Aller au contenu
Tous les transcripts
InterviewFrance Inter — L'invité de 6h20 (sur Site radio)· 22 octobre 2026 8 minContradictoireFond programmatiqueEnvironnement & énergieÉconomie & entreprises

COP 17 : "La biodiversité c'est notre système immunitaire commun", affirme l'ambassadrice déléguée à l'environnement

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 85 %Attaque 5 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:43OuverteRéponse directe

    Cette COP sert-elle vraiment à quelque chose ?

  • 2:03RelanceRéponse directe

    Est-ce qu'il n'y a pas un désintérêt, une forme d'indifférence ?

  • 3:10OuverteRéponse directe

    Est-ce que ça avance sur l'objectif 30-30 ?

  • 4:49OuverteRéponse directe

    Comment trouver l'argent pour préserver la nature ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:36Invité politiqueFait
    « la biodiversité, quelque part, il y avait un grand chercheur qui disait ça, qui s'appelle Stéphane Rockström, c'est un peu notre système immunitaire commun. »
  • 1:43Invité politiqueFait
    « la biodiversité, c'est vraiment ce qui peut nous permettre de résister, ce qui peut nous permettre de vivre. »
  • 3:38Invité politiqueFait
    « cet accord d'il y a quatre ans, on l'appelle un peu l'accord de Paris de la biodiversité. »
  • 5:11Invité politiqueChiffre
    « sur cet engagement des pays développés, on a des études sur 2024 qui nous montrent qu'on est arrivé à 18 milliards. »
  • 5:25Invité politiqueChiffre
    « on est très loin du compte de ce qu'il faudrait, puisque aujourd'hui, on aurait besoin de 200 milliards par an pour réussir à avancer. »

Temps de parole

  • Barbara Pompili67 %
  • Présentateur32 %

≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:08
Présentateur

6h21, la conférence des Nations Unies sur la biodiversité, la COP17 se tient en ce moment à Yerevan, en Arménie, ô combien importante, tellement l'effondrement du vivant est rapide et massif. L'ONG WWF alerté il y a deux semaines, encore une fois, sur le déclin des populations d'animaux sauvages. Il faut donc s'entendre au niveau mondial, 200 pays représentés pour prendre des mesures. Mais le multilatéralisme montre beaucoup de limites, surtout dès qu'il s'agit de parler d'argent à peine démarré et déjà de première friction sur cette question du financement. Alors cette COP sert-elle vraiment à quelque chose ? Bonjour Barbara Pompili. Bonjour.

Vous êtes représentante de la France à cette COP, ancienne ministre de la Transition écologique. Vous allez vous rendre à Yerevan dans les prochains jours. Ma question est un peu provocatrice pour démarrer notre discussion, Barbara Pompili, mais qu'est-ce qui peut vraiment sortir de cette COP

1:04
Locuteur

?

1:06
Barbara Pompili

Ce qui peut sortir, c'est déjà le fait que tous les pays, y compris des pays qui sont en guerre entre eux, se parlent pour essayer de sauver ce qu'il y a à sauver sur la biodiversité. Et c'est un moment important, puisque tout le monde commence à prendre conscience, avec les événements qui nous tombent dessus, y compris en France, que la biodiversité, quelque part, il y avait un grand chercheur qui disait ça, qui s'appelle Stéphane Rockström, c'est un peu notre système immunitaire commun. C'est ce qui nous protège, en fait, de ce qui se passe à l'extérieur.

Et quand on voit, par exemple, le changement climatique, la biodiversité, c'est vraiment ce qui peut nous permettre de résister, ce qui peut nous permettre de vivre. Et si, en plus des émissions de gaz à effet de serre, on tue notre biodiversité, on va avoir des problèmes, parce que ce n

2:00
Locuteur

'est

2:00
Barbara Pompili

pas juste un environnement qui nous est extérieur.

