Jordan Bardella, président du "Rassemblement national" - 01/05
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
– Jardin Bardella, le président du Rassemblement National et notre invité ce midi, je vous interroge avec Edwige Chevrillon et Jérémy Trottin. Nous sommes le 1er mai, M. Bardella, vous étiez, juste avant de venir à cette émission, devant la statue de Jeanne d'Arc pour déposer une gerbe. Alors, je vais rappeler une ou deux choses à nos téléspectateurs, la libération d'Orléans par Jeanne d'Arc, c'est le 8 mai 1429, c'était la date initiale à laquelle elle était célébrée, puis en 1988, le Front National décide de décaler ça au 1er mai pour différentes raisons. Vous avez conservé cette date, vous n'y étiez pas Marine Le Pen et vous avez changé de statut. Alors ça, c'est ma première question.
Vous n'étiez plus devant la statue dorée place des pyramides à Paris. Là, on a souvent vu Jean-Marie Le Pen, Marine Le Pen. Pourquoi est-ce que vous avez changé de statut équestre ?
– Oui, il n'y a pas de raison particulière. C'est vrai que la statue rue de Rivoli est associée à des défilés qu'a longtemps fait le Front National à l'époque. Le Rassemblement National a apporté ses nuances, ses évolutions. Et donc, nous avons changé de statut. Il n'y a pas de signification particulière, mais je pense que la politique, elle est d'abord et avant tout faite de symboles. Et on a voulu aujourd'hui rendre hommage, comme on le fait chaque année, à la femme la plus connue de l'histoire de France. Et puis Jeanne d'Arc, c'est aussi un symbole de rassemblement dans un pays qui est divisé, fracturé.
C'est une héroïne, une chef de guerre qui a su rassembler la nation, la libérer, la protéger. Et donc, comme chaque année, nous avons rendu hommage à Jeanne d'Arc.
Vous venez de dire, M. Bardella, la politique est une affaire de symboles, et c'est très important. Donc, vous souhaitez définitivement décoller cette étiquette du Front National. En fait, pour vous dire les choses franchement, j'ai l'impression que vous voulez garder les électeurs du Front National, mais vous ne voulez plus de l'image de ce parti.
On évolue. On évolue et les Français savent bien que le Rassemblement National d'aujourd'hui n'est pas le Front National d'hier, d'il y a dix ans, d'il y a vingt ans, et que nous allons continuer d'évoluer.
Et changer de statut, ça y contribue.
Moi, je ne vois pas le parti politique comme une sorte de statu quo, comme une sorte d'entité immuable. Un parti politique, c'est un outil qui permet à des idées, à des convictions, qui permet à une dynamique d'arriver au pouvoir. Nous sortons d'une élection présidentielle où nous avons rassemblé notre famille politique, notre candidate Marine Le Pen, à rassembler un nombre de voix qu'on n'avait jamais réunies dans l'histoire de notre famille politique. Alors certes, c'est la dernière marche qui nous a manquée, mais au rythme de dix millions de voix supplémentaires tous les cinq ans, la prochaine fois sera la bonne. Elle n'était pas là Marine Le Pen ?
Non, la grande absente finalement de cérémonie du 1er mai, c'est Marine Le Pen qui a en revanche posté une vidéo dans laquelle on la voit visiblement dans un jardin devant des bambous, pour ceux qui n'auraient pas vu cette vidéo. Elle appelle à faire barrage à Emmanuel Macron, elle appelle aussi à la mobilisation en vue des législatives. Est-ce que ce n'est pas un petit mythe comme lancement de campagne ? Marine Le Pen a pris quelques jours pour se reposer. Ça ne vous aura pas échappé qu'elle sort d'une campagne présidentielle qui a été très longue. On n'est pas arrivé, nous, à deux semaines de l'élection comme Emmanuel Macron en improvisant une campagne.
On a travaillé cette campagne sur le terrain depuis plusieurs mois. Vous le savez, vous nous avez suivi depuis septembre, on était sur le terrain. Donc Marine a pris quelques jours pour se reposer, mais elle est de retour, elle va conduire cette bataille législative avec le Rassemblement national. Ce qu'on a voulu dire, c'est que le scrutin n'est pas terminé, qu'il y a un troisième tour, et qu'en vérité, les élections législatives sont un peu la dernière bretelle d'autoroute avant la ligne droite. C'est la dernière échéance, et les Français doivent le savoir, qui va permettre de limiter les pouvoirs d'Emmanuel Macron.
Si Emmanuel Macron, à l'issue de ses élections législatives, obtient les pleins pouvoirs, obtient 4, 450, allez, 500 députés à l'Assemblée nationale, alors il aura les mains libres pour 5 ans. Il n'y aura aucun contre-pouvoir, et ça va être donc le top départ, peut-être l'échec d'un mode de scrutin qui n'est pas représentatif. Parce que, permettez-moi de vous rappeler qu'un mouvement comme le nôtre, avant les élections législatives, on a des perspectives intéressantes, mais à la veille de ces élections législatives, n'a que 6 députés sur 577, alors qu'il a réuni en 2017 11 millions de voix au second tour, 13 millions de voix et demi sur ce second tour.
Donc ça pose la question du scrutin proportionnel, que nous appelons de nos voeux, mais les Français doivent bien savoir que le projet d'Emmanuel Macron ne sera mis en œuvre que si Emmanuel Macron a une assemblée majoritaire dans quelques jours. On peut encore empêcher cela. Donc c'est le troisième tour qui est lancé. Et nous, nous appelons évidemment l'ensemble de ces Français qui travaillent, qui travaillent dur, qui travaillent sans jamais se plaindre, qui payent les 60 plus... Monsieur Bardella, on va y revenir. On va y revenir sur les législatives dans un instant.
5 années de violence sociale très très dure, sauf s'ils décident, là en tant, de faire entrer des députés patriotes à l'Assemblée.
Une question quand même, je ne sais pas, j'imagine que vous vous êtes posé la question. Pourquoi est-ce que vous avez perdu, finalement, à vos yeux ? Quelle leçon vous tirez ?
Je pense qu'à la fois, le temps nous a donné raison. C'est-à-dire que le temps nous a conduits à imposer dans le débat public des thèmes, la question du pouvoir d'achat, la question de l'immigration, la question de la sécurité que nous avons imposée dans cette élection. Mais il nous a peut-être manqué d'un peu de temps. Nous faisons face à une oligarchie, un système qui est extrêmement puissant. Emmanuel Macron a été élu, mais il a aussi été aidé. Il a été aidé par des unes tout azimuts de journaux, la presse entière qui appelle à voter pour M. Macron. On a vu des unes pendant l'entre-deux-tours de presse écrite.
Donc, on est là face à un système qui est très puissant, qui tient, qui défend ses intérêts. C'est uniquement la faute aux autres. Mais il y a... Non, je ne vous dis pas cela. Je pense qu'il nous a manqué de temps. Je pense qu'il nous a manqué de temps pour convaincre. Mais quand vous n'êtes pas... Vous avez eu la campagne la plus longue. Vous avez eu la campagne la plus longue. Vous avez dit... Oui, les partis très tôt. Les partis très tôt, vous avez eu la campagne la plus longue. Quand vous avancez dans l'adversité, c'est parfois plus difficile que tous les autres. On a fait le choix de la sincérité dans cette élection.
De faire évoluer les choses, M. Bardella, tous les arguments que vous avancez à l'instant, j'ai toujours entendu Jean-Marie Le Pen les avancer, puis Marine Le Pen, le Front National contre le système. On entend ça depuis toujours. Mais c'est la vérité. Donc vous avez l'intégralité. Donc les choses n'ont pas tant évolué.
Non, vous avez l'intégralité. Si, elles ont évolué parce que nous avons atteint un nombre de voix que nous n'avions jamais atteint dans l'histoire de notre famille politique, parce que nous avons participé de l'effondrement total des Républicains, parce que nous sommes aujourd'hui au bout de cette recomposition entre cette force populaire que nous avons créée, je le rappelle, 13,5 millions de voix, en tête dans 22 000 communes au premier tour. Vous avez déjà gagné à vos yeux. 18 000 communes au second tour.
