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interviewrtl-fr· 13 juillet 2026 3 min

Canicule : nos centrales nucléaires sont en surchauffe

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Locuteur 2

7h42 sur RTL, langue l'écho avec vous Pierre Herbulot et donc la France qui connaît effectivement cette troisième canicule de l'année. Ce matin vous nous dites qu'il n'y a pas que nous qui souffrons de la chaleur, il y a aussi nos centrales nucléaires.

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Locuteur 1

Oui et je préfère vous le dire tout de suite, il n'y a pas de risque d'accident lié à la chaleur pour nos centrales en elles-mêmes. En revanche EDF peut être amené à réduire leur puissance. Trois réacteurs ont déjà été arrutés, au Buget dans l'Ain, à Chaud dans les Ardennes et à Golfech dans le Tarn-et-Garonne. 7 autres réacteurs tournent au ralenti, c'est préoccupant parce qu'on a besoin d'électricité pour faire tourner nos clims et nos ventilateurs entre autres. Et alors quel est le problème si les centrales ne craignent pas directement la chaleur ? C'est l'eau qu'elles rejettent dans les rivières et les fleuves autour.

Un réacteur nucléaire ça produit énormément de chaleur et donc on utilise de l'eau pour éviter la surchauffe. C'est pour ça que toutes les centrales sont construites à proximité de la Seine, du Rhône ou de la Garonne par exemple. Le circuit est ouvert, ça veut dire qu'après avoir rafraîchi le réacteur, l'eau retourne d'où elle vient. Forcément un peu plus chaude, de quelques dixièmes de degré à quelques degrés en fonction de la centrale. Plus chaude ou trop chaude ? C'est le problème en cas de canicule. La loi impose des limites aux centrales pour protéger la faune et la flore des points d'eau avoisinants.

Pour Golfech par exemple, la température du fleuve après Régène ne doit pas dépasser 28 degrés. Sauf qu'avec les vagues de chaleur, la température des cours d'eau approche déjà de ce seuil. Ce qui entraîne des baisses de puissance et donc des réacteurs à l'arrêt. Mais est-ce qu'il y a une inquiétude quant à la continuité du réseau ? Oui, d'où un arrêté publié ce week-end en urgence au journal officiel. Une dérogation pour la centrale du Buget dans l'Ain qui a le droit de réchauffer plus que d'habitude le Rhône. Si fin juin, pour le premier arrêt de réacteur, le discours d'EDF était rassurant. Avant hier, l'énergéticien a justifié sa demande avec une formule choc.

Il s'agit, je cite, d'assurer la sécurité du réseau informatique électrique.

1:44
Locuteur 2

Assurant la sécurité, en l'occurrence au détriment de l'environnement.

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Locuteur 1

Oui, mais le gouvernement et l'autorité de sûreté nucléaire ont donné leur feu vert. Autorisation pour un degré de réchauffement supplémentaire jusqu'au 20 juillet. En contrepartie, EDF s'engage à mettre un programme de surveillance en place. Surveillance renforcée de l'environnement. Le risque, c'est que des milliers et des milliers d'espèces meurent. On vous a déjà raconté sur RTL. Tous ces poissons retrouvés asphyxiés par le manque d'oxygène dans l'eau de la Loire trop chaude. Là, ce serait pire autour de la centrale concernée.

Un rapport interne d'EDF qui a fuité le mois dernier révèle que 6 milliards, milliards d'espèces marines sont déjà tuées chaque année par les centrales françaises, des poissons, des crustacés et des méduses. Et pourtant, vous nous dites, Pierre, cette solution, elle était nécessaire ? Oui, puisque si les réacteurs 4 et 5 de la centrale de l'Ain étaient arrêtés, comme le prévoit la loi, il aurait fallu compenser. L'avantage de l'énergie nucléaire, c'est qu'elle est décarbonée. Évidemment, on a un peu de solaire et d'éolien.

Mais quand on manque de nucléaire, c'est principalement le charbon qui prend le relais, beaucoup plus polluant, une pollution qui aggrave le changement climatique et donc la fréquence et l'intensité des vagues de chaleur. Bref, c'est un cercle vicieux. Il a fallu choisir entre la peste et le choléra.

2:51
Locuteur 2

En tout cas, comme depuis un mois et demi et ces trois canicules successives, ça pose quand même une réelle question, celle de l'adaptation de nos infrastructures à ces températures extrêmes.

3:00
Locuteur 1

Oui, puisque la solution d'accepter de réchauffer davantage nos fleuves ne peut pas être durable. Je vous rappelle que le gouvernement a annoncé un grand plan d'électrification du pays qui s'appuie sur la construction d'au moins six nouveaux réacteurs. Seul moyen de gagner la bataille du climat pour Emmanuel Macron. Il faut impérativement que dans leur conception, on anticipe des étés de plus en plus chauds. Et surtout, il faut investir dans les 57 réacteurs déjà existants pour les adapter à la France d'aujourd'hui, la France de la canicule. Merci.