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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 1 juin 2023 26 min

Retraites, RN, inflation, présidentielle 2027... Ce qu'il faut retenir de l'interview de François Ruffin

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour François Ruffin. Bonjour. Ce fut électrique hier, mais c'est fait. Les députés ont rejeté en commission l'article qui prévoyait d'abroger la réforme des retraites. Vous étiez présent lors de ce vote. Est-ce que vous dites ce matin que la bataille est désormais perdue ? Non, pas du tout.

0:17
François Ruffin

Ce que je dis, c'est qu'ils ne volent pas de vote. Ils ne volent pas de vote dans l'hémicycle. Ils ne volent pas de vote à l'Assemblée nationale sur le report de l'âge légal à 64 ans. Ils font tout pour éviter un vote. Et toutes les combines, toutes les magouilles sont bonnes pour y parvenir. Une ministre avait dit, nous ferons tout pour que le débat n'ait pas lieu. Ils font tout aujourd'hui pour que ce vote n'ait pas lieu. Et donc avec des trucs... Je n'ai pas envie qu'on rentre dans les détails de la guérilla parlementaire parce que personne n'y comprend rien.

Mais enfin quand même une espèce de mercato chez les députés pendant la nuit pour qui siégera en commission des affaires sociales du côté des républicains pour être sûr que les esprits libres qui pourraient parler en leur méconcience, voter tranquillement, soient écartés et qu'on mette plutôt, pour reprendre du vocabulaire footballistique toujours, puisque j'ai parlé de bande touche, plutôt les bourrins sur le terrain.

1:05
Présentateur

Ce n'est pas un peu ce que vous aviez fait dans le passé ? Jouer la montre, jouer l'obstruction parlementaire ? Ça n'est jamais arrivé aux Insoumis ? Ce n'est pas le souci.

1:12
François Ruffin

Je veux dire, là, aujourd'hui, est-ce que... Regardez-moi, M. Fouvel, la gravité de la situation pour moi. On a une mesure décidée par le Président de la République qui, dans la durée, voit tous les syndicats réunis contre cette mesure, voit des millions de Français dans la rue, voit 4-5ème des salariés dire non. Donc voilà une forme de démocratie populaire dont on s'éloigne. Et même la démocratie représentative, on ne veut pas passer par le canal de la démocratie représentative et entendre ce que les députés vont avoir à dire.

1:43
Présentateur

Mais vous considérez que la bataille n'est pas perdue à l'Assemblée nationale, qu'elle peut encore se gagner là ?

1:47
François Ruffin

Il y a encore des épisodes, vous savez, on a encore quelques ruses dans notre chapeau qu'on va essayer de sortir. Je ne vais pas vous les détailler, c'est le principe de la russe quand même. Charles de Courson, quand même, il a un certain savoir-faire, une certaine pratique en la matière. On va encore tenter des choses. Maintenant, il est évident que les armes sont du côté du pouvoir. Ce que je voudrais dire, c'est le rapport du pouvoir à ses contre-pouvoirs, qui me paraît aujourd'hui très très problématique. Mais surtout, là, sur l'Assemblée nationale, sur le président de la Commission des Finances.

Mais quand vous faites une liste, vous avez quand le président du Conseil d'orientation des retraites dit non, il n'y a pas de dérapage en matière de retraite, il y a comme un espèce de rappel à l'ordre de Macron qui dit que c'est à cause de lui, à cause du corps, qu'il y aurait eu une mauvaise compréhension de cette réforme. Quand la Contrôle Générale des lieux de privation de liberté dit que dans le mouvement des retraites, il y a des gardes à vue à des fins répressives, Darmanin estime qu'elle excède ses compétences. Quand la Défenseur des droits propose d'expérimenter l'arrêt du contrôle d'identité à certains endroits, Macron lui répond qu'elle a franchi les limites de l'imbécilité.

On pourrait continuer avec SOS Racisme, que Sarah El Haïri renvoie dos à dos avec le Rassemblement national, parce qu'ils disent un truc sur lequel elle n'est pas d'accord. L'UFC, que je sois dire ?

2:56
Auditeur

Mais vous dites quoi, là, du coup ?

