JEAN-PHILIPPE TANGUY face à JÉRÔME GUEDJ sur BFMTV !
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 61 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:25RelanceRéponse partielle
Une condamnation en appel pour détournement de fonds publics, c'est un détail ?
- 2:19RelanceRéponse partielle
On parle de Marine Le Pen qui essaye de jouer la montre pour bénéficier de son immunité présidentielle.
- 4:37RelanceÉludée
Il vous arrangerait grandement que la cour de cassation se prononce après l'élection présidentielle ?
- 5:19FerméeRéponse partielle
Vous préférez l'option donnée par Marine Le Pen, que l'arrêté tombe le plus tard possible ?
- 5:51OuverteRéponse directe
Que se passe-t-il si la Cour de cassation rend sa décision en mars ? Les Français sont informés et qu'on lui pose un bracelet électronique, qu'est-ce qui se passe ?
- 9:34OuverteRéponse directe
Que pensez-vous de cette stratégie du RN qui est de dire, si la décision confirme la décision de la Cour d'appel, même si on est condamné, même si on porte le bracelet électronique, si Marine Le Pen le porte, on ira jusqu'au bout ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:36Invité politiqueFait
« Marine Le Pen redevient et présumé innocente. »
- 2:03Invité politiqueFait
« C'est l'état de droit. »
- 2:50Invité politiqueFait
« Ah non, elle n'ira pas à la cassation. »
- 3:44Invité politiqueFait
« Ça fait partie du calcul. »
- 5:13Invité politiquePromesse
« c'est que Marine Le Pen va gagner l'élection présidentielle et qu'elle bénéficiera de l'immunité présidentielle. »
- 6:49Invité politiqueChiffre
« les Français, à 77%, étaient favorables au fait, que ce soit les Français qui disent « on va y revenir ». »
- 11:32InvitéFait
« détournement de fonds publics dans un système organisé, c'est-à-dire de captation de l'argent des contribuables français. »
- 28:12Invité politiqueChiffre
« Il faut encore trouver entre 1 et 3 milliards pour équilibrer les comptes pour limiter le déficit à 21 milliards cette année. »
- 30:46Invité politiqueFait
« Marine Le Pen a construit pour les Français »
- 30:48Invité politiqueFait
« Jordan Bardella il est dedans, il est indispensable à Marine Le Pen »
- 31:13Invité politiquePromesse
« Jordan Bardella l'accompagnera à Matignon si les Français nous font confiance »
- 34:04Invité politiqueFait
« Nous étions d'accord sur les surprofits »
- 34:10Invité politiqueFait
« Il y avait déjà une surtaxation de l'IS sur les grandes entreprises »
- 34:28Invité politiqueFait
« C'est une invention journalistique, il y avait une différence de conception sur la réforme des retraites »
Temps de parole
- Jean-Philippe Tanguy43 %
- Invité32 %
- Présentateur16 %
- Invité 25 %
- Invité 33 %
≈ 3,7 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Bonsoir Jean-Philippe Tanguy, député Rassemblement National de l'Assemblée et membre de la Commission des Finances.
Moi je suis venu avec le sourire de toute bonne foi, je ne sais pas pourquoi M. Bonplard a été énervé.
L'une des images, il voulait confronter vos points de vue notamment sur la question des retraites. L'une des images du jour c'est donc ce début de campagne, premier déplacement pour Marine Le Pen avec Jordan Bardella depuis la décision de la Cour d'appel, déplacement dans la Sarthe à la Flèche. Marine Le Pen tout sourire à côté de Jordan Bardella et accueillie très chaleureusement par ses partisans. On regarde la séquence. On a presque l'impression d'un début de campagne un petit peu comme si de rien n'était.
Mais parce que Marine Le Pen s'était préparée à être candidate à la présidentielle et Jordan Bardella, Premier ministre, si les Français nous font confiance aussi. En fait on revient à une forme de normalité démocratique, à une normalité politique. Et puis c'est vrai que contrairement à nos adversaires qui visiblement sont très fébriles, nous on part en campagne sabre au clair et avec beaucoup de panache. Parce qu'on est très fiers d'être derrière Marine Le Pen qui une fois plus a fait mon détermination.
Donc pardon Jean-Philippe Tanguy, une condamnation en appel pour détournement de fonds publics, c'est un détail ?
Non, tout le monde le sait. Marine Le Pen redevient et présumé innocente. Et puis la poursuite, pardon excusez-moi, les poursuites suivent leur cours. La procédure, excusez-moi c'est le mot que je cherchais, la procédure judiciaire suit son cours normalement. J'ai été très choqué vraiment de ce que j'ai entendu depuis hier, parce que certains commentateurs parlent de guérillas, de coups de pression, enfin je veux dire de quoi on parle à deux moments trumpiens. Marine Le Pen et les autres prévenus du Rassemblement National font, utilisent, pourvoient en cassation. C'est l'état de droit. Marine Le Pen défend son innocence.
C'est l'état de droit, c'est le droit de tout Français et de tout Français de pouvoir le faire. Il n'y a eu aucune critique de l'autorité judiciaire, il n'y a eu aucune remise en cause de la procédure démocratique. Je ne sais pas de quoi on parle.
On parle de Marine Le Pen qui essaye... Non, non, non, je sais, mais les critiques qui ont été faites, c'est, elle joue la montre, elle aimerait que l'arrêté de la cour de cassation enjambe la présidentielle pour bénéficier de son immunité présidentielle, et en ça, elle essaye d'échapper un petit peu à la justice.
Non, mais je veux dire, c'est le magistrat de la cour de cassation qui décideront de la procédure.
Et elle revient surtout, Jean-Philippe Tandit, quand même, sur des propos qu'elle avait tenus il n'y a pas si longtemps, c'est-à-dire de ne pas aller à la cassation.
