Incendie de Crans-Montana : «Dans des sociétés hyper sécurisées, on n'est pas à l'abri car des gens ne respectent pas les réglementations» pointe Jonas Haddad, porte parole LR
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Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Oui, bonjour Jonas Haddad. Bonjour à vous. Alors, avant d'évoquer la politique Jonas Haddad, j'aimerais vous faire réagir évidemment sur la tragédie de Cran-Montana. Une centaine de blessés, une quarantaine de morts, bilan malheureusement provisoire. La France envoie des médecins militaires. J'imagine, Jonas Haddad, que cela vous touche et cela va finalement au-delà des clivages politiques, ce qui se passe.
Oui, largement, c'est une tragédie horrible, d'autant qu'à Cran-Montana, beaucoup de gens, notamment en France, ont eu des liens, ont fréquenté cette station. Mais au-delà de ça, ça démontre que dans des sociétés qui sont, soi-disant, hyper aseptisées, hyper sécurisées, parfois on n'est pas à l'abri parce que des gens ne respectent pas les réglementations. Et donc, encore une fois, il faut bien séparer les réglementations bureaucratiques et celles qui permettent d'assurer la sécurité et la vie des gens. Donc, il faut vraiment être vigilant sur là-dessus.
Et j'ai une pensée, bien évidemment, à la fois pour les proches et pour tous ceux qui connaissent cette station, et qui ont pu la fréquenter et qui sont tristes depuis quelques jours.
Bon, alors, nous sommes à... Et bon, j'évoque effectivement des sujets qui vous paraîtront bien plus légers au regard de la tragédie que nous venons de connaître. Nous sommes à dix semaines des municipales. Jonas Haddad, Bruno Retailleau a renouvelé son opposition à des alliances, notamment avec le Rassemblement national. Sauf que sur le terrain, les élus locaux, vos élus locaux, ne l'entendent pas forcément de cette oreille. Votre base électorale également n'est pas forcément unie sur cette question. Est-ce que vous craignez une division au sein des Républicains, Jonas Haddad ?
Monsieur, j'ai beaucoup de respect pour vous, mais je pense que ce matin, vous me posez des questions depuis Paris. Moi, je suis actuellement à Bois-Guillaume, près de Rouen, et je vais me présenter aux élections. Et personne ne me parle de cette question de l'union des droites. Sans être désagréable, c'est un peu une thèse de politique fiction à Sciences Po Paris. Moi, ce que je dis, c'est qu'il faut parler à tous les électeurs. Cette arlésienne de l'union des droites, ça nous empêche de régler les problèmes. Je vais vous dire, dans certaines villes, aujourd'hui, ce sont les écologistes qui sont au pouvoir et les socialistes qui sont au pouvoir.
Des gens qui sont présentés comme étant des personnes qui vont faire du bien aux villes et qui ont fait beaucoup de mal. À Lyon, nous, avec Jean-Michel Eulas, on va essayer de chasser Doucet à Paris, avec Rachid Adati, on va essayer d'ordonner du lustre à notre ville.
Il y a des contre-exemples, quand même, Jonas Haddad, à Bourg-en-Bresse, à Montauban. Il y a des tractations aussi à Marseille. Bon, ce ne sont pas quand même des incantations que je vous fais là. Il y a une petite réalité, quand même.
Non, la réalité, c'est que ceux qui sont en capacité, et je ne méprise pas les électeurs du RN, et je ne méprise même pas les élus du RN, moi, je n'ai jamais fait partie de, vous savez, ces élites un peu politiques qui consistent à dire pour des valeurs morales, jamais je ne m'allierai avec le RN. Ce n'est pas la question. La question, c'est qui est en capacité aujourd'hui de chasser la gauche mélanchonisée qui a fait tant de mal dans nos villes. Et quand on pose cette question-là, on arrive rapidement à la réponse que ce sont les républicains qui peuvent le faire.
Et c'est pour ça, d'ailleurs, que vous parliez de Bruno Rotaillot, dans sa précédente interview, il a dit que nous préparons cette vague bleue qui va permettre de faire en sorte de chasser les pastèques, vous voyez, de toutes ces villes. Donc, et puis, pour fermer peut-être le débat là-dessus, vous voyez, une union, il faudrait qu'il y ait une volonté réciproque. C'est ce qu'on dit en droit. Bien, je vous exprime le fait que nous ne sommes pas intéressés par une union partisane. Et Marine Le Pen, lorsqu'on lui pose la question, et notamment quand ça concerne la réduction de la dépense publique, il dit « Ah non, non, non, non, ça, ce sont des trucs de droite.
» D'aucun moment, si vous voulez, quand il n'y a pas les deux parties qui veulent s'unir, il n'y a pas d'union, voilà, le reste, on va gagner.
– Alors, ce que dit Bruno Rotaillot, et ce que vous dites aux Républicains, c'est que, bon, finalement, le Rassemblement National et les LR, c'est un petit peu deux salles, deux ambiances, notamment sur le volet économique, parce qu'on accuse de votre côté Marine Le Pen d'avoir un programme économique un petit peu trop à gauche. C'est vrai, ça, ou c'est une légende, alors ?
– Moi, je ne me base pas sur Marine Le Pen, je me base sur ce qui se passe dans d'autres pays et qui fonctionne. Nous avons dit, par exemple, que, et je l'ai dit dans certains documentaires, que ce qu'a fait Ravier Milley en Argentine, ou Mme Meloni en Italie, c'est-à-dire couper à la tronçonneuse dans la bureaucratie, dans les normes, c'était quelque chose d'intéressant, et que nous ne voulions pas valoriser la cistana. Et par exemple, le RN à l'Assemblée a dit « Ah non, non, non, nous, on veut continuer à ce que les gens qui sont au RSA n'aient pas à travailler un petit peu. » Donc en fait, si vous voulez, nous, on se base un petit peu comme le parti des Nicolas.
