Auditions de François-Xavier Bellamy puis de Gabrielle Déramaux - AUDITION (20/03/2015)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 53 %Attaque 29 %Défensif 19 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 85 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 17:01OuverteRéponse directe
Pensez-vous que la consolidation des savoirs fondamentaux participe à la transmission des valeurs républicaines ?
- 17:45OuverteRéponse directe
L'école doit-elle être le vecteur des valeurs républicaines ? Quel rôle pour les parents ?
- 18:30OuverteRéponse directe
Quelles mesures pour lutter contre les pertes de valeurs et l'esprit républicain ?
- 30:52RelanceRéponse partielle
Le diagnostic est posé depuis longtemps, mais où est le remède ?
- 32:19OuverteRéponse directe
L'école peut-elle éduquer si elle sait instruire ? Faut-il réformer les ESP ?
- 33:00OuverteRéponse directe
Partagez-vous les points de vue de Benoît Petitrandi sur la transmission ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 4:23François-Xavier BellamyChiffre
« la dernière enquête PISA publiée en 2013 constatait que 22 % des collégiens en classe de 5e doivent être considérés comme en situation d'échec »
- 5:07François-Xavier BellamyChiffre
« un élève sur 5 soit 20 % sont incapables de donner un sens à une information et de décrypter un texte même simple »
- 5:51François-Xavier BellamyChiffre
« entre 18 et 20 % des jeunes Français en additionnant les classes de statistique doivent être considérés comme dans une situation de grande difficulté pour réussir un exercice qui consiste à déchiffrer un programme de cinéma »
- 7:20François-Xavier BellamyChiffre
« notre système scolaire français était devenu le plus inégalitaire des pays de l'OCDE »
- 10:42François-Xavier BellamyFait
« l'autorité de l'adulte était une privation exercée contre la liberté de l'enfant »
- 13:31François-Xavier BellamyFait
« nous avons expliqué que la notation par exemple était une brutalité et c'est la raison pour laquelle nous cherchons une évaluation bienveillante qui serait l'évaluation sans note »
- 53:27Fait
« Je le jure. »
- 53:30Fait
« En septembre 2001, nous avons dû faire respecter dans nos classes 3 minutes de silence pour les victimes du World Trade Center. »
- 53:59Gabrielle DéramauxFait
« La loi de 1905 qui nous semble si naturel ne l'est pas pour bon nombre de nos élèves dont certains viennent de pays où la religion est partout près car religion d'État. »
- 56:54Gabrielle DéramauxFait
« L'école a le droit de parler de la religion de la comparer de la critiquer tout en garantissant à chacun le respect absolu de ses convictions personnelles. »
- 57:38Gabrielle DéramauxFait
« Une sordide mise en scène orchestrée par les services secret français pour salir l'islam soi-disant tout peut alors être remis en question. »
- 59:05Gabrielle DéramauxFait
« Nous avons de moins en moins de temps et de moyens pour les aider à écrire ensemble une histoire faite de paix et d'enrichissement réciproque. »
- 59:47Gabrielle DéramauxFait
« Cette réforme va à l'encontre des besoins urgents constatés sur le terrain. »
- 1:07:02Gabrielle DéramauxFait
« Dans les couloirs ou dans la cour de récréation ou dans les toilettes où il n'y a pratiquement aucun adulte pour surveiller ces jeunes. »
- 1:13:30Jacques GropérinFait
« Certains vont dans des écoles qui sont en fait des écoles coraniques et nous avons un gros problème avec ces élèves. »
- 1:31:42Jacques GropérinFait
« La rue vient concurrencer l'école et c'est toujours la rue qui l'emporte. »
Temps de parole
- ?100 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Les intervenants ne sont pas encore identifiés sur ce transcript — l'identification des locuteurs est en cours de traitement et apparaîtra prochainement.
bonjour à tous et bienvenue sur Public Sénat l'école parvient-elle encore à transmettre les valeurs de la République la question se pose avec une acuité toute particulière au lendemain des attentats meurtriers de janvier dernier dès la fin janvier ici au Sénat à la demande du groupe UMP une commission d'enquête a été créée sur le service public de l'éducation la perte de repère républicain et les difficultés rencontrées par les enseignants on parle ce matin de ce dernier point les difficultés rencontrées par les enseignants c'est l'objet des auditions qui ont eu lieu hier par cette commission elle entendait deux enseignants un professeur de philosophie François Xavier bami et une professeur de lettres Gabriel deramo également auteur d'un livre remarqué au titre
quelque peu iconoclaste collège inique ta mère tous deux reviennent sur les difficultés rencontrées dans le cadre de l'exercice de leur métier et tous deux de insiste sur le fossé qui se creuse entre la France et une partie de sa jeunesse on découvre leurs diagnostic et leurs propositions tout de suite en audition nous poursuivons notre séance d'audition en recevant Monsieur François Xavier béami professeur de philosophie auteur d'un ouvrage consacré aux question éducative ancien élève de l'École normale supérieure vous êtes professeur agrégé de philosophie depuis mars 2008 vous exercz aussi des fonctions électives en tant qu'adjoint au maire de Versailles délégué à la jeunesse et à l'enseignement supérieur parallèlement vous êtes l'auteur de tribune dans différentes publications
dans le Figaro valeurs actuelles et libération dans lesquelles vous vous intéresserz plus particulièrement aux questions politiques et de société en 2014 vous publiez les déshérités ou l'urgence de transmettre vous y faites part de votre étonnement face à la formation que vous avez reçu et où la transmission des savoirs est présentée comme une violence faite aux élèves la commission d'enquête a souhaité vous entendre pour que vous puissiez à la lumière de votre expérience d'enseignant et de spécialistes des questions éducatives présenteer votre analyse les difficultés de l'école et les manières d'articuler ces différentes missions de l'école qui consiste en même temps à éduquer à la citoyenneté et instruire pour vous quelle mesure urgente devrait
être mise en place pour redonner à l'école sa fonction intégratrice comme le bureau de la commission d'enquête l'a décidé cette audition sera captée et diffusée en direct sur le site internet du Sénat elle fera également l'objet d'un compterendu publié dans le recueil des travaux de commission accessible en version papier et sur le site internet du Sénat avant de vous passer la parole le formalisme des commissions d'enquête me conduit à vous demander de prêter serment je suis également tenu de vous indiquer que tout faux témoignage devant notre commission serait pas cible des peines prévues aux articles 43413 à 43415 du code pénal en conséquent je vous invite à prêter serement de dire toute la vérité rien que la vérité levez la main droit et dit je le jure je le
jure je vous remercie selon l'usage habituel je vous propose de nous faire part de vos observations durant une dizaine de minutes après quoi notre rapporteur Jacques groperin et les membres de la commission qui le souhaitent pourront vous poser leurs questions je vous laisse la parole madame la présidente monsieur le rapporteur mesdames et messieurs les sénateurs d'abord je vous remercie infiniment de votre invitation qui me touche beaucoup vous avez mentionné mon expérience d'enseignant elle est à la vérité bien modeste car je suis un tout jeune enseignant mais je voudrais auprès de vous ce matin me faire si c'est possible le porte-parole et peut-être le relais de l'expérience de nombre de mes collègues vous en recevrez certainement bien d'autres pour témoigner de ces
difficultés que nous rencontrons peut-être quotidiennement en tous les cas de manière régulière dans l'exercice de notre métier et qui font partie de l'intitulé même de votre commission ces difficultés en fait ne sont pas étonnantes et c'est de là que je commencerai il est même étonnant que nous nous en étonnions car nous les avons peut-être découvertes il y a peut-être eu une prise de conscience à l'occasion des événements dramatiques qui ont marqué notre pays au début de ce mois de janvier dernier une prise de conscience de l'étendue de la distance qui s'est créée entre la France et une partie de sa jeunesse entre nos institutions et une partie de la population française une prise de conscience que beaucoup d'enseignants beaucoup de mes collègues ont vécu dans
la douleur en voyant leurs élèves incapables d'un dialogue avec eux capable de conserver un dialogue avec la République incapable de partager ces repères et ces principes qui font la vie en société qui la structure et qui la protège mais à la vérité il est étonnant que nous nous étonnions car le diagnostic nous le connaissons déjà parfaitement et nous le connaissions déjà parfaitement permettez-moi de rappeler simplement quelques éléments chiffrés on ne me soupçonnera pas de faux témoignages puisque je les empreinte pour leur totalité au statistiqu publié par le le gouvernement ou par des organes de l'État ou des institutions internationales la dernière enquête PISA publiée en 2013 constatait
que 22 % des collégiens en classe de 5e doivent être considérés comme en situation d'échec et comme je cite la formule de l'enquête PISA incapable de participer de manière active et efficace à la vie de la société en classe de 5e un collégien sur 5 était donc considéré comme en situation d'échec grave une enquête publiée par la direction de la prospective et de la performance de l'éducation nationale constatz que des élèves de 3e un élève sur 5 soit 20 % sont incapables de donner un sens à une information et de décrypter un texte même simple comment s'étonner ensuite quand nous voyons que parmi nos élèves un grand nombre sont incapables de prendre la de la distance
par rapport aux images publiées sur internet comment s'étonner que cette distance critique devienne difficile lorsque nous savons pertinent d'après nos propres statistiques que nos élèves de 3e sont marqués par cette difficulté à décrypter un texte même simple et à donner un sens à une information enfin dernière statistique dernière statistique c'est celle que peut-être nous connaissons le mieux et dont nous parlons le moins et celle qui me paraît sans doute la plus dramatique celle qui chaque année à l'occasion des Journées de défense et de citoyenneté mesure l'ilétrisme dans notre pays comme vous le savez chaque année bon an Malan entre 18 et 20 % des jeunes Français en additionnant les classes de statistique
doivent être considérés comme dans une situation de grande difficulté pour réussir un exercice qui consiste à déchiffrer un programme de cinéma entre 18 et 20 % des jeunes Français à leur majorité ont du mal à dire à partir d'un programme de cinéma quel acteur joue dans quel film à quelle heure est elle production et comment on se rend dans la salle qui permet de visionner telle ou telle représentation comment s'étonner encore ensuite comment s'étonner que nous soyons devant une telle difficulté une telle distance comment s'étonner que nous ayons abandonné ces collégiens ces lycéens qui sortent de nos établissements scolaires à la rapidité à la superficialité à la facilité des discours simplistes auquel ils peuvent être exposés sur Internet et notamment à cette puissance de l'image devant
laquelle aucune distance n'est plus possible quand nous n'avons plus l'expérience du texte de la lecture et du déchiffrage qu'il permet une dernière mention qui est celle peut-être qui me blesse le plus comme enseignant qui qui je pense fait le plus souffrir les enseignants dans l'exercice de leur métier c'est celle qui là encore nous a été infligée par la dernière enquête PISA en 2013 et qui nous a révélé que notre système scolaire français était devenu le plus inégalitaire des pays de l'OCDE celui où le poids de l'origine sociale joue le plus par conséquent bien souvent je crois nous pouvons nous rassurer lorsque nos enfants ou les enfants que nous connaissons sont dans des établissements qui fonctionnent encore car oui l'école n'est pas en situation de faillite
unilatérale oui le système éducatif français n'est pas en situation d'échec partout et nous connaissons et par exemple dans la ville dans laquelle je suis élu nous connaissons évidemment des établissements scolaires qui fonctionnent remarquablement bien nous savons que les enseignants sont dévoués à leur métier qu'ils se donnent à leur métier nous savons que beaucoup d'écoles réussissent ce miracle qui consiste à transmettre le savoir et la connaissance mais dans bien des lieux dans bien des endroits et notamment dans tous les endroits où les familles ne veillent pas où les familles d'une certaine façon même n'exercent pas une attention vigilante une exigence sur le système scolaire auquel ils confient leurs enfants dans bien dans bien des lieux c'est vrai nous avons abandonné nos