Il nous a peut-être manqué d'un peu de temps. Mais est-ce que le problème, M. Bardella, finalement, ce n'est pas le nom Le Pen ? Est-ce que ce n'est pas ce nom-là qui vous empêche de gagner, qui vous sépare des quelques pourcents ?
Pour banaliser les éléments de langage d'Éric Zemmour. Non, non, je vous pose une vraie question. Non, je ne crois pas. Je crois que le nom Le Pen a mis... D'abord, je pense que le nom Le Pen, c'est le symbole dans la vie politique d'une forme de pugnacité, de courage, qui a réuni sur son nom, en l'occurrence, sur son étiquette, 13,5 millions, 42%, 41,5% des électeurs français au second tour.
Oui, ça, aujourd'hui, M. Bardella, mais le nom Le Pen, c'est aussi un nom duquel vous souhaitez vous détacher, vous l'expliquez vous-même, parce que votre parti n'est plus le même.
Mais le parti est amené à évoluer. Dans cette campagne, on a fait le choix, c'est vrai, de mettre un peu au second plan des thématiques sur lesquelles on était assez identifiés. Je veux dire, les Français savent ce qu'on pense de la question de l'immigration, ils savent ce qu'on pense de la question de la sécurité, ils savent ce qu'on pense des questions régaliennes au sens large. On a fait le choix de parler de pouvoir d'achat, on a fait le choix de parler de questions sociales, on a fait le choix de parler de la santé, on a fait le choix d'élargir nos axes de campagne. Mais les Français, ils ont fait un choix, et je respecte.
Les Français, ils ont choisi la retraite à 65 ans, ils ont choisi l'augmentation des taxes sur les carburants, ils ont choisi la continuité de la politique d'immigration, je respecte ces choix-là, mais je suis en désaccord avec ces choix. Et nous allons continuer de mener le combat. Alors justement, justement, le combat, pardonnez-moi. La vie commence toujours demain. Marine Le Pen a été candidate, je crois, avec une forme de sincérité dans cette campagne pour servir la France, servir les Français, et nous allons continuer à le faire.
Mais permettez-moi de vous rappeler que ce scrutin n'est pas fini et que, encore une fois, la casse sociale peut être empêchée si nous faisons entrer des députés du Rassemblement national
à l'Assemblée au mois de juin. Le premier rendez-vous, il est fini, la présidentielle est terminée, mais dès 20h10, le soir du second tour, effectivement, on a l'impression que la bataille législative a commencé.
Oui, est-ce que vous allez proposer des candidats absolument partout, Jordan Bardella, ou pas ? Ou est-ce que vous allez choisir ? Est-ce que, par exemple, vous allez faire un peu, comme le dit déjà, reconquête ? On ne va pas présenter, et ils ne vont pas présenter des candidats face à Marine Le Pen ou d'autres personnalités du Rassemblement national. Est-ce que vous, vous aurez des candidats partout ?
Il y a des candidats, aujourd'hui, Rassemblement national, qui sont investis dans quasiment toutes les circonscriptions. On a une commission d'investiture lundi, donc dans quelques jours, je serai en mesure de vous dire que le Rassemblement national est présent partout. Nous sommes présents partout parce que c'est une marque de confiance qu'on doit aux électeurs français. C'est une marque de confiance qu'on leur doit parce qu'ils ont fait le choix de nous placer au second tour de l'élection présidentielle, encore une fois, avec un score qui n'est, certes, pas suffisant pour l'emporter, mais qui est très important et qui nécessite donc d'être présent sur l'intégralité du territoire.
Maintenant, pour vous répondre clairement, il y a des gens qui sont investis par le Rassemblement national, qui sont des gens de la maison, du Rassemblement national, et puis, on peut être amené, et on sera amené dans les jours qui viennent à discuter de l'investiture de gens qui viennent de l'extérieur. Et je peux d'ores et déjà vous dire qu'il y aura parmi les gens investis par le RN, des gens qui ont été aux Républicains, des gens qui ont eu un parcours à droite à l'UMP aux Républicains, qui sont investis par le Rassemblement national. Nous donnerons la liste des candidats dans quelques jours.
Et il y a aussi des gens qui ont pu s'approcher de Reconquête et qui s'en sont éloignés, qui en sont partis parce qu'ils ont bien vu que la stratégie qu'a mise en place Éric Zemmour était une impasse politique et ne menait en réalité qu'à une démarche de témoignage et ne pouvait amener le camp national à prendre le pouvoir. Donc, nous avons une responsabilité qui est celle de construire un grand rassemblement large.
Est-ce que tu demandes d'avoir un objectif ?
Oui, il n'y aura pas de rancune vis-à-vis de ces gens qui vous ont quittés pour partir à Reconquête. Parce que je vous ai moi-même interrogé à ce sujet. Je vais vous dire les choses. Je vais vous dire les choses.
Il y a différents profils. Il y a des gens qui ont pu, au début, septembre, octobre, s'approcher de la candidature d'Éric Zemmour, voir que ça menait à une impasse et qui ont pu revenir au rassemblement national. Il n'y a pas de débat là-dessus. Ils ont voté pour Marine Le Pen au premier et au second tour.
Maintenant, il est clair que nous n'aurons pas la même attitude et les Français, elles comprennent bien, à l'égard de gens qui ont passé huit mois à nous combattre, qui ont passé huit mois à tout faire pour disperser les voix, nous empêcher d'être au second tour, quitte à prendre le risque de faire qualifier Jean-Luc Mélenchon au second tour de l'élection présidentielle et qui reviennent aujourd'hui. Je peux vous assurer que le téléphone chauffe beaucoup et qu'il y a des gens qui sont partis du Rassemblement national, qui ont eu des mots très durs à notre égard et qui nous disent « bon, je me suis trompé, est-ce que je peux revenir ?
» Mais je pense que tout ça, c'est de la cuisine, ça n'intéresse pas les Français. Donc vous ne les reprenez pas, ceux-là ? Nous, on aura des candidats partout parce que… Monsieur Bardala, vous ne les reprenez pas. Non. Les gens qui se sont mal tenus, qui ont eu des propos dégradants à l'égard de notre candidate et donc à l'égard de notre mouvement et donc à l'égard des gens qui répondent à nous, évidemment, seront amenés à démontrer, dans le cadre de l'élection législative, qu'ils sont meilleurs que nous et qu'ils sont meilleurs que tout le monde.
Mais notre volonté, c'est de faire en sorte que les idées nationales soient présentes et que le bloc national soit présent massivement à l'Assemblée nationale. Donc, c'est la raison pour laquelle… Et j'en termine, si vous me le permettez, au second tour, au premier tour, chacun présente ses candidats partout. On est la première force d'opposition. On a des plus-values de projets à faire connaître. Regardez, par exemple, sur la question de la retraite. Moi, ça me poserait un problème de retirer un candidat du Rassemblement national et de soutenir un candidat de reconquête qui voterait la réforme à 65 ans d'Emmanuel Macron.
On sait que sur la retraite, par exemple, dans un climat d'urgence sociale très fort, la position d'Éric Zemmour sur la retraite est plus proche de celle d'Emmanuel Macron que celle de Marine Le Pen, qui défend, je vous le rappelle, 40 annuités, 60 ans.
C'est valable aussi pour les LR, ça, M. Bardella. Vous allez peut-être soutenir au second tour des gens qui, sur le point précis, qui semblent très importants pour vous, sont éloignés de vos positions. Non, il s'agit de soutenir des gens
qui nous ont rejoints, qui ont fait le constat que les autres mouvements politiques étaient aujourd'hui dans une impasse et qui ont vu que le mouvement, le grand bloc populaire que nous avons créé dans cette campagne, était amené à évoluer, était amené à croître, était amené à s'élargir. Et donc, ils viennent sur la base de notre projet. Et donc, évidemment, sur la retraite, ils voteront. Vous appelez les Français à voter massivement pour vous pour avoir un groupe à l'Assemblée nationale. Quel est votre objectif dans ces législatives ? Le plus possible. Je dis aux Français, donnez-nous de la force. Vous espérez quoi ? Donnez-nous les moyens de vous défendre.
