Sanctions dans l'affaire Lyhanna: «Darmanin continue de chercher des boucs émissaires», dénonce Gabrielle Cathala, députée LFI
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Questions et réponses
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- 0:13OuverteRéponse directe
Un mot sur cette panthéonisation ce soir de Marc Bloch, le grand historien, le résistant assassiné par la Gestapo ?
- 1:43OuverteRéponse directe
Et c'est le message que vous retenez de Marc Bloch, en tout cas son combat contre l'extrême droite qui reste plus que jamais d'actualité ?
- 2:47OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous inspire ces sanctions individuelles, Gabriel Catala ? Et sont-elles suffisantes ?
- 4:51RelanceRéponse directe
Le ministre Darmanin dit que ce n'est pas un manque de moyens, un manque d'organisation.
- 6:30OuverteRéponse directe
Au-delà de ces responsabilités politiques, il y a également celle de l'Assemblée, cette nécessité de légiférer pour mieux protéger les victimes des violences sexuelles.
- 7:03OuverteRéponse directe
Dans quelle mesure, vous, LFI, qui n'êtes pas en retard dans cette lutte-là, vous seriez prêts à soutenir une telle loi cadre ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:36Invité politiqueFait
« Ça fait depuis 2006 qu'il était question de cette panthéonisation puisque dans un premier temps des historiens avaient interpellé Jacques Chirac sur la question. »
- 0:46Invité politiqueFait
« Mais moi je voudrais rappeler que cette panthéonisation aurait dû avoir lieu la semaine dernière, à la base le 16 juin, qui était le jour de la commémoration de son assassinat par les nazis. »
- 0:56Invité politiqueFait
« Et elle a été reportée uniquement par un caprice de M. Trump qui a fait reporter le G7 parce qu'il voulait assister à un match de boxe à la Maison Blanche pour son anniversaire. »
- 1:10Invité politiqueFait
« Et donc M. Macron a cédé à M. Trump qui est un dirigeant d'extrême droite suprémaciste et a reporté cette cérémonie à cette semaine. »
- 1:33Invité politiqueFait
« Il n'y aura donc personne du côté du Rassemblement national. Mais elle regrette par contre que Mme Knafo, qui tente en permanence de réhabiliter le maréchal Pétain, soit présente ce soir. »
- 3:07Invité politiqueFait
« Alors c'est la continuité de la stratégie de M. Darmanin, puisque dès la mort de la petite Liana, M. Darmanin a fait en sorte de pointer des responsabilités individuelles pour ne pas avoir sa responsabilité politique et celle de ses collègues et ses prédécesseurs. »
- 3:39Invité politiqueFait
« Or, je trouve qu'il va un petit peu vite en besogne pour les sanctions, puisque je rappelle qu'il ne s'agit que d'un pré-rapport. »
- 3:45Invité politiqueFait
« Les conclusions supplémentaires sont attendues pour le 10 juillet, puis les conclusions définitives le 5 septembre. »
- 3:50Invité politiqueFait
« Et M. Darmanin avait d'ailleurs déjà annoncé des sanctions avant même que ce rapport soit rendu. »
- 4:00Invité politiqueFait
« Et là où il y a quand même des interrogations sur, en réalité, le manque de moyens et l'absence de priorisation politique pour ces affaires-là, c'est que ce rapport dit quand même que les procureurs et les services de police et de gendarmerie étaient accablés par le travail. »
- 4:59Invité politiqueChiffre
« Alors je lui réponds quand même que le parquet d'Osh fonctionne avec moins de 4 magistrats à temps plein, alors que selon la moyenne européenne, il devrait être 24. »
- 5:06Invité politiqueChiffre
« Et d'après la moyenne nationale, il devrait être au moins 6. »
- 5:12Invité politiqueChiffre
« Le Ahoche, c'est le ressort d'un tribunal avec 193 000 habitants pour seulement 4 procureurs. »
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« Je vous rappelle qu'il y avait eu 114 circulaires publiés en moins de deux ans, au sein desquels la lutte contre les violences sexuelles faites aux enfants était une priorité de trois lignes parmi des dizaines et des dizaines de priorités. »
- 5:43Invité politiqueFait
« Nous avons eu les révélations de Mediapart de ces deux rapports que M. Darmanin a enterrés, celui qui avait été demandé par la Civis en 2022 et qui nous montrait que les enquêtes sur les violences faites aux enfants étaient indigentes, puis celui des inspections de 2023 qui, là aussi, souligné l'indigence de toutes les enquêtes en France sur la pédocriminalité. »
Temps de parole
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Bonjour Gabrielle Catala, bienvenue sur RFI avant d'aborder l'affaire Liana et les possibles responsabilités politiques dans ce drame et ce naufrage judiciaire. Un mot sur cette panthéonisation ce soir de Marc Bloch, le grand historien, le résistant assassiné par la Gestapo, la patrie, Gabrielle Catala, lui devait aujourd'hui cette reconnaissance ?
