Dimanche, Macron joue gros #cdanslair 24.05.2019
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 86 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:32OuverteRéponse directe
Est-ce que dimanche soir, Macron joue gros ?
- 5:01RelanceRéponse directe
Est-ce qu'il n'a pas pris un risque inutile en faisant de cette place de numéro un un totem ?
- 7:09OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qu'il faudra regarder ? Quel score, quel chiffre ?
- 10:21OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il y a d'autres matchs en Europe qu'il faudra suivre ?
- 12:47OuverteRéponse directe
Il y a le fait que Le Pen soit devant ou pas, mais il y a deux autres points : à combien ?
- 15:00RelanceÉludée
Pourquoi est-ce que vous ne l'avez pas fait ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:14InvitéFait
« il faut qu'il arrive en tête de cette élection, parce qu'il vient de traverser une crise qui n'est pas terminée d'ailleurs. »
- 2:56InvitéFait
« il y a des réformes importantes devant nous, notamment la réforme des retraites, et puis beaucoup d'autres choses, tout ce qui concerne l'écologie. »
- 3:23InvitéFait
« Emmanuel Macron s'est présenté, quand il a été élu président de la République française, comme étant l'avenir de l'Europe, avec un discours très pro-européen. »
- 5:15InvitéFait
« C'est sûr que dans ses différents choix stratégiques, c'est celui qui est le plus controversé aujourd'hui. »
- 5:30InvitéFait
« Il a décidé de beaucoup s'impliquer, comme aucun président avant lui pour des européennes. »
- 5:32InvitéFait
« je ne peux pas laisser Marine Le Pen en tête, sous-entendu, je suis obligée de gagner. »
- 5:59InvitéFait
« il voulait faire une ode à l'Europe, avec un concert. »
- 6:12InvitéFait
« son électorat, lui, c'est l'électorat le plus difficile à mobiliser, parce que c'est les gens les plus loin de la politique. »
- 6:40InvitéFait
« s'il est derrière Marine Le Pen, ce sera interprété comme un échec. »
- 6:58InvitéFait
« le paysage politique qu'il y a depuis 2017, eh bien, ce sera quand même un succès. »
- 9:37InvitéFait
« elle a réclamé sa démission. »
- 15:40InvitéFait
« Depuis le début de la campagne, la candidate macroniste est en difficulté, notamment en raison de nombreux couacs de communication. »
- 15:59InvitéFait
« Après le 26 mai 2019, qu'elle compare au débarquement du 6 juin 1944, où des milliers de vies ont été perdues pour la France. »
- 16:03InvitéFait
« voici que Nathalie Loiseau promet un blitzkrieg pour relancer sa campagne. »
- 17:21InvitéChiffre
« Le Rassemblement national est crédité de 24,5% des intentions de vote contre 23% pour la liste Renaissance de Nathalie Loiseau. »
- 41:32PrésentateurFait
« ce qu'il y avait cette notion de Spitzenkandidat qui avait émergé »
- 45:25InvitéFait
« on ne veut pas de Manfred Weber on ne veut pas d'un Spitzenkandidat »
- 45:48InvitéFait
« le numéro 2 le plan B ce serait Michel Barnier »
- 48:01PrésentateurFait
« il faut organiser un retour et ce retour c'est la remigration »
- 1:00:50PrésentateurFait
« il n'y a aucune opinion publique qui veut sortir de l'Europe »
- 1:03:27PrésentateurFait
« Emmanuel Macron n'a-t-il pas détourné l'élection de son objet ? »
Temps de parole
- Présentateur73 %
- Invité13 %
- ?6 %
- Invité 23 %
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Bonsoir
à toutes et à tous. J-2, on vote dimanche. Et c'est la première élection pour Emmanuel Macron depuis son arrivée à l'Élysée. Alors les derniers sondages donnent le parti de Marine Le Pen en tête. Quelles conséquences pour la suite du mandat d'Emmanuel Macron ? Conséquences sur l'agenda des réformes, mais aussi sur l'équipe gouvernementale. Un remaniement est-il envisageable ? Et puis quelles conséquences surtout pour l'Europe ? La montée des partis populistes va-t-elle marquer une inflexion dans la politique européenne sur l'accueil des migrants, sur la protection des frontières ?
Et puis qui pourra incarner cette Europe et succéder à Jean-Claude Juncker à la tête de la Commission européenne ? C'est le sujet de cette émission de ce C'est dans l'air que nous avons décidé d'intituler ce soir « Dimanche, Macron joue gros ». Alors pour répondre à vos questions, nous avons le plaisir d'accueillir Yves Tréard. Vous êtes éditorialiste et directeur adjoint de la rédaction du Figaro. Votre dernier édito « L'Europe au pied du mur » est disponible sur votre blog Controverse. Nous accueillons Cécile Cornudet, vous êtes éditorialiste politique aux Echos. Les Echos qui titrent aujourd'hui « L'Europe face aux risques populistes ». Éric Fautorino,
vous
êtes directeur de l'hebdomadaire Le 1. Le 1 qui pour ses 5 ans publie un numéro spécial intitulé « Parlez-vous Europe ». Et enfin Claude Veil, vous êtes éditorialiste politique à Nice Matin et Varmatin. Alors Yves Tréard, première question toute simple. Est-ce que dimanche soir, Macron joue gros ? Oui, bah oui. Nécessairement, à partir du moment où il y
a
eu une élection, un vote, c'est que les hommes et les femmes politiques concernés jouent gros. Alors, elles jouent gros sur le plan symbolique surtout. Parce que cette élection ne
va
pas changer énormément l'équilibre du Parlement européen tel qu'il existe aujourd'hui. 751 députés dominés par deux groupes
qui
devraient mincir, mais qui devraient garder quand même la main sur le Parlement. C'est les conservateurs d'un côté, ce qu'on appelle le PPE, et les sociodemocrates de l'autre. Mais pour Emmanuel Macron et répondre à votre question, il y a un double enjeu. Le premier enjeu,
c
'est que, et il l'a voulu lui-même, mais c'est vrai, il faut qu'il arrive en tête.
Il
faut qu'il arrive en tête de cette élection, parce qu'il vient de traverser une crise qui n'est pas terminée d'ailleurs. Et je ne
sais
pas si vous avez remarqué qu'on n'en parle quasiment plus. Depuis 15 jours, on ne
parle
plus de la crise des Gilets jaunes, alors qu'elle a quand même été une vague importante dans le paysage français, qui n'est pas terminée, qui n'est pas résolue. D'ailleurs,
il
y aura un acte, je ne
sais
pas combien,
demain, là. Voilà,
il y a un acte demain, oui.
Et dimanche.
Et dimanche à Bruxelles, notamment. Et donc, il faut impérativement qu'il arrive en tête pour montrer qu'il est bien la force dominante, qu'il est bien en mesure de pouvoir continuer à réformer en France, parce que je vous signale qu'il y
a
des réformes importantes devant nous, notamment la réforme des retraites, et puis beaucoup d'autres choses, tout ce qui concerne l'écologie, tout ce qu'il a annoncé il n
'y a
pas très longtemps à l'occasion d'une conférence de presse. Et puis,
il
y
a
un deuxième enjeu, qui est un de l'enjeu européen, parce que même si Emmanuel Macron, pour la première fois, va envoyer des députés, ça c'est une quasi-certitude, à l'Assemblée de Strasbourg, qui seront loin d'être majoritaires, ils vont siéger dans un groupe qu'on appelle un groupe libéral, qui existe déjà, qui devrait tourner autour de 80 à 100 euros députés. Mais Emmanuel Macron s'est présenté, quand il a été élu président de la République française, comme étant l'avenir de l'Europe, avec un discours très pro-européen, à une heure où la Grande-Bretagne veut quitter l'Europe,
où
Mme Merkel est sur le départ, où l'Italie est quand même pas mal balottée dans ses problèmes intérieurs, où l'Espagne est quand même très affaiblie, même si elle remonte la pente,
il
s'est posé comme le nouveau leader de l'Europe.
Alors,
ce leader, il s'est posé en leader, et il s'est posé en mur, en espèce de protecteur, contre la fièvre populiste,
qui
a gagné finalement tous les pays européens, qu'ils soient de la vieille Europe ou de la nouvelle Europe, il y a partout des phénomènes, des abcès de fièvres nationalistes, populistes, souverainistes, peu importe comment on les appelle, mais qui sont très virulents. Et donc, lui, il a dit, moi, je suis pour la construction européenne, je ne suis pas eurosceptique, eurocritique, et c'est moi qui vais porter le flambeau. Si, dans son propre pays, il est mis en échec, symboliquement, encore une fois, puisque ça n
'a
pas de...
