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InterviewFrançois Fillon· 17 mars 2016 20 minContradictoireActualité / polémiqueTravail & emploiInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesEurope & international

François Fillon invité de Bourdin Direct sur RMC et BFM TV

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 45 %Attaque 35 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 72 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:18OuverteRéponse partielle

    Avant d'entrer dans la réforme du Code du Travail, François Fillon, je voudrais que nous revenions sur ces affaires qui secouent l'Église de France.

  • 0:28FerméeÉludée

    Est-ce que le cardinal Barbarin doit démissionner ?

  • 2:34RelanceRéponse partielle

    A-t-il, en parlant du cardinal Barbarin, juridiquement raison mais moralement tort ?

  • 3:59FerméeRéponse directe

    La réforme du Code du Travail, nouveau texte que vous avez étudié de près, est-ce que vous voterez pour ce nouveau texte ?

  • 5:06OuverteRéponse partielle

    Il comporte quand même un point essentiel, les licenciements économiques, faciliter les licenciements économiques. Vous avez vu ?

  • 7:07RelanceRéponse directe

    Mais un peu moins ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:47Invité politiqueFait
    « C'est au fond Benoît XVI et surtout le pape François qui ont lancé l'offensive contre des crimes. »
  • 1:06Invité politiqueFait
    « il est absolument insupportable pour le catholique que je suis d'accepter qu'on puisse avoir des prêtres qui ont ces comportements-là, même s'ils sont très peu nombreux. »
  • 1:46Invité politiqueFait
    « Je n'aime pas le lynchage. Il vient qu'il y ait, que les gens puissent expliquer, que la justice fasse son travail sereinement. »
  • 4:07Invité politiquePromesse
    « Celui-là, sûrement pas. »
  • 4:22Invité politiqueFait
    « Elle était surtout, à mon avis, pas suffisante pour créer le choc psychologique nécessaire pour relancer notre économie. »
  • 4:37Invité politiqueFait
    « il était faux, il ne correspondait pas à la réalité. »
  • 5:32Invité politiqueFait
    « Sur la barémisation des indemnités prud'homales, c'est fini. »
  • 5:58Invité politiqueFait
    « Les règles sur le licenciement elles-mêmes, elles ont été plutôt réduites et durcies. »
  • 6:19Invité politiqueFait
    « L'introduction dans la loi des principes fondamentaux, des normes sociales fondamentales qui sont proposées par le rapport Baninter, c'est le début d'une jurisprudence insupportable pour les PME. »
  • 7:22Invité politiqueFait
    « ce texte ne sera même pas appliqué avant l'élection présidentielle. »
  • 8:07Invité politiqueFait
    « j'ai peu de chances d'avoir satisfaction de la part de ce gouvernement »
  • 8:56Invité politiqueFait
    « il y a une chose qui le dit, c'est le succès de nos voisins. C'est-à-dire que vous allez en Allemagne, ou vous allez en Angleterre, ou vous allez dans les pays d'Europe du Nord, vous n'avez pas cette crispation autour du CDI. »
  • 9:20Invité politiqueFait
    « Je conteste cette argumentation. »
  • 14:06Invité politiqueChiffre
    « On a 2 000 milliards, plus de 2 000 milliards de dettes. »
  • 14:57Invité politiqueFait
    « Est-ce que vous vous rendez compte qu'on est menacé à la moindre hausse des taux d'intérêt de cessation de paiement ? »
  • 16:52Invité politiqueFait
    « Le Canada a été dans cette situation, ils ont supprimé la moitié des effectifs. »
  • 16:58Invité politiqueChiffre
    « La Grande-Bretagne supprime un million d'emplois publics. »
  • 17:02Invité politiqueFait
    « L'Allemagne de Schröder avait demandé une augmentation du temps de travail des fonctionnaires pour éviter cette catastrophe. »
  • 17:48Invité politiqueFait
    « Quel est le discours de François Hollande ? Quel est le discours de la France ? Quelles sont les propositions que la France fait pour une réorientation, une réorganisation de l'Union européenne ? »
  • 18:13Invité politiqueFait
    « Moi je pense qu'aujourd'hui l'Europe est en train de se défaire. »

