Abandon du ski alpin au Val d'Allos-Le Seignus, une "décision de raison" pour Sandrine Rousseau
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
[Musique] Bonjour Sandrine Rousseau. Bonjour. La quasi totalité du territoire français.
En gros, plus des 2 tiers. 73 départements en vigilance orange canicule ce dimanche. Et c'est dans ce contexte qu'un village des Alpes du Sud a décidé hier l'arrêt complet du ski alpin à cause du réchauffement du manque de neige.
On parle du village d'AOS et donc de la station du Val d'A. Euh les habitants avaient le choix entre maintenir le ski à 1500 m d'altitude avec des hausses d'impôts euh de 30 à 35 %, maintenir le ski sur une petite partie avec des hausses de de 10 % ou arrêter le ski. Est-ce que c'est vers ça qu'on se dirige dans beaucoup de stations ?
Alors, je vais vous répondre à votre question. Avant de répondre à votre question, je vais quand même dire toute ma solidarité au mouvement de grève des techniciens et des personnels d'une manière générale du l'audiovisuel public puisque lundi commence un texte de loi à l'Assemblée nationale sur la fusion al une fusion qui ne dit pas son nom mais qui est quand même une fusion une holding la création d'une holding de l'audiovisuel public et je voudrais juste affirmer le fait que le le nouveau Front populaire sera évidemment à côté des salariés qui aujourd'hui sont en greffe. Alors sur la question que vous posez et bien je salue cette je salue cette décision qui est une décision très forte mais une décision de raison.
Et en fait, c'est en cela que quand on avait décidé que les Jeux Olympiques diverses passeraient en France, j'avais été de sel et nous n'étions pas très nombreux, je crois dans les leaders politiques à dire "On ne les fera pas, on ne fera pas ça parce qu'en fait aujourd'hui compte tenu de l'emballement, vous dites encore aujourd'hui on ne fera pas le on ne fera pas ces jeux." Non, on ne fera pas ces jeux. On ne fera pas ces jeux parce que il y aura une contestation parce qu'en fait aujourd'hui nous sommes dans une situation de déni pardon.
Je vous interromp mais je le mouvement est est plus que lancé. Je veux dire il y a des des des engagements financiers Oui. par de la neige artificielle.
Oui. La neige artificielle et des retenus collines. On va prendre de l'eau et voilà et il y aura une contestation pour le coup.
C'est pas encore aujourd'h ça en fait là nous sommes dans un si ces jeux vont pouvoir se se se il y aura peut-être de la neige. C'est ça que je sur le ski la montagne sur le ski et la montagne la montagne est encore plus exposée au réchauffement climatique que le reste des écosystèmes. C'est-à-dire qu'elle souffre encore plus et le réchauffement climatique y est encore plus fort qu'ailleurs en France.
Aujourd'hui, la question du ski, de l'industrie du ski ne peut tenir que si nous investissons massivement dans de la neige artificielle pour bien des stations influence. Cette neige artificielle est très consommatrice d'énergie fossile mais aussi d'eau. Et en fait, nous voyons que nous sommes à un moment de bifurcation, à un moment de choix euh existentiel un et nous avons des choix à faire qui sont d'une nature, d'une ampleur et d'une responsabilité que peu de générations d'humains depuis l'histoire de l'humanité ont eu à prendre.
Est-ce que nous arrêtons le système qui fait qu'aujourd'hui nous sommes sous un dôme de chaleur, qui fait que nous ne sommes plus en capacité de rester en en dea de 1,5°, qui fait que nous ne pourrons plus faire du ski sans avoir recours à quantité d'énergie fossile et d'eau ou est-ce que nous arrêtons ? les le village qui a pris cette décision a pris une décision de raison et en fait merci de l'avoir pris parce qu'en fait c'est grâce à des gens qui sont responsable de cette manière-là que nous arrivons aussi à prendre conscience des changements que nous avons à opérer y compris dans nos comportements individuels et dans notre économie petite neige artificielle il y a une autre option aussi qui est de construire toujours plus haut des remontées mécaniques. Est-ce que ma question c'est est-ce que dans les autres dans les autres stations plus grandes parce que là c'est village d'haus c'est 5000 personnes enfin c'est 600 personnes à l'année est-ce que dans les autres stations vous considérez qu'il faut stopper maintenant on arrête les nouvelles remontées mécaniques qui montent plus haut mais c'est de l'artificialisation c'est de la dégradation des milieux on est dans un enfin vraiment je je je sais pas comment le dire les les chercheur moi je moi je suis chercheuse avant d'avoir été député je suis chercheuse et je reviens sur le la le fait de légiférer.