– Oui, oui,
on comprend bien. – Si il est mis en échec, les autres vont avoir... Évidemment, ils vont en profiter, quand on connaît en plus le caractère de M. Salvini, le caractère de la
successeuse... – On a lancé des petits
pics. – On a
lancé des petits
pics, M. Orban, enfin tous ces gens-là, vont dire, bon, ben, ça va, l'Europe est à nous. – Cécile Cornudet, est-ce qu'il n
'a
pas pris un risque inutile, au fond, en faisant de cette place de numéro un un totem ? Si les sondages ne se trompent pas, il devrait perdre son pari, les sondages mettent le parti de Marine Le Pen en tête. –
C'est sûr que dans ses différents choix stratégiques, c'est celui qui est le plus controversé aujourd'hui. Qu'est-ce que c'est, ses choix stratégiques ? Il a décidé de beaucoup s'impliquer, comme aucun président avant lui pour des européennes. Bon, ça, sans doute qu
'il
ne pouvait pas faire autrement, et c'est son tempérament. Il a décidé de recommencer ce face-à-face avec Marine Le Pen et avec les nationalistes en Europe, mais il a effectivement dit, je ne peux pas laisser Marine Le Pen en tête, sous-entendu, je suis obligée de gagner. Alors, il a fait ça pourquoi ? Parce que c'est vrai qu'à partir du moment où il y avait un face-à-face avec Marine Le Pen, il ne pouvait pas ne pas dire je dois la
terrasser. – C'est lui
qui l'a mis en place, ce
face-à-face avec Marine Le Pen. – Oui, mais parce que, pourquoi ? – En 2014,
elle est arrivée en tête, Marine Le Pen, François Hollande,
ne l'a pas pris. – Très loin derrière. Il a fait ça pourquoi
? Parce qu'il n'avait plus beaucoup de temps. Avec les gilets jaunes et le grand débat, il lui est resté une campagne très courte, et ce n
'est
pas du tout la campagne qu
'il
voulait faire au départ. Il voulait faire une ode à l'Europe, avec un concert.
– De YouTube. – Voilà, il
voulait faire quelque chose de très joyeux. Et finalement, comme il ne restait plus de temps, et que son électorat, lui, c'est l'électorat le plus difficile à mobiliser, parce que c'est les gens les plus loin de la politique. D'ailleurs, il avait réussi là-dessus en 2017, il avait réussi à prendre ceux qui n'aimaient pas la politique. Donc là, pour mobiliser ceux-là, il fallait un peu leur faire peur, il fallait leur montrer qu'il
y a
un enjeu, et il l
'a
un peu forcé. Et résultat des courses, même s'il fait un bon score dimanche, même s'il est, disons, à 22, 23, 24, qui serait presque son score de la présidentielle, comparé à tous ses prédécesseurs ou presse, ce serait vraiment un bon score, mais s'il est derrière Marine Le Pen, ce sera interprété comme un échec. Alors, depuis quelques jours, on sent qu'ils essayent de changer un peu
ce que j'ai. – Ah, ils
affichent
ce discours, du coup. – Voilà, en
disant, à partir du moment où on fait à peu près autour de 22, et à partir du moment surtout où le PS et les Républicains sont très bas, où il continue à y avoir, si vous voulez, le paysage politique qu'il y a depuis 2017, eh bien, ce sera quand même un succès. Ils vont essayer de l'habiller comme ça. Mais c'est vrai que c'est un risque de faire
ça.
– Claude Veil, dimanche soir, 20h, les résultats tomberont. Qu'est-ce qu'il faudra regarder ? Quel score, quel chiffre ? Il faudra suivre
avec attention. – Tout sera
intéressant, je crois qu'il y
a
au moins trois matchs dans le match. Il y a le match, ça a été évoqué, le duel, le duo ou le duel, selon la façon dont on l'interprète, entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, ou entre la Renaissance européenne et l'Europe des Nations, enfin voilà, qui a dominé cette campagne, au fond, puisqu'il avait l'avantage dans une campagne très confuse, une pléthore de listes, des programmes mal assimilés. Au moins, ça aurait le mérite de poser de façon binaire une opposition simple, pro-européen, contre-eurosceptique, etc. Ça, c'est la première chose, et tout a été bien dit là-dessus. Il y a une autre façon quand même de l'analyser, c'est de voir
qu
'est-ce qu'il reste du clivage gauche-droite, parce que la gauche est allée au 36e dessous, il
faut
voir comment elle se tire de ces élections. Et à l'intérieur de la gauche, il y
a
des matchs dans le match. Il y a une bataille pour le leadership à gauche entre l'Europe Écologie, les Verts, et la liste parrainée par Jean-Luc Mélenchon.
Et
puis, plus globalement, et ça c'est vrai en France et en Europe, il y a un match entre, en gros, les europhiles et les eurosceptiques ou les europhobes. Ça sera intéressant en France, à l'élection présidentielle, c'était 50-50, les listes très très critiques envers l'Europe, qui voulaient changer l'Europe, sortir de l'Europe, refaire l'Europe, etc. C'était à peu près 50%. Mais
est-ce qu'il n'est
pas en train de se faire ce match, et avec un phénomène de vote utile d'ailleurs,
de remonter ?
Ce match, évidemment, il gagne l'ensemble du territoire européen et il va déterminer l'équilibre des forces au sein du Parlement européen.
Est
-ce qu
'il
n
'est
pas en train de se faire ce match ? On assiste à finalement, les gens ne votent pas UDI,
ils
votent, s'ils sont pro-européens, ils votent Macron, s'ils sont anti-européens, ils votent Marine Le Pen. Et ça écrase tous les autres matchs, et ça vide même les autres candidats de leur programme. Absolument, il est évident que d'une certaine façon, les opposants ont été piégés par leur propre stratégie. C'est-à-dire que les premiers qui ont lancé l'idée de mot d'ordre, le mot d'ordre de référendum anti-Macron, c'est la France insoumise, relayée par Marine Le Pen, qui s'est rendu compte que quand le pouvoir est à 20 ou 25% d'opinion favorable, évidemment, c'est un bonissement de mobilisation que de dire, sortez-le, puisque Marine Le Pen, elle est sur la ligne, sortez-le.
S'il arrive deuxième, il doit quitter l'Élysée.
Oui, elle a réclamé sa démission. Voilà, elle a réclamé sa démission, ce
qu'elle a peu de chances d'obtenir, mais on peut toujours demander, ça ne coûte pas cher. Le duel a été entendu. Ce message a été tellement entendu, en réalité, qu'on voit bien que beaucoup de Français vont aller vider, au bout du compte, voter pour ou contre Emmanuel Macron. Lui-même s'en est servi en retournant l'argument anti l'argument du second tour de 2017, protéger la France de la menace extrémiste. Et donc, ça a tellement cristallisé que toutes les autres formations ont passé leur temps à faire 36-15 j'existe, pour essayer de ne pas être écrasés entre les deux mâchoires de l'étau. Éric Fautorino, on va dézoomer encore un peu plus avec vous. Est-ce qu'il
y
a d'autres matchs en Europe qu'il faudra suivre ? Est-ce qu'il
y
a d'autres pays où il y a des tests clés qui vont se passer, qui vont se réaliser dimanche soir ? Alors, on est dans un contexte général où, comme on va le voir probablement encore dimanche, l'élection ne va pas attirer beaucoup d'électeurs, quels que soient les pays, même s'il
y a
des pays qui sont un peu plus historiquement européens que d'autres. Mais, si on veut manier un peu le paradoxe, je pense que les Anglais vont regarder, puisqu'ils votent. Ça a été d'ailleurs une décision assez bizarre du Conseil de les autoriser, finalement, à voter, alors qu'ils sont en train, par ailleurs, de partir. Donc, je pense qu'il y aura... Et si les pro-européens arrivent en tête, c'est possible
?
C'est pour ça que je trouve que ça met un petit peu de...
Ce n'est pas ce que semblent annoncer les sondages. On voit que Nick
Farage... Les électeurs sont raccords, quand même, avec la
politique générale du pays. Oui,
parce que dans les sondages, la majorité des Anglais dit qu'ils voudraient re-voter, et peut-être qu'ils voudraient voter Remain, cette fois-ci. Sauf que là, c'est les partis brexiteurs qui sont très en
tête
dans les intentions de
vote. C
'est Nick Farage qui pourrait faire d'ailleurs... Et d'ailleurs, il n'a pas exclu une alliance, en tout cas, une discussion avec Salvini après. Donc, c'est quand même intéressant de dire qu'il n'exclut rien, y compris sur ce terrain des populistes. Après, bien sûr, l'Italie, je pense qu'il y aura une analyse qui sera faite très vite sur les résultats, parce que c'est quand même le pays qui a eu, là, toute la pression sur les migrants. On a bien vu ce qui est arrivé, justement, ces derniers mois en Italie. On voit ce que dit le maire de Palerme assez régulièrement.
Donc, est-ce que les Italiens vont analyser ce scrutin comme étant un renforcement, une fin de l'isolation pour eux, de l'isolement, pour faire en sorte qu'ils puissent quand même être avec d'autres pour lutter contre les questions migratoires, même si elles se sont un petit peu abaissées, diminuées ces derniers mois. Et
puis, un
test de popularité pour Salvini, j
'imagine.
Bien sûr. Et puis, l'Allemagne. C'est quand même intéressant, parce que le PPE, dont parlait Yves Tréhard à l'instant, Angela Merkel
a beaucoup utilisé...
La droite a beaucoup utilisé... Enfin, Angela Merkel a beaucoup utilisé le PPE pour faire passer à la fois des messages, mais aussi des mesures au sein de l'Europe dont on disait qu'elle était de fait sa présidente. Donc, je pense que ce serait important. Il faudra regarder la Hongrie aussi, parce qu'un peu pour la même raison que l'Italie. C'est-à-dire que, est-ce que les mouvements populistes vont être très forts ? À combien, etc. ? Et je termine quand même, parce que votre première question très intéressante sur Macron joue gros, il y a le fait que Le Pen soit devant ou pas, mais il y a deux autres points. Il y a à combien ?
