Médine : Mathilde Panot "honorée" que le rappeur participe aux universités d'été de LFI
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Ils font leur rentrée tous en même temps cette semaine, mais encore une fois, chacun de leur côté. Les écologistes au Havre, les socialistes à Blois, les communistes à Strasbourg et les insoumis près de Valence. L'été n'a pas apaisé les tensions au sein de l'ANUP. Bien au contraire, accords électoraux introuvables, les passes d'armes publiques, l'avenir de l'alliance de gauche est plus que jamais aujourd'hui en question. Bonjour Mathilde Panot, députée de la France insoumise du Val-de-Marne, présidente du groupe LFI à l'Assemblée nationale. C'est la deuxième rentrée de l'ANUP, est-ce que ce ne serait pas la dernière ?
Je ne l'espère pas. En tout cas, hier Cluster 17 a publié un sondage que je trouve intéressant puisqu'il indique que 82% des électeurs de l'ANUP souhaiteraient qu'il y ait une liste unique aux élections européennes. Je rappelle quel est l'enjeu principal. Nous faisons de la politique pour changer radicalement la vie des gens dans ce pays. Et quand vous voyez l'océan de malheur qu'a créé Emmanuel Macron, il est plus que temps de rompre avec cette politique.
Et au soir des élections européennes, tous les sondages le disent, et le sondage encore d'hier de Cluster 17 le redit, il est possible que l'ANUP, si elle partait unie aux élections européennes, soit la première force politique devant le Rassemblement national et devant les macronistes. Alors vous parlez des électeurs. Ce qui donnerait un signal très important, je crois, au pays.
Vous parlez de vos électeurs, mais il y a les électeurs et puis il y a les responsables politiques, les dirigeants de vos partis. Vous le disiez, crispation majeure, autour des prochaines échéances électorales. Vous vouliez, vous, une liste commune aux européennes, les autres n'en veulent pas. Ça, c'est acté. Il n'y aura pas de liste commune où vous avez encore espoir ?
Non, nous continuons d'essayer de convaincre nos partenaires de la nécessité et de l'importance d'être à la hauteur des enjeux de notre pays. Et puis, là, depuis Valence, nous avons un grand moment qui est pour nous un moment vraiment fort puisque nous aurons des milliers de personnes qui vont venir à nos universités d'été qui commencent aujourd'hui. Il y a déjà eu les amphi-jeunes où il y avait 500 jeunes, ce qui, là aussi, est une belle démonstration de force.
Peu de vos partenaires de l'ANUP présents à Valence.
Si, si, il y a des délégations insoumises qui vont aux autres universités d'été et plusieurs écologistes, communistes, socialistes qui seront présents ainsi que 200 invités extérieurs, des artistes, des chercheurs, des universitaires. Donc, ça sera un beau moment de débat avec, en plus, des concerts, des films, des pièces de théâtre.
Je reviens sur les échéances électorales. Tout le monde peut venir. S'il n'y a pas d'accord aux européennes, il n'y en aura pas aux municipales derrière. Donc, il n'y en aura pas en 2027. C'est ça l'enjeu ?
Vous avez exactement pointé le problème que nous soulevons et l'inquiétude que nous avons. C'est-à-dire que nous ne pouvons pas expliquer, en tout cas, les partenaires ne peuvent pas expliquer dans une sorte de double langage, qu'il faut l'union en organisant la désunion. Écoutez, vous avez les élections sénatorielles qui concernent peu les Français directement puisque ce sont les grands électeurs qui vont voter, mais sur lesquels nous avons été éjectés de toute place alors que nous demandions une place au sénatorial.
Quant aux élections européennes, nous avons proposé qu'un écologiste ou une écologiste puisse prendre la tête de lise, preuve que nous ne sommes pas trop gourmands et que nous proposons d'aller ensemble sachant que nous avons un programme de gouvernement commun et que dans ce programme de gouvernement commun, il y a tout un chapitre sur l'Europe sur lequel nous sommes d'accord. Donc, je ne comprends pas bien ce qui bloque et je crois qu'il est important que nous ne rations pas l'échéance des élections européennes parce qu'effectivement, sinon, la NUPES n'aurait plus de matérialité.