Les chercheurs ne savent plus comment dire les choses. Ils sont sortis de leur laboratoire dans un mouvement qui s'appelle scientifique rébellion, scientifique scientifique rébellion et qui est allé même au Bourger l'année dernière, je crois pour je crois je sais plus si c'était l'année dernière ou il y a 2 ans pour dire on arrête en fait là moi je peux vous dire parce que je viens de ce monde-là que les prévisions sur ce qui va se passer sont mais dramatiques. Aujourd'hui nous sommes sous un dô de chaleur.
Nous ne sommes qu'au début du processus, qu'au début. C'est-à-dire que ce que nous vivons aujourd'hui n'est que le préalable de ce que nous avons sur le fait de légiférer Ber Oui, il faut qu'on légifère mais il faut aussi qu'on prenne conscience. Moi, je suis à l'Assemblée nationale, la construction de nouvelles remontées mécaniques.
Vous allez dire c'est de l' c'est de l'écologie punitive. Moi je vous dis là, on n' pas le choix, c'est la survie de l'humanité dont il est question. Donc soit on prend des mesures fortes et oui, on arrête la folie la folie de de bétonisation de dénis de et on trouve une autre économie à la à la montagne parce qu'en fait on peut en trouver une autre.
C'est la question que j'allais vous poser. Qu'est-ce que vous dites Sandrine Rousseau ? Il y a sans doute des gens en montagne qui nous regardent, qui nous écoutent ou qui habitent près de la montagne ou qui en vivent.
Il y a des restaurateurs, il y a des saisonniers. Euh vous leur dites "Bon bah c'est fini, on ferme. Merci, au revoir.
Vous vous débrouillez ?" Non, je vous dis ce sera plus la même économie que celle que vous connaissez aujourd'hui. Ils le savent d'ailleurs en fait.
Ils le savent. Moi, je suis allé il y a pas très longtemps. Ce sont des villages qui sont quand même souvent enclavés.
Vous le savez. S'il y a pas la l'économie de la montagne, c'est pas simple. Non, mais continuons comme ça et crevons tous.
Non, mais c'est là où continuons comme ça et crevons tous. C'est là où c'est en fait. Comment on change notre économie ?
Ces lieux sont des lieux absolument magnifiques. Ils ne ils peuvent vivre sans tirfesse et sans téléphérique. C'est-à-dire qu'on peut faire vivre ces paysages et bien d'un tourisme respectueux.
On peut les faire vivre toute l'année. On peut imaginer une économie locale. Il y a des savoir-fa qui se sont perdus à cause de cette industrie du ski.
Enfin, je veux dire, il y a quand même une manière d'envisager l'avenir qui ne soit pas dans l'accélération et la continuation d'un modèle qui nous envoie dans le mur. Enfin, je pense que c'est quand même de de raison de penser ça. C'est c'est la enfin c'est c'est raisonnable.
Je ne sais pas quel mot d'autre employé que cela de dire la raison aujourd'hui est d'arrêter ce système mortifère mais pour autant de préserver les emplois. Et pour cela, il faudrait que nous ayons de véritables politiques publiques. Pour cela, il faudrait que nous ayons une véritable stratégie collective de développement de ces territoires et d'accompagnement de ces territoires vers la transition.
Et c'est ça qui manque aujourd'hui. Et c'est en cela que ça devient vraiment extrêmement violent ce qui est en train de se passer. c'est que comme il n'y a pas de de politique publique et j'en termine là-dessus parce que c'est juste un mot important, ben en fait les acteurs sont tout seuls face aux modification à faire et évidemment que dans ces cas-là bah ils ne peuvent que continuer puisqu'ils n'ont pas le choix de changer.
