CRISE DE RÉGIME, RÉPRESSION POLICIÈRE, SUITE DU MOUVEMENT RETRAITES
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 50 %Défensif 10 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:41Invité politiqueFait
« je ne crois absolument pas ce scénario je pense que la crise est beaucoup plus profonde et que nous sommes passés du confrontation sur le terrain social autour de la contre-réforme des retraites a une crise de régime »
- 1:22Invité politiqueChiffre
« les unes après les autres qui ont montré que cette Français sur 10 puis 9 actifs sur 10 refusent ce projet refuse de transformer les deux plus belles années de la retraite en de pires années de travail »
- 2:04Invité politiqueChiffre
« 13 journées de mobilisation on va à partir du 1er mai nous en serons à 13 journées de mobilisation c'est énorme »
- 2:45Invité politiqueFait
« le Parlement est méprisé et bien quand on regarde ces trois légitimités qui sont bafouées »
- 3:26Invité politiqueFait
« elle a été conçue par et pour un général dans un temps qui était un temps de guerre celle de la guerre d'Algérie »
- 4:09Invité politiqueFait
« il pense que il va pouvoir mater tout le monde et il fait ses contre-réformes antisociales profondément néolibérale »
- 4:51Invité politiqueFait
« on met des gens en garde à vue même tout simplement parce qu'ils sont partis faire un jogging et qui sont retrouvés dans une manifestation »
- 6:15Invité politiquePromesse
« pourquoi pour la dénouer je pense que évidemment nous devons continuer à dire que nous voulons l'abrogation de cette loi »
- 7:37Invité politiquePromesse
« il faut aussi que nous soyons capables de remettre dans la conversation publique cette proposition que nous portons de Sixième République »
- 9:01Invité politiqueFait
« le problème c'est que le système institutionnel lui permet de le faire lui permet en fait lui donne la possibilité d'assouvir ce qui pourrait être vécu comme un travers psychologique »
- 9:41Invité politiquePromesse
« il faut que ce soit beaucoup plus facilité donc et pas simplement sur les référendum »
- 10:22Invité politiqueFait
« c'est aussi sous la Quatrième République qu'on a pu faire le Conseil National de la Résistance avec ce pacte qui dure jusqu'à aujourd'hui »
- 11:41Invité politiquePromesse
« il faut aussi se dire que une nouvelle République c'est l'occasion de dire qu'il faut lutter contre la concentration des médias »
- 12:22Invité politiquePromesse
« la démocratie sociale puisque pour qu'on ait plus de démocratie dans la société il faut aussi que les salariés prennent du pouvoir dans l'entreprise »
- 14:30Invité politiqueFait
« ils veulent être du côté de l'ordre or plus il continue comme ça plus évidemment à ce petit jeu de l'ordre on a l'extrême droite en embuscade »
Temps de parole
- Clémentine Autain100 %
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
j'entends un certain nombre d'éditorialistes aux expliqués que nous serions en train de traverser une crise comme une autre que finalement le président de la République dans ses codes de popularité dans la mobilisation sociale qu'il rencontre et bien serait dans une étape comme d'autres présidents de la République en ont connu je ne crois absolument pas ce scénario je pense que la crise est beaucoup plus profonde et que nous sommes passés du confrontation sur le terrain social autour de la contre-réforme des retraites a une crise de régime une crise de régime qui dit le cran supérieur dans lequel se trouve aujourd'hui notre République et le niveau de confrontation entre le peuple et le président de la République qui a décidé d’ailleurs de se prendre frontalement la majorité du péril la première raison c'est que c'est assez inédit qu'un président de la République décide de s'asseoir sur toutes les légitimités qui peuvent exister il y en a notamment trois la première dans l'ordre chronologique c'était la démocratie sociale le président de la République et le gouvernement ont choisi de ne pas écouter les syndicats qui ont tous dit leur opposition à l'idée qu'on puisse travailler deux ans de plus le gouvernement est passé outre et bien qu'il ne cesse de répéter que il y a eu des compromis en réalité il n'y a eu aucun compromis et le gouvernement n'a pas respecté en fait ce dialogue et entendu le point de vue des syndicats ensuite il y a eu les enquêtes d'opinion les unes après les autres qui ont montré que cette Français sur 10 puis 9 actifs sur 10 refusent ce projet refuse de transformer les deux plus belles années de la retraite en de pires années de travail et le compte mécontentement s'est exprimé dans la rue avec des millions de gens qui ont manifesté leur colère et souvent même leur rage 13 journées de mobilisation on va à partir du 1er mai nous en serons à 13 journées de mobilisation c'est énorme et je pense que si le pays n'est pas bloqué c'est