Temps de parole

  • François Fillon81 %
  • Présentateur15 %
  • ?4 %

≈ 17,7 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:13
Présentateur

François Fillon est notre invité ce matin. Un ancien Premier ministre répond au Premier ministre. Bonjour. Merci d'être avec nous. Avant d'entrer dans la réforme du Code du Travail, François Fillon, je voudrais que nous revenions sur ces affaires qui secouent l'Église de France. Est-ce que le cardinal Barbarin doit démissionner

0:31
Locuteur

? D

0:31
Présentateur

'abord,

0:32
François Fillon

je crois que l'Église a beaucoup trop tardé à révéler ses affaires, à prendre les mesures pour faire en sorte qu

0:40
Locuteur

'elles

0:40
François Fillon

ne se produisent plus, à écarter et à punir les responsables

0:44
Locuteur

et

0:44
François Fillon

à réparer les dégâts qui ont été commis. C'est au fond Benoît XVI et surtout le pape François qui ont lancé l'offensive contre des crimes, c'est-à

0:55
Locuteur

-dire

0:55
François Fillon

les choses comme elles sont, qui sont deux fois plus graves

0:57
Locuteur

quand

0:58
François Fillon

ils sont commis par un prêtre, parce qu'un prêtre représente une autorité morale incontestable et il est absolument

1:04
Locuteur

insupportable pour le

1:05
François Fillon

catholique que je suis d'accepter qu'on puisse avoir des prêtres qui ont ces comportements-là, même s'ils sont très peu nombreux. Après, le cardinal Barbarin, il est face à sa conscience, il est face à son pape qui est la seule autorité en réalité qui peut aujourd'hui prendre une décision le concernant. C'est une des plus grandes figures de l'Église de France. C'est un homme qui, intellectuellement et par l'action qui a été la sienne, je pense encore au contact que j'ai eu il n

1:31
Locuteur

'y a

1:31
François Fillon

pas si longtemps avec lui sur le travail qu'il mène pour aider et sauver les chrétiens d'Orient, c'est une grande figure de l'Église, je considère que c'est à lui de prendre ses décisions et ça n'est ni à François Fillon ni à Manuel Valls de lui dicter sa conduite.

1:46
Présentateur

Vous n'avez

1:46
François Fillon

pas aimé l'intervention de Manuel Valls hier matin,

1:49
Locuteur

ici même ? Je trouve que

1:50
François Fillon

le Premier ministre parle beaucoup. Trop ? Qui parle trop, qui se mêle de choses qui ne sont pas de son ressort. Quelle est l'autorité

1:58
Locuteur

morale ? Il a appelé

1:59
Présentateur

le cardinal Barbarin

2:00
Locuteur

à prendre ses

2:00
François Fillon

responsabilités. Oui, c'est une formule que je pourrais utiliser au fond, ça dépend comment on l'interprète. Ce que je veux simplement dire c'est que, voilà, quelle est l'autorité morale de Manuel Valls ou celle de François Fillon pour juger le cardinal Barbarin ? Et puis moi je suis comme beaucoup de Français attachés au fonctionnement des institutions, je n'aime pas le lynchage. Il vient qu'il y ait, que les gens puissent expliquer, que la justice fasse son travail sereinement. Oui, mais la

2:31
Locuteur

question

2:32
Présentateur

qui se pose c'est la suivante. A-t-il,

2:34
Locuteur

en

2:35
Présentateur

parlant du cardinal Barbarin, juridiquement raison mais moralement tort ? C'est pour ça que je dis qu'il est face à sa conscience

2:42
François Fillon

et à l'autorité de son pape. Est-ce qu'il

2:45
Présentateur

ne

2:45
Locuteur

doit pas se

2:46
Présentateur

mettre de côté le temps

2:48
Locuteur

de l'enquête, le temps

2:49
Présentateur

de la

2:50
Locuteur

réflexion ?