2:57
François Ruffin

Mais je dis que la Macronie veut les pleins pouvoirs, et qu'au fond, quand il y a une espèce de contre-pouvoir qui surgit, les contre-pouvoirs les plus institutionnels, l'Assemblée nationale en l'occurrence, mais aussi, j'ai parlé de contrôleurs généraux des lieux de liberté.

3:11
Auditeur

Et là, le gouvernement, il vous dit, on use juste la Constitution, tout ce qu'on fait est légal.

3:15
François Ruffin

Vous savez très bien que... Je ne mets pas en cause la légalité de tout ça. Vous voyez bien très bien la légitimité de tout ça, qu'elle est très gravement endommagée. Moi, qu'est-ce qui se passe pour le pays ? Je le disais hier en commission des affaires sociales. Ils font du mal au travail et aux travailleurs. C'est une chose. Mais aujourd'hui, ils font du mal au pays, et ils font très profondément du mal à la démocratie. Si c'est ça, la démocratie, vous croyez que les gens vont y être attachés dans la durée ? Mais non, ils vont se détacher de ça. Ce ne sont plus nos histoires. Ils se débrouillent là-haut. Voilà ce qui est en train de se passer. Je viens avec une proposition.

Déjà, c'est la conclusion qu'aurait dû en tirer Emmanuel Macron lors de la crise des Gilets jaunes. Il aurait dû trouver le chemin de la réparation. Quelle est cette proposition ? C'est quelque chose qui était partout. Le référendum d'initiative citoyenne. Le référendum d'initiative citoyenne. Eh bien oui, quand il y a 700 000, 1 million de personnes qui signent une pétition, qui disent « nous voulons un référendum ». Le Conseil constitutionnel a tranché ? Sur quoi ? Sur le référendum. Sur le RIP ? Vous parlez du RIP. Ah pardon, du RIP. Référendum d'initiative partagée.

Moi, je dis, il nous faut maintenant, dans la Constitution, un référendum d'initiative citoyenne qui permette que les citoyens ne se sentent pas décrochés, détachés, éloignés de la chose publique, mais qu'au contraire, ils puissent se la réapproprier. Et là, je vous dis, il y a une fracture. Normalement, Macron nous avait promis 100 jours d'apaisement. Est-ce que vous croyez qu'empêcher les députés de se prononcer sur une réforme auxquelles les trois quarts des Français sont opposés, ça contribue à un apaisement ? Non, c'est la marque de la brutalité. Une brutalité, alors que, vu les conditions de son élection, il aurait dû tout faire pour réparer les fractures de la société.

Et à la place, il produit encore davantage de divisions. Salia Braclia.

4:53
Auditeur

François Ruffin, est-ce que vous êtes d'accord avec Emmanuel Macron, justement, lorsqu'il dit qu'il faut combattre le rassemblement national sur ses idées plutôt que sur son passé ?

5:03
François Ruffin

Déjà, le bilan d'Emmanuel Macron face au rassemblement national, c'est 3 millions de votes en plus pour l'extrême droite après le premier mandat d'Emmanuel Macron. Donc, peut-être qu'avant de donner des leçons, il y a une certaine remise en cause qui est nécessaire. Même au-delà des idées, je vais y venir. Mais il y a une attitude. Il y a un comportement. Je pense que les Français, on en marre de se dire aux gens arrogants qui ne les connaissent pas, qui ne les comprennent pas, qui ne les aiment pas, qui décident tout pour eux, de là-haut, et complètement déconnectés, hors sol de leur vie ordinaire. Et évidemment, la réforme des retraites...

5:39
Auditeur

Mais justement, c'est ce qu'il dit Emmanuel Macron. Il dit arrêtons de parler du passé du rassemblement national, de parler des racines, parlons des choses concrètes,

5:45
François Ruffin

des incohérences du RN. D'accord ? En tout cas, ce n'est pas ce qu'il fait. Concrètement, Emmanuel Macron, aujourd'hui, il produit une division dans la société qui nourrit ça, sur son attitude permanente. Et ensuite, les décisions qui sont prises depuis 40 ans par nos dirigeants, 40 ans de libre-échange, 40 ans de concurrence partout, eh bien non, les Français n'en veulent pas. Ils l'ont même dit haut et fort, par exemple, le 29 mai 2005, quand il y a 55% des Français mais dans les classes populaires à 80% des ouvriers, ils ont dit qu'ils ne voulaient pas de ça. Donc maintenant, qu'est-ce qu'il faut faire ? Il n'y a pas de fatalité. Il n'y a pas de fatalité.

