec lui personne ne peut enlever à Emmanuel Macron le fait d'avoir été la locomotive de l'Union Européenne en la matière.
Ça a bien marché. Personne ne peut enlever
à Emmanuel Macron d'être la locomotive de l'Union Européenne. Qu'est-ce que vous répondez à cela ? La réponse d'Emmanuel Macron cette semaine à ce que fait Donald Trump est satisfaisante. C'est une drôle de locomotive ces locomotives en marche arrière.
Vous voyez bien que Donald Trump pénalise les consommateurs français et le problème c'est l'Europe. Ça ne va pas.
Mais parce que ça ne sert à rien de faire le moulin à prière en disant que M. Trump il est méchant. Vous devriez commenter ce que fait M. Trump mais ça ne sert à rien de commenter ce que fait M. Trump. Ça fait 8. Je pose une question
très simple. Que feriez-vous si vous étiez au pouvoir ?
Je vais vous le dire. Vous m'attaquez en disant oui, vous attaquez l'Union Européenne. Mais j'attaque les politiques sur lesquelles j'ai une influence en tant que français et parlementaire français. Vous n'avez pas d'influence Macron avait tout fait avec M. Poutine. M. Poutine il avait bien fait ce qu'il voulait et M. Trump parce que vous lui serrez la main pendant 5 minutes en essayant de savoir qui va écrabouiller la main de l'autre mais si que vous allez changer le comportement de M. Trump. M. Trump il fait ce qu'il veut et il se moque du fait que vous ou moi sur un plateau de télé disions qu'il est méchant. Ça ne justifie pas le fait de s'attaquer en réponse à l'Europe.
Mais si parce que ça c'est votre responsabilité. Je sais que votre obsession anti-Union Européenne c'est pas une obsession. Vous n'avez d'ailleurs pas répondu sur l'Irlande c'est quand même assez préoccupant. Pourquoi vous ne répondez pas sur ce que vous avez dit sur l'Irlande ? Est-ce que c'est faux ? Est-ce que oui ou non les règles de l'Union Européenne que j'ai toujours combattues vous pouvez me laisser ça ?
Mais le rapport de force que prône Emmanuel Macron c'est la bonne solution
face à Donald Trump ? Nous avons des Judas dans notre propre camp. A partir du moment où vous avez l'Irlande c'est marrant ou alors je vais répéter comme ce que je dis L'Irlande je vous ai dit prend le parti non pas de l'Union Européenne ou de ses partenaires Européens prend le parti des Américains et des multinationales américaines. Donc vous avez des Judas au sein du marché commun qui agissent contre les intérêts de la France mais contre les intérêts même de ce qu'ils appellent l'intérêt communautaire. Notre riposte sera ferme mais proportionnée dit ce matin le ministre de l'économie dans le journal du dimanche. C'est du paratin il raconte ça en permanence.
Dotez-moi un exemple de riposte proportionnée et ferme.
Est-ce que vous estimez qu'il n'y a pas de droit de douane du coup miroir imposé aux Etats-Unis face aux décisions de Donald Trump ? Non mais j'aimerais comprendre vous avez parlé
d'une mesure ciblée donc une mesure ciblée si on fait pareil
je dis que dans les jours ou dans les semaines à venir il va falloir
il faut taxer par exemple les géants de la tech Google Ah oui
je pense qu'il faut clairement mettre ce type de réponse sur la table mais encore une fois encore une fois parce que et c'est là où pour une fois je suis d'accord avec Jean-Philippe Tanguy on sait comment fonctionne Donald Trump Donald Trump a une façon de fonctionner qui est extrêmement claire et ne comprend que le rapport de force donc il faut qu'on assume ce bras de fer maintenant moi je me retourne de nouveau vers vous Jean-Philippe Tanguy on a compris que vous n'aimiez pas l'Union Européenne c'est très clair et encore une fois vous avez été très constant dans toute votre carrière politique là-dessus si Marine Le Pen était au pouvoir là demain que ferait-elle que mettrait-elle en oeuvre en réponse face à Donald Trump et ça en fait on ne le sait pas bien
mais si je vais vous expliquer c'est ce qu'on appelle la politique du chèque qui est vide c'est-à-dire que la France vers 24 milliards à 26 milliards d'euros par an ça va augmenter de 6 milliards là bientôt à l'Union Européenne
à l'Union Européenne
mais non mais donc si l'Union Européenne ne fait pas le ménage au sein de l'équipe et bien on ne paie plus donc on sort de l'Union Européenne mais non on ne sort pas de l'Union Européenne on est un des puissances on est un des piliers le problème c'est que alors qu'on est les plus puissants avec l'Allemagne on ne se fait pas respecter je vais repartir de l'Irlande mais bon on parle des GAFAM je vous ai dit que le cheval de Troie vous ne m'avez pas dit que c'était faux ou alors j'ai menti le cheval de Troie des GAFAM au sein de l'Union Européenne c'est l'Irlande ça fait l'Irlande est rentrée quand ?
