François Kalfon - L'interview politique du 30/09/26
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:57OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que ça vous inspire François Calfon, ces informations ?
- 2:02RelanceRéponse directe
Quand vous dites tout le spectre politique, vous pensez au RN et à LFI, c'est ça si on vous suit
- 3:05OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que ça vous inspire, ce climat, cette réaction
- 5:10OuverteRéponse directe
Est-ce que vous pensez que c'est un tournant, un changement dans la campagne, cette affaire ?
- 6:53OuverteRéponse directe
Un mot sur la gauche, la primaire à gauche.
- 8:04OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous lui reprochez à cette primaire, François Calfon
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:03Invité politiqueFait
« les chiens ne font pas des chats, de manière tout à fait évidente. »
- 1:07Invité politiqueFait
« Jordan Bardella, il s'est été documenté, a adhéré au Rassemblement national en admiration de Jean-Marie Le Pen. »
- 1:13Invité politiqueFait
« Tout ça l'est fait par Jean-Marie Le Pen, lui-même condamné pour antisémitisme, révisionnisme »
- 1:47Invité politiqueChiffre
« ils représentent moins d'un pour cent de la population française »
- 3:10Invité politiqueFait
« quand vous avez des populistes, et en l'occurrence des post-fascistes, ils ont des méthodes et des mots de post-fascistes. »
- 3:21Invité politiqueFait
« Quinze ans de dédiabolisation, et le vernis craque de tous les côtés »
- 3:38Invité politiqueFait
« Il y a la mise sur tête de gondole de la préférence nationale. »
- 3:43Invité politiqueFait
« Il y a la chasse aux femmes voilées, avec des amendes. »
- 5:21Invité politiqueFait
« Je suis plus pessimiste que vous semblez l'être. »
- 5:30Invité politiqueFait
« le RN, les leviers du vote RN sont bien sûr les racisme, la xénophobie, pour une part l'antisémitisme »
- 7:29Invité politiqueFait
« traditionnellement, Harris Interactive, comme Cluster 17, place Jean-Luc Mélenchon vraiment en haut. »
- 7:40Invité politiqueFait
« la primaire ne donne pas la meilleure image, finalement, de ce qu'est la gauche et la social-démocratie. »
- 9:01Invité politiqueFait
« François Hollande, en 40 ans de vie politique, qu'est-ce que celui-ci a amené ? »
- 9:19Invité politiqueChiffre
« Raphaël Glucksmann est depuis maintenant près de 10 ans député européen »
- 10:11Invité politiqueFait
« il aurait dû aller à la primaire. »
- 12:11Invité politiqueFait
« on rassemble toute une partie de la gauche, que j'appellerais la nouvelle gauche plurielle »
- 12:33Invité politiqueFait
« le plafond de verre de M. Mélenchon est énorme. La détestation est énorme. »
Temps de parole
- François Kalfon63 %
- Présentateur33 %
- ?4 %
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Bonjour
François Calfon,
vous
êtes
député européen PS, proche de Raphaël Glucksmann, candidat à la primaire PS dont le premier tour aura lieu, je le rappelle, les 9 et 10 octobre prochains.
On
va en parler bien sûr, mais d'abord l'actualité politique,
c
'est bien sûr l'enquête du site Mediapart qui a rapporté lundi des propos antisémites, tenue selon lui de manière répétée par Jordan Bardella dans des conversations privées datant de ses débuts au FN en 2013. Alors Jordan Bardella dément, il annonce une procédure judiciaire, mais je vais citer quelques-uns de ses propos quand même, pour ceux de nos auditeurs qui ne les auraient pas entendus. Entre guillemets, toutes les banques sont détenues par des juifs, le juif doit dominer les autres peuples, les écraser et les voler. Un sioniste est forcément juif et en profondeur, et ce qu'ils veulent c'est un nouvel ordre mondial dominé par Israël avec bien sûr Jérusalem comme capitale.
Qu'est-ce que ça vous inspire François Calfon, ces informations ?
Eh
bien d'abord, les chiens ne font pas des chats, de manière tout à fait évidente. Jordan Bardella, il s'est été documenté, a adhéré au Rassemblement national en admiration de Jean-Marie Le Pen. Tout ça l'est fait par Jean-Marie Le Pen, lui-même condamné pour antisémitisme, révisionnisme, j'en passe, c
'est
les meilleurs.