2:51
François Fillon

C'est au pape de le décider, d'ailleurs je remarque qu'on n'entend pas beaucoup le Vatican, ce serait bien que le Vatican s'exprime sur cette question. Et en tout cas, ce qu'il faut c'est que l'église de France, qui n'est absolument pas concernée dans sa majorité par ses actes odieux, fasse le travail nécessaire pour faire en sorte qu'il ne puisse plus y avoir cette suspicion. Vous êtes croyant, vous êtes catholique, vous êtes

3:14
Présentateur

pratiquant. Et je soutiens l'église catholique. Et vous soutenez, vous êtes troublé. Oui,

3:19
Locuteur

je

3:19
Présentateur

suis choqué, je suis choqué

3:20
Locuteur

profondément.

3:21
François Fillon

Je

3:21
Locuteur

suis

3:21
François Fillon

choqué

3:21
Locuteur

profondément,

3:21
François Fillon

je suis choqué l'homme politique que

3:23
Locuteur

vous êtes, François Fillon. Il y a des actes

3:23
François Fillon

de la même nature dans toute la société, et en particulier dans toutes les organisations de jeunesse. Il y en a, et il y en a de manière régulière dans l'éducation nationale, ou dans les établissements scolaires. Ils sont parfaitement scandaleux. J'ai envie de dire que s'agissant de l'église, c'est encore plus grave, parce qu'un prêtre représente, en tout cas pour les croyants, un mode de vie exemplaire, une autorité morale qui est au-dessus de tout. Et donc, évidemment, l'église doit être intraitable avec ceux qui se conduisent de cette manière.

3:59
Présentateur

La réforme du Code du Travail, nouveau texte que vous avez étudié de près, est-ce que vous voterez pour ce nouveau texte ?

4:07
François Fillon

Celui-là, sûrement pas. Non, vous dites non. J'avais expliqué que j'étais prêt à voter. Oui, je me souviens. Elle comportait pour moi un certain nombre de faiblesses. Elle était surtout, à mon avis, pas suffisante pour créer le choc psychologique nécessaire pour relancer notre économie. Les propositions que je fais, par ailleurs, vont beaucoup plus loin. Mais il y avait des propositions qui allaient dans le bon sens. Et au fond, voir François Hollande, après s'être trompé pendant 4 ans, c'est-à

4:33
Locuteur

-dire

4:33
François Fillon

pendant 4 ans avoir fait exactement le contraire de ce qu'il propose aujourd'hui, c'est reconnaître que François Hollande, finalement, accepte que le discours qu'il a tenu au moment de

4:44
Locuteur

l

4:44
François Fillon

'élection présidentielle était mauvais, il était faux, il ne correspondait pas à la réalité. Et rien que pour cette raison-là, j'étais prêt à voter ce texte qui comportait des mesures positives. Il a suffi de quelques manifestations, une journée de manifestation, et puis des cris de la majorité socialiste pour que le gouvernement recule. Et aujourd'hui, le texte ne comporte plus davantage pour les

5:05
Locuteur

entreprises.

5:06
Présentateur

—

5:06
Locuteur

Il

5:06
Présentateur

comporte quand même un point essentiel, les licenciements économiques, faciliter les licenciements économiques. Vous avez vu ? Quatre trimestres seulement de chiffre d'affaires en baisse, et on va pouvoir plus facilement se séparer parce qu'on en a besoin de certains de ses salariés. — Un texte, c'est un tout.

5:26
Locuteur

—

5:26
Présentateur

Oui.

5:27
François Fillon

— Mais

5:27
Locuteur

il

5:27
François Fillon

y

5:28
Locuteur

a des

5:28
François Fillon

points

5:28
Locuteur

positifs dans ce texte que vous défendez.

5:30
François Fillon

—

5:30
Locuteur

Il

5:30
François Fillon

n'y

5:31
Locuteur

en

5:31
François Fillon

a plus beaucoup, franchement. Sur la barémisation des indemnités prud'homales, c'est fini. Et même, il y a quelque chose de grotesque à vouloir faire voter dans une loi des barèmes indicatifs. La loi, c'est fait pour décider, c'est pas fait pour faire des indications. On a supprimé la possibilité pour les entreprises de moins de 50 salariés de négocier des forfaits jour. Il faut désormais maintenant négocier avec des accords majoritaires avec les organisations syndicales. Les règles sur le licenciement elles-mêmes, elles ont été plutôt réduites et durcies. Il reste un avantage de ce point de vue-là.

