Début des consultations à l'Elysée, menace de censure, lettre de Lucie Castets... Le "8h30 franceinfo" de Manuel Bompard
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Bonjour Manuel Bompard, vous avez rendez-vous dans deux heures maintenant à l'Elysée avec Emmanuel Macron, les autres leaders du nouveau Front populaire et Lucie Casté. Vous venez lui présenter sa première ministre, future première ministre, c'est ça l'état d'esprit ?
Oui bien sûr c'est ça l'état d'esprit. Je crois que le président de la République doit en quelque sorte accepter maintenant sa défaite aux dernières élections législatives. On a déjà perdu beaucoup trop de temps, il y a des grandes priorités pour le pays, on est à quelques jours de la rentrée scolaire, la question qui intéresse les français c'est de savoir s'il y aura bien un enseignant en face de chaque classe, il y a des problématiques liées à l'achat des fournitures scolaires, il y a la question du pouvoir d'achat, des salaires.
Et vous savez quand vous regardez un petit peu la presse internationale, parce que j'ai fait cet exercice pendant l'été, les gens ne comprennent pas pourquoi alors que le nouveau Front populaire a remporté des élections législatives, le nouveau Front populaire n'est pas déjà en train de gouverner ce pays. Donc je crois que oui, on a perdu trop de temps, il faut que le président de la République prenne acte en fin du résultat des élections et nomme Lucie Casté qui est effectivement la candidate que nous avons proposée.
Et s'il ne la nomme pas, qu'est-ce qui se passe ? Ça veut dire que vous censureriez tout autre chef du gouvernement nommé par le président de la République ?
Mais avant de me poser cette question, il faudrait quand même se demander pour quelle raison le président de la République pourrait prendre la liberté de ne pas nommer Lucie Casté, enfin quand même.
Parce que vous avez 193 députés à l'Assemblée, le nouveau Front populaire, et que le président aimerait une majorité stable et large.
Non mais d'accord.
Donc plus de 289 pour éviter d'être renversé.
D'abord dans nos institutions, ce n'est pas au président de la République de constituer, de faire et de défaire les majorités. Ce n'est pas son rôle. Le président de la République doit nommer le Premier Ministre, ou la Première Ministre en l'occurrence, en fonction de la coalition qui dispose du plus grand nombre de députés à l'Assemblée Nationale. Mais il a aussi un programme qu'il souhaite appliquer, il n'est pas cohérent qu'il ait envie d'avoir un Parlement qui puisse faire avancer ce programme.
Mais attendez, il ne peut pas continuer à s'accrocher au pouvoir comme il le fait, alors qu'il a perdu les élections européennes, qu'ensuite il a dissous l'Assemblée Nationale, qu'il a perdu le premier tour des élections législatives, et qu'il a perdu le deuxième tour des élections législatives. Donc, encore une fois, c'est un comportement, pardon, excusez-moi du terme, d'autocrate de considérer que quel que soit le résultat des élections, bah finalement...
D'autocrate, vous y allez peut-être un petit peu fort.
Non, je n'y vais pas fort. En tout cas, c'est la vision qu'ont, je crois, beaucoup de gens dans ce pays qui ne comprennent pas pourquoi. Alors que les élections ont été perdues, le Président de la République devrait continuer à gouverner, à mettre en place son programme. Il y a plus de 700 décrets qui ont été signés depuis la date des élections législatives. On apprend qu'il y a des lettres de cadrage budgétaire, et que c'est le même budget que l'année dernière qui va continuer à s'appliquer avec...
Un budget réversible, le 3Mg. Non, mais d'accord, mais... Mais Manuel Bompard, vous connaissez...
Vous comprenez qu'il y a quand même quelque chose de totalement incongru. Ça devrait vous choquer, vous aussi. Il y a eu des élections, on les a gagnées, le nouveau front populaire. Et le Président de la République veut continuer à gouverner avec son programme et faire et défaire les majorités. Mais ce n'est pas comme ça que ça fonctionne.
Sauf que vous avez peut-être, a priori, une majorité contre vous qui pourrait vous renverser, puisque des macronistes jusqu'au Rassemblement National, ils disent que si jamais il y a le moindre ministre LFI dans le gouvernement, on le renverse.
Mais quelle approche politicienne ? Ce qui devrait tous nous importer, enfin ce qui m'importe moi en tout cas, et ce qui devrait intéresser tout le monde, c'est qu'est-ce qu'un nouveau gouvernement, qu'est-ce qu'un gouvernement du nouveau front populaire ferait, mettrait en place comme mesure programmatique. Et c'est sur cette base-là qu'il faut regarder si telle ou telle personne devrait censurer. Moi, je vous dis, les jeux ne sont pas faits.
