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InterviewRMC — Face à Face (sur Podcast)· 30 octobre 2026 22 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesSolidarités & familleImmigration & asileInstitutions & élections

Face à Face : François Ruffin - 30/10

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 15 %Attaque 70 %Défensif 15 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 96 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:07OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'aujourd'hui, vous partagez leurs revendications ?

  • 2:10RelanceRéponse directe

    Sur la question du pouvoir d'achat, on a eu les chiffres ce matin. La croissance française est à l'arrêt.

  • 4:40RelanceRéponse directe

    Ce que vous voulez dire, c'est que le fait que dans le budget de la France, il y ait des avantages pour les anciens présidents...

  • 5:14RelanceRéponse partielle

    Est-ce qu'honnêtement, il est très important et vous savez précisément que le quotidien des Français...

  • 6:07OuverteRéponse directe

    Le ministre de l'Économie qui dit la France ira dans le mur sans budget. Est-ce qu'il faudra malgré tout voter ce budget ?

  • 6:59RelanceRéponse directe

    Est-ce qu'il ne faut pas juste le tenir ? C'est-à-dire qu'est-ce qu'il ne faut pas juste à un moment avoir un budget minimum pour au moins que tout continue à fonctionner ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:10Invité politiqueFait
    « On a aujourd'hui deux Frances. On a une France d'en haut qui se gave. Et on a une France d'en bas qui est rationnée. »
  • 1:30Invité politiqueFait
    « Sur les gilets jaunes, Emmanuel Macron a fait le choix de ne pas avoir une réponse politique, mais d'avoir une réponse policière. »
  • 3:35Invité politiqueChiffre
    « Là, c'est la récession. C'est la richesse par habitant qui est passée sous la moyenne européenne. »
  • 3:48Invité politiqueFait
    « C'est le taux de défaillance des entreprises qui est aujourd'hui record. »
  • 3:52Invité politiqueFait
    « C'est la part de l'industrie dans notre pays qui a son plancher 10% du PIB. »
  • 3:56Invité politiqueChiffre
    « C'est la dette qui est record 1 300 milliards d'euros en plus en 10 années de Macronie. »
  • 4:26Invité politiqueChiffre
    « Dans le prochain budget, là, 9 équivalents en temps plein, en plus, pour les anciens présidents de la République. »
  • 4:30Invité politiqueChiffre
    « Il faut me chercher des beaux appartements à 2,3 millions d'euros. »
  • 6:31Invité politiqueFait
    « Le crédit impôt recherche, dont tout le monde sait, du Conseil d'analyse économique, en passant par Philippe Aguillon, qui en a au moins la moitié de ces milliards-là, qui ne servent à rien. »
  • 8:52PrésentateurFait
    « Ce sont des profiteurs de crise, affirmez-vous, au service des actionnaires. Total ne paye presque pas d'impôts sur les sociétés en France. »
  • 13:11Invité politiqueChiffre
    « Les 500 fortunes de ce pays, elles sont passées de 20% de PIB à plus de 35% du PIB. »
  • 18:39PrésentateurChiffre
    « 3,4%, c'est le chiffre qui vient d'être publié à l'instant, de l'inflation, plus 3,4% pour le mois d'octobre sur un an. »

Temps de parole

  • François Ruffin66 %
  • Présentateur31 %
  • ?4 %

≈ 10,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Locuteur

Vous

0:00
Présentateur

écoutez RMC,

0:05
Locuteur

face

0:06
Présentateur

à face, Apolline de Malherbe.

0:10
Locuteur

Il

0:36
Présentateur

est 8h29 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour François Ruffin. Bonjour. Merci d'être dans ce studio pour répondre à mes questions. Vous êtes candidat à

0:42
Locuteur

l

0:42
Présentateur

'élection présidentielle.

0:44
Locuteur

Vous

0:44
Présentateur

êtes député, député debout de la Somme. Vous publiez un livre dans quelques jours. Ça s'appelle Au boulot. Beaucoup, beaucoup de questions. Une France de plus en plus fracturée. Et demain, des manifestations à nouveau sur le pouvoir d'achat principalement avec le réveil des gilets jaunes. C'est le gilet jaune que vous aviez suivi. Vous aviez consacré un film. Ça s'appelait Je veux du soleil. Vous aviez accompagné ces gilets jaunes sur les ronds-points. Est-ce qu'aujourd'hui, vous partagez leurs revendications ?