C'est-à-dire qu'est-ce qu'il est au-dessus de 20 ou en dessous de 20 ? C'est une question de socle, quand même importante. Et pareil pour les socialistes. Si on le sent à moins de 5, ça veut dire qu'ils disparaissent de cette enceinte. Je veux rajouter un truc sur l'Europe, parce qu'on dit en France, il y
a
une abstention aux élections européennes
qui
est régulière. Elle est régulière, sauf qu'en 1979, quand on a élu le premier Parlement européen,
elle
était de moins de 35% à peu
près.
Et là, elle est de 60. Elle pourrait approcher 60. Mais ce qu'il faut savoir, c'est que dans les pays, les autres pays européens, l'abstention est très forte, et notamment
dans
les pays de l'Europe centrale, c'est-à
-dire
la Pologne, la Hongrie, tous ces pays nouvellement arrivés en Europe,
qui
ont été quand même considérablement aidés par la machine
européenne.
Mais oui, c'est une gifle.
Et c'est ça la
contradiction. Vous
avez
80% jusqu'à 80% d'abstention en Pologne. Oui, mais il y a une logique. Il y a une logique dans la mesure où ce sont des pays qui ont quitté le bloc soviétique avec les raisons qu'on connaît.
Ça a duré très
longtemps. Mais précisément, de se remettre sous le joug, entre guillemets, d'une autre souveraineté qui s'appellerait non pas Moscou, mais Bruxelles, même si ce n
'est
pas la même idée.
C'est terrible, il voit
l'Europe non pas comme des libérateurs ou des protecteurs, mais comme un nouveau maître, comme une
nouvelle URSS. Parce que
les règles de l'unanimité, les droits
de veto, etc., ils n'acceptent pas, au nom justement
de la
souveraineté nationale, qu'une entité supranationale prenne des décisions à leur place. En fait, la
France
à 40-45 était à peu près au milieu de l'échelle. Il y a les pays qui votent très très peu, en effet, la Pologne, la Hongrie, etc., c'est 15-20. Il y
a
les pays qui votent beaucoup, notamment les pays où il y a un vote obligatoire comme la Belgique qui est autour
de
80%. Et la France est à peu près dans le milieu du peloton. Alors, comme souvent dans les campagnes et les élections européennes, les enjeux nationaux ont pris le dessus lors de ces élections. Pour Emmanuel Macron qui a mis la pression sur les représentants de la majorité et sur ses ministres, il faut impérativement que la liste La République En Marche, Modem, arrive en tête. Sujet de Victoria Rouxel et Erwann Elion.
C
'est un ultime débat compliqué pour la candidate de La République En Marche. Mais je vous pose une question. Laissez
-moi
parler
et
je vous
répondrai.
Pardon.
Pourquoi est-ce que vous ne l
'avez pas fait
? Est-ce que
je peux
m
'exprimer
? La
Corse. La Corse,
c'est
incroyable.
Terminez
une phrase. À chaque thématique, chaque question, Nathalie Loiseau est attaquée de toutes parts et doit rendre des comptes au nom du gouvernement. Le
problème, Mme Loiseau, c'est que vous participez
à un gouvernement dirigé
par Édouard Philippe, qui était le lobbyiste en chef d'Areva, qui a construit dans ce pays une dépendance et une faillite industrielle et financière sur le nucléaire. Si on ne mettait pas aujourd'hui des dizaines de milliards d'euros dans la faillite du nucléaire, on financerait l
'isolation
de l'euros.
Depuis le début de la campagne, la candidate macroniste est en difficulté, notamment en raison de nombreux couacs de communication, des éléments de langage malheureux, une aubaine pour ses adversaires. Après le 26 mai 2019, qu'elle compare au débarquement du 6 juin 1944,
où
des milliers de vies ont été perdues pour la France, voici que Nathalie Loiseau promet un blitzkrieg pour relancer sa campagne. Les progressistes parlent de paix, mais utilisent un registre lexical de guerre. Alors début mai, le gouvernement est sommé de montée au créneau pour la soutenir. Ordre du président. Aucune défaite ne sera tolérée. C'est ce que rapportent certaines sources à la sortie du Conseil des ministres fin avril.
On
a eu droit à une menace de remaniement à peine voilée. Emmanuel Macron met la pression à son équipe et finit même par mouiller la chemise en s'engageant dans la campagne.
Car
le président veut faire barrage à l'extrême droite. C'est désormais la liste Macron contre la liste Le Pen. Un deuxième round après la présidentielle. Une bataille de personnalité que dénonce le candidat UDI.
Je
vois des Français qui sont en colère qu'on les prenne pour des imbéciles. Je vois bien que d'ailleurs ceux qui les prennent pour des imbéciles ont de meilleurs sondages que moi. Mais je vois aussi des Français qui en ont marre qu'on veuille leur faire voter sur un enjeu entre M. Macron et Mme Le Pen. Alors qu'ils savent que nous avons à choisir 79 représentants français au Parlement européen, la vision française de l'Europe, les enjeux et la défense de nos intérêts.
Le
scrutin s'annonce périlleux pour La République En Marche. Le Rassemblement national est crédité de 24,5% des intentions de vote contre 23% pour la liste Renaissance de Nathalie Loiseau.
Un
écart en hausse depuis le début de la semaine.
Une
éventuelle défaite, un désaveu du président que l'opposition souhaite voir traduite dans les faits.
Je
pense que s'il sort affaibli de ce scrutin, il sortira en effet affaibli aussi pour mener ses politiques par la suite, ses politiques notamment antisociales comme la réforme des retraites.
Du
côté de l'Elysée, si un remaniement semble envisageable en fonction des résultats de l'élection, pas sûr que le président change de cap politique pour autant.
Ça
paraît assez compliqué qu'Emmanuel Macron se renie sur le fond. Il a été assez clair.
Il
considère que dans la crise des Gilets jaunes, il a envoyé en mettant 17 milliards d'euros sur la table un signal politique, une sorte de virage social assez net. Il n
'a
pas l'intention d'aller plus loin. Il n
'a
pas du tout l'intention de remiser au placard la réforme des retraites, celle de l'assurance chômage. Il veut les mener jusqu'au bout. Parce que là encore, c'est identitaire pour l'Emmanuel Macron. Il est élu sur le retour des gens qui tiennent ses promesses contre l'ancien monde. Donc il ne peut pas se dédire d'une certaine façon.
Dernier
rappel du
pied.
Je reçois le président de la République, Emmanuel Macron, pour un entretien en direct. Le président répondra ce soir aux questions du jeune youtubeur Hugo Décrypte. Une opération pour mobiliser une jeunesse dépolitisée. 70% des 18-34 ans ne comptent pas se déplacer pour le scrutin de dimanche.
Alors,
question téléspectateurs. Et pourquoi pas un bon résultat pour Macron ? Aux Pays-Bas, les sondages ont montré leurs limites. Parce qu'aux Pays-Bas, c'est vrai, Yves Tréhard, les travaillistes sont arrivés en tête alors qu'on donnait l'extrême droite en tête. Oui, alors que l'extrême droite est plutôt très loin derrière. Écoutez, ça peut changer, effectivement. Ce qui est sûr, c'est que Mme Moiseau et Macron,
parce que
ce n
'est
pas tellement Mme Moiseau, est la cible de toutes les attaques, de gauche, de droite. C'est vraiment lui qui est en cause. S'il y a une mobilisation peut-être un peu supérieure à celle qui est prévue,
il
y a des gens qui peuvent prendre peur et qui se disent « On n'a pas du tout envie de donner un signal qui soit un signal négatif, anti-européen. » Toute la population qui a voté pour Macron. C'est très simple. Macron, il a un électorat, beaucoup de chefs d'entreprise, qui veulent que ça marche,
qui
ne peuvent pas se passer de l'Europe, qu'il faut que les frontières soient ouvertes, qu'il faut qu'il
y
ait du commerce, qu'il y ait du libre-échange, aménagé évidemment avec le monde entier. Ces gens-là, ils votent pour lui.
Là
où il a perdu,
c
'est évidemment l'électorat de gauche qui, à mon avis, a disparu dans l'abstention. Parce que je rappelle quand même que toutes les listes de gauche additionnées
à
ce scrutin, depuis Europe Écologie-Les Verts jusqu'à la France Insoumise en passant par le Parti Communiste, dans les intentions de vote font moins de
30%.
Moins de 30%. On peut
dire 25 tout mouillés.
C'est énorme. Enfin, c'est très très
peu.
Donc, il n'aura pas cet électorat de gauche qui s'est
perdu
dans l'abstention. Et donc, le match se joue pour lui, surtout vis-à-vis de M. Bellamy. Et ce qui est intéressant,
c
'est que M. Bellamy, qui était parti très bas, vers 8-9%,
c
'est le seul dont la courbe a évolué pendant cette élection.
Alors, justement,
on était arrivé à 15,
peut-être qu'on est à 13,
14, peut-être. Tout ça étant, encore une fois, des intentions de vote.