Il n'y a pas de fatalité à ce que ce soit l'extrême droite qui, en France, n'est jamais arrivée au pouvoir par les urnes. Il n'y a pas de fatalité à ce que ça se produit.

6:24
Auditeur

Vous faites quoi à la gauche ?

6:25
François Ruffin

Je dis d'abord qu'il n'y a pas de fatalité, que 1929, ça a produit le New Deal des Etats-Unis, ça a produit le Front Populaire en France, ça a produit le nazisme en Allemagne. Donc ça veut dire que c'est nous qui faisons l'histoire, ce sont les hommes qui font l'histoire. Qu'est-ce que je dis ? Je dis que nous devons placer le travail, le travail au cœur de notre projet. Uniquement le travail ? Non, pas uniquement le travail.

6:44
Présentateur

Est-ce que, par exemple, la gauche doit aussi avoir un discours plus ferme sur la sécurité, sur les actes, les incivilités, les violences du quotidien qui pourrissent parfois ? Est-ce que la gauche a aussi une part de responsabilité et est-ce qu'elle doit avoir un programme plus clair là-dessus ?

7:00
François Ruffin

Je pense qu'il ne faut négliger aucune question, il ne faut pas avoir de tabou là-dessus.

7:03
Présentateur

Y compris les questions qui sont traditionnellement réservées à la droite, par exemple.

7:07
François Ruffin

Il y a eu des gens de gauche qui ont fait des choses, il y a eu des grands ministres de l'intérieur de gauche qui ont avancé sur ces choses-là. Donc ce n'est pas le problème.

7:13
Auditeur

Mais on ne vous entend pas à gauche là-dessus. La sécurité, l'immigration notamment ?

7:17
François Ruffin

Je vous en parlerai, je viendrai vous en parler, vous m'inviterez à parler. Ça tombe bien, c'est la question qui est posée. Vous me dites, comment combattre le Front National ? Je vous réponds. La première chose à faire, c'est de placer ce qui me semble... Vous savez, j'ai passé 4 jours dans ma circonscription, c'est-à-dire qu'il y a des centaines de personnes qui sont venues me prendre mon oreille et tant mieux pour un cahier de doléances. Voilà. Qu'est-ce qui arrive ? C'est le mal-être au travail, c'est l'inaptitude au travail, c'est le travail qu'ils usent.

Eh bien, il faut que nous, on place cette question du travail au cœur, les Français doivent pouvoir vivre de leur travail et ils doivent pouvoir bien en vivre et bien vivre leur travail. C'est une chose. Ensuite, il y a la question du partage et sur la question du travail, pourquoi je mets ça ? Parce que Marine Le Pen n'a rien à dire là-dessus. Intérim, stage, CDD, temps partiel, il n'y a rien de tout ça dans son programme. Partage des richesses, on a aujourd'hui un gigantesque gavage en haut pendant que les gens sont rationnés en bas. Il n'y a pas le mot partage dans le programme de Marine Le Pen. Il n'y a pas de dividende, il n'y a pas actionnaire, il n'y a même pas le mot égalité.

Or, je pense que c'est une notion, l'égalité à laquelle les Français sont très attachés. Mais vous regardez la démocratie, qu'est-ce qu'on fait de notre démocratie ? Est-ce qu'il s'agit demain de l'affaire ? Elle est malade. Est-ce qu'il s'agit de la guérir ou est-ce qu'il s'agit de l'euthanasier ? Je pense que voilà les trois questions qui doivent être, ce qui doit servir de fondement.

Ça ne veut pas dire qu'on ne doit pas parler du reste, mais je pense qu'aujourd'hui, le cœur de la France populaire, si on lui dit dignité par le travail, si on lui dit partage des richesses, si on lui dit renouveau de la démocratie, on plante trois piliers solidement qui nous permettent d'aller reconquérir une partie des classes populaires.

8:46
Présentateur

François Ruffin, député insoumis de la Somme, invité de France Info, 8h41, Maureen Suignard pour le Fil Info.