1:10
François Ruffin

On a aujourd'hui deux Frances. On a une France d'en haut qui se gave. Et on a une France d'en bas qui est rationnée. C'est le pouvoir d'achat qui recule. C'est les gens qui peinent à remplir leur frigo ou à faire le plein de leur voiture. Voilà dans quelle France on vit. Et donc, évidemment, ce qu'on constate là, c'est finalement la convergence des pourrissements. Sur les gilets jaunes, Emmanuel Macron a fait le choix de ne

1:33
Locuteur

pas

1:33
François Ruffin

avoir une réponse politique, mais d'avoir une réponse policière. Et de faire, à la fin, le blabla du grand débat. Eh bien, ça ressurgit aujourd'hui. Mais on a eu le pourrissement sur le mouvement lycéen. Pareil, pas de réponse politique, une réponse policière. Eh bien, pas de réponse politique, une réponse policière sur les mouvements des retraites. Après la crise des banlieues, le plan Borloo jeté

1:54
Locuteur

à l'eau. Tout

1:54
Présentateur

ça est lié ?

1:54
François Ruffin

Oui, en fait, il y a comme méthode de gouvernement le choix du pourrissement. Et donc, en pensant qu'en laissant pourrir, oui, le pouvoir y gagne dans l'instant. Mais la démocratie et le pays y perdent dans la durée.

2:10
Présentateur

Alors, sur la question du pouvoir d'achat, on a eu les chiffres ce matin. La croissance française est à l'arrêt. L'économie est à l'arrêt. C'est même l'expression du ministre de

2:20
Locuteur

l

2:20
Présentateur

'Économie. Moins 0,1%. Vous allez revenir, j'imagine, sur les résultats de total.

2:24
Locuteur

On

2:24
Présentateur

va y venir. Mais moins 0,1% pour le dernier trimestre. Et la consommation des ménages qui recule. Moins 0,5%. On parlait à l'instant de la question du carburant. Lorsque vous entendez certains distributeurs qui disent que dans un certain nombre de stations, c'est jusqu'à parfois moins 40% de consommation de carburant. Ça veut dire 40% de moins de trajets. Ça veut dire des Français qui ont renoncé à un certain nombre de choses ou même de personnes à aller voir.

2:55
François Ruffin

C'est en fait un rétrécissement, un rationnement. Mais sur plein de choses. Sur la nourriture, on se prive. Alors, c'est des marques qu'on ne prend plus. On ne va plus au resto. Ça, ça n'existe plus. Les vacances, on s'en prive également. C'est évidemment sur les déplacements. Mais sur la santé aussi, c'est des lunettes qui ne sont pas renouvelées. Et j'entends ça, moi, dans mon quotidien de tous les jours. Le

3:20
Locuteur

ministre

3:20
Présentateur

de l'économie dit que l'économie française est à l'arrêt.

3:23
François Ruffin

Mais elle

3:23
Locuteur

n

3:23
François Ruffin

'est pas à l'arrêt. Quand on est à moins 0%, on recule. Le pouvoir d'achat

3:27
Locuteur

y recule. Moins 0,1

3:28
Présentateur

pour le dernier trimestre. Zéro le trimestre précédent. Et moins 0,2 ou 3

3:32
Locuteur

le précédent. Il

3:32
François Ruffin

faut faire le bilan maintenant des 10 ans. Là, c'est la récession. C'est la richesse par habitant qui est passée sous la moyenne européenne. En revanche, ce sont les inégalités et la pauvreté qui sont passées au-dessus de la moyenne européenne. C'est le taux de défaillance des entreprises qui est aujourd'hui record. C'est la part de l'industrie dans notre pays qui a son plancher 10% du PIB. C'est la dette qui est record 1 300 milliards d'euros en plus en 10 années de Macronie. Et tout ça sous les applaudissements des inégalités de notation et du FMI. Et le pire, sans doute, dans tout ça, c'est la division de la nation. L'homme qui était responsable de l'unité de la nation

4:08
Locuteur

en

4:09
François Ruffin

produit la division. Et moi, je vais vous dire, il y a un scandale qui va vous paraître un point de détail. Mais qui, pour moi, symboliquement, politiquement, ne l'est pas. Lequel ? Après 10 ans de tout ça. Emmanuel Macron, il devrait sortir de l'Élysée en regardant ses pompes et avec honte. Et qu'est-ce qu'il fait ? Qu'est-ce qu'il

4:25
Locuteur

y a

4:25
François Ruffin

dans le prochain budget, là

4:26
Locuteur

?

4:26
François Ruffin

9 équivalents en

4:28
Locuteur

temps

4:28
François Ruffin

plein, en plus, pour les anciens présidents de la République. Et, dans un petit coin, il a choisi de dire, il faut me chercher des beaux appartements à 2,3 millions d'euros.

4:38
Locuteur

C

4:39
Présentateur

'est-à

4:39
Locuteur

-dire, je

4:39
Présentateur

n

4:39
Locuteur

'ai

4:39
Présentateur

pas compris.