enfants nous avons abandonné nos élèves à la facilité de ces discours à la superficial à la superficialité de ces discours et à la tentation de la violence et il est étonnant que nous nous en étonnions aujourd'hui car tout cela nous le savions bien avant Charlie hebbdo tout cela nous le savions bien avant de constater la difficulté que nous avons à parler à nos élèves la difficulté que nous avons à récupérer la confiance de nos élèves quand ils sont soumis à la pression du numérique et quand dans le numérique ils trouvent non pas seulement une technologie d'information mais aussi bien souvent une technologie de désinformation devant laquelle ils sont démunis et privés de toute capacité d'esprit critique de tout cela je le crois profondément et pardonnez-moi si mon propos est
peut-être un peu un peu dur ce matin mais de tout cela je crois que nous sommes absolument responsables nous en sommes responsables et nous l'avons d'une certaine façon organisé vous avez mentionné madame la Présidente ce petit ESS que j'ai publié à la rentrée dernière et qui s'appelle les dshérités ce petit essai est tout simple et très humble il est né d'un étonnement c'est vrai de l'étonnement que j'ai ressenti comme jeune enseignant lorsque arrivant dans notre année de formation à l'IUFM avec tous les collègues qui partager avec moi cette expérience nous avons vu notre formation tout au long de cette année d'ufm structurée par un principe fondamental vous ne devez pas transmettre un savoir c'était la norme qui nous était proposée c'était le principe que nous dev devions suivre
d'ailleurs principe qu'il nous fallait suivre et qui nous était non pas simplement recommandé ou proposé mais imposé avec avec toute la la l'autorité que que que cette institution pouvait avoir sur nous naturellement autorité d'ailleurs parfaitement légitime mais je crois le principe pour le coup posait un problème décisif nous avions appris des connaissances nous avions suivi des formations pour pouvoir partager ce savoir qui nous est commun et on nous présentait l'acte de la transmission du savoir comme une violence comme une brutalité exercé sur nos élèves comme un acte qui ferait peser sur eux la condescendance d'une culture qui s'imposerait à eux et qui les empêcheraiit d'être même qui les empêcherait d'être libre peut-être ce discours était-il animé des meilleures
intentions et je ne condamne pas ceux qui l'ont tenu et je trouverais regrettable et tragique d'ailleurs que le débat éducatif soit réduit à une espèce de suspicion mutuelle portée d'un camp contre un autre je crois qu'au fond nous partageons tous comme adultes une même générosité et le même désir de voir nos élèves et nos enfants grandir dans une authentique liberté et dans une authentique humanité ce discours était donc d'une véritable générosité il consistait à penser que l'autorité de l'adulte était une privation exercée contre la liberté de l'enfant il consistait à penser que tout ce qui est donné à la transmission est enlevé à la liberté ce discours était animé par une vraie générosité au départ mais au fond la faute morale car il y a une faute morale vient lorsque constatant l'échec
de ce principe nous avons été incapable de le remettre en cause comment se fait-il par exemple que nous sachions si bien mesurer l'ilétrisme dans notre pays et que nous soyons incapable de nous poser la question d'une véritable amélioration des méthodes d'enseignement de la lecture l'écart entre ce que nous savons être le réel et notre capacité de réagir au problèmes que nous rencontrons l'écart entre ce que nous savons tous devoir faire et ce que nous faisons effectivement voilà ce qui constitue je crois le véritable scandale éducatif auquel nous sommes arrivé et dont les événements tragiques de Charlie Hebdo ont été un révélateur brutal pour nous car ces événements sont la conséquence de notre échec ce qui a je crois le plus traumatisé les Français dans l'épisode
que nous avons vécu c'est que nous n'avons pas à faire comme dans une guerre on a beaucoup parlé de guerre nous n'avons pas à faaire comme dans une guerre à une agression qui viendrait de l'extérieur nous n'avons pas AFF faaire à une violence qui nous serait infligée de l'extérieur de nos frontière ce à quoi nous avons affaire c'est à la situation de ces jeunes Français qui ont quitté volontairement la République qui ont quitté volontairement la communauté nationale jusqu'à exercer contre leurs propres concitoyens une violence inexplicable une violence injustifiable une violence absolument barbare voilà ce qui peut-être nous tétanise le plus voilà ce qui nous terrorise le plus c'est de voir que ces jeunes Français avaient tous en commun d'avoir suivi la
totalité du système scolaire en France d'avoir fait la totalité de leurs études en France d'avoir suivi la totalité de ce parcours républiain que nous voudrions d'intégration et qui est en fait de désintégration nous n'avons pas de raison de nous en étonner et je terminerai par là nous avons expliquer aux enseignants et les enseignants ont été expliqués à leurs élèves que l'histoire française était coloniale que la langue française était sexiste qu'il fallait déconstruire la culture comme étant porteuse de stéréotype nous avons expliqué à nos élèves que le savoir était un poids qu'on leur infligeait nous avons expliqué à nos élèves que la culture les empêchait de rester naturel et c'est ainsi que les enseignants eux-mêmes ont ét amené à concevoir leur propre métier comme une forme de
malédiction peut-être de malédiction nécessaire mais de malédiction quand même nous avons expliqué que la notation par exemple était une brutalité et c'est la raison pour laquelle nous cherchons une évaluation bienveillante qui serait l'évaluation sans note ce qui implique nécessairement que la notation soit violence que la notation soit coercition et nous nous retrouvons aujourd'hui nécessairement démuni devant cette désintégration que nous avons je le crois personnellement que nous avons nous-mêmes organisé peut-être encore encore une fois avec les meilleures intentions du monde mon propos ici n'est pas de porter un jugement ou d'organiser un tribunal mais d'appeler à une prise de conscience collective qui commence peut-être c'est vrai par un examen de conscience nous avons je crois à
reconsidérer la nécessité de reconstruire une école qui soit centré sur sa mission propre la transmission du savoir la transmission de la culture et peut-être vous me demandiez si j'aurais une piste de réflexion pour refonder cette école que nous appelons de nos vœux je crois qu'au fond la réforme de l'éducation nationale n'est pas une chose très compliquée je crois que la réforme de notre système scolaire n'est pas une chose très compliquée nous avons d'ailleurs dans l'histoire dans notre histoire la trace d'un système scolaire qui a fonctionné qui a réussi ce miracle de constituer l'unité de notre pays au moment où la France était divisée explosé éclaté en groupes divers éclaté en traditions religieuses parfois violemment opposé au moment où la France
était divisée en patoi et en langue qui ne se comprenaient pas qui ne se comprenait plus notre école a réussi à faire l'unité de la France nous en sommes donc capables et les enseignants qui aujourd'hui dans nos établissements scolaires se dévouent à la tâche éducative n'attendent n'attendent peut-être que cela qu'on leur dise que le savoir qu'ils ont reçu et qu'ils ont envie de partager autour d'eux que ce savoirlà est condition de toute éducation le grand paradoxe qui préside à la mobilisation de l'école en faveur des valeurs de la République c'est que cette mobilisation se fait pour n'avoir pas su transmettre avec une forme de coercition redoublée les cours de morale laïque ne fonctionneront jamais imposer des valeurs ne fonctionnera jamais et nous
n'arriverons jamais à construire une école qui pour n'avoir pas su former voudrait désormais formater cela ne fonctionnera pas cela ne peut susciter que rétisence que résistance et que 10 solutions plus fortes encore et plus vives encore de la communauté nationale en revanche si nous savons à nouveau structurer l'école autour de sa mission fondamentale transmettre le savoir transmettre la culture alors oui nous pouvons car la culture est principe de toute humanité et de toute liberté nous pouvons à nouveau construire une école qui éduquera parce qu'elle sera à nouveau instruire je ne crois pas au conflit entre instruction et éducation je ne crois pas qu'il faille opposer ces deux tâches l'école peut téduquer mais elle peut t éduquer si elle sait instruire et l'instruction est le moyen
et même le seul moyen par lequel nous pouvons reconstruire une école qui à la fois reconstruisent notre société et qui en même temps ouvre chacun de ses citoyens à une authentique liberté je vous remercie merci à vous pour ce propos dynamique carré donc monsieur le rapporteur il vous reste la première salve de questions mais il y a déjà des réponses je crois dans dans cette dans ce propos liminire question écoutez merci aussi pour cette fraîcheur enthousiaste et puis réaliste qui me qui qui me séduit je crois qu'il doit séduire no sénateur parce que je crois que nous avons été souvent dans le
déniis et enfin peut-être entendre aussi un un nouvel enseignant venir nous dire des des des points en tout cas préciser des points avec autant de autant d'ardeur je crois que c'est quelque chose qui est qui peut rafraîchir notre institution mais aussi peut-être nous ouvrir d'autres d'autres questions alors moi j'aurais j'aimerais rebondir sur le sur le savoir et sur la culture et sur le sur l'instruction la première question c'est pensez-vous que la consolidation des savoirs fondamentaux pour peut participer à la transmission des valeurs républicaines alors vous vous êtes professeur de de philosophie mais mais il y a d'autres types d'enseignement qui sont à ce jour remis en question souvent par aussi une partie de la population qui sont
l'histoire les sciences de la vie de la terre le français je pense qu'elles peuvent aussi contribuer à cet objectif là la deuxème question c'est est-ce que l'école pour vous doit être être le le vecteur des valeurs républicaines avec en figrane le rôle des parents et comment donner à l'école et aux enseignants les moyens de mieux former les citoyens et puis enfin une dernière question plus généralement on aime bien avoir quelques préconisations quelles seraient pour vous les mesures qui pourrai être mises en place pour lutter contre ces pertes de valeur et puis cette esprit républicain peut-être à retrouver merci vous voulez répondre
merci beaucoup pour ces trois questions qui en fait je crois peut-être n'en font qu'une dans dans la dans la complexité du problème auquel nous avons à faire face et en même temps paradoxalement dans dans sa simplicité l'école demandez-vous doit-elle être le vecteur des valeurs républicaines je le crois personnellement et je dirais même de façon plus large encore que l'école est ce par quoi se fonde toute cité d'une manière générale ce par quoi se fonde toute chos publique toute République il n'y a pas de République sans école il n'y a pas même de politique sans école au sens où il n'y a pas de cité sans école qu'est-ce qu'au fond un citoyen comment former des citoyens Aristote dans les politiques pardonnez-moi de passer par des formations professionnelles la discipline qui m'est
familière Aristote dans les politiques affirme que le propre du citoyen c'est de parler avec les autres et le propre de la cité c'est de parler ensemble de ce qui est bon et de ce qui est juste d'entretenir un dialogue commun d'entretenir ensemble un débat pour cela encore faut-il savoir parler et encore faut-il parler la même langue il n'y a pas de politique quand il n'y a pas de possibilité de parler ensemble avec la même langue d'articuler ensemble avec des mots qui nous permettent de raisonner communément de raisonner en commun il n'est pas de politique quand il n'est pas de transmission efficace d'une langue commune voyez je crois que si l'école peut former les citoyens de demain c'est d'abord peut-être en leur transmettant cette langue commune non
pas seulement au sens de la capacité de parler non pas seulement au sens de la capacité de maîtriser un vocabulaire si déjà nous pouvions nous accorder sur cet objectif ce serait là un grand pas fait en avant mais au sens même de la capacité de parler ensemble avec le fond culturel qui nous soit commun de ce qui est bon et de ce qui est juste et voilà déjà ce qui me paraît décisif tout à l'heure monsieur Slama disait que lorsqu'on a plus les mots naît la violence c'est vrai dans notre expérience personnel c'est vrai dans notre expérience au sens psychique et psychologique du terme dans notre expérience intérieure et c'est là l'exemple preneit monsieur Slama mais c'est vrai aussi dans notre expérience collective lorsque nous n'avons plus les mots pour parler ensemble alors nous
sommes tentés de régler nos différents par la violence lorsqu'il n'y a plus de dialogue commun lorsqu'il n'y a plus de possibilité même d'un dialogue parce qu'il n'y a plus de langue commune alors n'est la violence qui remplace la république c'est quand la République se défait c'est quand la société se dissou que la violence semble se rappeler à nous et de ce point de vue-là il est là encore étonnant que nous nous en étonnions lorsque lorsque la culture n'est plus transmise lorsqu'on a condamné comme coupable la transmission de la culture il est étonnant qu'on voit ressurgir l'autre de la culture c'est-à-dire la barbarie la barbarie comme vous le savez désigne dans son étymologie grecque le le fait de ne pas pouvoir articuler les mots Barbaros désignait les mots inarticulés les sons
