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interviewPublic Sénat· 31 mai 2026 59 min

#Direct 🔴 Raphaël Glucksmann, invité du Grand Jury RTL - Public Sénat - Le Figaro

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Le grand jury présenté [musique] par Thomas Desprez. Bonjour à tous et bienvenue dans ce grand jury en direct comme chaque dimanche sur RTL et sur Public Sénat Canal 8 de la TNT. Bonjour Raphaël Glucksmann.

Bonjour. Bienvenue, vous publiez cette semaine "Nous avons encore envie", un livre dans lequel vous parlez de la France. Vous proposez, je cite, un nouveau contrat patriotique.

Mais de quoi avez-vous envie, vous Raphaël Glucksmann, à moins d'un an de l'élection ? Est-ce le livre d'un candidat ? Vous vous êtes donné 3 mois pour répondre à cette question.

Mais pourquoi attendre, à l'heure où pour la première fois un sondage annonce un deuxième tour entre l'extrême droite et Jean-Luc ? Bienvenue dans ce grand jury, Raphaël Glucksmann. Merci à vous.

À mes côtés pour vous interroger aujourd'hui, Perrine Tarneau de Public Sénat et Jim Jarrassé Bonjour Jean-Michel. du Figaro. Dans ce grand jury, nous reviendrons également sur cette vague de chaleur cette semaine avec des records battus dans plus de la moitié des départements.

Nous vous interrogerons également sur les propositions que vous formulez dans votre livre, propositions qui peuvent surprendre pour quelqu'un qui se dit homme de gauche. Il y aura également des questions express et notre séquence dédiée au Parlement. Le grand jury, l'actualité de la [musique] semaine.

Mais d'abord, Raphaël Glucksmann, l'actualité de ce dimanche, c'est cette victoire du PSG hier soir au tir au but face à Arsenal en en finale de la Ligue des Champions. Victoire fêtée toute la nuit dans les rues de la capitale mais émaillée une fois encore de débordements. Au moins un mort selon le parquet de Paris euh à l'instant, 219 blessés dont dont 8 grièvement selon le ministre de l'Intérieur.

Euh d'abord, vous avez regardé le match hier ? J'ai regardé le match. supporter ?

Je suis supporter parisien depuis longtemps, c'est-à-dire depuis l'époque où on se sauvait à la dernière journée euh sur un but d'Amara Diané contre Sochaux, si je me souviens bien. Et j'ai essayé, j'ai regardé le match avec mes enfants et des amis et je leur ai dit la chance qu'ils avaient quand même parce que moi quand j'étais ado, c'était pas tout à fait l'enchaînement des Champions League tous les ans. Donc il faut qu'ils aient conscience qu'ils sont des enfants gâtés et qu'ils ont l'occasion de vibrer sur des victoires et qui sont d'ailleurs des victoires très signifiantes à mon avis parce que quand on avait les trois meilleurs attaquants du monde dans l'équipe, et bien on était incapable de remporter la Ligue des Champions et par contre aujourd'hui, on a une équipe.

Et Luis Enrique a installé un un esprit qui est celui du collectif. Peut-être quelques messages politiques derrière. Non mais il y a oui, il y a il y a un message sur la société en fait.

C'est-à-dire que quand on voit Kvaratskhelia dans la finale de l'année dernière qui fait une course à la 80e minute alors qu'ils mènent 4-0 de 80 m pour récupérer un ballon en défense, en réalité, c'est une leçon. C'est une leçon de football, c'est ce qu'il a dit d'ailleurs Kvara après le match hier, il a dit "J'ai pas marqué mais je me suis donné pour l'équipe." Qu'est-ce que vous retenez de de cette ?

C'est les images de de l'IES en France à Budapest ou les débordements dans les rues de ? Qu'est-ce que vous retenez ? Parce qu'il y a ces débordements aussi.

Je je retiens les deux. Je retiens les deux. Les deux sont importants.

C'est-à-dire qu'il y a une vraie joie populaire mais bien au-delà de Paris. Il y a la fierté en fait d'une équipe que les gens apprécient parce qu'elle dégage cet état d'esprit collectif et que c'est pas juste une collection de stars qui sont achetées des dizaines et des dizaines de millions. Mais 219 ?

Mais il y a les blessés, il y a les interpellés, il y a les casses, il y a les cambriolages, il y a les voitures en feu et il y a cette minorité de casseurs qui vient polluer la fête comme à chaque grand événement public et c'est proprement insupportable. C'est-à-dire qu'on on a plus l'occasion de faire une fête collective qui soit un vrai moment de pure bonheur. ?

On ne sait plus faire la fête calmement, Raphaël ? Alors déjà, c'est pas totalement nouveau qu'il y ait des débordements et des émeutes mais a eu pendant la finale en 1998 aussi, il y avait eu à l'époque en France. les font semblant que c'est totalement nouveau, c'est pas vrai.