Ne laissez pas les pleins pouvoirs à Emmanuel Macron, qui, je crois, a démontré pendant 5 ans qu'il était un dirigeant autoritaire et qui, s'il devait avoir les pleins pouvoirs pendant 5 ans, serait cataclysmique pour la démocratie ? Vous avez déjà admis que vous n'aurez pas la majorité, on a l'impression. À vous écoutez. Il y a une forme. Écoutez, moi, je ne prends pas les Français pour ce qu'ils ne sont pas. Les Français savent parfaitement qu'à partir du moment où un président de la République est élu, il a 4 ou 5 semaines plus tard, qu'il a une majorité. Mais on peut perturber cette majorité. On peut ne pas laisser les pleins pouvoirs à cette majorité. On peut constituer un groupe.
On peut constituer un groupe puissant qui, passé un certain nombre de députés, peut engager un référendum, qui peut défendre des mesures de baisse des taxes sur le pouvoir d'achat. Donc, l'enjeu, il est essentiel, c'est celui de ne pas laisser Emmanuel Macron pendant 5 ans avoir les mains libres.
Donc, votre objectif, j'en termine. Vous avez fait une déclaration à Fréjus, au cours d'un déplacement, qui a choqué. Parce que vous avez comparé... Non, qui a choqué les journalistes. Non, non. Vous avez comparé potentiellement la France à la Russie. Non, je n'ai pas dit ça. Vous avez dit qu'il serait mal venu ensuite de critiquer la Russie si Emmanuel Macron venait à avoir la majorité à l'Assemblée nationale. Dans ce contexte de guerre en Ukraine, avec un autocrate à la tête de la Russie, vous maintenez cette comparaison ?
Je pense qu'Emmanuel Macron est un dirigeant autoritaire. Je pense qu'il a, pendant 5 ans, abîmé... C'est-à-dire qu'un dirigeant autoritaire ? Pardon, mais c'est très important à la pression, M. Bardella. Je pense qu'il a abîmé la démocratie. Et je pense que la France s'éloigne de plus en plus de l'idée que moi, je me fais d'une démocratie mature. Il l'a fait en étant extrêmement brutal à l'égard de ce mouvement populaire qu'ont été les Gilets jaunes.
Il l'a fait en faisant voter une loi, permettez-moi de vous le rappeler, la loi Avia, qui plaçait la liberté d'expression sur Internet sous la tutelle des GAFAM, sous la tutelle de grandes boîtes privées qui a été retoquée par le Conseil constitutionnel. Il porte des coups très durs à la République française lorsque, en catimini, pendant l'entre-deux-tours de l'élection présidentielle, il supprime les corps diplomatiques. Il le fait lorsqu'il balaye d'un revers de main la proportionnelle aux élections législatives après l'avoir promis en 2017. Il le fait lorsqu'il balaye d'un revers de la main le référendum d'initiative citoyenne. Vous le comparez à la Russie, ça, M. Bordeaux ?
Donc, je dis effectivement que si, à l'issue des élections législatives, Emmanuel Macron devait avoir une Assemblée nationale quasi acquise à sa botte avec 450 ou 500 députés, ça poserait un problème de représentativité et que, dans cette hypothèse-là, nous serions disqualifiés, disqualifiés, pour donner des leçons de démocratie à d'autres régimes que nous critiquons par ailleurs. On m'a demandé de citer un exemple. J'ai cité la Russie parce que, encore une fois, la France donne des leçons de démocratie à la terre entière. Mais si un parti comme le nôtre, qui est la première force
d'opposition... Si Marine Le Pen avait été élue présidente et qu'elle avait eu une large majorité à l'Assemblée nationale, vous n'auriez pas tenu les mêmes propos pour qu'on aurait participé des mêmes institutions dans le même cadre. Non, M. Boursier, parce que... Je ne parle pas de l'exercice de la politique, je vous parle de la garantie des institutions.
La différence entre Emmanuel Macron veut rendre le pouvoir au peuple. Et c'est la raison pour laquelle... Non, il n'aime pas la démocratie. Il a... Vous pouvez lever les yeux au ciel, vous pouvez peut-être être en désaccord avec moi. Mais si vous ne voyez pas le problème, à ce que sur les 5 ans qui se sont écoulés, qui ont été 5 ans très durs avec des revendications sociales, si les Français sont descendus dans la rue, pourquoi ? Ils sont descendus dans la rue parce qu'ils ont le sentiment qu'à l'Assemblée nationale, leurs idées ne sont pas représentées.
Et quand un parti comme le nôtre en 2017 fait 11 millions de voix et n'a que 6 députés sur 577, alors si vous ne voyez aucun problème de représentativité, alors à ce moment-là, on ne va pas être d'accord. Et c'est la raison pour laquelle on défend la proportionnelle et l'instauration du référendum d'initiative citoyenne. Parce qu'il faut réparer cette fracture qu'il y a aujourd'hui entre le peuple et les élites. Et donc, je le dis et je l'affirme, moi ça me fait peur de voir Emmanuel Macron avec les pleins pouvoirs pendant 5 ans, ça me fait peur pour mes libertés, ça me fait peur pour les libertés du peuple français et pour la démocratie mature qu'est la France.
Jordan Bardella, est-ce que vous iriez jusqu'à suivre Jean-Luc Mélenchon qui a fait à 8h05 le soir de l'élection présidentielle un procès en illégitimité du président Macron, nouvellement élu ? Est-ce que vous faites le même procès ?
Non, je ne fais pas de procès en illégitimité. Emmanuel Macron, il a été élu, il est le président de tous les Français, il faut respecter cela. Mais il doit aussi, lui, respecter le fait qu'il y ait une opposition aujourd'hui qui ne peut pas se contenter d'avoir 6 députés sur 577 parce que, permettez-moi de vous rappeler que la France est d'après The Economist une démocratie défaillante. La France est perçue par la presse internationale comme une démocratie défaillante. Là, vous citez les journalistes, M. Bardella, faites attention. Alors, attendez, ça va vous faire plaisir. Nous sommes 34ème.
C'est juste qu'il y a quelques instants vous critiquez les journalistes et là vous les citez en référence. 34ème, c'est une relation compliquée, 34ème dans le classement des libertés de la presse. La France est 34ème au monde derrière le Ghana et l'Uruguay.
Donc, effectivement, je pense qu'on n'a pas de leçon de démocratie à vous donner et si vous me permettez juste de finir sur les législatives parce que je pense que c'est très important au second tour pour vous répondre à la question que vous m'avez posée tout à l'heure, on est parfaitement disposé si le Rassemblement National devait ne pas être en capacité de l'emporter dans des circonscriptions qu'il se retrouve en triangulaire et qu'il est 3ème et qu'un candidat patriote du camp patriote se retrouve le mieux placé. Moi, je suis parfaitement favorable à ce qu'on puisse retirer notre candidat s'il est. Ça vaut apporter notre soutien.
Ça vaut pour Nicolas Dupont-Aignan, Florian Philippot, des candidats de LR, ça vaut pour des candidats de Reconquête, ça vaut pour tous ceux qui défendront la France à l'Assemblée Nationale. Effectivement, Nicolas Dupont-Aignan, je crois, fait partie de cela.
Ça se juge à quoi, M. Bardella ?
À Florian Philippot. Je ne sais pas si Florian Philippot atteindra le second tour des élections législatives. Il faut être un peu sérieux. Mais ça tient au fait que je n'aurai jamais d'adversaires dans le camp de ceux qui aiment la France. Et qu'on peut avoir des désaccords politiques avec Reconquête. On peut avoir des désaccords politiques avec les Républicains. On peut avoir des désaccords politiques avec une franche souverainiste de la gauche. On peut avoir des désaccords politiques avec Nicolas Dupont-Aignan.