inarticulés qui sortent de la langue de celui qui n'a pas reçu la langue commune qui n'a pas reçu une langue articulée et bien la barbarie me semble-t-il c'est ce CR inarticulé qui jaillit d'une génération ou d'une partie d'une génération à qui nous n'avons pas transmis les mots pour participer à la vie citoyenne à la vie de la cité et de ce point de vue-l je voudrais dire que enfin comme enseignant pour rentrer maintenant dans le dans la dimension concrète de l'expérience j'ai eu la chance comme teser vous le savez la plupart des jeunes enseignants sont pendant quelques années remplaçants titulaires sur zone de remplacement j'ai eu la chance de découvrir un grand nombre d'établissements j'ai rencontré des élèves passionnants avec comme tous les jeunes de notre temps comme tous les
jeunes de toute génération une grande générosité une grande intelligence une créativité extraordinaire mais j'ai rencontré aussi et c'est vrai dans les zones les plus défavorisées des jeunes à qui on avait pas transmis les moyens d'accomplir cette créativité d'accomplir cette générosité ce désir de se donner et j'ai rencontré dans ces dans ces lieux dans ces lycées des jeunes dont je me suis souvent dit qu'on ne leur avait pas transmis les moyens de participer d'une manière productive et active comme le disait l'enquête PISA à la vie de la Société des jeune à qui on n même pas donné les moyens de participer à la vie de la cité demain et il y a de ce point de vue-l je crois une grande inquiétude à avoir en tous les cas nous devons nous sentir responsable de ces jeunes qui ont
parfois quitté le système scolaire avant la fin de leur parcours parfois même l'ont suivi jusqu'au bout mais qui n'ont pas forcément reçu ces conditions fondamentales que sont la capacité de parler d'articuler un raisonnement conditions fondamentales pour participer à la vie de la cité pour comprendre les enjeux d'une élection pour comprendre la possibilité de la participation citoyenne et pour prendre leur rôle comme électeur ou comme élu à la vie de la cité l'école doit être le vecteur des valeurs républicaines je dirais d'une manière plus fondamental encore que l'école est ce par quoi se prépare toute République et qu'il n'y a pas de République sans école mais comment y parvenir je crois voyez encore une fois fondamentalement que on n'y parviendra
pas si l'école se trouve mise au service d'une éducation qui se passerait de l'instruction c'est là encore une fois le grand paradoxe et celui qui m'étonne beaucoup on a le sentiment parfois pardonnez-moi ce propos peut-être un peu irrévérencieux mais on a le sentiment parfois que les responsables politiques qui produisent les directives n'ont plus ou pas beaucoup l'occasion d'être en contact avec des jeunes avec des enfants avec des adolescents qu'ils n'ont pas beaucoup l'occasion d'être en contact avec des élèves l'idée qu'on pourrait transmettre des valeurs qui s'imposerait d'elle-même cette idéelà pardonnez-moi est une espèce de de une espèce de fiction ça ne se produit pas et précisément nous le savons très bien nous qui par ailleurs sommes capables
d'encourager chez nos élèves l'esprit critique et de vouloir qu'il développe un esprit critique parfaitement légitime par conséquent aucune valeur ne s'impose d'elle-même aucun principe ne s'impose de lui-même vous pouvez rentrer en classe et dire à des enfants dire à des adolescent qu'il faut refuser tel ou tel comportement qu'il faut adopter telle ou telle pratique ça ne s'impose pas de soi pourquoi faudrait-il être tolérant plutôt qu'intolérant pourquoi faudrait-il être respectueux plutôt qu'irrespectueux pourquoi faudrait-il être paisible plutôt qu'être violent ça ne s'impose pas de soi-même je prendrai un exemple qui m'a personnellement beaucoup marqué dans ma dans dans dans mon itinéraire d'enseignant l'exemple du sexisme on nous dit l'école doit lutter
contre le sexisme ceci fait partie de ces missions fondamentales comme tout enseignant j'ai lu avec attention la lettre que Vincent payon écrivait aux enseignant au début du dernier quinquena et et parmi les les consignes les directives qui étaient proposées aux enseignants dans une lettre de quatre pages sur l'émission de l'école figurait la lutte contre le sexisme c'était une lettre de quatre pages qui parlait d'un très grand nombre d'objectifs et qui mentionnait c'est là d'ailleurs le grand paradoxe c'est qu'on demande aux enseignants de faire un peu tout ce que la société n'arrive plus à faire et donc qui donnait aux enseignants un très très grand nombre de de mission il faut que l'école lutte contre le sexisme pour ma part j'en suis convaincu je je ne je je
n'affirme pas du tout que cet objectif soit superflu ni non plus qu'il soit irréaliste je pense que l'école doit lutter contre le sexisme c'est même une priorité qui me paraît effectivement décisive car je l'ai vu dans beaucoup d'établissements le sexisme est une réalité dans beaucoup d'établissements en particulier dans beaucoup d'établissements défavorisés la relation entre les garçons et les filles entre les jeunes hommes et les jeunes femmes est une relation marquée parfois par une très grande violence la façon dont les garçons parlent fill les comportements les vocabulaires les attitudes sont parfois extraordinairement condescendantes extrêmement violentes et j'ai vu beaucoup de jeunes filles souffrir de cette situation il suffit de considérer les productions de ce qu'il
est convenu d'appeler les cultures urbaines par exemple certaines certaines production pas toutes évidemment mais certaines productions contemporaines pour constater que l'image de la femme y est souvent dégradée que l'image de la femme y est souvent mal trraité et dans notre espace public d'ailleurs dans notre société nous devons reconnaître que même d'ailleurs à travers la publicité même euh voilà que que que que le sexisme est bien souvent que la dévalorisation de la femme est bien souvent une réalité alors comment l'école peut-elle lutter contre le sexisme et bien nous employons une voix que je crois irréaliste et absurde nous organisons des ateliers contre le sexisme des ateliers pédagogiques éducatifs ludique nous entreprenons précisément des cours de moral laïque
dans lesquels nous expliquons que le sexisme c'est mal qu'il ne faut pas être sexiste et que il ne faut pas mal traiter les jeunes filles ni mal leur parler mais ça ne s'impose pas de soi-même et les adolescents nous regardent avec une forme de distance ironique lorsque nous prétendons euh les réunir dans les cours de récréation pour pousser un cri contre le sexisme ou bien lorsque tentant précisément de singer euh ces cultures qui leur sont familières nous organisons des des productions culturelles souvent de mauvaises qualité euh qui ont pour but de montrer comme par une sorte de morale un peu poussive que le sexisme c'est pas bien bon ça ne marche pas c'est évident que ça ne marche pas comment l'école peut-elle lutter contre le sexisme et bien c'est très simple si ce qui n'est
plus le cas aujourd'hui si nos si si nos écoliers si nos élèves si nos étudiants avaient tous une fois dans leur itinéraire scolaire entendu parler je sais pas par exemple entendu parler de la figure de Jean d'c et si on leur avait fait lire quelques pages du procès de Jean d'c quand vous avez lu quelques pages du procès de Jean d'c que vous soyez chrétien ou non et même quand vous êtes musulman quand vous avez lu quelques pages du procès Jean d'c vous ne pouvez plus considérer que les femmes sont inférieures aux hommes c'est impossible impossible vous avez la démonstration vous avez la preuve vous avez l'expérience de l'égalité absolu entre les femmes et les hommes et même de cette capacité qu'une jeune fille de 19 ans a eu un jour d'humilier une assemblée d'hommes beaucoup plus savants
et beaucoup plus docte qu'elle si en physique on réapprenait un peu les éléments fondamentaux de la connaissance de la physique et qu'on apprenait à parler par exemple de ce que je sais pas une femme comme Marie Cury a apporté à la connaissance de la physique à la connaissance de la matière comment voulez-vous penser que les femmes sont moins intelligentes que les hommes quand vous avez compris un peu de la physique quand vous vous êtes un peu émerveillé de ce que Marie Cury vous avait permis de comprendre de ce qui est la matière si et si chose extraordinaire si par miracle nos élèves avaient l'occasion de temps en temps de réapprendre par cœur un peu de notre poésie française quand vous avez appris un peu de ronçard un peu de Verline un peu de Musset un peu
de chaigier comment voulez-vous mal parler à une fille comment voulez-vous ensuite traiter une jeune fille maltraiter une jeune fille de cette manière absurde et dérisoire qui se qui qui se fait jour précisément lorsque la culture s'est effondrée évidemment et c'est une chose très importante nous ne pouvons pas non plus idolâtrer la culture l'homme le plus cultivé du monde est capable d'être lâche et capable d'être méchant et capable d'être violent et capable de faire le mal et nous le savons très bien l'homme le plus cultivé du monde et le peuple le plus cultivé du monde sont capables d'être barbares et de la manière la plus atroce qu'il soit c'est vrai la culture n'empêche pas l'homme d'être inhumain mais l'inculture empêche assurément les hommes d'êtes
complètement humains et c'est exactement ce qui se produit dans l'effondrement du vocabulaire commun dans l'effondrement de la culture commune c'est ce qui se produit dans l'effondrement de la culture cette espèce de barbarie qui consiste en permanence à rabaisser les jeunes filles à ne se rapporter aux autres à ne se rapporter à l'autre que sous la forme de la violence et d'une violence absurde d'une violence déraisonnée d'une violence complètement gratuite cette violence là je crois nous la guérirons non pas en organisant des ateliers contre le sexisme mais tout simplement en reconcentrant l'école sur sa mission fondamental transmettre le meilleur de notre culture transmettre le savoir et encore une fois je le crois profondément voyez cette pratique par
exemple encore une fois arrêtons-nous là-dessus cette pratique du par cœur que nous avons banni de notre école la pratique de la mémoire la culture de la mémoire l'effort même de la mémoire qui consiste à absorber et à se laisser l'expression est magnifique à se laisser transformer par le cœur par les textes que l'on reçoit cette pratique là toute simple qui est la mission fondamentale de l'école transmettre un savoir transmettre à chaque enfant participer permettre à chaque enfant de participer par la mémoire à une culture qui nous est commune et bien cette Pr pratique là je crois en la réhabilitant nous pourrions en faire l'occasion de lutter contre le sexisme mais aussi contre toutes les dérives que nous voyons surgir aujourd'hui j'espère vous avoir montré à travers ce tout petit
exemple comment l'école peut servir ce que nous appelons les valeurs de la République et qui sont en fait en réalité ce qui constittuent les élément d'une forme de morale commune d'une d'une approche commune de ce qu'il de ce qu'il est vraiment humain de faire et d'une manière vraiment humaine de se rapporter à l'autre voilà comment l'école pourrait contribuer à humaniser les hommes et à humaniser ces enfants qui nous sont confiés dans les salles de classe qui sont les nôtres merci beaucoup quelques questions tout d'abord monsieur Kenel oui madame la Présidente tout d'abord bravo pour la fluidité de de votre verbe en 50 minutes vos élèves doivent en
subir je voulais je voulais vous dire que ça fait longtemps que j'ai cessé de m'étonner par contre je m'érite de plus en plus de plus en plus parce que je me rends compte que finalement et pardonnez-moi d'utiliser un peu la la terminologie médicale mais finalement diagnostique est posé et depuis bien longtemps et je crois que nous sommes tous d'accord sur le diagnostic le remède est connu me semble-t-il également par contre la paologie elle finalement fait défaut dans tout ce que vous avez dit et effectivement la lecture du procès de jeanarc est très instructif en quore faut-il savoir lire et le problème on en
revient toujours à la base la base c'est quoi c'est pas tout ce qu'on demande à l'éducation nationale la base c'est quand même comment faire pour que l'ensemble des jeunes puissent y accéder et là j'aimerais bien vous entendre là-dessus Carl une autre question merci Madame le présidente d'abord euh moi j'ai été ravi d'entendre ce ces propos à la fois très réaliste rafraîchissant passionné finalement à partir d'un constat qui est celui qu'on connaît plein d'optimistes et vous avez dit quelque chose moi qui qui me si tout à fait l'école peut éduquer si elle sait instruire est-ce que ça devrait pas être finalement à l'étape de la loi des
