Macron : ses selfies, ses détours, ses emmerdes... #cdanslair 01.10.2018
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 24 %Attaque 43 %Défensif 29 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 63 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:00FerméeRéponse partielle
C'est si grave, Roland Carroll ?
- 4:10OuverteRéponse directe
Quelles erreurs Macron reconnaît-il dans son style ?
- 5:28OuverteRéponse directe
Pourquoi Macron a-t-il choisi les Antilles pour ce déplacement ?
- 15:41OuverteRéponse directe
Pourquoi cette photo fait-elle autant réagir ?
- 18:51OuverteRéponse directe
Est-ce que cette photo restera comme une image marquante ?
- 20:12OuverteRéponse directe
Que voyez-vous dans cette image ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:28PrésentateurFait
« Emmanuel Macron l'admet, je ne suis pas parfait, il y a des choses qu'il faut corriger. »
- 2:19InvitéFait
« 'il pouvait se tromper, qu'il lui arrivait de douter, d'hésiter. »
- 3:29InvitéFait
« Le discours de Versailles était le nouveau discours fondateur de la méthode de gouvernance. »
- 3:42InvitéFait
« Je fais comme on dit de la pédagogie, qui est un mot un peu affreux, mais bon, au moins j'explique mieux où je vais aux gens. »
- 12:39InvitéFait
« Ta mère, elle mérite lui que ça. Pas de bêtises, les garçons. »
- 15:33InvitéChiffre
« Le président est actuellement crédité de 30 à 32% d'opinions favorables. »
- 26:37PrésentateurFait
« Il a dit cette phrase étrange de dire « je suis bien au milieu ». »
- 27:08PrésentateurFait
« Les Antilles, c'est un condensé de France. Tous les problèmes sont amplifiés par rapport à la métropole. »
- 31:33InvitéChiffre
« En baisse, 86%. Ce qui ne correspond à aucune statistique. »
- 34:45InvitéChiffre
« Près de 200 000 euros la semaine, c'est le prix de location du yacht où Nicolas Sarkozy est allé chercher un peu de repos. »
- 35:36InvitéFait
« Un petit morceau de remblochon. Il n'a jamais tué personne. »
- 41:25PrésentateurFait
« Emmanuel Macron a tout à fait les épaules pour savoir gérer ce type d'exercice. »
- 44:36PrésentateurFait
« À force de dire je vais vouloir inventer autre chose et faire différemment, il n'a rien inventé dans sa relation aux Français. »
- 45:19PrésentateurFait
« Les élections de 2017 ont enterriné l'échec de l'alternance et de la bipolarité. »
- 46:31InvitéFait
« Mauvaise nouvelle pour 4 millions et demi de ménages au 1er octobre : le prix du gaz augmente. »
- 46:47InvitéChiffre
« Pour arriver à plus 3,25% d'augmentation aujourd'hui pour la commission de régulation de l'énergie. »
- 47:01InvitéChiffre
« Il faut comprendre que la France importe la totalité ou la quasi-totalité de son gaz. Plus de 99% est importé de Norvège. »
- 47:22InvitéChiffre
« On observe depuis 6 à 8 mois une forte hausse sur les marchés internationaux de l'ordre de 40%. »
- 47:56InvitéChiffre
« La prime d'activité augmente de 20 euros. »
- 48:11InvitéChiffre
« Le plafond du complément mode de garde appelé le CMG augmente de 30%. »
- 48:21InvitéFait
« Bonne nouvelle pour environ 18 millions de salariés : la fin des cotisations chômage. »
- 48:55InvitéChiffre
« Pour un revenu de 2000 euros brut par mois, le gain sera de 19 euros. »
- 52:37PrésentateurFait
« J'assume la part unilatérale et univoque de toute décision. »
Temps de parole
- Présentateur67 %
- Invité16 %
- ?5 %
- Invité 25 %
- Invité 33 %
- Invité 43 %
≈ 30,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Bonsoir à toutes et à tous, nous attendons vos questions, SMS, Internet et réseaux sociaux pour alimenter notre discussion. La pression était trop forte, celle de l'opinion, celle des sondages. Le président en déplacement aux Antilles s'est confié à plusieurs médias pour expliquer sa méthode, se justifier parfois sur son style et concéder même quelques erreurs. En quête d'un second souffle, Emmanuel Macron l'admet, je ne suis pas parfait, il y a des choses qu'il faut corriger. Jupiter laisse place au président du quotidien, un détour dans sa communication politique. Aujourd'hui, il cherche le contact à hauteur d'homme, comme il dit, et veut en finir avec cette image de président méprisant.
Quitte
à
en faire trop et se laisser dépasser par des situations, des photos embarrassantes, des petites phrases mal comprises. Sur le fond, il l'assure, il veut aller vite et ne changera rien. Macron, ses selfies, ses détours, ses emmerdes, c'est un clin d'œil et c'est le titre de cette émission. Avec nous pour en parler ce soir, Roland Quairol, vous êtes politologue, directeur du Centre d'études et d'analyse, le CETAM. Je cite ce soir votre dernier livre, Les raisons de la colère, l'élection de la dernière chance, publié aux éditions Grasset.
Vanessa Schneider, vous êtes grand reporter au journal Le Monde, ainsi que pour M Le Mag, votre dernier livre qui vient de paraître, Tu t'appelais Maria Schneider, est publié aux éditions Grasset. Swazie Kemener, vous êtes rédactrice en chef au service politique de Marianne. Je renvoie à votre dernier livre, L'irrésistible ascension, les dessous d'une présidentielle insensée, aux éditions Flammario. Enfin, Jean Garrigue, vous êtes historien, spécialiste de la vie politique, vous présidez le comité d'histoire parlementaire et politique. Vous enseignez à l'université d'Orléans et à Sciences Po Paris.
Votre dernier livre qui vient de paraître, La République des traîtres, est publié aux éditions Talendier. Bonsoir à tous les quatre. Bonsoir. Merci de participer à ce C dans l'air en direct. Alors, je le disais, Emmanuel Macron qui se confie aux journalistes,
qui
reconnaît, qui concède quelques erreurs, qui demande même l'aide du pays, de la presse, des élus pour expliquer ces mesures. C'est si grave, Roland Carroll
?
Oui, il y
a
un peu le feu au lac.
Il
avait senti ça venir avant l'été. Il nous l'avait dit au congrès de Versailles le 9 juillet. On avait fait une émission ce jour-là et il nous avait déjà dit
qu
'il pouvait se tromper, qu'il lui arrivait de douter, d'hésiter.
Il
avait dit plus. Il avait dit que désormais, il allait prendre en compte la société, les gens
et
puis les corps intermédiaires, les élus. Tout ça, il l'avait dit.
Moi,
je m'étais demandé à l'époque, est-ce que c'est vraiment l'an 2 de Macron qui nous annonce un changement ou bien est-ce que le naturel revient au galop
? Et
je n'avais pas été très convaincu par le passage de l'été. Il faut croire qu'il a relu son discours du congrès de Versailles et qu
'il
s'est dit qu
'il
faut que je
le fasse. Parce qu'il y avait le
feu au lac, dites-vous.
Il y avait le feu au lac. Enfin, une véritable perdition dans les sondages, dans toutes les catégories de la population. C'est ça qui est grave.
C
'est qu'à un moment, on s'est dit qu
'il
y
a
des raisons politiques qui font qu'un certain nombre d'électeurs de gauche s'en vont plus après un certain nombre d'électeurs de droite. Là, on voyait que partout, même dans ce qui était son cœur de cible, mettons les cadres supérieurs, ça flottait terriblement. Et donc, voilà, il met en application... Il a toujours comme ça des discours fondateurs sur les différents problèmes. Mais je crois que le discours de Versailles était le nouveau discours fondateur de la méthode de gouvernance.
Et je crois qu'il a décidé, pour le coup, de l'appliquer vraiment, à la fois sur le côté « je m'explique plus », je fais comme on dit de la pédagogie, qui est un mot un peu affreux, mais bon, au moins j'explique mieux où je vais aux gens. Et puis, je les mets dans le coup. C'est aussi « je vais maintenant être à l'écoute des citoyens » et puis aussi des élus. Il dit au monde, aujourd'hui, il n'y
a
pas de possibilité pour
l'État. On ne peut pas faire sans eux.
Il faut que les collectivités locales accompagnent l'État sans quoi on ne va pas réussir. Voilà, des choses qui ressemblent à une révision de gouvernance totale.
Avec l'idée, Vanessa Schneider, dans les confidences, on va détricoter ça pendant toute l'émission, parce qu'il y avait beaucoup de choses, en fait, que
le président
de la République a expliquées pendant son déplacement aux Antilles. Mais avec l'idée que, sur la question des erreurs, c'est beaucoup le style qui est en question. C'est beaucoup son rapport, sans faire de la psychanalyse de bazar, mais son rapport au
pays, aux gens,
aux Français. Et cette difficulté qu'il a, au fond, d'être compris pour ce qu'il veut faire. Le côté méprisant, il
y
a une petite phrase ce week-end de François Hollande, qui évoque une gouvernance qui peut paraître lointaine, distante, voire méprisante. C'est sur le style qu'il devait corriger le tir. Alors, il est en mauvaise posture. Il y a eu l'affaire Benalla qui lui a pourri tout l'été, déjà sur un terrain fragile. Il aborde donc la rentrée avec des sondages catastrophiques. Dans ces cas-là, il y a deux façons d'essayer d'inverser la donne. C'est soit d'annoncer un changement de politique, et ça, il le dit, il n'y est pas prêt et il ne le fera pas. En tout cas, c'est ce qu'il annonce. Donc, il veut continuer dans le sillage qu'il a tracé.
