En Corse, Xavier Bertrand plaide pour une République des territoires et la fin du centralisme parisien
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 0:09OuverteRéponse directe
Quelle serait concrètement votre première grande réforme si vous étiez élu président ?
- 1:49OuverteRéponse directe
En quoi la Corse a-t-elle influencé votre vision de l'action publique et de la décentralisation ?
- 3:26OuverteRéponse directe
Vous êtes favorable à une évolution institutionnelle, mais vous demandez un référendum avant toute révision constitutionnelle. Pourquoi ce préalable est-il, selon vous, nécessaire ?
- 4:25OuverteRéponse directe
Si demain vous étiez à l'Elysée, quel serait votre premier engagement concret pour la Corse ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:13Invité politiquePromesse
« Ce sera sur le pouvoir d'achat et sur le niveau de vie de ceux qui travaillent. »
- 0:22Invité politiquePromesse
« Vous prenez le train pour aller travailler, la région prend en charge l'abonnement. »
- 0:25Invité politiquePromesse
« Vous prenez votre voiture pour aller travailler, la région vous aide financièrement. »
- 0:28Invité politiquePromesse
« Vous devez faire garder vos enfants parce que vous travaillez, la région vous aide financièrement. »
- 0:33Invité politiquePromesse
« L'allocation de rentrée scolaire pour les familles des lycéens dans ma région, elle est versée à tout le monde, qu'on travaille ou qu ne travaille pas, quels que soient les revenus. »
- 0:54Invité politiqueFait
« Je veux faire sauter le verrou parisien. »
- 0:57Invité politiqueFait
« Tout se décide à Paris. »
- 3:42Invité politiqueFait
« La Corse a besoin d'autonomie. »
- 4:04Invité politiqueFait
« Ce serait bien de demander l'avis des Corses, quand même. Ce serait bien d'avoir leur point de vue. »
- 4:46Invité politiquePromesse
« Il faut continuer à renforcer, très clairement, l'offre de santé sur le territoire. »
- 4:49Invité politiqueFait
« La population vieillit. »
- 5:13Invité politiquePromesse
« ça sera aussi pour faire de la santé l'une des premières priorités. »
Temps de parole
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CFM, l'invité de la rédaction. Xavier Bertrand, bonjour. Bonjour. Vous défendez une république des territoires et vous insistez sur les classes moyennes. Quelle serait concrètement votre première grande réforme si vous étiez élu président ?
Ce sera sur le pouvoir d'achat et sur le niveau de vie de ceux qui travaillent. Mais pas pour faire un énième discours. Le vrai sujet, c'est que les gens qui travaillent, moi dans ma région, je les aide.
Vous
prenez le train pour aller travailler, la région prend en charge l'abonnement. Vous prenez votre voiture pour aller travailler, la région vous aide financièrement. Vous devez faire garder vos enfants parce que vous travaillez, la région vous aide financièrement. Et l'allocation de rentrée scolaire pour les familles des lycéens dans ma région, elle est versée à tout le monde, qu'on travaille ou qu ne travaille pas, quels que soient les revenus. Parce qu'il y en a marre de cette injustice qui est faite, vous travaillez, vous n'avez droit à rien. Pas dans ma région, c'est ce que je ferai aussi au niveau national.
La deuxième chose, c'est que je suis pour une transformation complète de la façon dont notre pays est dirigé. Je veux faire sauter le verrou parisien. Tout se décide à Paris. Vous le ressentez comme ça en Corse, je le ressens comme ça aussi dans les hauts trans. On ne peut plus avoir un pays qui est dirigé que depuis Paris. Et nous, on est des bons à rien, on n'y connaît rien, on ne sait pas comment faire. Je suis désolé, on sait comment faire, on est sur le terrain, on est à portée d'engueulade. Donc on sait aussi les réactions des gens. Et c'est ça que je veux transformer. Jean-Louis Borloo appelle ça la France fédérale. Pour moi, c'est la République des territoires, c'est la même idée.
À Paris, ils vont s'occuper de ce qui est très important, bien sûr, qui concerne la vision du pays, la justice, la sécurité, la maîtrise de l'immigration, la défense. Mais pour le reste, on va nous s'occuper de ce qui est très important dans le quotidien des gens. Et on va savoir faire mieux qu'eux. Tiens, donnez-nous la compétence complète sur le logement. Vous allez voir s'il faut sortir un programme immobilier en 8 ans. Nous, on va aller beaucoup plus vite.
Xavier Bertrand, vous connaissez la Corse depuis près de 40 ans et vous y revenez chaque été. En quoi, c'est-il, a-t-elle influencé votre vision de l'action publique et de la décentralisation
?