Mais à un moment donné, l'enjeu est que nos idées soient portées et soient défendues à l'Assemblée Nationale face au bloc Macron, au bloc de la Macronie qui va être le bloc de la dérégulation pendant cinq ans et au bloc islamo-gauchiste qui est aujourd'hui en train de constituer M. Mélenchon. Et je vais même vous dire d'ailleurs... M. Bardella, pardonnez-moi,
mais c'est très important pour la clarification parce que vous avez vous-même été sur le sujet de la retraite affirmant que c'était un sujet capital pour vous, que vous opposiez la retraite à 64 ans, à 65 ans. Et vous nous expliquez maintenant que la priorité ce serait les patriotes sans bien définir ce que c'est. Mais du coup, Éric Zemmour n'est pas du tout d'accord avec vous sur la retraite. Vous l'avez dit vous-même. Les LR non plus. Donc c'est pour ça que j'ai du mal à comprendre ce qui fait que vous allez
soutenir un tel ou pas. On peut se dire la vérité. Reconquête, en tout cas le Rassemblement National et Marine au second tour sont arrivés devant Éric Zemmour dans 96% des circonstructions. Vous savez très bien que si vous faites 7% à la présidentielle, vous ferez 2 ou 3% aux élections législatives. Donc moi, j'appelle les électeurs de Reconquête et les électeurs sincères DLR, venez avec nous. Donnez de la force à vos idées. On vous a prouvé pendant cette campagne présidentielle que notre stratégie était la meilleure pour se qualifier au second tour et pour rassembler des millions de Français au second tour.
Comment vous allez faire pour les mobiliser, les appeler à voter pour vous alors que vous nous dites, vous nous avouez, vous n'allez sans doute pas gagner la majorité. Comment vous allez essayer de mobiliser votre électorat ? Mais ça, ce sont les Français qui vont le dire. Je veux dire, nos électeurs, ils sont soucieux du pouvoir d'achat. Nos électeurs, ils se soucient de la défense de nos modes de vie. Nos électeurs, ils veulent que la France reste la France. Nos électeurs, ils veulent pouvoir travailler sans être accablés de charges, de normes et d'impôts. Nos électeurs, ils sont attachés à la valeur travail, à l'effort, au mérite.
Ils sont attachés au RIC, ils sont attachés à la proportionnelle. Et donc, si on veut défendre ces idées-là, ça ne passe pas par la rue, ça passe par l'Assemblée nationale. Donc, donnez la force à des gens
qui vont vous défendre et qui vont vous protéger. Si vous avez la majorité, qui sera Premier ministre ? Jean-Luc Mélenchon, il demande aux Français de les lire Premier ministre. Est-ce que ce sera Jordan Bardella ou Marine Le Pen ?
Jean-Luc Mélenchon, Non mais, on verra. Je veux dire, Jean-Luc Mélenchon... Donc, ce n'est pas clair encore ? Écoutez, ça sera parfaitement clair. Marine Le Pen va conduire cette bataille des élections législatives. C'est normal que Jean-Luc Mélenchon soit être Premier ministre d'Emmanuel Macron. Il l'a fait élire. Il a soutenu Emmanuel Macron au second tour. Donc, il y a là une forme de cohérence. C'est complètement vrai.
Il a appelé à ne pas donner une voix au Rassemblement national. Il n'a pas appelé à voter pour Emmanuel Macron. Si vous votez pas noir, votez blanc.
Si vous votez pas blanc, c'est qu'il était beaucoup plus dur avec le Macron virtuel en 2017 qui n'avait pas encore fait ses preuves qu'avec Emmanuel Macron qui a été l'homme de la brutalité sociale, qui est l'homme de la retraite à 65 ans. Donc, c'est ça, en fait. Jean-Luc Mélenchon, il soutient la retraite à 65 ans. Donc, c'est parfaitement clair. Et vous, vous ne serez pas candidat dans ces législatives ? Moi, je ne serai pas candidat parce que, vous savez que je suis aujourd'hui député européen, que j'ai pris l'engagement d'aller au bout de mon mandat. Donc, je ferai cette campagne et j'irai soutenir nos candidats comme je l'ai fait avant-hier dans le Var.
Mais à titre personnel, je ne serai pas candidat. J'aurai l'occasion probablement de participer d'autres batailles électorales
à l'avenir. On me dit que vous avez vu dans le plus grand secret Stanislas Rigaud dans cet entre-deux-tours, le président de Génération Z. Est-ce que c'est vrai ? Et vous voulez le récupérer au Rassemblement National ? Non, mais... Stanislas Rigaud
est indépendamment de qui je peux voir à l'extérieur. Moi, je trouve que Stanislas Rigaud, qui est le président de Génération Zemmour, est extrêmement talentueux et il incarne une nouvelle génération, une nouvelle énergie avec qui on a vocation à travailler, à composer à l'avenir et qui n'a pas eu de propos blessants à notre égard, qui n'a pas été dans une logique de division, de dispersion, qui a fait campagne, qui a soutenu Marine Le Pen au second tour après avoir soutenu Eric Zemmour au premier. Donc, moi, effectivement, quand je vois quelqu'un comme Stanislas Rigaud, c'est quelqu'un avec qui à l'avenir, je pourrais parfaitement travailler.
Vous avez eu un contact personnel, Jordan Bardella, avec Marion Maréchal-Le Pen ?
Non.
Non ?
Et toute dernière question, parce qu'on va marquer la pub, là, rapidement. Je vais clore la partie politique pour faire une parenthèse qui est liée à l'actualité. Alors, ce n'est pas vraiment votre génération, évidemment, mais on a appris là la disparition de Régine. 92 ans. Star des soirées, des boîtes de nuit. Je ne sais pas si vous l'aviez croisée. Est-ce que vous avez une réaction à sa disparition ? Non, je ne l'ai pas croisée,
mais 4-5 ans, c'est une part de France qui s'en va. C'est-à-dire que c'est une époque qui se tourne. Belmondo, Johnny, Aznavour, Régine. Ça doit rendre nostalgique les plus anciens d'entre nous, mais même nous, parce que c'est une période de France qu'on aimait et qu'on continue d'apprécier.
Restez avec nous, s'il vous plaît, M. Bardella. Nous allons poursuivre cette émission en direct dans un instant. A tout de suite. Suite de BFM Politique, Jordan Bardella, le président du Rassemblement national est notre invité. Les législatives, la campagne a donc commencé à 20h02, 5, 8, le soir du second tour de la présidentielle. Les hostilités ont été lancées par l'opposition. Vous nous avez dit qu'il y aura quasiment des représentants du Rassemblement national. Tout, partout. Voilà. Et vous soutiendrez le patriote, la patriote, en tout cas le candidat le plus proche de vos idées au second tour, partout. Si on n'y est pas. Si vous n'y êtes pas, évidemment.
La gauche discute autour de Jean-Luc Mélenchon. Les socialistes ont mis pour l'instant les négociations en poste, tout comme les communistes. Les idées d'LFI sont partagées, en partie, pas complètement. C'est ce qui achoppe. Est-ce que finalement vos adversaires principaux un peu partout en France ne seront pas les candidats de Jean-Luc Mélenchon, la France insoumise ?
Je pense que la gauche se déshonorerait à faire alliance avec des gens qui soutiennent le désarmement de la police, qui soutiennent la suppression des brigades anticriminalités ou qui investissent comme je l'ai vu à Vénitieux, un pseudo-journaliste, militant en tout cas, Tahab Ouaf, qui a été condamné pour un juge racial. Il fait appel de sa condamnation ? Oui, il a été condamné en première instance pour un juge racial et qui a traité une syndicaliste policière qui s'appelle Linda Kebab d'arabe de service. Il estime être victime d'une campagne d'extra-moire.
Si ça avait été le cas inverse et qu'on avait présenté un type de ce genre, ce qui évidemment n'arrivera jamais, je pense que vous aurez été les premiers à nous le reprocher. Mais que la France insoumise se complaise dans ce type d'investiture démontre un tournant anti-républicain qui est majeur. Ils sont en train d'installer un fossé entre eux et les principes de la République, d'aller soutenir quelqu'un qui a été condamné en première instance pour un juge racial, qui traite une policière, une syndicaliste policière d'arabe de service et qui se balade dans des manifestations avec la tête de Marine Le Pen sur un pic, alors effectivement on peut parler d'une coalition d'extrême-gauche.