4:40
Locuteur

Dans le

4:40
François Ruffin

budget, là, Madame de Malherbe, comme Emmanuel Macron va être un ancien président de la République, il va avoir 9 personnes à son service, ça va être des majordomes, ça va être des cuisiniers,

4:50
Locuteur

ça va être des chauffeurs.

4:51
François Ruffin

Là, il est à l'Élysée, il n'en a pas. Mais je pense que, là, vu son bilan, il ne devrait plus y avoir un rond pour Macron à la sortie de l'Élysée.

5:00
Locuteur

Ce que vous

5:00
Présentateur

voulez dire, c'est que le fait que, dans le budget de la France, il y ait, vis-à-vis des anciens présidents, mais c'est le cas de François Hollande,

5:07
Locuteur

c'est le cas de Nicolas Sarkozy. Alors, moi,

5:08
François Ruffin

j'ai déposé un amendement pour qu

5:09
Locuteur

'il

5:09
François Ruffin

n

5:09
Locuteur

'y ait

5:09
François Ruffin

plus un avantage pour les anciens présidents.

5:12
Locuteur

Je

5:12
François Ruffin

veux dire, on a un Nicolas

5:13
Locuteur

Sarkozy. Mais

5:14
Présentateur

précisément, François Ruffin, vous connaissez trop ces questions-là, et vous y avez consacré trop de temps et d'études, pour prendre ce petit exemple. Est-ce qu'honnêtement, il est très important, et je ne le méprise pas, je trouve juste que le fait que vous choisissiez cet exemple-là pour, en quelque sorte, en faire un étendard, alors que vous savez précisément que le quotidien des Français, il y a mille choses à dire

5:34
Locuteur

?

5:34
François Ruffin

On va en parler, Madame de Malherme. Mais je vais vous dire, il

5:37
Locuteur

y a

5:37
François Ruffin

un principe. L'exemple doit venir d'en haut. Ça fait 40 ans qu'on a des gouvernements, qu'on a des présidents, qui viennent dire aux Français, vous devez faire des efforts, vous devez faire des sacrifices. Là, dans le prochain budget, ce sont les accidentés du travail,

5:50
Locuteur

ce

5:50
François Ruffin

sont les salariés à qui on demande de se serrer la ceinture. Et vous avez les gens qui leur disent ça en haut, qui, eux, se prennent des majordomes, se prennent des cuisiniers, vont avoir plein d'avantages. Il doit y avoir un ruissellement. Un ruissellement du bon exemple qui doit venir d'en haut.

6:07
Présentateur

Le ministre de l'Économie qui dit la France ira dans le mur sans budget. Est-ce qu'il faudra, malgré tout,

6:12
Locuteur

le

6:12
Présentateur

voter, ce budget ?

6:13
François Ruffin

Là, le budget, c'est un budget de provocation.

6:16
Locuteur

C

6:16
François Ruffin

'est un budget de provocation. 211 milliards d'euros d'aides aux entreprises. À l'intérieur, le crédit impôt recherche, dont tout le monde sait, du Conseil d'analyse économique, en passant par Philippe Aguillon, qui en a au moins la moitié de ces milliards-là, qui ne servent à rien, qui vont vers les grandes entreprises qui n'investissent pas aujourd'hui dans notre pays. Et pourtant, ça, on n'y touche pas. Les échos disent, voilà, c'est la première niche fiscale formidable. Et de l'autre côté, ce sont les retraités sur lesquels on essaye de gratter, ce sont les salariés, ce sont les pompiers. Enfin, voilà sur qui on prend aujourd'hui.

Là, aujourd'hui, ce qu'on a, Madame de Malherbe, c'est un budget de provocation. J'entends bien qu'à six mois de l'élection, on ne soit pas capable de faire ce dont le pays a besoin.

6:59
Présentateur

Est-ce qu'il ne

6:59
Locuteur

faut

6:59
Présentateur

pas juste le tenir ? C'est-à-dire qu'est-ce qu

7:01
Locuteur

'il

7:01
Présentateur

ne

7:01
Locuteur

faut

7:01
Présentateur

pas juste à un moment avoir un budget minimum pour au moins que tout continue à fonctionner ? Ou à tenter de fonctionner

7:08
Locuteur

?

7:08
François Ruffin

Vous trouvez que ça fonctionne, Madame de Malherbe ?

7:10
Présentateur

En le disant, j'avoue que moi-même, je me suis dit, il y a de très nombreux dysfonctionnements. Mais enfin, malgré tout.