8:52
Invité

Volodemir Zelensky arrive au sommet de la communauté politique européenne. Le président ukrainien invité surprise en Moldavie, deuxième réunion de cette communauté voulue par Emmanuel Macron, plus large que l'Union Européenne. Les chefs d'État et de gouvernement, une cinquantaine au total, vont afficher leur soutien à l'Ukraine face à la Russie. Le groupe Carrefour envisage de supprimer près de 1 000 postes dans ses sièges en France. Les syndicats déplorent déjà 1 400 suppressions d'emplois en 2021. Une réunion entre la direction et les syndicats doit avoir lieu dans une semaine. Ils sont impatients de savoir ce qu'ils feront l'année prochaine.

900 000 lycéens et étudiants en reconversion pourront se connecter sur Parcoursup ce soir, la plateforme qui gère les admissions dans l'enseignement supérieur. Les premiers résultats au vœu formulé tombent à 19h. Et qu'à tombe à Roland-Garros pour les Français hier. Gaël Monfils blessé au poignet et finalement forfait et ne jouera pas aujourd'hui le deuxième tour de Roland-Garros. Reste 3 Français sur les cours de terre battue. Océane Daudin Arthur Rinerdèche et Diane Paris.

10:00
Auditeur

France Info

10:01
Présentateur

Le 8.30 France Info Salia Brakia Marc Fauvel

10:06
Auditeur

Bonsoir Ruffin L'inflation marque le pas en mai 5,1%. C'est moins fort que les précédents mois. Est-ce que c'est à mettre au crédit en partie du trimestre anti-inflation mis en place par le gouvernement ?

10:17
François Ruffin

Vous y croyez ?

10:18
Auditeur

Je vous pose la question.

10:19
François Ruffin

Je n'y crois pas du tout. Ce dont vous me parlez c'est une baisse de la hausse. Mais plus 5% sur un an c'est quand même pas rien. Bon et puis là on est dans des pourcentages.

Je vous disais qu'on est venu me parler des travailleurs de la logistique chez moi de salaire dans le ménage et c'est la première fois dans leur vie de travailleurs qu'ils passent sous la ligne de flottaison qu'ils soient à moins 50 euros moins 100 euros par mois qu'ils n'arrivent plus à s'en sortir que cette année non seulement comme les années précédentes il n'y aura pas de départ en vacances mais en plus on se demande comment à 80 km de la mer à Amiens on va y aller en faisant quelques extra donc on rogne là-dessus et alors du coup c'est quoi votre solution

10:56
Auditeur

Bruno Le Maire par exemple sur l'inflation alimentaire il a allé voir les industriels il leur a dit vous revenez à la table des négociations et c'est ce qui va se passer il a raison de leur mettre la pression

11:06
François Ruffin

mais il est vraiment très drôle Bruno Le Maire vous savez c'est soit les industriels traînent leurs engagements il nous dit soit j'utiliserai l'instrument fiscal mais je veux dire ça fait un bout de temps qu'ils auraient pu le faire on croirait moi avec mes enfants attention papa il va se fâcher c'est pas bien ça marche pas avec vos enfants ça marche pas trop non là ça a un peu marché puisque les négociations ont repris il y a de soir ça a pas marché ça a pas marché écoutez là qu'est-ce qu'il faut faire il faut faire blocage des prix déblocage des salaires blocage des prix alimentaires oui par exemple pendant tout l'été je parlais des vacances qu'au moins il n'y ait pas le coup de bambou quand les français vont sur les plages donc blocage des prix là pendant trois mois quand on interroge des économistes ils disent que le blocage des prix installés dans la durée ça fonctionne pas forcément mais le trimestre anti-inflation ça marche tous les distributeurs le disent vous voulez me dire plus 5% oui parce que ça c'est pas oui mais d'accord mais c'est l'ensemble c'est pas un triomphe quand même bon et puis je vous dis on a pris 15% toute la marque de distribution dise de toute façon on reviendra pas en arrière là dessus donc là blocage des prix déblocage des salaires c'est quand même la chose importante c'est que maintenant il faut débloquer les salaires il faut faire que vous voyez un agent de sécurité chef d'équipe à Amiens qui gère des gars il est à 1600 euros par mois en étant chef d'équipe après 20 ans d'ancienneté bah c'est pas possible maintenant il faut un relèvement des salaires il faut une indexation des salaires sur l'inflation vous savez que ça c'est marrengaine mais il est de l'ordre de l'évidence je vous rappelle que c'est la gauche qui l'a supprimé il n'empêche et que c'est Antoine Pinet qui l'avait mis en place et que c'est Mitterrand qui l'a supprimé oui mais écoutez vous savez il n'est pas non plus