Mais en même temps, chez vous, les déclarations de certains n'apaisent pas les choses. Manuel Bompard qui parle il y a quelques jours du double langage, comme vous venez de le faire, double langage de partenaires qui organisent sciemment la désunion. Jean-Luc Mélenchon qui s'échappe sur Twitter avec Olivier Faure, ça n'arrange rien. Vous rajoutez, vous mettez de l'huile sur le feu.
Alors, vous préfériez qu'on fasse quoi ? Qu'on ne lance pas l'alerte ? Déjà, nous n'insultons pas, nous ne sommes pas en train d'insulter, nous sommes en train de donner des arguments politiques. Lorsque vous avez l'ensemble des sondages et des arguments politiques qui montrent que nous pourrions être la première force aux élections européennes et envoyer un signal au pays que oui, nous pouvons changer tout dans ce pays, que nous sommes la septième puissance économique au monde et que nous ne sommes pas condamnés à vivre toujours plus mal dans un pays aussi riche que le nôtre. Eh bien, c'est ça le signal politique qui doit être envoyé.
Et donc, en quelque sorte, nous avons raison de lancer l'alerte sur cette question.
Mais Jean-Luc Mélenchon, quand il attaque Olivier Faure sur Twitter, est-ce qu'il ne serait pas devenu, finalement, le dynamiteur en chef d'une alliance qu'il a pourtant contribué à fonder ? Tout ça se fait publiquement sur la place publique ?
Mais c'est incroyable. Jean-Luc Mélenchon milite, l'a dit, l'a redit, l'a re-redit pour qu'il y ait une liste unique aux européennes. Justement pour que la NUPES puisse vivre et l'espoir de millions de gens derrière. Donc, non, il n'est pas un dynamiteur. Au contraire, c'est grâce aux 22% à l'élection présidentielle de Jean-Luc Mélenchon que nous avons pu créer la NUPES sur un programme de rupture, que nous avons, je le rappelle, gagné le premier tour des élections législatives et que nous pouvons gagner les élections européennes.
Votre rentrée agitée, polluée aussi par la polémique sur Médine. Le rappeur invité à la fois de vos universités d'été et celle des écologistes. Il est accusé d'antisémitisme après un tweet visant les séistes Rachel Kahn. Je le rappelle, tweet pour lequel il s'est excusé. Ce matin, il s'explique aussi longuement dans Le Parisien. On va y revenir. Mais chez les Verts, ces derniers jours, ça provoque une fronde en interne. Des figures du parti ne viendront pas. Critiquent ouvertement cette invitation. Sandrine Rousseau a dit hier qu'il faut qu'il reconnaisse que son tweet était antisémite. Mais alors chez vous, pas plus d'émotion ni de réaction que cela. L'invitation tient toujours.
Et ça n'a pas l'air de vraiment vous perturber, les insoumis. Il n'y a pas de sujet à Médine ?
Non, il n'y a pas de sujet à Médine. Et mieux que ça, je suis même honorée que Médine accepte de venir dans nos universités d'été. Médine a été victime depuis plusieurs jours d'une cabale ignoble menée par l'extrême droite main dans la main avec les macronistes. Médine n'est pas antisémite. Médine est un rappeur engagé qui a fait des textes et qui a chanté que l'antisémitisme était un cancer dans notre société. Qui s'est toujours engagé contre toutes les formes de discrimination. Et si vous lisez son interview dans Le Parisien notamment, vous verrez qu'il explique que les oppressions...
On va le citer. Il reconnaît à plusieurs reprises des erreurs. Il reconnaît une erreur sur le tweet en question, sur le geste de la quenelle en 2014. Il dit l'antisémitisme est un poison, je le combats. Il dit aussi qu'il n'est pas communautariste. Je le cite encore on me prend pour un poseur de bombes alors que je suis un démineur. Lui-même reconnaît des erreurs sur le tweet. Pas vous ?