c'est rentré il y a 50 ans et ça fait ils ne sont pas rentrés la semaine dernière et ça fait 50 ans qu'on les laisse faire cette politique ce qui fait que les Irlandais les Irlandais qui étaient parmi les plus pauvres de l'Europe sont devenus parmi les plus riches de l'Europe
sur notre dos
Jean-Philippe Tanguy le Premier ministre
François Bayrou dit justement que cette politique de Donald Trump peut nous coûter plus de 0,5 point de produits intérieurs bruts il veut maintenir en même temps l'objectif d'une réduction du déficit à 3% du PB à l'horizon 2029 concrètement quelle solution ça veut dire quoi ? on augmente les impôts demain ? non
on n'augmente pas les impôts il est hors de question ça vous pouvez le dire à nos téléspectateurs vos impôts ne vont pas augmenter c'est pas dans votre portefeu
qu'on va venir chercher l'argent ?
il est hors de question de combler le déficit et la dette française en allant chercher davantage de taxes et d'impôts dans les poches des français qui en paient déjà suffisamment si ce n'est trop il va en revanche falloir avoir le courage de s'attaquer à la dépense de l'Etat et notamment à la dépense sociale je crois qu'on vit aujourd'hui sur un système qui au regard de ce qu'est l'économie aujourd'hui de ce qu'est la démographie française n'est pas tenable donc ça vous êtes d'accord avec le RN finalement là-dessus je pense qu'il faut je pense qu'on dit précisément l'inverse sur la dépense sociale
il dit qu'il faut couper la dépense sociale
j'allais je ne suis pas sûre ça dépend oui c'est la dépense sociale de l'immigration loin de là prenons un exemple la question des retraites je pense qu'il faut tout de suite évacuer tout débat sur un éventuel retour en amont des 64 ans qui est en complet décalage avec la situation économique face à laquelle nous sommes confrontés ça c'est la première chose
attention hors de question alors attendez je vous bouge juste sur la question des retraites réponse de Jean-Philippe Tanguy parce que le RN a dit on veut revenir sur la retraite à 64 ans donc c'est terminé
dire que la réponse à monsieur Trump c'est encore la faute des retraités qui abuseraient c'est pas ce que j'ai dit qui coûterait cher ou de la dépense sociale qui coûterait cher moi j'étais encore dans ma circonscription dans la Somme j'étais en soutien à une crèche à Conti avec des femmes parce que c'est exclusivement des femmes qui travaillent sur ce lieu ont un métier très difficile elles ne se voient pas à 64 ou 65 ans continuer à courir derrière les bambins même s'ils sont très mignons à faire le ménage et la cuisine dans des conditions difficiles et vous avez entendu la réponse c'est fini le conclave on ne reviendra pas aux 64 on dit mot de région c'est mon avis d'accord mais c'est votre avis et vous êtes assez honnête puisque monsieur Bérou a sans doute été moins honnête qu'en Ambrégion en baladant les gens mais moi j'invite les partenaires sociaux à rendre à monsieur Bérou la monnaie de sa pièce il a