Ah non, elle n'ira pas à la cassation. C'était si la décision d'appel lui permet d'être candidate sans bracelet, elle ne ferait pas, elle n'utiliserait pas la cassation. Elle avait dit sur une chaîne concurrente que ça lui posait un problème, mais qu'elle le ferait par service pour la France. Donc là, elle a récupéré son éligibilité et peut en plus continuer à défendre son innocence. Et pour avoir été présent avec elle, je peux vous dire que défendre son innocence jusqu'au bout lui tient beaucoup à cœur. Et c'est normal, d'ailleurs.
Elle a quand même dit, au micro de Marie Chantret d'ailleurs, qu'elle ne ferait jamais campagne avec un bracelet électronique. Or, si d'aventure la cour de cassation rend son arrêt avant la présidentielle, et que cet arrêt rejette le pourvoi qu'elle a formulé, il y a des chances pour qu'elle ait un bracelet électronique. Et faire campagne avec un bracelet électronique, ce n'était pas du tout son programme.
Il y a surtout une forte chance de notre point de vue, M. Tréard. Moi, je respecte les opinions divergentes, qu'elle puisse falloir son point de vue et qu'elle n'ait pas de bracelet électronique. Et puis la décision, la communication qu'on a eue aujourd'hui de la cour de cassation, sans montrer qu'on va verser cette issue-là, mais ça n'empêchera évidemment pas du tout la campagne. Bien au contraire, ça n'empêchera aucun débat de fond. Et moi, je trouve que c'est un peu quand même aussi, je n'allais pas dire les joies, parce que ce n'est pas le bon terme, mais c'est quand même toute l'opportunité de la politique, les chances qu'offrent la politique. C'est qu'il y a toujours des surprises.
Donc on entre en campagne sur une position qui surprend beaucoup nos adversaires. Et on voit qu'ils sont un peu déstabilisés et qu'ils ont un peu de mal à répondre sur le fond. Et ils sont plutôt dans les baffons.
Avec ce paradoxe, voire peut-être même cette contradiction, cette volonté qu'on appelle « la justice accélère et se prononce le plus rapidement possible ». Là, Julie parlait de jouer la montre. Il vous arrangerait grandement que la cour de cassation se prononce après l'élection présidentielle.
Mais nous ferons comme la justice le souhaite.
Sur ce point-là, Jean-Philippe Tanguy, ça ferait vos affaires que la cour de cassation, par des procédures lancées par vos avocats, je pense à des questions prioritaires de constitutionnalité par exemple, en tout cas, retarde les délais pour que le scrutin, on le rappelle, 18, 2 mai prochain, se passe, et que la justice se prononce après. Et donc, si elle devait être élue, l'immunité présidentielle la protégerait.
– Ça fait partie du calcul. – Il y a un point sur lequel, je suis d'accord avec vous, Marie-Chanteret, c'est que Marine Le Pen va gagner l'élection présidentielle et qu'elle bénéficiera de l'immunité présidentielle. Pour le reste, ça ne dépend pas de nous, ça dépend des Français.
– Donc, vous préférez l'option donnée par Marine Le Pen, que l'arrêté tombe le plus tard possible.
– Non, parce que Marine Le Pen aimerait aussi pouvoir prouver son innocence. Je ne vais pas prétendre bien la connaître, et puis ça n'intéresse pas nos téléspectateurs, mais je pense qu'on sous-estime à quel point Marine Le Pen tient à prouver son innocence.
– Alors, que se passe-t-il ? – Désolée de le rappeler, mais c'est quand même essentiel. – Allons au goût de cette démonstration. La Cour de cassation qui annonce aujourd'hui dans un communiqué qu'elle pourrait se prononcer au plus tard, début avril 2027. Marie a rappelé la date du premier tour, le 18 avril. Que se passe-t-il si la Cour de cassation rend sa décision en mars ? – Les Français sont informés. – Et qu'on lui pose un bracelet électronique, qu'est-ce qui se passe ?
– Si malheureusement, elle n'a pas pu faire valoir son innocence, les Français seront au courant de la décision, Marine Le Pen prendra acte de la décision, elle se présentera aux Français…
– Avec un bracelet ?
– Avec cette décision.
– Avec un bracelet, pardon.
– Mais c'est surtout la décision qui compte.
– Oui, non mais non, c'est aussi le symbole de porter un bracelet électronique et de se présenter au premier tour et à la présidentielle avec un bracelet électronique.
– Et bien, Marine Le Pen ira au bout, et comme elle l'a dit hier, les Français seront juges, ils n'ont pas la décision. – Non, je précise parce que ça a été manipulé, et je veux juste être précis, après je rends la parole. Quand Marine Le Pen dit que les Français seront juges, c'est juges de son parcours, c'est juges de sa vie, ce n'est pas remettre en cause la décision judiciaire qui fera autorité… – Mais donc, c'est-à-dire…
– Ce qui peut dire que c'est-à-dire avec un bracelet à la cheville, par exemple.
– Si les Français décident de délire Marine Le Pen, elle n'aura plus par définition ce bracelet, et cette peine sera exécutée à l'issue de son ou de ses mandats. Mais c'est les Français qui décideront. D'ailleurs, dans votre sondage, ce qui était intéressant, c'est que les Français, à 77%, étaient favorables au fait, que ce soit les Français qui disent « on va y revenir ».
– Est-ce que par commodité, il n'aurait pas été préférable pour elle, finalement, qu'elle accepte la condamnation tout en en contestant la légitimité, et que finalement, un juge d'application des peines lui pose un bracelet électronique au début de sa campagne, pour qu'on le sait très bien, avec les remises des peines et tout cela, elle soit libérée assez rapidement de ce bracelet, et qu'il puisse faire campagne jusqu'au bout, tranquillement, sans bracelet ?
– Non, tout simplement parce que Marine Le Pen s'estime innocente, elle ne l'a pas accepté.
– C'est ça le point nodal ?