12:40
Présentateur

le plus grand des néolibéraux

12:41
François Ruffin

je pense que l'un des enjeux que nous avons aujourd'hui quel est notre projet notre projet Lionel Jospin disait en 1983 nous ouvrons une parenthèse libérale aujourd'hui l'objectif c'est de la refermer et bien aussi sur le terrain de les salaires doivent être doivent être relevés et notamment les petits et les moyens

12:59
Présentateur

un mot sur les agences de notation François Ruffin au mois d'avril l'agence Fitch a dégradé la note de la France après demain c'est l'agence Standard & Poor's qui pourrait faire la même chose c'est grave ou pas ?

13:08
François Ruffin

pour l'instant c'est pas dramatique et aussi l'inflation permet de contenir ça à condition parce que le gouvernement s'est lancé dans une innovation financière vous le savez puisqu'il a calé les emprunts de la France en partie et on ne l'a fait beaucoup plus par exemple que les Etats-Unis on les a calés en partie sur l'inflation donc là c'est problématique

13:26
Présentateur

donc si on perd notre note après demain il n'y aura pas de tsunami économique je n'ai pas dit

13:30
François Ruffin

que c'est avec enthousiasme et par ailleurs je vous signale monsieur Fauvel qui ont été les plus mauvais gestionnaires de ce pays Nicolas Sarkozy et Emmanuel Macron qui enfonce en permanence le déficit budgétaire il y a eu un peu de Covid pour le second et un peu de crise financière pour le premier parce que la critique il y a eu le quoi qu'il en coûte il y a eu le quoi qu'il en coûte il y a tout ce que vous voulez il y a aussi simplement que ces présidents là décident de ne pas aller chercher l'argent là où il se trouve voilà et donc à un moment si on veut avoir des finances correctes et bien il faut aussi aller et vous savez que même monsieur Pisani Ferry qui était un soutien d'Emmanuel Macron il dit là dans la note qu'il a rendue il faut un impôt de solidarité sur la fortune sur les plus riches que c'est pas normal et tout ça et qu'est-ce que vient de répondre monsieur Macron en off que c'était une connerie bon voilà c'est-à-dire qu'il a tranché la question il ne touchera pas à ses amis si jamais on veut avoir une bonne note moi je préfère avoir une bonne note auprès du chariste de chez moi mais si on veut avoir une bonne note auprès des agences de notation financière peut-être qu'il faut faire rentrer de l'argent aussi

14:32
Auditeur

François Ruffin il devient de plus en plus compliqué de recruter pour des emplois saisonniers déjà l'année dernière on a constaté une baisse de 30% de la main d'oeuvre alors cette année le gouvernement a un plan cibler les demandeurs d'emplois cibler les demandeurs d'emplois disponibles et aptes à occuper ces emplois proposer des offres de logements aussi et proposer des formations dans l'intersaison tout ça ça vous semble vous froncez les sourcils tout ça ça vous semble complet

14:53
François Ruffin

comme quoi ?

dans mon députour bon c'est mon tour de circonscription je rencontre des tas de jeunes qui me disent des étudiants on cherche des boulots en intérim on cherche des boulots chez McDo on cherche des boulots chez Carrefour on nous propose rien on n'a rien mais je dis mais sur la cote il n'y a pas des offres de serveurs on ne les a pas vues on ne les fait pas connaître comment je vais faire la question est comment je vais faire ils ne trouvent pas d'emplois ou ce sont des emplois pas assez rémunérés ils ne trouvent pas d'emplois ils ne trouvent pas d'emplois et on dit voilà sur la cote pourtant il paraît qu'il y en a des emplois donc on n'en entend pas parler et surtout est-ce que je vais payer un loyer à Amiens plus un loyer ailleurs l'année dernière je l'avais déjà proposé donc je reviens avec ma proposition que j'appelle cette année le plan Océane du nom de notre stagiaire durant le députour c'est quoi ?