Mais moi, je n'ai pas de soucis sur le fait qu'il ait dit que c'était une maladresse. Mais écoutez... C'était un tweet antisémite pour vous ? Non, moi ce que je trouve insupportable, c'est qu'on salisse quelqu'un en expliquant qu'il est antisémite. Est-ce que vous diriez que Yann Barthès est antisémite, journaliste à quotidien ? Pourtant, il a fait une quenelle en disant lui-même après qu'il ne connaissait pas la signification de ce geste.
Lorsque vous avez un médine qui vous explique que oui, il a fait une quenelle à une époque en ne connaissant pas le caractère antisémite de ce geste et que lorsqu'il a su le caractère antisémite, il a tout de suite dit qu'il ne soutenait pas et qu'il dénonçait ce que faisait Dieu donner.
Donc, je veux dire par là que Médine est quelqu'un de droit qui s'engage à la fois contre toutes les discriminations sur la question de l'homophobie, sur la question des discriminations contre les personnes LGBT, sur la discrimination contre les personnes musulmanes dans ce pays, l'islamophobie, sur l'antisémitisme, bref, contre toutes les discriminations et par ailleurs, c'est un homme engagé aussi sur la réforme des retraites, sur des soutiens aux grèves. Donc, je suis contente et heureuse qu'il vienne à nos universités d'été parler.
Cette explication qu'il fait ce matin dans le Parisien, elle n'était donc pas nécessaire pour vous ? Je pense que c'est bien. Lui, apparemment, il la juge nécessaire.
Oui, je pense que c'est assez remarquable de sa part que de poser cette interview, mais je le redis ici, Médine n'est pas antisémite et c'est un procès dégueulasse qui lui a été fait.
C'est vous qui allez mener l'entretien avec Médine samedi à Châteauneuf-sur-Isère lors de votre université d'été. Vous allez l'interroger. Il va servir à quoi cet entretien ? Vous allez l'interroger là-dessus ? C'est contradictoire ou pas ?
Alors, on a plusieurs grands entretiens. C'est une des nouveautés de nos amphis. Il y a Mickaël Zemmour qui va venir, par exemple, qui a joué un rôle très actif contre la retraite à 64 ans. Vous avez Édouard Louis qui va venir, qui est écrivain, qui va lui aussi avoir un grand entretien. Et donc, par exemple, dans ces grands entretiens, il y aura Médine. Alors, avec Médine, je vais discuter avec lui de la manière dont on veut discuter, mais on va parler, par exemple, de quel est le rôle de l'art dans l'engagement, dans ce qu'on veut créer comme société, parce que la musique et les arts jouent un rôle très important dans la projection sur une société.
On va parler de son engagement contre la réforme des retraites. Bref, nous allons...
Donc, rien sur ce qui lui a été reproché ces dernières semaines ?
Je verrai avec lui s'il veut en reparler ou non, mais ce ne sont pas les médias ou l'extrême droite qui vont dicter ce dont je discuterai avec Médine.
On va partir au standard pour parler de l'état de la gauche. On l'évoquait au début de cet entretien. Bonjour, Florian.
Oui, bonjour.
Vous nous appelez des Côtes d'Armor.
Oui. J'ai un petit faible pour Mathilde parce qu'elle est née le mieux jour que ma mère.
Ben voilà, le message est passé. Je vous laisse poser votre question.
Bon anniversaire à votre mère. Lorsque ça sera le 15 janvier.
Allez-y, Florian. Donc, ma question, on sent qu'il y a des distinctions entre les différentes dirigeantes et dirigeants du LFI. Comment comptez-vous les apaiser pour espérer gouverner en 2027 ?
Mathilde Depanot.
