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InterviewEurope 1 (sur YouTube)· 3 février 2026 9 minContradictoireActualité / polémiqueSécuritéJusticeTravail & emploi

Refus d’obtempérer en France : S.Lignier juge la prise de parole de L.Nuñez «inacceptable»

Source d'origine 2 locuteurs

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:47OuverteRéponse partielle

    Aujourd'hui, vous êtes policier, quelles sont les options ?

  • 1:21OuverteRéponse directe

    On a l'impression que les policiers sont coincés, finalement.

  • 2:40OuverteRéponse directe

    On a l'impression qu'il y a un tournant au moment de l'affaire Naël.

  • 4:02RelanceRéponse directe

    Certains syndicats policiers disent qu'il n'y a pas besoin de cette loi.

  • 4:41RelanceRéponse directe

    Je parlais pour la légitime défense des policiers.

  • 5:36OuverteRéponse directe

    Vous parliez de la parole politique aussi, qui n'allait pas forcément dans le sens des policiers.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:24PrésentateurChiffre
    « Il y en a eu 28 200 en 2025. »
  • 0:27PrésentateurChiffre
    « Plus d'un tiers constitue une mise en danger de la vie d'autrui. »
  • 0:29PrésentateurChiffre
    « Et en augmentation de 11%. »
  • 0:35PrésentateurChiffre
    « 9 ont été blessés en total là, entre dimanche et lundi. »
  • 0:53InvitéChiffre
    « 35 jours d'ITT. »
  • 2:21InvitéFait
    « Quand Emmanuel Macron, au moment de l'affaire Naël, explique que le geste du policier qui a tiré sur le jeune Naël est inexplicable et inexcusable, il bafoue la présomption d'innocence de ce policier. »
  • 4:20InvitéFait
    « Vous avez déjà vu quelqu'un condamné pour refus au tempéré qui fait deux ans de prison ferme ? Jamais. »
  • 6:16InvitéFait
    « On peut difficilement aller plus loin sans engager l'intégrité physique des fonctionnaires et des policiers et des militaires. »
  • 6:42InvitéFait
    « Quand on est dans une situation où vous avez quasiment 80 refus d'obtempérer par jour dans ce pays, c'est une prise de parole qui est inacceptable. »
  • 7:12InvitéFait
    « Quand on explique, notamment pendant la campagne présidentielle ou la campagne des européennes, que des partis de droite disaient « tu touches un flic, le soir même tu dors en prison » »

Temps de parole

  • Invité63 %
  • Présentateur22 %
  • Invité 27 %
  • Invité 37 %

≈ 2,2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

13h-14h, Europe 1 Info. Avec vous Clélie Mathias, c'est vos chroniqueurs du jour. Xenia Fedorova nous rejoint dans un instant, mais nous accueillons Sébastien Lignier, chef du service politique chez Valeurs Actuelles. Bonjour Sébastien Lignier. Bonjour. Bonjour Tony Truant. Soyez le bienvenu. Un refus d'obtempérer toutes les 19-20 minutes. La France est désemparée par ce fléau. Il y en a eu 28 200 en 2025. Plus d'un tiers constitue une mise en danger de la vie d'autrui. Et en augmentation de 11%. Les policiers sont évidemment en première ligne. 9 ont été blessés en total là, entre dimanche et lundi.

Écoutez, Reda Bellage, porte-parole du syndicat de police Unité Île-de-France, il a témoigné du ras-le-bol des policiers face à ce fléau. Il était sur Europe 1 hier.

0:47
Invité

Aujourd'hui, vous êtes policier, quelles sont les options ? Si jamais il vous traîne sur quelques mètres, il va avoir une grosse sanction. 35 jours d'ITT. Si jamais il vous fonce dessus, il vous fait usage de votre arme, vous serez jugé par 60 millions de personnes, comme dans l'affaire Naël, et puis vous allez sûrement aller en prison. La seule chose qui nous tient, c'est le soutien des Français. À chaque fois, c'est pareil, les mecs, ils n'en ont absolument rien à foutre, qu'on les arrête en fait. Quand vous discutez avec des jeunes, même s'ils sont connus du service de police, qui vous disent, on sait très bien que demain, on sort. Je suis mineur, je sors.

Je ne suis pas en récidive, je sors. Là, c'est plus ni de deux ans. Jamais dans ma carrière, j'ai vu un gars prendre deux ans de prison pour refus d'obtempérer.

1:21
Présentateur

On a l'impression, Sébastien Ligné, que les policiers sont coincés, finalement. Et on a l'impression d'une passivité de la police française, parce qu'elle n'a pas le choix.

1:29
Invité

Le problème, c'est que c'est la fonction la plus difficile à exercer dans ce pays aujourd'hui, franchement. Pour un salaire, ce n'est pas de misère. Avec tout le respect que j'ai pour les gens qui travaillent dans les supermarchés, qui sont caissiers ou caissières, le fait qu'un caissier en début d'emploi gagne mieux qu'un policier en début d'emploi, moi, ça me choque, personnellement. Donc, en effet, il y a une question, il y a une crise de la considération du milieu de policier. Mais à cela, il s'ajoute une crise du soutien policier.