Mais il n'empêche que ça signifie des fractures de notre société et que on est une société sous tension, la France vit sous tension, on le voit partout, on est une cocotte-minute prête à exploser, je pense qu'il va falloir faire baisser cette tension et ce sera l'un des grands objets de l'élection à venir d'ailleurs. D'ailleurs Marine Le Pen a écrit cette nuit sur le réseau social X qu'il n'y a qu'en France où la victoire d'un club de foot provoque des émeutes, vous lui donnez raison ce ? Non, parce que il n'y a pas qu'en France où il y a des débordements dans les grands événements publics, ça c'est faux.

Par contre, que ce soit profondément insupportable, eh bien ça je je le dis, je le répète et qu'il faille agir contre cette minorité, je le répète aussi parce qu'il faudrait pas non plus faire un amalgame avec l'ensemble des dizaines de milliers de personnes qui sont descendues dans les rues de Paris et d'ailleurs en France. Raphaël Glucksmann, il y a quand même eu 780 interpellations, c'est en hausse de 32 % par rapport à cette même finale il y a un an. Là aussi, ça veut dire que la société se tend encore ? se tend encore plus et il y a un besoin de sécurité qui émane de la société française et il faut totalement y répondre.

Donc moi j'ai aucun problème à dire que c'est une société qui se fracture et qui se brutalise de plus en plus avec des casseurs qui viennent pas du tout pour fêter la victoire du Paris Saint-Germain mais pour attaquer les forces de l'ordre ou cambrioler des magasins. On a évoqué la réaction de Marine Le Pen de l'autre côté du spectre politique, l'insoumise Clémence Guetté dit aux forces de l'ordre "Laissez aux Parisiens la fierté et la joie de célébrer cette victoire, pas de répression violente." Est-ce que le dispositif policier était adapté selon ?

Est-ce que la la réaction des policiers était la ? Alors je lis plein de polémiques parce qu'on explique qu'il aurait fallu une fan zone pour encadrer Moi je pense que c'est extrêmement compliqué et en rien par exemple une fan zone n'aurait empêché dans la suite de la soirée des débordements. Donc il faut arrêter d'être des champions du monde de la polémique.

Il y a à la fois la mairie de Paris, la préfecture, le ministère de l'Intérieur qui ont eu établi un diagnostic, il va falloir qu'ils expliquent et que avait refusé et a refusé tout rassemblement sur les Champs-Élysées. Vous auriez pris la même ? Moi je ne sais pas parce que je ne suis pas là aux manettes.

Donc en fait je je je n'aime pas les gens qui font semblant d'avoir toutes les informations à disposition d'un gouvernement simplement pour le plaisir de critiquer. Ce que je sais c'est qu'il faut laisser la fête se dérouler mais que quand vous avez des groupes mobiles de casseurs et bien il y a une nécessité d'intervention policière. Peut-être que oui, il y a une réflexion à avoir sur la doctrine de maintien de l'ordre parce qu'on voit bien qu'on arrive pas à contrôler ces groupes de 10, 15, 20, 30 qui se déplacent et dont le but est juste la violence en réalité.

Vous avez dit le gouvernement devra expliquer euh qu'est-ce qu'il y a à ? Non, il doit rendre des comptes comme après chaque événement. Rendre des comptes ça veut dire expliquer ce qu'a fait monsieur Nunez tout à l'heure par exemple, expliquer la mobilisation, la stratégie, le résultat.

Mais moi je ne veux pas déclencher de polémique de polémique politicienne à chaque événement. C'est pas c'est pas ma manière de concevoir la la politique. J'ai beaucoup de choses à reprocher à ce gouvernement.

J'ai beaucoup de choses à reprocher au pouvoir macroniste et donc je ne vais pas sauter sur chaque opportunité pour simplement faire un tweet qui me fait plaisir. On va y venir Raphaël Glucksmann. L'autre actualité de la semaine c'est aussi cette vague de chaleur qui a touché la quasi totalité du pays hein jusqu'à 37,8 degrés relevés à un record pour un mois de mai avec des conséquences très concrètes dans les salles de classe, dans les usines, dans les entreprises.

Est-ce que vous diriez comme Marine Tondelier que la France est en retard, mal ? Marine Tondelier c'est la secrétaire nationale des écologistes. Oui, la France est en retard.

On a divisé par trois le fond le fond vert la France d'adaptation au changement climatique. La France est en retard. La France n'a pas pris la mesure ces 10 dernières années de l'impératif écologique.

C'est une évidence. Je pense que c'est d'ailleurs le bilan le plus désastreux d'Emmanuel Macron et que Et de sa faute Emmanuel Macron il a fait ? n'est pas de la faute d'Emmanuel Macron.

Le réchauffement climatique n'est pas la faute d'Emmanuel Macron. pardon, euh Raphaël Glucksmann, les émissions de gaz à effet de serre sont en réduction en France depuis plusieurs années. Mais là, on parlait d'adaptation au changement climatique.

On va parler ensuite de ce qu'on peut faire pour lutter contre le réchauffement climatique et je ne pense pas là non plus qu'on soit au niveau. Mais sur l'adaptation au changement climatique, ce qui est évident, c'est qu'il faut développer de manière massive les initiatives locales qui fonctionnent, par exemple, euh on a coutume maintenant dans les médias de se moquer du verdissement des villes. Je suis désolé, c'est la seule manière de s'adapter à une société en mutation climatique.