Et
puis je ne vais pas faire du commentaire de presse, mais la good connection avec M. Chatillon, qui lui-même faisait la communication de la famille Assad en Syrie, grand réservoir de nazis après la Seconde Guerre mondiale, il y a quand même un écosystème assez nauséabond. Mais plus largement, ce que ça m'inspire, je vais vous dire, c'est que je n'aurais pas cru en 2026 que, à ce point, il y
ait
des représentants politiques dans tout le spectre politique
qui
soient comme ça obsédés par les Juifs et qui, alors qu
'ils
représentent moins d'un pour cent de la population française, font tourner la vie politique sociale autour d'une théorie du complot où les Juifs auraient un rôle central. C'est assez inquiétant sur l'état de notre démocratie.
Quand vous dites tout le spectre politique, vous pensez au RN et à LFI, c'est ça si on vous suit
? Je
pense à tous les populistes qui sont obsédés par les Juifs et qui, d'un côté, pensent qu'ils tiennent la grande banque, de l'autre, font des affiches en représentant le Juif tel qu'on le représentait dans les années 30, qui organisent sous des prétextes divers et variés les boycotts d'artistes juifs. J'en passe, c
'est
des meilleurs. L'imagination de ceux qui, finalement, mettent les Juifs aux commandes d'une société, je vous dis, alors qu'ils sont vraiment très minoritaires, et manifestement sans borne.
Alors, Fabrice Arfi, ce matin, le responsable du pôle enquête de Mediapart, chez nos confrères de France Info, annonce une suite. Et Marine Le Pen, elle, menace Mediapart et leur demande de mettre leur costard en Kevlar, sous-entendu, pour se protéger des tirs d'artillerie qui ne vont pas manquer d'arriver. Qu'est-ce que ça vous inspire, ce climat, cette réaction
? Ça
m'inspire que quand vous avez des populistes, et en l'occurrence des post-fascistes, ils ont des méthodes et des mots de post-fascistes. Voilà. Quinze ans de dédiabolisation, et le vernis craque de tous les côtés, et on retrouve le Front National de la famille Le Pen. Voilà. Ça ne m'inspire rien d'autre que cela. Tout ça a été... La dédiabolisation était une tartufferie. Le Front National est ce qu'il est. D'ailleurs, il n'y a pas que l'attitude face aux Juifs. Il y a la mise sur tête de gondole de la préférence nationale. Il y a la chasse aux femmes voilées, avec des amendes. Bref, un projet qui est celui de l'extrême droite, Rance, et que nous connaissons.
Alors,
nous en parlions tout à l'heure. Amichai Chikli, le ministre israélien de
l
'Aldaspora, défend Jordan Bardella.
Il
attaque Edwi Plenel, le patron du site Mediapart, pour ses écrits sur l'attentat des JO de Munich, qui avait tué 11 athlètes israéliens. Mais c'est vrai que Jordan Bardella, il s'était rendu à Yad Vashem. Il avait fait une visite en Israël. Il avait rencontré Benjamin Netanyahou dans une visite privée. Ça veut dire que le RN bouclier des Juifs, ça a du plomb dans l'aile, quand même.
Ça veut dire surtout, je reprends la réaction d'un ministre de ce gouvernement raciste, qui finalement a passé toutes les bornes de l'état de droit, sans parler de la voyoucratie de M. Netanyahou. Ça veut dire que les populistes s'assemblent, au Proche-Orient comme en France, et je n'en suis pas surpris.
Alors, Amir Haïchikli,
c'est le seul ministre qui a défendu Bardella.
Oui,
au prix d'enjamber la question structurante pour l'État d'Israël de l'antisémitisme. Enfin, c'est quand même assez invraisemblable.
Alors, jusqu'ici, Marine Le Pen était grande favorite du premier tour dans les sondages. Le dernier, Harris Interactive l'a donné encore lundi à 35% des intentions de vote. Est-ce que vous pensez que c'est un tournant, un changement dans la campagne, cette affaire ? Est-ce que c'est le début de la dégringolade, potentiellement ?
Eh bien, je ne crois pas. Je vais vous dire, je suis plus pessimiste que vous semblez l'être. Je ne crois pas. Je ne crois pas que, parce qu'ils ont été pris la main dans le sac de propos antisémites, ça fasse dégringoler le RN, comme vous dites. parce que le RN, les leviers du vote RN sont bien sûr les racisme, la xénophobie, pour une part l'antisémitisme, il va falloir insister là-dessus, mais c'est aussi la volonté d'un grand chamboule-tout. Ça
veut dire que ces propos
de Jordan Bardella, ils ne choquent pas les électeurs du RN, d'après vous
?
