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interviewJean-Luc Mélenchon (sur YouTube)· 10 octobre 2025 14 minAutoproduit

Pas de bricolages politiciens, Macron doit partir !

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Alors mesdames messieurs après le Tubau confus des visiteurs de Matignon, il y aura aujourd'hui le défilé à l'Élysé dont monsieur Macron nous a dispensé. Pourtant dans quelques heures, le président de la République va annoncer une décision essentielle. Elle ouvrira une nouvelle saison politique, soit en nous enfonçant dans la voie sans issue d'une nouvelle combinaison politicienne censurée d'avance, soit en permettant à notre pays de se reprendre en main lui-même par ses votes.

Avant cet événement, nous voulons montrer son importance décisive, peser sur lui et ainsi sur ce que chacun fera alors et surtout affirmer l'urgence de travailler avec un pouvoir légitime à la lutte contre le déclassement de la France, la pauvreté et la précarité qui ravage le pays contre l'irresponsabilité écologique qui le met en danger. On pensera ce qu'on veut des insoumis, mais la vie a montré qu'ils ne sont ni changeant d'avis à la première bourasque ni compromis dans les tractations folkloriques de ces derniers jours. Comme vous le savez, pour nous, la responsabilité du chaos n'est pas à l'assemblée, elle est à l'Élysée. en accord avec ce diagnostic.

Au contraire de tous les autres partis, nous n'avons participé à aucun des nombreux conciliabules avec monsieur le cornu depuis sa nomination. Car nous savions qu'il s'agit d'une perte de temps pour le pays et peut-être davantage encore d'une tentative malsine de combinaison des contraires. Je le dis fermement en notre nom collectif.

Nous ne sommes donc engagés par aucun des arrangements qui s'y sont discutés et à plus forte raison, nous ne sommes impliqués dans aucune des convergences, dans le mystérieux secret des conversations évoquées à plusieurs reprises par monsieur le cornu lui-même. Et sans doute est-ce pourquoi nous sommes dispensés de visite à l'Élysée. Nous sommes restés à distance comme nous avions déjà refusé tout pacte avec monsieur Bairou pour deux raisons.

La première c'est que le contraire revenait à légitimer le coût de force du président refusant depuis 1 an et trois premiers ministres le résultat des élections de juin 2024. La seconde, après avoir fait partir Messieurs Barnier et Bairou, l'Assemblée n'a toujours pas de majorité pour accepter un budget cohérent si le mandat donné aux députés par les votes populaires est respecté, car ce n'est pas pour cela qu'ils ont voté. Les députés n'ont pas été élus pour s'entendre entre copains, pour assumer mais pour assumer le mandat qui leur a été confié.

Nous avons un mandat exigeant et non négociable. Le programme du nouveau Front populaire, le triomphe de la justice sociale et de la responsabilité écologique. Pour nous, la volonté des votes ne se marchande pas entre partis politiques opposés.

Nos députés n'ont pas été élus pour s'entendre avec la Macronie, ni le RN, ni la droite, mais au contraire pour rompre avec leur politique comme cela est dit dès la deuxème ligne du programme choisi par ceux qui les ont élus. Aujourd'hui, un 4e premier ministre n'aura pas d'avantage de majorité pour voter un budget politiquement cohérent qu'hier messieur Michel Barnier ou François Boirou n'en avait. À quoi servirait-il alors ? juste à faire peser et qui s'est exécuté la menace de passer son budget tel qu'elle par ordonnance si la discussion dure plus de 70 jours, ce qui est peu par rapport à la tradition comme le prévoit la Constitution.

Alors en effet, avec cela, pas besoin de 493. Pour nous qui avons bataillé sans succès, des semaines durant et souvent seul pour un gouvernement de tout le nouveau front populaire et sa candidature commune pour le poste de premier ministre, nous refusons 16 mois et trois premiers ministres après, en pleine crise démocratique de renoncer à la fois à la dissolution et à la présidentielle anticipée. Pourquoi sauverions-nous ainsi Emmanuel Macron, le soldat perdu dans ses aberrations et le naufrage de son mandat ?

Pourquoi renoncer à revenir aux urnes ? Pour rendre la parole au peuple. Une seule alternative se présente à cette heure ou bien une nouvelle dissolution de l'Assemblée ou une présidentielle anticipée et rien d'autre.

Nous sommes prêts dans les deux cas. Mais regardons cela de plus près. Une dissolution permet-elle vraiment au pays de sortir de l'impasse ?

Cette question est décisive car la solution présente trois risques majeurs. Le premier, que la composition de l'Assemblée reste la même car le vote se fait dans les conditions lourdement déséquilibrées et déformé par le découpage en 577 circonscriptions et deux tours de vote. Le second, nous n'avons aucune garantie que le président qui en a montré déjà le mauvais exemple ne rejette une nouvelle fois le résultat s'il ne lui convient pas.

Dans la confusion renouvelée, il recommencerait l'aval des premiers ministres, les palabres de palais et les coups de force. Le dernier inconvénient et non le moins grave, le voici. Dans le cas d'une dissolution pour rien, l'impasse durerait encore 1 an car aucune nouvelle élection législative n'est permis par la Constitution avant cela et même en cas ensuite de présidentiel anticiper ce qui serait en comble.