nouvelles ESP c'est ça les écoles supérieures de de de de formation des professeurs oui je je rejoins pour ma part la première question je voudrais moi vous poser la question de qui vous partagez absolument tous les points de vue que Benois péistrandi a commis et a écrit dans dans plusieurs tribunes du monde du figarco et cetera et où il disait que il y avait justement une confusion qu'il n'y ait plus de transmission mais que on s'occupait tellement des inégalités sociales qu'il fallait en créant justement ces fameux atelier et qu'il fallait reprendre la transmission et donc je suis en tout cas pour ma part heureuse de voir qu'il y a ces deux enseignants qui parle qui tienent le même
discours rejoignez la première question don merci donc si vous voulez bien répondre merci pour observations et ces et ces questions euh peut-être si vous me le permettez je je voudrais partir de la question du du sénateur Carl monsieur le sénateur effectivement je je crois que il me semble que nous devrions reprendre conscience de la nécessité de d'éduquer par l'instruction et je crois que c'est c'est c'est c'est une c'est c'est une prise de conscience qui est urgente car pour pour répondre à votre intervention malheureusement me semble-t-il le diagnostic n'est pas partagé il n'est pas partagé parout et
notamment il n'est pas partagé par ceux qui aujourd'hui encore ont la mission de structurer la pédagogie de l'école et de structurer notamment la formation des enseignants je l'ai je l'ai vu j'en ai fait l'expérience comme comme mes collègues d'ailleurs et nous en avons tous été marqué quel que soient d'ailleurs nos nos origines personnel quel que soi nos convictions personnelles nos sensibilités politique nous étions là comme jeunes enseignants pour suivre notre formation et nous étions nous avons été très très étonnés très marqués par par ce discours et depuis d'ailleurs que que j'ai publié ce ce petit essai je reçois énormément de courriers de collègues ou de collègues à la retraite qui me qui me confient avoir vécu de manière parfois douloureuse leur propre expérience de cette de cette
formation les les formateurs qui que nous rencontrions et je crois ceux qui aujourd'hui inspire la pédagogie de de l'école de la République sont convaincus que l'école ne s'est pas encore assez réformée que la transmission n'a pas encore été assez déconstruite et que c'est pour cette raison-là que nous voyons encore ces inégalités dont dont vous parliez à l'instant ces inégalités que nous voudrions chasser prenons un exemple tout simple l'exemple de la polémique qui avait surgi lors du retrait de l'épreuve de culture générale de l'entrée des concours de des concours d'entrée de de de sciencep Paris l'UP de Paris comme vous le savez a retiré il y a quelques années son épreuve de culture générale du concours d'entrée en adoptant ce qui est intéressant ce n'est
pas la réforme en soi mais c'est sa justification un discours extrêmement simple qui consiste à dire que la culture est une occasion de discrimination que la culture est discriminatoire par contre séquent il faut retirer la culture de nos épreuves de sélection pour éviter de reproduire ces discriminations et si nous voulons produire de l'égalité il faut déconstruire la culture çaen était suivi un vaste débat et je me rappelle très bien c'était ma première année d'enseignement je me rappelle très bien de ce ministère de ce communiqué qui avait été publié par le ministère de l'Enseignement supérieur et qui disait que il fallait entreprendre une vaste réflexion sur la place de la culture général dans les concours de recrutement des écoles de la fonction publique au
motif que la culture est l'occasion d'une sélection discriminatoire cette idée là voyez je crois elle est le témoin du fait que le diagnostic n'est pas partagé par tout le monde en tous les cas le diagnostic que je viens de de vous proposer et qui consiste à penser au contraire que la culture est l'occasion de toute égalité réelle de toute liberté réelle et qu'on ne frapp pas l'égalité à l'intérieur de notre pays en défaisant la culture car alors on laissera en fait les plus privilégiés les plus favorisés c'est ce qui se produit aujourd'hui accéder au poste de responsabilité la culture est nécessaire pour devenir vraiment libre pour accomplir ses facultés pour accomplir ses talents faire la culture c'est donc priver ceux qui ne la reçoivent pas dans leur famille dans leur cercle familial
dans leur milieu social c'est les privés d'accéder à la possibilité d'accomplir ce qu'ils sont et de constituer dans une véritable liberté leur propre projet de vie par voie de conséquence je le crois profondément le diagnostic n'est pas partager et encore faudrait-il que nous puissions le partager avec ceux qui aujourd'hui ont la charge de mettre en œuvre les pédagogies de l'école car eux pour le coup ont la conviction que c'est parce que l'école ne s'est pas encore assez réformée parce que la transmission n'a pas encore été assz déconstruite que nous sommes dans cet état d'inégalité persistant et ceci me conduit à répondre donc à la question que que vous posiez je crois qu'il faudrait effectivement rappeler peut-être dans le temps de la formation des enseignants que c'est par
l'instruction que l'école peut éduquer que c'est par le savoir que les enseignants ont à transmettre qu'ils peuvent servir une égalité et une liberté réelle de leurs élèves et ceci constituerait un geste extraordinairement fort car nous avons vécu dans notre expérience de formation l'expérience très douloureuse d'un soupçon porté sur notre activité d' un soupçon porté sur notre propre savoir voilà sans doute le plus le plus douloureux pour un enseignant quand on vous explique dans votre propre formation que vous êtes le tenant d'un système militaro hospitalo carcéral je cite là le formateur que nous rencontrions que l'école est à la fois quelque chose qui tient de la caserne de l'hôpital et de la prison quand on vous explique que vous êtes en mettant des
notes à vos élèves le capot du système ultralibéral et que vous préparez pour l'avenir les masses laborieuses dans lesquelles les multinationales iront se servir parmi le prolétariat résigné que vous aurez constitué pour pour elle bien d'une certaine façon vous ressentez une forme de culpabilité je crois qu'on ne comprend pas la crise de l'école si on ne comprend pas que l'éducation nationale est comme un vaste système entré en dépression collective nous continuons à enseigner parce qu'il faut bien le faire mais nous ne savons plus pourquoi nous avons perdu le sens de la fécondité de notre mission on nous explique que le savoir que nous portons est un poids infligé à nos élèves la grande expression par exemple du bagage culturel qu'il faudrait transmettre aux
enfants mais si la culture est un bagage la Cult culture est un fardeau car un bagage c'est pesant c'est pénible ça gêne la liberté de mouvement la culture je le crois profondément n'est pas un bagage elle n'est pas quelque chose d'accessoire elle n'est pas de l'ordre de l'acquis comme on le dit souvent là encore dans le vocabulaire pédagogique contemporain on ne mesure pas des acquis à l'école à l'école on apporte un surcroit d'être et l'autorité de l'enseignant est ce par quoi sont augmentés les élèves de leur être propre et de leur liberté réelle les auteurs que nous faisons rencontrer à nos élèves font autorité et leur autorité est condition de toute liberté nous l'avons vu évidemment dans cette période troublée qui qui a suivi l'histoire de de le drame la tragédie de Charlie Hebdo
nous l'avons vu l'autorité des enseignants qui a disparu n'a pas disparu au profit d'une liberté des élèves lorsque l'autorité de l'école s'effondre et bien nos élèves sont abandonnés à l'oppression de ces discours de ces discours simplistes et superficiels de cette coerition nouvelle que l'on voit fleurir sur internet de ces idéologies qui les prennent en otage l'autorité de l'école est la condition de toute liberté elle a été d'ailleurs pour nous-même aussi la condition de notre propre liberté d'aujourd'hui et nous devrions en être reconnaissant de cela de ce point de vue je crois que vous voyez affirmer que le savoir et la condition de toute liberté ce serait faire un geste extraordinairement fort à l'égard du monde enseignant ce serait dire aux enseignants que le savoir
qu'ils ont reçu que la formation qu'ils ont suivi est féconde pour les élèves qu'ils rencontrent et que ce savoir qu'ils ont désiré partager et ce dans quoi se constituera toute liberté et toute humanité pour le monde qui vient pour les générations qui naissent aujourd'hui et les enseignants d'une TER façon je crois ont soif de ce discours et si je peux me permettre de me faire ici humblement le porte parole de mes collègues nous avons soif d'un discours qui redonne sens à notre métier et nous avons besoin que le politique se ressaisisse de ce discours le politique aujourd'hui est dans une situation très pénible à l'égard du monde enseignant encore une fois quand nous entendons notre ministre par exemple parler elle-même de l'évaluation sans note qui serait la
seule évaluation bienveillante nous entendons notre ministre implicitement dire que notre notre activité qui consiste à mettre des notes est une activité malveillante implicitement quand le ministère de l'Éducation nationale et vous voyez que ce n'est pas une question de partie car la période dont je parle était celle d'une précédente majorité quand le ministère de l'Éducation nationale et de l'enseignement supérieur publie un communiqué disant que la culture est l'occasion d'une sélection discriminatoire en fait il accuse les enseignants de reproduire des inégalités et donc nous nous sentons coupables et on ne peut pas penser le malaise du monde enseignant sans cette espèce de culpabilité qui est je crois infondée mais qui est entretenue par le disc cours commun et notamment c'est vrai
malheureusement par le discours des politiques à l'égard de l'école toute tendance confondue ici mon propos n'est pas de de de politique secteur ou partisan je crois que c'est là encore l'objet d'une prise de conscience qui doit être collective alors comment faire maintenant pour que tous puissent accéder à cette culture commune et vous le rappeliez monsieur le rapporteur vous avez je crois beaucoup travaillé sur cette question du du socle commun des connaissance vous rappeliez les les résistances qui qui parfois naissent dans l'espace de de de de nos classes les résistances qui qui parfois naissent à certains enseignements à une certaine transmission ces résistances que nous nous rencontrons dont nous faisons parfois l'expérience je crois que ces résistances nous avons malgré tout
tendance à les exagérer nous avons nous avons placé l'enfant au centre du système scolaire et c'était tout à fait naturel l'enfant a toujours été au centre du système scolaire parce que évidemment le but de l'école n'est pas le savoir en tant que tel n'est pas l'éudition mais mais bien la croissance de l'enfant qui lui est confié le vrai problème n'est pas que nous ayons placé l'enfant au centre du système scolaire le vrai problème est que nous ayons construit une école qui soit toujours et systématiquement à la hauteur de l'enfant à hauteur d'enfant à la hauteur de ce que nous pensons être ses capacités à l'instant donné à hauteur de ce ce dont nous croyons que cela constituera pour lui un plaisir une satisfaction un intérêt immédiat nous avons fait de notre école le règne de
l'immédiateté le règne d'une satisfaction d'un intérêt immédiat et nous avons voulu bannir tout ce qui semblait constituer une médiation l'expérience d'une rencontre avec quelque chose qui serait un intermédiaire en vue d'un progrès en vue d'un changement nous avons voulu bannir d'une certaine façon tout ce qui représentait cette médiation le cours magistral la lecture continue l'effort qui consiste à apprendre par cœur le travail de la mémoire tout cela nous l'avons banni et nous avons cru nous concilier ainsi l'affection de nos élèves nous avons pensé que faire une école qui ne serait pas trop difficile pour eux ce serait faire une école qui serait plus sympathique plus plaisante une école dans laquelle ils auraient plus de plaisir à aller mais en fait en
réalité c'est une catastrophe parce que ce que les élèves attendent c'est précisément quelque chose qui les dépasse quelque chose qui les élève mon expérience personnelle d'enseignant c'est que lorsque nous suivons les consignes qui nous étaient données celles qui consistent par exemple à ne jamais faire de cours magistral à organiser en permanence des débats des discussions des ateliers participatifs lorsque nous passons notre temps à soliciter les élèves en leur demandant de produire par eux-mêmes leur propres savoir alors nous construisons une école d'un ennui mortelle car si on vous demande tout le temps votre avis c'est vraiment pas la peine d'aller à l'école votre avis vous l'avez déjà si vous venez par exemple en cours de philosophie pour qu'on vous demande ce