Ou alors, il faut changer, en effet, la façon d'être ou la façon de communiquer. Donc, c'est visiblement cette option qu'a choisie Emmanuel Macron en cette rentrée. Vous disiez, problème avec les gens. Oui, il n'a jamais réussi, vraiment, à se situer. C'est-à-dire, il a voulu, dans un premier temps, donner une rareté à la parole présidentielle. Il était extrêmement critique envers son prédécesseur, François Hollande, qui voyait commenter un peu, il trouvait qu'il commentait trop l'actualité, qu'il s'exprimait trop souvent, qu'il se laissait interpeller par n'importe qui. Donc, il a voulu faire de la rareté.
Puis, il s'est dit, il faut que j'aille en contact avec les gens, mais en cassant les codes, quelque part, de la politique. Donc, en parlant, franchement, ça donnait le costard, le pognon de dingue. On parle comme tout le monde. Ça,
c
'est, en effet, retourné contre lui. Le mot mépris que vous employez, il est très ennuyeux, ce mot de François Hollande, qui n
'est
pas... S'il n'était que celui de François Hollande, ça poserait gare de problèmes. Mais il est ressenti quand même par toute une catégorie de la population qui a le sentiment non seulement d'être méprisé, mais en plus par un président qui est un peu à côté de la plaque. Donc là,
il
s
'agissait... Qui ne
comprend pas ? Oui, qui ne comprend pas. Quand on explique aux 3, aux 4 millions de chauveurs, selon comment on compte qu'il suffit de traverser la rue pour trouver un boulot,
ça
fait des familles autour, ça fait des millions de gens autour qui se disent, bon, il y
a
quelque chose qui n
'est
pas très bien compris dans la réalité économique du pays. Et alors, bon, donc là, il a voulu forcer sa nature et essayer, en effet, d'aller plus au contraire. Mais alors, du coup, on tombe presque dans l'excès inverse. C'est-à-dire que, pour résumer, il est trop dur. L'autre fois, avec ce jeune chômeur qui cherche un boulot en horticulture, en lui disant, bon, en gros, sous texte, c'est un peu feignant, bouge-toi, traverse la rue, puis tu auras du boulot plutôt que de te plaindre. Et puis là, il apparaît avec un ancien braqueur qui serre dans les bras à n'en plus finir, où là, pour le coup, toute personne, à
peu
près, normalement constituée, voit ça,
c
'est du bon... Non, on n'est peut-être pas obligé non plus d'en faire des tonnes, de serrer dans ses bras un garçon qui n
'a
pas pris la peine de mettre un t-shirt pour dire bonjour au président de la République. Non, mais sans être particulièrement réactionnaire, il y a quand même un minimum de code à... Voilà, et puis de lui dire, oui, il a fait des petites bêtises, bon, des petites bêtises, non, il a fait connu
des
braquages, on est quand même...
On va y revenir sur cette autre chose en détail. Il
n'arrive pas, on a l'impression que... C
'est
ou trop ou trop
ou pas
assez, voilà.
Oui,
je suis d'accord avec ça, il y
a
un problème de réglage, un problème de réglage permanent dans son rapport au français. On a un président de la République qui n'était pas golo-mitterrondien comme il se... pendant la campagne présidentielle, au contraire, il avait ce rapport au peuple ou en tout cas ce rapport à ses futurs électeurs qui ne fonctionnait pas si mal. Souvenez-vous de ce déplacement à Amiens avec les salariés de Whirlpool. Au début, on se dit ça va mal se passer, puis ça continue, ça continue. Et finalement, c'est un des moments où il inverse le rapport de force, même si sur le papier, le rapport de force était gagné face à Marine Le Pen.
Mais en tout cas, dans les médias où il fait entendre que voilà, il sait parler aux gens, qu'il comprend ce qui est en train de se passer, et qu'il arrive à retourner ça. Donc c'était une de ses
forces.
Il allait au contact, il avait
une forme de courage physique. Voilà,
c'était une de ses forces pendant la campagne présidentielle. Et puis il devient golo-mitterrondien, alors au moment de... Vous vous souvenez-vous de son accession au pouvoir qui se fait par la cour carrée du Louvre. Donc il s'installe dans un autre style de rapport au français. Et depuis, on a l'impression qu'il tâtonne.
C
'est-à-dire qu'à des moments, il est jupitérien, comme on dit, en lévitation au-dessus du peuple. Et puis à d'autres moments, il ne trouve pas le réglage. Et ça fait déjà 500 jours que ça dure. Donc on a l'impression qu'on n
'a
pas vraiment de doctrine dans le rapport, en tout cas, au français, et qu'il tâtonne encore. Ça pourrait paraître anecdotique, Jean-Garrick. Il
y a
peut-être des gens qui nous regardent ce soir et qui disent « Mais non, l'important, c'est les résultats, c'est ce qu
'il
va faire pour le pouvoir d'achat, pour le chômage, etc. » Mais on va le voir un peu plus tard dans l'émission, l'exercice, l'incarnation de la fonction, c'est des symboles et ça touche aussi les Français. Ce n
'est
pas qu'anecdotique,
ce
n
'est
pas
que
de la com'. Si vous voulez, à mon sens, cette oscillation qu'on voit bien d'Emmanuel Macron, elle est le reflet à la fois de nos institutions, qui sont à la fois le besoin d'une présidentialité forte, mais aussi toute une tradition de contre-pouvoir, de démocratie, verticalité et horizontalité. On voit bien qu'il oscille en permanence entre ces deux-là. On voit bien que les autres présidents ont suivi des trajectoires plus linéaires, mais que pour tenir la trajectoire de la présidence gaullienne ou jupitérienne, il faut être le général de Gaulle.
C'est-à-dire qu'il faut avoir d'une part une légitimité historique qui vous permet d'être le général de Gaulle, et d'autre part, il faut avoir des résultats. Le général de Gaulle, il était dans les années 60, au moment des Trente Glorieuses, la croissance était à plus de 5%, tout allait bien. Le chômage de masse n'avait pas atteint les proportions qu'il a aujourd'hui. Emmanuel Macron est fragilisé, non seulement par toutes ces petites phrases, par toutes ces erreurs de communication, mais par les résultats. Et donc il y a un doute sur son image, justement, de président jupitérien.
Alors en plus, si vous mettez par là-dessus ce qui, bien sûr, constitue toutes ces erreurs de communication, qui ont accrédité l'idée d'un président qui était coupé du peuple, qui ne comprenait pas les besoins de son peuple, il était indispensable pour lui de corriger le tir. Donc là, c'est ce qu'il est en train de faire, mais il le fait de façon maladroite, d'abord parce qu'au fond, son expérience politique, par rapport à d'autres, elle est quand même limitée, d'une part, et parce que, je le répète, c'est difficile. C'est une ligne de crête sur laquelle beaucoup de ses
prédécesseurs
se sont cassés les dents. On le verra, il n'est pas le premier à avoir du mal avec l'exercice du pouvoir. Rosentille, le chef de l'État, a donc amorcé une sorte d'opération reconquête. Alors que les Français sanctionnent son action et son style dans les sondages, le jupitérien Macron reconnaît des erreurs, explique qu'il n'est pas parfait et demande donc l'aide des élus, des journalistes, des Français pour expliquer son action. Un président qui redescend, en quelque sorte, dans l'arène et qui prend le risque de sortie de route comme une photo largement commentée depuis hier. Romain Besnenou, Wannan Gouyen.
Ce
devait être un voyage de réconciliation. L'occasion de redorer son image après une rentrée mouvementée, de renouer un lien avec les Français.
Le
moment aussi d'afficher une proximité avec les habitants des Antilles, un an après l'ouragan Irma.
Mais
la fin du voyage ne s'est pas déroulée comme prévu. A Saint-Martin samedi, le président rend visite à une famille et discute avec deux jeunes, dont un ancien braqueur, récemment sorti de prison. Dès qu'il pleut, il y
a
des loupes, c'est loupes.
On va
faire les travaux
pour
reconstruire. Des jeunes comme toi, là, t'es costauds comme tout. Tu ne
peux
pas rester comme ça et ne pas refaire des bêtises.
Les
braquages,
c
'est fini. On l'a dit.
On
ne l'a pas. Je ne veux pas oublier. Ta mère, elle mérite lui que ça. Pas de bêtises, les garçons. Quelques secondes plus tard, le président en prend une photo avec les deux hommes.
On
y voit Emmanuel Macron tout sourire. À droite, l'ancien braqueur. Et à gauche, le deuxième homme, torse nu, pantalon baissé, faisant un doigt d'honneur. Posté samedi sur les réseaux sociaux, le cliché fait depuis scandale. Marine Le Pen est l'une des premières à réagir sur Twitter.
Elle
reposte la photo et écrit.
On
ne trouve même plus de mots pour exprimer notre indignation. La France ne mérite certainement pas cela. C'est impardonnable.
Acculé par la polémique grandissante, Emmanuel Macron s'est expliqué hier en conférence de presse à Saint-Martin.