Vous savez, c'est Nicolas qui paye, c'est-à-dire celui qui est toujours chargé de taxes, de normes, celui qui est actif, versus ceux qui ne sont pas en activité. Ce n'est pas le choix du RN, ce n'est pas grave, c'est une vision, c'est leur vision. Je ne dis pas que c'est une vision de gauche, mais en tout cas, c'est sûr que ce n'est pas la vision de ceux qui veulent défendre les actifs et ceux qui bossent dans ce pays.
– Bon, alors, vous l'avez un petit peu dit en préambule, Jonas Haddad, et je rappelle que vous êtes le porte-parole du parti Les Républicains. Bon, pour les municipales de 2026, dans quelques semaines, s'il y a une liste LFI qui est en passe de gagner, est-ce que vous pourrez faire, exceptionnellement, j'ai bien compris, mais est-ce que vous pourrez faire peut-être quelques concessions et vous effacer s'il y a un reconquête ou un RN, ou c'est même pas à l'ordre du jour, même s'il y a un LFI qui est en bonne posture et en balotage favorable ?
– Alors, aujourd'hui, nous n'avons aucun exemple, pardonnez-moi de vous contredire, de ce que vous dites, jamais du RN, puisqu'on est quasiment qualifié dans chaque ville que l'on a pu évoquer, et alors encore moins de reconquête, parce que bon, reconquête, ce sont des scores qui ne sont pas si importants dans les villes, même reconquête, c'est retirer au profit du RN, donc ce que je peux vous dire, c'est ça, en revanche.
– Alors, à Bourg-en-Bresse, dans l'Ain, il y a une candidature commune, peut-être avec en tête un candidat reconquête, et dans sa liste, des LR notamment, et des proches de David Lysnard, donc je ne dis pas n'importe quoi, pardon.
– Non, je ne me permettrais pas de dire que vous dites n'importe quoi, mais vous me parlez de Bourg-en-Bresse, qui est une ville respectable, mais qui ne représente pas l'entièreté de la France, et je peux vous assurer que sur mon territoire, en Seine-Maritime, il n'y a pas une liste reconquête qui est en capacité, pour l'instant, je ne dis rien, mais qui est en capacité de se qualifier. En revanche, par rapport au RN, par rapport à LFI, je vais être extrêmement clair, lorsque LFI est en capacité, je dis bien en capacité, de pouvoir gagner, nous, nous ferons tout pour faire battre LFI. Ça, c'est clair.
Maintenant, pour faire battre LFI, ce que nous pensons, c'est qu'on est meilleur au deuxième tour. Voilà, et puis après, les électeurs transfrontent.
– Alors, je ferme la page municipale, et j'évoque peut-être le discours ou l'allocution plutôt d'Emmanuel Macron il y a quelques jours à l'occasion du Nouvel An, il a écarté la possibilité d'une démission avant 2027. Est-ce que vous le déplorez ? Parce que c'est vrai qu'à droite, il n'y a pas consensus à ce sujet.
– Je pense que c'est au président de la République de décider s'il veut démissionner ou pas. J'ai entendu plein de choses là-dessus. On est maintenant à moins d'un an d'une élection présidentielle. Si le président de la République ne veut pas démissionner, le rôle de la droite républicaine, ce n'est pas de pousser à la sortie. En revanche, lui, il aurait pu avoir un geste gaullien, voire gaulliste, c'est de dire je prends mes responsabilités et j'ai été désavoué. Il ne le veut pas. Deuxièmement, il y a cet alibi qu'il a toujours sorti comme une carte. C'est l'alibi de la stabilité en disant il nous faut un budget parce qu'il nous faut de la stabilité.
Oui, mais est-ce que vous trouvez qu'on a de la stabilité ces derniers temps ? Non, on n'a aucune stabilité.
– Il nous reste malheureusement, le temps passe très vite Jonas Haddad. Si à nouveau, il y a échec du budget, est-ce que vous êtes team 49-3 ou bien team ordonnance ? Voilà, j'ose le mot.
– Eh bien oui, on est team 49-3 comme vous le dites parce que le 49-3 ça permet de redonner la parole au Parlement et donc aux parlementaires. On a beaucoup de parlementaires LR qui par exemple seraient amenés à se prononcer.
– Avec un risque de censure.
– Oui, c'est possible mais attendez, on ne va pas mettre un flingue sur la tempe à chaque parlementaire à chaque fois pour pouvoir voter les choses sachant que le flingue sur la tempe, pour être clair, c'est Olivier Faure qui le tient. C'est-à-dire que c'est le Parti Socialiste depuis des mois qui maintenant dicte sa politique au gouvernement et nous, nous devons accepter ça. Donc soyez un 49-3 et dans ce cas-là chaque parlementaire reprend sa liberté et vote ou pas le budget mais les ordonnances ne vont pas gouverner un pays à coup d'ordonnances. Sinon, pour le coup, on parle de dérive démocratique et on accuse certains d'être antidémocratiques.
Je ne trouve pas ça de gouverner l'entièreté d'un pays par des ordonnances, je ne trouve pas ça de très démocratique.
Bon, merci pour cet entretien sans langue de bois, Jonas Haddad. Je rappelle que vous êtes porte-parole des Républicains. Merci infiniment d'avoir été avec nous ce matin sur Europe.
Benjamin Haddad