d'abord parce que il y a l'inflation que les gens sont pris à la gorge et que si il n'y avait pas cette compression des salaires à cette difficulté à boucler non seulement les fins de mois mais même à les démarrer le pays aurait été bloqué le gouvernement par cynisme féminine de ne pas entendre féminine ne pas voir que c'est ce problème qui a empêché le blocage du pays et il s'est assis dessus et troisième élément de légitimité et non des moindres c'est aussi celui du Parlement puisque avec une astuce du 47 ans on a tous appris des articles de la Constitution qui jusqu'ici n'étaient pas mobilisées le fameux article 47-1 qui permet s'il n'y a pas de vote au Parlement de pouvoir passer par ordonnance sur un plan contraint pour l'étude du texte donc pas de vote à l'Assemblée nationale donc le Parlement est méprisé et bien quand on regarde ces trois légitimités qui sont bafouées et qu'on se dit que malgré tout le Conseil constitutionnel le 14 avril a validé la décision c'est-à-dire a permis au président de la République de promulguer la loi contre la vie de la majorité on est bien dans un pays où c'est légal ou c'est possible que un seul homme décide contre la majorité et ça ça dit l'ampleur d'un système qui est à bout de souffle et ce système c'est la cinquième république donc je rappelle qu'elle a été conçue par et pour un général dans un temps qui était un temps de guerre celle de la guerre d'Algérie on était dans une situation insurrectionnelle avec un putsch en préparation de militaire et quand et quand à ce moment-là de Gaulle arrive au pouvoir c'est au nom du redressement de l'état de la lutte contre ceux qui revendiquaient l'indépendance de l'Algérie contre ces barbares disait-on à l'époque et bien que il prétexte de des situations pour créer une constitution qui sacre l'hyper président c'est-à-dire qui donne des pouvoirs exorbitants au président de la République il le fait valider par un référendum mais ce référendum n'est rien d'autre qu'un plébiscite et donc ça fait je crois 62 ans maintenant que nous vivons sur ce régime qui a été dénoncé dès le démarrage à gauche par comme un coup d'état permanent pour reprendre la phrase de François Mitterrand qui malheureusement ensuite c'est bien moulé dans le carcan de la cinquième mais notamment à gauche toujours des voix se sont élevées contre cette cinquième République contre cette monarchie présidentielle et nous voyons aujourd'hui que elle permet à un président déconnecté un président arrogant un président qui méprise les Français y compris avec des provocations verbales successives mais surtout des actes qui montrent qu'il en a strictement rien fait rien à faire et qu'à la manière de Margaret Thatcher c'est dire si c'est vieux dans les années 80 il pense que il va pouvoir mater tout le monde et il fait ses contre-réformes antisociales profondément néolibérale et en même temps il accroît le contrôle social et il abaisse le niveau de la démocratie le contrôle social on le voit avec la répression policière avec ce climat où on met des gens en garde à vue même tout simplement parce qu'ils sont partis faire un jogging et qui sont retrouvés dans une manifestation on voit toutes ces violences perpétrées par des forces de l'ordre et qui sont totalement disproportionnées et à mon sens totalement illégitime pour le coup et ensuite nous savons aussi qu'il y a par exemple cette attaque cette attaque de la LDH c'est-à-dire y compris la remise en cause du droit d'association donc je vais pas faire long sur les libertés publiques mais elles sont menacées et ce sont les deux mamelles d'un même système toujours le même ce néolibéralisme qu'on appelle aussi il libéralisme et au final en France on se retrouve avec une situation où le président n'a plus aucune autorité et c'est pour ça d'ailleurs qu'il fait preuve d'autoritarisme l'autorité normalement ça vient du mot d'un mot latin qui signifie augmenter et donc ce cette logique d'autorité c'est celle qui permet de nous hisser vers le haut c'est celle qui permet donc d'augmenter et donc de nous de nous projeter plus avant hors quand on a plus de considération pas de reconnaissance vis-à-vis de ce président de la République et bien on ne lui reconnaît pas cette possibilité de nouer vers le haut et cette contestation ne sont notoriété le fait que il n'est plus comment dirais-je qui n'est plus chargée en fait de cette possibilité de nous amener plus haut et qu'on est la confiance en lui pour cela créer cette crise d'autorité et qu'il amène lui à être autoritaire et c'est la situation dans laquelle nous trouvons pourquoi pour la dénouer je pense que évidemment nous devons continuer à dire que nous voulons l'abrogation de cette loi nous devons marcher fortement le 1er mai à l'appel des syndicats pour réussir à tenir ce rapport de force avec le nombre dans la rue et