Mais en face, on a mis toute une série de mesures qui sont destinées, soi-disant, à équilibrer les choses et qui vont créer des contraintes sur les entreprises. L'introduction dans la loi des principes fondamentaux, des normes sociales fondamentales qui sont proposées par le rapport Baninter, c'est le début d'une jurisprudence insupportable pour les PME. Il n'y a rien pour les PME dans ce texte.

6:30
Locuteur

C

6:30
François Fillon

'est-à-dire que la question, elle est simple. À la sortie du vote de la loi, est-ce qu'une PME aura un peu plus de liberté ou un peu moins ? Je vous dis, elle en aura un peu moins. Un peu moins ? Oui, elle aura un petit

6:41
Locuteur

peu plus de liberté sur le sujet que vous avez... Mais un

6:43
François Fillon

peu moins, pourquoi ? Parce qu'elle va devoir mettre en place des contraintes supplémentaires sur le compte épargne-temps, sur toute une série de sujets qui ont été décidés dans le cadre d'une sorte de marchandage.

6:58
Locuteur

Le compte épargne

6:58
Présentateur

-temps, ce n

6:58
Locuteur

'est

6:58
Présentateur

pas gênant. On stocke des congés.

7:01
Locuteur

Interrogez les

7:03
François Fillon

patrons des PME, Jean-Jacques

7:04
Locuteur

Bourdin. Ce n'est pas l'essentiel, non, François Fillon ?

7:07
François Fillon

C'est l'ensemble qui est déséquilibré aujourd'hui. Il n'y a plus aujourd'hui d'avantages pour une PME. C'est-à-dire que ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'une fois ce texte voté, est-ce qu'il y

7:16
Locuteur

aura

7:16
François Fillon

des emplois supplémentaires ? Non. Est-ce qu'il y aura de la croissance supplémentaire ? Non. Je vais en plus même ajouter quelque chose. C'est que, compte tenu de la procédure qui a été employée, ce texte ne sera même pas appliqué avant l'élection présidentielle. Donc franchement...

7:31
Locuteur

Discussion à l'Assemblée avant l'été, effectivement.

7:34
François Fillon

Moi, à l'Assemblée, je vais proposer des amendements. Alors, quels

7:36
Présentateur

amendements allez-vous

7:37
Locuteur

proposer

7:37
François Fillon

?

7:37
Locuteur

Je vais

7:37
François Fillon

proposer un amendement pour revenir au barème sur les prud'hommages, c'est-à

7:42
Locuteur

-dire

7:42
François Fillon

pour revenir au texte initial du gouvernement. Je vais proposer un amendement pour revenir au forfait jour dans les PME, dans les entreprises de moins de 50 salariés, sans nécessité d'accord. Je vais proposer qu'on revienne à l'article sur le licenciement économique tel qu'il était proposé dans le texte initial. Vous voyez, je vais faire du Valse et du Hollande. Et puis, je vais proposer, et j'imagine que là, j'ai peu de chances d'avoir satisfaction de la part de ce gouvernement, de profiter de ce texte, comme je l'avais fait avec la loi Macron, pour proposer des mesures plus ambitieuses. La suppression de la durée légale du travail. Donc,

8:15
Locuteur

suppression

8:15
François Fillon

des 35

8:16
Locuteur

heures. La négociation.

8:17
François Fillon

La négociation dans l'entreprise avec des accords majoritaires. La mise en place d'un contrat de projet. Le contrat de projet, ce serait au fond, à côté du CDI et du CDD, un contrat de travail à durée fixée à l'avance. Je recrute un salarié, je recrute un cadre pour une mission de 2 ans, de 3 ans, de 4 ans, de 5 ans. Et j'introduis de cette manière-là, sans rompre avec le CDI, une souplesse supplémentaire. Alors,

8:44
Locuteur

j

8:44
Présentateur

'ai une question simple, parce que la réponse n'a jamais été apportée. Est-ce qu'en facilitant le licenciement, on crée de l'emploi

8:52
Locuteur

?

8:53
Présentateur

Oui, enfin... Aucune étude ne le dit, François Fillon.