Une
riposte directe à la présidente du Rassemblement national.
On
ne tirera rien des discours de haine.
Et
donc, ce qui fait que je me suis battu pour être élu face à Marine Le Pen
et
que je suis là aujourd'hui,
c
'est parce que j'aime chaque enfant de la République, quelles que soient ses bêtises.
Parce
que bien souvent, parce que c'est un enfant de la République, il n
'a
pas choisi l'endroit où il est né.
Et
il n
'a
pas eu la chance de ne
pas
en faire. Le président tentera bien d'expliquer que le jeune homme est un étudiant en CAP, qu'il s'est montré respectueux tout au long de la visite, mais rien n'y fait.
La
droite, en embuscade, s'est emparée de l'occasion pour attaquer Emmanuel Macron, à l'image du point presse des Républicains ce matin, quasi exclusivement consacré à la photo de Saint-Martin.
C
'est un abaissement assez incroyable de la fonction présidentielle.
Il
y a le message
de
l'image
et
le message qui est renvoyé par ce cas accepté de faire le président de
la
République
est
désastreux.
C
'est-à-dire qu'en fait, lorsque vous ne respectez pas les lois,
vous
pouvez être mis à l'honneur
par
le président
Macron.
Je suis préoccupé par le fait de voir un président de la République qui est particulièrement soucieux de son image et qui, malheureusement, n'hésite pas à adresser de très mauvais signaux à nos concitoyens, comme celui qui consiste à s'afficher avec un braqueur et à quelqu'un qui fait un doigt d'honneur. Mais un doigt d'honneur à qui, d'ailleurs ? Un doigt d'honneur à la France ? Un doigt d'honneur à la République française ?
Un
doigt d'honneur aux lois
? Pour
Emmanuel Macron, cette affaire tombe bien mal au moment où il entame son opération reconquête auprès des Français. Démission au sein du gouvernement, affaire Benalla, réforme impopulaire, dans un entretien au JDD, le président admet que des erreurs ont été commises.
Je
ne suis pas
parfait.
Personne n'est parfait.
Qu
'il y ait des choses qui ne soient pas bien faites, c'est donc normal. Il faut les corriger.
Au
plus bas dans les sondages, l'affaire du doigt d'honneur n'aidera certainement pas Emmanuel Macron à retrouver des couleurs. Le président est actuellement crédité de 30 à 32% d'opinions favorables.
Et
nous reprenons notre discussion avec cette question. Il y
a
beaucoup de questions ce soir sur cette photo. On n'a pas l'habitude, on s'est dans l'air de partir, de commenter un seul cliché.
Mais
là, visiblement, ça fait réagir. Cette question qui nous est posée par Jean en Dordogne, proche du peuple, pourquoi pas ? Mais ce selfie est un peu lourd à passer.
Ben oui. Oui, moi je crois que ça doit être quand même de plus en plus compliqué de gouverner, vous savez. On est quand même cerné en permanence par des images, par des journalistes, par les réseaux sociaux qui en remettent une couche sans arrêt.
On va en reparler, on va voir que l'exercice des responsabilités a changé.
Qu'est-ce que vous voulez ? Moi, alors évidemment,
on
en rajoute, on dit, regardez, c'est scandaleux. Et puis après, on va demander aux gens par des sondages, ah, que c'est scandaleux. Et ils disent, ah oui,
c'est scandaleux.
Et on dit, vous voyez, les Français se détachent à nouveau. Moi, je veux bien adhérer à ce scénario, mais franchement, je n'y crois pas. Qu'est-ce que c'est que cette photo
? Il
y a un type qui fait un doigt d'honneur. Il ne le fait pas au président. Là, il aurait mérité deux baffes.
Ce
n
'est
pas le cas. Il fait ce qu'on a vu 100 fois avec des gamins, c'est qu'il fait un doigt d'honneur pour ceux qui vont regarder la photo, pas du tout au président. Au contraire, le reste du temps sur les images qui bougent, on le voit s'affairer pour prendre des photos de Macron, pour venir voir son copain, etc. Donc,
il
n
'y
a pas, ce n
'est
pas un manque de respect à
l'égard de la
République, à l'égard du président de la République. C'est un gamin antillais de cet âge-là et de ce milieu qui fait les gestes qu'il faut en général sur les photos. Moi,
je veux bien que ce soit une affaire
d'État. On a déjà eu une affaire d'État avec Benalla. Pourquoi pas une affaire d'État avec le braqueur et le type au doigt baissé ?
C'est intéressant, Roland-Cairol, parce que vous êtes à contre-courant.
Je le sens bien. C'est pour ça que je m'énerve un peu.
Vous avez raison, non pas de vous énerver, mais de défendre votre opinion.
Ce
qu'on a entendu dans les réactions, y compris les réactions politiques, c'est la fonction présidentielle, c'est-à-dire deux garçons torse nus dont un est un braqueur qui, d'une certaine manière, abaisserait la fonction. Pour vous, il
n
'y a pas ce
sujet-là ?
Non seulement, il y a les journalistes, les réseaux sociaux, les images, etc., mais en plus,
il
y a le fait qu'on porte sur ses épaules non seulement la fonction présidentielle, mais la façon dont elle a été élevée ou rabaissée par les prédécesseurs. Si on avait des modèles récents, formidables, qui aient marché, mettons Chirac, mettons Sarkozy, mettons Hollande, peut-être, mais il porte sur le poids de ses épaules en même temps les erreurs de tout cela. Et donc, il est bien forcé, lui, d'essayer d'osciller, en effet, entre la volonté de restaurer certaines fonctions d'autorité présidentielle qu'à mon avis, il a, malgré ça, et puis la volonté de montrer qu'il est proche des Français. Parce que ce n
'est
pas une question seulement de style, comme vous avez dit, ou de manière d'être. C'est purement et simplement une question de démocratie. Nous sommes dans... Le peuple est souverain, ce n
'est
pas le président de la République qui est souverain, c'est les citoyens qui doivent être dans le coup, c'est leurs élus,
c
'est les corps intermédiaires, c'est ceux avec qui il faut travailler. C
'est ça qu'il veut raconter ?
Et je crois que c'est la nouvelle histoire qu'il est en train de nous raconter. Et ça passe aussi par deux, l'anecdote.
Vanessa Schneider, est-ce que c'est de l'anecdote ou est-ce que ça restera comme certaines images, et encore une fois, on va y revenir, de ses prédécesseurs, qui ont abîmé les quinquennats précédents et qui sont restés avec une forme de persistance rétinienne comme des images qu'on ressortait à chaque fois et qui ont abîmé l'exercice du pouvoir. Est-ce que ça restera comme une image marquante de ce quinquennat
? Roland Kérol
a raison de dire que
ce
n
'est
pas une affaire d'État. Mais on ne parle pas de ça non plus.
Vous avez vu
certains leaders de l'opposition ou
de sous-liders ? En tout cas, autour de cette table, on est
tous d'accord pour dire évidemment qu'il ne s'agit pas d'une affaire d'État. Après, les photos, elles dégagent des symboles. Elles veulent dire des choses et on y lit des choses. Et quand vous dites qu
'on
voit deux gamins entiers, oui, on voit deux gamins entiers, mais Emmanuel Macron n'est pas un gamin. Ce n
'est
pas son copain de lycée. Il n
'a
pas... Et vous parlez du contexte des selfies permanents. En effet, c'est vrai que le métier politique en général a totalement changé. Que ce soit un maire, un élu local, un président de la République, ne peut plus se déplacer sans être photographié du matin au soir avec
des vidéos qui circulent.
Le contexte a changé. Mais il le sait, ça. Il le sait. Et pour le coup, il fait partie d'une génération qui a totalement intégré ce fait d'être surveillé en permanence. Donc, est-ce que vous y voyez, vous, dans cette image, du coup ? Moi, je vois quelqu'un qui ne sait pas bien comment se positionner, qui ne trouve pas le juste milieu entre la volonté d'être à l'écoute de tout, comme il dit tous les enfants de la République, ce qui est une bonne idée, une belle idée, et la façon dont il la manifeste. Et il ne peut pas, en effet, se mettre au niveau d'un gamin, quel qu'il soit, braqueur ou pas. là, il se trouve, en plus, il est braqueur et l'autre torse nu. Donc, bon, ça... Mais il n'a pas...
Voilà, ce n
'est
pas question de... C'est parce que c'est le président, ça serait quelqu'un d'autre, une autre autorité quelconque. L'image serait également dérangeante.
Il y a quelque chose qui est de ressort de la
maturité, à votre avis
? Mais
je trouve que là, pour le coup, ce procès qui lui avait été beaucoup fait pendant la campagne par ses adversaires, sur le manque d'expérience, le fait qu'il n
'ait
pas été élu, qu'il n
'ait
pas fait de terrain, qu'il arrive très très jeune à la présidence de la République et finalement, qu'il a été un atout, puisque c'est ce que les Français ont aussi élu pour ça, pour son jeune âge, pour le côté « je ne suis pas passé par toutes les cases et je vais vous proposer autre chose ». Et en effet, dans la campagne, comme l'a rappelé Soazic Kémena, il était extrêmement à l'aise
pour
un novice. Mais là, on perçoit quand même des failles, en effet, d'inexpérience et sur des clichés comme ça, ça le rajeunit encore plus. Il a l'air en effet, il y a une dimension un petit peu gamin, ce qui fait qu'évidemment, c'est l'autoroute de la critique pour le camp adverse.