que vous pensez sur le bonheur c'est vraiment pas la peine d'aller en cours de philosophie vous avez déjà une idée sur la question vous venez en cours de philosophie pour rencontrer une histoire qui vous précède pour rencontrer des auteurs qui justement fassent autorité vous venez en cours d'abord pour écouter et non pas d'abord pour parler d'abord pour recevoir et non pas d'abord pour participer la participation la création la créativité viennent ensuite et viennent après et c'est le propre de toute notre expérience humaine que nous ne sommes pas immédiatement capables de notre propre créativité ce dont un enfant est capable il ne le possède pas encore ce dont un enfant sera vraiment capable demain et ce dont il sera par nature capable il a besoin d'abord de beaucoup recevoir pour pouvoir
l'accomplir et c'est le pari de toute éducation que que de regarder un enfant non pas comme ce qu'il est maintenant à un instant T mais de le regarder comme étant capable de chos qu'il ne maîtrise pas encore et mon expérience personnelle c'est que lorsque vous venez en cours au contraire en affirmant que vous avez quelque chose à transmettre quelque chose qui mérite d'être entendu quelque chose qui mérite qu'on fasse silence pour un temps alors vous rencontrez c'est vrai des résistances car l'éducation est toujours une tâche difficile et de fait elle se fait toujours d'une certaine façon dans la douleur vous rencontrez c vrai des résistances et vous avez une tâche difficile devant vous mais en même temps commence en même temps qu'une forme de guerre une magnifique histoire d'amour
lorsque vous rentrez en classe en disant à vos élèves que vous avez quelque chose à leur transmettre alors de fait il deviennent réceptifs ils deviennent attentifs avec le temps peut-être c'est vrai mais ils le deviennent vraiment et même et peut-être surtout dans les endroits qu'il est convenu d'appeler défavorisé dans les zones les plus difficiles dans les zones les plus sensibles j'ai rencontré cette soif immense cette intérêt pour ce qu'il y a de plus grand et de plus beau dans la culture cette soif d'intelligence cette soif de réflexion cette soif de la littérature cette soif de la poésie je vais les rencontrer peut-être surtout dans ces lieux où nous avons devant nous des élèves qui ont conscience de manquer de tout tout et qui ont conscience par
ce manque d'avoir soif du meilleur donc je crois voyez au fond finalement les résistances ne sont pas si grandes que nous nous l'imaginons souvent et j'ai partagé ces expériences avec beaucoup de collègues y compris avec des collègues d'histoire on parle souvent de l'histoire comme d'une discipline difficile à enseigner je crois que lorsqu'un enseignant arrive avec une authentique passion de l'histoire conscient que l'histoire de notre pays est belle qu'elle mérite d'être reçue et que tous ceux qui sont dans l'espace de la classe étant français ou étant habitant en France en sont légitimement les héritiers lorsqu'on arrive avec ce sentiment que tout enfant a droit de connaître l'histoire de ce pays dans lequel il grandit alors dans ce cas on rencontre une attention on la suscite on
la fait naître et les élèves répondent comme on écho à notre désir de transmettre par leur propre désir d'apprendre évidemment encore une fois ça se fait toujours dans la difficulté on peut pas imaginer que l'école soit autre chose que l'expérience de la difficulté pédagogique Alain écrivait que la pédagogie c'est la science des professeurs chahutés et de fait je ne voudrais pas faire ici celui qui par une espèce de prestige usurpé vous ferit croire qu'il n'a jamais été chahuté bien sûr bien sûr la pédagogie et la science des professeurs chahuté mais en même temps à l'intérieur même de cet effort et de cette difficulté que nous rencontrons parfois à l'intérieur même de ces résistances que nous voyons se lever devant nous il y a toujours comme un appel et l'appel de ces élèves qui
attendent d'être élevés qui attendent d'être des élèves Gustave tibon disait ce qui m'a toujours beaucoup guidé dans ma Tâage d'éducateur celui qui ne me donne rien c'est celui qui ne me donne pas l'occasion de me donner celui qui d'une certaine façon ne me donne pas l'occasion de me dépasser nous avons construit une école d'une incroyable pauvreté précisément parce qu'elle ne donne jamais aux élèves ou si peu si rarement l'occasion de se dépasser l'occasion d'aller au-delà de leur propre capacité voyez il y a une forme de contradiction absolue de ce point de vue-là on parle de l'éducation comme d'une violence c'est ce que disait Pierre Bourdieu tout acte éducatif est violence on parle de la transmission comme d'une forme de coerition on parle de la notation comme d'une brutalité
mais nos élèves ils attendent au contraire l'occasion de recevoir quelque chose qui les dépasse ils attendent une occasion de se dépasser et dès que l'école est finie ils vont par exemple faire du sport et quand ils vont faire du sport il rentrent pas sur le terrain de foot en disant on va pas compter les points parce que ce sera trop violent pour celui qui va perdre non ils ont envie d'être stimulés ils ont envie d'être dépassés ils ont envie de donner le meilleur d'eux- même c'est à ça qu'ils aspirent et d'une certaine façon je crois voyez pour aller jusqu'au bout encore du raisonnement je crois que de façon monstrueuse et de façon atroce c'est précisément ce que l'État islamique propose à nos élèves c'est ce que l'idéologie la plus atroce propose à
nos élèves une occasion de se donner une occasion de se dépasser une occasion de se sacrifier c'est peut-être abominable de dire ça mais malgré tout je crois que c'est vrai nous avons dit à nos élèves on ne va jamais vous déranger on ne va jamais vous imposer quelque chose de trop difficile vous inquiétez pas on vous respecte on vous laisse dans votre cocon on vous laisse dans votre bulle on vous laisse être immédiatement ce que vous êtes on ne vous demandera jamais de faire eff forort sur vous-même et nous avons cru par là nous concilier leur amitié mais en fait en réalité ce qu'il cherchent dans dans ce monde nos élèves ça n'est pas simplement une raison de vivre c'est une raison de donner leur vie ça n'est pas simplement une raison de de de de de de de se trouver
correctement en ce monde de consommer de vivre une existence qui serait à la mesure de leur propre désir mais c'est une occasion de se donner une occasion de se dépasser une occasion d'être élevé et l'expérience que j'ai faite encore une fois et c'est ma grande source d'espérance vous avez dit tout à l'heure que j'étais optimiste je sais pas si je suis optimiste parce je pense que nous n'avons pas beaucoup de raison d'être optimiste mais en revanche j'ai une très grande espérance ce qui est tout à fait différent je crois qu'il faut regarder la réalité telle qu'elle est avec toutes les difficultés qu'elle comporte et aller au-delà de de cette de cette difficulté c'est précisément ce qu'on pourrait appeler l'espérance et ce qui fond de mon espérance c'est cette
expérience que j'ai faite si souvent de la soif des élèves et notamment de la soif des élèves dans ces milieux les plus défavorisés dans ces milieux les plus fragilisés dans ces lieux c'est vrai aussi où nous avions devant nous des élèves issus de culture extrêmement varié issus d'origine extrêmement diverse dans ces lieux-là j'ai rencontré peut-être la plus grande soif de notre propre culture et de ce qu'elle comporte de meilleur et c'est cela qui fonde mon espérance merci beaucoup pour cette intervention brillante et optimiste pessimiste ça ça dépend comment chacun le ressent en tout cas enthousiaste et j'espère que vous ne perdrez pas tout cet enthousiaste au fur à mesure de de
vos rencontres et de votre enseignement dans différents écoles parce que bravo merci tropôt à l'université quoi merci beaucoup merci en tous les cas de de vos travau et je fais confiance à votre commission comme comme jeune enseignant et comme et comme jeune citoyen aussi et je vous remercie beaucoup de vous pencher sur ces sur ces questions je crois que peut-être les les périodes difficiles que nous vivons sont sont justement l'occasion d'une prise de conscience qui qui sera salutaire aussi bien d'ailleurs dans dans l'opinion publique que que dans nos élus merci infiniment en tous les cas de de m'avoir reçu et j'espère que que de vos travaux pourront pourront sortir ce discours dont nous avons tant besoin et dont je vous suis déjà par par par avance infiniment
reconnaissant tout sera problème de posologie n'est-ce pas chers collègues ben je crois que vous avez une bonne image diagnostique remède et posologie merci mes chers collègues nous recevons maintenant Madame Gabrielle de Rameau professeur de lettres et auteur d'un ouvrage au titre d'écapant sur votre expérience d'enseignante collège inique Tam mère titulaire d'une licence de philosophie et d'une maîtrise de lettres modern vous avez été admise au concours du capess de lettre modern en 1998 vous êtes depuis cette date professeur de français dans les collèges et lycées de région parisienne dans votre livitre vous racontez le quotidien d'une jeune enseignante en établissement difficile dans l'Académie de créteille
tout d'abord puis à Paris vous y regrettez notamment l'absence de soutien de la part de l'institution et le manque de formation des enseignants la commission d'enquête a souhaité vous entendre afin que vous puissiez nous faire part de ces réalités que vous vivez sur le terrain bien sûr nous allons aussi sur le terrain les événements de janvier 2015 s'inscrivent-ils selon vous dans une tendance de fond traduisant une perte de repère si c'est le cas quelles sont les causes de cette dérive et quelle mesure pourrait être pris pour l'enrayer comme le bureau de la commission d'enquête l'a décidé cette audition sera captée et diffusée en direct sur le site internet du Sénat et elle fera également l'objet d'un compte-rendu publié dans le recueil
des travaux de commission accessible en version papier sur le site internet du Sénat avant de vous passer la parole madame le formalisme des commissions d'enquête me conduit à vous demander de prêter serment je suis également tenu de vous indiquer que tout faux témoignage devant notre commission serait passible des peines prévues aux articles 43413 et 43415 du code pénal en conséquence je vous vous invite à prêter serment de dire toute la vérité rien que la vérité levez la main droite et dites je le jure je le jure je vous remercie selon l'usage habituel je vous propose de nous faire part de vos observations durant une dizaine de minutes après quoi notre rapporteur Jacques groperin et les membres de la commission qui le souhait pourront vous poser leurs questions vous
avez la parole madame la présidente monsieur le rapporteur mesdames messieurs en septembre 2001 nous avons dû faire respecter dans nos classes 3 minutes de silence pour les victimes du World Trade Center mes élèves ont entonné alors des champs Palestiniens jeunes professeurs interdit devant leur réaction je les ai laissé chanter personne à l'époque n'a parlé de ces incidents et pourtant ils furent aussi nombreux nous personnels de l'Éducation nationale avions pressenti que rien ne serait plus pareil déjà agité par les soubressau du conflit israélo-palestinien l'école subirait les répliques des violents conflits à venir aujourd'hui on nous parle de réaffirmer les grands principes de la République à nos élèves la laïcité en particulier
mais c'est un combat que nous menons déjà tous les jours nous sommes en première ligne pour expliquer et réexpliquer inlassablement la place de l'école et celle de la religion la séparation du temporel et du spirituel l'étanchéité nécessaire entre la sphère publique et la sphère privée la loi de 1905 qui nous semble si naturel ne l'est pas pour bon nombre de nos élèves dont certains viennent de pays où la religion est partout près car religion d'État nous devons en premier lieu expliquer que si nous respectons en tant que citoyens les lois de la République c'est parce que nous les avons choisis et voté parce qu'ell nous protège et non parce qu'ell nous contraignent ou que nous craignons de quelconque représail respecter la loi parce que nous l'avons
validé et non parce que nous la subissons pour faire comprendre aux élèves d'aujourd'hui l'esprit de la loi de 1905 nous avons à rappeler les grands massacres dus aux guerres de religion qui opposèrent dans l'histoire protestant et catholique en France le plus jamais ça garanti par une invention unique dans l'histoire de l'humanité la laïcité qui au contraire d'interdire toute religion comme le pensent beaucoup de nos élèves permet à chacun d'être respecté dans ses croyances dans sa foi comme dans son athéisme quel que soit son origine ou sa couleur de peau la laïcité crée un espace protégé et commun propice notamment à la sérénité nécessaire à l'étude et à l'instruction c'est peu de dire qu'elle nous est plus que jamais indispensable à à l'école en