S'il y a un gouvernement du nouveau front populaire comme je le souhaite, que les premières mesures que nous prenons, c'est abroger la réforme des retraites, c'est augmenter les salaires, je dis bon courage aux députés qui vont décider de censurer un tel gouvernement. Je crois qu'ils ne le feront pas.
Est-ce que pour rassurer, convaincre le chef de l'État de nommer Lucie Casté, vous êtes prêts à dire, ok, on voit bien que les Insoumis, c'est ça qui pose problème, on est prêts à ne pas avoir de ministre et à faire du soutien sans participation pour que ça marche et que ça ne braque pas le reste de l'Assemblée ?
Mais madame, la France Insoumise est le groupe parlementaire le plus nombreux parmi le nouveau front populaire. C'est le plus gros groupe des différents groupes du nouveau front populaire. 72 députés. Pour quelle raison ?
Pour éviter d'être conversée et d'avoir malgré tout le gouvernement que vous soutenez qui arrive aux responsabilités.
Moi, ce que je souhaite, c'est que les mesures de notre programme puissent être mises en place, qu'il y ait un gouvernement du nouveau front populaire qui soit nommé et qu'on puisse commencer à mettre en place notre programme. Donc, vous pourriez dire, on n'y participe pas. Non, parce que je dis que si nous mettons en place notre programme, alors je pense que les Françaises et les Français entendront, verront que les préoccupations qu'ils ont exprimées aux dernières élections législatives sont entendues, qu'elles sont suivies des faits.
Et à partir de ce moment-là, je dis que ceux qui aujourd'hui font les gros bras en disant si c'est comme ça, vous allez voir ce que vous allez voir, ne pourront pas censurer un gouvernement qui commençait à mettre en place une politique qui sera populaire dans le pays. Parce qu'augmenter les salaires, c'est populaire. Parce qu'abroger la réforme des retraites, c'est populaire. C'est ce que les gens veulent, c'est ce que les gens attendent.
Vous avez une majorité, vous pensez, pour passer le SMIC à 1 600 euros ? Sur qui vous comptez ? Vous êtes 193.
Il y a des mesures. Il faut prendre les choses dans l'ordre. Il y a des mesures sur lesquelles, oui, je pense qu'il peut y avoir une majorité. Et par exemple, c'est ce qu'a dit Lucie Casté, la première mesure, la première loi, c'est-à-dire la loi sur l'abrogation de la réforme des retraites, oui, je pense que c'est une loi qui peut être votée par une majorité des députés à l'Assemblée nationale.
En comptant sur les voix du Rassemblement national, donc.
En comptant sur les voix de tous les députés qui souhaitent voter l'abrogation de la réforme des retraites. Ça ne vous a pas échappé qu'il y a un an, il n'y avait pas de majorité pour voter la retraite à 64 ans ? Il n'y en avait pas, puisque le président de la République n'a pas été renversé. D'accord, mais s'il y avait eu une majorité pour voter ce texte de loi, il n'y aurait pas eu de 49-3. Tout le monde le sait. S'il y a eu le 49-3, c'est bien, allez, je vous le concède, qu'à minima, il n'était pas garanti d'avoir une majorité. Donc, il pensait qu'il pouvait perdre ce vote. C'est pour ça qu'ils ont eu recours au 49-3.
Donc, je vous dis aujourd'hui, avec la modification des rapports de force issus des dernières élections législatives, qu'une loi sur l'abrogation de la réforme des retraites, c'est une loi qui sera majoritaire à l'Assemblée nationale.
Et en cas de besoin, vous passeriez par un 49-3 ? Mais il n'y aura pas besoin de faire un 49-3. Mais donc, en vous appuyant sur les voies du Rassemblement national, on est bien d'accord ?
Mais non, mais pas seulement. Enfin, écoutez, les députés...
Ce n'est pas chez les macronistes que vous allez avoir des soutiens pour abrogter la réforme des retraites.
Mais madame, si vous êtes une observatrice avisée, je crois que vous l'êtes de l'Assemblée nationale, vous savez qu'il n'y a pas que le Rassemblement national et les macronistes. Il y a le groupe Liotte, par exemple, qui n'avait pas voté en faveur de la réforme des retraites. Par exemple, parmi les députés les Républicains, la dernière fois, il y en avait quasiment un tiers qui ne voulait pas voter cette réforme sur les retraites. Donc je pense qu'il voterait une loi d'abrogation sur la réforme des retraites. Pour vous prendre cet exemple-là. Donc oui, il y a des propositions de loi qui peuvent gagner une majorité à l'Assemblée nationale. Celle-là en fait partie.