Dans ce contexte là, comment vous comprenez ce qui se passe depuis quelques semaines à l'Assemblée autour de de nombreux textes à porté environnemental, on va dire la suppression des zones à faible émission, ma prime rénov, la loi du plomb, les énergies renouvelables, on vous a vu très en colère, c'est des lois, est-ce que ce sont pas des lois qui sont mal expliquées euh auxquelles on n'associe pas assez les territoires précipiter entre guillemets, même si voilà, c'est ça ça a sans doute tardé comme vous le dites, Mais aujourd'hui, est-ce que c'est comment vous expliquez ce recul ? Je l'explique difficilement si ce n'est par la prévalence d'intérêt économique de court terme à la santé des personnes et la santé de la planète. Alors, je mets ZFE à part parce que ZFFE c'est un autre sujet, mais le zéro artificialisation nette ou la loi du plomb par exemple, l'arrêt de ma prime rénov, tout cela. le moratoire sur les énergies renouvelables, c'est une volonté vraiment de continuer coûte que coûte le modèle dans lequel nous sommes.
Et si je prends par exemple la question des énergies renouvelables quand on prend les arguments du Rassemblement national qui est de dire c'est moche donc un moratoire même si le texte global ensuite n'a pas été voilà et sans le bloc central n'étant pas là en fait les bandes de la gauche étai complètement class oui mais moi j'étais là mais en fait enfin je vais vous dire depuis des semaines on lutte despuis des semaines on lutte depuis des semaines on s'est pris la loi la LOA, la loi d'orientation agricole, on s'est pris la loi du plomb, on s'est pris la loi de simplification, on s'est pris la loi d'orientation sur l'énergie. Enfin, je veux dire, on lutte mais à un moment donné, on est fatigué aussi. Mais pardon, mais les les banques semé de la gauche, c'est quand même un vrai problème ça.
Il manquait trois voix pour ce moratoire sur les sur les énergies renouvelables. 8 écologistes sur 38, 5 socialistes sur 66, 14 éléfis sur 71. Oui.
Et on était là pour toutes les autres lois. éta moiétais oui d'accord mais à un moment aussi il faut comprendre que c'est nous comme le bloc central n pas c'est nous qui faisons l'opposition aujourd'hui au rassemblement national et qu'en fait il y a une usure aussi à faire ça on est que 38 que du jeu politique politicien d'assembler avec des gens présents, des gens absents ou est-ce que quand même il y a pas vous disiez les éoliennes c'est moches enfin c'est ce que dit en tout cas le RN il y a plein de gens quand on regarde les ce qui se passe dans des un certain nombre de villages de de de communes rurales où il y a des mouvements contre les éoliennes. Il y a il y a aussi un mouvement qui un vent contraire quand même en ce moment contre les Oui, mais c'est dans les mêmes villages où il y a par exemple un problème de retrait gonflement des argiles qui fait que les maisons se cassent en deux sous l'effet du des mouvements de sol liés à la sécheresse et aux pluies abondantes.
Donc les maisons se cassent en deux, les assureurs ne remboursent pas et en fait ce sont c'est les mêmes villages qui à la fois peuvent avoir une opinion publque qui dit qu'une éolienne c'est moche et qui n'a pas d'assurance pour leur propre maison qui ne valent plus rien. Donc en fait, c'est là où je dis qu'on a quand même quelque chose de l'ordre d'une prise de conscience à avoir et qu'on a une responsabilité, c'est que aujourd'hui on on je regardais par exemple les indemnisations de dommage écologique. Par exemple, les inondations, c'est 4 milliards d'euros.
On pourrait utiliser ces 4 milliards d'euros quand même à la prévention des inondations. Et en fait, on est dans mais j'arrête Diamond. Alors le le livre est contestable sur quelques points mais je quand il écrit effondrement, il explique qu'il y a des sociétés qui sont en train de de s'effondrer par mauvaise gestion de leur environnement et qui continuent presque de manière obstinée et obsessionnelle un modèle qui détruit l'environnement. un mot quand même Sandrine Rousseau parce qu'il y a des politiques écologistes qui sont menées dans un certain nombre de villes de France à Lyon, à Grenoble et ailleurs parce qu'il y a des majorités écologistes.