voulu se moquer d'eux et les balader moi je les invite à se mettre d'accord peut-être pas sur la mesure d'âge mais sur des acquis par exemple sur les carrières des femmes sur les droits des métiers pénibles voilà moi je conseillerais au conseiller au syndicat de faire un petit coup de trafalgar à monsieur Bérou qui a voulu les balader et ce sera bien fait pour lui et ce sera tant mieux pour les françaises et les français qui pourront peut-être avoir quelques droits sociaux alors on fait comment pour trouver l'argent
pas de retraite dépense publique on coupe où il faut pardonnez-moi oser s'attaquer à la défense publique ce qu'on n'a pas suffisamment fait par le passé très concrètement et à moyen et long terme ma conviction c'est qu'il faut continuer la politique qui a été celle menée depuis 7 ans pour encourager l'emploi pour encourager la croissance pour encourager la réindustrialisation parce qu'à terme c'est comme ça qu'on crée de la richesse et c'est comme ça et c'est comme ça et c'est comme ça qu'on stabilise et c'est comme ça qu'on stabilise un déficit en permettant d'avoir une croissance suffisamment soutenable et bien il y avait pardonnez-moi des propositions que j'ai moi-même défendues lorsque j'étais porte-parole du gouvernement sur la question par exemple des jours de carence qui ont été abandonnés c'était porté par le ministre Guillaume Casbarian député de l'heure aujourd'hui je le regrette voilà je pense qu'il y a une réflexion à mener sur le système de santé ce n'est pas très populaire de le dire mais le tout gratuit
on rembourse moins les médicaments on rembourse moins les consultations
le tout gratuit pardonnez-moi dans la santé quand on parle quand on voit par exemple ce qui est dépensé en termes de dépenses de taxi pour emmener les gens à l'hôpital ou dans des consultations de santé ce n'est aujourd'hui pas tenable au regard de la démographie et de la situation budgétaire française et donc en fait il va je pense falloir avoir un discours de réalité et oser dire la vérité aux français ne pas augmenter les impôts baisser l'âge sur les retraites continuer un système social
qui abonde
les uns et les autres le tout sans toucher aux dépenses de l'État mais en fait ce n'est pas possible
Jean-Philippe Tanguy quand vous entendez le programme économique si j'ose dire du socle commun vous entendez les propos de François Bayrou ces dernières semaines tout ça dans le contexte de la condamnation de Marine Le Pen qui ne peut pas en l'état se présenter à la prochaine présidentielle est-ce que vous vous dites oui on va censurer François Bayrou ou en tout cas il est sur le chemin de la censure comme le dit Jordan Bardella
oui oui il est sur le chemin le chemin commence à être bien entamé parce qu'effectivement les promesses qui ont été faites n'ont pas été tenues on en a parlé des retraites on en a parlé du budget visiblement on nous annoncerait un nouveau dérapage du budget dans les jours à venir alors évidemment on accusera M.