Alors effectivement, il se justifie
et il assume, il dit « voilà, en gros, j'aime tous les enfants de la République, même ceux qui ont fait des bêtises et il ne condamne pas ce doigt d'honneur, il est sur votre ligne visiblement, Roland
Kérol,
de dire « bon, ce n
'est
pas si grave ». Et dans les entretiens qu'il a accordés avec des journalistes, il se défend et il dit « moi, je ne veux pas faire semblant. Je ne
veux
pas faire semblant d'aller vers les gens.
À
qui fait-il référence ?
Vous
pouvez me donner votre avis. Juste serrer des mains, dire « je m'occuperai de votre problème », renvoyer à des services. »
Il
veut être à hauteur d'homme. Il prend des risques. Là, il n
'y a
pas des communicants à un moment donné qu
'il
protège
de ces situations.
C'est toute la question parce que finalement, qu'on reprend le post Instagram de ce jeune homme
qui fait le doigt d'honneur sur la photo ? C'est une photo qui est choquante à juste titre parce qu
'on
se
dit
« mais comment une photo comme ça peut arriver devant nos yeux ? » Ça paraît assez incroyable. Et on regarde, il écrit « même le président français, Emmanuel Macron, se sent en sécurité à nos côtés dans le quartier français ». Donc ça rejoint tout à fait ce que vous disiez tout à l'heure. C'est à destination de ses amis sur Instagram « je suis en photo avec Emmanuel Macron ». C'est quoi le problème dans cette histoire ? Le problème,
c
'est qu'il n
'y ait
pas, non pas, peut-être pas obligatoirement un communicant, mais en tout cas, quelqu'un de l'Elysée, ils se disent « on va avoir cette stratégie-là, c'est-à-dire qu'on va aller au contact en permanence ». Mais il faut absolument quelqu'un qui regarde ce qui se passe. C'est-à-dire qu'Emmanuel Macron, il ne voit pas que le
doigt d'honneur était à
ce moment-là. Mais il y a toujours eu quelqu'un, quand on se déplaçait, que ce soit avec Nicolas Sarkozy, que ce soit avec François Hollande, il y avait toujours quelqu'un qui surveillait ce qui se passait, qui avait une vue un peu, on appelle ça « helicopter view », mais en tout cas, qui faisait le tour et qui regardait ce qui se passait à tel moment, qu'il pouvait éventuellement voir que le fichier allait être pris, qu'il réagissait. Tandis que là, on a l'impression qu'on a un président qui finalement n'a toujours pas l'équipe autour de lui, qui lui permet d'avoir les moyens de cette ambition, c'est-à-dire cette ambition d'aller au contact, sans filtre, et de casser les codes.
Pour pouvoir casser les codes, il faut s'organiser pour casser les codes et ce n
'est
pas fait. Je pense que c'est ça qui paye aujourd'hui avec la diffusion de ce cliché et les attaques de l'opposition. En corollaire de ce qui vient d'être dit, moi je pense que le problème fondamental, c'est qu'en fait, il a une vision très intellectuelle de la présidentialité. À mon sens, Emmanuel Macron est beaucoup plus un intellectuel qu'un banquier d'ailleurs, mais ça, ce serait un autre débat. Et je pense que sa démarche intellectuelle l'a conduit dans un premier temps à aller vers la présidence jupitérienne, une présidence d'autorité, de distance, mais qu'elle le conduit aussi à vouloir faire bouger les lignes de la communication, bousculer, provoquer. Il l'a fait,
on
a vu que ça a été très souvent maladroit et très très mal interprété. Et une fois de plus, à travers ce revirement ou ce tournant de communication qu'il est en train d'effectuer où il veut se rapprocher des gens, se montrer plus tolérant, on voit très bien la séquence qui vient de se dérouler, c'est un peu l'antithèse de celle avec le jeune chômeur.
C
'est-à-dire qu'il dit, vous voyez, parce qu'avec le jeune chômeur, il lui donne la leçon,
il
lui dit, bon, il faut que tu trouves un boulot, il faut te bouger un tout petit peu. Il le redit un petit peu, d'ailleurs, là,
aux Antilles, mais en même temps,
c'est plus chaleureux. et il se montre beaucoup plus compréhensif. Il y a eu d'autres scènes aussi où
il
y
a eu d'autres scènes aussi,
quand le jeune garçon lui avait dit « Manu », etc. Là, il s'était mis dans la posture du président, dans la posture présidentielle, qui lui dit, il faut respecter cette fonction. Là, au contraire, il va beaucoup plus dans l'empathie, dans le compassionnel, ce qui le rattache à toute une tradition de ses prédécesseurs. Mais il le fait à chaque fois de manière, je le répète, un peu trop intellectuelle.
C
'est-à-dire que les choses ne sont pas assez pratiquement gérées, ne sont pas nuancées, ne sont pas suffisamment contrôlées, parce que tout ça reste
systémique. C'est-à-dire qu'il y a une forme de
naïveté, Jean-Garry,
dans sa
manière de se dire « Je vais au contact,
il y a de la sincérité chez
moi, on doit le recevoir comme
ça, nous
». De la même manière que je pense qu'il n'a pas compris l'impact que pouvaient avoir un certain nombre de ses petites phrases, de ses réflexions, il pensait que ça entrait dans la cohérence de son projet de révolution,
c
'est
-à
-dire de tout changer, d'aller vers le nouveau monde. Il n'a pas compris l'impact que ça pouvait avoir sur l'opinion publique et la manière dont il accréditait un certain nombre d'images qui sont fantasmatiques, mais qui sont des images qui ont imprégné les Français. Le président des riches, le président des élites, etc. Tout ça,
ça
a imprégné les Français. Eh bien, il applique, si vous voulez, cette communication de façon trop systémique. Et là, on voit très bien, de manière un peu maladroite. Qu
'est
-ce qu'il a voulu faire passer si vous deviez retenir un message de ce déplacement aux Antilles et de ces confidences qu'il a accordées à la fois au journal du dimanche, au journal Le Monde ? Il a rencontré davantage de journalistes,
ce
qu'il faisait très peu, bien conscient qu'il fallait là aussi faciliter un petit peu la diffusion des messages. ce n
'est
pas un hasard si ça se passe aux Antilles. Oui, alors, pour revenir au début de votre question, il l'a dit lui-même, il a dit « je suis bien au milieu de mes concitoyens ». Il a dit cette phrase étrange de dire « je suis bien au milieu ». Donc, c'est visiblement, le message qu'il a envie de faire passer, c'est « je suis bien avec vous, les Français ». Vous, vous avez l'impression que je suis en dehors ou à côté ou au-dessus ou que j'ai un point de vue soit supérieur, soit hautain sur vous, soit à côté de la plaque. Et là, il dit « je suis bien avec mes concitoyens, donc je suis bien partout et partout, et en particulier aux Antilles ».
Pourquoi il choisit les Antilles pour délivrer ce message de proximité ? Parce que les Antilles, c'est un condensé de France. Tous les problèmes sont amplifiés par rapport à la métropole. Les Antilles, ce sont des taux de chômage incroyables, ce sont une pauvreté beaucoup plus importante qu'en métropole, ce sont des problèmes environnementaux qui ont
été aussi abordés là-bas,
ce sont les problèmes de reconstruction avec toutes les lourdeurs administratives, puisqu'il a constaté
lui-même que c
'était quand même un an après Irma que très très peu de choses avaient été faites. Donc c'est une espèce de concentré comme ça de tous les problèmes de la France et donc il a choisi ce terrain-là pour délivrer ce message. Après, les Antilles, quand on regarde les voyages aux Antilles des présidents de la République, c'est toujours des voyages un peu périlleux. On se souvient d'un retour en avion de Lionel Jospin qui avait, c'était un peu lâché pour critiquer Jacques Chirac à l'époque. C'est
toujours périlleux parce que...
Oui, parce que ce sont des voyages qui sont très éprouvants avec des énormes décalages horaires, avec une chaleur, on le voit sur les photos, Emmanuel Macron est très marqué. Donc ils ne sont pas dans leur cadre habituel et donc la communication ou en tout cas ce qu'on veut, le message qu
'on
veut faire passer est forcément moins bien maîtrisé que dans d'autres configurations. Est-ce que les Français ils ont envie de ça, Roland Carrol, à votre avis ? Vous disiez,
et
il le fait avec une forme de sincérité, ça se voit sur les immeubles, le parle est vrai, c
'est
-à
-dire
je casse les codes, j'arrive, je suis en chemise, j'ai tombé la cravate, j'échappe à mes services de sécurité, je monte dans un immeuble, c'était pas prévu, c'était pas calé et du coup ça donne des sorties de route. Mais est-ce que les Français ils ont envie de ça ? Je me souviens d'un Emmanuel Macron qui disait les Français veulent un monarque.
Est
-ce qu
'ils
veulent un monarque ? Ou est-ce qu'ils veulent un président qui casse les codes ? A votre avis ?