– Bien sûr, absolument, c'est très important. Et j'aimerais, j'informe ceux qui nous écoutent, de ne pas sous-estimer, loin de là, ce point important, effectivement, nodal. C'est un très bon adjectif. Marine Le Pen tient à prouver son innocence et sa bonne foi jusqu'au bout.
– Donc, si je récapitule, si la décision confirme ce qu'a dit la Cour d'appel et tombe avant le premier tour, elle reste candidate jusqu'au bout avec son bracelet, et alors qu'elle a un casier judiciaire et qu'elle est condamnée définitivement.
– Mais oui, mais ce sera une décision que nous regrettons, nous on pense une fois plus qu'elle est innocente, et les Français jugeront.
– Mais c'est pourtant en totale contradiction avec ce que vous avez toujours dit jusque-là. Est-ce que la parole politique a encore un sens ? – Et pourquoi c'est en contradiction ? – Ah ben, parce qu'on a ressorti des archives, alors plusieurs, pas plus tard qu'en février, sur notre antenne avec Marie Chantret, vous disiez « je ne ferai pas campagne avec un bracelet électronique », vous disiez aussi, vous demandiez en 2013 l'inéligibilité pour les élus condamnés pour détournement de fonds publics. Si la Cour de cassation confirme la décision de la Cour d'appel, ce sera le cas.
– Oui, alors Marine Le Pen à l'époque parlait de l'enrichissement personnel. Là, il n'y a pas d'enrichissement personnel. Ah ben si, je vous le rappelle, c'est quand même un détail, enfin c'est pas un détail d'ailleurs, c'est essentiel. Et c'est d'ailleurs pour ça aussi que, vous savez, ce soir, il y a un certain nombre de sondages qui sont sortis, l'IFOP avec le Figaro, un autre sondage pour Harris, qui montre que Marine gagne 4 points d'attention de vote au premier tour, à 36%, et qu'elle battrait tous nos adversaires au deuxième tour, y compris M. Mélenchon, candidat de M. Bompard. C'est peut-être pour ça qu'il est énervé, entre 63 et 70% au deuxième tour pour Marine Le Pen.
Ce qui prouve bien que ce dossier, que tous les gens connaissent, mais écoutez, les Français l'ont eu à le connaître, une part du jugement, visiblement, c'est qu'ils considèrent que cette affaire, on ne justifie pas que Marine Le Pen ne puisse pas être présidente de la République. Et c'est eux qui s'en jugent, c'est pas nous.
Jérôme Guedj, député socialiste et apparenté de l'Essonne, candidat à l'élection présidentielle. Merci Yves Tréhard. Merci. Pardon. On vous retrouve dans une petite demi-heure pour le forum, Yves. Bonsoir. Bonsoir Jérôme Guedj. Vous avez écouté les propos de Jean-Philippe Tanguy en coulisses. Que pensez-vous de cette stratégie du RN qui est de dire, si la décision confirme la décision de la Cour d'appel, même si on est condamné, même si on porte le bras électronique, si Marine Le Pen le porte, on ira jusqu'au bout.
Écoutez, M. Tanguy, vous portez à votre costume une croix de Lorraine. Je vous entends régulièrement revendiquer votre héritage du gaullisme. Dans le gaullisme, il y a une certaine dignité de l'exercice des responsabilités, ce que moi j'appelle une forme de vertu républicaine. Elle ne se niche pas dans le droit, elle ne se niche pas dans les palidonies d'interprétation d'un jugement. Elle est une éthique de comportement.
Donc moi, la question que j'ai envie de vous poser, dans la sincérité, dont je ne doute pas que vous faites preuve, est-ce que vous pensez que tout ce que vous tentez, avec un peu de difficulté de justifier là, s'inscrit dans cette vertu républicaine, dans cette éthique d'un comportement politique, après avoir en effet si longtemps construit votre formation politique sur une forme de pratique politique différente de celle qui frappait les formations traditionnelles et là où vous disiez « tous pourris », nous, nous sommes plus blancs que blancs, et nous sommes et nous serons toujours exemplaires.
Est-ce que vous pensez sincèrement, et je mets de côté les interprétations juridiques, que c'est une exemplarité pendant une campagne électorale, de la faire dans ces conditions de fragilité juridique, et surtout au regard du respect de la fonction présidentielle, de se dire qu'on peut avoir une présidente de la République, c'est votre ambition, c'est ce que je vais combattre de manière irréductible, une présidente de la République qui a été reconnue par deux fois responsable. Donc, quelle est votre question, Jérôme Guège ? – Et on oublie trop le fond de l'affaire, détournement de fonds publics dans un système organisé, c'est-à-dire de captation de l'argent des contribuables français.
Donc, ma question, elle est, l'homme Jean-Philippe Tanguy, le gaulliste revendiqué, est-ce qu'il n'a pas mal aux entournures d'essayer d'être envoyé aujourd'hui pour être l'extincteur d'une crise démocratique et morale ?
– Jean-Philippe Tanguy ?
– Non, pas du tout, alors on ne m'a pas envoyé, vous savez, moi je défends ma... Non, mais c'est-à-dire que je défends, je pense qu'on peut reconnaître que je défends Marine Le Pen de manière vive, systématiquement, et depuis longtemps, j'ai toujours cru qu'elle serait candidate à la présidentielle, et dans le gaullisme, en tout cas dans la version que j'estime être la mienne, et les Françaises et les Français seront aussi les seuls juges sur ce domaine, il y a la lutte contre l'injustice, et quand on est persuadé d'une juste cause, on se bat pour elle jusqu'au bout, et Marine Le Pen, elle a le droit, M. Guège, de l'estimer qu'elle est innocente.
Et nous estimons que nous le sommes, et nous estimons que le conflit qui nous oppose au Parlement européen, à savoir que d'autres assistants parlementaires auraient dû faire uniquement de la politique européenne et pas de la politique tout court, nous pose aussi un problème de souveraineté.