8:56
Locuteur

Non, vraiment. Non,

8:56
François Fillon

il y a une chose qui le dit, c'est le succès de nos voisins. C'est-à-dire que vous allez en Allemagne, ou vous allez en Angleterre, ou vous allez dans les pays d'Europe du Nord, vous n'avez pas cette crispation autour du CDI. Vous avez... Il y a des règles.

9:15
Locuteur

L'Allemagne a

9:15
François Fillon

développé la précarité, vous le savez bien, et l'Angleterre

9:18
Locuteur

aussi, la Grande

9:19
François Fillon

-Bretagne aussi.

9:19
Locuteur

Je

9:19
François Fillon

conteste cette argumentation. Je conteste cette argumentation.

9:22
Locuteur

C'est

9:22
François Fillon

-à

9:22
Locuteur

-dire

9:22
François Fillon

que nous, ce qu'on appelle développer la précarité, c'est-à-dire que nous, on préfère mettre des gens au chômage. On préfère mettre des gens dans des contrats aidés sans aucune perspective. On préfère les mettre au RSA. Et là, on dit qu'il n

9:34
Locuteur

'y a

9:34
François Fillon

pas de précarité. Pardon, mais il y a bien plus de précarité dans un pays où il y a 10% de chômeurs. La précarité, elle a explosé dans un pays comme le nôtre. Donc la souplesse qui est apportée en Allemagne et en Grande-Bretagne, elle est l'ennemi de la précarité. Je vais ajouter une dernière chose.

9:50
Locuteur

C

9:50
François Fillon

'est que vous avez vu, vous, des hordes de travailleurs allemands venir s'installer en France pour profiter du merveilleux système social français

9:59
Locuteur

? Non

10:02
François Fillon

? Non.

10:03
Présentateur

Non,

10:04
Locuteur

je ne

10:04
François Fillon

réponds jamais à une question. Parce que les Allemands, ils sont satisfaits de leur système. En Allemagne, il y a d'autres sujets de discussion aujourd'hui. Mais sur le système social et le système économique allemand, il y

10:15
Locuteur

a

10:15
François Fillon

un grand consensus allemand. Donc s'il y avait une précarité épouvantable en Allemagne, vous pensez quand même que les syndicats allemands, les travailleurs allemands se révolteraient, ils contesteraient, le parti de la gauche allemande serait à la manœuvre. Ce n

10:28
Locuteur

'est

10:28
François Fillon

absolument pas le cas.

10:31
Présentateur

Où est l'opposition ? Parce que bon, vous parlez, vous, vous représentez, vous êtes l'un des leaders de l'opposition, mais le patron de votre parti ne s'exprime pas, là ? Où est-il ? Ne demandez pas de parler à la

10:41
Locuteur

place

10:41
Présentateur

du patron de mon parti.

10:43
Locuteur

C

10:43
Présentateur

'est le meilleur d'entre nous, dit Rachid Adati. Il paraît que vous faites piller vos propositions, c'est vrai. J'ai vu un article récemment dans Le Parisien. Tous vos concurrents, que ce soit Alain Juppé, Nicolas Sarkozy, Bruno Le Maire, sont en train de vous voler votre travail. D

11:00
François Fillon

'abord, ça ne me déplaît pas que le travail que j'ai fait depuis trois ans donne le ton à l'opposition. Quand on y regarde de près, on s'aperçoit que beaucoup de propositions

11:13
Locuteur

que j'ai faites

11:14
François Fillon

sont reprises par mes compétiteurs ou par mes concurrents. Mais jamais l'ensemble dans sa cohérence, et surtout aucun d'entre eux, ne va jusqu'à proposer la méthode de changement que je propose.

11:29
Locuteur

C

11:29
François Fillon

'est-à

11:29
Locuteur

-dire

11:29
François Fillon

que moi je pense vraiment que le système politique est à bout de souffle, qu'il faut changer les règles, qu'il faut ouvrir la politique à des gens de l'extérieur, qu'il faut que le prochain gouvernement comporte des hommes et des femmes qui ont une expérience professionnelle, une expérience personnelle, une autorité morale d'une certaine manière. Et c'est la seule façon pour moi de faire passer dans un délai très court des réformes très difficiles, c'est-à-dire de faire le contraire de ce qui est en train de se passer avec la loi sur le travail. Et ça, je pense que je suis le seul aujourd'hui à le proposer, parce que c'est en rupture complète avec la vie politique française.