On a l'habitude aujourd'hui d'expliquer que l'écologie est punitive. Non, l'écologie n'est pas punitive. L'écologie, c'est justement ce qui va nous permettre de faire face à une mutation extrêmement profonde.

Il fait 35 degrés. ? Par exemple, sur les écoles, dans votre livre, vous proposez la rénovation thermique de tous les établissements scolaires.

Et bien Qu'est-ce qu'il y a dans votre programme, dans dans votre livre en tout ? Un grand plan sur la rénovation thermique des bâtiments et on commence par les écoles. C'est insupportable ces écoles où on cuit en salle de cours dès le mois de mai.

Je veux dire, on a aujourd'hui des écoles qui sont des passoires thermiques. Moi, j'étais euh dans un collège des Deux-Sèvres il y a 2 mois et les les élèves étaient en doudoune dans la salle de classe parce qu'il faisait 12 degrés et là, on a euh des écoles qui sont transformées en micro-ondes. Donc en réalité, il faut plus de mené hein par le principal syndicat des collèges et lycées, 80 % des classes euh dans 80 pourcent des classes, la température a dépassé les 30 degrés cette semaine.

Et et on a 30 % du bâti scolaire qui est considéré par toutes les études comme étant délabré. Ce sont des passoires thermiques délabrées. Donc il faut un véritable plan bâtisseur d'écoles. le coût global euh effectivement de rénovation euh thermique euh des bâtiments ?

Ça c'est c'est un coût chiffré ça. Ça Ça a Ça chiffre en milliards et et En dizaines de milliards, 40 milliards exactement. Donc effectivement Ça suppose un plan de financement sur 10 ans.

Ça suppose un plan de financement sur 10 ans, mais c'est une urgence absolue et ça sera des économies, des économies pour l'ensemble de la société et surtout ça permettra à nos élèves de suivre leurs cours dans des conditions normales aujourd'hui par rapport à nos voisins européens parce que moi j'ai un poste d'observation qui me permet justement de comparer la France n'est pas une île par rapport à nos voisins européens, nous sommes extrêmement en retard sur le bâti scolaire, mais j'espère que c'est pas la seule manière qu'on aura d'aborder la question scolaire sur le bâti scolaire, sur le salaire des enseignants, sur les les l'occasion de parler de ça. tout ce qui concerne l'éducation et on est en retard sur tout ce qui concerne l'éducation et c'est une catastrophe pour la France parce qu'on sacrifie notre avenir. Mais pour revenir sur la canicule et sur la nécessité de lutter contre le réchauffement climatique, quand on nous explique que l'écologie est une lubie j'ai aujourd'hui, nous sommes dans un état d'urgence climatique.

Nous avons deux crises, la canicule et le prix à la pompe. Ces deux crises témoignent de l'urgence de la transformation écologique. que la est-ce qu'on appelle la fin du mois, on a souvent tendance à opposer la fin du mois et la fin du monde, est-ce que ben le les questions de pouvoir d'achat sont en train de prendre le pas sur l'écologie euh Mais les deux se rejoignent.

Prenez la question du prix à la pompe. Nous avons aujourd'hui des Français qui payent le prix quand ils vont faire leur plein des décisions de Donald Trump et de Benjamin Netanyahu. Comme on a payé le prix hier des décisions de Vladimir Poutine en 2021-2022 puisqu'on maintenant on a une un choc gazier ou pétrolier tous les 5 ans.

Ce que je veux moi c'est que nous devenions indépendants, que nous devenions autonomes, que nous ne payions plus le prix de décisions iniques de dirigeants étrangers quand nous utilisons notre voiture. Et c'est pour ça qu'il faut sortir du gaz et du pétrole. En 2021-2022, on a dépensé 72 milliards en subventions aux énergies fossiles, 72 milliards.

Si on avait investi, ne serait-ce que la moitié de cette somme, si on avait un État stratège capable de planifier, eh bien, nous aurions permis aux Françaises et aux Français qui ont besoin de leur voiture pour aller travailler d'avoir accès à des voitures électriques. une erreur du quinquennat Hollande d'avoir voulu renoncer à l'énergie nucléaire pour augmenter le ? On aura besoin du nucléaire et du renouvelable.

Moi, je je pense que le mix énergétique français, ça doit être du nucléaire et un développement rapide des énergies renouvelables parce que là-dessus, nous sommes en retard. Mais j'aimerais revenir à la question du pouvoir d'achat. Aujourd'hui, nous ce que nous proposons, c'est une mesure simple qui permet aux Françaises et aux Français qui touchent moins de 2000 euros par mois et qui ont besoin de leur voiture pour travailler et qui font plus de 30 km par jour d'avoir accès, contre un loyer de 100 euros par mois, à une voiture électrique. leasing électrique, c'est ce que fait déjà le gouvernement depuis des années. une échelle microscopique.