L'inconvénient, c'est que je suis persuadé que les Français veulent les deux. J'en étais
sûre. Et en même
temps. Ils veulent en effet quelqu'un, un monarque sans doute, et quelqu'un qui sache où il va, qui ait un cap, qui le garde,
qui
l'explique et qui nous fasse même sans arrêt des comptes rendus
de
pourquoi telle ou telle réforme, ça va bien dans le sens de ce que je vous avais indiqué ou comment tout ça a une cohérence. Et là, il y a une demande extrêmement forte qui a été mal remplie par les trois prédécesseurs et donc qui est devenue centrale. Mais en même temps, en effet, on n'aime pas le mépris. On n'aime pas qu'on ait l'air de se foutre de vous.
On
n'aime pas qu'on se fasse traiter de Gaulois qui sont incapables d'être pour la réforme. Il
a dit
que c'était une erreur.
Oui, les gens ont voté pour lui, pour ça, pour la réforme. Ce n'était pas pour ne pas changer. C'était pour le changement. Donc, on ne leur renvoie pas une image qu'ils savent fausse d'eux-mêmes. Donc, oui, quelqu'un qui est l'autorité, qui donne le cap.
Ce
qui veut dire d'ailleurs qu'il ne faut pas se contenter de parler aux journalistes,
aux
gens sur place en les embrassant, qu'il faut parler par les grands médias. à la télé. Et voilà.
C
'est un point de passage obligé. Je ne vois pas pourquoi de tous les dirigeants occidentaux, Macron est un de ceux qui, pour le moment, ne savent pas bien s'en servir encore.
Parce qu'il voulait casser les codes.
Il voulait faire différemment.
Mais il n
'a
qu'à le faire différemment. Il n
'a
qu'à nous inventer une façon nouvelle de parler. Mais il ne peut pas échapper à ce média. Et en même temps, les Français, ils ont donc besoin qu'on prouve qu'on est quelqu'un qui les prend en compte. Qui prend en compte leurs soucis, leurs peines, leurs souffrances et leurs espoirs. Et on ne peut pas faire l'un ou l'autre ou naviguer de l'un à l'autre. Il faut pouvoir dans la même journée faire les deux.
C
'est un essai.
Alors,
évidemment, tout de suite, Vanessa va me dire qu'il tombe trop de l'autre côté.
Bon,
moi, je trouve que c'est le risque à prendre. Mais il
faut faire les deux.
Est-ce qu'on peut gâcher un quinquennat et donc sa capacité d'agir
si
on ne trouve pas la bonne manière de parler au français
? Absolument. Et le ton juste ?
Absolument. Parce que je crois encore une fois que c'est beaucoup plus qu'une affaire de ton ou de style. C'est une affaire qui concerne le fond même de ce qu'est l'action politique. Les gens, ils sont d'abord écoeurés par la politique. Et ils continuent à l'être. Les gens, ils n'y croient pas à la politique. Ils continuent. Tiens, on leur dit, il y a un
milliard
de baisse d'impôt. Ce n
'est
pas vrai, répond la plupart des Français. Est-ce que vous, vous avez un pouvoir d'achat en hausse ou en baisse ? En baisse, 86%, ce qui ne correspond à aucune statistique. Est-ce que ça va s'améliorer l'année prochaine ? 82%. Non,
ça va s'aggraver.
On ne veut pas y croire. Donc on est devant un peuple sceptique, narquois et plutôt pessimiste
sur l'avenir. Donc il faut trouver une manière de
lui parler.
Donc il faut en permanence lui parler et en lui indiquant le cap et en lui montrant qu'on comprend.
Alors c'est aussi sur la manière présidentielle qu'Emmanuel Macron avait su séduire en promettant de remettre de la distance, de la hauteur, l'exercice du pouvoir sous pression. On en a parlé tout à l'heure des réseaux sociaux, une difficulté à laquelle se sont heurtés les derniers présidents, une réalité qui change radicalement l'art de la communication politique. Myriam Zéard et Juliette Vallon. Un geste déplacé sur une photo, lui aussi en a été victime. En 2015, en marge d'un déplacement en Suisse, un accident de communication pour François Hollande qui à l'époque tente de soigner son image. Lui, le président normal qui, comme tous les Français, prend le train pour se rendre en vacances.
C'est un bon transport, rapide, à l'heure et en plus qui correspond à mes principes.
Des
principes et une communication parfois bousculée.
Comme
en 2013 avec l'affaire Léonarda, une collégienne originaire du Kosovo dont l'expulsion avec sa famille provoque l'émoi en France et pousse le président à faire une proposition en direct à la télévision.
Si
elle en fait la demande compte tenu des circonstances
et
qu'elle veut poursuivre sa scolarité en France, un accueil lui sera réservé
et
à elle seule.
À
plus de 2000 km de là, la jeune fille répond immédiatement au président par médias interposés. Une séquence qui sonne comme l'un des plus gros ratés du quinquennat de François Hollande.
Ce
qu
'a oublié Hollande dans l'affaire Léonarda, c'est que quand on parle aux gens,
ils
vous répondent et que quand on parle à une gamine de 15 ans, elle va vous répondre et que tout ça va être sur BFM à égalité et que les gens vont juste se dire au fond, mon président de la République, il a été humilié par une gamine, il n'est pas digne de confiance. Cet épisode-là, ça lui a coûté y compris la confiance de plusieurs de ses conseillers qui m'ont dit qu'ils avaient rompu avec lui moralement, intellectuellement à ce moment-là. Donc ça a
été
terrible pour lui.
La confiance, François Hollande, lui, la donnera à deux journalistes du monde qui feront de ses confessions un livre. Un président ne devrait pas dire ça symbolisera l'échec de sa communication. Lui aussi, on dit parfois trop. Comme ici au Guilvinec, en Bretagne, en pleine crise avec les pêcheurs. C'est
toi qui a dit ça ?
Descends,
on
peut le dire. Descends, on
peut
le
dire.
Un coup de sang qui inaugure un nouveau style. Musclé,
le style Sarkozy.
Je viens, je viens ça pour ça.
Direct
sur le plan politique, quitte à déraper carrément. Nicolas Sarkozy, qui au lendemain de son élection, avait déjà fait un premier faux pas.
Près de 200 000 euros la semaine, c'est le prix de location du yacht où
Nicolas Sarkozy est allé chercher un peu de repos. Un président bling bling qui provoque là aussi la polémique.
Il
a fallu développer, en tout cas amplifier, cette reconnexion avec les Français. Et donc, il a démultiplié le nombre de déplacements en France, énormément, plus qu'à l'étranger. Parce que, comme vous le savez toujours, les déplacements à l'étranger, il y en a beaucoup. Les déplacements en France, ça dépend vraiment de la volonté du président de la République. Et donc, il faut qu'il continue à se déplacer en France. Et donc, c'était le cas pour Nicolas Sarkozy. Il
y
a une chose qu'il faut bien comprendre, c'est que la prise de risque, elle est nécessaire.
Donc,
si vous voulez amplifier la relation avec les Français, vous prenez plus de risques en matière de communication. Des risques plus élevés aujourd'hui qu'hier. Il y a une quinzaine d'années, Jacques Chirac lui arpentait les allées du salon de l'agriculture en toutes décontractions.
Un petit morceau de remblochon. Il
n'a
jamais tué personne.
À
l
'époque,
pas de forêt de smartphone et des répliques, loin d'être polémique.
Ce
ne
sont pas des bovins, c'est des chefs-d'oeuvre.
Une communication gérée en famille.
Sa
fille, Claude Chirac, est à la manœuvre. Là, surtout, personne n'avance.
À l'époque de Jacques Chirac, il
n
'y
avait
pas de réseaux sociaux. Donc, en fait, quand un scandale arrivait, il restait maîtrisable. Pourquoi ? Parce que ça passait par une trentaine de gros médias à Paris et qu'on arrivait à dialoguer avec eux, on arrivait à garder une forme de contrôle,
y
compris du message. Aujourd'hui,
c
'est impossible parce que d'une part, il faut réagir tout de suite dans les minutes, dans les heures. Il faut avoir la bonne réaction et puis il faut avoir la bonne réaction. On va dispatcher à des centaines de supports médiatiques. Le jeu est vraiment
beaucoup
plus difficile et puis c'est beaucoup plus violent.
Difficile dans ces conditions de suivre les conseils du père de la communication politique moderne, Jacques Pilan. Pour lui, plus le président se fait rare, plus il est écouté.
Mais
c'était une autre époque. On l'a bien vu dans ce reportage, on se faisait la réaction en regardant le reportage. Il n
'y
avait pas de téléphone portable quand Jacques Chirac faisait la visite du salon de l'agriculture. Des téléphones qui, aujourd'hui, naturellement, permettent de filmer et de poster des photos, comme vous l'avez dit tout à l'heure, sur les réseaux sociaux. Cette question, pourquoi Macron n'est-il pas respecté ? Je crois que Mitterrand et Chirac avaient une autre pointure. Et cette impression que... Oui.
C
'était différent et que c'était mieux avant. Oui, mais ça, il faut se méfier de ces effets de postérité qui font de Jacques Chirac un des présidents les plus sympathiques aujourd'hui. Alors qu'au fond, on sait bien que sa présidence a été peut-être une des moins riches en termes de production politique et que Nicolas Sarkozy parlait d'un roi fainéant. Donc, l'histoire, la postérité, la mémoire, plus exactement, diffracte un tout petit peu la réalité de ce qu'étaient de ce qu'étaient ces présidences. Mais simplement, l'idée de respect qui est accolée aussi, non seulement à un style, mais aussi à une politique. Et c'est pour ça que tout est lié.