12:00
Locuteur

Oui.

12:01
Présentateur

Alain Juppé, d'après le dernier sondage, est celui qui incarne le mieux la droite aujourd'hui, pour 40% des Français. Enfin bon, le maire de Bordeaux est suivi de Bruno Le Maire, de Nicolas Sarkozy, de vous-même, de François Fillon. Vous avez dit récemment, ça se jouera entre Alain Juppé et moi.

12:19
Locuteur

Mais

12:19
Présentateur

pourquoi est

12:20
Locuteur

-ce

12:20
Présentateur

que ça se jouera ?

12:20
François Fillon

Parce que ma conviction,

12:22
Locuteur

c

12:22
François Fillon

'est qu'il y a aujourd'hui deux projets sur la table qui ont une colonne vertébrale, qui ont une signification, qui ont été travaillés. Il y a un projet, celui d'Alain Juppé, qui est un projet, j'allais dire, classique, qui s'inscrit dans les schémas politiques du XXe siècle. On va faire les choses... Un vieux projet, quoi, sans beaucoup d

12:43
Locuteur

'idées, sans

12:44
François Fillon

beaucoup de créativité. Avec une grande prudence.

12:49
Locuteur

C

12:49
François Fillon

'est-à-dire, Alain Juppé considère, et je comprends qu'il puisse penser ça, que c'est très difficile de faire des réformes en France. Et d'ailleurs, ce qui est en train de se passer, on va pouvoir considérer que ça

12:58
Locuteur

vient de raison. Donc avec Alain

12:59
Présentateur

Juppé, il n'y aura pas de réformes.

13:01
Locuteur

Si,

13:01
François Fillon

mais elles seront conduites à un rythme qui, à mon avis, n'est pas du tout compatible avec la gravité de la situation de notre pays. Et moi, je propose un projet de rupture. Voilà, c'est les deux seuls projets qui sont sur la table. En ma connaissance, aujourd'hui, j'en vois pas

13:12
Locuteur

d'autres. Et les

13:12
Présentateur

autres, Brugnot-le-Mer, qui sillonne la France, Nicolas Sarkozy aussi...

13:16
François Fillon

Brugnot

13:16
Locuteur

-le

13:16
François Fillon

-Mer a beaucoup de talent, mais en gros, le projet qu'il propose aux Français consiste à dire, mettez dehors tous ceux qui ont gouverné. Au passage, il a d'ailleurs gouverné pendant près de 5 ans dans les gouvernements dont j'ai eu la responsabilité. C'est pas un programme. C'est pas un projet. C'est pas un projet construit. Il n'y

13:35
Locuteur

a

13:35
François Fillon

pas de méthode pour le changement. Et

13:38
Présentateur

Nicolas Sarkozy ?

13:39
Locuteur

Pour

13:39
François Fillon

le

13:40
Présentateur

moment,

13:40
François Fillon

il n'est pas candidat.

13:41
Locuteur

Oui, non, mais d'accord.

13:42
Présentateur

Mais vous n'avez pas vu de programme. Il y

13:43
Locuteur

en

13:43
Présentateur

a un

13:44
Locuteur

sur

13:44
Présentateur

les fonctionnaires. Il faut supprimer 300 000 fonctionnaires d'été.

13:48
François Fillon

Alors ça, c'est un sujet intéressant. Nicolas Sarkozy, il raisonne toujours sur la base de ce qu'on a fait en 2007. C'est-à-dire ce qu'on appelait le 1 sur 2. On ne remplace pas un fonctionnaire sur 2. Et donc ça donne 300 000 si on l'applique à toutes les fonctions publiques. Moi, je considère que c'est totalement insuffisant. On a 2 000 milliards, plus de 2 000 milliards de dettes. Je considère que cette dette, elle est insoutenable. D'ailleurs, les décisions que vient de prendre le gouvernement d'augmenter les fonctionnaires sans leur demander de temps de travail supplémentaire et sans réduire les effectifs vont encore

14:21
Locuteur

accroître cette dette. Geste significatif, promis à premier Emmanuel Valls. Ça va encore

14:23
François Fillon

accroître la dette. Vous

14:26
Locuteur

ne les

14:26
Présentateur

augmenteriez pas, vous ?

