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ChroniqueActualités DSDS· 25 octobre 2026 10 minActualité / polémiqueInstitutions & électionsSolidarités & familleEurope & international

Raphaël Glucksmann pris à partie à Amiens : son coup de colère qui fait réagir

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:56Invité politiqueFait
    « Il faut que ça s'arrête. »
  • 7:15Invité politiqueFait
    « Ce n'est manifestement pas seulement une question de désaccord politique. Ce qu'il dénonce surtout, ce sont les méthodes utilisées pour contester sa candidature. »

Temps de parole

  • Raphaël Glucksmann100 %

≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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Raphaël Glucksmann

Tout devait être un déplacement politique important, une première sortie sur le terrain après sa victoire à la primaire, un moment destiné à montrer que Raphaël Glucksmann était désormais pleinement lancé dans la course présidentielle. Mais à Amiens, vendredi 23 octobre, l'accueil a rapidement pris une autre tournure. Quelques mètres seulement après son arrivée, le candidat a de nouveau été pris à partie dans la rue et cette fois, son agacement était impossible à dissimuler. Alors, que s'est-il passé à ? Pourquoi Raphaël Glucksmann affirme-t-il que cette situation doit absolument ? Et surtout, pourquoi ces tensions avec des militants proches de la France insoumise semblent-elles se ?

Pour comprendre la scène, il faut revenir quelques semaines en arrière. Deux semaines après avoir remporté la primaire, Raphaël Glucksmann effectuait son tout premier déplacement en tant que candidat investi par le Parti socialiste et Place publique. Pour cette première étape, direction Amiens, dans la Somme. Le choix de cette ville n'avait rien d'anodin. Amiens représente un symbole important pour la gauche. Lors des dernières élections municipales, la ville avait été remportée par la gauche unie, mais sans la France insoumise.

Un résultat particulièrement significatif pour Raphaël Glucksmann qui a justement fait de sa rupture avec le mouvement de Jean-Luc Mélenchon l'un des marqueurs de sa campagne. Mais alors qu'il était venu sur le terrain pour défendre son projet et poursuivre sa campagne, le déplacement ne s'est pas déroulé comme prévu. Sous une pluie battante, le député européen avance dans les rues d'Amiens. Et après seulement quelques mètres, deux personnes l'interpellent depuis le trottoir opposé. Un homme et une femme lui lancent alors un message très clair. Ils annoncent qu'ils ne voteront pas pour lui et qu'ils voteront pour Jean-Luc Mélenchon.

La scène est brève, mais elle est particulièrement révélatrice de l'ambiance qui entoure aujourd'hui la gauche française. Car pour Raphaël Glucksmann, cet épisode n'est-ce pas un simple moment de désaccord politique. Il intervient surtout après plusieurs incidents similaires. Et forcément, un souvenir récent revient immédiatement à l'esprit. Le soir même de sa victoire à la primaire, Raphaël Glucksmann avait déjà été pris à partie. Un homme lui avait alors jeté de la farine au visage tout en lui prédisant un score de seulement 2 % à la prochaine présidentielle. Une scène particulièrement humiliante qui avait rapidement fait le tour des médias et des réseaux sociaux.

Quelques semaines plus tard, voilà donc le candidat à nouveau confronté à des opposants dans la rue. Cette répétition semble avoir fait déborder le vase. Quelques minutes après l'incide, lors d'un point presse, Raphaël Glucksmann décide de prendre la parole. Et cette fois, son ton est beaucoup plus ferme. Le candidat social-démocrate dénonce ce qu'il considère comme des provocations répétées de groupes proches de la France insoumise lors de ses réunions publiques et de ses déplacements. Pour lui, le problème dépasse largement l'incide d'Amiens. Il décrit une atmosphère générale de tension et affirme que ces provocations se multiplient.

Puis il lâche une phrase qui résume parfaitement son état d'esprit. Il faut que ça s'arrête. Mais Raphaël Glucksmann ne s'arrête pas là. Visiblement exaspéré, il explique qu'il ne veut pas passer les six prochains mois de campagne dans une telle ambiance. Et surtout, il fait part de son ras-le-bol face à ce qu'il considère comme une montée de la violence et de la haine dans la société française. Ces mots sont particulièrement forts. Il dit en avoir assez de cette violence. Il dit en avoir assez de cette haine de l'autre qui, selon lui, est en train de se diffuser largement. Derrière cette colère, il y a aussi une inquiétude très concrète.

Car ces tensions commencent à avoir des conséquences sur la manière dont Raphaël Glucksmann envisage ses déplacements publics. Et un autre événement prévu dès le lendemain va justement illustrer ce problème. Samedi 24 octobre, plusieurs manifestations doivent avoir lieu en France. Raphaël Glucksmann est alors interrogé sur sa possible participation à l'un des cortèges. Mais cette fois, il reste très prudent. Il refuse d'annoncer à l'avance où il compte se rendre. ? Parce qu'il ne veut pas que sa présence détourne l'attention du véritable objectif de la manifestation. Il explique notamment qu'il ne souhaite pas créer des images qui pourraient voler la parole aux lycéens.