7:14
Locuteur

Non,

7:15
François Ruffin

là, la copie doit être revue, au moins de manière cosmétique pour qu

7:19
Locuteur

'il

7:19
François Ruffin

n

7:19
Locuteur

'y ait

7:19
François Ruffin

pas de provocation. Je vous dis, sur ces 211 milliards d'euros-là, en fait,

7:24
Locuteur

l

7:25
François Ruffin

'exemple, c'est le MEDEF qui devrait le donner. C'est le MEDEF qui peut dénouer la situation aujourd'hui. C'est le MEDEF qui peut dire, oui, compte tenu du taux d'entêtement de la France, nous, nous allons montrer l'exemple. On est prêt à aller chercher 10 milliards d'euros sur les aides aux entreprises. Sur les 211 milliards, on va en chercher 10 milliards, qui aujourd'hui ne servent à rien. Et comme ça, on va donner l'exemple. Je dirais, la main, c'est le MEDEF qui, aujourd'hui, la détient. Parce que le gouvernement,

7:50
Locuteur

là,

7:50
François Ruffin

aujourd'hui, ce qu'il fait, c'est la politique du MEDEF. Mais le MEDEF, il doit dire, OK, nous, on est capables de faire des efforts, nous aussi. Plutôt que de chouiner. Parce que là, on a un Patrick Martin qui n'arrête pas de chouiner. Les entreprises... 70 milliards de profits, de dividendes versés aux actionnaires. C'est le record de jamais. C'est dans les échos.

8:09
Présentateur

Record,

8:09
Locuteur

record... La France

8:10
Présentateur

a détenu le record d'échange de dividendes, de distribution de dividendes de l'Union européenne.

8:18
François Ruffin

C'est dans les échos de mon ami Bernard Arnault. Championne d'Europe, médaille d'argent, deuxième dans le

8:23
Locuteur

monde derrière les Etats-Unis, devant la Chine, dans le Japon. Là-dessus,

8:25
Présentateur

vous avez accusé Total hier. Total qui a annoncé son bénéfice record. 7,45 milliards d'euros sur le troisième trimestre. Voilà ce que vous avez affirmé hier. Total annonce un bénéfice record. Pourquoi faire ? Le Conseil d'administration, réuni en 2026 sous la présidence de M. Pouyannet, a décidé la redistribution d'un troisième à compte sur dividendes au titre de l'exercice 2026 d'un montant de 90 centimes par action en hausse de près de 6%. Voilà ce que vous avez dit. Ce sont des profiteurs de crise, affirmez-vous, au service des actionnaires. Total ne paye presque pas d'impôts sur les sociétés en France. Nos dirigeants laissent faire.

Et je voudrais prendre le temps, comme je l'ai fait pour lire votre tweet, de lire la réponse de Total. Total s'adresse à vous hier soir. Bonjour M. Ruffin. Ce que nos résultats, réalisés partout dans le monde, permettent également de faire, entre guillemets, pour reprendre votre mot, le plafonnement des prix à la pompe pour nos clients français. Déjà 500 millions d'euros, c'est ce que ça leur a coûté. Des investissements qui contribuent également à la sécurité d'approvisionnement du pays. Le partage de la valeur avec nos salariés, intéressement, participation, prime de partage de la valeur, soutien aux achats de carburants, dividendes pour nos 80% de salariés qui sont actionnaires français.

Le retour de nos actionnaires, dont plus de 700 000 actionnaires individuels français, le désendettement de l'entreprise pour préparer l'avenir. Pour rappel, en 2025, 19 milliards de dollars d'impôts sur les bénéfices et de taxes de production dans le monde. Il dit que l'entreprise paye ses impôts là où elle réalise ses bénéfices. Voilà la réponse qu'elle vous a faite à vous, M. Ruffin.

9:53
François Ruffin

D'accord. Je remercie M. Pouyanné de cette réponse. Mais ce sont des profiteurs de guerre.

9:59
Présentateur

Enfin, j'ai l'impression quand même que les salariés de Total sont bien contents. Vous

10:02
François Ruffin

savez,

10:03
Locuteur

ce sont des travailleurs des salariés de Total. Madame de

10:04
François Ruffin

Malherme, je vais vous dire, on a un problème aujourd'hui, c'est qu'on a une économie à deux vitesses et qu'on a un salariat du coup à deux vitesses. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que les grandes entreprises comme Total captent en vérité la plus-value. Elles la sucent comme des vampires. Elles en laissent très peu à leurs sous-traitants, leurs sous-traitants et ainsi de suite. Donc ça veut dire les PME, les TPE. Et c'est pareil chez Total.

10:24
Locuteur

Mais

10:24
Présentateur

ça veut dire quoi des salariés à deux vitesses ?