C'est-à-dire que les policiers se sentent lâchés par la justice, d'abord, qui, comme on l'a très bien dit, ne punit plus sévèrement et immédiatement toutes les personnes qui osent s'en prendre à des policiers. Les policiers se sentent lâchés par le politique. Aussi, et par tous les politiques. À la fois, évidemment, l'extrême-gauche, qui, à longueur d'intervention à l'Assemblée nationale et sur les médias, vous explique que la police tue et la police est raciste et il y a un racisme systémique dans la police, mais aussi de la part des gouvernements et du chef de l'État.

Quand Emmanuel Macron, au moment de l'affaire Naël, explique que le geste du policier qui a tiré sur le jeune Naël est inexplicable et inexcusable, il bafoue la présomption d'innocence de ce policier et il casse quelque chose, il brise un lien dans le rapport entre le chef de l'État et sa police. Et depuis ce moment-là, tout a un petit peu changé.

2:40
Présentateur

Et justement, c'est ce que j'allais vous dire, on a l'impression qu'il y a un tournant au moment de cette affaire Naël, parce qu'elle est éminemment symbolique, évidemment, du côté des policiers, comme du côté des délinquants d'ailleurs. Bien sûr. C'est un traumatisme.

2:50
Invité

C'est un traumatisme parce que, que vous disent les policiers ? Ils vous disent, aujourd'hui, on a peur de sortir notre arme. On a peur d'arrêter un petit peu virulement un homme. On a peur d'accélérer avec notre véhicule et d'aller au contact avec un autre véhicule. Pourquoi ? Parce qu'ils savent...

3:07
Présentateur

C'est ce qui se fait en Angleterre. C'est ce qui se fait en Angleterre.

3:10
Invité

Avec le fameux pushback. Mais pourquoi ils ont peur aujourd'hui ? Parce qu'ils savent que la justice ne les protège plus. Et que s'il y a un incident, ce seront toujours les policiers qui seront d'abord visés. Vous vous retrouvez avec des policiers qui finissent en détention provisoire, des policiers qui sont lynchés en place publique. On affiche leur nom sur les réseaux sociaux. On affiche leur famille sur les réseaux sociaux. Donc, ils sont en permanence menacés. C'est une fonction qui est extrêmement contrôlée, certainement surcontrôlée par l'IGPN et donc la police des polices.

Donc oui, ils ont peur parce qu'ils ne se sentent plus capables de pouvoir gérer la violence légitime de l'État, qui est censée être leur fonction, parce qu'il n'y a aucune considération. Moi, je suis désolé. Quand on a vu la présomption de légitime défense qui a été évoquée par des partis politiques et qu'on est incapable, depuis dix ans qu'on parle de Riffaut-Dempéret, d'adopter cette loi, de faire que la loi soit au service du policier.

4:02
Présentateur

Certains syndicats policiers disent qu'il n'y a pas besoin de cette loi, que finalement, tout est déjà dans la loi actuelle et dans les textes actuels.

4:10
Invité

Je ne suis pas d'accord. Et Reda Bella, je l'ai dit très justement. En fait, aujourd'hui, vous avez des textes très sévères sur la répression et la condamnation pour des gens qui sont condamnés pour refus au tempéré. Vous avez déjà vu quelqu'un condamné pour refus au tempéré qui fait deux ans de prison ferme ? Jamais. Ça n'existe pas. Et donc, en effet, il y a un problème dans l'application des textes déjà établis. Mais pour accélérer et faire en sorte que l'interprétation du juge soit réduite au minimum, il faut faire des lois, des textes de plus en plus répressifs qui laissent une part quasiment nulle à l'interprétation du juge. Si on dit dans la loi demain...

4:41
Présentateur

Je parlais pour la légitime défense des policiers.

4:42
Invité

Mais si demain, on inscrit noir sur blanc dans la loi, la présomption de légitime défense va toujours du côté du policier, là, il n'y a plus d'interprétation du juge. Et le policier sera toujours protégé. Ça ne veut pas dire qu'un policier qui aurait fait une bavure ne puisse plus être condamné. Simplement qu'avant l'enquête, qu'avant le procès, il soit protégé, lui et sa famille. Et la question de la famille est très importante aujourd'hui pour les policiers parce qu'ils ont peur aussi. Ils ont peur de rentrer chez eux le soir, ils ont peur pour leurs enfants, ils ont peur pour leurs femmes. C'est extrêmement compliqué. Et ce n'est pas normal d'être...

5:10
Présentateur

Mais d'ailleurs, sémantiquement, ça change un peu. On parle de légitime défense pour des policiers. On ne devrait pas parler de légitime défense pour des policiers, en fait. Oui, c'est vrai. Mais oui, mais sémantiquement, ça a un sens.

5:21
Invité

Mais déjà, c'est déjà une certaine soumission qu'on accepte d'aller sur ce terme-là. Mais hélas, la délinquance a changé, la criminalité a changé. Et donc oui, il faut adapter la loi au service des policiers. Ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas non plus adapter la loi pour punir plus sévèrement les délinquants.