Je pense que la gauche se déshonorerait dans ce type d'alliance et moi j'appelle les autres mouvements de gauche, même si je n'ai absolument rien à leur conseiller, à revenir à la raison.
Est-ce que ça vous agace que Jean-Luc Mélenchon se pose encore une fois dans l'interview au journal du dimanche mais on l'a vu dès sa déclaration ici même en disant qu'il voulait être Premier ministre ? Est-ce que ça vous agace qu'il se pose en premier adversaire d'Emmanuel Macron ? Est-ce que vous trouvez que c'est justifié ?
Non, ça ne m'agace pas mais Jean-Luc Mélenchon est la béquille du système. Il prétend combattre un candidat qu'il a fait élire. J'ai du mal à comprendre le cheminement intellectuel mais d'aller combattre demain quelle crédibilité va avoir Jean-Luc Mélenchon lorsqu'il va s'agir de s'opposer et de combattre la retraite à 65 ans qui va probablement être la mesure la plus brutale et d'ailleurs la seule chose concrète qu'a proposé Emmanuel Macron dans son programme pour sa réélection alors qu'il a lui-même fait élire Emmanuel Macron. C'est pareil d'ailleurs avec les syndicats qui à mon sens perdent toute crédibilité pour incarner cette opposition.
S'il a un gros groupe à l'Assemblée et si son groupe est supérieur au vote il deviendra le principal opposant Emmanuel Macron ou vous allez perdre ce truc ? Oui, vous savez on dit souvent que la politique c'est l'art de la répétition.
En 2017 après l'élection présidentielle on nous avait dit Jean-Luc Mélenchon va être le premier opposant il sera la première force d'opposition ça a duré 4 mois et puis le Rassemblement s'est imposé à remporter les élections européennes je ne vais pas revenir sur le fil mais nous sommes la véritable opposition et pour une raison très simple c'est que cette élection présidentielle par deux fois par deux fois et par trois fois si on a inclus le scrutin européen a acté la recomposition de la vie politique entre ces deux grands blocs qui vont probablement se disputer idéologiquement le débat public dans les prochains mois Pardon, pardon monsieur Mais ça n'est pas si simple Ce n'est pas si simple
sur des élections locales monsieur Vardella L'exemple vous le connaissez mieux que personne ce sont les régionales tout le monde anticipait une vague bleu marine elle n'a pas du tout eu lieu les partis historiques de gouvernement qui ont des ancrages locaux très forts ont été réélus massivement contre toute attente et votre parti n'a pas du tout réalisé les performances qu'il attendait qu'est-ce qui vous fait dire que là avec les législatifs ce serait différent ? Peut-être parce qu'il n'y a pas
de crise sanitaire je veux dire moi je veux bien qu'on refasse le match des municipales départementales régionales on parle d'élections il y a eu 25% de participation c'est-à-dire où personne n'est allé voter sauf les électorats des gens qui étaient en responsabilité donc je pense que c'est difficile de tirer des enseignements politiques de ces élections Quand on vous écoute c'est toujours de la faute soit vous n'avez pas assez de temps pour la présidentielle soit le mode de scrutin n'est pas bien fait pour les législatives ou soit la crise sanitaire pose élection locale donc en fait c'est jamais de votre faute en réalité Il n'y a pas eu de crise sanitaire au municipal ?
Si mais vous trouvez toujours de bonnes raisons qui expliquent les raisons de votre défaite ? Vous me demandez des raisons j'essaie de vous en donner quand je vous dis que c'est de notre faute vous nous le reprochez quand je vous dis que c'est la faute d'un mode de scrutin mais après si vous trouvez que le mode de scrutin Le règle et le contexte sont exactement les mêmes pour les autres formations politiques en réalité Si vous trouvez non si vous trouvez qu'un mode de scrutin qui fait qu'un parti comme le nôtre n'a que 6 députés sur 577 que vous trouvez ça juste et démocratique C'est pas ce que vous a dit Jérémy Trottin M. Bardella
Ce que vous dit Jérémy Trottin à l'instant vous avez là il y a quelques instants dit seuls les électeurs d'Emmanuel Macron se sont déplacés pour ces élections régionales C'est pourquoi les votes
ne se seraient pas déplacés Non je n'ai pas dit cela Je veux dire ce sont les électeurs de Mme Pécresse qui se sont déplacés pour faire lire Mme Pécresse au régional en Ile-de-France Oui très bien Ce que vous dit Jérémy c'est pourquoi est-ce que les votes n'y sont pas allés Mais parce que il y a eu une crise il y a eu une crise sanitaire Je veux dire il y a eu 13 présidents de région réélus sur 13 On n'a jamais vu cela vous pouvez faire semblant de ne pas comprendre mais je pense que c'est une erreur de lecture que de prendre les élections régionales avec 20% de participation comme un modèle politique Là ce sera différent Mais si les français veulent que ce soit différent alors ce sera différent Moi je ne me mets pas à la place des français Les français connaissent les enjeux Les français savent le danger d'avoir Emmanuel Macron pendant 5 ans Les français savent l'urgence d'envoyer à l'Assemblée nationale des gens qui vont réclamer la suppression de la TVA sur un panier de 100 produits de première nécessité qui vont réclamer comme nous la baisse de la TVA de 20% à 5,5% pour le carburant et les énergies C'est ça l'enjeu
On va arriver sur les questions économiques mais à vous écouter on a l'impression qu'il y a un match dans le match et le match est les filles contre le Rassemblement national
C'est vous qui essayez d'imposer ce match-là
C'est un peu vous qui l'avez dit Moi je vous ai écouté
Je pense que le clivage entre la droite et la gauche dans lequel s'enferme encore une fois Éric Zemmour je pense est obsolète Je pense que ce clivage est un clivage d'un autre temps et qu'en vérité le clivage du 21ème siècle va voir s'affronter les partisans de la dérégulation qui sont parfaitement défendus incarnés portés par Emmanuel Macron et les gardiens des limites que nous sommes les partisans de la nation qui protègent ceux qui veulent que la France reste la France qui veut défendre son modèle de protection sociale qui veulent défendre son mode de vie et qui veulent défendre sa souveraineté Donc le clivage c'est juste ça C'est peut-être plus subtil que le clivage entre la gauche et la droite mais cette élection présidentielle a en tout cas montré une fois c'est pas moi qui fais l'élection ce sont les Français qui ont qualifié Marine Le Pen et Emmanuel Macron mais croyez-moi le combat va continuer et nous gagnerons les prochaines échéances
Jordan Bardella l'inflation a atteint 4,8 sur l'année en avril les prix de l'énergie vont continuer à augmenter nous sommes le 1er mai aujourd'hui c'est une journée de mobilisation traditionnelle des syndicats est-ce que ce week-end marque selon vous le premier d'une série de week-ends sociaux ?