Je veux dire que le respect, il vient, je pense, d'une cohérence. Et ce qui a fait défaut à François Hollande, au-delà même des hésitations ponctuelles et de son style qui l'essayait à désirer pour certains, ce qui a fait le manque de crédibilité de François Hollande, c'était qu'au
fond,
il a mené une politique qui ne correspondait pas à la campagne qu'il avait faite. Et de ce côté-là, on peut dire que Emmanuel Macron ne peut pas être accusé de ce péché-là, de s'être parjuré par rapport à sa campagne. En revanche, on voit bien effectivement que c'est très difficile de tenir cette ligne
d'un
président
d'autorité.
il n'y arrive pas. Quel qu'il soit, il n'y arrive pas. On prend les derniers présidents version réseau sociaux, version chaîne d'info, avec même le fait d'avoir théorisé auparavant, c'est ce qu'avait fait Emmanuel Macron, il avait théorisé avec les erreurs de François Hollande en disant « je ne ferai pas les mêmes erreurs ». Cette pression est telle que ça tient moins d'un an et puis après, les
premières erreurs arrivent.
Comme vous le rappelez,
le
problème, ce n
'est
pas Emmanuel Macron qui n
'est
pas respecté, c'est que les hommes politiques sont de moins en moins respectés
et
que toutes les études qui sont faites sur l'image des politiques montrent année après année que ce sentiment se dégrade de plus en plus. L'opinion publique a une image épouvantable de ces dirigeants qui ont beau faire quoi que ce soit, de toute façon, Emmanuel Macron sera toujours moins respecté dans l'imaginaire que l'était à l'époque Jacques Chirac. Moi, j'ai commencé ma carrière de journaliste politique du temps de Jacques Chirac. C'était complètement autre chose. On ne risquait pas de lui manquer de respect parce qu
'il
ne voyait personne. C'était une communication qui était complètement coupée.
On disait qu'il allait au
contact de la foule, qu'il allait serrer des mains. C'était, moi, je me souviens très bien de la fameuse corde. Il y avait une corde qui était physiquement tirée entre nous, déjà les journalistes, et le président de la République qu'il était alors. Et en effet, les Français étaient tenus à l'écart.
Il n'y aurait pas eu cette photo-là. Le contact
se résumait en dehors de la technologie, évidemment, qui n'existait pas. Mais les contacts se résumaient à bonjour madame, bonjour Anna. Et d'ailleurs, ça faisait des gags. Et
j
'ai aussi suivi un tout petit peu sur la fin à la présidence de François Mitterrand. Pareil, personne ne s'aventurait à aller interpeller le président de la République. C'est la France qui a changé. Ce ne
sont pas les présidents de la République qui sont inadaptés. L'image
de l'opinion publique envers leurs dirigeants qui s'est considérablement détériorée et les présidents qui aussi étaient beaucoup plus barricadés et qui se tenaient à l'écart du peuple. Et là, il y avait un côté quand même, une dimension beaucoup
plus
monarchique. Donc, il a raison d'aller au contact. Il ne peut pas faire autrement. Il a raison de prendre les risques. On a
entendu Franck Louvrier disant qu'il faut assumer la part de risque. Oui,
je pense qu'il a raison de le faire. C'est pour ça qu'on parlait tout à l'heure de réglage et de... Il faut trouver le bon ton mais il ne peut pas échapper à ça parce qu'un président qui se tait maintenant comme le pro-déjacque Pilon ce n'est plus possible.
Ça n
'est plus possible. Juste une seconde mais en revanche,
je
pense indispensable pour lui ça a été dit tout à l'heure par Roland Quairol de... Comment dire ? D'assortir cette communication j'allais dire du quotidien de rendez-vous important avec les Français par le truchement des médias ou d'ailleurs d'un exercice qui n'est plus du tout pratiqué qui était la conférence de presse qui permet... C'est un immense avantage pour un président à la conférence de presse c'est de contrôler en tout cas celle du général de Gaulle ou de Georges Pompidou était extrêmement extrêmement contrôlée et je pense que...
Ce ne serait plus le cas aujourd'hui Ce ne serait pas le cas
aujourd'hui mais il me semble qu'Emmanuel Macron a tout à fait les épaules pour savoir gérer ce type d'exercice. Nicolas Sarkozy avait dû y renoncer C'est vrai. Après qu
'il y a eu Vous disiez
est-ce qu'il va y arriver ou pas ? Personne n'y arrive. Le problème c'est ça A
l'étranger non
plus c'est ça que vous laissez entendre
? Je veux dire ça exactement et que ce qui compte et là je crois que c'est dans le monde aujourd'hui qui dit ça que ce qui compte c'est les 5 ans
parce
qu'à la fin la vraie épreuve elle est là
Est
-ce qu'on est réélu ou est-ce qu'on est viré ?
Et
donc il ne faut pas être à ce point bercer que nous sommes en permanence par les images les réseaux sociaux les
chaînes d'infos les
sondages il faut garder la tête assez froide pour continuer le boulot en insistant à la fois sur l'axe cap et autorité et sur l'axe écoute
des gens Ça
vous mettez
à la place d'Emmanuel
Macron ?
C
'est-à
-dire
quand vous dites il faut c'est
à lui ? Le président doit D
'accord
Mais rappelez
-vous Margaret Thatcher pendant tout son séjour au pouvoir à Downstreet on disait elle est cassante elle est dure elle ne passe pas dans l'opinion
3
mandats successifs dans les élections
Tony
Blair même chose il est hautain il est méprisant etc. il fait des promesses absurdes 3 mandats
Pas
élu au suffrage universel direct
Pas
direct Oui
mais avec des sondages qui au moment des élections se retournent
Et
voilà et je crois que c'est ça la loi la loi c'est de se dire il ne faut pas à ce point être en permanence accroché à l'événement ou à la photo du jour en faisant comme si c'était chaque fois ou une affaire d'Etat ou un tournant le véritable objectif c'est la fin du mandat et
il faut d'ici là
que les choses soient ou pas rentrées dans un certain ordre
Il
a dû vous écouter le président Roland Carole parce qu'il le dit même à propos des européennes et des municipales ce ne seront pas des élections intermédiaires pour
moi
je les enjambre mon rendez-vous avec les français et j'entends leur impatience et j'ai il a cette phrase il dit qu'il porte dans lui-même l'impatience de 66 millions de français mais son rendez-vous à lui c'est 5 ans c'est théorique dans la pratique on voit bien qu'il est quand même obligé de dire qu'il corrige qu'il change sa stratégie de communication et qu'il change la façon de porter les messages aux français et puis souvenez-vous François Hollande avait dit exactement la même chose c'est à dire qu
'on
entendait exactement le même discours avant les municipales de 2014 on va enjamber ces élections on ne peut pas enjamber des élections ça n'existe pas moi je pense
que parce qu'il sentait qu'il allait prendre une défaite cuiseur mais
là il commence à y avoir quelques inquiétudes en tout cas ce qui est intéressant dans ce qui arrive à Emmanuel Macron aujourd'hui c'est que finalement il fait un peu comme François Hollande c'est à dire que François Hollande il voulait faire totalement différent de Nicolas Sarkozy parce qu'on a deux quinquennats Nicolas Sarkozy n'a pas été réélu François Hollande n'a même pas pu se présenter donc François Hollande veut faire le président normal pour ne
pas
être le bling bling de Sarkozy comme le président bling bling comme Nicolas Sarkozy et Emmanuel Macron quand il arrive il dit je vais avoir la parole rare pour ne pas faire comme François Hollande qui justement faisait des conférences de presse qui s'exprimait plus fréquemment à la télévision et c'est pour ça aussi qu'il est dans cette situation là aujourd'hui c'est qu'à force de dire je vais vouloir inventer autre chose et faire différemment il n'a rien inventé dans sa relation aux Français et donc c'est du temps perdu les 500 pas les 500 premiers jours mais en tout cas une bonne partie du Libé du Quanticénat a été consacrée à dire je ferai différemment et imprimer une marque différente et c'est aussi pour ça qu
'il