Mais
ce qui est sûr, c'est que M. Bellamy a fait rentrer au bercail beaucoup d'électeurs qui avaient pu partir chez Macron. Est-ce que ces électeurs, il y en a beaucoup qui étaient incertains, est-ce qu
'ils
sont repartis chez Macron ? Ce qui est sûr, c'est que l'électorat de Macron est l'électorat le moins sûr de voter pour lui, de ce qu
'on
sait aujourd'hui. C'est celui qui est encore susceptible de changer. Alors que ce n
'est
pas le cas du Rassemblement national. Éric Fautorino, est-ce que derrière ces élections, l'enjeu, c'est quand même la fin du quinquennat. Est-ce qu'il aura le souffle pour mettre en œuvre les réformes ? Alors, on l'a dit, l'assurance chômage, la réforme de l'éthique sur la PMA, les retraites, etc. Ou est-ce que non,
il
va se chiraciser parce qu'incapable d'engager, pas un capital politique suffisant pour engager toutes ces réformes compliquées ?
Je
dirais paradoxalement que, je ne sais pas s'il aura ce souffle ou pas, mais pour moi, ça ne dépend pas du résultat de dimanche. Je veux dire par là que le résultat de dimanche, si on regarde l'histoire de nos élections européennes depuis même 30 ans, il y a eu quelquefois des percées très fortes de partis adverses à celui qui était au pouvoir. Souvenez-vous, quand Tapie, avec le mouvement des radicaux de gauche, il n
'y a
pas eu de lendemain. Quand les écologistes ont fait des percées avec Wester, il n
'y a
pas eu de lendemain. Quand l'écologie, même plus récemment, a été très forte, elle a fait 2,5% après avec Eva Jolie. Ce que je veux dire, souvenez-vous aussi de Charles Pasqua et de De Villiers, avec le RPF qui voulait réveiller une sorte de fantôme gaulliste, alors que Chirac ne représentait plus le gaullisme. Chirac a gagné deux ans après. Donc ce que je veux dire, c'est qu'il ne faut pas surinterpréter le résultat qu'il y
aura
dimanche, et je pense de ce point de vue-là, Emmanuel Macron a tort de s'être mis autant en avant, puisque finalement, en effet, il ne
peut
prendre
que des coups. – Oui, mais
en l'ayant fait, ce qui ne se met pas, il ne s'est pas mis
en danger. – Je ne crois pas parce que
je pense sincèrement que les Français, ce qui les intéresse, c'est la politique en France, ce n
'est
pas la politique européenne. Et d'ailleurs,
ils
ont sûrement tort, parce que c'est la première fois, je crois, que l'enjeu européen devrait être plus fort que l'enjeu national. – Cécile Cornudé, est-ce qu'on peut envisager pour retrouver un second souffle, surtout si les résultats devaient quand même être mauvais dimanche soir, qu'il y
ait
un remaniement, et posant la question même, un nouveau Premier ministre pour ouvrir une nouvelle page dans ce quinquennat d'Emmanuel Macron ?
– En
tout cas, on sent de l'inquiétude chez les ministres, quand
vous les
rencontrez en ce moment,
ils
sont… Oui, parce que ces périodes-là, ça réveille tous ceux qui, notamment la gauche de la Macronie, qui ne supportent pas d'avoir un Premier ministre de droite et qui rêvent que ce soit, que l'acte 2 soit un acte 2 où on change de Premier ministre. En réalité, ce n
'est
pas ça qui a l'air de se profiler. Ce que je sens, c'est qu'ils sont en train d'intégrer le fait qu'ils ne seront probablement pas en tête, mais qu'ils auront un résultat honorable, donc de plus de 20%, entre 20 et 23%. Et du coup, l'idée, c'est de continuer avec Édouard Philippe, parce que d'abord,
il
n
'y a
pas quand même beaucoup de gens pour le remplacer. Pourquoi ? Parce que pour Emmanuel Macron, c'est un Premier ministre qui roule. Ils arrivent à travailler ensemble, il est très loyal, il a mis en œuvre les choses. Et du coup, l'idée, c'est d'enclencher très vite cet acte 2 sur le fond, plus que sur les personnes.
On ne
change rien, même s'il y
a
les Gilets jaunes qui continuent de faire leur acte.
Si c'est une
catastrophe, c'est-à-dire s'ils sont à moins de 20% et que Bellamy, par exemple, est à 16 ou 17, s'ils sont très proches, là, politiquement, ça va être très compliqué. Il peut y avoir quelque chose qui se produit à ce moment-là. Mais sinon, je pense que ce sera plutôt dans la continuité.
Pour enclencher très vite les choses qui ont été annoncées dans la conférence de presse post-grand débat, et dont on n'entend plus parler, parce que, voilà, la baisse de l'impôt sur le revenu, la réforme des institutions, toutes ces réformes-là, et qui de mieux que le Premier ministre actuel, d'autant que personne ne pense en France que si la liste Renaissance échoue dimanche, ce sera de la faute du Premier ministre. Et lui-même n
'a
pas beaucoup incarné cette période-là,
moins qu'Emmanuel Macron.
Il
s'est beaucoup
exposé, mais dans l'esprit des gens, ce n
'est
pas lui qui porte la liste Renaissance. Donc tout ça conduit plutôt à une continuité, je pense.
Claude Veil ? Oui, pour prolonger, il est évident que 19-24 ou 19-22-23 ou 19-23-24,
ce
n'est pas du tout la même chose. L'écart, le différentiel sera important. Est-ce qu
'on
va vers un changement de gouvernement ? Personnellement, j'ai les plus grands doutes là-dessus, sauf s'il y avait vraiment une catastrophe. Pourquoi ? Parce qu'un changement de gouvernement, ça n'a de sens.
On avait parlé de Jean-Yves Le Drian. Oui, mais un
changement de gouvernement, ça n'a de sens que si,
ou
bien vous changez de périmètre
de
la majorité, ou bien vous changez de politique. Changer de politique, c'est exclu. Il y a eu déjà, non pas un changement, mais une réorientation quand même importante. Il y a un mois, avec l'introduction d'une forte dose de keynesianisme traditionnel, finalement, dans la politique d'ajustement libéral, il ne
va
pas en changer à cause des élections européennes. Il
n'a
en plus changé pour aller dans quelle direction ? Il n
'y
aura pas un plébiscite, dans un sens ou dans l'autre. Et quant au périmètre de la majorité, il est fixé par la réalité politique. C'est-à-dire que quand vous êtes... Pour faire entrer qui ? L'UDI ? Non merci. Les Républicains, encore moins. La gauche ? Plutôt mourir. Donc il n
'y
a personne sur le marchepied, il n
'y a
personne dans l'antichambre, qui souhaite entrer au gouvernement. Donc il faut faire avec. Changer de Premier ministre, objectivement, s'il met le Drian à place d'Edouard Philippe, ça va agiter et demander à nos médiatiques pendant trois jours, et puis une semaine après, ça sera oublié. Les Français ne
s
'intéressent pas beaucoup au changement. Il n
'y
a que nous que ça fascine. Donc la donnée de base, elle est fixée, je dirais, jusqu'en 2022. La donnée de base, c'est qu'il y a en France... ...pare les élections de 2017. Il y a deux partis dominants, qui pèsent, bon an, mal an, selon les jours, entre un quart et un cinquième de l'opinion, que ces deux partis sont des partis seuls, qui n'ont pas d'alliés, et que donc le gouvernement d'Emmanuel Macron est condamné à gouverner seul, et à gouverner en étant minoritaire, sous des attaques convergentes de la gauche et de la droite.
Les institutions permettent de tenir le pays avec ce socle politique étroit, parce que quand vous gagnez la présidentielle, vous avez droit à un cadeau bonus, c'est les législatifs qui suivent, mais est-ce que ça permet de réformer, de transformer en profondeur le pays ? C'est beaucoup plus compliqué. Yves Tréhard, ce que dit Claude Veil, c'est que maintenant, il
y
a deux partis dominants, donc le Rassemblement National et la République En Marche. C'est fini le clivage droite-gaute. On est vraiment... D'ailleurs, il n'existe plus. Maintenant, c'est le clivage Europe versus souverainiste. Oui, alors,
oui,
je vais vous répondre à ça.
Pour le moment. Le
clivage droite-gauche, il demeure néanmoins, et on le voit sur un sujet
qui
a dominé beaucoup de débats télévisés, c'est celui de l'immigration.
Vous
prenez tous les candidats de droite,
ils
sont...
Là,
réapparaissent l'ADN ? Oui. La vieille ADN
?
Alors, ils sont de façon gradée pour la restauration quand même, certains des frontières, carrément, d'autres d'être très fermes, hors de question d'un cas d'un cas
d'un
cas d
'un cas.
Et puis, vous avez un discours de gauche très présent, en disant qu'il vous parle d'humanité, de devoirs, d'accueil, de tout ça. Là-dessus, vous avez un clivage droite-gauche qui a toujours
existé. Sur un sujet qui
n'est pas... Qui n
'est
pas mineur.
Qui n'est pas
mineur.
Qui
n
'est
pas mineur. Après,
qu
'est-ce qu'on constate ? Et c'est l'Europe qui a changé la donne, justement. Ce n
'est
pas Macron qui a dit un jour le clivage droite-gauche est terminé. Mais non. On le constate depuis quand ? Depuis 1992, le référendum de Maastricht, puis 29 mai 2005, avec le référendum sur le traité... Le
projet de constitution
européenne. Qu'est-ce qui s'est passé ? On a vu qu'il y avait les pros et il y avait les antis. Dans les deux cas.