ça c'est tout à fait déterminant mais nous voyons bien que nous sommes devant un nouveau problème enfin qui est pas nouveau en vérité mais en tout cas qui nous éclate à la figure qui est ce problème de ce système institutionnel qui ne correspond pas à la promesse républicaine qui est celle de la souveraineté du peuple qui est vraiment tardinal quand on érige la Première République c'est au nom justement de cette souveraineté du peuple où on sort des d'une logique ou il y a ceux qui qui savent qui décident qui possèdent et puis la plèbe qui n'a pas son mot à dire c'est une rupture avec cette logique là et on voit bien qu'elle est toujours en fait à l'oeuvre même si elle prend des billets qui sont des billets différents et c'est pas un hasard d'ailleurs si on voit fleurir dans les manifestations beaucoup de mots d'ordre qui sont en écho à 1789 à des moments qui sont des moments révolutionnaires et d'affirmation de principes qui sont des principes républicains et donc on est on est on est dans ce temps là et donc si on veut être à la hauteur de cette crise de régime il faut aussi que nous soyons capables de remettre dans la conversation publique cette proposition que nous portons de Sixième République la 6ème République c'est celle qui doit permettre de renouer un lien de confiance entre les Français la majorité des concitoyens des concitoyens des concitoyens et les institutions puisque aujourd'hui on voit bien que ça marche plus ça marche plus là dans l'instant puisque la légalité de la loi ne dit pas que ces démocratiques donc il y a pas de concordance entre la légalité la démocratie ce qui est quand même un vrai problème et puis aussi parce que depuis tant d'années on voit les courbes d'abstention qui sont grimpantes et que on sait que les Français sont de plus en plus distants critiques en colère contre le système institutionnel contre les élus et les politiques donc s'il y a pas un choc démocratique à un moment donné c'est à dire si on ne change pas de fonds en comble les règles je pense qu'on n'arrivera pas à sortir de cette situation et surtout à enlever tout pouvoir à un seul homme quand je vois les commentateurs nous expliquer que le problème c'est la psychologie d'Emmanuel Macron à la fois je suis prête à reconnaître que son niveau de cynisme et d'arrogance il y a bien une dimension psychologique peut-être psychanalytique psychiatrique j'en sais rien mais si oui en tout cas pour dire que le Président de la République est totalement déconnecté totalement hors sol et dans une volonté toute puissance mais le problème c'est que le système institutionnel lui permet de le faire lui permet en fait lui donne la possibilité d'assouvir ce qui pourrait être vécu comme un travers psychologique or c'est ça le problème il faut que notre Constitution réussisse à sortir de cette possibilité qu'un homme décide pour tout le monde donc ça c'est le premier point ensuite nous savons que nous avons besoin de plus de démocratie directe c'est une revendication des Français très forte donc dans ce type de crise typiquement on devrait avoir le droit à un référendum or le rip qui est le référendum d'initiative populaire à lui aussi était retoqué par le Conseil constitutionnel signe que il est quand même mal famoté que si c'est si compliqué d'y avoir accès c'est bien qu'il y a un problème il faut que ce soit beaucoup plus facilité donc et pas simplement sur les référendum donc l'idée partout dans toute la société cette idée que davantage d'intervention directe des citoyens des citoyens dans une démocratie qui est quand même plus mature nécessairement que ce qu'elle pouvait être les siècles précédents et bien il faut faire avancer cette démocratie directe ensuite il faut rééquilibrer le législatif avec par rapport à l'exécutif on voit bien que là ça va pas du tout l'exécutif à tout pouvoir le président encore plus donc on sort de la monarchie présidentielle et on permet aux représentants du peuple et de la nation d'avoir le en tout cas le mot le plus important pour que tout cela puisse mieux fonctionner et je pense également alors on me dit souvent quand on dit ça oui elle voulait revenir la quatrième alors la Quatrième République d'abord on a c'était pas que l'enfer faut quand même se remémorer c'est aussi sous la Quatrième République qu'on a pu faire le Conseil National de la Résistance avec ce pacte qui dure jusqu'à aujourd'hui même si les démoli par les politiques néolibéral mais c'est ce pack de protection sociale de très haut vol c'est le moment où on crée la sécurité sociale enfin je vais pas raconter tout ce qu'il y avait dans le programme du CNR mais c'est très fort et ça on arrive à le faire sous la Quatrième République donc signe que elle n'est pas juste instabilité épouvantable donc mais l'enjeu n'est pas de savoir si on revient à la quatrième ou si on