Oui c'est évident, c'est un grand historien, un grand résistant, une victime de l'antisémitisme pendant la Seconde Guerre mondiale. Ça fait depuis 2006 qu'il était question de cette panthéonisation puisque dans un premier temps des historiens avaient interpellé Jacques Chirac sur la question. Mais moi je voudrais rappeler que cette panthéonisation aurait dû avoir lieu la semaine dernière, à la base le 16 juin, qui était le jour de la commémoration de son assassinat par les nazis. Et elle a été reportée uniquement par un caprice de M. Trump qui a fait reporter le G7 parce qu'il voulait assister à un match de boxe à la Maison Blanche pour son anniversaire. Et donc M. Macron a cédé à M.
Trump qui est un dirigeant d'extrême droite suprémaciste et a reporté cette cérémonie à cette semaine. Je salue également, par contre à l'inverse, le fait que la famille de M. Bloch, notamment sa petite fille Suzette Bloch, ait refusé que l'extrême droite soit présente lors de cette cérémonie ce soir. Il n'y aura donc personne du côté du Rassemblement national. Mais elle regrette par contre que Mme Knafo, qui tente en permanence de réhabiliter le maréchal Pétain, soit présente ce soir.
Et c'est le message que vous retenez de Marc Bloch, en tout cas son combat contre l'extrême droite qui reste plus que jamais d'actualité ?
Oui, Marc Bloch, c'était un antifasciste. Cela d'ailleurs est perpétué dans la famille. On voit que la famille a tenu à rappeler que le RN, ayant été fondé par des Waffen-SS et des héritiers du régime de Vichy, n'avaient pas leur place ce soir. Marc Bloch, c'était un homme de gauche, d'ailleurs. C'était un démocrate. Et donc je crois que c'est très important que l'extrême droite soit absente ce soir. Et j'espère que M. Macron n'en profitera pas pour instrumentaliser cette cérémonie, puisqu'on sait qu'il veut laisser une empreinte dans l'histoire et qu'il utilise les panthéonisations pour lui-même s'inscrire dans l'histoire longue.
Et donc je serai très attentive à ce que va pouvoir déclarer M. Macron ce soir.
Et vous allez le suivre au discours du président Macron à 21h45 ce soir pour la panthéonisation de Marc Bloch. L'actualité en France. Ce sont également les premières sanctions annoncées dans l'affaire Liana. Après un rapport accablant sur les dysfonctionnements de la justice, deux gendarmes enquêteurs du GERS vont ainsi être mutés. Et le substitut du procureur Doche est pointé du doigt dans l'attente d'une procédure disciplinaire. Qu'est-ce que vous inspire ces sanctions individuelles, Gabriel Catala ? Et sont-elles suffisantes ?
Alors c'est la continuité de la stratégie de M. Darmanin, puisque dès la mort de la petite Liana, M. Darmanin a fait en sorte de pointer des responsabilités individuelles pour ne pas avoir sa responsabilité politique et celle de ses collègues et ses prédécesseurs. Donc je ne suis pas étonné qu'il continue à essayer de trouver des boucs émissaires. Au début, c'était la procureure Doche. Comme elle n'est finalement pas pointée par ce rapport, il lui a pointé une substitute et un gendarme. Or, je trouve qu'il va un petit peu vite en besogne pour les sanctions, puisque je rappelle qu'il ne s'agit que d'un pré-rapport.
Les conclusions supplémentaires sont attendues pour le 10 juillet, puis les conclusions définitives le 5 septembre. Et M. Darmanin avait d'ailleurs déjà annoncé des sanctions avant même que ce rapport soit rendu. Et là où il y a quand même des interrogations sur, en réalité, le manque de moyens et l'absence de priorisation politique pour ces affaires-là, c'est que ce rapport dit quand même que les procureurs et les services de police et de gendarmerie étaient accablés par le travail. Par exemple, vous avez le fait que le policier ait dû se concentrer sur... Le gendarme, pardon, ait dû se concentrer sur la révolte des agriculteurs dans le cadre de la DNC.
Il est expliqué également que la substitute du procureur avait quand même des permanences parquées à faire, avait des audiences, avait un certain nombre de tâches. Et elle avait également une très forte charge de travail sur les comparutions immédiates.