Puis après, il y a aussi des mesures qui peuvent être prises par la voie réglementaire, comme on l'a dit depuis le début. Voilà, moi je souhaite que le programme du nouveau Front Populaire puisse être mis en place. Et je pense que nous avons tout à fait les moyens de convaincre une majorité de députés sur l'ensemble de ces mesures.
Mais vous avez conscience que votre radicalité peut encore faire peur ? Aujourd'hui, Manel Bompard, on parle du RN, on parle des macronistes. Mais il y a un sondage à RIS qui est paru dans Challenge cette semaine qui montre aussi que parmi les sympathisants écologistes, même les socialistes, certains préféraient faire alliance avec peut-être la droite, voire les macronistes, plutôt qu'avec les insoumis.
Mais en fait, j'ai envie de vous poser une question. Pendant combien de temps vous allez continuer à citer des sondages pour faire... Il existe ! Non, mais ça ne m'a pas échappé qu'il a existé. Mais combien de sondages dans la phase des élections législatives avaient dit que le nouveau Front Populaire allait remporter les élections législatives ? Est-ce que vous êtes capables de répondre à cette question ? Combien ? Oui, aucun. Je ne me rappelle plus de la foulée. Aucun. Zéro. Zéro.
Donc, je ne sais pas, il me semble à un moment que quand on fait des sondages, l'outil qui fait la pluie et le beau temps en matière politique, et que dans la dernière phase, les sondages se sont trompés à 100%, on va peut-être arrêter d'être appelés en permanence à commenter les sondages comme étant la réalité, etc. Moi, ce que je sais, c'est que le nouveau Front Populaire a gagné les élections législatives. Ce que je sais, c'est qu'il y a eu plus de 20 députés issus de la France Insoumise qui ont été réélus dès le premier tour. Et donc, je n'ai pas l'impression que le programme politique porté par la France Insoumise rebute tant que ça les Françaises et les Français.
Après, il y a des gens qui ne sont pas d'accord, il y a des gens qui sont d'accord, ça s'appelle la démocratie. On a constitué le nouveau Front Populaire, on a bien fait de le faire. Nous disposons aujourd'hui du plus grand nombre de députés à l'Assemblée Nationale. Nous souhaitons pouvoir gouverner. Et je veux rassurer tout le monde, nous ne souhaitons pas gouverner pour embêter qui que ce soit, nous souhaitons gouverner pour améliorer la vie des gens, tout simplement. Et je pense que c'est un programme qui peut rencontrer une très large approbation dans le pays.
Nous sommes toujours avec Manuel Bompard, coordinateur de la France Insoumise. Dans moins de deux heures, vous serez dans le bureau d'Emmanuel Macron. En amont de cette rencontre, Lucie Castet et tous les dirigeants du nouveau Front Populaire, dont vous, vous avez adressé une lettre aux Français. Vous dites qu'il va falloir inventer une manière inédite de gouverner sous la Ve République. Ça consistera en quoi ? Emmanuel Macron sera sans doute curieux de savoir.
D'abord, ça sera une rupture avec la manière avec laquelle Emmanuel Macron a gouverné ce pays depuis sept ans. C'est-à-dire dans le mépris de l'Assemblée Nationale, qui a en quelque sorte été renvoyée à une sorte de gens qui sont juste là pour lever la main, pour dire je suis d'accord, je ne suis pas d'accord. Donc ça veut dire avec une réhabilitation du travail parlementaire, avec la sollicitation de ce qu'on appelle parfois les corps intermédiaires, les organisations syndicales, les associations, les organisations d'élus.
Tous ces gens qui, en vérité, ont été très largement méprisés par le président de la République depuis sept ans et à qui, oui, je crois qu'il faut redonner la parole, qu'il faut redonner une partie du pouvoir et il faut mettre un terme à cette forme de brutalité politique. On parlait de la réforme des retraites tout à l'heure, qui en a été, je crois, une illustration chimiquement pure, c'est-à-dire d'une réforme rejetée par 90% des actifs, par une majorité de députés à l'Assemblée Nationale, par l'ensemble des syndicats, mais qui voient quand même le jour.