2015 les professeurs de l'école publique enseignent depuis longtemps le fait religieux les programmes de français d'histoire suivent la même protection progression pardon en 6e l'Antiquité en 5e le moyen-âge en 4e les 17 18e et 19e siècle et en 3e les 20e et 21e sièclle lorsqu'en 6e le programme nous demande d'étudier la Bible nous adaptons évidemment cet enseignement à notre public scolaire et proposons une lecture comparée avec le Coran privilégiant les points de rencontre des grandes traditions monothéiste comme par exemple la la figure emblématique du patriarche Abraham Ibrahim oou l'étude comparée du jardin d'Eden dans la tradition hébraïque ou coranique de même en 5e la chanson de rouand où les épopées des croisades sont l'occasion de mettre en lumière les échanges entre la
civilisation occidentale et le monde arabo-musulman mettre l'accent sur les rencontres fructueuses pour la médecine l'architecture les sciences les arts et les lettres plutôt que les sur les confrontations guerrières poser la religion comme objet des étude s'instruire discuter débattre en apprenant à mettre de côté son histoire personnelle ses croyances ses traditions qui tout aussi forte et respectable qu'ell soit n'ont pas leur place dans l'enceinte protégée de l'école laïque il nous faut lutter sans cesse contre les tentative de confiscation du discours sur la religion et nous montrer particulièrement ferme sur le principe que la religion est un objet d'étude au même titre que la biologie ou la peinture dans une époque très empreinte de spiritualité où nos élèves parlent
volontiers de religion parce qu'elle fait partie de leur pratique quotidienne et familiale il est primordial de rappeler que l'école a le droit de parler de la religion de la comparer de la critiquer tout en garantissant à chacun le respect absolu de ses convictions personnelles l'autre écueil auquel est confronté l'école d'aujourd'hui est la pensée complotiste qui rend suspecte toute parole présentée comme officielle on nous menent tout est faux tout est falsifié il faut se méfier des journalistes des politiques des professeurs instruction dispensée à l'école vu comme propagande prisme pervers qui rend suspecte et donc contestable la parole du professeur c'est au nom de ce grand complot imaginaire que fut contestée la véracité des attentats de 2015 une sordide mise
en scène orchestrée par les services secret français pour salir l'islam soi-disant tout peut alors être remis en question les sujets épineux comme le génocide arménien la Seconde Guerre mondiale la Choa la décolonisation le le calvare d'Ilan Alimi la culpabilité de Mera comme les bases mêmees de notre pensée occidentale la théorie de l'évolution ou la révolution copernicienne ce qui rend nos élèves perméable à ces divagations toxiques est avant tout l'appauvrissement dramatique de leur vocabulaire et donc de leur facultés à exprimer et à penser le monde imaginez que pour beaucoup de nos élèves des mots d'usage courant comme pâle ou pénombre ne sont pas compréhensible même dans les bons établissements une grande partie des élèves ne comprend que
superficiellement les textes L ou étudier ils donnent le change car ils comprennent globalement mais ils n'ont pas accès à une compréhension fine d'une réalité de plus en plus complexe ils sont les proies faciles pour n'importe quel manipulateur qui serura leur montrer une vision du monde simpliste qui leur permettra donc plus lisible et plus crédible l'école est le dernier creusé où se rencontent les citoyens de demain le seul endroit où s'écrit le roman national or nous avons de moins en moins de temps et de moyens pour les aider à écrire ensemble une histoire faite de paix et d'enrichissement réciproque jamais l'inégalité entre nos élèves n'a été si criante entre de bons élèves toujours plus stimulés et cultivés et des élèves laissés au bord du chemin sans bagage sans espoir cible tout
désigné des bonimenteurs de tout poil nous sommes particulièrement inquiet du projet de réforme qui s'annonce qui prévoit entre autres l'apprentissage d'une deuxième langue vivante dès la 5e comment imaginer que ce dispositif ne creuse pas encore plus les différen déjà insupportable entre des élèves culturellement favorisés qui absorberont sans peine ce sur cro de travail et nos élèves moins privilégiés pour qui cette deuxième langue vivante se en sera en réalité une troisième parlant à leur dans leur maison leur langue maternelle et ayant déjà apprendre le français ainsi qu'une autre langue à l'entrée en 6e l'autre victime collatérale de ce projet sera l'enseignement du latin et du grec que plus aucun élève ne choisira désormais et qui offre pourtant l'occasion unique de jeter des ponts
entre le Nord et le Sud de part et d'autres de la m de la Méditerranée notre berceau de civilisation ce vaste empire dont nos ancêtres étaient tous citoyens et dont nous sommes aujourd'hui les héritiers cette réforme va à l'encontre des besoins urgents constatés sur le terrain nos élèves ont besoin de se sentir inscrit dans une histoire commune et de plus d'heures consacré au savoirs fondamentaux savoir lire savoir écrire savoir compter pour comprendre le monde complexe qui est le nôtre et pour en devenir des citoyens armés pour les grands défis qui s'annoncent ensemble merci beaucoup madame pour ce propos liminire qui est très clair donc le rapporteur va vous poser quelques
questions merci pour le tableau aussi euh réaliste en tout cas que vous vivez vous qu'on entend pas toujours de la part d'autres d'autres acteurs de de ce qu'on appelle la communauté éducative à savoir les recteurs les inspecteurs euh et parfois quelques ministres qui sont peut-être un peu plus éloigné en tout cas du du champ et de la pratique que vous-même euh donc vraiment merci de pour votre témoignage j'aurai plusieurs questions la première question euh lorsque vous parlez de collège inique est-ce que bon on a bien compris que c'est un jeu de mot aussi mais est-ce que c'est aussi peut-être une remise en question du collège unique parce qu'on en a pas parlé on en a parlé quelquefois il y a eu il y a parfois des euh des
interprétations différentes et puis surtout euh des prises de vue différentes dans la mesure ou pour certains il faut garder un collège unique pour d'autres euh et c'est vrai que lorsqu'on parle du redoublement on veut éviter redoublement on veut éviter les notes mais dans d'autres pays le redoublement n'existe peut-être pas mais il y a aussi des voies d'orientation qui sont préalables et qui permett justement de l'éviter euh plus plusieurs questions la deuxième question c'est euh euh bon vous décrivez bien sûr dans votre dans votre livre la vie d'une enseignante au sein d'un établissement difficile comment ça se manifeste vous vous avez répondu en partie mais si vous voulez peut-être euh compléter comment ça se manifeste véritablement cette perte de de repère républicain de de vos élèves
vous parlez également vous dénoncez l'absence de de soutien hiérarchique voir la culpabilisation des enseignants face à certains comportement des élèves est-ce que vous avez constaté une évolution depuis le début de de votre carrière vis-à-vis de cela ou un manque de soutien de la part de de la hiérarchie bon les mesures annoncées par le Président de la République vous et la la ministre d'éducation vous avez les avez esquissé en tout cas donc je ne REP poserai pas la question mais peut-être enfin dernière question pour laisser aussi la parole à mes à mes collègues quelles seraient les mesures qui pourraient être prises pour lutter contre contre cette perte de repère de valeur mais contre tout cela bien alors alors en ce qui concerne le
collège unique je ne suis pas partisane de de remettre en question cette organisation scolaire qui me semble effectivement profitable à tous d'être ensemble au moins jusqu'au lycée euh et justement de d'être confronté à d'autres milieux d'autres d'autres élèves que soi-même cependant vous l'avez souligné nous avons aussi de graves manquements à l'organisation de l'enseignement professionnel qui est encore vu comme une voie de garage alors que il se trouve que nous avons des des établissements professionnels de haute qualité qui promettent un avenir beaucoup plus brillant à nos élèves que ceux qui choisissent d'aller à l'université et dont on s dont la
plupart sortent sans aucun diplôme je crois que les choses commencent à avancer mais vraiment à petit pas et il faut vraiment travailler dans ce sens donner envie aux élèves d'acquérir un métier un savoir-faire une liberté une une place dans la société qu'ils ne trouveront pas sinon euh alors un collège unique oui mais il faut quand même garder à l'esprit que nous avons 32 élèves par classe et que à ce stade c'est il est très difficile pour nous enseignants d'avoir un suivi personnalisé comme on nous demande de plus en plus c'est vraiment des des situations d'enseignement qui sont difficiles et qui n'avantagent pas évidemment c'est toujours les mauvais
élèves qui en font le prix car les bons non'ont finalement assez peu besoin du professeur en ce qui concerne la perte de repèr je crois que les deux piliers fondamentaux que nous essayons de transmettre à puisqueon parle de valeur républicaine oui mais lesquelles la laïcité dont j'ai bien parlé je crois et qui me tient beaucoup à cœur ainsi qu'à tous mes collègues et il y a un autre aspect qui est là beaucoup plus difficile à transmettre c'est la méritocratie donc jusqu'à ma génération nous avons tous profiter entrer à l'école et avoir l'espoir d'en sortir grandi quel que soit notre origine quel que soit notre couleur de peau aujourd'hui ça n'est plus possible cet ascenseur social est en panne on le lit partout et on le répète mais c'est la
vérité aujourd'hui l'école n'est pas l'endroit où vous allez faire carrière et les élèves le savent parfaitement sans entrer dans des détails sordides il faut bien s'imaginer que dans certains quartiers de notre République le seul choix qu'on laisse à nos élèves c'est soit une radicalisation religieuse pour espérer acquérir un statut soit le trafic de drogue et ça tant qu'on l'a pas imaginé et vécu on ne peut pas nous dire à nous professeurs que notre travail est mal fait voilà car il faut quand même s imaginez que ces gens doivent gagner leur vie un jour ou l'autre et que quand on est abandonné de tous et ben parfois on n pas le choix de choisir quelque chose une voix plus noble et cette méritocratie est mise en
panne aussi à l'école puisque les élèves voient très bien que quel que soit leur résultat de toute façon ils passeront en classe supérieure certains élèves posent tellement de problèmes qu'il n'est pas question de les garder une année de plus au collège personne n'a envie de les garder et eux-même n'ont pas envie de rester euh nous avons dans toutes nos classes même dans les établissements 10 de centrre-ville des élèves fantômes qui assistent à 8h de cours par jour dont ils ne comprennent pas un traîre mot les deux premières années ils sont gentils et calmes et les deux dernières années ils sont très agités et plus du tout calme mais il faut se mettre à leur place aussi et qu'est-ce qu'on offre à ces élèves comme perspective mais pas grand-chose voilà pas grand-chose il y a
150000 élèves qui sortent à 16 ans sans aucune qualification estce qu'il faut bien comprendre c'est que la plupart d'entre eux sortent moins avvant du collège qu'il n'y sont entrés car ces années d'abétissement d'abrutissement évidemment font des des dommages terribles chez ces jeunes alors à propos du soutien hiérarchique ça cela vée vraiment des établissements moi j'ai la chance entre guillemets d'en faire beaucoup car je n'ai pas de poste fixe je suis cette année sur trois établissements par exemple ce qui me permet évidemment de comparer les directions les unes avec les autres euh la chose dont nous manquons le plus puisque nous parlions de ces classes à plus de 30 élèves ce sont des surveillants parce que des
classes de 30 élèves vous pouvez imposer votre loi à l'intérieur de votre classe avec de l'expérience et de l'autorité vous y arrivez en revanche il est complètement illusoire de s'imaginer que cette autorité va s'étendre dans les couloirs ou dans la cour de récréation ou dans les toilettes où il n'y a pratiquement aucun adulte pour surveiller ces jeunes et il se passe des choses même dans tes des établissements qui ont l'air comme ça à priori tranquille terrible qu'on soupçonne qu'on connaît mais nous n'avons aucun moyen d'y mettre de l'ordre voilà ça c'est la première chose des choses à développer des choses du trafic de drogue des filles qui se prostituent dans les toilettes des bagarres incessantes des gestes qui ont l'air anodin pour les élèves mais qui mettent
une ambiance terrible par exemple le jeu qui consiste à se mettre une grande claque quand on passe dans un couloir et qu'on voit des élèves rangés voilà des gestes de violence quotidiennes physique et verbal hein puisque les élèves ne se s'adressent pas la parole il s'aboi les uns sur les autres euh et si on peut faire respecter une certaine politesse dans ses classes les couloirs sont de véritables zones de non droit dans certains établissements pour les mesures qu'on pourrait prendre pour transmettre les valeurs républicaines je n'ai malheureusement pas de remède à proposer je ne peux faire que le constat que nous avons besoin d'aide il y a du Feu à tous les étages de la maternelle à