C
'est
-à
-dire des gens qui étaient
pro
-européens et d'autres qui étaient non pas anti-européens, mais beaucoup plus réservés, qui ne voulaient pas que la souveraineté française soit absorbée par l'Europe. Et ça, ce courant, traversait la droite et la gauche. Pasqua, Chirac, c'était ça. Famus, Hollande, c'était ça. Chacun des rendez-vous européens a donné lieu à des fractures à l'intérieur des partis qui sont des fractures très fortes. Alors, près d'un Français sur deux dit ne pas s'intéresser à ces élections. Pourtant, le pouvoir du Parlement européen s'est renforcé depuis une dizaine d'années. Pierre Millet-Bellando et Juliette Vallon reviennent sur les rôles et les compétences de cette Assemblée qui reste méconnue.
Il
y a le parti pirate. Celui des jeunes pour l'Europe.
Allons enfants et le premier parti à présenter 79 jeunes de moins de 30 ans qui s'engagent au quotidien pour construire l'Europe de demain.
Les fédéralistes de Pache. Ça aurait pu être sur elle-même. Non. Avec Pache, on veut une Europe unie et solidaire.
Et
on ne va pas laisser désaguer ce projet. Ou encore les communistes révolutionnaires.
Cette
Europe a été créée et construite contre les peuples. Or, en France, 2500 milliards de richesses produites par le travail des salariés
sont
détournées par le capital. En France, elles sont une trentaine.
Des
listes qui font la course au siège.
En
tout, le 26 mai prochain, 79 députés seront élus par les Français. Le Parlement européen en accueille 751.
Mais
au juste, à quoi sert ce Parlement
?
Localisé à Bruxelles, la plupart du temps, les députés siègent aussi à Strasbourg quatre jours par mois pour des sessions plénières. Le rôle du Parlement
est
limité.
Le
Parlement européen, constitutionnellement, j'ai envie de dire, il sert à légiférer. Donc il sert à faire des lois, à voter des lois européennes. De façon plus générale, on peut dire qu'il sert aussi à mettre
un
peu d'élus, un peu d'hommes politiques, un peu de partis politiques dans la machine de l'Union européenne.
La
machine de l'Union européenne, elle est extrêmement bureaucratique, on le sait. Elle est aussi extrêmement diplomatique avec les représentants des États à Bruxelles, ces diplomates qui défendent
nos
intérêts.
Ce
sont des fonctionnaires. Avec le Parlement européen, on a un autre profil.
On
a des anciens ministres, on a des élus, on a des gens qui appartiennent à des partis politiques
et
donc qui vont avoir en tête d'autres préoccupations au moment de prendre des décisions.
La force de notre liste est en effet de compter des élus dans les caisses de retraite.
Alors les députés européens, une fois élus, que peuvent-ils faire
?
Chères citoyennes, chers citoyens européens, il est temps de prendre le pouvoir à Bruxelles pour transformer l'Europe. Peuvent-ils, comme le dit ce parti, prendre le pouvoir à Bruxelles
?
Dans les faits, le député européen a trois tâches. Voter les textes, adopter le budget de l'Union et exercer un contrôle sur la Commission européenne.
Il
a, sur son mois de travail, en gros, une semaine à Bruxelles au sein de ses commissions et de ses groupes, une semaine à Strasbourg où il siège, une semaine chez lui dans sa circonscription et puis une autre semaine pour se coordonner avec les autres, travailler sur des rapports précis. Les lois européennes demandent beaucoup plus de travail parce qu'elles concernent 512 millions d'habitants, elles concernent des États différents, aux tradictions juridiques différentes et donc il faut beaucoup de concertation.
Aujourd'hui, Lutlef souhaite aller plus loin pour renforcer l'égalité des chances et une
conscience européenne.
Ces
élus-là seront dans des groupes. Aujourd'hui, au Parlement européen, le premier, c'est le PPE, le Parti Populaire Européen, la droite européenne.
Ces
groupes-là légifèrent sur des domaines tels que l'environnement, l'agriculture, l'immigration ou la protection des consommateurs.
Il
y a deux mois, une directive a été adoptée sur les droits d'auteur
qui
est reconnue comme très importante à l'époque d'Internet et des pratiques des grands groupes tels que Google. Et là-dessus, le Parlement européen a joué un rôle clé parce que les députés se sont investis, parce qu'ils ont pris le temps d'auditionner, d'essayer de se mettre d'accord, la gauche, la droite, là où les négociations au Conseil, du côté des chefs d'État et de gouvernement, pouvaient beaucoup plus être dans l'ombre, d'une part, et d'autre part, être commandés par des puissances, être influencés par des puissances économiques. Donc là, sur ce genre de dossier, on voit bien en quoi le Parlement européen peut faire la différence.
Autre enjeu de ces élections, la nomination cet été du président de la Commission européenne. Il est élu à la majorité des membres du Parlement européen sur proposition de chefs d'État et de gouvernement.
Alors,
question téléspectateurs, quand on sait que les décisions importantes sont prises par la Commission à Bruxelles, à quoi sert-il d'aller voter dimanche pour ce Parlement donc à Strasbourg ? Le rôle du Parlement européen est beaucoup plus important aujourd'hui qu'il y a 40 ans quand on les a élus les premiers députés en 1979 parce qu'il
y
a eu une réforme
en
2004, enfin au tendant du XXIe siècle qui fait qu'il y a plus de pouvoir pour le Parlement européen. C'est quoi ? Le poids du Parlement européen est de trois ordres.
Un, il
contrôle l'activité de la Commission européenne
et
il peut à tout moment lancer une commission d'enquête parlementaire exactement comme en France. la Commission étant
l
'équivalent d'un gouvernement européen. Un gouvernement non élu pour le coup par... Avec des commissaires,
des
commissiers, etc. Voilà. Son deuxième rôle c'est un pouvoir de co-initiative.
C
'est-à-dire qu
'il
peut prendre l'initiative de décision
à
caractère législatif donc et qui peut et qui après est avalisé par le Conseil des chefs d'État et de gouvernement et aussi par la Commission. Alors c'est pas sur tout et n'importe quoi.
C
'est principalement des sujets économiques,
des
sujets de concurrence, des sujets agricoles puisque la politique agricole commune il ne faut pas l'oublier c'est encore aujourd'hui plus de la moitié du budget européen. Ça absorbe... Mais
par exemple la baisse
des émissions de CO2 dans les voitures, dans les moteurs, moins 37% c'est le Parlement
européen.