10:25
Locuteur

Ça veut dire quoi ? Il y aurait des bons

10:26
Présentateur

salariés, des

10:27
Locuteur

mauvais salariés ? C'est-à-dire que le salarié de Total, c'est quoi ? C'est un bon droit ?

10:30
François Ruffin

Vous avez de chez Total à chez RMC, un salariat à deux vitesses. Ça veut dire quoi

10:35
Locuteur

? Ça veut

10:35
Présentateur

dire quoi

10:35
François Ruffin

? Je vais vous expliquer. Ça veut dire que ceux qui sont salariés directement de RMC ou salariés directement de Total,

10:42
Présentateur

vous parlez de la question des sous-traitants. Ils en vivent. Donc

10:45
Locuteur

François Ruffin,

10:45
Présentateur

quand ils disent chez

10:46
Locuteur

Total et

10:47
Présentateur

quand ils vous répondent de la partage de la valeur avec nos salariés, intéressement, participation, prime de partage à valeur, ça, vous le balayez d'un... Non,

10:54
Locuteur

je dis... Ce sont des travailleurs, ce sont des salariés. Soit,

10:56
François Ruffin

soit. Ils

10:57
Locuteur

se lèvent le

10:57
Présentateur

matin pour aller bosser dans l'entreprise Total.

10:59
François Ruffin

D'une part, regardons ce qui se passe pour les sous-traitants de chez Total. Et je le sais parce que j'ai été sur les sites. Ceux qui ont les tâches les plus pénibles à effectuer, et y compris des tâches qui peuvent être mortelles, qui peuvent permettre d'avaler des cochonneries, eh bien, ce sont très souvent les sous-traitants qui le font et pourtant, eux, il n

11:16
Locuteur

'y a

11:16
François Ruffin

pas de treizième mois. Eux,

11:17
Locuteur

il n

11:17
François Ruffin

'y

11:17
Locuteur

a

11:17
François Ruffin

pas de chèque. Voilà comment ça fonctionne. Chez Total, comme chez RMC, la personne qui passe vers le ménage

11:23
Locuteur

ici le matin... de

11:23
Présentateur

nous dire,

11:24
Locuteur

c

11:24
Présentateur

'est que dans toutes les entreprises, il y a les salariés de

11:26
Locuteur

l

11:26
Présentateur

'entreprise et puis il

11:26
Locuteur

y

11:26
Présentateur

a les sociétés auxquelles vous faites

11:27
Locuteur

appel.

11:28
François Ruffin

Et

11:28
Locuteur

donc,

11:28
François Ruffin

vous avez une captation de la plus-value qui se fait par les plus grandes entreprises et qui, d'abord distribue d'abord à leurs actionnaires parce que, je veux dire, l'objectif...

11:36
Locuteur

Mais le constat

11:37
Présentateur

que vous faites ne devrait pas mépriser autant le fait qu'un certain nombre de salariés qui restent des salariés, vous pouvez parler des autres également, mais les salariés de Total, lorsque Total vous dit on partage la valeur avec nos salariés pour l'intéressement, la participation, la prime de partage à valeur...

11:52
François Ruffin

Excusez-moi, Madame de Malère, mais moi, mon intérêt, je ne suis pas le syndicaliste de chez Total. Je suis aux côtés des salariés de chez Total quand ils font grève devant leur entreprise et j'y vais aussi en parlant des

12:04
Locuteur

sous-traitants. Vous ne pouvez pas être

12:05
Présentateur

aussi à leur

12:05
Locuteur

côté quand ils se

12:06
Présentateur

réjouissent

12:06
Locuteur

des résultats de leur entreprise. Vous

12:09
François Ruffin

avez un gavage comme jamais. Le taux de marge des raffineurs, ce n

12:13
Locuteur

'est

12:13
François Ruffin

pas Total seulement, c'est Exxon, c'est Shell, ce sont toutes les entreprises. Ils ont multiplié leur taux de marge par quatre.

12:19
Présentateur

Et c'est de la spéculation puisque ça n'a pas de rapport direct

12:22
Locuteur

avec

12:22
François Ruffin

la demande. Ce sont des profiteurs de guerre. Et en fait, moi, mon problème, ce n

12:27
Locuteur

'est

12:27
François Ruffin

pas M. Pouyanné.

12:28
Locuteur

Mon

12:28
François Ruffin

problème, c'est le gouvernement. Ce sont les gouvernements qui sont complices de ça, qui laissent faire, qui laissent faire un gigantesque gavage.

12:35
Locuteur

Comment vous

12:35
Présentateur

auriez fait, vous

12:36
Locuteur

?