l'université tout le monde le constate mais maintenant nous attendons des résultats concrets non pas tant en terme de moyens comme on attend on entend souvent mais en terme de direction nous voudrions une direction qui soit claire qui ne soit pas changeante car nous professeurs nous nous inscrivons dans la durée dans le temps pour transmettre ce que nous avons à donner à nos élèves nous voudrions que l'école ce d'être le laboratoire fou d'expérience pédagogique qui viennent tous les 3 4 ans bouleverser tout ce que nous avons mis en place qui nous coûte beaucoup de temps en terme de réunion de de papier à écrire qui remonte ou qui ne remonte pas nous en savons rien et en attendant nos élèves ont besoin de nous nous sommes plus utiles dans nos classes face à nos
élèves que dans une salle de réunion à discuter pour savoir s'il va falloir parler de notes de couleurs de compétences et je ne sais quoi d'autre tout ce jargon qui nous arrive et dont on ne sait que faire et qui ne répond absolument pas à nos besoins et à ceux de nos élèves merci beaucoup Monsieur Le Gendre première question monsieur Carl après oui monsieur le Jun oui madame la Présidente j'ai bien entendu ce que madame a dit à propos de l'apprentissage de la deuxèe langue bon et enseigné le français jadis j'attache évidment beaucoup d' à ce que la notre langue
soit prioritairement bien comprise et bien maîtrisée mais est-ce que dans certains collèges dont les enfants ne sont pas de langue maternelle française il ne serait pas utile de s'interroger sur la possibilité de d'apprendre ou d'enseigner dans leur langue d'origine c'est ce type d'exp a été fait par exemple en Suède et il a parfois donné des résultats il s'agit pas de ne pas apprendre la langue nationale la langue la langue du pays dans lequelle on se trouve il faut au contraire l'prendre mais si nous avons des élèves qui chez
eux parle et parle parfois mal la langue d'origine de leurs parents si et qui ne maîtrise pas la langue française on peut se demander comment ils peuvent communiquer dans de bonnes conditions avec l'extérieur et donc est-ce qu'il faut nécessairement retarder pour eux la l'apprentissage de non pas de n'importe quelle seconde langue mais de la langue de leur pays d'origine je pense en particulier à ce grand problème et très délicat de l'apprentissage de l'arabe en en France je voulais vous poser cette question je ne sais pas s'il y a eu des expériences où l'arabe a pu être
enseigné comme langue première à après le français dans des établissements j'aimerais savoir ce que vous en pensez monsieur Carl oui merci madame la présidente madame merci de nous avoir rappelé la réalité qui est la vôtre et qui est celle de bon nombre de vos collègues à qui nous devons respect et gratitude devant la tâche qui est ou la mission qui est la vôtre vous avez dit qu'il fallait plus d'heures consacrées aux fondamentaux je suis tout à fait d'accord mais est-ce que il y a uniquement le problème j'allais dire de temps consacré qui est indispensable c'est clair est-ce qu'il y a pas aussi un problème de pédagogie d'enseignement
car sorti de la pédagogie de la doxa de la rue de Grenel il y a pas de salut or chacun sait l'Ance de l'effit maître qui a eu un certain nombre de d'expérimentations qui on qui ont été faites notamment par Monsieur zormand he qui montre combien en fonction de la pédagogie qui est dispensée les résultats peuvent euh s'améliorer merci si vous voulez bien répondre alors en ce qui concerne l'apprentissage de la langue d'origine comme langue vivante première oui des expériences ont été menées tout à fait alors premier écueil évidemment c'est le recrutement des professeurs d'Arabes qui a toujours posé problème vous le savez le deuxième
écueil que je vois c'est le risque de repli communautaire avec au contraire de ce qu'on cherche une Concorde et une unité au contraire des cours qui seraient en option et qui du coup partageraient les élèves et la troisième écueil auquel nous sommes confrontés et c'est effectivement un sujet de préoccupation pour beaucoup de professeurs c'est que bon nombre de nos élèves de confessions musulmanes dont l'arabe n'est pas la langue d'origine prennent le soir ce qu'ils appellent des cours d'Arabes alors la plupart d'entre eux ce sont de véritables cours d'Arama nous les voyons réciter leurs leçons en oppose mais certains vont dans des écoles qui sont en fait des écoles coraniques et nous avons un gros
problème avec ces élèves qui vous expliquent qu'ils ne peuvent pas faire leur travail demander à l'école parce que ils ont trop de travail dans ces écoles où finalement on se rend compte que l'enseignement dispensé est au mieux une longue litanie de récitation au pire des conseils pour mais jus qui irait jusqu'à comment se met la zis an à l'école alors là nous avons un gros problème ce qu'on appelle les cours du soir subventionnés souvent par l'état français et part des associations qui mériteraient qu'on aille jeter un coup d'œil sur ce qu'ell propose à nos élèves et dans quelle mesure ell ne font pas contre-poids au discours que nous tenons à nos élèves
euh l'autre chose concernant bon le je ne suis pas professeur de langue alors il me sera difficile d'aller plus loin sur ce propos euh à propos des heures consacrées aux fondamentaux et de la remise en question de la pédagogie je crois que la pédagogie aujourd'hui c'est la le grand avantage du métier de professeur c'est que nous sommes assez libres dans nos classes d'exercer la pédagogie que nous avons choisi avec notre inspecteur et évidemment en concorde avec nos autres collègues de langue de et moi pour moi de lettres je crois que le nombre le choix pédagogique n'est pas si important que le nombre d'heures que nous avons à y consacrer alors il y a quelques années c'est mise en place ce qu'on appelons les IDD ce soit des
parcours croisés entre plusieurs disciplines qui reviennent aussi à la mode et nous avons nous professeurs de lettres donné nos heures d'enseignement de français consacré à ces projets 3 ans plus tard ce grand projet est abandonné mais nous professeurs de français n'avons pas retrouvé notre horaire de français et donc il y a beaucoup d'heures qui sont euh qui ont ainsi disparu de notre grille horaire et ça c'est un vrai problème là on parle de de nous enlever nos heures de soutien qui sont pourtant essentielles et auquels nous consacrons vraiment mais tellement d'énergie voilà nous sommes vraiment très inquiets sur les répartitions et notamment en en français et en
mathématique merci Madame trundler merci madame la Présidente vous avez parlé tout à l'heure de de l'enseignant qui se trouve devant sa classe et qui peut même moyenne en 30 élèves et je peux le concevoir obtenir un respect de l'autorité de l'attention mais que cela n'est plus le cas sorti de de la classe de la salle de classe vous demandiez enfin vous proposiez qu'il y ait plus de d'encadrant des surveillants et cetera est-ce que vous pensez c'est une question est-ce que vous pensez qu'en augmentant la présence des enseignants dans les établissements on peut infléchir ce mouvement de violence ce
mouvement que que vous avez décrit avec MTE Moutte explication et et d'exemples est-ce que l'enseignant peut jouer un rôle dans cette dans cette dérive en dehors de la salle de classe oui tout à fait alors je ne nous imaginons pas que le professeur arrive au lycée 5 minutes avant son heure de cours et repart dès que la dernière nous passons on beaucoup de temps dans les établissements et je pense beaucoup plus de temps que nos aînés euh évidemment le rôle du professeur ne s'arrête pas à la porte de sa classe et nous sommes évidemment tout à fait conscients et attentifs à ce qui se passe dans les couloirs mais euh reprendre un élève qui
n'est pas un de vos élèves qui n'est fait pas partie de votre classe vous expose à beaucoup d'insolence voire de violence parce que l'élève ne comprend pas pourquoi en dehors de de sa classe ou de la vôtre vous faites comme il disent la police de quoi vous de quoi vous mêlez-vous madame euh pourquoi me reprenez-vous j'ai le droit de crier j'ai le droit de taper vous ne me connaissez pas je ne vous connais pas vous n'avez rien à me dire euh donc on est confronté quand même tous les jours et même dans de très bons établissements scolaires et évidemment que nous intervenons euh nous ne fermons pas les yeux devant les situation de bagarre ou quand on voit un élève isolé euh ça ça n'est pas du tout le propos en cependant euh il est bien évident que moi je n'ai reçu aucune formation de gestion
d'adolescents je je il y a des compétences qu' les surveillants que je n'ai pas euh puisque elles ne font pas partie de de mes attributions bon je me permets de rebondir parce que c'est vrai que les surveillants il y a surveillants et surveillants il y a des surveillants ETL qui n'ont aucune compétences non plus parce que ce sont euh bah des des personnes qui sont là parce que elles ont aussi besoin de de travailler et donc par contre il y a des personnes qui ont des vraies compétences puisque bon des CPE ont fait redescendre un certain un nombre de surveillants j'allais dire à l'ancienne hein voilà euh donc bon c'est vrai que vous vous êtes professeur et bon nous discutions en aparté tout à
l'heure je disais enseignante et maman donc vous vous voyez aussi avec votre œil d'enseignante bah l'école maternelle l'école donc tout le cursus scolaire et donc par rapport euh à ce dont nous traitons qui sont les les valeurs républicaines le malaise des enseignants et bien sûr la finalité étant l'école et toute tout ce que l'on peut ou l'on doit enseigner moi je voulais vous poser la question un petit peu justement par rapport éducation et enseignement hein puisqu'on a aussi toujours est-ce que on est là pour éduquer est-ce qu'on est là pour enseigner euh par rapport bien sûr à l'enseignement de la morale la Charte
de la laïcité euh je voulais avoir aussi un petit peu votre avis avec cette double casquette et bien effectivement quand j'ai commencé à renseigner je n'étais pas maman je n'avais pas d'enfant et j'avais j'étais sans doute beaucoup plus exigeante avec mes élèves que je ne le suis aujourd'hui ayant trois enfants un garçon au collège et une petite à la maternelle et une autre au primaire euh mais je crois que je suis devenue finalement plus exigeante avec mes élèves sur le motif de l'éducation c'est-à-dire les manières la politesse c'estàd ne pas penser que le professeur est un meuble et qu'on peut rentrer dans la classe bruillamment sans le saluer alors que je le fais beaucoup de mes collègues aussi nous sommes à la porte de notre classe et nous nous efforçons
de saluer nos élèves par leur prénom et donc nous exigeons en retour qu'il nous disent bonjour madame tout comme lorsque la sonnerie retentit il n'est pas question de ranger ses affaires et de sortir avant que le professeur ait même plus le temps de finir sa phrase ou comme ça se fait dans certains établissements mettre son manteau sa capuche son sac bruillamment et faire un décompte des 10 secondes qu'il reste jusqu'à la onnerie bruillamment donc tout ça ça s'apprend et c'est à peu près un mois de mise en place dans une classe pour dire voilà ce MES exigence et en retour le professeur et je crois que nous sommes nombreux à le faire est lui-même toujours ponctuel ayant fait son travail rendant les copies dans un temps imparti qui soit
raisonnable s'adressant poliment à ses élèves et je crois que les élèves ont beaucoup de respect quand il ils voient qu'en face d'eux l'enseignant est un adulte sûr sur lequel on peut s'appuyer et qui est professionnellement irréprochable ce qui encore une fois est vraiment le cas dans nos chez nos collègues euh donc là je crois qu'on peut instaurer un respect de l'adulte qui passe par notre profession et qui n'a pas besoin de de de corps et de trompettes et petit à petit ça se met en place et ça se met bien mais je crois que beaucoup de collègues vous voient à nouveau les élèves et beaucoup la plupart de mes collègues ne commencent pas leurs cours tant que les élèves ne sont pas tous debout devant leur place calme silencieux attendant que le professeur donne la permission de
s'asseoir merci donc du coup le le rapporteur Jacques gr Perin voulait poser une autre question et mon collègue Kenel aussi ex excuse-moi j'ai pas faire attention juste par rapport à ça vous parlez de Coret trompette je vais pas faire référence à la chanson de Roland mais mais certains certaines personnes qui ont été auditionnées ici nous ont dit que les les la solution passerait par euh par l'instruction euh par la découverte des grandes œuvres euh par l'amélioration de la culture euh quels sont euh les les les les pas simplement les sentiments mais les difficultés et comment les vos vos collègues peuvent justement gérer tant vous au niveau de
