Aller au contenu
Tous les transcripts
Discours / meetingGroupe RN - Assemblée· 12 mai 2025 5 minAutoproduitFond programmatiqueSantéEurope & internationalInstitutions & élections

Discours de Sandrine Dogor-Such (12/05/2025)

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:15Sandrine Dogor-SuchFait
    « Il y a un an, nous examinions un projet de loi relatif à l'accompagnement des malades et de la fin de vie. »
  • 1:00Sandrine Dogor-SuchFait
    « Après 22 ans de pratique, l'impact réel de la loi pour les personnes fragilisées est qu'elles perçoivent leur dignité comme étant réduite du fait de leur maladie. »
  • 1:15Sandrine Dogor-SuchFait
    « Il n'y a pas, pour équivalent, un droit à la mort que l'on peut exercer, mais pas revendiquer. »
  • 1:30Sandrine Dogor-SuchFait
    « Les moyens financiers et humains de développement des soins palliatifs ne sont pas au rendez-vous. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Sandrine Dogor-Such

Il y a un an, nous examinions un projet de loi relative à l'accompagnement des malades et de la fin de vie. Aujourd'hui, le sujet nous revient scinderé en deux. Nous aurions pu nous en féliciter car nous l'avions demandé avec insistance. Mais n'est-ce pas en réalité une manœuvre artificielle ? En effet, après les débats en commission, nous ne pouvons qu'être particulièrement inquiet. Pour prendre l'exemple de la Belgique qui adopté les deux lois en même temps, force de constater que celle légalisant l'euthanasie a largement pris le pas sur celle relatives aux soins paillatifs.

Le nombre des euthanasies n'a plus que décuplé en 20 ans alors que l'offre palliative n'a augmenté que de 7,9 % entre 2012 et 2019. montant très inférieur à la hausse en moyenne de 25 % dans les autres pays où l'euthanasie reste interdite. Comme dans tous les pays ayant légalisé une euthanasie, nous constatons l'infficacité des gardes fous censé éviter les dérives. Après 22 ans de pratique, l'impact réel de la loi pour les personnes fragilisées est qu'elles perçoivent leur dignité comme étant réduite du fait de leur maladie. Quant aux soignants belge, les services de soins paillatifs évoquent à Mcouvert une pression qui pèse sur eux pour les inciter à pratiquer l'euthanasie.

Que signifie donc le vote d'une loi qui autorise la mort programmée pour certaines personnes et dans certaines circonstances ? N'y aura-t-il pas un risque de confondre la dépendance et l'indignité et de différencier arbitrairement les vies qui ne méritent pas d'être vécu des autres ? Au crépuscule de la vie, l'homme est partagé entre le désir de vire et le désir de mort. Désir d'éviter ou de retarder l'inéluctable. Désire d'en finir avec sa souffrance et d'abréger ce temps long qui nous fait aussi souffrir. Dépénaliser l'euthan nazi serait une transgression majeure. Il y a un droit à la protection de la vie exigible envers la société.

Mais il n'y a pas pour équivalent un droit à la mort que l'on peut exercer mais pas revendiquer. Pour les partisans de la mort programmée, leur légalisation ne retirerait rien à ceux qui sont opposés. Ce serait oublié le caractère normatif universel de la loi et sa portée symbolique. Cela revient à dire à toutes les personnes qui deviennent vulnérables qu'elles ont perdu une part de leur dignité et qu'il est légitime pour elles de disparaître. Pourtant, la dignité est inaltérable et elle ne se perd jamais. La demande de mort est toujours légitime. Elle doit être entendue. Elle traduit une angoisse de la souffrance.

Ne pas souffrir, ne pas être prolongé par un acharnement thérapeutique, ne pas mourir seul. C'est cela l'attente de la majorité des Français. Si les lois de 99,25 et 2016 peinent à devenir effectives, c'est que les moyens financiers et humains de développement des soins paillatifs ne sont pas au rendez-vous. Entre ces lois sur les soins paillatifs et celles que vous voulez nous voir adopter légalisant la mort programmée, il n'y a pas une différence de degré mais de nature. L'adoption de la seconde PPL marquera une vraie rupture dans notre société. Comme le dit Jean-Lonetti, ce ne sera pas aller plus loin mais aller ailleurs. L'interdit de tuer est un élément fondateur de notre civilisation.

Franchir cette barrière, c'est permettre toutes les dérives. Nous nous félicitons bien sûr des annonces du plan décennal sur les soins paillatifs, mais en réalité, il faut dès aujourd'hui doubler les sommes annoncées et sanctuariser l'enveloppe consacrée. Il est évidemment indispensable d'accélérer le développement des soins paillatifs avant de légaliser une mort programmée, sinon elle serait perçue comme une alternative au manque de soins paillatifs en France et constituerait une rupture de solidarité. Ils sont impréalables, indispensables car il n'y a pas de demande à mourir persistante lorsqu'un accompagnement palliatif de qualité est apporté aux malades.

Il faut faire des soins pailliatifs une grande cause nationale. L'urgence est aujourd'hui d'avoir des soins paillatifs partout et pour tous. Rappelons qu'une fin de vie réussie est une fin de vie accompagnée affectivement, médicalement et sans souffrance. Il faut que les principes fondamentaux du non abandon, de la non souffrance et du non accharnement thérapeutique deviennent une réalité sur l'ensemble du territoire. Les soins paillatifs sont le seul véritable progrès médical, social et humain. Il ne faut les soutenir inconditionnellement car c'est la seule alternative de l'espoir par le soin plutôt que l'abandon, par le suicide et d'assisté ou l'euthanasie.

C'est l'ultime secours plutôt que l'ultime recours. Le premier soigne et respecte la vie, le second il met fin. Je vous remercie. Merci beaucoup madame la députée.

5:00
Non speech

[Applaudissements]