je suis le gouvernement je réunis les syndicats étudiants je réunis les syndicats hôteliers et je dis ben voilà moi je paye des bouts de camping sur tous les campings des côtes de la côte atlantique ainsi de suite qu'est-ce que je fais dans ces campings-là ? les étudiants ils peuvent y aller et ils feront serveur dans les brasseries les hôtels à côté et ils ont là un petit endroit où ils pourront jouer la guitare tard le soir où ils pourront mais oui et où ils pourront avoir des amours

16:12
Présentateur

si le gouvernement envoyait tous les jeunes dans les campings vous seriez le premier à dire que c'est scandaleux mais non mais non pas du tout

16:18
François Ruffin

et c'est pas obligatoire

16:19
Présentateur

on met en face

16:22
François Ruffin

un besoin qui est le besoin des hôteliers avec le besoin des étudiants donc camping gratuit pour tous les saisonniers et pour tous les étudiants exactement on résout le problème du logement comme ça parce que l'autre problème aujourd'hui c'est la dépression dans la jeunesse française on a doublé on est passé de 10 à 20% de jeunes en dépression et ben il faut ouvrir des perspectives pourquoi les picardes de chez moi ils devraient rester en Picardie pourquoi ils n'auraient pas le droit d'aller voir la Côte d'Azur pourquoi ils n'auraient pas le droit d'aller voir l'Atlantique donc vous offrez ça et de l'autre côté il y a une garantie des hôteliers de dire voilà je les payerai 2000 euros par mois et ils rentrent en septembre pour redémarrer leurs études avec 4000 euros dans leur poche il me semble que c'est un plan d'une simplicité effrayante et pourtant rien n'est mis en oeuvre je pense qu'on a un gouvernement qui manque absolument de pragmatisme

17:02
Présentateur

François Ruffin vous restez avec nous 8h50 Le Fil Info Maureen Suignard

17:05
Invité

Alors que 40% des Français paient un abonnement qu'ils n'utilisent pas voici une mesure qui va changer les choses le professionnel de l'assurance ont l'obligation de mettre en place une procédure de résiliation très facile sur internet le gouvernement promet d'étendre ce dispositif aux autres secteurs c'est très souvent la galère pour les jeunes parents ou les plus vieux trouver une place pour faire garder son enfant présentation du plan du gouvernement aujourd'hui 100 000 places de plus d'ici 2027 annonce Elisabeth Borne mais pas de droit opposable qui aurait garanti aux parents une solution c'était une promesse du candidat Macron le président ukrainien vient d'arriver en Moldavie Volodymyr Zelensky participe au sommet de la communauté politique européenne sa venue n'était pas annoncée une cinquantaine de chefs d'état et de gouvernement sur place notamment Emmanuel Macron pour un message de soutien à l'Ukraine plus de 16 000 personnes évacuées au Canada pour échapper aux feux de forêt en cours en Nouvelle-Écosse province du nord-est du pays le premier ministre Justin Trudeau promet un soutien sans faille à cette région France Info

18:14
Présentateur

le 830 France Info Salia Braquia Marc Fauvel toujours avec François Ruffin député insoumis de la Somme en Espagne François Ruffin votre allié le parti Podemos Podemos a pris une claque aux élections locales 3% des voix seulement certains électeurs ont semble-t-il considéré que Podemos qui gouverne avec les socialistes avait mis en place des lois trop clivantes comme par exemple la loi qui permet de changer librement de genre à 16 ans sans l'accord des parents est-ce que vous feriez la même chose en France ?

18:44
François Ruffin

Je vous l'ai dit que pour moi le coeur du sujet c'est le travail c'est le partage des richesses c'est la démocratie c'est pas les lois de société Je pense qu'on a une société qui est profondément fracturée en France et que les résultats des dernières élections ne sont pas le fruit du hasard il y a un bloc libéral central qui s'effrite dans la durée il y a un bloc d'extrême droite il y a un bloc de gauche dans ce climat-là de tension d'épuisement des esprits qu'est-ce qu'il faut ?