de l'enseignement du français euh les grandes œuvres que que l'anignement de l'histoire vous parliez euh dans d'autres sur d'autres revues en tout cas d'autres papiers que vous avez fait sur le le le problème de la Choa et du ricanement des élèves et puis de de considération brutale est-ce qu'à un moment donné les enseignants n'ont pas tendance à éviter de parler de sujets qui pourrait crisper et puis arriver à est ce qu'on pourra appeler une certaine forme de déculturation de de nos élèves monsieur Kenel oui par respect par mes collègues je vais je vais éviter de radoter donc je je parce qu'ils entendront tout le temps la même chose simplement je vous pose deux questions la la la première si les
élèves venaient dans vos cours en collège et si maîtrisz la langue française est-ce que vous auriez un métier différent et et sous quelle forme deème deè question pour faciliter le travail de notre rapporteur Jacques groperin est-ce que vous auriez deux suggestions à faire à l'issue de notre rapport et lesquels là aussi sont des questions question très vaste merci un sujet c'est évidemment une tentation que pourrait avoir notamment les professeurs de lettres et de d'histoire nous sommes les plus exposés et de SVT et de sport avec des récrimination bon alors ce sont toujours les mêmes pourquoi le calendri on
nadopterait pas le calendrier de légir pourquoi les garçons et les filles sont ensemble en sport pourquoi on fait des cours sur la reproduction et en sciences nature pourquoi on parle toujours des Juifs pourquoi bon enfin c'est tout c'est toujours la même chose quels que soient les établissements que je traversé c'était toujours les mêmes questions alors le la stratégie de l'évitement elle est vraiment je crois pour des professeurs qui et il y en a qui sont en grande détresse et qui se disent bon je ne vais pas m'exposer plus et je vais ne pas traiter cette partie du programme pour me consacrer à d'autres choses et on les comprend j'étais moi-même dans des situations où effectivement c'était tellement difficile et on est tellement seul finalement alors là pour le coup quand
on est face à 30 élèves qui sont contre vous on se sent vraiment très isolé mais je crois et je suis persuadée que au contraire affronter ces grands sujets et donner humainement son avis en tant que professeur mais aussi en tant qu'être humain et de dire que la souffrance malheureusement est partagé par tout le monde à travers les siècles que nul peuple n'a été épargné ni par la guerre ni ni par la réduction en esclavage et qu'on ne peut pas comparer les souffrances par rapport aux autres et attribuer des gens des médailles à ceux qui auraient plus souffert que d'autres je crois que l'Universit enseigner l'univers l'universalité du mal ça apporte beaucoup aussi d'apaisement aux élèves
en disant que aujourd'hui ceux-ci sont pointés du doigt hier c'était d'autres et l'histoire est un vaste recommencement et ne voyons essayons d'apprendre de ces de ces périodes historiques difficiles comment on peut mieux vivre aujourd'hui et non pas se se contantonner à cette ce récital de souffrance qui est horrible à travers l'histoire évidemment euh essayer de de trouver des solutions et de proposer une espérance proposer un moyen d'en sortir et de vivre ensemble tout de même et je crois que notre pays la France a toujours accueilli la diversité a toujours eu des grands hommes et des grandes femmes qui venaient d'autres pays des gens qui avaient souffert et qui pourtant sont sont devenus des citoyens et c'est ceuxa
qu'il faut mettre en lumière et ne pas perdre l'espoir euh à propos de que serait mon métier si mes élèves maîtrisaient parfaitement le français lorsque j'étais moi-même collégienne nous arrivions en classe de collège avec des bases quand même très solides en grammaire en orthographe et bien souvent nos nos professeurs n'avaient pas besoin d'y revenir aujourd'hui nous avons des élèves en face de nous qui ignore à peu près tout de la grammaire et à peu près tout de l'orthographe alors ce n'est pas que je n'aime pas enseigner la grammaire à l'orthographe ça fait partie de mon métier mais j'aime aussi la littérature et c'est vrai que je me régale à étudier les grands textes et que j'aime parler
avec mes élèves ça n'est pas parce que mes élèves n'ont rien appris à l'école primaire je travaille en collaboration avec beaucoup d'instituteur et je vois et je vois avec mes enfants aussi que tout ce que je fais au collège a déjà été fait et par parfois be de manière beaucoup plus approfondie que ce que moi j'ai le temps de faire et donc la question c'est où passe ce savoir comment se fait-il qu'on ne puisse pas empiler hein c'est ce qu'on explique aux élèves que on est comme dans un jeu de construction il faudrait qu'on puisse s'appuyer sur une base solide pour mettre nos petites briqu année après année voilà or on voit que il y a une espèce d'émiettement des connaissances que une espèce de de de de disparition de ces acquis et je ne suis bien en peine de vous dire pourquoi mais nous
devons unlassablement mettre sur le métier notre ouvrage et recommencer chaque année des leçons qui sont barbantes autant pour le professeur que le lève le COD le COI par exemple alors que nous savons parfaitement que tout le monde l'a déjà appris avant alors mon métier ne serait pas un métier idéal c'est pas ce que je veux dire mais j'aimerais consacrer plus de temps à la littérature à l'étude des grands textes qu'à expliquer invariablement l'accord du participe passé à des élèves de 3è qui n'y comprennent rien il y a quand même un un petit problème euh à propos de suggestion que je pourrais faire alors là vraiment c'est c'est une question qui est très difficile c'est une question qui est très difficile vous avez compris que les
difficultés sont énormes et vastes et bon je parle en mon petit nom de je suis une simple professeur certifiée de français je n'ai pas toutes les compétences de certains de mes collègues beaucoup plus même que moi de répondre mais nous voudrions euh en premier lieu nous voudrions plus de considération et pas de la part de nos élèves qui en ont beaucoup pour nous nos élèves nous respectent nos élèves nous nous aiment à la fin de l'année il y a des liens très forts qu'il se tissent quand on rencontre un ancien élève dans la rue dans le métro vous ne pouvez pas vous imaginer ce qu'on reçoit comme humainement comme gratitude et comme contact chaleureux et en revanche nous avons l'impression que nous sommes
vraiment très maltaités par notre hiérarchie mal considéré on nous parle mal on s'adresse à nous de manière comme si nous étions des je sais pas de de vulgaires personnes qu'on peut nommer si et là comme on veut imaginez-vous que moi je suis sur trois établissements cette année voilà donc je passe ma vie dans les transports le matin dans un établissement l'après-midi dans l'autre je n'ai aucun espoir d'avoir l'année prochaine un poste fixe je suis enseignante depuis 15 ans donc vraiment j'ai l'impression que on nous traite d'une façon qui n'est qui est vraiment je pense très décourageant pour certains de nos collègues c'est pas tellement vraiment encore une fois nos élèves qui nous découragent dans cette profession
mais c'est le chemin qu'on nous propose qui est d'abord obscur et auquel on ne comprend pas grand-chose et la considération le peu de considération que nous avons pour notre profession merci beaucoup nous avons encore le temps d'une question madame duchen excusez-moi je ne vous avais pas vu et monsieur Carl il en redemande mais vous avez le temps donc je vous autoriserai aussi ma question va être brève vous savez à plusieurs reprises parler de 30 élèves devant vous pensez-vous que si si vous n'en aviez que entre guillemets que 20 est-ce
que vous pensez que ça pourrait résoudre le problème j'en parle parce que sur le plan financier bien sûr ça doit se discuter mais comme nous savions comme 60000 enseignants invités choisis je me demande si la possibilité de mettre moins de d'élèves dans certains établissements faciliterait le travail pour vous et un mil000 merci pour votre témoignage si vrai voà merci madame monsieur Carla oui merci madame la Présidente vous nous avez dit que 150000 jeunes sortaient du collège moins
savant qu'il n'y étaient entrés ce sont d'ailleurs les 150000 qui quittent le système scolaire sans diplôme et sans qualification qui coûte 36 milliards d'euros supplémentaires à la collectivité et et sur cette corord de 150000 moyen chiffre qui m'avait frappé qui me frappe c'est que pour un sur de ils avait soit redoublé soit eu d'énormes difficultés dans le en CP CE1 ou CE2 ce qui montre bien la nécessité hein de maîtriser les fondamentaux euh très tôt est-ce que c'est pas là où il faudrait que nous consacrons tous les moyens nécessaires pour faire en sorte que les acquis euh les fondamentaux soit acquis très tôt parce que ensuite vous disiez he ils sont acquis mais après ils se
diluent oui parce qu'après la rue vient concurrencer l'école et c'est toujours la rue qui l'emporte tout à fait sur sur la première question en ce qui concerne le nombre d'élèves par classe j'ai déjà enseigné dans des classes où il y avait 18 élèves et c'était vraiment très difficile parce que là à 18 élèves vous n'avez pas d'esprit de classe et c'est ça c'est pas de en fait c'est une atmosphère qui est très étrange et qui est peu propice en fait à à à l'enseignement euh en principe en ZEP les classes sont limité à 24 donc j'ai travaillé longtemps en ZEP et c'est vrai que quand on avait la chance d'avoir ce dispositif parce que c'est de moins en moins le cas 24 25 amudi gliani cette année j'ai 26
élèves dans ma classe et c'est très agréable voilà je pense que c'est un maximum et c'est pour des élèves de collège après en lycée on peut j'ai j'ai enseigné en lycée avec 38 39 élèves par classe mais c'est tout à fait différent parce que le public est beaucoup plus calme euh 32 élèves en collège c'est beaucoup trop cette année au lycée Victor durui en collège ils avaient 39 élèves à la rentrée par classe euh ça n'est pas possible là vous on se heurte à des difficultés qui ne sont pas maîtrisables donc il y a un juste milieu je crois que effectivement le 24 25 26 élèves c'est parfait mais moins 20 20 20 élèves par exemple je pense que ce n'est pas assez pour faire une classe en ce qui concerne l'âge des apprentissages je suis je
partage absolument votre point de vue je crois qu'effectivement il y a un âge pour être professeur et maman ou qui est tout dévoué tout dédié à l'apprentissage âge et cet âge là on le sait très bien c'est 5 6 7 ans c'est exactement les classes de CP et de CE1 et le travail qui n'est pas accompli dans ces années-là est perdu pour toujours parce que moi je reçois des élèves en 6e 5e qui n'ont pas les fondamentaux et je peux passer des heures avec eux ça n'imprimera pas de la même façon sur leur cerveau que ça l'aurait ça aurait dû le faire quand ils étaient petits après les causes sont multiples il y a des des des cassures chez les enfants dû à des déménagements des séparations des guerre pour certains nous avons dans nos classes nous avons reçu dans nos classes
à l'occasion de ce grave conflit qu'il y avait en Côte d'Ivoire de la guerre civile beaucoup d'élèves qui sont arrivés fracassés parce qu'ils avaient vu et qu'on nous a mis dans les classes sans s de décompression en s'imaginant que l'école française est tellement magique que nous allions faire des miracles je ne sais pas m'adresser un enfant soldat et ça m'est difficile de lui expliquer pourquoi on ne peut pas taper sur son camarade parce que il vous a juste effleuré avec son coude euh donc effectivement là quand c'est cassé on voit bien que c'est trop tard au collège c'est déjà trop tard alors au lycée n'en parlons pas et je suis tout à fait d'accord avec votre proposition de mettre beaucoup de moyens sur ces petites classes soulager nos collègues de l'école primaire qui ont des classes
extrêmement chargé aussi et peu de temps à consacrer à chacun de ses enfants ou alors c'est du temps en plus entre MIDH et 2 à la pause méridienne pour des enfants qui ont besoin de de sortir de s'aérer de déjeuner donc effectivement il y a là je crois qu'il un grand travail à accomplir avec nos collègues instituteurs qui font et vous le savez on le sait tous un travail exceptionnel merci beaucoup c'est bon tout le monde a eu ses réponses donc je vous remercie parce que je crois que petit à petit au fur à mesure de cette commission d'enquête on voit un certain nombre de choses et des des choses qui reviennent régulièrement moins d'élèves en petite classe ou ou deux enseignants ou voilà
mais je crois qu' est d'accord sur les bases et donc d'un côté les fondamentaux de l'autre les règles de vie la politesse et tout ça pour arriver à des valeurs républicaines et et de citoyenneté merci beaucoup voilà pour ces auditions sur le thème de l'éducation et la perte de repères républicains la commission d'enquête sur ce sujet au Sénat recevait donc deux enseignants qui revenaient sur leurs expériences et les difficultés rencontrées dans le cadre de leurs métier ils ont livré au sénateur leur vision de l'école la commission d'enquête sur ce sujet continue ses auditions des auditions que vous pouvez toujours voir et revoir sur notre site publsenat.fr très bonne suite des programmes sur les chaînes
parlementaires
François-Xavier Bellamy