se retrouve avec ses problèmes de communication parmi les messages qu'il a porté ce week-end il y a je veux continuer je veux maintenir le cap je veux aller plus vite là aussi on a l'impression d'avoir déjà entendu ça des présidents qui considèrent que le pays ne change pas assez vite que les réformes ne sont pas mises en oeuvre suffisamment rapidement oui mais c'est quand même sa raison d'être je veux dire il s'est quand même passé quelque chose en 2017 ou plutôt les élections de 2017 ont enterriné l'échec de l'alternance et de la bipolarité même si les cultures de droite et de gauche ça existe toujours il y a quand même la différence pour Emmanuel Macron et ce qui peut l'encourager dans ce principe de je continue et j'accélère c'est que face à lui l'alternative gouvernementale n'existe pas vraiment car les partis de gouvernement proprement dit c'est à dire les républicains et les socialistes sont pour le moins divisés ou en miettes il
s'adresse à Marine
Le Pen comme il l
'a
encore fait ce week-end exactement et au fond entre nous elle lui rend service parce qu'en polarisant en bipolarisant le débat en faisant que le débat au fond se concentre entre Emmanuel Macron et elle et bien c'est exactement la campagne que veut mener Emmanuel Macron en direction des élections européennes j'ai l'impatience de 66 millions de français dans le ventre confidence d'Emmanuel Macron qui semble mesurer l'attente de l'opinion en matière de réforme mais surtout en matière de résultats avec une pression toute particulière sur le pouvoir d'achat un pouvoir d'achat qui ne dépend pas totalement uniquement de lui Mathieu Lignot Victoria Rouxel
Mauvaise nouvelle pour 4 millions et demi de ménages
au
1er octobre le prix du gaz augmente
se
chauffer cuisiner coûtera donc plus cher
une
tendance de hausse des prix depuis 6 mois
pour
arriver à plus 3,25% d'augmentation aujourd'hui
pour
la commission de régulation de l'énergie qui étudie les tarifs
plusieurs
facteurs géopolitiques sont responsables de cette facture plus salée
il
faut comprendre que la France importe la totalité ou la quasi-totalité de son gaz plus de 99% est importé de Norvège qui est le principal fournisseur mais aussi de Russie d'Algérie
des
Pays-Bas du Qatar et d'autres pays donc nous achetons notre gaz sur les marchés internationaux et simplement on observe depuis 6 à 8 mois une forte hausse sur les marchés internationaux de l'ordre de 40% une hausse du gaz qui ne va pas améliorer le pouvoir d'achat des français
c
'est dans ce contexte économique peu favorable qu'Emmanuel Macron détaille son plan de reconquête dans le journal du dimanche
parfois
le quotidien de nos concitoyens n'a pas encore changé ça j'en suis très conscient
je
voudrais qu'il change plus vite et je fais tout pour cela mais les effets de beaucoup de réformes prennent du temps
alors
le président a prévu quelques coups de pouce dès ce mois d'octobre certains français vont voir leurs allocations revalorisées par exemple
la
prime d'activité augmente de 20 euros
les
familles monoparentales vont-elles avoir plus d'aide pour faire garder leur enfant
le
plafond du complément mode de garde appelé
le
CMG
augmente
de 30%
autre
bonne nouvelle pour environ 18 millions de salariés la fin des cotisations chômage une entrée en vigueur attendue et annoncée depuis plusieurs semaines par les ministres
les
français ils sont saint Thomas ils ont raison
ils
croient vaguement les politiques et ils croient surtout la réalité ils
ont
raison ils ont raison ils jugeront aux actes et nos actes montreront une chose simple le travail en France va payer
cela
se traduit par la disparition sur les fiches de paix de ces petites lignes
et
donc d 'une hausse de salaire
par
exemple pour un revenu de 2000 euros brut par mois le gain sera de 19 euros
mais
cette hausse du pouvoir d'achat va-t-elle profiter à l'économie pas forcément selon ce spécialiste
car
les ménages n'ont pas confiance lorsqu'on pose la question très précisément aux français quelle est votre vision de l'avenir en termes de pouvoir d'achat ils ont une vision plutôt négative et donc ça ça peut laisser craindre que finalement ce supplément de pouvoir d'achat ne soit pas entièrement consommé mais en grande partie épargné et que finalement le rebond attendu de l'activité liée à une consommation plus favorable n'est pas acquise
ce
n'est donc pas forcément une bonne nouvelle pour Emmanuel Macron même si pour le président le pouvoir d'achat ne serait pas une fin en soi
je
suis bien sûr sensible à la problématique du pouvoir d'achat
mais
moi je ne me suis pas engagé là-dessus je me suis engagé sur le travail sur le mérite en aucun cas je ne changerai de politique je me suis engagé à procéder aux transformations de notre pays Emmanuel
Macron
veut maintenir le cap coûte que coûte et son calendrier s'annonce chargé
au
programme réformer l'assurance chômage supprimer des postes de fonctionnaires
ou
refonder le système des retraites
des
chantiers politiques risqués mercredi les retraités seront à nouveau dans la rue
pour
manifester
et
nous reprenons avec cette question j'ai besoin de vous journaliste population élu Macron se prendrait-il pour l'oncle Sam recrutant pour la première guerre mondiale à qui parle-t-il vraiment non mais on peut pas à la fois le critiquer quand il gouverne seul et après ne pas souligner quand même qu'Emmanuel Macron dans cette communication un peu cafouillante on l'a dit il a quand même fait passer un message très important c'est qu'en gros il dit je vais pas continuer tout seul oui je vais pas continuer avec mes trois copains de la campagne qui sont au poste clé du pouvoir à gouverner tout seul donc d'où son changement d'attitude par rapport à la presse c'était quelqu'un qui ne communiquait pas du tout comme ça vis-à-vis avec les journalistes qui le suivaient comme c'était de tradition lors des précédents mandats des précédents présidents de la république mais à plusieurs reprises dans ses discours il fait appel aux collectivités territoriales avec lesquelles c'est vrai que c'est assez
tendu
et qui sont souvent gouvernés par la droite et qui ne lui font pas de cadeau donc en gros il dit il va falloir il va falloir un peu m'aider je vais devoir m'appuyer il parle pas des syndicats mais on imagine qu'il a le même type d'attente vis-à-vis des syndicats pourquoi ?
parce que comme c'était bien dit dans ce reportage il y a un problème de décalage entre ce qu'ils estiment des bonnes nouvelles mais qui ne sont pas ressentis comme des bonnes nouvelles par les français qui ont l'impression qu'on va leur redonner ce qu'on leur a repris d'une autre main ou alors en tout cas que ça ne va pas améliorer leur situation donc il faut il va falloir en attendant meubler un peu en attendant d'avoir des résultats et ça il ne peut pas le faire tout seul et je pense que c'est une des grandes nouveautés et pour le coup on se dit qu'il a peut-être compris quelque chose
de penser qu'il ne
peut plus gouverner tout seul oui
il y a une partie de Méacoupa qui avait été
amorcée comme elle avait dit avant
l'été mais qui
est
poursuivée maintenant
le problème c'est que c'est plus facile de gouverner tout seul
que
de gouverner avec des collectivités parce qu'il faut entrer dans un système de poids contrepoids négociation c'est ça la démocratie aussi je peux
vous sortir une petite phrase d'Emmanuel Macron
allez
-y que
j'ai
trouvé
allez-y qu'il disait
il
n'y a
pas si longtemps c'était au mois d'avril il disait j'assume la part unilatérale et univoque de toute décision et oui et bien ça c'était avant
voilà ça c'était avant et théoriquement on entre dans un moment où on va faire avec les gens et avec leurs élus et leurs responsables
le
problème c'est que c'est une révolution culturelle d'apprendre à travailler comme ça
prenons
un exemple la réforme de l'assurance chômage
il
dit cette fois-ci on va faire avec les syndicats on va même faire des réunions avec tous les syndicats ensemble etc mais il leur envoie quoi
?
une lettre de cadrage la lettre de cadrage c'est ce qu'on envoie à des ministres qui sont sous vos ordres bizarre d'envoyer une lettre de cadrage pour une négociation sociale bon appelons ça la lettre de cadrage s'il veut après tout c'est une nouvelle pratique pourquoi pas mais il n
'est
pas question de sortir
des
sujets qui sont dans la lettre de cadrage une véritable négociation vous demandez aux gens en face de vous est-ce que par ailleurs il y a des sujets qui vous paraissent urgents à régler entre nous
?