Une déclaration qui montre à quel point le climat actuel influence désormais sa stratégie de communication. Car pour Raphaël Glucksmann, le problème ne serait pas seulement d'être hué ou interpellé. Il craint également que la présence d'une personnalité politique connue transforme une manifestation en spectacle médiatique. Selon lui, lorsque des dirigeants de la famille sociale-démocrate participent à une manifestation, des provocations peuvent se produire. Et ensuite, plutôt que de parler du message porté par le rassemblement, les médias se concentrent essentiellement sur les incidents. C'est précisément ce scénario que le candidat souhaite éviter.

Il préfère donc rester discret sur ses déplacements. Mais une chose est certaine, il ne devait pas être présent à Orléans le samedi 24 octobre. Cette précision est importante car plusieurs responsables de gauche avaient prévu de se rendre dans cette ville. Parmi eux figurait notamment Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, qui avait été battu par Raphaël Glucksmann lors de la primaire. Les responsables de gauche devaient participer à une marche contre le Rassemblement national, alors que le parti organisait son congrès à Orléans durant le weekend. Le contexte politique était donc particulièrement chargé.

Et dans cette atmosphère déjà tendue, Raphaël Glucksmann semble vouloir éviter tout nouvel incident susceptible de prendre le dessus sur son message politique. Mais pourquoi cette confrontation entre Raphaël Glucksmann et une partie de la gauche est-elle devenue aussi ? Tout repose en grande partie sur une fracture politique désormais assumée. Raphaël Glucksmann a choisi de construire son positionnement autour d'une gauche sociale-démocrate clairement distincte de La France insoumise. Cette rupture est devenue l'un des éléments centraux de son discours. Face à lui, le mouvement de Jean-Luc Mélenchon conserve une influence importante à gauche.

Et les divergences entre les deux camps sont particulièrement profondes. Amiens a donc été choisi comme un symbole. Une ville remportée par la gauche unie sans La France insoumise et dans laquelle Raphaël Glucksmann pouvait afficher sa volonté de construire une autre voie. Mais sur place, cette démonstration politique a immédiatement été rattrapée par les tensions entre les différentes sensibilités de la gauche. Quelques mots criés dans la rue auront suffi à rappeler que cette fracture est loin d'être réglée. Et pour Raphaël Glucksmann, ce n'est manifestement pas seulement une question de désaccord politique.

Ce qu'il dénonce surtout, ce sont les méthodes utilisées pour contester sa candidature. Être hué, être provoqué ou voir une réunion publique perturbée peut rapidement devenir un problème majeur lorsqu'une campagne présidentielle doit durer plusieurs mois. Le candidat l'a d'ailleurs dit très clairement, il ne veut pas faire campagne pendant 6 mois dans cette ambiance. Cette phrase en dit long sur son état d'esprit. Car une campagne présidentielle est déjà une période extrêmement intense. Les déplacements sont nombreux, les meetings enchaînent, les candidats sont constamment exposés au public et aux médias. Dans ce contexte, chaque incident peut prendre une ampleur considérable.

Et lorsqu'un candidat est régulièrement pris à partie, la question de la sécurité et de l'organisation des déplacements finit forcément par se poser. Mais Raphaël Glucksmann veut aussi éviter un autre piège, celui de laisser les provocations devenir le sujet principal de sa campagne. C'est aussi notamment pour cette raison qu'il refuse de dévoiler certains de ses déplacements. Il ne veut pas que sa présence transforme une manifestation en affrontement politique. Il ne veut pas non plus que les images d'une éventuelle altercation remplacent les revendications des personnes présentes.

Mais malgré toutes ces précautions, l'épisode d'Amiens montre une chose, la campagne de Raphaël Glucksmann pourrait être particulièrement mouvementée. Sa victoire à la primaire lui a ouvert les portes de la prochaine étape. Mais elle l'expose également davantage. Désormais candidat investi, chacun de ses déplacements est scruté. Chaque déclaration est analysée. Et chaque confrontation peut devenir une séquence politique largement relayée. À Amiens, quelques personnes ont suffi à perturber ce qui devait être une étape importante de sa campagne.

Quelques secondes de cris dans une rue ont ensuite conduit à une déclaration beaucoup plus large sur la violence, la haine et les tensions au sein de la société française. Et c'est aussi probablement cela qui inquiète le plus Raphaël Glucksmann. Car il ne s'agit plus simplement d'un incident isolé. Le candidat estime qu'un climat général est en train de s'installer. Un climat dans lequel les oppositions politiques deviennent de plus en plus agressives et où les provocations risquent de se multiplier à mesure que l'échéance présidentielle approche.