Il y a du Parlement européen effectivement mais ce qui est faux de dire il y a plein de sujets qui ne sont pas du ressort du Parlement européen ni de l'Europe d'ailleurs. On a coutume de dire que 80%
des lois viennent de l'Europe. C'est Mme
Le Pen qui dit ça. Vous avez entre on va dire 30% un tiers de la législation nationale qui vient effectivement de directive européenne. Mais il y a des sujets sur lesquels par exemple il y a les Verts dans leur programme Europe Écologie Les Verts a dit il faudrait qu'on baisse la majorité à 16 ans majorité électorale. C'est absolument pas du ressort de l'Europe. Autre proposition de la France insoumise un impôt sur la fortune européen. Les questions fiscales encore une fois ne sont pas du ressort de l'Europe non plus. Troisième j'avais dit qu'il y avait trois pouvoirs c'est de nommer le président de la Commission
européenne
et d'auditionner chacun des commissaires. On va y revenir parce qu'on va avoir un nouveau président de la Commission européenne après le départ de Jean-Claude Juncker. Juste un mot Cécile Candidée on le voit partout en Europe il y a une poussée des populistes qui vont être nombreux maintenant au Parlement européen est-ce que le Parlement européen est-ce que ça va infréchir la politique européenne ou bien on va dire non ça nous est égal ils sont dans le faux et rien ne change et on va continuer sur notre chemin
ils peuvent s'ils arrivent à s'allier parce qu'aujourd'hui ils sont répartis en trois groupes différents les nationalistes ils peuvent être une force de blocage importante et c'est ça un peu tout l'enjeu et toute l'inconnu de ce nouveau Parlement on sait qu'ils sont plutôt en phase ascendante et surtout pour la première fois on a vu toute la campagne qui s'est faite avec Marine Le Pen Matteo Salvini tous les nationalistes
ensemble ça va être le
tête de c'est plutôt Matteo Salvini
Matteo
Salvini ça va être la tête d'affiche des
souverainistes en Europe ils sont répartis ils pourraient
être
oui
oui
c'est vrai il ne s'éloge pas
lui-même il n
'est
pas candidat lui-même en tout cas jusqu'à présent si vous voulez quand on regarde un peu la stratégie des parlementaires du Front National ça a été
on
ne vote rien quasiment au Parlement européen parce qu'on ne veut pas faire de cadeaux à l'Europe on veut montrer par l'absurde qu'elle ne marche pas aujourd'hui ils vont changer de stratégie ils vont être on va s'opposer on va faire des coalitions on va y compris sur des projets prendre des voies anti y compris à l'extrême gauche à la France insoumise elle l'a dit Marine Le Pen elle pourrait joindre ses voies à des voies de l'extrême gauche pour bloquer des projets européens donc je pense quand même que ça va être une force perturbante du système européen plus importante qu'avant
Claude Veil oui il est évident que s'il y
a
une vague au niveau du continent très importante en faveur des thèses nationales populistes appelons-les comme ça pour faire court l'Assemblée sera obligée à en tenir compte et tous les partis politiques qui font de la politique vont être sensibles à ça et notamment le parti populaire européen sera tenté par exemple en matière d'immigration de durcir sa politique
cela
dit cette influence
se
heurte à deux limites
la
première c'est que l'international nationaliste pardon pour l'oxymore qui est invraisemblable mais c'est comme ça qu'on nous a vendu à Milan le week-end dernier est un pur mythe parce que ces partis nationales populistes
ils
ont des ennemis communs Macron Juncker l'immigration l'islamisation de l'Europe si vous voulez mais ils n'ont à peu près rien en commun à part ça dans les propositions par exemple l'extrême droite du nord de l'Europe allemande et du nord de l'Europe est très austéritaire et pour le respect des règles
budgétaires
alors que l'Assemblée nationale et Salvini sont plutôt pour un assouplissement il
y a les relations avec la
Russie il y a les relations avec la Russie et que vous avez vu ce qui s'est passé en Autriche aussi bien l'Assemblée nationale encore plus Salvini et le parti autrichien étaient très proches de Poutine les Polonais et les Hongrois ne veulent pas en entendre parler et les Baltes encore moins bref il y a tellement de désaccords entre eux que l'idée d'un groupe unique me paraît un peu une vue d'esprit d'ailleurs à Milan il n
'y
avait pas les 19 parties concernées mais ils n'étaient qu'une dizaine et entre eux ils ont beaucoup de désaccords la deuxième limite c'est que quand vous avez 27 pays répartis en une douzaine de groupes une dizaine de groupes lesquels groupes sont d'ailleurs hétérogènes à l'intérieur parce que le PPE par exemple n
'est
pas du tout monolithique
on
ne peut avancer qu'à la négociation et au consensus c'est la palabre le Parlement européen est un arbre à palabre et les choses avancent en matière d'environnement sur tous les sujets qui concernent la vie quotidienne des français et il y a des décisions importantes qui sont prises là
presque
toujours par consensus entre le groupe social-démocrate le groupe le PPE et le groupe centriste et on met au vote au fond quand on s'est préalablement mis d'accord de ce consensus là les partis souverainistes n'y participent pas parce qu'ils ne participent pas à la discussion ils sont contre
donc
ils pèsent peu en réalité quand vous êtes en minorité dans un hémicycle c'est la majorité qui
est à l'écart on peut entendre
la colère mais politiquement
l'équation si la
vague a beaucoup de capacité de renverser l'échiquier évidemment que l'hémicycle en tiendra compte mais
les majorités de demain
ne se noueront pas autour des partis souverainistes alors Eric Fautorino ce parlement on l'a dit devra aussi valider le choix du futur président de la commission européenne aujourd'hui c'est Jean-Claude Juncker son mandat arrive à échéance comment est décidé qui va décider parce que ça va être notre nouveau maître européen c
'est un des
grands enjeux de cette élection souvenez-vous ce qui s'est passé en 2014 c'est ce qu'il y avait cette notion de Spitzenkandidat qui avait émergé alors Spitzenkandidat ça veut dire le candidat de liste la tête de liste du parti ça voulait dire quoi ça voulait dire que depuis le traité de Lisbonne de 2007 on avait redonné du pouvoir au parlement effectivement pour qu'il ne soit pas dans son coin et complètement squizé par le conseil par les chefs d'état et de gouvernement donc ce Spitzenkandidat ça voulait dire que les grandes formations devaient mettre un leader qui portait non pas une politique de son pays mais une politique européenne claire pour que les gens puissent bien l'identifier et que le groupe le parti dont le candidat enfin le parti gagnant devait être quasiment automatiquement le patron de la commission c'est à dire là on parle
si la
droite arrive en tête ça sera le chef de file
de la droite
Manfred Weber alors c'est qui Manfred Weber moi je ne le connais pas particulièrement mais c
'est un allemand bien sûr
aujourd'hui c'est la droite qui devrait arriver en tête au parlement voilà et la droite son leader c'est Manfred Weber le problème c'est pas tant de savoir qui est c'est de savoir est-ce qu'il est capable d'être le chef d'une commission dans un contexte européen qui n'a plus rien à voir avec celui de 2014 c'est pour ça qu'Emmanuel Macron milite contre évidemment ce candidat en considérant qu'il n'a pas la moelle entre guillemets il n
'est
pas assez costaud mais qu'est-ce que ça veut dire quand on écoute quelqu'un comme Enrico Letta qui est l'ancien premier ministre italien qui dirige maintenant l'institut Jacques Delors donc vous savez la fédération d'état-nation etc c'est de dire quoi aujourd'hui on a une Amérique qui n'est pas l'Amérique d'Obama on a une Amérique qui pour la première fois depuis la deuxième guerre n'est plus l'allié historique
on
a un Poutine qui est dans un revanchisme territorial un revanchisme idéologique on a des guerres de l'islam au sud de la Méditerranée on a un monde ce qu'il appelle la monde de brut comment faire l'Europe dans un monde de brut c'est le titre d'ailleurs de son livre et bien lui plaide pour dire il faut des gens de la taille de Merkel pour être à la tête d'une commission européenne donc ça veut dire qu'on est très loin d'un monde Fred Weber ou d'un autre il faut quelqu'un qui soit fort mais aujourd'hui est-ce qu'on reste la question se pose de la même manière suivante est-ce qu'on reste dans cette idée du Spitz-Candidat qui est une idée un peu de compromis pour le Parlement ou est-ce qu'on revient au texte au traité et les traités qui disent que c'est le Conseil qui doit décider qui
a tous les chefs d'État
européens et qui sont souverains pour décider jusque-là ils avaient un peu non pas abdiqué mais ils avaient un peu adouci cette posture là peut-être qu'ils vont reprendre
la main est-ce
qu
'on
met une star ou est-ce qu'on met un technocrate
un eurocrate le problème
c'est que Angela Merkel Nicolas Sarkozy ne voulaient surtout pas dire de star ils voulaient parce que le problème c'est cette rivalité entre ce sont les chefs d'État qui décident et on ne délègue pas à un tiers qui n'est pas élu par le suffrage universel le pouvoir si vous voulez et c'est vrai que le patron de la commission il a un pouvoir immense quand même donc on
part battu l
'Union Européenne ne sera jamais alors
ce qui est terrible c'est que
cette semaine la semaine prochaine une fois que les élections seront passées ça va être une semaine capitale mardi ils vont se distribuer tous les
postes
parce que un
premier tour de table
premier tour de table mais tous les postes sont à renouveler la BCE la Banque Centrale Européenne
la
BCE la Commission le patron du Conseil Européen le
Conseil de l'Europe la BCE c'est
un bon exemple puisque souvenez-vous de la politique Draghi le
président le gouverneur
de
la
Banque Centrale
Européenne non pas
parce qu'il était italien ou parce qu'il était le fruit de compromis c'est parce qu'il était considéré comme l'homme qu'il fallait à ce poste-là et donc la question c'est de savoir est-ce qu'on nomme dans ces postes les gens qui pourront justement lutter dans un monde beaucoup plus hostile encore qu'il
y
a 4 ans ou est-ce qu'on continue des formes de compromis qui permettent aux membres du Conseil de tirer les ficelles Cécile Candidée mardi j'en ai crucial pour ces hommes et ces femmes qui vont diriger le destin de l'Union Européenne dans les 5 années à venir
tout
à fait et on va mesurer là l'influence de la France c'est pour ça que le résultat de dimanche
on a un
poulain
nous
on ne veut pas de Manfred Weber on ne
veut
pas d'un Spitzenkandidat on veut pouvoir choisir et on pense qu'Angela Merkel n'est pas si favorable que ça à ce candidat-là si elle le pousse sans qu'on le sache à ce point en coulisses là ce sera très difficile de s'y opposer et Emmanuel Macron finira par l'accepter mais il fait le pari que finalement elle ne le soutiendra pas donc du coup le numéro 2 le plan B ce serait Michel Barnier ça c'est plutôt le candidat qui est en train de pousser la liste Renaissance