Et ça, ça fait beaucoup de mal à notre démocratie, parce que les gens se disent, bon, finalement, ça sert à quoi d'aller voter, puisqu'on va voter et puis à la fin, c'est quand même ce avec quoi on n'est pas d'accord qui s'applique. Donc voilà, je pense que c'est ça notre volonté. C'est une volonté de remettre sur le devant de la scène la parole des Françaises et des Français, leur priorité, leur préoccupation, de rompre aussi avec une politique économique, celle d'Emmanuel Macron, qui a consisté à gaver une petite minorité d'ultra-riches au détriment du plus grand nombre de la population. C'est avec tout ça qu'il faut tourner la page, je crois.
Dans cette lettre, vous écrivez également que vous souhaitez rompre avec la logique d'un camp contre un autre. Est-ce que ça veut dire que vous êtes prêts à faire des concessions sur le programme ?
Mais en fait, il faut distinguer deux choses. Nous avons toujours dit depuis le début qu'il fallait, puisque c'était le résultat des élections législatives, mettre en place un gouvernement du nouveau Front populaire, qui se fixe comme objectif d'appliquer le programme du nouveau Front populaire. Et puis ensuite, il y a un débat parlementaire. Et vous l'avez dit vous-même, ça ne m'a pas échappé. Mais nous disposons d'une majorité relative à l'Assemblée nationale, pas d'une majorité absolue. Très relative, donc quasiment sans député.
Et donc à partir de ce moment-là, c'est normal, c'est la pratique habituelle des élections, de dire qu'il y aura des débats sur les textes de loi à l'Assemblée nationale, que moi j'essaye et je forme le vœu, et je créerai les conditions maximum pour faire en sorte de convaincre l'ensemble des députés des mesures de notre programme, mais qu'on laissera de la place bien évidemment au débat parlementaire.
Mais du coup, c'est un peu différent de ce qu'a déclaré Mathilde Panot cette semaine sur France Inter, réalisé que la France insoumise ne veut pas d'un gouvernement d'union nationale, ni d'une grande coalition. On ne discutera jamais avec les partis qui ont participé au Front républicain. Mais non, mais justement, c'est pas différent. On a du mal à comprendre la logique du coup.
Mais non, je ne sais pas, il me semble pourtant que c'est très clair. Il y a la question de la composition du gouvernement et du programme de ce gouvernement, et ça à partir du moment où le nouveau Front populaire a remporté les élections, c'est donc un gouvernement du nouveau Front populaire. Ce n'est pas un gouvernement de coalition que nous souhaitons. C'est un gouvernement qui a comme objectif de mettre en place le programme du nouveau Front populaire. Voilà, ça, ça me paraît simple. Et ensuite, on ne va pas faire disparaître l'Assemblée nationale et le Sénat. Donc il y a une Assemblée nationale et un Sénat. Il est normal, il est légitime.
Un Sénat majoritairement de droite.
Mais voilà, donc il y aura du débat. Oui, mais vous savez que dans nos institutions, c'est l'Assemblée nationale qui a le dernier mot. Mais donc il y aura une navette parlementaire classique, et nos textes de loi, ils devront tenir compte des équilibres qui existent dans les assemblées.
Du coup, excusez-moi, mais lutter contre la logique du camp contre un autre, et dire dans le même temps, on ne discutera jamais avec les partis qui ont participé au Front populaire ?
Mais non, mais enfin, je ne sais pas, il me semble que j'ai répondu de manière très claire, mais il n'y a pas de volonté de notre part de constituer une coalition qui va au-delà des rangs du nouveau Front populaire. On l'a dit depuis le début, pas parce qu'on ne voudrait pas travailler avec d'autres personnes, etc. Mais tout simplement parce que nos projets politiques sont incompatibles, contradictoires. J'ai dit, nous voulons abroger la réforme des retraites. Les partis macronistes sont responsables de la mise en place. Nous voulons augmenter le SMIC à 1 600 euros. Les partis macronistes ont refusé depuis 7 ans.
Chaque année, chaque année, on déposait des amendements pour l'augmentation du SMIC. Ils ont été refusés à chaque reprise. On veut rétablir l'impôt de solidarité sur la fortune. C'est le président de la République, Emmanuel Macron, et les députés macronistes qui ont décidé d'abroger l'impôt de solidarité sur la fortune. Donc ça n'aurait aucune valeur, aucune cohérence de faire croire qu'il peut y avoir un programme de coalition qui lie le nouveau Front populaire et les partis macronistes, bien évidemment. Donc le programme, c'est celui du nouveau Front populaire, c'est celui que nous voulons mettre en place. Ensuite, il y a un débat parlementaire.