Je pense qu'il
y a
toute une partie, on va voir, il y a toute une partie qui vont adhérer contre vents et marées à la théorie du complot. Bien sûr, ce n
'est
pas Jordan Bardella, mais c'est un coup de Mediapart, et demain, ce sera le coup, dans une théorie de complot, de ceux-là même qui sont mis en cause. Vous voyez, moi, je crois que l'état de la société... Vous savez, l'antisémitisme ne parle pas que des Juifs. L'antisémitisme parle de l'état d'une société, de l'état du débat démocratique. C'est aussi une manière de faire un grand bras d'honneur au plus jamais ça. Et nous sommes dans ce cycle historique qui peut nous rappeler les années 30, finalement, de mise à distance et de mise aux oubliettes de l'histoire des faits structurants qui nous avaient fait penser que jusqu'à la nuit des temps, la société changerait de regard sur ses minorités.
C
'est vrai que, pour citer l'écrivain Frantz Fanon, qui disait, qui écrivait, « Quand on parle des Juifs, t'en l'oreille, on parle de toi ». Alors, un mot sur la gauche, la primaire à gauche. Premier tour le 9 octobre prochain et deuxième, s'il y en a un, le 16 octobre. Vous, vous soutenez Raphaël Glucksmann. Mais Raphaël Glucksmann, si on en croit la dernière livraison de l'Institut Harris Interactive, dont je parlais tout à l'heure, il est quand même distancé largement par Jean-Luc Mélenchon. Jean-Luc Mélenchon qui est testé à 18% selon ce sondage et qui, donc, est bien parti pour se qualifier au deuxième tour contre Marine Le Pen.
Attendons déjà d'avoir plusieurs sondages, parce que traditionnellement, Harris Interactive, comme Cluster 17, place Jean-Luc Mélenchon vraiment en haut. J'attends d'autres instituts. Mais après, sur le fond, et pour vous répondre, je pense que la primaire ne donne pas la meilleure image, finalement, de ce qu'est la gauche et la social-démocratie. C'est quand même un débat, malgré tous les efforts de Raphaël Glucksmann, qui se parle un peu à lui-même. Et donc, il est temps que celle-ci se termine, que nous sortions avec un candidat.
Je
suis à peu près convaincu que ce sera Raphaël Glucksmann et que nous puissions nous déployer. Ça, c'est tout à fait important.
Qu
'est
-ce que vous lui reprochez à cette primaire, François Calfon
? Moi,
personnellement, je vais vous dire, je ne lui reproche rien, parce que je suis un démocrate. Donc,
c
'est le pire, et pour paraphraser une formule « système » connue, la démocratie, c'est le pire des systèmes à l'exclusion de tous les autres. Donc, on est en plein dedans. Les gens ont l'habitude, finalement, maintenant, en prétendant le contraire, d'une certaine verticalité dans les désignations, ce qui n'est pas notre tradition. Mais ce mauvais moment à passer, sur une période dont on ne se souviendra plus dans deux mois, permettra d'avoir une famille socialiste réunie et de se déployer. Et finalement, de faire en sorte que nous soyons tous derrière un candidat.
Madame Royal, Ségolène a traité Raphaël Glucksmann de stagiaire eu égard à son inexpérience politique. Est-ce qu'elle n'a pas tapé juste sur ce point
? On
sait, elle
a
dit François Hollande, en 40 ans de vie politique, qu'est-ce que celui-ci a amené ? Bon, un peu plus qu'elle, puisqu'il avait gagné une élection présidentielle. Donc, je crois que les formules à la hache de Ségolène Royal sont bien connues. Mais quand on en regarde l'historique, il faut quand même les relativiser énormément. En outre, je précise que Raphaël Glucksmann est depuis maintenant près de 10 ans député européen et que je suis fier d'être à ses côtés, puisqu'il a présidé une commission spéciale sur les ingérences étrangères. Alors, à l'époque, on pouvait penser que
c
'était le Maroc, mais on voit qu'il a été visionnaire sur la question des ingérences étrangères, sans compter finalement son engagement pour le Made in Europe. J'en passe, c
'est
les meilleurs.