respecté mais ce n
'est
pas une star
non
mais de toute façon on
n'aura pas de star non parce que moi je pense qu'Emmanuel Macron est
un peu comme Angela Merkel et Nicolas Sarkozy il
est Emmanuel Macron il ne veut pas non plus
à Bruxelles Barnier est une star oui
d'accord
c
'est pas une star
à Bruxelles c'est un des hommes qui comptent il n
'y a
aucun doute
ça c'est le plan B
mais est-ce qu'Angela Merkel si la France est affaiblie et avec les difficultés qu'on a vues entre Merkel et Macron
confrontations
accepterait que ce soit un français c'est pas évident a priori elle était très hostile à Michel Barnier pendant des années et là elle aurait dit à Michel Barnier récemment qu'elle n'avait plus rien contre lui et sinon il y a la danoise Margaret
Westhager
qui pourrait être le troisième choix si
je peux dire
on
a beaucoup dit en France d'ailleurs qui a l'avantage d'être
ni française ni allemande donc ça permettrait de dépasser ce clivage et qui pourrait être soutenue par la France
c
'est l'héroïne de la série Borgen c'est
ça
elle qui a infligé GAFA alors la participation aux élections européennes s'annonce faible pourtant on ne peut pas dire que les électeurs manquent de choix dimanche ceux qui voteront pourront donner leur voix à l'une des 34 listes en présence c'est un record Mathieu Lignot et Christophe Roquet nous aident à y voir plus clair
beaucoup
de citoyens vous ne les connaissez peut-être pas pourtant ils sont candidats
ce
qu'ils veulent changer c'est
partout
en Europe
c
'est cette Europe-là une Europe solidaire l
'Europe
parmi les 34 listes présentes aux européennes certaines n'ont pas les moyens de mettre leur affiche alors leur panneau reste vide voici un tour d'horizon de ces listes minoritaires dans un scrutin à la proportionnelle
où
chacun
veut
jouer sa carte
ce
sont les lobbies financiers et mondialistes
qui
organisent l'invasion migratoire du continent européen pour une invasion migratoire sans précédent chômage délinquance incivilité terrorisme voilà le véritable visage du multiculturalisme le grand remplacement
on
peut l'appeler immigration de masse invasion migratoire colonisation africanisation islamisation il faut organiser un retour et ce retour c'est la remigration
stop
à l'islamophobie
il
n'y a pas de grand remplacement mais bien un grand aveuglement arrêtez de juger un noir arrêtez de juger un mec de cité je suis un citoyen français à part entière qui a le droit de vivre d'ignement
je
suis un citoyen à part entière qui a le droit de réfléchir pour la population qui est là autour de vous tous les gens que vous voyez là c'est tous des français arrêtez de voir des tumeurs ou des tis arabes ou des tis c'est tous des français
j
'ai souhaité me présenter sur la liste à voix égale pour créer un nouvel équilibre sociétal dont la clé de voûte sera l'égalité des droits hommes-femmes pour permettre de créer l'Europe de demain
chers
amis
notre
liste déjà présente aux élections européennes de 2009
vous
offre la possibilité de voter en faveur du référendum d'initiative citoyenne en toute matière
et
à tout niveau de gouvernement
il
s'agit d'un droit civique fondamental
qui
permet à chacun d'entre nous de proposer une modification des lois et de voter sur cette proposition
un
référendum d'initiative citoyenne la décroissance c'est le bon sens oui nous portons haut et fort l'espoir d'une démocratie participative pour tous les citoyens européens
le
système des partis stérilise le débat public et confisque la démocratie
le
roi n'a pas à conquérir sa place au service de son peuple il ne se préoccupe pas de la prochaine élection ils travaillent pour la prochaine génération
permettons enfin aux européens de communiquer au moyen d'une langue commune respectueuse de chaque langue et de chaque culture
le
monde et l'Europe disposent d'un tel trésor
l
'espéranto est une langue commune équitable précise et sans exception
en
France 34 listes se présentent aux européennes un record
et
difficile de prévoir le score de ces candidats bien loin des grands partis
dans
les sondages ces listes sont toutes créditées
de moins de 0,5% des intentions de vote
alors
question téléspectateurs pourquoi autant de listes Claude Veil d'ailleurs toutes n'auront pas des bulletins de vote je crois que pour certaines
listes il faudra beaucoup
même n'en auront pas
il faudra
arriver avec son propre bulletin
qu'on aura imprimé chez soi on
peut à condition on
peut à condition
d'être au format l'imprimer chez soi sur son ordinateur avec son imprimante pourquoi est
-ce
qu'il y
a
autant de listes pour une raison simple c'est que d'abord comme ce sont des élections nationales il est assez facile de monter une liste et d'accéder à une visibilité médiatique
qui
vous permet pendant quelques jours de porter un message et ça ne coûte pas très cher c'est une campagne de pub bon marché pour
l
'espéranto par exemple comme on va le
voir pour l
'espéranto alors chacune de ces listes beaucoup de ces listes en réalité font un tour de piste pour défendre un point de vue particulier quelquefois très estimable et très légitime il y
a
un parti animaliste il y a la cause des femmes il y
a
la cause des jeunes il y a la cause de l'espéranto chacune de ces causes est tout à fait défendable le problème c'est que un parti politique théoriquement a vocation à être généraliste un parti politique ne se bat pas pour une cause et je sais en réalité
il
s'agit plutôt de groupes de pression ou de ce qu'on appelle péjorativement des lobbies c'est à
dire
qui peuvent très très bien au Parlement européen auprès des forces se constituer défendre leur point de vue mais quand ils se présentent aux élections
voilà
c'est leur quart d'heure de gloire au harolien mais en réalité ils feront un score très très très très faible et ils le savent alors Eric Fottorino parmi ces petites listes et c'est une énorme claque il
y
a le parti socialiste
qui
pourrait ne pas envoyer de députés au Parlement de Strasbourg car faisant moins de 5%
oui
je pense que si c'est acté dimanche c'est quand même quelque chose d'historique à rebours j'allais dire parce que si on se souvient des engagements de François Mitterrand par exemple sur l'Europe il faut voir que Mitterrand s'est engagé très fortement sur l'Europe dans les années 83 à 84 au milieu des années 80 quand il voit que le socialisme ça marche c'est un imaginaire qui s'est un petit peu épuisé et finalement il va réinvestir l'imaginaire des Français autour de l'Europe si on regarde Macron qui n'est pas socialiste mais qui en 2017 a gagné sur l'idée de l'Europe sur l'idée de l'Europe il a eu un mauvais calendrier il n'y
avait
pas de gouvernement en Allemagne il y avait l'Italie qui basculait il y avait l'Espagne avec son problème catalan etc. mais on croyait encore que Macron était et en même temps et de gauche et de droite ou qu'il y avait une fibre socialiste qui s'exprimait à travers le discours sur l'Europe si cette famille-là n'est plus représentée effectivement je ne dis pas que c'est un drame absolu je dis simplement que comme ces élections européennes manquent justement de ce qu'on peut appeler cet imaginaire européen pourquoi il y a aussi peu de participation c'est parce que finalement les gens ne se sont pas concernés on n'a pas réussi à faire un «
nous
» européen et bien je pense que les socialistes étaient ceux qui étaient les porteurs d'un « nous » européen et qu'ils ont abandonné en route cette dimension
Cécile
Cornudé c'est quand même une fin de campagne décevante aussi pour LR dont on avait dit le
«
divine enfant » bon ben finalement le soufflet est un peu retombé
Il faut voir ce
que ça donne dimanche mais Laurent Wauquiez est quand même content de cette campagne pourquoi ? Parce qu'a priori ils ne vont pas connaître le sort du parti socialiste et finalement ça
pouvait être Et puis je crois que les belles
amis ne termine pas à 20
Ça aurait été un autre souci effectivement pour lui mais en tout cas a priori ils vont avoir des élus et voilà ils apparaissent quand même comme la troisième force en France donc Laurent Wauquiez dit voilà la partie pour 2022 est encore jouable il peut encore y avoir un parti qui s'inisse dans le duo Macron-Le Pen en 2022 et puis il y a eu des personnalités qui parce qu'il y a eu à un moment une dynamique belle amie et peut-être aussi parce qu'ils se sont retrouvés en lui qui s'étaient éloignés de LR qui sont revenus une Valérie Pécresse elle est venue dans des meetings Gérard Larcher Bruno Retailleau donc il y a quand même un embryon de rassemblement qui s'est créé là qui va quand même perdurer lundi et à partir de là ils espèrent construire quelque chose
on a évité
la catastrophe et un embryon de rassemblement
le
raisonnement de Wauquiez n'est pas tellement différent de celui par exemple de François Hollande même si les rapports de force sont déséquilibrés c'est que
c
'est qu'un jour la rivière reviendra dans son lit et que le macronisme n
'est
qu'un moment de la vie politique française et qu'un jour la gauche et la droite renaîtront de leur cendre et c'est pour ça que d'une certaine façon ils souhaitent quand même que la renaissance fasse un très mauvais score pour précipiter la chute parce qu'ils retrouveront les parts de marché le jour où la politique française reviendra à ses
habitudes je me demande
si chez François Hollande et Bernard Cazeneuve il n
'y
a pas quand même l'idée que si le PS ne fait pas ses 5%
on
aura tellement touché le fond de la piscine que ce sera le moment pour revenir reprendre le parti et le refonder pour faire quelque chose
avec 2022
en ligne de
meilleure
voilà et manifestement il y a des choses qui se préparent Yves
Tréard un mot sur les écologistes qui ne dépassent pas les 10% quand même je suis sûr que Yannick Jadot oui mais alors si on prend toute élite de gauche puisque l'écologie politique en France elle est
très souvent de gauche
mais c'est leur
moment quand même les
écolos oui
c'est vrai
que les élections européennes ce sont les élections où les écologistes font des bons scores
il
y a eu l'exemple de 2009 où ils avaient talonné le parti socialiste enfin ça avait été ils avaient même oui vraiment mis en difficulté
le parti socialiste alors de toutes
les listes de gauche il faut quand même le dire ça se joue entre la France insoumise
vous les classez
à gauche vous certains même s'ils ne se revendiquent plus de gauche dans le discours il est quand même franchement à gauche avec un curseur c'est celui de l'immigration on voit qu'il est quand même très à gauche ce qui est intéressant si vous voulez à la faveur de ces élections là c'est qu'on voit que dans d'autres pays
et
bien l'écologie bon c'est le cas en Allemagne où les grunettes ont toujours été plus forts qu'en France en Allemagne par exemple ça devient la deuxième force politique ils sont à 20% et pourquoi
?