– Là-dessus, Jérôme Guège, là-dessus... – Si je peux pas mettre, parce que cet argument, je l'ai entendu plusieurs fois. – Elle est présumée innocente, Marine Le Pen. – Non, non, l'argument de Marine Le Pen sur le plateau hier soir était de dire qu'on leur reproche d'avoir fait de la politique nationale au lieu de faire de la politique européenne. Alors, je vais vous le dire, nous sommes tous les deux parlementaires, nous avons des collaborateurs parlementaires, et nos collaborateurs parlementaires sont destinés à nous accompagner dans le travail parlementaire, rien d'autre.
Ils sont pas destinés à faire de la politique au sens, en tous les cas, sur leur temps de travail, payé par l'argent du contribuable, ils ont pas vocation à faire des campagnes électorales, des argumentaires politiques, ils ont vocation. Donc rien que cet argument, il traduit d'un dévoiement de la fonction que vous décrivez. Puis la deuxième chose, parce que vous me dites, voilà, je suis gaulliste, c'est le combat contre l'injustice. Il y a une contradiction majeure. C'est-à-dire, l'état de droit, ça prime sur tout le reste. Le respect des institutions et d'une décision de justice part deux fois de cette nature-là.
– Pardon, alors pardon, je vous arrête, Jérôme Gage. Donc, elle n'a pas le droit de se pourvoir en cassation ? C'est son droit le plus total, non ?
– Elle a parfaitement le droit de se pourvoir en cassation. Je note qu'elle ne... Mais par contre, vous ne pouvez pas, comme vous le faites là, et on voit bien que c'est l'élégement de langage qui est psalmodié de plateau en plateau, revendiquer l'innocence, la pleine innocence. D'ailleurs, c'était amusant. – On a le droit, non ? – Non, mais c'était amusant parce que j'ai entendu Jordan Bardella dans un micro tendu dans la Sarthe aujourd'hui. – Oui, lui, il a parlé d'innocence partielle. Donc, s'il y a innocence partielle, il y a culpabilité partielle. Donc, c'est assez cocasse de voir Jordan Bardella lui-même reconnaître la culpabilité partielle du Rassemblement national.
– Qu'est-ce qu'il a voulu dire par là, pardon ?
– Jean-Philippe Tanguy, on aimerait vous entendre. Qu'est-ce qu'il a voulu dire par là ? Je reprends la question de Jérôme Gage. Quand il parle d'innocence partielle tout à l'heure, Jérôme Gage.
– Je n'ai pas entendu sincèrement ses propos. Non, mais je vous le dirai, je ne les ai pas entendus. La journée a été longue, je n'ai pas entendu. Je ne suis pas toute la journée sur les chaînes d'info. Je regarderai ce qu'il a voulu dire. Mais, M. Gage, vous avez une interprétation qui est absolument libre de la co-ordinature de Marine Le Pen. Vous allez pouvoir, vous êtes vous-même candidat, il me semble, vous allez pouvoir défendre vos arguments. Marine Le Pen défendra les siens. Et les Français pourront voter. Et moi, je suis très à l'aise là-dessus.
Voilà, vous vous avez laissé, c'est tout à fait normal, comment dire, tenir vos propos sans vous interrompre parce qu'ils sont intéressants et ils étaient sans agressivité. Je les entends, mais je ne suis pas d'accord avec eux.
– Mais vous entendez aussi, Jean-Philippe Tanguy, des mots, des archives, des propos tenus par Marine Le Pen sur la probité, le parti des mains propres, qui ne sont pas si anciennes de parti. Et même Jordan Bardella, sur ce même plateau, il y a deux ans, disait qu'un candidat ne pouvait pas se présenter avec un casier judiciaire qui ne serait pas vierge. – Oui, mais vous avez raison, madame Chantré, mais… – Je sais que ce sont les positions de votre parti.
– Oui, mais vous ne pouvez pas isoler ces positions.
– Ça vient contredire tout ce que vous êtes en train de mettre en place aujourd'hui ?
– Non, madame Chantré, parce que ces propos, ils ont été tenus dans un contexte, à savoir pour les propos de Marine Le Pen, l'affaire Cahuzac, et pour les propos de Jordan Bardella, c'était l'enrichissement personnel. Voilà, nous ne sommes pas d'accord avec l'interprétation qui a été faite. Voilà, et je pense que, sincèrement, si Marine Le Pen, avant la décision et sa candidature, étaient encore entre 32 et 34% des intentions de vote, si ce soir, elle est au-dessus de 35 jusqu'à 36%, c'est que les Françaises et les Français, en tout cas nos électeurs, estiment que cette affaire n'entache pas sa moralité et sa probité. C'est différent de la décision de justice.
– Est-ce que vous diriez, Jérôme Gage,
tout à l'heure, on avait Manuel Bompard sur ce plateau. – On avait Manuel Bompard sur ce plateau qui disait…
– Oui, on remarquera que M. Gage est quand même plus aimé.
– À mes yeux, Marine Le Pen est une délinquante. Est-ce que vous diriez jusque-là ?
– En termes de sémantique, quand un tribunal vous reconnaît coupable d'un délit, et en l'occurrence celui de détournement de fonds publics, le substantif de délit, c'est délinquant. Donc, grammaticalement, la formule est juste. Moi, je ne cède pas aux formules à l'emporte-pièce, mais la réalité, c'est qu'il y a eu une infraction qui a été commise au préjudice du contribuable français et du contribuable européen, et que je trouve que…
Je mets de côté, parce que je pourrais avoir une facilité de plateau en disant pour un parti politique lui-même très critique à l'endroit de la construction européenne et des institutions européennes, venir détourner les fonds européens pour faire de la politique nationale, ce n'est pas non plus ma conception de la virtue républicaine.