Comme d'habitude, avec Emmanuel Macron, nous avons des effets d'annonce, leasing social, rénovation thermique des bâtiments, et le résultat est minuscule. Nous ce que nous proposons, c'est un plan pour que 1 million de Françaises et de Français qui ont besoin de leur voiture et qui n'ont pas les moyens de s'acheter une voiture électrique puissent y avoir accès. On commence, par exemple, par les auxiliaires de vie.

On a 1 million de voitures dans euh les cinq prochaines années et ça relance, en plus, l'industrie automobile française. Ça permettra de faire de la R5 électrique, l'objet culte du 21e siècle. mesures seront financées parce que ça va coûter beaucoup d'argent.

Une dernière question sur la canicule, euh question très simple, réponse si possible rapide, est-ce que vous êtes favorable à ce que les salariés bénéficient de jours de congé [grognement] climatique en période de canicule, ? C'est une proposition des écologistes, la possibilité de débloquer jusqu'à 5 jours de congé en cas de fermeture de classe par exemple pour assurer la garde des enfants. L'Espagne l'a mis en place il y a quelques années, est-ce que vous y êtes ?

Alors, je sais pas si j'appellerai ça congé climatique parce que en réalité, c'est lié à une catastrophe en Espagne qui était les inondations de Valence. Et donc que dans des phénomènes climatiques extrêmes, il y a la possibilité, oui, d'avoir des jours de congé, je trouve ça absolument rationnel et ça sera nécessaire. Ce qu'il faut que les Françaises et les Français qui nous écoutent comprennent, c'est qu'en fait on va rentrer dans une société qui sera très différente.

Le réchauffement climatique, c'est pas une vue de l'esprit, ça se matérialise déjà aujourd'hui et donc il va falloir qu'on s'adapte. On s'adapte tout en préservant l'outil économique et ça ça supposera une forme de flexibilité. à ces ?

Mais on m'appelle ça si si on dit congé climatique, les gens vont penser que c'est à nouveau une idée pour travailler moins. Non, c'est une idée pour travailler mieux, c'est-à-dire adapter aussi nos rythmes et on pourra parler de l'école, adapter nos rythmes à cette société où oui, il fera plus chaud et où ce sera plus compliqué, on aura des phénomènes climatiques extrêmes de plus en plus rapprochés et il faut qu'on s'y prépare. C'est ça être réaliste et rationnel et c'est ça aussi d'ailleurs faire preuve de rigueur.

Le grand jury 2027, [musique] c'est demain. 2027, c'est demain Raphaël Glucksmann, vous avez publié cette semaine un livre Nous avons encore envie aux éditions Allary, vous y formulez un certain nombre de propositions, on va y revenir, vous évoquez notamment un contrat patriotique, mais d'abord une question simple, vous parlez d'envie, envie de quoi Raphaël Glucksmann, d'être candidat à la prochaine ? Envie de se battre pour notre pays et je pense que cette envie elle est partagée par des millions de Françaises et Français qui n'en peuvent plus en fait. ?

On est en candidat, on est en ? En en faisant tout pour que mon espace politique, la ligne que j'incarne qui est celle d'une gauche démocratique, républicaine, qui veut gouverner ce pays, qui veut le transformer, remporte cette élection. Et je suis convaincu d'ailleurs que nous sommes l'espace qui peut vaincre l'extrême droite en 2027. ? 3 mois pour répondre à à cette question.

On a du mal à comprendre ce ce délai. Soit vous en avez envie, soit vous vous êtes attentif, soit vous êtes frileux. Alors, je vais vous l'expliquer.

Pourquoi 3 ? Parce que je ne veux pas être simplement un candidat de plus dans un espace politique qui en compte déjà trop. C'est pas une aventure personnelle, ça c'est j'aurais pu arriver et dire "Je suis candidat à la présidence de la République, suivez-moi." Moi, ce que je veux faire, c'est rassembler.

Rassembler les dirigeants de gauche, démocrates et républicains qui pensent qu'on peut gagner en 2027. Les rassembler et enchaîner sur une campagne extrêmement rapide et puissante. Yérime Tarneau.

Si on prend le problème à l'envers, Raphaël Glucksmann, quelles conditions, qu'est-ce qui ferait que finalement vous ne pourriez pas être ? Quelles conditions, selon ? Mais je vais vous répondre de manière franche et directe.

Que je ne sois pas la bonne personne dans 3 mois pour porter mon espace politique à la victoire. Donc ça, c'est une hypothèse que vous envisagez. Mais moi, j'envisage toutes les hypothèses, vous savez.

Et je je crois qu'il y a en France un réel problème qui est l'obsession de la candidature. Ce que je veux, moi, c'est l'obsession du gouvernement de la France, de l'exercice des responsabilités. livre cette semaine, vous faites un certain nombre d'interventions médiatiques.

Vous préparez un meeting. C'est le début d'une candidature présidentielle, soyons honnêtes. que je pense que j'ai une responsabilité particulière sur cet espace politique.

Je suis celui qui, le seul, qui a fait un score à deux chiffres à une élection nationale depuis plus de 10 ans. J'ai levé un espoir en 2024. Et ma responsabilité, c'est de faire en sorte que nous gagnons.