5:36
Présentateur

On s'en revient. Alors, vous parliez de la parole politique aussi, qui n'allait pas forcément dans le sens des policiers. Je ne sais pas ce que vous avez pensé de Laurent Nunez, le ministre de l'Intérieur, qui était interviewé ce matin sur TF1 au sujet, justement, de ses refus d'obtempérer. Il estime qu'il est difficile d'aller plus loin pour endiguer le fléau. Écoutez-le et vous réagirez juste après.

5:55
Invité

La réponse qu'on apporte, c'est d'abord la fermeté. Il y aura toujours des poursuites quand il y a des refus d'obtempérer. Il y a une instruction très ferme, très claire que j'assume. L'engagement est systématique et surtout, les parquets répondent très fermement. On l'a vu hier avec cette poursuite pour tentative d'homicide volontaire. On peut difficilement aller plus loin qu'engager systématiquement des poursuites et que de poursuivre des poursuites physiques des véhicules. On peut difficilement aller plus loin sans engager l'intégrité physique des fonctionnaires et des policiers et des militaires.

Il y a une fermeté en tout cas dans la doctrine qui a changé l'année dernière, je tiens à le dire. Il y a eu une instruction qui a été co-signée par le préfet de police, les deux directeurs généraux, pour poursuivre systématiquement, ce qui n'était pas forcément le cas avant.

6:34
Présentateur

Sébastien Ligné, qu'est-ce que vous retenez ?

6:36
Invité

C'est quand même un filet d'eau tiède permanent, cette longue déclaration. Écoutez, nous expliquer qu'on ne peut pas faire beaucoup plus. Quand on est dans une situation où vous avez quasiment 80 refus d'obtempérer par jour dans ce pays, c'est une prise de parole qui est inacceptable. Elle est même inaudible. On ne peut pas l'entendre. On ne peut pas être dans une situation où on nous explique très justement qu'on fait déjà tout ce qui est possible de faire pour juguler ce fait.

6:57
Présentateur

Ce qu'on entend aussi, c'est qu'avant, tous n'étaient pas poursuivis aussi.

7:00
Invité

D'accord, mais c'est très bien de poursuivre tout le monde. Oui, ça paraît assez normal. Quand on explique, notamment pendant la campagne présidentielle ou la campagne des européennes, que des partis de droite disaient « tu touches un flic, le soir même tu dors en prison », alors certes c'est un slogan, mais derrière il y a l'idée de l'immédiateté de l'application des peines. Derrière le fait, quand il nous explique, M. Nunes, qu'il ne faut pas remettre en jeu et mettre en jeu l'intégrité physique des policiers, mais je suis désolé, mais les policiers, pour un certain nombre, n'attendent que cela, qu'on leur dit ce qu'on leur donne le feu vert.

7:28
Présentateur

Mais allez-y ! C'est le fameux push-pack qui est notamment pratiqué, c'est le contact, c'est notamment le cas en Angleterre.

7:35
Invité

Exactement, où les policiers peuvent pousser notamment les deux roues pour faire tomber, pour déséquilibrer, pour faire tomber les deux roues qui font des refus d'opérer.

7:43
Présentateur

Et apparemment, les chiffres sont en recul.

7:45
Invité

Les chiffres sont en recul, il y a extrêmement peu de victimes graves de la part des gens qui sont poussés au sol, parce qu'il y a des méthodes, ça s'apprend, on n'est pas simplement où on pousse un scooter, c'est un peu plus développé que ça. Donc ça existe, vous avez notamment aux Etats-Unis maintenant des méthodes de grappin qui sont carrément mises sur les voitures de policiers qui permettent d'attraper et de stopper des véhicules qui sont en refus au tempéré. Donc des solutions, il y en a plein. Et se réfugier derrière le fait de dire, toutes les procédures sont mises, d'accord, mais s'il n'y a pas de condamnation derrière, ça ne sert à rien.

Et encore une fois, les policiers sont prêts à mettre leur vie en jeu parce que c'est leur vocation première. Les policiers sont là pour protéger les Français et les policiers sont prêts à sortir leurs âmes quand il faut, ils sont prêts à aller au contact quand il faut, mais simplement, il faut leur en donner les moyens et leur en donner l'ordre. Et aujourd'hui, ce n'est pas le cas.

8:31
Présentateur

Laurent Nunez a également parlé de choc d'autorité nécessaire. Alors ce choc d'autorité, on l'entend depuis plusieurs années.

8:37
Invité

Ça ne veut rien dire, je suis désolé. Encore une fois, un choc d'autorité, c'est très bien, ça veut dire quoi concrètement ? Est-ce que ça veut dire qu'on renverse la peur et qu'on remet la peur du côté des délinquants ? Parce que quand j'entends les déclarations de M. Nunez, je n'ai pas l'impression que ce soit ça le projet. Donc en effet, il fait un choc d'autorité, mais j'ai envie de vous dire, il fait un choc d'autorité à tous les états.