2:03
Présentateur

Mais Barbara Pompili, cette COP, elle s'ouvre tout de même sans la présence de chefs d'État, avec assez peu de médias. Est

2:12
Locuteur

-ce

2:12
Présentateur

qu'il n

2:13
Locuteur

'y a

2:13
Présentateur

pas un désintérêt, une forme d'indifférence ? D'où cette question, est-ce qu'elle sert vraiment à quelque chose

2:18
Locuteur

? Alors,

2:19
Barbara Pompili

oui, elle est moins connue que la COP Climat, qui est devenue un petit peu la tête de pont des COP Convention de Rio. Les conventions de Rio ont trois COP, donc la COP Climat qui est très connue, la COP Biodiversité à Erevan, et puis celle qui s'est déjà passée en Mongolie sur la désertification. Je peux vous dire que sur la COP désertification, il y avait un intérêt beaucoup plus fort que dans les années précédentes, notamment d'ailleurs de chez nous, parce qu'avec l'été qu'on vient de passer, on s'est rendu compte de ce que ça pouvait impacter. Et puis, vous savez, c'était des instances qui, effectivement, étaient moins fréquentées que les autres.

Mais certains pays qui n'étaient pas là, maintenant sont là, parce qu'ils se rendent compte que ce qui s'y passe a des conséquences chez eux, y compris d'un point de vue économique. Et je crois qu'il faut le prendre positivement.

3:12
Présentateur

Alors, rentrons un petit peu dans le détail, même si nous n'avons pas le temps, bien sûr, de résumer 30 ans de discussion sur la biodiversité. Mais il y a quatre ans, à Montréal, il y

3:21
Locuteur

a

3:21
Présentateur

eu cet accord historique, signature de l'objectif dit 30-30. Ça veut dire faire de 30% des terres et des océans des zones protégées d'ici 2030. Aujourd'hui, c'est respectivement 18 et 12%. Est-ce que ça avance ? Est-ce que ça va avancer cette année, Ayerevan, sur cette question

3:37
Locuteur

? Oui,

3:38
Barbara Pompili

alors cet accord d'il y a quatre ans, on l'appelle un peu l'accord de Paris de la biodiversité. Donc, il y a cet objectif-là, mais il y en a plein d'autres. Notamment, le recul des subventions néfastes à la biodiversité, un objectif de baisser les pesticides. Il y a beaucoup, beaucoup d'objectifs. Et l'objectif aujourd'hui, c'est de faire un premier bilan de ce qui s'est passé depuis quatre ans. Et c'est vrai qu'on peut le voir de deux manières. Soit de se dire, on n'y est pas encore, et c'est clair qu'il y

4:08
Locuteur

a

4:08
Barbara Pompili

encore beaucoup d'efforts à faire. Mais ce qui est intéressant aussi, c'est de voir qu'au moment où, justement, on pense que le sujet n

4:15
Locuteur

'est

4:15
Barbara Pompili

pas trop à la mode, on a énormément de pays qui ont fait ce travail d'évaluation, ce travail de mise en place des outils qui ont été prévus pour pouvoir, justement, mettre en place des politiques qui sont efficaces pour lutter contre la perte de biodiversité. Donc, c'est comme toujours, il y a le verre à moitié vide, le verre à moitié plein. Mais moi, ce que je vois, c'est qu

4:37
Locuteur

'il

4:37
Barbara Pompili

y

4:37
Locuteur

a

4:37
Barbara Pompili

un vrai engagement.

