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Discours / meetingLa France insoumise (sur YouTube)· 4 novembre 2020 5 minAutoproduitActualité / polémiqueInstitutions & électionsSantéTravail & emploiJustice

Macronistes : vous limitez les libertés individuelles et collectives

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 85 %Défensif 15 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:10inconnuFait
    « Ce n’est pas peu de choses, ça mérite respect. Il pourrait y avoir des circonstances exceptionnelles qui le justifient et vous pensez qu’on y est, mais ça mérite le respect de la contradiction. »
  • 0:45inconnuFait
    « Vous ne pouvez pas avoir comme unique mode de relation à l’opposition de lui jeter à la figure les morts, les malades, et de dire que, sous le prétexte de cette situation, tout le monde n’a plus qu’une chose à faire, c’est acclamer et vous dire oui. »
  • 1:30inconnuFait
    « Vous avez suspendu en quelque sorte le Code du travail. On peut rallonger la journée de travail, on peut raccourcir, grâce à vos ordonnances, la pause de la mi-journée, on décide à la place des gens quand est-ce qu’ils sont en congé et quand est-ce qu’ils n’y sont pas. »
  • 2:30inconnuFait
    « Le Conseil de défense, tel qu’il est prévu dans la Constitution, n’a pas le pouvoir de délibérer des questions sanitaires parce que les conseils de défense sont astreints à une règle de spécialisation. »
  • 3:30inconnuPromesse
    « Vous devez prévoir impérativement, collègues, qu’on puisse rediscuter, pour qu’il y ait une alternative à un plan de confinement général. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Il y a un certain sentiment d’irréalité au moment. Peut-être est-ce de notre faute pour une fois. Nous n’arrivons pas à vous faire sentir ce que nous comprenons de tout cela.

Il s’agit d’un ensemble de mesures dont vous pensez qu’elles sont justifiées par la gravité de la pandémie, mais il s’agit d’un ensemble de mesures de limitation des libertés individuelles et collectives comme il n’y en a eu aucune dans ce pays depuis la dernière guerre. Ce n’est pas peu de choses, ça mérite respect. Il pourrait y avoir des circonstances exceptionnelles qui le justifient et vous pensez qu’on y est, mais ça mérite le respect de la contradiction.

Vous ne pouvez pas avoir comme unique mode de relation à l’opposition de lui jeter à la figure les morts, les malades, et de dire que, sous le prétexte de cette situation, tout le monde n’a plus qu’une chose à faire, c’est acclamer et vous dire oui. Dans ce cas-là, il n’y a plus de démocratie, il n’y a plus de fonctionnement. Admettez cette idée qu’un parlement comporte une majorité et une opposition.

Si vous ne l’admettez pas, alors que faisons-nous là ? Et vous venez de nous faire une démonstration qui nous inquiète : du peu qui avait été modifié par l’amendement de nos collègues, qui au fond prévoyait une clause de revoyure, vous l’avez envoyé balader. 6 mois donc d’état d’exception.

Permettez que, dans cet état d’exception, je relève ce qui sera pour ceux que souvent nous voulons représenter, dont nous voulons porter la parole : les travailleurs. Vous avez suspendu en quelque sorte le Code du travail. On peut rallonger la journée de travail, on peut raccourcir, grâce à vos ordonnances, la pause de la mi-journée, on décide à la place des gens quand est-ce qu’ils sont en congé et quand est-ce qu’ils n’y sont pas, après qu’on ait déjà décidé à quelle heure ils ont le droit de sortir et à quelle heure ils doivent obligatoirement rentrer.

C’est un ensemble de mesures incroyables concernant les libertés individuelles. Et tout à l’heure on a vu qu’on est venus sur la liberté du culte après ce que nous avons connu. Mais oui, mais vous avez toujours des bonnes raisons, on vous adjure de réfléchir un instant que si nous parlons de cette manière, nous qui dans des circonstances où nous n’avons reçu en réponse à notre main tendue que des qualificatifs parfois fort injurieux, nous n’avons jamais ménagé notre volonté d’unité d’action dans la crise sanitaire.

Je ne dis pas union nationale, mais unité d’action. Respectez-nous un instant et comprenez ce que nous vous disons : si vous mettez à ce niveau l’injonction d’obéir, que se passera-t-il si les gens n’obéissent pas ? Or vous venez de voir que dans l’incohérence des mesures qui sont proposées, des gens dans le désespoir disent : “Moi, je ne le ferai pas !”.

Tel commerçant dit : “moi, j’ai pour tant de dettes, je ne m’aventure pas à fermer, j’ouvrirai”, m’en a dit un. On lui dit : “Mais comment ? C’est interdit.” Il a dit : “J’ai un million en stock, je m’en fiche même de donner 100 000.” Le pharmacien qui est en bas de chez moi, de même : “je ne me paye plus depuis 6 mois et je ne sais plus quoi faire.”, etc., etc.

Si les gens n’obéissent pas, qu’est-ce qu’il vous reste tellement vous avez tendu l’élastique ? Il vous restera l’article 16. Regardez bien comment nous sommes : la ministre aurait pu parfaitement nous dire : “écoutez mesdames, messieurs, ce matin nous avons eu une réunion et nous avons constaté que telle ou telle raison nous conduisent définitivement à réclamer une deuxième lecture.

Pas parce que nous avons été battus hier, pas parce que nous n’étions pas assez nombreux, mais parce que des éléments nouveaux ont surgi.” Ça se fait ! C’est une marque de respect pour les assemblées.

Au lieu de quoi, ce qui s’est réuni ce matin, c’est le Conseil de défense. Je sais que vous n’aimez pas qu’on vous en parle. Mais j’insiste, collègues, réfléchissez-y tous.

Le Conseil de défense, tel qu’il est prévu dans la Constitution, n’a pas le pouvoir de délibérer des questions sanitaires parce que les conseils de défense sont astreints à une règle de spécialisation. Ils ne peuvent sortir du droit commun que dans le domaine qui leur est reconnu, qui ne concerne ni de près ni de loin les questions sanitaires. Et c’est ce conseil, verrouillé sous la loi du secret, qui croit protéger ceux qui sont dedans de la responsabilité des décisions qui sont prises.

Je vous annonce que ça ne tiendra pas. Parce que comme vous n’êtes pas dans le cadre des attributions de ce conseil, alors la responsabilité de ceux qui décident reste pleine et entière. Vous devez prévoir impérativement, collègues, qu’on puisse rediscuter, pour qu’il y ait une alternative à un plan de confinement général.

Il y a des alternatives. On ne peut pas enfermer la France entière pendant 6 mois et peut-être encore 6 mois derrière, parce qu’aucune société ne peut vivre comme ça. Aucune société, ni dans l’incohérence qui consiste à dire “restez chez vous, mais demain matin vous avez le droit de vous empiler sur le quai du transport en commun, à l’école portez un masque, mais à la cantine non”, etc., etc.

Le peuple français est un peuple éduqué et conscient, il n’admet pas les ordres incohérents.

Macronistes : vous limitez les libertés individuelles et collectives — Jean-Luc Mélenchon · Pourquijevote