En revanche je ne sais pas en revanche je pense que les temps sont difficiles pour les Français et qu'il y a des millions de Français qui sont plongés aujourd'hui dans l'angoisse des fins de mois difficiles qui passaient le 5 du mois ont zéro sur leur compte bancaire qui n'arrivent plus à remplir la quasi-totalité de leur réservoir d'essence parce que le prix des carburants est devenu exorbitant et cette société à l'euro près contre laquelle je me bats contre laquelle nous nous sommes battus pendant toute cette campagne électorale c'est aussi le bilan d'Emmanuel Macron qui a renforcé durant 5 ans le pouvoir d'achat des très riches et qui a affaibli le pouvoir d'achat des classes populaires on ne voit pas ce matin finalement dans la rue au lieu de déposer une gêne devant la statue de Jeanne d'Arc pourquoi vous n'êtes pas aux côtés des syndicalistes et cette France qui a du mal à finir les fins de mois parce que je suis venu vous rappeler qu'on peut défiler on peut descendre dans les rues mais qu'à un moment donné le débouché politique il s'exprime dans les urnes et que si les Français veulent mettre un terme à la brutalité sociale veulent regagner du pouvoir d'achat alors il faut faire élire à l'Assemblée nationale des gens qui vont défendre des mesures vous considérez que les syndicats n'ont pas d'utilité en réalité s'ils appellent à voter Emmanuel Macron pour ensuite combattre sa politique ils en ont à mon avis très peu 4 et qui représentent aujourd'hui plus grand monde il y a très peu de Français qui sont syndiqués d'ailleurs une grande partie des gens qui sont syndiqués votent aussi pour le Rassemblement national au second tour et il y a une déconnexion entre je crois la base des syndicats et la base des syndicats contre la concertation sociale alors non mais c'est pas le sujet je propose 4 grandes mesures 4 grandes mesures pour le pouvoir d'achat des Français que nos députés défendront dès leur élection premièrement un panier de 100 produits de première nécessité les produits hygiéniques sans TVA deuxièmement abaisser la TVA de 20% à 5,5% sur le carburant l'électricité le gaz le fuel sur les énergies troisièmement réindexation des pensions de retraite sur l'inflation qu'Emmanuel Macron a désindexé c'est lui qui a affaibli le pouvoir d'achat des retraités et enfin une mesure parce que notre projet c'est la valeur travail c'est passer un deal gagnant-gagnant avec les entreprises vous augmentez de 10% les salaires ces 10% d'augmentation de salaire sont exonérés de cotisations patronales vous restez toujours opposé à l'augmentation du SMIC ?
vous restez toujours opposé à l'augmentation du SMIC ? je trouve un meilleur moyen il a augmenté aujourd'hui par ailleurs pardonnez-moi la parenthèse
de 34 euros je crois
un meilleur moyen un meilleur moyen
en vérité la hausse du SMIC est souvent un peu boudée par les patrons de TPE-PME parce que c'est aussi une augmentation de charge nous on a trouvé un meilleur moyen d'augmenter tous les salaires tous les salaires jusqu'à 3 fois le SMIC pour permettre sur la base du volontariat votre mesure elle est sur la base du volontariat je veux dire on n'est pas rien n'oblige on n'est pas en union soviétique donc c'est une on est dans une économie de marché donc c'est une incitation mais il y a beaucoup de chefs d'entreprise qui aimeraient augmenter les salaires mais qui ne le peuvent pas d'abord parce qu'il y a la chape de plomb administrative et parce qu'ils sont assommés par l'assommoir fiscal qu'ils n'y arrivent plus donc nous on leur propose vous augmentez de 10% vraiment des augmentations réelles de 10% de tous les salaires et en contrepartie ces 10% sont exonérés de charges patronales de charges patronales
est-ce que vous appelez juste une petite précision par rapport à tout à l'heure Jordan-le-Mardella est-ce que vous appelez je ne sais pas ceux qui ont été qui sont peut-être souvent vos électeurs est-ce que vous les appelez à redescendre dans les ronds-points le mouvement de gilets jaunes est-ce qu'il existe toujours et est-ce qu'il doit encore exister pour se faire entendre en ce moment
il y a une réalité si les français sont privés d'opposition et d'expression à l'Assemblée nationale alors les français seront contraints de descendre dans les rues c'est ça le sens de mon message c'est ça que je suis venu vous dire aujourd'hui si on prive les français les millions de français qui rejettent la casse sociale d'Emmanuel Macron qui ont voté pour nous mais même qui ont pu voter pour Jean-Luc Mélenchon qui ont pu voter pour des candidats qui ont à coeur cette sécurité sociale cette protection sociale et bien s'ils ne trouvent pas de moyens d'expression à l'Assemblée nationale pour porter leurs revendications pour porter leurs mesures alors ils seront contraints de descendre dans les rues c'est exactement ce qui s'est passé avec les gilets jaunes sauf que quand je vois une inflation de 4,8% depuis un an alors je me dis que ce mouvement des gilets jaunes il pourrait être beaucoup plus fort beaucoup plus puissant et que ce n'est pas tant dans la rue que je les appelle à descendre mais c'est dans les urnes les 12 et 19 juin prochains pour faire élire des députés d'opposition à Macron des députés du Rassemblement d'Ancien d'ailleurs Emmanuel Macron a menti lors du débat du second tour face à Marine Le Pen il a dit pas du tout l'inflation est pas du tout super à la croissance c'est faux la croissance sur le trimestre zéro l'inflation 4,8 donc il faut prendre des mesures fortes sur le pouvoir d'achat et je pense qu'en fait il n'y a que nous qui proposons ces mesures fortes
juste avant que nous nous penchons sur ce qui se passe en Ukraine monsieur Bardella deux questions d'actualité de cette semaine la défenseur des droits a demandé le rapatriement des enfants de djihadistes je vais préciser que beaucoup sont détenus dans des camps kurdes en Syrie depuis 5 ans bientôt 200 enfants français entre 80 et 100 femmes adultes détenues dans ces camps dans le nord-est de la Syrie qui est des camps qui sont gérés par les autorités kurdes comment vous réagissez à cette demande ?
je suis opposé au rapatriement des djihadistes français qui sont partis combattre ils ont voulu aller combattre ils en assument les conséquences qu'ils y restent en revanche pour les enfants je pense qu'il peut y avoir
du cas par cas comment on le définit ? c'est quoi cas par cas ? parce qu'un enfant de 8 ans un enfant de 6 ans c'est quoi ? c'est l'âge ? il y a des enfants de 8 ans qui savent utiliser
des kalachnikovs et qui sont déjà endoctrinés et donc à partir de ce moment là donc vous les laissez dans les camps ?
il y a des renseignements français qui sont plus au courant que nous de déterminer leur dangerosité mais dans cette hypothèse là s'il y a le moindre risque le moindre risque de porter atteinte à la sécurité des français alors je ne le prends pas je ne dis pas que c'est simple mais je vous en ai précisé c'est la raison pour laquelle pour les enfants il peut y avoir je pense que je pense qu'il y a une position de principe qui peut être adoptée pour les djihadistes qui sont partis combattre en revanche pour les enfants pour les petits petits il peut y avoir logique de cas par cas et leurs épouses ?
les épouses des djihadistes je n'y suis pas favorable une autre question d'actualité la semaine dernière des policiers qui sont aujourd'hui un policier qui est aujourd'hui mis en examen a utilisé le principe de la légitime défense pour se défendre c'était au Pont-Neuf à Paris deux personnes sont décédées ça faisait partie des projets que vous aviez à l'occasion de cette présidentielle essayer de faire évoluer le logiciel autour de la légitime défense demain Alliance appelle à se mobiliser à descendre dans la rue est-ce que vous soutenez le syndicat Alliance est-ce que vous serez présent aux côtés des policiers ?
c'est une possibilité les policiers savent que nous les avons toujours défendus et que nous allons continuer de les défendre parce que défendre les policiers c'est protéger ceux qui nous protègent je ne perçois pas la police comme les policiers comme des cow-boys les policiers sont des pères et des mères de famille qui tous les jours mettent leur vie en danger pour protéger nous sommes favorables à l'instauration vous le savez vous l'avez rappelé de la présomption de légitime défense la présomption de légitime défense qui est une revendication importante forte des policiers des syndicats permet le soutien moral le soutien moral et juridique de l'état envers ses fonctionnaires envers ses représentants envers les gardiens de la paix ça signifie que la présomption de légitime défense lorsque des policiers sont attaqués comme c'est le cas tous les jours dans notre pays tous les jours les policiers sont pris à partie et bien les policiers doivent pouvoir se défendre il ne s'agit pas de prendre un parti pris il y a une enquête la présomption de légitime défense ça veut dire pour que les gens comprennent à partir du moment où un policier est attaqué à partir du moment où sa vie est en danger il a le droit de faire usage de la force pour se défendre il est présumé en état de légitime défense et c'est à la personne qui reçoit qui absorbe la force de démontrer que le policier en usant la force est dans son tort ça peut paraître très technique mais ça change tout et je vais vous dire les fonctionnaires de police ils souffrent beaucoup d'avoir été jeté à la fin de la mise en examen du policier non parce que je n'ai pas les détails je ne me permettrai pas de commenter d'abord l'enquête en cours je n'ai pas les détails je ne sais pas ce qui s'est passé ce soir-là c'est aux enquêteurs de la déterminer mais nous défendons et ce sera l'une des premières mesures que nos députés défendront à l'Assemblée nationale s'ils sont élus au mois de juin la présomption de légitime défense il faut protéger ceux qui nous protègent et je vais vous dire ce gouvernement et ce président ont été indignes à l'égard de la police lorsqu'Emmanuel Macron à vos confrères de Brut parle de violence policière comme s'il y avait une violence quasi endémique quasi systémique dans la police je pense que c'est une faute lourde de la même manière que lorsque l'ancien ministre de l'Intérieur M.