Et moi, j'assumerai jusqu'au bout cette responsabilité. Mais est-ce qu'avec ce délai de réflexion de 3 mois, vous ne vous fragilisez pas quelque ? Parce qu'au moindre faux pas, vos adversaires, notamment à gauche, diront bah que vous n'êtes pas le bon candidat.

Est-ce que c'est pas un délai de 3 mois de réflexion qui vous ? Mais c'est c'est pas de la réflexion, c'est de l'action. C'est c'est je vais sillonner le pays avec ce nouveau contrat patriotique et on va dialoguer avec les Françaises et les Français.

Et on va rassembler concrètement notre espace. Moi, ce que je veux faire, c'est créer une équipe, c'est qu'on puisse voir d'emblée qu'on aura un gouvernement qui sera crédible avec des hommes et des femmes qui sont prêts à prendre les manettes. Et ça, ça se construit.

Je veux dire, ça se décrète pas. Moi, je vois là les anciens Premiers ministres d'Emmanuel Macron Je vois les anciens Premiers ministres d'Emmanuel Macron Je vois les anciens Premiers ministres d'Emmanuel Macron se livrer à une course de petits chevaux. Je pense que nous, on peut faire plus et mieux.

Et je pense que c'est notre responsabilité. ? Parce que je ne crois pas que les Françaises et les Français voteront pour les anciens Premiers ministres d'Emmanuel Macron pour barrer la route au Rassemblement national.

Je pense que donc nous avons une responsabilité immense. Parce que il y a une volonté de changement, parce que les gens n'en peuvent plus, en réalité, de ce qui s'est passé depuis 10 ans, qu'ils ne veulent pas les mêmes dirigeants, les mêmes ministres, les mêmes politiques que depuis 10 ans et que donc nous portons l'alternative à l'extrême droite. Raphaël Glucksmann, est-ce que est-ce que ce délai de de 3 mois est lié à l'avenir de Léa Salamé, votre compagne à la tête du JT de France ?

Est-ce que c'est pour lui laisser le temps de terminer sa saison sur France ? Non. Et d'ailleurs, je veux dire, puisque vous me posez la question, à quel point, euh, déjà, j'admire sa carrière et je sais à quel point elle travaille de manière complètement indépendante euh, de toute considération liée à mon cas personnel ou à mes opinions personnelles.

Je veux dire à quel point je suis donc admiratif et euh à quel point je suis aussi admiratif de sa volonté de protéger ses équipes en annonçant qu'elle se retirerait le cas échéant. Mais là, euh il n'y a pas du tout de lien entre les deux. Mais est-ce que vous, ça fait partie de votre réflexion de vous dire "Je sais que cela aura des conséquences sur sa ?" y venir et comme je fais profession de sincérité radicale, ce qui me distingue de bon nombre de membres de cette classe politique, eh bien oui, évidemment que ça fait partie de ma réflexion.

En réalité, c'est un c'est un sacrifice immense qui serait exigé et euh et en 2000 27 2026. Je j'ai des difficultés moi en tant que homme féministe d'ailleurs à à demander ce ce genre de sacrifice à une femme. Et donc bien sûr que ça rentre en ligne de compte.

Ça ne fait que renforcer une certitude, c'est que je ne veux pas être une candidature de témoignage. Je ne considère absolument pas cette cette candidature éventuelle comme étant un moment warholien pour une petite gloriole personnelle ou une aventure qui serait euh limite adolescente et rêveuse. Moi, ce que je veux, c'est c'est que nous gagnons cette élection et que je je vais préciser parce que c'est important parce que souvent la gauche parle à la gauche.

L'enjeu n'est pas d'être premier à gauche. C'est pas une compétition avec Jean-Luc Mélenchon. Dans 3 mois.

C'est c'est l'enjeu, c'est de gagner cette élection. Et moi, j'aimerais convaincre les les auditeurs et les auditrices de 3 mois Raphaël Glucksmann de façon très précise, à quel moment vous vous dites "Je suis candidat, je ne suis pas ?" C'est ?

C'est les ? À quel ? Comment vous allez prendre votre ?

Ce sera un consensus avec mes partenaires et ce sera aussi lié aux sondages, on va pas se mentir. Enfin, tous les gens qui vous tous les politiques qui vous expliquent qu'ils ne regardent pas les sondages, honnêtement, vous mentent. Donc on va on va essayer de on va essayer de faire quelque chose qui est l'inverse, c'est-à-dire d'être sincère.

Donc oui, les sondages les sondages entreront en ligne de compte, mais aussi la capacité à rassembler, aussi la capacité à fédérer une équipe, à porter un projet, la capacité à ce que ce contrat patri- patriotique, eh bien, reçoive un écho dans la société française, que les mesures euh ou les grands choix qu'on propose, eh bien, euh soient portés, discutés, débattus et qu'on arrive à créer une dynamique politique. Donc, la première étape euh vers cette candidature, ce sera le grand meeting à Paris le le 13 juin prochain. Euh quels sont vos ?