Alors, déjà, merci. Merci pour votre question. Donc, vous parlez de tensions au sein de la France insoumise. Alors, bon, nous sommes un groupe humain. Alors, parfois, dans un groupe humain, puisque la politique, c'est un groupe humain et c'est un collectif. Parfois, vous pouvez, effectivement, avoir des tensions qui traversent ce groupe humain. Mais, je vous rassure, nous sommes en cette rentrée à la tâche. Nous avons, l'année dernière, toujours voté ensemble à l'Assemblée nationale grâce aux programmes que nous avons, aux quarantaines de livrets programmatiques, aux plans que nous avons construits. Et d'ailleurs, nous allons proposer aujourd'hui un plan canicule. On va y revenir.
Mais, en tout cas, nous savons pour qui et pourquoi nous nous battons. Et donc, il n'y a pas de soucis pour gouverner ensemble au sein de la France insoumise. Sur ce point-là, il n'y a pas d'inquiétude à avoir.
J'ai une autre question de Jean-Claude dans la Drôme, d'ailleurs, où se tient votre université d'été. Jean-Claude qui soulève deux soucis concernant LFI. Je le cite. Le problème de la démocratie en interne et leur implantation qui est problématique. Pas de démocratie locale. Qu'est-ce que vous répondez à cela ? Le problème de la démocratie en interne, on vous le reproche très régulièrement. Même en interne, même des voix chez vous.
En la démocratie, à la France insoumise, on vient justement de faire un vote suite à l'Assemblée représentative qui a eu lieu en juin. Et ce vote a permis de valider l'orientation stratégique de la France insoumise sur la question des élections européennes et de vouloir une liste unique de la NUPES qui permettrait de gagner cette élection européenne. Et donc, c'est par un vote que nous avons fait valider cela. Je ne sais pas ce qu'on peut faire de plus démocratique sur cette question. Quant à l'implantation, oui, nous avons encore des progrès à faire. Mais il ne faut pas oublier que la France insoumise est née en 2016.
Donc, nous sommes un mouvement qui est jeune, qui continue de se construire et qui se projette petit à petit pour mieux s'ancrer un peu partout et qui a quand même réussi de passer de 17 députés à 75, donc quasi une multiplication par 5. Donc, on avance bien sur cette question.
Vous évoquiez la canicule, canicule tardive mais intense qui s'abase sur les deux tiers du pays avec des records pour la saison. Vous allez présenter aujourd'hui ce que serait votre plan d'urgence canicule. Alors, je l'ai lu, il y a des mesures pour adapter le code du travail, pour rendre les piscines publiques gratuites, pour bloquer le prix de l'eau en bouteille. Mais je lis aussi encadrer l'installation de la clim chez les particuliers en s'inspirant de l'exemple suisse. Par exemple, à Genève, il faut savoir qu'il faut des autorisations si on veut une clim de confort chez soi. Il faut tendre vers ça en France, Mathilde Depanneau, sur la clim.
Déjà, il faut remettre le contexte. Nous avons vécu le mois de juillet le plus chaud jamais enregistré sur Terre. Première des choses. Deuxième chose, nous savons que les vagues de chaleur vont se multiplier à l'heure du dérèglement climatique qui est maintenant irrémédiable sur un certain nombre de points. Avec un gouvernement qui a été, je le rappelle, condamné deux fois pour une action climatique, condamné pour effondrement du vivant et qui ne trouve rien de mieux à faire alors que nous savons que ces vagues de chaleur arrivent régulièrement, qui ne trouvent rien de mieux à faire que de faire de nouveau un numéro vert et de conseiller aux personnes sans-abri de se mettre à l'ombre.
Le gouvernement prévoit 7 milliards pour la transition écologique dans le prochain budget.