Dans ces conditions, pour nous, seule une élection présidentielle anticipée permet l'adoption d'une loi dite spéciale pour adopter un budget par l'Assemblée toujours là. Et cela tout en permettant l'élection présidentielle. Cette présidentielle permettrait l'expression de la volonté du peuple de la façon la moins déformée dans le cadre actuel puisqu'elle a la France entière comme circonscription. unique au lieu de 570 duels, 77.

Elle permet la possibilité ensuite de nouvelles élections législatives pour permettre à la nouvelle majorité présidentielle de demander au pays une majorité à l'Assemblée nationale et sur un programme conforme au vote qui viendra de s'exprimer. Ce choix de la présidentielle anticipée dont nous voulons souligner l'importance par elle-même et non du fait de telle ou telle candidature fut celle de l'un d'entre nous. Ce choix est bien partagé au-delà des rangs insoumis.

Le peuple n'a-t-il pas rejeté Emmanuel Macron à trois reprises depuis son élection contrainte en 2022 ? Deux de ces anciens premier ministres ne l'ont-ils pas déjà condamné ? Soit pour son acharnement à vouloir garder la main comme l'a dit monsieur Atal, soit pour demander franchement sa démission comme monsieur Édouard Philippe.

Nombre d'autres responsables de tout bord ont demandé également cette démission. Signé par 104 députés de plusieurs groupes, la motion de destitution du président n'a été repoussée deux fois que grâce au vote du RN. Enfin, 70 % des sondés, c'est-à-dire au-delà de toutes les marges d'erreur envisageable demande le départ d'Emmanuel Macron.

C'est ainsi l'importance des pouvoirs qu'il a interdit à un président de la 5e République de les exercer sans limite comme l'a montré le départ du général de Gaulle pour une majorité bien moindre d'opposant. Mais la 5e République ne donne aucun recours contre un président qui bloque siamment la démocratie dont il est censé être le garant. Le départ d'Emmanuel Macron est donc une exigence légitime.

Elle porte en elle non seulement une exaspération populaire générale, mais peut-être davantage encore le refus du coût terrible pour le pays d'une présidence aussi dégradée. Loin de s'en effrayer puisque nous ne pouvons plus rien contre le bocage actuel. Mieux vaut au contraire y trouver une opportunité extraordinaire.

Laquelle ? Pouvoir définir par nos votes avec cette élection présidentielle anticipée un nouvel ordre global et sortir du néfaste et absurde en même temps des macronistes quand il faudrait trancher et il le faut et d'urgence entre oui et non. Oui ou non, un nouvel ordre des institutions pour le libérer de la monarchie présidentielle comme tant le réclame désormais pour une 6e République et faire que plus jamais une seule personne confisque pour le ridicule de ce peuple et de ce pays tous les pouvoirs.

Oui ou non un nouvel ordre écologique en tranchant une bonne fois pour reconnaître ou non la priorité à la planification contre les causes et les conséquences du changement climatique oui ou non à un nouvel ordre économique pour affronter le nouveau système impérial et militaire décidé par les USA face à la France la Palestine ou la zone Asie-pacifique et reconnaître oui ou non la faillite du modèle qui donne la priorité au seul enrichissement individuel. Oui ou non ? Un nouvel ordre fiscal abolissant les privilèges de la fortune et l'obligeant à contribuer équitablement à l'intérêt du pays.

Oui ou non à un nouvel ordre humain libéré du racisme, du sexisme et de la guerre de religion. Oui ou non à une société d'égalité et de dignité pour tous. Ce nouvel ordre global et les choix clairs exigés doréen avant sont la véritable urgence.

Pas de nouveaux bricolages politiciens. Une élection présidentielle anticipée est le seul moyen de respecter la dignité de notre peuple et de notre pays. Le moyen de le libérer de son impuissance actuelle.

Cette impuissance lui ôte le souffle et l'audace dont il a toujours fait preuve dans les moments d'impasse de son histoire jusqu'au plus désespéré. À l'heure où droite et extrême droite se rapprochent au point de se confondre le plus souvent. Nous appelons les partis et les députés signataires du programme du Nouveau Front populaire à se ressaisir et à renoncer aux exclusives contre les insoumis et à faire le choix du retour au programme qui nous a rendu victorieux en 2024.

En conclusion, avec toute la solennité que nous pouvons par notre présence conjointe ce matin donner à ce que nous avons à dire. Oui, il faut qu'Emmanuel Macron s'en aille pour que le peuple et le pays soient libéré de l'entrave qu'il représente à sa dignité. Voilà ce que nous voulions dire ce matin avant qu'il ne prenne sa décision et avec l'espoir de peser sur elle.

Nous le disons devant vous, faute de pouvoir le lui dire directement mais en définitive qu'est-ce que cela change puisque cela n'est pas discutable. Alors, merci pour votre attention et je pense que le mieux pour que cette déclaration conserve toute sa force, c'est que nous en restions là pour l'instant en vous remerciant d'avoir été présent et de nous avoir écouté. Voilà.

Ah.