12:36
François Ruffin

Il faut lever un impôt spécial. Là, sur les marges, mais c'est ce qui s'est passé aussi pendant le Covid. On a laissé faire, à l'époque,

12:44
Locuteur

c

12:44
François Ruffin

'était la grande distribution, c'était les assureurs, c'était les firmes numériques qui se gavaient. On a laissé faire les profiteurs de crise. On a eu la guerre en Ukraine, c'était les armateurs qui se sont gavés. On a laissé faire les profiteurs de crise. Et là, à nouveau, dans cette crise-ci, on laisse faire les profiteurs de crise. Vous savez, on parlait du bilan des 10 ans de Macron. Mais en vérité, ces actionnaires à Macron, ils sont contents. Ça fait 10 ans qu'eux, ils prospèrent. Ça fait 10 ans que les 500 fortunes de ce pays, elles sont passées de 20% de PIB à plus de 35

13:14
Locuteur

% du PIB. Est-ce qu'au-delà de

13:15
Présentateur

ces taxes-là, est-ce que vous êtes favorable à la baisse des taxes sur le carburant

13:18
Locuteur

?

13:19
François Ruffin

Je suis... Alors, vous savez, moi, mon école économique, c'est l'école de la régulation. Je suis pour qu

13:26
Locuteur

'on

13:26
François Ruffin

mette en place des régulations. La première régulation à mettre, c'est le contrôle des prix et des marges. Il ne doit pas y avoir une multiplication par

13:32
Locuteur

4. C'est quoi ? C'est le

13:32
Présentateur

communisme ?

13:33
François Ruffin

Non. C'est ce qui existait dans la France du général de Gaulle, dans la France de Valéry Giscard d'Estaing, dans la France de François Mitterrand jusqu'en 1986. Ce dont je parle, Madame de Malherbe,

13:43
Présentateur

ce sont...

13:43
Locuteur

Vous

13:43
Présentateur

êtes notamment favorable à l'indexation des salaires sur l

13:46
Locuteur

'inflation ? Par exemple, c'est un

13:47
François Ruffin

deuxième outil de régulation et qui fait que les Français, ces dernières années, tous les salariés français n'auraient pas perdu 2, 3, 4, 5% de pouvoir d'achat. Et sur les taxes, je suis favorable à une taxe flottante. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que quand le prix du pétrole augmente, on baisse la taxe pour stabiliser les prix. Quand le prix du pétrole baisse, on augmente la taxe pour favoriser les prix. Et ce qui fait que dans tout ce dont je viens de parler, qu'il s'agisse du contrôle des prix et des marges, qu'il s'agisse de l'indexation des salaires sur l'inflation, qu'il s'agisse de la taxe flottante, ça ne coûte pas un euro à l'État.

Simplement, l'État reprend son rôle, qui a un rôle de régulation. Une régulation qui nous a apporté pendant des décennies stabilité, prospérité dans notre pays.

14:28
Présentateur

François Ruffin, hier, la présidente de la Banque Centrale Européenne, Christine Lagarde, a annoncé qu'elle allait quitter la présidence de la BCE en février 2027,

14:37
Locuteur

c

14:37
Présentateur

'est-à-dire six mois avant la fin normale de son mandat. Jean-Luc Mélenchon y voit une manœuvre pour permettre à Emmanuel Macron de négocier avec le chancelier ou avec la question de la BCE, avec l'Union Européenne, le nom de la prochaine ou du prochain président. Et c'est également le procès que lui fait le RN par la voix de Jean-Philippe Tanguy qui parle d'une dérive illibérale. Est-ce que vous êtes d'accord ?

15:01
François Ruffin

Mon problème avec la Banque Centrale Européenne, c'est le mandat qui lui est donné depuis toujours. Elle a un mandat dont la priorité est en vérité le seul objectif, c'est de lutter contre l'inflation. Et non, ça ne suffit pas. On doit lutter pour qu'il y ait des investissements dans les pays européens pour que, à la fois, les ménages, pour que les entreprises, pour que les États accèdent à du crédit. Voilà ce qui devrait être l'objectif central de la BCE. Et donc, moi, ce qui m'intéresse...

15:28
Locuteur

Donc

15:28
Présentateur

le fait que ce soit Christine Lagarde

15:29
Locuteur

ou quelqu'un d'autre, moi, ce qui m'intéresse, c'est pas est

15:31
François Ruffin

-ce que ça va être un Français ou un Allemand qui va occuper ce poste-là l'année prochaine, mais quel est l'objectif qui lui est donné ? C'est ça le sujet. Et vous savez, même, ça a été une manière d'acheter les Français. Les Français de la Révolution française jusqu'à mai 68, ont né les troublions en Europe, y compris sur le vote au traité de 2005. Et donc, il faut acheter les élites françaises.