– Donc, vous dites, grammaticalement… – Oui, mais si vous voulez, je veux juste dire… – Non, mais appesons. Alors, qu'est-ce que vous répondez à ça, Jean-Philippe Tanguy ?
– Non, mais moi, je vais surtout répondre à M. Bompard, parce que si vous voulez, il soutient un candidat.
– Et à Jérôme Gage, je ne veux pas faire vous ? – Oui, mais d'accord.
– Moi, je suis venu pour faire un débat avec vous,
donc j'étais prévenu, donc il n'y a pas de problème. – Oui, mais moi, franchement, je ne crois pas que c'est pour ça que je sois énervé, mais M. Bompard, il soutient, effectivement, si on reprend ces mots, un délinquant, puisque M. Mélenchon, il a été condamné, et M. Mélenchon a reconnu sa culpabilité, parce qu'il n'a pas fait appel, pour rébellion et des mots extrêmement blessants envers un magistrat et les forces de l'ordre lors de la perquisition. C'est-à-dire, il a été condamné de manière définitive, c'est sûr et certain, il n'a pas fait appel, ça n'a pas fait les gros titres, parce que c'est M. Mélenchon, ça c'est sûr.
– Bon, revenons-en à nos propos, Marine Le Pen, délinquant.
– Pourquoi ? On ne peut quand même pas dire que M. Bompard, il soutient…
– Non, mais là, on vous a posé une question très claire, répondez à Jérôme Gage.
– Je ne sais pas pourquoi, qu'est-ce qui se passe ? On ne peut pas mettre en cause M. Mélenchon, parce que…
– Non, pas du tout, mais Manuel Bompard, c'était tout à l'heure. – Oui, mais ça n'a pas été dit.
– On est en train de vivre là, et moi, je vais essayer de faire glisser la discussion, c'est ce que je n'ai pas envie de vivre pendant toute l'élection présidentielle. C'est-à-dire un débat dans lequel des facilités… – Quelle facilité, c'est vrai ? – Non, non, mais je… Attendez. – Ah, pardon, mais ça c'est vrai, hein. – Non, non, écoutez ce que j'ai dit, c'est vrai. – Non, non, écoutez ce que j'allais vous dire. – Si le débat consiste à se renvoyer à la figure les condamnations respectives des uns et des autres, pour faire oublier, relativiser, atténuer, édulcorer, appeler ça comme vous voulez, ça va nous éloigner de l'essentiel.
Moi, je suis candidat à l'élection présidentielle pour me confronter, notamment au Rassemblement national. Et je le disais avant la décision de la Cour d'appel hier, que ce soit Jordan Bardella ou Marine Le Pen, il y aurait eu un candidat du Rassemblement national, avec peut-être des différences de nuances, de styles, de tempéraments, d'âge, d'expérience, etc.
C'est évident, mais moi, ce que je combats, c'est les propositions que vous formulez, et ceux à qui je m'adresse, c'est l'ensemble des Français, y compris les électeurs du Rassemblement national, comme je le fais à chacune de mes élections, parce que je suis un élu de la République, et je m'adresse à tous ceux qui sont appelés à venir départager des candidats. Et je veux le faire, y compris en mettant sur la table les questions que nous mentionnons, parce qu'elles ne sont pas neutres. Je vous ai parlé, c'est la troisième fois, de vertu républicaine. Je pense que dans la période, on manque de cette dignité nécessaire. Vous savez, dans ce pays, il y a une crise de la dignité.
Le logement n'est pas digne, le salaire n'est pas digne, les conditions de travail ne sont pas dignes, les conditions de fin de vie, d'accompagnement des plus fragiles, handicapés ou personnes âgées ne sont pas dignes. Mais il y a une dignité qui surplombe toutes les autres. C'est cette dignité de l'exercice de la responsabilité politique. Et vous ne pouvez pas prétendre à l'incarnation des réponses sur ces problèmes de dignité.
C'est le fonds de commerce, pardon, l'expression épéjorative, c'est ce sur quoi vous avez prospéré le ressentiment, le mépris, le sentiment de relégation qui existe chez bien des Français dans des territoires périphériques, dans des sous-préfectures, dans des zones rurales ou dans des quartiers populaires qui ont le sentiment que la parole publique ne s'adresse pas à... Mais je trouve qu'il y a un problème de délégitimation dans tous les cas de difficulté.
Je ne crois pas, monsieur Gatler, si vous voulez, vous ne pouvez pas à la fois vous arroger, ou en tout cas donner, ou en tout cas vous mettre dans une position de premier prix de vertu, et ne pas vouloir... Ben si, dire que vous, vous êtes juge de la dignité républicaine, de la virtus romaine. Bon, il ne faut quand même pas exagérer. Je ne vais pas vous refaire tout ce qui s'est passé avec le Parti Socialiste. Mais vous ne pouvez pas à la fois vous mettre dans cette position-là et reprocher sur le fait qu'on se défende et qu'on attaque le manque de vertu du Parti Socialiste. Mais moi, monsieur Gatler, il n'y a aucune difficulté pour qu'on ait les débats de fond.
On se connaît un peu à l'Assemblée nationale, je pense qu'on peut se reconnaître...
Pour le coup, le cas de figure, pardon, est inédit. Là, d'avoir quelqu'un qui sera potentiellement, potentiellement en fonction de la définition de la Cour de cassation, définitivement qu'on a née se présenter à la présidentielle, ce sera inédit.
Ce que je voulais dire à Gérôme Gatler, c'est qu'on est des députés qui sont impliqués dans leur dossier, monsieur Gatler, sur les finances sociales et moi sur les finances du budget général. Et que moi, pendant le débat, je n'aurais aucune difficulté à débattre avec monsieur Gage du fond de la réforme des retraites, de la lutte contre la précarité, du financement des services publics, du redressement des comptes publics. Il n'y a aucune difficulté. Et je pense, monsieur Gage, voilà, on a un débat respectueux, je vous remercie de l'avoir ce soir. Enfin, je ne vais pas vous remercier, mais en tout cas, j'en prête et je le salue.