4:38
Présentateur

L'autre objectif important dans ces COP, c'est l'argent, parce que c'est le nerf de la guerre, bien sûr. Débloquer de l'argent pour préserver la nature, alors que le monde connaît de multiples crises. Les carburants, le coût de la vie, la France, en premier lieu, est en grande difficulté budgétaire, comme d'autres pays. Comment on le trouve, cet argent ? Alors qu'il y a des objectifs, là aussi, lors de la dernière COP, les pays du Nord, donc les plus riches, s'étaient engagés à dépenser 20 milliards de dollars par an, 30 milliards d'ici 2030. Est-ce qu'on avance aussi sur cette question très sensible

5:10
Locuteur

? Alors,

5:11
Barbara Pompili

sur cet engagement des pays développés, on a des études sur 2024 qui nous montrent qu'on est arrivé à 18 milliards. Donc, a priori, on peut se dire que pour 2025, l'objectif est atteint. Mais en fait, on est très loin du compte de ce qu'il faudrait, puisque aujourd'hui, on aurait besoin de 200 milliards par an pour réussir à avancer, et puis réduire aussi d'au moins 500 milliards par an les subventions néfastes à

5:40
Locuteur

l

5:40
Présentateur

'université. Oui,

5:41
Locuteur

parce que

5:41
Présentateur

WWF, par exemple, fait cette comparaison en affirmant que là où on met 1 euro pour protéger la nature, on en met 33 pour la détruire.

5:49
Barbara Pompili

Exactement. Donc ça, c'est un point extrêmement important sur lequel on s'engage beaucoup. Nous, on y a travaillé en France avec le budget vert. Alors, on n'est pas au bout, mais on commence à avancer sur le sujet. Mais après, ce qu'il faut qu'on réussisse à faire, c'est deux choses dans cette COP. C'est d'abord élargir la base des contributeurs, parce qu'aujourd'hui, seuls les pays dits développés de 1992, au moment de la Convention de Rio, sont considérés comme les contributeurs. Donc

6:19
Locuteur

il faut que plus

6:19
Présentateur

de pays mettent la main à la poche ?

6:21
Barbara Pompili

Oui, aujourd'hui, on a des pays qui sont des pays dits en développement, qui ont clairement les moyens d'aider, et donc il faut qu'ils puissent venir nous aider. Quel

6:31
Locuteur

pays, par

6:31
Présentateur

exemple, vous pensez, pardon, Barbara ?

6:34
Barbara Pompili

Ceux qu'on appelle les grands émergents. C'est-à

6:37
Locuteur

-dire,

6:37
Barbara Pompili

on ne va pas demander aux pays les plus en difficulté, les plus pauvres, de venir contribuer. Mais par contre, on a des grands émergents qui, aujourd'hui, ont d'énormes sources de revenus et qui peuvent clairement aider. Donc on a déjà ceux-là. Et ensuite, on a le besoin d'attirer le secteur privé, les investissements privés, puisqu'ils sont aussi des sources précieuses de financement. Mais pour ça, je crois qu'on doit travailler aussi sur ce qu'on appelle la planification, la planification écologique. Pourquoi ? Parce que ça permet d'avoir des politiques dans les pays, dans tous les pays, qui soient plus cohérentes.

C'est-à-dire que vous ne pouvez pas, d'un côté, protéger une forêt, et puis, de l'autre côté, exploiter une mine dans des très mauvaises conditions, parce qu'on va mettre beaucoup de sous pour le petit bout de forêt d'un côté. Et je caricature. Et de l'autre côté, pour soutenir des choses qui ne vont pas. Donc il faut qu'on mette en cohérence nos politiques, parce que la question de la biodiversité, c'est un tissu général. On ne peut pas, comme ça, faire projet par projet. Donc cette question d'un travail de cohérence, de mise en cohérence des politiques, pour qu

7:48
Locuteur

'il

7:48
Barbara Pompili

n'y ait pas de l'argent d'un côté qui aide, et de l'autre côté qui tue, ça, c'est un des énormes sujets au milieu de beaucoup de choses.

7:57
Présentateur

Merci Barbara Pompili. La COP17 à Yerevan, ça dure jusqu'au 30 octobre. Merci d'avoir été sur France Inter ce matin.

8:04
Locuteur

Sous

8:04
Présentateur

-titrage

8:04
Locuteur

Société Radio-Canada