C'est Est-ce que vous espérez lors de ce meeting euh afficher euh vos soutiens à gauche et peut-être ? Euh est-ce que ou alors est-ce que c'est un meeting aussi pour convaincre ceux qui ne vous ont pas encore ? Déjà, premier objectif, c'est de montrer de l'enthousiasme, de l'envie, de l'appétit pour la politique.

Et euh j'invite réellement euh ce- celles et ceux qui nous écoutent ou qui nous regardent à nous rejoindre d'optimisme dès ce soir sur Gabriel Attal. le 13 juin, le samedi 13 juin à 18h. Parce que je crois qu'il y a un enjeu immense qui est pas simplement celui de faire barrage.

Ce sera pas une élection où on pourra juste appeler à ne pas faire barrage. Il faudra qu'on redonne de l'envie, de l'envie de République, de l'envie de liberté, de l'envie de fraternité, de l'envie d'égalité. Et ce meeting et ce meeting nous permettra de montrer qu'il y a beaucoup beaucoup beaucoup de Françaises et de Français que il y aura nous serons des milliers à à dire une chose : arrêtez avec cette petite musique de on a le choix entre Jean-Luc Mélenchon et Jordan Bardella. plus de monde que Jean-Luc Mélenchon par exemple la semaine prochaine à Saint-Denis.

Et nous montrerons et Jordan Bardella, contrairement à tous leurs fantasmes, il n'y a pas rien, il y a même l'essentiel, il y a la République, il y a cette quête de solidarité sociale, de transformation écologique, d'Europe qui est majoritaire à gauche. Et je veux le rappeler parce que des fois ceux qui parlent le plus fort ou qui crient le plus fort peuvent impressionner. Je veux rappeler que lorsque qu'il y a eu la dernière confrontation électorale entre notre gauche et les insoumis, et bien nous les avons battus à plate couture et nous allons le faire à nouveau.

On va regarder on va rentrer dans le détail justement de ces candidatures. Vous parlez de Jean-Luc Mélenchon, on pourrait aussi citer Marine Tondelier, Fabien Roussel, François Ruffin, on parle même de François Hollande. Qu'est-ce que vous leur dites ce matin à ces autres candidats de ?

Parlons-nous de la ? venir de venir le 13 juin euh Ils sont tous ? Ils seront tous invités. ?

Non. Jean-Luc Mélenchon, il est pas invité à venir. Mais non, je viens de préciser que il y avait de toute façon deux espaces politiques qui étaient irréconciliables, qui est le nôtre et celui de Jean-Luc Mélenchon qui a quitté les rives de la gauche démocratique et républicaine. que vous leur dites à ces autres ?

Il a fait chaud récemment, allons boire un verre, allons prendre une citronnade, on discute, certains parlent d'un conclave pour se mettre d'accord. Comment vous pas de peine d'utiliser des grands mots, conclave ou rendez-vous secret, on peut juste se parler et se voir normalement et ensuite il y a des militants et des militants dans nos partis politiques respectifs et on leur demandera de valider le consensus auquel nous avons abouti. Mais moi je veux vous dire parler, simplement vous dites se parler.

Est-ce qu'il y a des choses de prévues concrètement, des initiatives je vous déjà je vais vous surprendre, je vous donne rendez-vous dans 3 mois et je pense que vous serez tous étonnés autour de cette table, enfin qui n'est pas vraiment une table. Euh vous serez tous étonnés par notre capacité à s'unir. Parce qu'en fait, on se rassemblera.

Là, quand on regarde à l'instant T, on a l'impression que c'est impossible. Les enjeux sont tellement immenses. Le risque est tellement grand d'une bascule de la France dans le camp des poutinistes et des trumpistes que je n'imagine pas une seconde que par désir de gloriole personnelle, nous empêchions la personne la mieux placée pour représenter notre famille politique, notre espace qui est encore une fois, je le répète, est en mesure de faire barrage à l'extrême droite et de gouverner ce pays et donc de changer la vie des Françaises et des Français, je n'imagine pas une seule seconde que nous laissions passer cette opportunité. pour l'instant, celui qui est le plus à même à gauche à se qualifier au second tour, c'est Jean-Luc Mélenchon.

C'est d'ailleurs la première fois dans deux sondages cette semaine qu'il commence à remonter depuis sa déclaration de candidature. Finalement, comme quoi ça sert de se déclarer candidat. Et dans le Voilà, et dans le sondage Harris Interactive pour RTL et M6, donc il est pour la première fois en capacité de se qualifier au second tour.

Qu'est-ce que cela vous ? Vous vous êtes crédité pour l'instant de 10, 11 points, donc vous êtes derrière systématiquement Jean-Luc Mélenchon. Comment vous allez réussir à élargir votre socle ?

En nous mettant en dynamique, que nous cessions de nous parler à nous-mêmes et que nous parlions derrière Jean-Luc Mélenchon, c'est la déclaration de candidature. Hmm. Et moi, je sais que les électrices et les électeurs de gauche en France ne veulent pas euh de la brutalisation permanente euh de Jean-Luc Mélenchon.