Castaner qu'on va avoir le plaisir de revoir pendant 5 ans parle de mettre un genou à terre devant tout ce que la mouvance anti-flic peut faire de pire à savoir les traorés dans la cour de Beauvau je pense que c'est une faute très lourde qui jette le discrédit sur l'intégralité des policiers donc nous les soutenons et nous allons continuer de les soutenir encore une fois il peut y avoir des erreurs et ces erreurs nous les condamnent mais la majeure partie des fonctionnaires de police sont des hommes et des femmes courageux qui méritent la guerre en Ukraine
s'il vous plaît Kiev a à nouveau été bombardé par la Russie cette semaine un mort une consoeur journaliste créée pour une radio Radio Liberté alors que le secrétaire général des Nations Unies était sur place M. Goutyres se trouvait à Kiev la Russie a complètement assumé cette frappe elle devait être stratégique soit disant devait être visée un entrepôt d'armes je crois une usine juste à côté de ce bâtiment qui était résidentiel quelle est votre réaction la Russie
est en train de commettre des monstruosités des crimes de guerre lorsque ce sont délibérément des civils du personnel institutionnel des journalistes alors il faut parler de crimes de guerre ce que je note c'est que pour l'instant une partie des sanctions qui ont été prises en matière énergétique sont en échec et ne marchent pas c'est à dire que le rouble était un niveau qu'il n'avait jamais atteint depuis deux ans la banque de Russie a abaissé son taux directeur en guise de marque de confiance pour l'économie russe et la Russie continue de s'enrichir en faisant des hyper profits on a proposé une sanction qui nous apparaît être la meilleure qui est celle de mettre autour de la table l'ensemble des pays exportateurs de gaz l'Algérie le Royaume-Uni la Norvège le Qatar les Pays-Bas les Etats-Unis d'Amérique se mettent autour de la table pour convenir d'un accord de blocage des prix qui consisterait à vendre le gaz au prix qu'ils l'ont vendu le prix moyen depuis deux ans ce qui permettrait d'effondrer les hyper profits qui sont aujourd'hui en train de faire la Russie et évidemment qu'il y a de quoi s'inquiéter lorsqu'on entend le président russe brandir la menace nucléaire il y a la menace nucléaire et il y a la menace d'une troisième guerre mondiale aussi qui a été évoquée par Sergei Leirov est-ce que vous vous pensez que cette menace est réelle ou est-ce que c'est du bluff de la part des Russes je ne suis pas devin mais je pense que la menace est réelle à partir du moment où les puissances étrangères des puissances alliées de l'Ukraine font le choix d'armer l'Ukraine alors on multiplie le nombre de co-belligérants ça veut dire que vous êtes contre l'envoi d'armes je pense qu'il faut envoyer du matériel défensif à l'Ukraine c'est d'ores et déjà ce qu'a fait la France et ce qu'a fait le président Macron et pour le coup j'ai beaucoup de désaccords avec lui mais je pense qu'il a bien agi sur cette affaire donc il faut continuer à envoyer des armes oui il faut continuer à envoyer du matériel défensif pas du matériel offensif est-ce qu'il doit aller là-bas est-ce qu'il doit aller à Kiev si vous me le permettez je ne sais pas il peut aller à Kiev je pense que la Russie par exemple à partir du moment où l'Ukraine participe du G20 je pense que la Russie doit participer également à ce G20 parce que c'est l'occasion de mettre tous les acteurs autour de la table et d'engager des discussions en faveur de la paix les Etats-Unis sont contre il ne faut pas garder il ne faut pas perdre d'esprit que l'objectif final c'est de trouver les moyens de la paix je pense que la manière dont la France a conservé le lien diplomatique avec la Russie était une bonne chose maintenant attention si nous livrons du matériel offensif c'est-à-dire que si la France livre des armes
matériel défensif c'est du matériel
c'est du matériel médical c'est du matériel pour les hôpitaux c'est du matériel humanitaire ce sont des fonds pour aider les réfugiés ukrainiens comme nous l'avons voté avec le déblocage du fonds FEDER au Parlement européen et je l'ai voté il y a quelques semaines matériel défensif c'est aussi de l'artillerie des missiles sol-air
sol-sol aussi
comprenez bien qu'à partir du moment où nous donnons des armes de guerre à l'Ukraine alors nous sommes automatiquement c'est un pays qui est attaqué par la Russie c'est pour se défendre justement alors nous sommes automatiquement considérés comme cobelligérants pourquoi ? alors je crois que deux puissances nucléaires comme la France et la Russie se regardent face à face n'est jamais bon pour la paix dans la région et pour la paix du monde
pardon mais ça n'est pas correct monsieur Bardella nous ne sommes pas automatiquement considérés comme cobelligérants enfin déjà premièrement c'est écrit nulle part dans les règles qui régissent les conflits et par ailleurs quand le pays est attaqué ça n'est dit par personne ça n'est dit par absolument personne et je peux même donner un exemple la guerre du Vietnam l'URSS armait le Vietnam finançait le Vietnam et n'a jamais été déclaré cobelligérante par les Etats-Unis
moi je ne prendrai pas le risque parce que je ne sais pas jusqu'où va aller Vladimir Poutine donc si vous voulez prendre le risque d'envoyer des chars des hélicoptères on le fait déjà des blindés puissance 10
donc il faut laisser l'Ukraine tomber
je pense que je pense que l'objectif n'est pas la guerre l'objectif doit être la paix donc il y a ce G20 qui va être donc c'est la fin de l'année c'est la fin de l'année je pense que c'est oui mais je pense que c'est une occasion comment vous faites pour obtenir une désescalade de la part de Vladimir Poutine mais pour l'instant personne n'est dans la tête de Vladimir Poutine donc personne ne sait jusqu'où il va aller donc il faut tout accepter il faut continuer je voulais parler d'une sanction sur les prix du gaz parce qu'il n'est pas normal qu'en plus de commettre la guerre en plus de déclarer la guerre de déclencher la guerre la Russie s'enrichisse sur ses exportations de matières premières mais vous êtes contre le boycott des livraisons de gaz russe donc en fait mais vous voulez vous voulez faire comment ?
donc vous boycottez le gaz russe et ensuite on fait quoi ? vous ne voulez pas envoyer d'armes réellement en Ukraine vous êtes contre des sanctions notamment sur le gaz russe vous voulez faire quelles sont vos armes face à Vladimir Poutine ? non mais monsieur dans le rapport de France avec Vladimir Poutine cet exemple est intéressant 40% du gaz qui est aujourd'hui importé sur le territoire dans le marché commun européen c'est du gaz qui vient de la Russie si on se passe de ce gaz russe on fait comment ? après il y a des sacrifices par quoi faire ? c'est plusieurs dizaines d'euros pour la France c'est plusieurs dizaines d'euros c'est plusieurs dizaines d'euros par foyer donc vous faites quoi ?
est-ce que ce n'est pas quelque chose qui serait nécessaire face à une situation de guerre de demander un effort complémentaire aux français ou à l'état en coupant les approvisionnements de gaz ?
les français ne peuvent plus faire d'efforts aujourd'hui parce que quand il y a des retraités qui vécu 8 euros par jour quand il y a un français sur 5 qui a renoncé à se chauffer l'an dernier regardez ce qui se passe en Ukraine quand il y a un français sur 5 qui a renoncé à se chauffer l'an dernier qui ne peut pas mettre le chauffage qui met des pulls parce que la facture de gaz est trop importante regardez la situation des Ukrainiens en un an ça veut dire qu'il n'y a pas de solidarité avec le peuple ukrainien ?