C'est comme ça que je conçois la politique, c'est la dispute apaisée. Je laisse à vous le soir. On a toujours eu des débats de fond avec mes collègues et vous-même sur ces sujets-là. Et il y aura ce débat. Mais ce n'est pas nous qui, ce soir, choisissons de nous attaquer. Et nous, on est pour partir sur le débat de fond. Immédiatement, il n'y a aucune difficulté. Je peux être disponible pour monsieur Gage sur tous les débats de fond pendant les mois à venir.
Vous parlez de dignité, Jérôme Gage. Pourtant, quand on regarde les sondages, on a le dernier sondage pour BFM TV qui est sorti. Pour les électeurs du Rassemblement national, cette décision, finalement, elle impacte assez peu. Ils sont 68% à dire oui à la raison de se présenter à la présidentielle malgré cette condamnation en appel.
J'ai envie de leur dire, mais je ne sais pas si c'est le bon raisonnement, qu'aurait-il dit si n'importe quel autre responsable politique d'un camp adverse avait été soumis à un jugement de cette nature, à la sévérité, à l'apreté de ce jugement-là qui est cinglant. Vraiment, le système organisé, méthodique de détournement de fonds publics, c'est quand même très contradictoire avec la conception qu'on peut avoir du débat.
Et comment vous expliquez que ça n'imprime pas, alors ?
Je pense qu'il y a une forme d'aspiration prioritaire à ce que les idées du RN soient présentes dans le débat. Encore une fois, moi, je n'ai pas peur de cette confrontation. Je l'ai. J'en appelle même à cette confrontation. Parce que je pense qu'il y a besoin. Il y a besoin de démystifier les réponses simplistes, démagogiques, que vous apportez à des problématiques réelles que posent nos concitoyens sur le pouvoir d'achat, sur les services publics, parfois sur les questions de sécurité ou sur les questions de sentiment de relégation, je le redis, de mise à l'écart que vivent une partie de nos concitoyens.
Et bien, tout l'enjeu de cette campagne présidentielle, ça va être précisément de déconstruire tout cela. Mais pourquoi je disais tout à l'heure que c'est une forme d'épée de Damoclès, je crois que c'était une expression qui a été utilisée par d'autres tout à l'heure, c'est que ça va phagocyter une partie du débat. C'est-à-dire qu'on va feuilletonner en permanence au gré des décisions, on verra s'il y a bracelet électronique, pas bracelet électronique, je pense que personne n'a réellement compris ce qui allait se passer. Vous dites comme d'autres, comme Gabriel Attal en l'occurrence, que c'est une prise d'otage de cette campagne ?
Je pense que ce rendez-vous démocratique, il est trop sérieux. On sort de 10 ans de macronisme, on est dans une crise nationale et une crise internationale. Je n'ai pas envie que cette élection, soit un mauvais feuilleton de Netflix ou de je ne sais pas où, dans lequel on serait pendu au rebondissement de telle décision de justice, voire de telle prise de position du juge d'application des peines. Il y avait une position, je termine de ce mot, il y avait une position, moi j'ai entendu Marine Le Pen elle-même dire de toute façon, ce n'est pas grave, dans tous les cas de figure, il y a une alternative, il fallait être un peu crédible.
On s'est retrouvé à un Jordan Bardella qui était dans les starting blocks et qui du jour au lendemain est mise à l'écart. Vous savez quoi ? Alors mise à l'écart,
vous savez, on va l'écouter Jordan Bardella, justement. Je n'ai pas beaucoup répondu pour le moment. Alors on va écouter Jordan Bardella et vous allez répondre, il est tout à l'heure, à la Sarthe, en Sarthe, pardon.
Ni du soulagement, ni de la déception, la campagne démarre et nous affrontons maintenant une échéance qui est une échéance électorale et donc moi je me réjouis que Marine puisse porter nos couleurs et que d'abord l'innocence partielle quand même du Rassemblement National soit reconnue face à ce qui apparaissait en première instance comme une décision évidemment politique et donc nous nous réjouissons de cela et nous allons continuer de travailler naturellement main dans la main comme nous l'avons toujours fait. Jean-Philippe Tanguy, ni soulagé, ni déçu, on l'a senti, nous, un peu déçu, un peu éteint Jordan Bardella aujourd'hui lors de ce premier déplacement de campagne ?
Non pas du tout, mais enfin écoutez, les commentateurs commentent, c'est un peu dommage si vous voulez, enfin plus de faire de la psychologie. Moi je disais Jordan Bardella hier aujourd'hui, tout va très bien, on a la Conseil National, une mobilisation de nos troupes, nous sommes les favoris et c'est un honneur et c'est une responsabilité des sondages. Notre projet, il est prêt, il va être déployé. La campagne a commencé dès ce matin dans une ville, la flèche que nous avons conquis aux dernières municipales avec une équipe formidable et il n'y a aucune difficulté particulière. Et monsieur Guège ?
Vous l'avez entendu, pardon, parler d'innocence partielle ?
Oui. Bon, alors là vous l'avez entendu
ou vous ne l'aviez pas entendu ?
Oui, là j'ai entendu, oui effectivement. Donc qu'est-ce qu'il a voulu dire ? La justice a permis à Marine d'être éligible, il y a un certain nombre de peines qui ont été retirées, il y a un tiers, parce qu'en fait c'est un peu technique, mais il y a un tiers des contrats qui ont été retirés, donc oui maintenant il reste à prouver l'innocence finale et totale avec le pourvoir en cassation, voilà donc tout ça. Le problème, vous voyez...
Le terme interpelle quand même, mais...