Oui, alors le ministre Darmanin, vous dites, il dit que ce n'est pas un manque de moyens, un manque d'organisation.
Alors je lui réponds quand même que le parquet d'Osh fonctionne avec moins de 4 magistrats à temps plein, alors que selon la moyenne européenne, il devrait être 24. Et d'après la moyenne nationale, il devrait être au moins 6. Le Ahoche, c'est le ressort d'un tribunal avec 193 000 habitants pour seulement 4 procureurs. Et on sait que la justice aujourd'hui est accablée par la charge de travail. Et M. Darmanin, d'ailleurs, il aimerait faire oublier qu'il avait mal priorisé ces affaires-là.
Je vous rappelle qu'il y avait eu 114 circulaires publiés en moins de deux ans, au sein desquels la lutte contre les violences sexuelles faites aux enfants était une priorité de trois lignes parmi des dizaines et des dizaines de priorités. Nous avons eu les révélations de Mediapart de ces deux rapports que M. Darmanin a enterrés, celui qui avait été demandé par la Civis en 2022 et qui nous montrait que les enquêtes sur les violences faites aux enfants étaient indigentes, puis celui des inspections de 2023 qui, là aussi, souligné l'indigence de toutes les enquêtes en France sur la pédocriminalité. Et donc, vous demandez la démission de Darmanin toujours aujourd'hui en part. Exactement.
Ce rapport n'exclut pas du tout la responsabilité politique de M. Darmanin qui a annulé, d'ailleurs, par décret, 414 millions d'euros sur le budget de la justice il y a deux semaines. Elle n'enlève pas du tout non plus la responsabilité de M. Nunez et également de leurs prédécesseurs qui ont pu être ministres de l'Intérieur, comme M. Darmanin lui-même, ou ministres de la justice.
Au-delà de ces responsabilités politiques, il y a également, et sans doute la vôtre, celle de l'Assemblée, cette nécessité de légiférer pour mieux protéger les victimes des violences sexuelles.
Alors là, le raisonnement marcherait si nous n'avions pas proposé des dizaines d'amendements et de propositions qui ont été balayées par 43 mois. Moi, par exemple, ça fait deux ans que je suis rapporteur sur le budget de la justice, que je propose de renforcer le nombre de magistrats. L'année dernière, je déposais un amendement, par exemple, pour recruter...
Oui, c'était juste pour vous dire, est-ce qu'il faut aller plus loin aujourd'hui avec cette proposition de loi intégrale que proposent les socialistes, soutenue d'ailleurs par la patronne de l'Assemblée, Yael Brom-Pivet. Dans quelle mesure, vous, LFI, qui n'êtes pas en retard dans cette lutte-là, vous seriez prêts à soutenir une telle loi cadre ?
Nous, nous sommes favorables à une loi, quelle que soit son appellation intégrale, cadre, globale, pour lutter contre les violences faites aux femmes et aux enfants, à condition qu'elles soient adossées à des moyens. Puisque si vous votez une loi, mais qu'à aucun moment vous n'avez les 3 milliards pour renforcer les unités médico-judiciaires, pour renforcer le nombre d'enquêteurs, pour renforcer le nombre de magistrats, pour que la formation des magistrats sur les violences sexuelles soit obligatoire, y compris lorsque les magistrats sont déjà entrés en fonction et qu'elles soient continuelles. Donc il faut ces 3 milliards d'euros, on les trouve où ? Voilà, il faut ces 3 milliards d'euros.
C'est la nécessité d'un budget rectificatif, c'est ce que vous demandez aujourd'hui en devant ?
Alors, soit ça peut être un budget rectificatif, effectivement, qui pourrait être mis à l'heure du jour dès ce mois de juillet, au lieu de discuter de ces lois inutiles, ripostes et justice criminelle de M. Darmanin, soit ça peut être fait directement par décret. M. Lecornu n'a eu aucun mal, il y a un mois, à annuler 6 milliards d'euros dans le budget de l'année. L'Assemblée nationale n'a eu aucun mal, pas notre groupe, il y a un mois et demi, à voter 36 milliards d'euros pour les armées.
Question de volonté, c'est en tout cas votre demande aujourd'hui.
C'est une question de volonté politique, mais il s'agit aussi de justice fiscale.
Merci Gabriel Catala.
Merci beaucoup. Bonne journée. Merci. Bonne journée à vous. Merci, au revoir. Retrouvez l'intégralité des podcasts RFI sur l'application RFI Pure Radio.
Gabrielle Cathala