15:53
Locuteur

Comment

15:53
Présentateur

on achète ?

15:56
François Ruffin

C

15:56
Locuteur

'est ça

15:56
François Ruffin

que ça se passe. Alors, c'était Jean-Claude Trichet, c'est Mme Lagarde, c'est au FMU mis Dominique Troscan, c'est Michel Campe dessus. En fait, on a donné des hochers aux élites françaises pour qu'elles acceptent pleinement la mondialisation et une mondialisation. Là, j'ai entendu, vous avez entendu Pascal Lamy, ancien

16:13
Locuteur

directeur

16:14
François Ruffin

qui dit avec la Chine, on a fait une erreur de parallaxe. Attendez, ça a coûté des millions d'emplois. Ma Picardie, ma région a été ruinée par les choix de M. Pascal Lamy, par le choix d'ouvrir, faire la libre circulation des frontières à l'intérieur de l'Europe et avec le reste du monde. Ces gens-là, M. Pascal Lamy, il devrait y avoir un procès sur ce qu'il a fait pendant des années à la tête de l'Organisation Mondiale du Commerce.

16:39
Présentateur

Vous évoquez la Chine, rien à voir, mais à la place de Kylian Mbappé, est-ce que vous vous seriez excusé

16:42
Locuteur

?

16:43
François Ruffin

Ce qu'on voit là, c'est le poids du capitalisme chinois et du nationalisme chinois qui font qu'un footballeur qui dit un truc dans un vestiaire sous la pression de tout le monde du football est obligé de revenir sur ses propos. Moi, je veux dire...

16:58
Présentateur

Je vous ai posé la question, est

16:59
Locuteur

-ce

16:59
Présentateur

que vous vous seriez excusé ? Est-ce que vous,

17:01
François Ruffin

vous

17:01
Locuteur

estimez que

17:02
Présentateur

Mao Zedong est un dictateur

17:03
Locuteur

?

17:03
François Ruffin

J'aurais dit autre chose,

17:04
Locuteur

j

17:04
François Ruffin

'aurais dit que Mao Zedong est à la fois un dictateur et qui a mis en place un pouvoir autoritaire et en même temps que c'est le fondateur de la Chine moderne. Voilà, on a cette difficulté avec...

17:15
Présentateur

Est-ce que le fait d'être fondateur de la Chine moderne l'excuse des millions de morts ?

17:20
François Ruffin

Ça n'excuse rien. Je dis pourquoi les Chinois ont le regard sur... C'est leur histoire.

17:26
Locuteur

Et

17:27
François Ruffin

pourquoi ils ont ce regard sur cet homme qui est de la longue marche au grand bond en avant en passant par la révolution culturelle qui a sans doute produit pour la Chine ce qu'il y

17:36
Locuteur

a

17:36
François Ruffin

de pire et ce qu'il

17:37
Locuteur

y

17:37
François Ruffin

a de meilleur. Donc, vous ne dites pas juste

17:39
Locuteur

que

17:39
Présentateur

c'était un dictateur.

17:43
François Ruffin

Vous dites moi, Madame de Malerme, j'ai lu à la fois le Alain Perfide de Quand la Chine s'éveillera et j'ai lu les essais sur la Chine très critiques de Simon Less. Donc, je n'ai pas... Je ne me suis jamais senti maoïste dans ma jeunesse. Mais il faut regarder comment ça se fait qu'on a aujourd'hui la Chine qui envoie de devenir la première puissance mondiale. Comment ça se fait qu'elle a réussi à reprendre sa revanche sur son histoire où elle s'est fait humilier ?

18:05
Locuteur

Vous trouvez

18:06
Présentateur

franchement que c'est souhaitable le statut des travailleurs chinois

18:08
Locuteur

?

18:09
François Ruffin

Absolument pas. Et vous savez, s'il y

18:10
Locuteur

a

18:10
François Ruffin

quelqu'un qui était critique sur les alliances qu'on faisait avec la Chine, avec l'entrée dont je viens de parler de la Chine dans l'Organisation Mondiale de Commerce et qu'il est depuis 25 ans, c'est moi. Parce que j'en ai vu les effets près de chez moi pour les travailleurs picards qui sont mis en concurrence non seulement avec les travailleurs roumains mais aussi avec les travailleurs chinois. Et que si face à ça, on ne met pas en place des taxes frontières, des barrières douanières, des quotas d'importation, on ne s'en restira pas, on continuera à plonger vers le bas.

18:37
Présentateur

Un mot encore sur l'économie, 3,4%, c'est le chiffre qui vient d'être publié à l'instant, de l'inflation, plus 3,4% pour le mois d'octobre sur un an, l'inflation qui grimpe donc à nouveau.