Il faut de l'apaisement il faut de la stabilité il faut reconstruire des ponts réparer les fractures et pas les creuser davantage donc je pense que dans ce cadre-là on ne devra pas faire tout ce qui nous passe par la tête tout ce qu'on souhaite tout ce qui est peut-être même bon en soi mais il faudra chercher les chemins qui permettent de réconcilier la société

19:29
Présentateur

Pas de loi qui fracture la société ça veut dire par exemple pas de GPA pas de loi sur le genre

19:34
François Ruffin

Je ne suis pas favorable personnellement à la GPA mais je pense que ce n'est pas ça qu'on doit placer au cœur de notre projet c'est clair c'est clair maintenant je pense qu'il y a des choses sur lesquelles on doit pouvoir avancer il faut avancer avec précaution il faut avancer avec sagesse il faut avancer avec tendresse il faut avancer avec compréhension des oppositions

19:55
Présentateur

Si vous étiez au pouvoir vous ne feriez pas la loi sur la fin de vie

19:57
François Ruffin

Si En tout cas ouvrir la réflexion sur la loi sur la fin de vie écouter les avis des français demander ce qu'ils en pensent comment ils vivent la fin de vie de leurs parents comment ils appréhendent leur propre fin de vie est-ce qu'il y a des choses à aménager dessus bien sûr que si il faut aboutir à quelque chose Ben oui bien sûr pour aboutir avec quelque chose à la fin mais je pense qu'il y a des tas de sujets sur lesquels on peut chercher vous voyez là Emmanuel Macron fait des lois qui reposent sur un tiers ou un quart des français ben non il faut chercher les deux tiers ou les trois quarts des français il faut chercher à avancer avec l'ensemble de la société une société qui a déjà beaucoup vous savez il y a un sujet sur lequel je pense la société recule depuis 40 ans c'est le travail ça recule depuis 40 ans à cause pour moi de la mondialisation mais je veux qu'on montre aussi tout ce sur quoi la société elle avance elle avance avec des limites mais la reconnaissance de l'homosexualité dans la société ça a avancé les lois sur le handicap ça a avancé la place des femmes dans la société ça a avancé même des choses comme la sécurité routière ça a avancé je veux pas qu'on ait une vision de ce qui se passe en France depuis 40 ans ou 50 ans comme étant de la régression sur tous les

21:06
Présentateur

ça veut dire François Ruffin que pour vous la gauche si elle veut arriver au pouvoir doit rassurer y compris ceux qui ne votent pas ou plus pour elle

21:13
François Ruffin

je pense que oui la gauche doit rassurer on doit parler à tout le pays pas seulement parler à sa fanbase voilà on doit chercher à parler à tout le pays il y a des gens qui voteront pas pour vous mais ils sont pas obligés de vous considérer comme des adversaires nés voilà et donc on vient proposer des choses on va faire des choix il y aura des voilà qui seront qui rassembleront jamais 100% de la population mais à ceux là on n'impose pas une humiliation on ne les méprise pas on parle avec eux

21:40
Auditeur

on discute donc faire moins peur être moins bruyante moins agressive vous savez que ce sont les reproches qui ont été faits à Jean-Luc Mélenchon à chaque présidentielle

21:49
François Ruffin

je pense que Jean-Luc Mélenchon dans le cadre des présidentielles il sait au contraire tendre la main et se montrer dans l'apaisement donc moi c'est quel profil on doit présenter aujourd'hui quel profil on doit présenter aujourd'hui pour franchir le cap du premier tour mais aussi pour gagner au deuxième c'est-à-dire pour au deuxième tour faire moins peur que l'adversaire qu'il y aura qu'il s'agisse d'une émanation de la Macronie Philippe Darmanin je sais pas trop quoi ou Marine Le Pen

22:19
Auditeur

qu'est-ce que vous faites vous en vous présentant comme un social-démocrate pas du tout comme un membre de l'extrême-gauche de la gauche radicale vous adoucissez votre image

22:27
François Ruffin

personnellement je n'ai jamais accepté qu'on me parle de moi comme étant d'extrême-gauche je suis de gauche je suis de gauche dans une longue tradition qui part de la révolution française qui passe par Jean Jaurès qui passe aussi par le programme du conseil national de la résistance par mai 68 par François Mitterrand en 1980 et je suis là pour poursuivre ce fil de l'histoire voilà

22:46
Auditeur

vous venez de lancer un appel au don en expliquant que ça vous servirait je cite à changer de division c'est quoi la division au-dessus c'est la Ligue des Champions ou c'est la présidentielle ?