14:27
François Fillon

Moi, je les augmenterais en diminuant les effectifs et en augmentant leur temps de travail. C'est-à-dire qu'il n'y a pas de solution sans réduction de la dépense publique. Si vous voulez augmenter les fonctionnaires, et je pense que c'est nécessaire de donner aux fonctionnaires des perspectives salariales. On ne peut pas demander à quelqu'un de travailler toute

14:42
Locuteur

sa vie. Point d'indice

14:43
Présentateur

bloqué depuis juillet 2010.

14:45
François Fillon

Absolument. Sous votre gouvernement. À cause de la dette. À cause de la dette, Jean-Jacques Bourdin. Est-ce que vous vous rendez compte qu'on est menacé à la moindre hausse des taux d'intérêt de cessation de paiement ? C'est-à

14:57
Locuteur

-dire

14:57
François Fillon

que la France sera dans l'incapacité de payer ses fonctionnaires si demain les taux d'intérêt augmentent de 2 ou 3 points. On s'est beaucoup moqué de la Grèce. On a ri de la Grèce. Mais on peut demain se trouver dans cette situation. Donc il faudra baisser la dépense publique. Et pour baisser la dépense publique tout en donnant des augmentations de salaire aux fonctionnaires, ce qui est nécessaire, il faut en diminuer le nombre. Et il faut leur demander de travailler un peu plus. C'est

15:18
Locuteur

pas

15:18
François Fillon

délire. C'est pour ça que j'ai... Demandez pas plus. C

15:20
Locuteur

'est

15:20
François Fillon

-à

15:20
Locuteur

-dire

15:20
François Fillon

que

15:20
Locuteur

vous pouvez

15:20
François Fillon

acheter

15:21
Locuteur

les 35 heures. Moi, je

15:21
François Fillon

propose pour les... Dans les entreprises, négociations. Pour les fonctionnaires, des 3 fonctions publiques, je propose le retour à 39 heures.

15:30
Locuteur

Et

15:31
François Fillon

je propose une négociation... 39 heures payées...

15:34
Locuteur

Une

15:35
François Fillon

négociation... 39 heures ? Une négociation. Oui. Faire en sorte que, en échange du retour à 39 heures... 4 heures de plus. Il y ait des augmentations de salaire, il y ait des perspectives de carrière, et il

15:47
Locuteur

y

15:47
François Fillon

ait des diminutions d'effectifs. C'est une négociation qui doit avoir lieu... Globale, oui. ...globale avec l'ensemble de la fonction publique. Donc je ne sais pas si elle aboutira à 39 heures payées 37, ou à 38 heures payées 36. Cette négociation, je considère qu'elle doit être ouverte, mais elle représente

16:04
Locuteur

un

16:05
François Fillon

équivalent emploi de 600 000 emplois.

16:07
Locuteur

C

16:07
François Fillon

'est-à-dire que le passage de 35 à 39, c'est grosso modo, c'est un peu...

16:12
Locuteur non identifié

Je

16:12
Locuteur

ne

16:13
Présentateur

comprends pas. Dans quelles fonctions publiques y a-t-il trop de fonctionnaires pour

16:16
Locuteur non identifié

vous

16:16
Locuteur

?

16:16
Locuteur non identifié

Ce n'est pas la question de savoir s'il y a trop de fonctionnaires, c'est la question de savoir s'il y

16:18
Locuteur

a

16:18
Locuteur non identifié

encore de l'argent pour payer. On emprunte tous

16:21
Locuteur

les jours... La question aussi, c'est

16:22
Présentateur

d'assurer un bon et un vrai service public. En augmentant le

16:26
Locuteur

temps de travail,

16:26
François Fillon

si vous augmentez le temps de travail, vous avez la possibilité de continuer à exercer les missions qui sont celles du service public, à moindre coût. Et si on ne le fait pas, qu'est-ce qui va se passer ? Dans un an, dans deux ans, dans trois ans, je n'en sais rien. Il va y avoir une catastrophe financière, et on va être obligé de faire ce qu'ont fait tous les pays qui ont été dans cette situation, c'est-à-dire licencier des milliers et des dizaines de milliers de fonctionnaires. Le Canada a été dans cette situation, ils ont supprimé la moitié des effectifs. La Grande-Bretagne supprime un million d'emplois publics.