les français ne peuvent plus faire d'efforts il y a des français qui ne peuvent pas aller en terrasse chauffée à Paris et qui sont chez eux qui ont froid l'hiver et qui ne peuvent plus payer la facture de gaz donc moi la morale je veux bien mais notre boulot c'est de protéger le peuple français et c'est la solidarité avec le peuple français et ce que je regarde aujourd'hui c'est que les sanctions en matière énergétique ont quoi que vous en disiez quoi qu'on en dise enrichit la Russie et sont en train d'affaiblir et de faire trinquer le peuple français vous avez le droit de défendre ça ça n'est pas mon choix et je l'assume
si vous avez Vladimir Poutine aux frontières de l'Union Européenne parce que jamais il prend le contrôle de l'Ukraine ce dossier est assez dangereux pour les français
mais personne n'a dit madame que ce dossier était simple je pense que le lien diplomatique la pression diplomatique qu'il convient de maintenir sur la Russie et qu'a choisi la France depuis plusieurs mois était nécessaire je pense que et certaines sanctions encore une fois on le voit certaines sanctions énergétiques qui ont été prises sur la Russie ne fonctionnent pas et sont en échec total et sont en train de pousser la Russie dans les bras de la Chine la réalité pour l'instant
c'est qu'il n'y a rien qui fonctionne et bien il n'y a pas de recette que le lien diplomatique avec la France est rompu depuis le 20 mars je crois que c'était le 20 ou 26 mars de mémoire dernier échange téléphonique entre Vladimir Poutine et Emmanuel Macron et que personne pour l'instant ne réussit à faire entendre raison à Vladimir Poutine et vous avez parfaitement raison et je n'ai pas la solution
miracle c'est la raison pour laquelle il faut continuer d'aider les réfugiés ukrainiens qui doivent être aidés qui fuient la guerre cette guerre n'est pas la nôtre cette guerre engage notre diplomatie mais elle n'engage pas notre armes un tout dernier mot si on fait monsieur Bardella et pardon excusez-moi de penser à la structure de gaz des français c'est que personne n'y pense mais pardon d'y penser
non c'est pas que personne n'y pense c'est qu'il y a des enjeux vous l'avez dit vous-même c'est extrêmement complexe les Moldaves ils ont une région qui s'appelle la Transnistrie qui est majoritairement pro-russe ils s'inquiètent de savoir si Vladimir Poutine ne va pas se pencher sur leur cas les Finlandais qui ont plus de 1000 kilomètres de frontières terrestres regardent évidemment la Russie avec beaucoup d'inquiétude c'est pareil pour les pays membres de l'OTAN mais les pays baltes tout ça est global et les français pourraient demain être menacés directement ce que vous disiez Edwige il y a quelques instants
vous avez parfaitement raison et c'est la raison pour laquelle nous avons réclamé à plusieurs reprises que sous l'égide de l'ONU l'ensemble des puissances puissent aujourd'hui se mettre autour de la table pour dialoguer discuter mais ni vous ni moi n'êtes dans la tête de Vladimir Poutine ni vous ni moi on a vu ce qu'il pensait des Nations Unies on a vu ce qu'il pensait des Nations Unies il a fait bombarder Kiev alors que le secrétaire général moi j'entends j'entends vos remarques j'entends vos analyses et elles sont parfaitement justes mais si vous voulez demain que la France puissance nucléaire aille faire la guerre à la Russie puissance nucléaire avec la Chine puissance nucléaire je pense pardon que c'est une erreur et que c'est une folie donc dans cette affaire je pense aussi et nous pensons aussi au pouvoir d'achat des français qui n'arrivent plus je le dis et je le redis à régler leur facture de gaz et si on ne règle pas la crise ukrainienne aujourd'hui la question du pouvoir d'achat va encore s'aggraver et durer encore plus longtemps pour les français en vous écoutant on a l'impression d'un sentiment d'impuissance en fait mais qu'est-ce que vous voulez faire ?
moi je ne suis pas responsable politique je ne suis pas le président d'un parti politique ça c'est trop facile parce que vous arrivez devant moi et vous me dites qu'il y a la guerre la guerre c'est mal qu'est-ce qu'on fait ?
cette guerre c'est pas moi qui l'ai déclenchée c'est pas la France c'est pas Emmanuel Macron et c'est pas Marine Le Pen donc il faut aider ceux qui doivent être aidés il faut prendre notre part dans l'accueil des familles ukrainiennes dont les hommes sont aujourd'hui en train de combattre accueillir dans le respect du droit d'asile dans le respect de la convention de Genève les familles dont les maris seraient aujourd'hui en train de rester combattre on livrait du matériel défensif à l'Ukraine et il faut continuer d'accompagner les efforts de faits
est-ce que Marine Le Pen irait à Kiev ? est-ce que le symbole vous disiez tout à l'heure la politique sont des symboles est-ce que ce symbole-là est important ? est-ce qu'il faut qu'elle y ait elle sur vous ?
Marine Le Pen c'était la décision du peuple français mais au moment où on se parle pas chef de l'État non mais elle a été dans la politique mais vous noterez que Marine depuis le début de cette affaire ukrainienne a toujours été très mesurée très prudente dans ses déclarations et elle a toujours dit qu'elle ne souhaitait pas entraver le travail de la diplomatie française on a des désaccords avec Emmanuel Macron mais on respecte le président de la République dans le sens où il représente la diplomatie française et où là je crois qu'en temps de guerre il y a une forme de consensus et d'union nationale qui doit se mettre en place derrière lui
un mot parce que l'Ukraine il en était question dans l'entre-deux-tours de cette élection présidentielle avec une conférence de presse tenue par Marine Le Pen sur les questions internationales un entre-deux-tours qui je ne sais pas comment vous le qualifierez d'ailleurs a-t-il été vraiment réussi il y a eu cette conférence de presse et puis il y a eu tout ce problème autour de l'interdiction du voile dans l'espace public vous avez dit des choses puis rétro-pédaler justifier le fait qu'en fait ça n'était pas simple qu'il faudrait voir est-ce que ça ça n'est pas une des explications du résultat final ?
Il y a peut-être je le dis de manière extrêmement claire et lucide il y a peut-être des gens qui aujourd'hui en France ont encore des craintes vis-à-vis de nous et des craintes de bonne foi et je pense que l'objectif du mandat qui s'ouvre et de la construction de l'après-Macron est de faire en sorte qu'il n'y ait plus un seul Français qui se fie à la caricature qu'on a très longtemps fait nous qui se fie auprès de la pensée qui se fie à ce qu'on leur explique moi le chaos la violence les restrictions de liberté les atteintes aux libertés publiques je les vois du côté d'Emmanuel Macron c'est peut-être pas encore très limpide très clair pour tous les Français je le regrette mais non je ne le crois pas je pense qu'il y a encore une fois il y a ce qu'on se dit sur les plateaux puis il y a la réalité de l'opinion il y a des sondages qui ont été faits un sondage qui a été fait par l'IFOP pour France Télévisions qui dit que 60% des Français un peu plus de 60% 62% des Français considèrent que le voile n'est pas souhaitable dans notre société et qu'il faudrait l'interdire dans l'espace public on n'a jamais dit que c'était simple mais je veux dire soit vous arrivez aux manettes vous êtes un gestionnaire vous êtes Emmanuel Macron Valérie Pécresse soit vous avez une vision pour le pays et moi je ne vois pas de vision dans ce que défend Emmanuel Macron et on va continuer démocratiquement à s'affronter
Merci beaucoup Jordan Bardella d'avoir été notre invité ce midi dans BFM Politique Merci beaucoup Edwige Merci Jordan Bardella Merci à vous Bonjour Sébastien Krebs Sonny Wegscheider c'est à vous en direct évidemment sur BFM TV moi je donne rendez-vous à tout le monde à 18h
Jordan Bardella