Alors, vous avez cité François Hollande. Lui, pour le coup, il n'y participera pas à cette primaire, il n'est pas d'accord. Mais il attend quand même son heure. Il attend décembre pour éventuellement se présenter, si d'aventure Raphaël Glucksmann dévissait dans les sondages. C'est un peu ça le plan. Est-ce que ce n
'est
pas un bon candidat, François Hollande ? Il a l'expérience, il a un bilan économique correct, il a l'expérience de la géopolitique internationale, alors que ça va être des dossiers très importants dans la campagne
?
Moi, je pense qu'il aurait dû aller à la primaire. Et je ne le dis pas simplement sur votre antenne, je suis allé le voir pour lui dire.
C'est-à-dire ? Vous avez
essayé de le persuader
? Bien
sûr, en jouant, comme beaucoup d'autres. Je lui ai dit, François, il faut que tu viennes dans la primaire. Tu as des arguments, ceux que vous avez cités, tout à fait, à faire valoir. Ces arguments sont valables et peuvent même être considérés. Et je pense que ça aurait été le cas. Maintenant, pour vous répondre un peu plus au-delà, si j'écoute ce que dit François Hollande en ce moment, il dit lui-même qu'il fera un choix pour la primaire, puisqu'il va voter à la primaire. Ça aussi, il l'a dit. Et je souhaite que le choix qu'il fasse, j'en suis presque convaincu d'ailleurs, ce soit celui de Raphaël Glucksmann.
Vous avez des infos là-dessus ? Non,
je n'en ai pas spécialement, mais la logique voudrait que, et je pense ne pas lui tordre le bras, au sens symbolique,
bien
sûr, c'est une image, mais en pensant que c'est le choix qu'il fera. Pour une raison aussi également simple, c'est que s
'il
y avait une situation où Raphaël Glucksmann était empêché, ce que je ne crois pas, il aurait aussi besoin de son soutien.
Il
y a une forme
de réciprocité dans cette famille sociale-démocrate.
Alors, parce que c'est vrai qu'il
y a
la présidentielle, mais il y aura aussi derrière les législatives. Et Raphaël Glucksmann, il l'a clairement dit, il ne passera jamais d'accord avec Jean-Luc Mélenchon. Contrairement à Olivier Faure, qui est beaucoup plus flou, qui lui, on le comprend, espère conserver son groupe à l'Assemblée nationale et un certain nombre de sièges de députés. Est-ce que c'est pas dire qu'il n'y aura pas d'accord aux législatives ? Est-ce que ce n
'est
pas dangereux sur le plan électoral
? Non,
enfin, c'est sa cohérence de dire que par des comportements répétés, ce qui constitue le socle fondamental des valeurs de la gauche, finalement, on rassemble toute une partie de la gauche, que j'appellerais la nouvelle gauche plurielle, mais à ce stade, ne rassemble plus la France insoumise. Et il n'y a pas que la question de l'antisémitisme qui soit problématique. On regardait encore dans le conseil municipal de Grenoble hier, des élus insoumis qui sont allés se battre à Grenoble, pas dans une ville tenue par des fascistes contre la police municipale.
Il
y a comme ça une somme de comportements qui sont problématiques. Et d'ailleurs, quand j'en juge les sondages continus du deuxième tour, le plafond de verre de M. Mélenchon est énorme. La détestation est énorme. Donc moi, je prône pour d'abord une nouvelle gauche plurielle qui rassemble celles et ceux que nous rassemblons avec succès dans les élections, que ce soit à Paris ou à Marseille, pour prendre des élections pressantes et qui est gagnante. Et puis, je vais vous dire une chose, c'est que la gauche sociale-démocrate, portée par son candidat, peut et va gagner l'élection présidentielle.
Vous vous avancez un petit peu
là quand même.
Oui,
bien sûr, il faut. Vous savez, moi, je ne suis pas un commentateur, je suis un militant politique. Et des faits
de
campagne, des faits marquants de campagne, il va s'en passer beaucoup. On a tout à l'heure parlé de la nature antisémite du rassemblement national. Donc, il y a des vérités comme ça qui vont sortir les unes après les autres
et
qui vont faire que chacun avec sa sincérité sera jugé sur pièce.
Merci, merci François Calfond
et très bonne journée.
A
très bientôt sur Radio-J.
Merci
beaucoup David. Demain, votre invité sera Prisca Tevenot, député Renaissance.
C'est
Samson.
François Kalfon