pour deux raisons d'abord parce qu'ils n
'ont
pas du tout le même logiciel idéologique c'est à dire qu'ils sont beaucoup plus pragmatiques beaucoup moins idéologisés qu'en France et que on les voit dans les lunders parfois ils sont associés à des forces de droite et dans d'autres lunders associés à des forces sociales démocrates vous voyez ils peuvent alors qu'on imagine mal les verts chez nous faire alliance avec les républicains et puis il
y a
une deuxième chose c'est que ce scrutin le scrutin en France en dehors des européennes n'est pas un scrutin favorable au vert alors qu'il l'est c'est toujours un scrutin à la proportionnelle en Allemagne donc c'est favorable à ces forces qui peuvent être des forces
émergentes
alors qu'en France c'est plus compliqué allez tout de suite on revient à vos questions
le
fait que les sondages sont serrés n'interroge-t-il pas sur le choix de Nathalie Loiseau qu'aurait donné un candidat plus énergique alors Claude Veil déjà commenter les sondages à deux jours d'un scrutin c'est casse-gueule parce que non mais Nathalie Loiseau a-t-elle été une bonne candidate pour la république en marche Nathalie Loiseau n'était manifestement pas la locomotive que le parti pouvait espérer c'est tout à fait évident mais de toute façon je esquis
d
'abord ça renvoie à une faiblesse constitutive du macronisme c'est qu
'il
n
'y a
pas tellement de superstars en magasin et deuxièmement tout le monde savait que le vrai leader de la liste c'était Emmanuel Macron soi-même donc je ne suis pas sûr qu'un autre aurait fait beaucoup beaucoup mieux simplement elle a cristallisé elle avait objectivement
un
job impossible parce que
il
y avait une liste et 33 contre dans tous les débats télévisés elle était c'était Saint-Sébastien elle était la cible de toutes les flèches de sa part dès qu'elle ouvrait la bouche elle se prenait Manon Ouvry Jordan Bardella enfin c'était c'était
terrible elle avait
une qualité enfin elle a beaucoup de qualité pardon mais c'est rude en plus de se prendre tout ça c'est qu'elle n'a jamais perdu ses nerfs vous voyez par exemple on a beaucoup dit tiens mais Codbeddite il aurait pu être la tête de liste je pense que Daniel Codbeddite qui serait pris les mêmes attaques qu'elle peut-être plus encore davantage il aurait pu péter un plomb parce qu'il a son caractère et ça aurait été plus compliqué On va élire 79 eurodéputés sur les 751 qui composent le Parlement européen notre influence n'est-elle pas insignifiante Eric Fautorino c
'est vrai qu'on voit la France c'est quoi 10% c'est moins de 10%
ben oui ça ramène justement ce scrutin à sa juste proportion effectivement qu'on sera dans un en plus il s
'il
faut bien quand même avoir en tête une chose peut-être qu
'il
faut qu
'on
le redise là c'est que on parle de Macron et de Le Pen
mais
l'un comme l'autre vont terminer leurs représentants dans des partis qui sont non pas des groupuscules mais enfin des petits partis par rapport au PPE au PSE etc donc ça veut dire que ceux qui pensent que tout ça il y a une sorte d'erreur optique vous
n'allez
pas mobiliser l'électorat là du coup c
'est insignifiant dans
des partis minoritaires
mais oui
parce que effectivement les élus Macron vont aller dans ce groupe le
groupe centriste à
rappeler tout à l'heure centriste qui va peut-être avoir je ne
sais
pas entre 70 ou 80 ou 100 et puis Marine Le Pen sont des élus au sein de groupes d'extrême droite divisés et puis ce qui est plus intéressant quand même je ne
sais
pas s'il y a une opinion publique européenne maintenant plus forte qu'avant mais avant tous ces partis faisaient des alliances on ne savait pas trop ce qu'ils faisaient maintenant on voit un peu plus qui s'allie avec qui et ça c'est quand même intéressant il
y a quand même
quelque chose
une
anecdote si vous le permettez en 79 j'ai couvert la première session du parlement européen celle où a été élue Simone
Veil
présidente et un député m'avait dit le problème avec vous les français à l'époque c'était 81 députés français le problème avec vous les français c'est que vous n
'avez
pas bien compris la règle du jeu vous pensez qu'on a convoqué tous les européens pour élire 81 députés français et des figurants chargés de les applaudir
oui ce
qui va changer là c'est quand même la cogestion entre la droite et les sociodémocrates qu'on connait depuis 40 ans va plus pouvoir être possible a priori
parce qu'ils vont
tous les deux les deux gros partis
ils vont maigrir mais ils vont rester majoritaires
non d
'où la stratégie d'Emmanuel
Macron d'être au
centre de
là sans quoi aucun texte
ne pourra jamais être adopté donc il y a quand même un enjeu d'influence française qui pourrait se faire
dans
ce parti là
le partitionnaire peut être le faisaire de majorité le fiasco du Brexit pourrait-il faire réfléchir les électeurs Cécile Cornudé en tous les cas il
y a
une chose dont on ne parle plus c'est la sortie de l'euro est-ce que quand même la sortie de l'Europe on voit que c'est compliqué avec les anglais c
'est vrai si vous regardez le niveau de Marine Le Pen dans les sondages on ne
peut
pas dire que les difficultés du Brexit la mettent en difficulté mais c
'est vrai est-ce que les gens votent Marine
Le Pen pour sortir de l'Europe
en
tout cas peut-être aussi parce qu'ils n'aiment pas l'Europe telle qu'elle est aujourd'hui elle effectivement elle ne dit plus qu'elle veut sortir de l'Europe elle dit qu'elle veut la changer de l'intérieur avec ses nouveaux amis nationalistes mais en gros quand on l'écoute vraiment elle ne veut rien de cette Europe d'aujourd'hui
Mais si on regarde bien dans tous les pays européens il y a des sondages qui ont été faits assez sérieux récemment il n'y a aucune opinion publique qui veut sortir de l'Europe ils sont mécontents de cette Europe là ils ne comprennent pas bien comment ça marche ils pensent qu'elle est responsable de pas mal de leurs problèmes mais ils ne veulent surtout pas sortir de l'Europe Donc le Brexit est une exception Le Brexit est une exception mais qui est une expression qui s'explique par l'histoire parce que ce que de Gaulle avait complètement compris quand s'est constitué l'Union Européenne il ne voulait surtout pas des Anglais de Gaulle parce qu'il disait ça serait impossible On a deux partis
frexitaires
on a deux partis frexitaires
l
'UPA des Sédans
et les patriotes de Filippo On va voir ce qu'il faut Je crois que le monde a
compris que ce sera quand même face au monde maintenant qu'il faut que l'Europe se situe Alors pour revenir à ce que vous disiez tout à l'heure Eric Fautorino En réalité le principal enjeu n'est-il pas l'avenir de la gauche ? Benoît Hamon d'abord son avenir politique
c
'est terminé Il peut arrêter la politique
? Il a dit quelques phrases
dont on peut penser qu'il dit qu'il tirera les conclusions d'un deuxième échec majeur Là
il est à
deux je crois
Oui il est très bas Donc
bien sûr que ça fait Mais vous savez je pense qu'il y
a
eu là encore un effet d'optique puisqu'il a été le candidat issu de la primaire mais il n'était pas le candidat central de ce parti Donc effectivement il
y
a une sorte de malentendu qui s'est instauré qui a aussi la sanctionné la sanction a été très forte à la présidentielle de 2017 et je ne vois pas en quoi aujourd'hui il peut refaire ce chemin à la hausse Le parti socialiste
qui
le reprendra en main ? Apparemment la greffe Raphaël Guixman ça n
'a
pas pris
? Non Ce qui
était intéressant quand même l'autre jour les images c'est de voir Martine Aubry de voir François Hollande de voir Lionel Jospin
Il en rêve François Hollande
?
François
Hollande je pense que quand on le voit partout en France on a l'impression qu'il a une appétence pour ça Il rêve de revenir c'est sûr pour prendre la tête du
parti je suis plus
sceptique En revanche souvenez-vous que lorsqu'il a été battu lorsqu'il a été dans l'incapacité de se présenter lui il avait son idée c'était que Cazeneuve devenait le leader du parti socialiste Cazeneuve à l'époque a refusé il considérait que les circonstances ne s'y prêtaient pas Cazeneuve aujourd'hui paraît beaucoup plus intéressé Dernière question ensemble il y a peu de temps en s'engageant autant Emmanuel Macron n'a-t-il pas détourné l'élection de son objet ? On ne vote pas pour l'Europe on vote pour ou contre Macron ?
Oui mais pas pour lui je pense que quand même l'engagement européen d'Emmanuel Macron il est sincère depuis le début il a fait sa campagne électorale pour la présidentielle là-dessus en partie Voilà c'est la fin de cette émission merci beaucoup d'y avoir participé on se donne rendez-vous demain à la même heure pour un nouveau C'est dans l'air merci de votre fidélité bonne soirée sur France 5 à suivre c'est à vous