Oui, oui. Enfin, condamné deux fois. Si on regarde ce qu'ils ont fait jusqu'alors sur la question de la transition écologique et de la bifurcation écologique, c'est une catastrophe. Ils sont au pouvoir depuis 6 ans. S'ils avaient fait un ratio, par exemple, sur soignants résidents dans les EHPAD, on n'en serait pas là. S'ils avaient fait la rénovation des logements qui permettraient que les gens ne soient pas dans des bouilloires thermiques. On n'en serait pas là, etc. Donc, ils sont responsables de ça. Ils n'ont l'air d'avoir aucune idée. Sur vos propositions ? On sera de nouveau dans la même situation. Alors, nous, nous avons fait une proposition, un plan qui sont des plans d'urgence.
Alors, bien sûr, il faudrait faire une bifurcation beaucoup plus ample. Je pense notamment à l'éco-construction. Mais là, dans l'urgence de ce que nous, nous ferions si nous étions au pouvoir. Donc, il y a un certain nombre de mesures. Vous les avez citées. Et sur la question des climatiseurs sur lequel vous m'interrogez, les climatiseurs, on le sait, sont un facteur aggravant du dérèglement climatique et y compris de la température en ville. Pourquoi ? Parce que vous rejetez de l'air chaud à l'extérieur de la ville. Et donc, vous pouvez faire augmenter, et ça a été prouvé dans des études, jusqu'à 2 degrés la température d'une ville en utilisant des climatiseurs.
C'est très lié aux matériaux de construction quand vous avez du béton, par exemple. Donc, il faut aller vers des choses qui ne nécessitent pas l'utilisation de climatiseurs. Mais je vais continuer sur ce point-là. Si vous regardez ce qui s'est passé récemment à l'hôpital de Bordeaux, dans un service pédiatrique, où il faisait 44 degrés, ça veut dire que si on veut prioriser l'endroit où, dans l'urgence, on met des climatiseurs, pour moi, ça doit être dans les EHPAD, dans les hôpitaux et dans les écoles.
Mais vous n'avez pas peur, en restreignant les clims chez les particuliers, vous n'avez pas peur d'alimenter les procès en écologie punitive que vous font régulièrement vos adversaires politiques avec ce genre de contraintes ?
En fait, c'est une question de planification sur comment on change les choses. Je vais vous donner deux exemples. Une ville au Yémen et une ville à Dubaï. Ça va vous paraître bizarre, mais il y a un lien commun entre Chibam, qui est une ville qui a été construite il y a très longtemps avec des immeubles qui sont construits en terre cuite, et Dubaï, où c'est construit en béton et en verre. Et que se passe-t-il ? Quel est le point commun ? C'est qu'il fait régulièrement 45 degrés là-bas. Eh bien, à Dubaï, vous avez besoin de climatiseurs à fond parce que vous avez du béton et du verre, et donc, la température de la ville a énormément augmenté. Alors qu'à Chibam, ils n'en ont pas besoin.
Je le dis parce que ça veut dire qu'il faut faire des transitions. Et ce que nous proposons là, c'est de poser des débats. Mais ce que nous disons, c'est qu'il faut prendre des mesures d'urgence. Mais ce ne sera pas
le nouveau clivage, l'écologie, parce qu'en face, vous avez le RN qui, lui, prône, je cite, l'écologie du bon sens avec moins de contraintes. Et vous, vous arrivez avec des restrictions.
Oui, et puis surtout avec un député RN qui vous explique que le GIEC exagère un peu en créant des données. Alors déjà, c'est d'une ignorance totale puisque le GIEC ne crée pas de données. Il compile des données des scientifiques sur un consensus scientifique. Donc bien souvent, le GIEC est même en deçà que ce qui avait été prévu. Donc, le RN n'a aucune crédibilité sur la question du dérèglement climatique. Je vais vous dire, depuis les Gilets jaunes notamment, alors nous, on porte ça depuis longtemps sur la question de l'écologie populaire, mais depuis les Gilets jaunes, tout le monde comprend qu'il faut lier justice sociale et justice climatique.