reste dans la cinquième c'est comment on invente une sixième et dans cette sixième république je pense que c'est aussi l'occasion d'augmenter le socle des droits et des protections puisque on peut mettre dans ce qui nous relie des choses très fortes en ce moment nous débattons de l'inscription du droit l'avortement dans la Constitution donc ce serait l'occasion par exemple de consacrer ce type de droit mais on peut aussi imaginer que on introduit dans notre droit constitutionnel le fait qu'on ne peut pas prendre à la nature plus que ce qu'elle nous donne c'est à dire une logique de limite et qui sera adossé aussi à des biens communs consolidés par la Constitution le session l'eau le foncier je rentre pas dans le détail mais je pense que c'est un travail qui est aussi un travail de redéfinition de des droits et des protections fondamentales et quand on pense 6e République il faut pas s'arrêter simplement à ça il faut aussi se dire que une nouvelle République c'est l'occasion de dire qu'il faut lutter contre la concentration des médias parce que une démocratie saine vivante c'est celle dans laquelle il y a du pluralisme et de l'information de qualité aujourd'hui on sait bien que cette concentration est un une épine dans le pied pour que qui existe cette accès à l'information libre et à une qualité de l'information ou alors sur l'indépendance de la justice qui est aussi un thème très important ou encore last notre piste comme on dit la démocratie sociale puisque pour qu'on ait plus de démocratie dans la société il faut aussi que les salariés prennent du pouvoir dans l'entreprise ce qui permettra d'en grignoter à la finance qui a ces dernières décennies réussit à prendre à l'étape parce que l'État l'a bien voulu beaucoup de beaucoup de pouvoir et à mettre la tête sous l'eau des salariés qui sont pourtant celles et ceux qui produisent les richesses bref vous l'aurez compris cette sixième république et l'occasion de vraiment transformer beaucoup de choses et de faire en sorte quand on repartent d'un bon pied or je on voit bien que les tenants de l'ordre sont crispés j'étais dimanche dans l'émission de France Inter pendant une heure à parler alors pas que de ça mais beaucoup de ça de cette sixième république de la crise de régime etc et c'était impressionnant de voir les trois éditorialistes qui étaient présentes complètement arc-boutée sur la 5e République et c'est ce que j'entends ici et là c'est à dire qu'il faudrait ne rien toucher et que ce serait le pôle de stabilité or je crois que cette immobilisme est ce qui peut accroître l'attention et accroître accroître le le voilà la crise dans laquelle nous sommes et qu'au contraire aller de l'avant vers cette 6e République c'est ce qui peut nous donner une issue émancipatrice de progrès démocratique sociale et écologiste à ce que nous traversons c'est cette république là en tout cas que j'appelle de mes vœux et qui à mon sens pourrait devenir un des points dans les mois qui viennent importants de notre déploiement politique et peut-être même social dans tous les sens puisque comme je le disais au début la crise se mit en crise démocratique donc il faut qu'on apporte des des réponses qui lient les deux et la 6e république donne à voir à quel point les choses sont imbriquées parce que si on veut répondre aux enjeux concrets des Français imminent voilà c'est les urgences dans lesquelles ils sont les prix qui sont trop le les salaires qui sont en berne le sens au travail comment accroître les libertés publiques bref il y a beaucoup de sujets de cette nature on se rend compte que partir de ce nouveau socle commun d'une sixième république ben c'est ce qui pourrait nous donner de l'élan et de la langue pour arriver à mettre sur pied un changement profond de politique publique parce que ça fait 40 ans qu'on a la même chose et que si on continue comme ça c'est le ressentiment qui peut l'emporter avec cette menace de l'extrême droite que nous connaissons et qui est quand même très évidemment que je regarde et qui est inquiétant et si on joue à l'ordre comme le fait le gouvernement en disant ce qu'on veut c'est parti de l'ordre partie d'ailleurs à plein de moments ils sont quand même été très très limites sur les frontières avec l'extrême droite puisque même on essayait de mettre le paquet sur l'immigration eux-mêmes le président de la République s'est retrouvé à chanter avec des gens de canto qui sont des militants d'extrême droite donc vous voyez bien qu'il joue avec le feu et ils veulent être du côté de l'ordre or plus il continue comme ça plus évidemment à ce petit jeu de l'ordre on a l'extrême droite en embuscade donc c'est à nous de nous opposer et de dire que on a une issue qui est du côté du progrès et que si on veut apaiser le pays alors il faut de la justice alors il faut de la démocratie
Clémentine Autain