L'Allemagne de Schröder avait demandé une augmentation du temps de travail des fonctionnaires pour éviter cette catastrophe. Voilà la situation dans laquelle on est. Je pense qu'il faut mieux gérer nous-mêmes la réduction de la dépense publique plutôt que de se l'avoir imposée par des créanciers qui, un jour, ne voudront plus prêter d'argent à un pays qui est aussi endetté. Demain, sommet européen,

17:19
Présentateur

important, très important. François Fillon, est-ce que vous considérez qu'Angela Merkel est courageuse

17:26
Locuteur

?

17:27
François Fillon

Je considère qu'Angela Merkel s'est trompée sur la question des réfugiés, qu'elle n'a pas mesuré la portée de la décision qu'elle a annoncée, mais je considère aussi qu'Angela Merkel est isolée, qu'elle est seule en Europe, que personne ne prend d'initiative, et qu

17:44
Locuteur

'on

17:44
François Fillon

ne peut donc pas lui jeter la pierre ou jeter la pierre qu'à Angela Merkel. Quel est le discours de François Hollande ? Quel est le discours de la France ? Quelles sont les propositions que la France fait pour une réorientation, une réorganisation de

17:58
Locuteur

l'Union européenne ? Le discours

17:58
François Fillon

de la France est simple, nous

18:00
Présentateur

ne voulons pas de réfugiés. Le discours n'est pas officiellement dit. Mais c'est cela, François Fillon, vous le savez

18:06
François Fillon

bien. C'est un discours qui ne suffit pas à apaiser les inquiétudes des Français sur l'avenir de l'Europe. Moi je pense qu'aujourd'hui l'Europe est en train de se défaire. La Grande-Bretagne veut s'en aller, la question des réfugiés bouscule toutes les solidarités européennes, il n

18:24
Locuteur

'y

18:24
François Fillon

a aucune solidarité entre les Européens pour lutter contre les terroristes et pour lutter contre l'Etat islamique, et les Américains imposent de plus en plus leur volonté à l'économie européenne. Il

18:36
Locuteur

y a

18:36
François Fillon

de plus en plus d'entreprises européennes qui sont sanctionnées par la justice américaine. Les Américains utilisent le poids de leur économie et la faiblesse de l'Europe pour avantager leurs entreprises au détriment des entreprises européennes. Qu'est-ce que fait l'Europe face à ça ? Rien. L'Europe est totalement immobile.

18:59
Présentateur

Deux questions pour terminer la première. Emmanuel Macron vient de déclarer sur Europe 1, François Hollande est le candidat légitime à gauche pour 2017. Je pense qu'il n'en croit pas un mot. Il n'en croit pas un mot,

19:09
Locuteur

oui.

19:09
Présentateur

Bon, et dernière question, vous avez un avis, vous, sur Karim Benzema en équipe de France

19:13
François Fillon

? Je me garderais bien de donner un avis sur tous ces sujets sur lesquels je pense que les responsables politiques doivent être... Devraient se taire ? Se taire, ce n

19:22
Locuteur

'est

19:22
François Fillon

pas nos affaires. C'est aux sélectionneurs de choisir les membres de son équipe. Je sais qu'en France, tout Français qui se respecte est sélectionneur de l'équipe de France. Moi, je suis choqué par ce côté... C'est un peu le travers des réseaux sociaux,

19:37
Locuteur

c

19:37
François Fillon

'est-à-dire que tout le monde a un avis sur tout. Quand on est un responsable politique, on doit rester modeste, on doit se concentrer sur la mission qui est la sienne. Et à force de porter des jugements sur tout et sur tout le monde, on banalise au fond l'autorité de l'État, l'autorité de la chose publique. Et je pense que c'est une mauvaise chose.

19:55
Locuteur

Merci

19:56
Présentateur

François Fillon, 8h56.