non
c
'est à dire qu'il est entré dans cette logique faut négocier faut discuter j'ai besoin d'un corps intermédiaire mais il les voit quand même un peu comme des gens qui doivent tenir le même cap
or
c'est pas forcément le cas encore plus vrai pour les collectivités locales il leur dit grosso modo vous dépassez pas 1,2% d'augmentation de vos budgets et là je pourrais vous donner des trucs bon très bien mais vous vous demandez quoi il n
'y a
pas cette question voilà je trouve que
dans
le discours c'est l'amorce d'une révolution culturelle d'un Macron en deux voilà mais il va falloir le montrer dans une pratique réelle de la gestion du pays
il
y a un drôle de passage dans ces confidences qu'on commande depuis le début de l'émission sur la pauvreté il a l'air de laisser penser Emmanuel Macron qu'il a découvert alors je caricature un peu l'importance de traiter le sujet de la pauvreté c'est ça en clair ce qu'il dit alors il le dit effectivement dans ses confidences si on reprend ce qu
'il
disait pendant la campagne il laissait toujours de côté le cas des retraités les plus pauvres justement en disant qu'il ferait en sorte de préserver leur pouvoir d'achat donc c'était des problématiques qui étaient déjà présentes dans son discours même en sourdine et qui remet à présent sur le devant
pourquoi ? parce qu'il a fini par entendre les critiques de ses alliés comme François Bayrou qui s
'est
démultiplié dans les médias
justement pour réclamer plus de justice sociale et il voit bien effectivement je vous rejoins tout à fait qu'il ne va plus pouvoir faire seul alors pour l'instant on n'a pas de réelle preuve de sa volonté d'élargir et de partager le pouvoir mais en tout cas il a envie de montrer qu'il entend un petit peu ses amis donc il écoute ce que dit François Bayrou ce qu'on a entendu tout le week-end pourrait aussi être interprété comme une façon de répondre aux accusations de Gérard Collomb qui en privait c'est plein de l'isolement en tout cas à craint un isolement autour d'Emmanuel Macron donc c'est une
façon ça veut dire j
'entends j'écoute ça veut dire j'entends j'écoute même si pour l'instant les preuves ne
sont
pas tout à fait là donc quand vous parliez tout à l'heure de la lettre de cadrage ce qui est intéressant de noter c'est que Edouard sur l'assurance chômage ce qui est intéressant de noter c'est que Edouard Philippe quand il va sur le plateau de France 2 il parle de dégressivité
des
allocations chômage pour les cadres ce qui n'était pas non plus dans la lettre de cadrage donc ça veut dire que c'est pas si simple que ça et que pour l'instant la machine ne se met pas en route pour avoir une présidence plus large avec le retour au premier plan des corps intermédiaires c'est
vrai dans le discours mais pas dans les faits et nous
revenons maintenant à vos questions la proximité des élections européennes peut-elle expliquer cette proximité avec le peuple Jean-Garré y a-t-il une arrière-pensée ? ça tombe bien ça rejoint un petit peu ce que je voulais dire j
'étais
privé de parole moi je pense la politique c'est un rapport de force et on voit bien qu'un Macron affaibli va avoir besoin d'allier faire effectivement donner un peu plus de place à François Bayrou et au Modem qui porte d'ailleurs cette question de l'humanisme social de l'attention aux pauvres aussi de la de tempérament des collectivités locales remarquez que ceux qui portent l'appel de Marseille ce sont Hervé Morin François Baroin et Dominique Bussereau qui ne se représente pas une droite dure à la Vauquiez
mais qui est une droite avec
laquelle on peut discuter le rôle de Gérard Larcher au Sénat et bien tout ça fait que par la force des choses il va y avoir
peut
-être pas une recomposition il y a des négociations aujourd'hui on sait bien qu'elles sont loin d'être avancées mais la nécessité notamment de parler aux collectivités locales c'est un enjeu majeur les collectivités locales parce que ça prépare aussi les élections municipales qui vont venir cette nécessité là elle passe par beaucoup plus de dialogue et par une présidence qui doit être beaucoup plus ouverte et à l'écoute et peut-être faire rentrer des élus dans son équipe gouvernementale
et peut-être faire rentrer des élus
peut-être des barons locaux un peu plus que ce qui est le cas aujourd'hui qui conseille Macron dans sa communication c'est pas très c'est pas très clair parce qu'autant il y avait des personnalités très très identifiées pour les prédécesseurs d'Emmanuel Macron pour le cas d'Emmanuel Macron on a l'impression qu'il pioche chez plusieurs personnes qui sont pas d'ailleurs forcément des conseillers estampillés en communication mais
on voit l
'arrivée annoncée en tout cas même si elle n
'est
pas confirmée encore officiellement de quelqu'un comme Philippe Grandjon qui définit Emmanuel Macron comme un libéral de gauche donc comme s'il voulait le ramener à sa campagne en tout cas ce qu'il était avant qu'il arrive à l'Elysée c'est des signaux qui seront intéressants à observer même si c'est pas annoncé encore officiellement donc ça bouge ça bouge aussi
là aussi ça flotte
ça flotte ça flotte et ça bouge les deux un président peut dire à de jeunes français quelle conduite à tenir mais ne doit-il pas garder ses distances c'était toute la question alors après c'est vrai que c'est c'est amplifié chez Emmanuel Macron qui est très tactile on l'avait vu pendant la campagne il y a des présidents qui sont plus en retenue dans le contact physique lequel par
exemple était plus en retenue Mitterrand
alors
Mitterrand n'en
parlons pas mais même François Hollande n'était pas tellement tactile non plus Nicolas Sarkozy était tactile Nicolas Sarkozy il ne pouvait pas s'empêcher de toucher quand il discutait avec quelqu'un de lui toucher l'épaule et c'est vrai qu'Emmanuel Macron on l'a vu tout au long de la campagne et on le voit maintenant il a le
contact
physique très facile il prend les gens dans les bras il les embrasse il embrasse les enfants il les prend dans les bras un peu chiracien oui même amplifié je dirais même amplifié et du coup ce type de personnalité parce que là j'imagine que c'est vraiment un type de personnalité peut provoquer un aspect de trop grande proximité dans certaines circonstances Emmanuel Macron apprend-il le pouvoir en l'exerçant
? Oui il est c
'est
un work in progress comme on dit je veux dire qu
'il avait très peu d'expérience politique qu'on le veuille ou non en tout cas de cette politique des élus de cette politique de la fréquentation des collectivités des citoyens tels qu'un Jacques Chirac ou un François Hollande qui avait une familiarité avec ces exercices-là et donc il apprend et souvenons-nous de ce que disait Gérard Collomb il semblait dire que c'était assez difficile en plus d'influencer ou de parler même au président de
la
République d'être entendu par le président de la République alors que Gérard Collomb lui faisait partie dans cet entourage de ceux qui ont cette expérience justement Justement est-ce cette dérive sur laquelle vous voulez alerter Gérard Collomb ou visiblement oui
? C
'était ça qu'il voulait lui
dire ? Oui
Gérard Collomb laisse un alors il n
'est
pas encore parti mais en tout cas il laisse déjà un testament politique assez important avec justement ce off devant quelques journalistes au début du mois de septembre où justement il explique tout ce qui ne va pas il fait une liste terrible la liste les relations avec les collectivités l'isolement du pouvoir il y a tout un Mais
visiblement il
en a tiré les leçons visiblement ça a été entendu Emmanuel Macron
Il
a entendu le message il faudra voir s'il l'applique dans les faits
et
si dans les faits il montre qu'il sait
en tout cas dans ses confidences en journaliste il donne l'impression qu
'il a pris la mesure C'est tout à fait nouveau le fait qu'il prenne en effet des journalistes à part pour délivrer des messages et cet appel répété aux collectivités il faudra voir s'il est suivi des faits mais c'est également Est
-ce
que ça veut dire qu'on revient dans l'ancien monde
?
Pas forcément non ça veut dire je prends conscience que tout seul Non
mais retour aux collectivités De gérer
tout seul oui alors ça veut dire que tout n'est pas acheté dans l'ancien monde peut
-être C'est retour au réel en
fait au réel la façon dont la France est constituée la France elle est constituée avec des élus elle est constituée avec des syndicats et on ne pouvait pas continuer plus longtemps ils ne pouvaient pas continuer plus longtemps sans faire attention à eux d'une façon ou d'une autre Je voulais juste dire que le mea culpa c'est quelque chose d'assez inédit dans l'histoire des présidents de la République je ne vois pas beaucoup de présidents qui ont comme ça accepté de se remettre en question pas le général de Gaulle pas Georges Pompidou pas Giscard d'Estaing enfin c'est
Nicolas
Sarkozy
et François Mitterrand on peut en trouver
des
mea culpa voilà
en se rapprochant de notre époque et c'est aussi un
signe des
temps
d'ailleurs ça montre bien la difficulté de l'exercice
Il y en a eu Oui
il y en a
eu le
nombre de fois où Sarkozy nous a dit qu'il avait changé parce
que la
ville avait changé
Oui
c'est ça
Le
président ne va-t-il pas à la rencontre de la population avec un certain courage là où certains de ses prédécesseurs
n
'osaient se rendre Il
y a du courage physique
Oui bien sûr et c'est ce qu'on disait précédemment en plus il a déjoué un peu les services de sécurité pour faire une échappée dans la ville donc il y
a
évidemment une dimension de courage que certains ne faisaient pas Oui
Quoi
que Macron fasse il y aura toujours un détracteur alors comptabilisons ce qu'il a réussi ce qu'il a loupé et comparons
C
'est encore un petit peu tôt c'est-à-dire qu'on est à 500 jours après l'élection présidentielle qu'est-ce qu'il a réussi il a réussi sa réforme du travail par ordonnance sans qu'il y
ait
des grandes manifestations dans la rue il a réussi à enlever ce chiffon rouge à soulever ce chiffon rouge du statut de la SNCF même si l'histoire des retraites n
'est
pas réglée donc il a réussi à faire bouger quelques éléments dans l'ensemble de ce qui était promis mais il reste le plus dur il reste justement l'assurance chômage il reste les retraites le menu à venir est très très lourd Est-ce que dans les réformes que vous venez d'évoquer rapidement il y a de quoi retrouver du souffle ?
Est
-ce que je veux dire dans les réformes qu'on peut incarner quand on est
chef
de l'État qu'on peut porter et qui peuvent à un moment donné et
surtout des
résultats et les Français ils attendent des résultats en termes de chômage et
de
pouvoir d
'achat et
ça tant qu'il n
'y
aura pas de résultat là-dessus le mot réforme ne suffit pas
à faire
rêver
et qu'elle ne soit
pas brouillée par des petites phrases comme le plan pauvreté ou le plan santé qui étaient des grandes réformes mais qui sont un peu passées Quand Emmanuel Macron va-t-il s'attaquer à la dette gigantesque de notre pays c'est prioritaire ? Bon C'est dans la liste des courses aussi à venir ?
C'est dans
la liste des courses il
n'y a
pas encore de réponse très nette là-dessus
Avec quand même deux années de suite tout le monde reste dans la limite des déficits acceptés par Bruxelles ce qui n'est pas dans cette direction
Merci à vous tous C'est la fin de cette émission qui sera rediffusée ce soir à 22h55 Toutes nos pensées ce soir à la famille d'Antoine Sfer qui s'est éteint aujourd'hui Il a fait les grandes heures de cette émission en apportant son savoir sa gourmandise et aussi son infinie gentillesse et bien sûr sa grande connaissance du Moyen-Orient Belle soirée sur France 5
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