Tiens, on va prendre un exemple. Un exemple, voilà à peu près 20 ans. Je suis ministre de la Santé. Il y une antenne médicale à Calvi. Il y avait un projet d'hôpital. On ne sait pas si on va aller jusqu'au bout parce que le dossier, est enterré. Et au ministère, on me dit, monsieur le ministre, ils n'ont pas besoin. Ils ne sont pas loin de Bastia. Regardez combien de kilomètres. Ils peuvent se contenter de leur antenne. Sauf que si on connaît la Corse, on s'aperçoit qu'ici, on ne compte pas en kilomètres. On compte en temps. Et l'hiver, ce n pas forcément mieux et plus simple avec les conditions météo. Et donc, je dis, ils en ont besoin. Et on l'a fait.
Et aujourd'hui, ils montrent tous les jours son utilité. C'est pareil aussi. me Ajaccio, les urgences, ils ont vraiment besoin de refaire les urgences. Oui, il y avait besoin. Je l lancé. Oui, mais regardez la clinique à Porto Vec. Pas sûr qu'elles doivent rester. Je l'ai maintenue. Je l'ai maintenue et c'était un besoin. Et les blocs opératoires, à Bastia, où à l'époque, il pleuvait dans certains blocs opératoires. Et donc, vous voyez, si je n'avais pas eu cette connaissance de terrain, parce que je connais la Corse et j'aime les Corses, je n'aurais pas pris ces décisions. Et à Paris, ils ne les auraient jamais prises. La Corse, il y avait 230 000 habitants. Ils n'ont pas besoin.
Mais s'ils ont besoin. Parce qu'ils sont, bien évidemment, ceux qui n'ont pas vocation à devenir des invisibles, mais qui doivent être respectés. Et c'est vrai pour la Corse, mais c'est vrai pour moi. Dans tous mes déplacements et dans ma région, vous savez, j'ai des métropoles, Lille, Amiens, Dunkerque. Mais j des gens qui sont au cœur de la ruralité. Et ils comptent
autant
que les autres. Un autre dossier phare de Lille, l'autonomie, qui poursuit son parcours parlementaire. Après le vote à l'Assemblée nationale, le texte sera examiné au Sénat à l'automne. Vous êtes favorable à une évolution institutionnelle, mais vous demandez un référendum avant toute révision constitutionnelle. Pourquoi ce préalable est-il, selon vous, ?
Deux choses. J'aurais été député, j'aurais voté ce texte. Je serais sénateur, je voterais ce texte. Et je l'ai dit publiquement à différentes reprises. La Corse a besoin d'autonomie. Mais d'autres régions aussi, notamment la mienne. Comme je vous l'ai dit, c'est plus Paris qui décide de tout. Mais la Corse a besoin de ça. Je suis aussi très clair. Il y a deux garde-fous qui, pour moi, sont nécessaires. Dans la loi organique, ensuite, je dis, là, il y aura peut-être des différences que j'aurai avec des responsables corses. Mais je suis pour cette autonomie. Et puis, surtout, sur un sujet aussi important qui va engager la Corse et les Corses. Pourquoi ? Au moins un demi-siècle.
Ce serait bien de demander l'avis des Corses, quand même. Ce serait bien d'avoir leur point de vue. Et il y a bien des sujets sur lesquels on oublie d'interroger les Français. Sur un sujet comme celui-ci, on ne peut pas oublier d'interroger les Corses. Et leur avis comptera. Et ça donnera de la force, ensuite, clairement, à tous les projets qu'il peut y avoir en Corse. Si demain, vous étiez à l'Elysée, quel serait votre premier engagement concret pour la Corse ? Clairement, CHU, on le voit bien aujourd'hui, c'est qu'il faut aller vers cette logique. Alors, ce n pas un CHU comme tous les autres. Mais j'ai des expériences également où j'ai pu faire naître des projets un peu différents.
C'est la Réunion, c'est insulaire. Ce n pas du tout le même contexte, le même caractère. Mais il faut continuer à renforcer, très clairement, l'offre de santé sur le territoire. Pourquoi ? Parce qu'en Corse, comme partout, la population vieillit. Il y a aussi besoin de thérapie. Et je ne veux pas, à chaque fois, qu'on se pose la question « Allez, qu-ce qu'on doit aller faire sur le continent ? » Il faut renforcer cette offre. Comme il faut aussi renforcer l'offre d'accueil des personnes âgées, des personnes handicapées. C'est quelque chose que j'ai toujours eu en tête.
Et si demain, et vous avez raison de me le dire, si demain j'exerce responsabilité, parce que les Français me font confiance pour l'élection présidentielle, ça sera aussi pour faire de la santé l'une des premières priorités. Moi, je n'aurai pas 5 ans de priorité, n'aurai pas 110 propositions. Elles seront moins nombreuses qu'il n'y a de doigts sur demain, mais la santé en fera partie. Xavier Bertrand, merci d'avoir répondu à nos questions sur RCFM.
Merci à RCFM, que
je connais depuis
longtemps.
Xavier Bertrand