Oui, mais on peut toujours s'arrêter à ce terme et ne pas avoir les débats de fonds parce que moi c'est ça aussi. Moi je veux bien, c'est un peu le paradoxe, c'est que nous on ne demande qu'à débattre du fond, qu'à lancé des propositions, bah oui, et c'est nos adversaires, pas forcément M. Guelch, qui depuis hier ne font que des petites phrases, choisissent les baffons plutôt que le fond, en permanence, voilà. C'est pas nous qui avons lancé des polémiques partout, qui essayons... Parce qu'il faut bien
qu'on parle de cette condamnation en appel. Non mais d'accord,
mais nous reprochons pas... Non mais d'accord, mais on ne peut pas dire...
Ça reste une séquence très importante.
Excusez-moi, on ne peut pas dire que le Rassemblement National a sa candidate à la présidentielle, a son candidat à Matignon, Jordan Bardella, à 140 parlementaires, plus nos sénateurs, plus nos députés européens et tous nos élus, derrière nos candidats à un projet, part en campagne, et donc est prêt pour tous les débats. Et c'est parce que M. Attal n'est pas content, que M. Philippe n'est pas content, que M. Mélenchon n'est pas content, que c'est nous qui prenons en otage, en plus je déteste ce terme parce qu'il y a des vrais otages dans la vie, prendre en otage une campagne présidentielle.
C'est eux qui paniquent parce qu'ils avaient un petit plan, c'est savoir que Marine Le Pen serait empêchée par la justice, que ce petit plan ne fonctionne pas et qu'ils sont en PLS. Mais sur l'argument de Jérôme Guelphine, je suis désolé pour eux, nous sommes prêts, on est opérationnels et si vous voulez parler de feuilleton, parce que c'est quand même pas très aimable, il y a un feuilleton qui est quand même pas reluisant, c'est la candidature du Parti Socialiste parce que toutes les semaines, on ne sait pas qui va être candidat, toutes les semaines, on ne sait même pas comment vous allez choisir votre candidat. Semaine A, vous êtes avec M.
Mélenchon, enfin pas vous, mais la direction du PS et avec M. Mélenchon, M. Mélenchon, Semaine B, ils ne sont pas, il y a la moitié de vos députés qui votent la censure, il y a l'autre moitié qui ne la votent pas, on ne sait plus où vous êtes, il y a M. Vallaud qui s'en va, il revient, il met sa femme à la cour des comptes, il revient. Vous êtes trop fin politique,
on ne peut pas voir que tous les spectateurs nous disent qu'ils veulent nous amener dans le panneau et faire la diversion absolue sur la situation. Cela dit Jérôme Guelphine,
le point est intéressant, vous allez devoir vous organiser à la gauche pour faire face à Marine Le Pen.
Votre question c'est est-ce qu'on va s'organiser ? Il va falloir le faire. Il y aura un candidat de la gauche républicaine, c'est le sens de la candidature que j'ai mise sur la table, il y aura une offre politique dans laquelle Jean-Luc Mélenchon sera candidat, il y aura un candidat de cette gauche républicaine alternative à la fois au macronisme déliquescent, à la fuite en avant à la fois de l'extrême droite qui nous mène nulle part et de l'impuissance que la gauche radicale.
Ce qui est sûr c'est que le système nous a mené nulle part, nous a mené dans la ruine les déficits de la sécurité sociale. Il faut encore trouver entre 1 et 3 milliards pour équilibrer les comptes pour limiter le déficit à 21 milliards cette année. Enfin je veux dire, là on patauge complètement. Et moi monsieur Gage, je ne vous fais pas du tout ce procès de ne pas vouloir avoir des débats de fonds mais le Parti Socialiste aujourd'hui, vous êtes quand même son représentant, est incapable d'avoir le moins de débats de fonds parce que vous n'avez pas de candidats, pas de processus, pas de programme. Parce qu'on a un processus, on demeure attaché
à une forme de démocratie interne. Vous savez quoi ? Peut-être que ça aurait été plus simple d'organiser un vote chez les militants du Rassemblement National pour savoir qui était votre candidat.
Mais monsieur Gage, on a un congrès en octobre, il n'y a pas de problème. Non mais il n'y a pas de difficulté là-dessus. Très bien. Mais sur l'argument de Gérôme Gage, juge Jean-Philippe Tanguy. Oui mais enfin, moi je veux bien l'argument de Gérôme Gage. Peu importe l'issue. Moi je veux bien qu'on dise qu'on laisse des débats de fonds alors qu'il n'y a pas de candidats, pas de programme et donc pas de débats. Moi j'entends, les électeurs aussi vont entendre.
Sur la position que vous teniez du plan B comme Jordan Bardella, est-ce que ce n'est pas une forme de défiance qui lui est faite aussi vis-à-vis de sa préparation et vis-à-vis du fait que l'issue de cela c'est une candidature de Marine Le Pen ?
Vous êtes l'analyse politique, j'ai beaucoup de défauts. Non mais je vais finir, ce n'est pas contre vous du tout ce que je vais dire. J'ai plein de défauts mais je n'ai pas une double face. Tout le monde sait que depuis la condamnation de Marine Le Pen j'ai toujours tenu cette position à savoir que Marine Le Pen pourrait être candidate que Jordan Bardella que Jordan Bardella était un excellent Premier ministre et que ce binôme était une force. Donc évidemment il y a des gens qui ont imaginé peut-être d'autres choses. On a la chance d'avoir Jordan Bardella qui s'est préparé et qui était prêt si Marine Le Pen était empêchée mais tout est toujours très clair. Donc ça doit être
un peu compliqué pour lui à gérer quand même. Il s'était préparé à se présenter à la présidentielle et il se retrouve relégué entre guillemets au poste de potentiel futur Premier ministre.