Et je sais aussi qu'ils ne veulent pas la prise du pouvoir par le Rassemblement national. Or, aujourd'hui, Jean-Luc Mélenchon est le meilleur agent électoral de l'extrême droite. L'envoyer au second tour de l'élection présidentielle, c'est garantir le triomphe de Jordan Bardella ou de Marine Le Pen.

Et donc, il y aura nécessairement un moment de prise de conscience, plus on se rapprochera de l'élection, qui conduira les électrices et les électeurs de gauche, y compris ceux qui pensent que nous ne sommes pas assez radicaux, que nous ne sommes pas assez euh révolutionnaires, eh bien, à ne pas envoyer Jean-Luc Mélenchon au second tour, parce qu'en fait, c'est la certitude du triomphe de l'extrême droite. Donc, Vous avez dit tout à l'heure les militants de gauche euh auront un moment à choisir, à voter. Euh, il faut passer par une ?

Vous vous dites encore euh il y aura une primaire peut-être ou ? pas de primaire. La primaire n'existera pas et euh c'est une machine à perdre.

Moi, je l'ai dit depuis le début, je savais qu'elle n'allait pas avoir lieu, elle n'aura pas lieu. Il faut trouver donc un mode de désignation alternatif et pour ça, il faut juste se parler. C'est pas si compliqué que ça en réalité.

De toute façon, nous avons prévu là dans les prochains jours, les prochaines semaines pour vous ? Pour vous dire les on se parle, on se parle euh souvent. Donc euh c'est pas non plus la peine de scénariser euh ces rendez-vous et euh je pense que l'échéance l'échéance que j'ai donnée de 3 mois convient aux autres acteurs de la gauche démocratique et républicaine et que donc nous travaillerons et que dans 3 mois, nous aurons une candidature commune.

Enfin, je veux dire, il y a pas pour moi de de de de dramatisation euh de la division à ce moment-là. Nous sommes encore loin de l'élection. Ce que je dis juste, c'est que si nous ne sommes pas capables après la rentrée de nous mettre en campagne de manière commune et efficace, alors oui, il y aura un risque pour notre espace. qu'il y a encore le temps.

On parlera du fond notamment de vos propositions euh sur l'école en seconde partie d'émission et puis on vous interrogera euh nos questions express, des questions courtes et des réponses rapides. Ce sera Comme vous avez vu, c'est pas mon fort, mais je vais essayer de faire essayer. Ça sera dans la deuxième.

Article 213. Le mari est le chef de la famille. Des femmes invitées à retourner à leurs fourneaux et sommées de procréer [musique] pour la nation.

L'injonction se dissimule habilement derrière le conte de fée de la merveilleuse vie de femme au foyer. Comment en suis-je arrivée ? [musique] À cette fatigue, cet ennui.

Toujours les mêmes choses, [musique] les mêmes gestes, une vie si quotidienne. Il n'y a pas de durée limite de travail hebdomadaire pour les femmes au [musique] foyer. Elles ne posent pas non plus de vacances ni elles prennent leur retraite.

Il n'existe pas de salaire minimum. Leur travail, comme celui du bénévole ou de l'esclave, n'est pas rémunéré. L'histoire oubliée des femmes au foyer, aujourd'hui à 13h sur Public Sénat et [musique] sur publicsenat.fr.

La chaleur tue et de plus en plus. En France, plus de 34000 décès ont été attribués à la chaleur entre 2017 et 2024 et les canicules ne cessent de s'intensifier. D'où ces questions, sommes-nous vraiment prêts face à de nouvelles vagues de ?

Et puis comment éviter de nouvelles catastrophes ? Pour en parler dans Héla santé ça va, je reçois Antoinette Gul, elle est sénatrice de Paris et Frédéric Adnet, médecin urgentiste et chef du SAMU de Paris. Héla santé, ça ?

Mardi à 17h sur Public Sénat et sur publicsenat.fr. Héla santé, ça ?

Avec [musique] la Mutualité Française. Sens Public c'est votre rendez-vous quotidien sur Public Sénat, 90 minutes de débats, des experts reconnus, des journalistes bien informés pour vous aider à comprendre ce monde toujours plus complexe. Alors, rendez-vous du lundi au jeudi à 18h et 22h et participez à l'émission en scannant notre QR code pour des échanges qui donnent du sens à l'actualité.

Sens Public du lundi au jeudi à 18h et 22h sur Public Sénat et sur publicsenat.fr. On commence avec la Corée du Nord qui a lancé ce soir un nouveau missile. [musique] Un missile intercontinental capable d'embarquer une charge nucléaire.

Elle a désormais la capacité de frapper [musique] n'importe où aux États-Unis. La Corée du Nord considère les États-Unis comme la menace la plus importante au monde. Aujourd'hui, le développement inconscient d'armes nucléaires et de missiles balistiques par la Corée du Nord menace le monde entier.

Ça devrait être une victoire facile pour Donald Trump. Et bien pas du tout. Le bouton nucléaire est sur mon bureau.