Trump ou je ne sais quoi les sauterelles ou une conjonction lunaire c'est jamais la faute de ce gouvernement la réalité c'est que vous dites moi j'étais un peu interpellé Mme Bréjean vous dites on va continuer ce qu'on a fait ça a bien marché des records de déficit mais le chômage on pourra en parler malheureusement c'est beaucoup de chiffres bidons mais non beaucoup de chiffres bidons ben si ben je suis désolé avec beaucoup de subventions pour des faux contrats mais non avec beaucoup de subventions pour des faux contrats qui coûtent très cher des gens qui pensaient avoir une formation qui n'en ont pas donc on met les gens à droite à gauche pour passer les élections puis après ça s'effondre
le chômage est au plus bas depuis une quinzaine d'années on peut avoir beaucoup de désaccords on peut avoir beaucoup de désaccords mais vous pourriez au moins reconnaître ça vous avez entendu
que Jean-Philippe Tandier a dit que François Ayrou est plus que jamais sur le chemin de la censure
je reviens au propos pardonnez-moi de monsieur Tanguy on s'égare bon la censure est une liberté pour l'ensemble des parlementaires ce qui moi me choque dans le discours qui est le vote c'est qu'on ne comprend pas bien sur quoi s'appuie cette volonté de censure un jour c'est le budget alors le lundi c'est le budget le mardi c'est l'énergie le mercredi c'est l'immigration jeudi ce sera autre chose je ne sais pas quoi et on voit bien que vous cherchez d'une certaine façon à détourner l'attention et à utiliser la censure comme moyen de revanche et c'est le sentiment mais c'est le sentiment que vous donnez mais tous les sujets que vous donnez j'ai dédié avant nous sommes parlementaires tous les deux par ailleurs je termine dans le contexte extrêmement périlleux qu'on est en train de traverser au regard de la situation internationale qui nécessite que la France continue à avoir une voix forte notamment au sein de l'Union Européenne même si vous ne l'aimez pas beaucoup censurer le gouvernement aujourd'hui quoi que vous pensiez de François Bayrou aura un effet immédiat c'est l'affaiblissement du pays et je pense que si vous êtes sincèrement attaché aux intérêts français au quotidien des français et à l'intérêt supérieur de la nation vous ne pouvez pas censurer le gouvernement de M.
Bayrou notamment au regard du contexte qu'on est en train de traverser parce que sinon à la fin de l'année c'est pas 5,5% de déficit qu'il y aura ces 6,5% et nous n'aurons plus aucune crédibilité pour répondre et notamment face à Donald Trump en ce moment Jean-Philippe Tanguy je ne conçois même pas je ne conçois même pas qu'après avoir déjà fait tomber M. Barnier vous puissiez de nouveau envisager de faire tomber un gouvernement pour des raisons qu'on ne comprend d'ailleurs pas bien alors même qu'on traverse une situation internationale
inédite et très incroyable comme je l'ai dit tout à l'heure c'est voilà la peur on y revient c'est pas vous le délu
moi je trouve que ça fait
mais non mais c'est pas vous le délu mais si c'est toujours vous le délu il n'y a que nous qui sachons nous sachons on fait tout bien on ne comprend pas pourquoi tout le monde il y a 1000 milliards de dettes c'est pas nous c'est jamais de votre faute de rien le tirapage historique des déficits M. Lefebvre a dit en conférence de presse c'est pas le gouvernement c'est les fonctionnaires mon région vous dit que ce serait irresponsable dans la situation de faire tomber le gouvernement d'Ayrou s'ils le savent ils ont qu'à donner des gages vous avez parlé des retraites M.
Bérou a menti tout le monde le dit les syndicats ils sont rentrés de bon cœur ils ont été baladés c'est de la faute du Rassemble national ? non on a demandé une mesure de libération des salaires vous le savez très bien il y a eu un rapport qui avait été rendu à M.
Attal pour supprimer les trappes à bas salaires ce qui fait que les gens sont bloqués au SMIC on a 20% des gens qui sont bloqués au SMIC il y avait un rapport pour le résoudre vous avez utilisé les 4 milliards qui devaient résoudre les trappes à bas salaires pour remplir les caisses de l'Etat au lieu de libérer les salaires c'est pas la faute du Rassemble national et sur l'énergie vous le savez très bien ça fait des années que je me bats et d'ailleurs parfois on a des accords là-dessus sur l'énergie ce sera le mot de la fin M.
Bérou est en train de préparer une facture de 300 milliards d'euros pour les Français et 23 centimes ce sera l'occasion d'un autre débat et 23 centimes sur le carburant Jean-Philippe Dauquy Maud Bréjon
merci d'avoir été avec nous pour ce débat on a vu que c'était deux visions de la France qui s'opposent ça ressemble plus que jamais au lancement de la prochaine campagne présidentielle que vous pourrez suivre dès cet après-midi toutes les prises de parole tous les rassemblements c'est bien sûr à suivre sur BFM TV regardez dès 13h et dès 13h30 la prise de parole d'Edouard Philippe restez sur BFM TV on se retrouve tout à l'heure
Jean-Philippe Tanguy