Vous savez dans la vie il y a ceux qui nous écoutent et pour le coup ce sera peut-être notre seul point d'accord avec Jérôme Gage les Françaises et les Français ils ont des vrais problèmes. Ils peuvent connaître la relégation sociale géographique le problème de pouvoir d'achat des problèmes de santé des injustices tous les jours. Jordan Bardella il a parfaitement conscience de sa chance de son talent le meilleur d'entre nous mais de sa chance. Justement les Français
ont des problèmes et ont besoin d'une incarnation. Pourquoi est-ce que Marine Le Pen vous êtes un mariniste convaincu ? Pourquoi selon vous Marine Le Pen est meilleure que Jordan Bardella ?
Mais par l'expérience vous voyez déjà votre question ça impliquerait que dire du bien de Marine Le Pen ce serait ne pas dire du bien de Jordan Bardella ce qui déjà pose un problème c'est pas qu'elle est meilleure c'est qu'elle a cette expérience par sa vie elle a cette capacité à rassembler les Françaises et les Français de créer un lien et dans ce projet que Marine Le Pen a construit pour les Français Jordan Bardella il est dedans il est indispensable à Marine Le Pen ils sont devenus j'allais dire presque si à moi dans la vie dans la vie ou j'allais dire l'absurde révélateur mais dans la vision de nos électeurs qui nous font confiance donc en fait il n'y a aucune difficulté beaucoup de gens je ne parle pas de vous ont essayé de créer un certain nombre de difficultés parce qu'il fallait forcément dire du mal du Rassemblement National le fait est qu'aujourd'hui Marine Le Pen est candidate à la présidentielle Jordan Bardella l'accompagnera à Matignon si les Français nous font confiance et qu'on est les seuls à être prêts voilà je voyais M.
Marseille député sénateur UDI qui n'est pas soupçonné d'être favorable à la Rassemblement National qui disait le RN ils ont une candidate ils ont un candidat Matignon ils ont un projet et ils ont des électeurs c'est vrai que le Parti Socialiste n'a pas les quatre
l'enjeu pour vous ça va être de pouvoir rassembler est-ce que finalement un Jordan Bardella n'aurait pas été plus rassembleur avec sa vision un peu plus libérale au second tour
mais déjà je ne partage pas le fait que Jordan Bardella aurait une vision plus libérale des choses ça c'est aussi
vous pouvez admettre que les observateurs attentifs de ce que raconte le RN a décelé une polyphonie voire une cacophonie sur plusieurs sujets et d'ailleurs une cacophonie à 35% des voix
je souhaite à tout le monde d'être cacophonique
vous-même vous-même je vous ai entendu il n'y a pas très longtemps dans une interview d'ailleurs très intéressante et très longue non mais il faut reconnaître quand on découvre aussi des éléments sur les uns et les autres indiquer que Jordan Bardella avait comme mission d'une certaine manière d'élargir c'est vrai la base électorale et de s'adresser disons-le aux électeurs de droite et ce faisant il était amené et c'est ce qu'il a fait à tenir un discours allez on va dire classiquement de droite libérale sur les questions économiques et donnant des gages précisément dans ses propositions et parfois même dans son style disons-le à cette droite conservatrice ou libérale qui existe dans ce pays or ça pardon de le dire d'ailleurs je n'ai pas de raison de m'excuser c'est une contradiction majeure avec la ligne populaire que Marine Le Pen a toujours considéré comme étant l'ADN du Réunion Jean-Pri Ponghi qu'est-ce que vous répondez ?
c'est une sorte de pardon je crois que quelqu'un a utilisé cette expression je ne sais plus qui de en même temps à l'intérieur du Réunion
C'est Edouard Philippe qui sait de quoi il parle ?
peut-être j'avais oublié c'est Edouard Philippe qui l'a utilisé c'est vrai qu'il a été un des artisans de ce en même temps on a vu où terminer ce en même temps et donc vous êtes en train d'organiser une sorte de en même temps c'est-à-dire on fait l'attrape-tout Jean-Philippe Ponghi au moment de l'élection
et donc on est forcément
décevant après avec le tropisme qui ira parce que ça pour le coup c'est l'ADN du Front National de Jean-Marie Le Pen de l'époque qui était plutôt de dire
ça n'est pas encore cité Jean-Marie Le Pen
Jean-Philippe Ponghi s'il vous plaît Jérôme Gage allez la réponse de Jean-Philippe Ponghi
mais c'est que si vous avez été effectivement vous avez la gentillesse de m'écouter il explique justement qu'il faut faire attention entre la trahison de nos électeurs qui évidemment n'est absolument pas à l'ordre du jour ce que j'appelais l'embourgeoisement et l'élargissement et donc effectivement Jordan Bardella est dans l'élargissement de la majorité politique de Marine Le Pen il n'a jamais été dans la trahison mais si on prend des éléments très concrets
la taxation des super profits l'âge de départ à la retraite tout ça sont des points qui intéressent particulièrement les fonds comment vous allez vous mettre vous êtes en train de peaufiner le programme comment vous allez réussir à mettre tout le monde d'accord
mais c'est très facile de mettre tout le monde d'accord puisque sur ces points là nous étions d'accord sur les surprofits la différence c'était que Jordan Bardella estimait à juste raison que dans le projet de loi de finances enfin le budget puisqu'il a été imposé par 49.3 du gouvernement il y avait déjà une surtaxation de l'IS sur les grandes entreprises donc elle existait déjà donc c'était un peu de l'opportunisme ça venait du groupe socialiste de vouloir ajouter une taxe qui existait déjà même si elle est mal construite cette taxe ça c'est vrai et sur les retraites c'est une invention journalistique il y avait une différence de conception sur la réforme des retraites
sur les super profits et qu'en temps de crise ça se justifiait oui je vais vous poser une question je suis désolée Jérôme Gatine il n'y a plus le temps non il n'y a plus le temps mais on vous réinvitera on aura d'autres débats
parce que monsieur Gat je lui souhaite d'être le candidat des socialistes au moins ce sera intéressant ce sera mieux que François Hollande
merci Jean-Philippe Tanguy merci Jérôme Gatine
Jean-Philippe Tanguy