Et donc, par exemple, si on avait fait la rénovation dans les logements, vous n'auriez pas des gens qui seraient dans des bouilloires thermiques qui sont en train de souffrir de la chaleur de manière extrêmement forte et des gens qui souffrent de froid l'hiver. Eh bien, par exemple, qu'attendons-nous pour la rénovation ? Qu'attend ce gouvernement pour faire la rénovation ?
Emmanuel Macron annoncera un plan de planification écologique qui ont été enlevés
par le 49-3.
Emmanuel Macron qui réunira aussi mardi plusieurs ministres pour donner sa réponse aux émeutes urbaines du début d'été. Entre-temps, on a ce drame à Nîmes, hier, cet enfant de 10 ans, victime collatérale d'une guerre des bandes dans un quartier gangréné par le trafic de drogue. Qu'est-ce que vous proposez, vous, pour les habitants de ces quartiers qui se disent, encore ce matin, de drogue ? On ne vous a pas beaucoup entendu.
Alors déjà, je veux dire mon soutien et mon affection à la famille de ce petit garçon de 10 ans qui a été fauché dans un drame qui, je crois, étreint l'ensemble du pays. Ensuite, il y a une deuxième chose. Vous êtes dans les quartiers populaires où moi, j'ai travaillé pendant longtemps comme associative avant de devenir députée. Vous êtes dans des quartiers populaires qui ont été abandonnés par la République, mais dans un point qui est parfois incroyable avec des trafics de tous genres qui se font, avec des actes de violence, avec des services publics qui disparaissent. Donc, la première chose à faire, c'est de rétablir l'égalité. Ensuite, vous parliez de Naël.
Je ne suis toujours pas d'accord pour qu'un jeune homme de 17 ans ait été tué par un policier pour un refus d'obtempérer et que la France soit aujourd'hui le pays où on tue le plus pour refus d'obtempérer. Donc, il faut absolument abroger la loi de 2017. Et c'est l'objet de la marche qui était celle que nous appelons le permis de tuer qui permettait des temps. La marche contre les violences policières
que vous organisez en septembre. Et c'est aussi un objet de division avec le reste de l'année où le PS ne vient pas, le PS ne vient pas. Vous me permettrez d'abord d'expliquer
à nos auditeurs ce que c'est la marche du 23 septembre. La marche du 23 septembre est une marche qui est organisée par plus d'une cinquantaine d'organisations avec des organisations syndicales comme la CGT, la FSU Solidaires, des associations comme Attaque, les Amis de la Terre et beaucoup d'autres et puis des organisations politiques dont nous-mêmes ainsi que des collectifs de quartiers populaires. Nous allons marcher contre les violences policières, pour la justice sociale et pour les libertés publiques. Et je crois que ce sursaut, ce sursaut populaire est nécessaire face à la gravité de la situation que nous vivons.
Certains à gauche disent on ne viendra pas à cette marche si on dit la police tue.
Eh bien je pense qu'ils devraient réfléchir et changer d'avis. Pourquoi ? Parce que vous savez le meurtre de Naël...
Vous dites la police tue en France ?
Écoutez Naël, il a été tué par qui ? Un policier
c'est pas la police.
Oui mais enfin excusez-moi quand vous dites la grippe tue ça ne veut pas dire que toutes les grippes tuent. En fait il faut arrêter avec cette petite polémique c'est quand vous voyez des chiffres la France et le pays où on tue le plus pour refus d'obtempérer est-ce que ça ne vous effraie pas ? Est-ce qu'on n'apprend rien ? Je veux dire Naël a été tué et depuis quelles ont été les réactions ? Vous avez des policiers qui se sont mis en faux arrêt maladie pour expliquer qu'un policier ne devait jamais être en détention provisoire alors que je ne sais pas vous avez vu la tête d'Eddy ce jeune homme qui s'est pris un flashball en pleine tête à qui on a dû enlever une partie du crâne ?