22:55
François Ruffin

écoutez moi je suis un supporter du Racing Club de Lens donc vous voyez comment ne pas vivre qui est en Ligue des Champions la saison prochaine la période actuelle quand même avec un peu de bonheur

23:03
Présentateur

donc votre idéal c'est la Ligue des Champions c'est passé au-dessus ils vont jouer

23:07
François Ruffin

c'est fait eux c'est fait mais vous ? mais j'essaye j'essaye et je sais que dans ces cas-là il y a un mercato à faire vous savez la politique c'est comme vous ici ça repose pas que sur vous-même il y a des tas de gens qui sont derrière qui bossent les petites mains invisibles qui allument les micros qui viennent passer la serpillière qui viennent faire tout ça où on était au salon de maquillage avant et bien c'est pareil il ne faut pas croire que la politique ça soit juste un homme

23:32
Présentateur

donc vous avez besoin de moyens aujourd'hui pour commencer à vous lancer dans la campagne présidentielle il est très clair

23:37
François Ruffin

que je cherche à étendre mon équipe et je cherche j'ai un souhait qu'on constitue pas un homme ou une femme présidentielle je dis toujours qu'il faudrait 60 millions d'hommes et de femmes présidentielles dans ce pays mais que j'ai pour idéal en effet qu'il y ait une équipe plurielle vous savez la gauche plurielle ce qu'elle a produit j'en suis pas forcément fan je peux avoir un regard critique mais qu'on ait un gouvernement dans lequel il y a à la fois Dominique Boinet et Jean-Pierre Chevènement il me semble que c'était une séquence intéressante pour la gauche mais là par exemple

24:07
Présentateur

ça pourrait aller jusqu'où ?

24:08
François Ruffin

une Dream Team version 2027 ce qu'il y a dans la NUPES me convient très bien et je pense qu'à l'intérieur je pense que ce qu'il y a vous rassemblez pas ça rassemble déjà c'est pas la majorité la question c'est comment on parle au pays avec ça mais je pense qu'aujourd'hui à l'intérieur de la gauche et puis ceux qui veulent rejoindre cette NUPES à l'intérieur de la gauche il y a des visages d'hommes et de femmes qui sont extrêmement intéressants et qui peuvent très bien constituer une équipe plurielle

24:37
Auditeur

il faut un candidat unique à gauche ?

24:39
François Ruffin

à la fin il en faudra un oui il faudrait mieux en avoir un que 5, 6, 7 comme on a un certain savoir-faire

24:44
Auditeur

mais c'est vous ou Fabien Roussel ?

24:45
François Ruffin

non mais ça je veux dire franchement je sais tout ce qu'il y a à faire aujourd'hui comme boulot d'abord pour constituer une équipe et pour parler aux français que les français ils se disent celui-là celle-là ceux-là ils viennent parler de ce que sont mes soucis aujourd'hui et pas de leurs petites popoles de leurs guéguerres internes de leurs égaux et ainsi de suite

25:08
Présentateur

un tout petit détail dans cet entretien depuis une vingtaine minute vous avez prononcé 15 fois le mot Macron et à un moment vous vous êtes repris tout à l'heure pour dire Macron pardon Emmanuel Macron ça fait partie de ce processus

25:18
François Ruffin

en effet c'en est peut-être une mini marque maintenant je n'ai jamais dit que j'étais social-démocrate personnellement j'ai dit je suis social et démocrate et au fond il y a un problème ça fait que 40 ans qu'on ne fait plus vraiment des choses vraiment sociales c'est-à-dire qu'ils passent par le travail et qu'on ne fait plus des choses vraiment démocrates c'est-à-dire que quand les gens parlent on doit les écouter on doit les entendre et si nécessaire on doit changer

25:38
Présentateur

François Ruffin député insoumis de la Somme était ce matin l'invité de France Info merci

25:42
François Ruffin

et bonne journée à vous

Retraites, RN, inflation, présidentielle 2027... Ce qu'il faut retenir de l'interview de François Ruffin — François Ruffin · Pourquijevote