Et dans ce débat parlementaire, on essaye de convaincre. C'est ça la démocratie.
Manuel Bompard, est-ce que vous regrettez d'avoir menacé Emmanuel Macron de destitution ? Ce qui a suscité du trouble chez vos partenaires du nouveau Front populaire. On s'est rendu compte que vous étiez tout seul sur cette ligne.
Tout seul. Vous avez cité des sondages tout à l'heure.
Ah, c'est quand ça vous arrange alors ?
Je ne sais pas, ça vous intéresse de les citer. Parfois, moi, ça m'intéresse. C'est sur la question de la destitution, effectivement. Quand c'est dans votre sens, ça vous intéresse ? C'est juste que dire que nous sommes tout seuls, cette semaine, le sondage que vous avez cité tout à l'heure, disait qu'il y avait pratiquement un Français sur deux qui soutenait cette mesure de destitution. Oui, mais je n'ai pas l'impression de... En gros, si je suis seul avec la moitié des Français, je trouve que c'est pas mal. Voilà. Donc, ça, c'est pour vous répondre sur ce sujet. Pour le reste, non, je ne regrette rien, mais pour une raison très simple.
Mais parce que notre priorité, c'est que Lucie Casté soit nommée comme Première ministre. C'est ce que nous disons depuis maintenant les sept semaines qui nous ont séparés du résultat des élections législatives. Bon. Maintenant, si le Président de la République s'entête dans un coup de force, s'entête dans cette démarche autocrate que je dénonçais tout à l'heure, à partir de ce moment-là, il faut bien que nous répondions à ça.
Mais menacer avant des négociations, est-ce que c'est vraiment la bonne méthode ?
Mais ce n'est pas une menace, c'est un avertissement. C'est-à-dire que si le Président de la République décide de s'entêter, de continuer à s'accrocher au pouvoir, excusez-moi, mais c'est quand même... On nous a dit, vous êtes des partisans du chaos, vous voulez déstabiliser nos institutions. Enfin, excusez-moi, je propose seulement d'utiliser un article de la Constitution, c'est l'article 68. Ce n'est pas le chaos, ça. Et on sait que ce sera d'ailleurs compliqué de l'appliquer.
Y compris chez vos alliés. On a entendu cette semaine, par exemple, Raphaël Glucksmann, qui est votre allié jusqu'à preuve du contraire, puisque...
Je ne suis pas Raphaël Glucksmann, j'ai l'impression qu'il a largement pris ses distances avec le nouveau Front populaire, et ce, depuis plusieurs semaines.
Il a tourné la page Mélenchon, et tourné aussi la page du populisme de gauche.
Oui, mais comme je le disais tout à l'heure, Raphaël Glucksmann, depuis le début, s'est mis à distance du nouveau Front populaire. Et oui, j'ai l'impression qu'il est plus préoccupé par l'après-Mélenchon. Moi, ce qui m'intéresse, c'est l'après-Macron. Vous voyez, c'est peut-être notre différence sur ce sujet. Et moi, ce qui m'intéresse, c'est comment la politique macroniste qui a été mise en place depuis maintenant sept ans, on tourne la page de cette politique pour répondre aux préoccupations qui ont été exprimées par les Françaises et les Français. Je vois bien que depuis plusieurs jours, certains, comme M.
Glucksmann, ou certains au Parti Socialiste, essayent d'utiliser n'importe quel prétexte pour fracturer l'unité du nouveau Front populaire.
Certains au Parti Socialiste considéraient qu'il ne fallait pas aller avec vous à l'Élysée tout à l'heure.
Oui, mais j'ai l'impression que certains au Parti Socialiste sont plus intéressés à préparer le prochain congrès du Parti Socialiste qu'à préparer le prochain gouvernement de la France. Moi, ce qui m'intéresse, c'est le prochain gouvernement de la France. Vous voyez ? Et c'est ça qui m'intéresse. Mais oui, je vous dis, j'affirme, je réaffirme ici que dans l'hypothèse où le Président de la République s'entêterait, refuserait de respecter le résultat des élections, il est normal que nous utilisions les moyens institutionnels à notre disposition, et donc en particulier cet article 68 de la Constitution, pour engager une procédure de destitution du Président de la République.
En tout cas, vous irez parler justement avec le Président de la République dans moins de deux heures maintenant de ce nouveau gouvernement. Merci Manuel Bompard d'avoir été l'invité du 8.30 France Info. Merci Aurélie.
Manuel Bompard