C'est insupportable. Donc il faut revenir à une police républicaine. Voici ce que nous disons et nous avons été pendant longtemps et nous continuons d'être des promoteurs de la police de proximité parce que si on ne rétablit pas des liens de confiance entre les policiers et la population alors on va droit vers des drames comme on vient de le vivre dans notre pays
de manière
extrêmement fréquente.
L'automne s'annonce très chargée notamment autour du budget. Le gouvernement veut 10 à 15 milliards d'euros d'économie. On parle notamment parmi les pistes d'une augmentation des franchises médicales, la fin du dispositif Pinel, le recentrage du taux zéro, des taxes aussi pour les sociétés d'autoroutes ou sur les billets d'avions. Le budget pour vous ce sera l'occasion d'un match retour après la bataille perdue des retraites ?
Evidemment on va dans le budget présenter beaucoup de nos propositions on va continuer sur le blocage des prix à la baisse sur l'augmentation du SMIC et des minima sociaux bref tout ce que le gouvernement aurait dû faire pour qu'on arrête d'avoir autant de gens qui n'ont pas assez à manger dans notre pays ne se soignent plus vous savez qu'un Français sur trois renonce à se soigner pour des raisons financières donc les macronistes préparent la saignée on parle de 15 milliards d'euros ils préparent la saignée et on sait depuis le 17ème siècle que la saignée ne fonctionne pas.
Alors 15 milliards qui sont majoritairement pris sur le bouclier tarifaire qui va disparaître progressivement je le disais pour réinvestir aussi 7 milliards sur la transition écologique il ne faut pas faire des choix ?
Si mais pour l'instant tous les choix qui ont été faits ont été des choix en faveur des plus riches vous aviez dès le début du premier quinquennat d'Emmanuel Macron la suppression de l'impôt de solidarité sur la fortune qui s'est accompagnée ensuite de beaucoup d'autres dispositifs mais l'ISF en est un symbole c'est à dire qu'en fait on demande aux riches de ne plus contribuer à la société le résultat c'est quoi ?
C'est qu'en 10 ans vous avez plus qu'un doublement des personnes qui sont sans abri vous avez le nombre de bénéficiaires alimentaires qui ont été multipliés par 3 et on vient d'avoir cet été un nouveau record du CAC 40 sur des versements de dividendes et surtout la France est devenue le troisième pays au monde en termes de millionnaires voilà à quoi sert la politique d'Emmanuel Macron et je veux dire ici à tout le monde que nous pouvons tout changer dans ce pays et que c'est ce à quoi nous travaillons
Le budget qui sera à l'Assemblée on a eu une première saison très agitée chez LFI à l'Assemblée à tel point que même vos alliés de la NUB critiquent parfois votre bordélisation de l'hémicycle à quoi ressemblera la saison 2 ? Il faut s'attendre à la même chose ?
Il faut s'attendre à ce qu'on continue à la fois de tenir une ligne de crédibilité sur la question de notre programme et je crois que c'est reconnu y compris par nos adversaires que le groupe insoumis est celui qui travaille le plus en termes de propositions de loi en termes d'amendements déposés donc de continuer pour dire que nous faisons des propositions comme le plan que je vous présentais et puis à la fois d'opposition ferme puisque nous sommes des opposants dans des blazes aux macronistes
Mais ça vous réussit parce qu'au sortir du conflit sur les retraites finalement toutes les études montrent que c'est l'ERN qui en sort gagnant l'ERN qui a une stratégie différente sur la forme
ils sont passés de 89 à 89 Ça vous réussit
cette stratégie Mathilde Panot ?
Je ne sais pas regardez on est passé de 17 à 75 députés je trouve ça pas mal de la multiplier par 5 et puis d'être passé à 410 000 voix du second tour je trouve que c'est une bonne alternative politique qui existe pour les français et qui leur permet de dire qu'à chaque moment on peut prendre un chemin différent
Merci Mathilde Panot présidente du groupe LFI à l'Assemblée et donc vos journées d'été jusqu'à ce week-end dans la Drôme Bonne journée
Venez-y Merci
Mathilde Panot