On évoque pour vue des municipales dans cer un certain nombre de villes des alliances possibles avec les insoumis. Est-ce que c'est envisageable de faire alliance avec un parti qui a voté contre ou plutôt pour la suppression des zones à faible émission ? Al, je vais vous dire, j'ai été très surprise de leur vote sur les zones à faible émission, mais je dois aussi dire que c'est le seul vote que nous avons eu de différent en matière d'écologie.
C'est pas rien quand même. Bah, on en a eu beaucoup plus avec le PS par exemple. Énormément plus.
Énormément plus. Et donc pour pari d'un accord PS vert pour les ben voilà donc et pourtant il est pas remis en cause. Donc aujourd'hui la question c'est comment on fait un bloc chez une alliance une alliance vaut bien les aider des feux.
Une alliance vaut bien de sacrifier les aides des feux. Euh vous enfin vraiment euh par exemple sur la la prime sur les voitures euh sur les sur le remplacement pour les voitures, alors je sais plus quelle était la la prime à la conversion, le PS par exemple ne l'a pas voté. Enfin, je veux dire et et pourtant c'était évident que c'était important de le faire en regard justement des parce que quand on parle desfe donc des zones à faible émission euh on parle des zones les plus polluées.
On parle des des zones où les personnes ont des cancers, ont de l'ast, les enfants ont de l'asthme, ont des problèmes cardio-vasculaires. On parle aussi des des milieux les plus populaires qui sont dans les entrées de ville qui ont des qui ont des habitations le long des entrées de villes qui sont les points noirs de ces villes qui sont déjà les plus pollués. Donc oui, la ZFFE elle est elle renvoyait à exactement ce que je vous disais, c'est-à-dire le fait que c'est il n'y avait pas de politique publique d'accompagnement à la hauteur de l'enjeu de sorte que les gens étaient avec leur voiture n'avaient pas les Non parce que il y avait des moyens de faire.
Il y avait des moyens de faire et euh l'État n'a pas mis euh l'argent. Il y a des collectivités qui ont fait un travail pour essayer de de faire en sorte que les ne soient pas un triocial. Je pense par exemple à la ville de Lyon et à la l'agglomération lyonnaise qui a fait un travail euh pour faire en sorte que à la fois on règle le problème de la pollution et que on n'empêche pas les personnes les plus vulnérables de rentrer en ville avec une avec des systèmes d'ajustement.
Bon, je vais pas venir dans le détail mais en fait il y avait moyen de continuer ces affe en prenant en compte la question sociale mais aujourd'hui on a préféré tout arrêter. Je regrette ce vote de LFI et comme je regrette d'autres votes du PS, comme je regrette d'autres votes du Parti communiste sur l'écologie. Et donc la question est euh faisons ce bloc de résistance.
Il nous reste une minute pour parler des retraites. Euh vous voterez la censure mardi euh club euh réintégrer je vous n'arrivez pas à vous dire quand même ce que ce que François Berou par exemple veut intégrer dans le projet de loi de finance de la sécurité sociale l'âge de département des côtes abissé et deux trimestres en plus pour les femmes au titre de la maternité. Est-ce que vous dites ça c'est toujours de ça de prix on prend ?
Mais enfin, ça fait 2 ans ou 3 ans maintenant qu'on est sur cette réforme. Nous ne voulons pas de la retraite à 64 ans. Les 64 ans, déplacer l'âge de la retraite, c'est injuste.
C'est injuste quand on a un métier de cadre protégé et bien protéger des des de la force enfin de l'utilisation du corps et cetera, on peut avoir des problèmes de violence psychologique et cetera mais globalement quand même c'est plus facile de tenir jusqu'à 64 ans quand on a des métiers physiques, quand on a des métiers qui usent le corps. So dire qu'on part à la retraite à 64 ans, c'est de manière très concrète en fait supprimer le droit à la retraite pour un grand nombre de gens. Ça n'est pas admissible, ça n'est pas dans notre éthique.
Nous lutterons autant qu'il le faudra contre ce projet de loi. Merci Sandrine Rousse, député écologiste de Paris. Et puis un petit mot pour vous remercier aussi Berbon.
Merci de nous avoir accompagné toute cette saison au 830 et merci d'avoir suivi ce 830 ce matin sur France Info. [Musique]
Sandrine Rousseau