18:49
François Ruffin

Vous dire que c'est quelque chose qui est installé dans la durée, notamment à cause du réchauffement climatique qui va faire qu'on va avoir de moindres rendements productifs dans les champs. Et donc, ça va produire une augmentation des prix. Donc, face à ça, il faut une méthode de régulation, c'est quoi ? C'est l'indexation des salaires sur l'inflation. Et les Français, ils n'auraient pas perdu du pouvoir d'achat sur les dernières années. Il y

19:13
Locuteur

a

19:13
François Ruffin

un autre sujet à mettre sur la table, Madame de Malherme. Si on parle de pouvoir d'achat, il faut parler du logement. Le logement, c'est la première dépense des ménages. C'est plus 80% ces 20 dernières années sur les prix d'immobilier. Et pourtant, ça n'appartient pas au paysage. Et là-dessus aussi, il faut de la régulation. C'est le plafonnement des loyers partout dans le pays.

19:30
Présentateur

François Ruffin, Emmanuel Macron, cette semaine disait, appelé à un sursaut après l'attentat terroriste, raciste, de Trappes et de La Verrière. Il a dénoncé, je cite, une désinhibition d'un antisémitisme chez certains, une désinhibition du racisme chez les autres et une désinhibition globale de la violence. Comment vous réagissez ?

19:50
Locuteur

Je

19:51
François Ruffin

dirais que ça appartient aussi à son bilan. Mais d'abord, dire mes condéluences à l'égard de la famille de Pengo Bossio Wangui et tous mes voeux de courage aux autres familles dans l'épreuve qu'elle traverse. Moi, quand un individu

20:10
Locuteur

passe

20:11
François Ruffin

à l'acte comme ça, avec une affirmation du racisme, en disant qu'il veut s'emparer à des Noirs et des Arabes, il y a cet homme, mais il y a aussi qui l'a armé

20:21
Locuteur

? Qui

20:22
François Ruffin

l'a armé politiquement ? Qui l'a armé idéologiquement ? Et quand AG continue...

20:27
Présentateur

C'est à cette question-là précisément, qu'Emmanuel Macron répond qu'il y a eu justement une désinhibition d'un antisémitisme chez les uns, de racisme chez les

20:36
Locuteur

autres.

20:37
François Ruffin

Mais d'abord, et donc, quand AG continue sur les antennes de CNews, on parle de Trappistan, quand Jordan Bardella parle de République islamique de Trapp et qui dit c'est le futur de la France si nous ne reprenons pas la main. Le meurtrier n'est pas allé à Trapp par hasard.

20:54
Locuteur

Il

20:54
François Ruffin

est allé à Trapp parce que, du côté du Rassemblement national et de CNews, on lui a dit c'est là-bas qu'il faut reprendre la main. Pour les uns, reprendre la main c'est peut-être un bulletin, mais pour lui, ça a été une arme. Je vous dis moi que là,

21:07
Locuteur

il

21:07
François Ruffin

y a un racisme d'en bas qui est armé politique. Il

21:09
Locuteur

parle d'un

21:09
Présentateur

racisme d'atmosphère.

21:11
Locuteur

Ce

21:11
François Ruffin

n

21:11
Locuteur

'est

21:11
François Ruffin

pas de l'atmosphère. Ce n

21:12
Locuteur

'est

21:12
François Ruffin

pas de l'atmosphère. Ce n

21:14
Locuteur

'est

21:14
François Ruffin

pas diffus. C'est

21:16
Locuteur

affiché.

21:17
Présentateur

Est

21:17
Locuteur

-ce

21:17
Présentateur

qu'on peut s'en remettre ? Est-ce qu'on peut collectivement réussir à traverser les prochains mois dans une forme de réconciliation ?

21:25
François Ruffin

J'ai la conviction que dans le peuple français, il n

21:29
Locuteur

'y

21:29
François Ruffin

a non pas le poison de la division, mais il y a le choix de l'unité de la nation. Maintenant, je vais vous dire que je crains que le drame de Trappes soit énonciateur du pire pour notre pays. Que ça soit à l'image de ce qui risque de se passer si Marine Le Pen arrivait au pouvoir. C'est-à-dire, je crains presque moins les décisions qu'elle prendrait avec, depuis les ministères, l'Élysée, l'Assemblée, que ce que ça libérerait de pire dans notre pays en termes de haine, de racisme, de bêtises et que ça rende insupportable la vie de millions de nos concitoyens.

22:04
Présentateur

Merci François Ruffin d'avoir répondu à mes questions ce matin. Candidat à l'élection présidentielle, député de la Somme. Votre prochain livre, au boulot.