Ce n'est pas du tout du chantage, c'est la réalité. Kim Jong-un est le plus agressif des trois Kim qui ont dirigé le pays. Corée du Nord, un plan pour survivre, vendredi prochain à 18h sur Public Sénat et sur publicsenat.fr.

Est-ce que vous savez qui est Réouven ? C'est c'est mon c'est mon grand-père Ruben. C'était un espion soviétique.

Sa mission, exporter la révolution bolchevique partout sur la planète. Entre deux missions, Ruben trouve le temps de mettre au monde un fils, André, qui n'a pas tout à fait les mêmes opinions sur le communisme. Il y a eu des goulags et il faut en parler.

Et c'est terrorisant les goulags. J'ai une immense chance d'avoir été son fils, d'avoir pu discuter, cheminer, échanger avec lui. Tout ce que les Glucksmann ont apporté d'humain dans la politique, ça, c'est formidable.

Trois générations de Glucksmann, trois époques différentes, trois engagements à gauche. Voici l'histoire d'une famille française pas comme les autres. Les Glucksmann, une histoire de famille, vendredi prochain à 22h sur Public Sénat et sur publicsenat.fr. [musique] La semaine prochaine dans notre émission Au bonheur des livres, de la littérature policière avec deux romans dont les héros récurrents sont particulièrement attachants.

D'abord, celui de Jean-Christophe Rufin qui nous permet de retrouver son Aurèle le consul, cet enquêteur en chef parti dans l'île de Sainte-Hélène, ça s'appelle La folie Sainte-Hélène. Et puis le livre de Bernard Minier qui a pour titre Ruptures au pluriel. Cette fois, c'est [musique] une héroïne que nous retrouvons, une policière espagnole partie enquêter dans les milieux effrayants des milliardaires et des nouvelles technologies américaines.

Au bonheur des livres, présenté par Claire Chazal, vendredi prochain à 23h sur Public Sénat et sur publicsenat.fr. [musique] Elles sont des milliers à acclamer Adolf Hitler lors de sa première apparition le 30 janvier 1933 en tant que chancelier du Reich.

Pour nous, à l'époque, les drapeaux à croix gammée rouge, blanc et noir n'étaient qu'un détail. Les femmes étaient très importantes pour lui. Elles avaient donné naissance aux enfants.

Les mères nationales-socialistes assurent la descendance aryenne et fournissent des soldats pour le front. Elles ont fait vivre ce ce régime. Elles ont fait vivre cette idéologie.

Elles ont même commis le pire. Devenues gardiennes dans les camps de concentration, elles se sont rendues coupables de tortures et de meurtres. Les femmes du Troisième Reich, samedi prochain à 22h30 sur Public Sénat et sur publicsenat.fr. [musique] Voir ou revoir ce documentaire sur publicsenat.fr.

Suite du grand jury présenté par Thomas Depré. Et toujours avec nous ce dimanche Raphaël Glucksmann, eurodéputé Place publique et auteur de Nous avons encore envie chez Allary Éditions. Dans un instant, nous vous interrogerons sur le projet de loi fin de vie en cours d'examen à l'Assemblée nationale et au Sénat.

Mais d'abord, on va reparler politique, Raphaël Glucksmann. Le grand jury 2027, [musique] c'est demain. Dans votre livre, vous évoquez beaucoup la France.

Vous proposez un un contrat patriotique, le titre d'un de vos chapitres Fier d'être Français. À quoi ressemblera la France de Raphaël Glucksmann, pas encore candidat mais ? Ce sera une puissance qui aura renoué avec son destin, avec son destin d'être une locomotive.

Ce sera une puissance qui réhabilitera l'idée démocratique dans un moment où basculent les pays les uns après les autres dans l'autoritarisme. Ce sera une puissance indépendante qui poussera l'Europe à proclamer son indépendance numérique face à la Chine et face aux États-Unis. Ce sera une puissance industrielle qui aura renoué avec ses usines qu'on a laissé partir depuis les années 90.

Ce sera une puissance qui réhabilitera les travailleurs, qui les remettra au cœur du contrat social. Et ce sera une puissance éducative parce qu'en fait, la crise actuelle de la nation française est largement liée à la crise de l'école publique. Ce sera une puissance qui réhabilitera la notion de solidarité entre les générations, entre les riches et les pauvres, entre les territoires.

Et je crois que c'est ainsi qu'on renouera avec ce pacte vingt fois séculaire dont parlait le général de Gaulle qui lie la grandeur de la France et la liberté du monde, c'est tout mon combat. Dans votre livre, vous parlez de de convention citoyenne, d'introduction de de la proportionnelle, du d'une refonte du financement de la vie politique, d'un service civique aussi obligatoire euh de 10 mois pour tous les jeunes Français. Est-ce que ce pacte patriotique que vous proposez, c'est un peu une 6e République plus ?

C'est un retour à la République, c'est une refondation républicaine. Une nouvelle ? Qui mais je en fait les numéros m'intéressent franchement fort peu.

Euh ce qui compte, c'est le retour à à l'esprit de la République française, c'est le retour à l'esprit républicain où nous sommes plus que des individus ou des communautés, nous sommes une collectivité nationale. Vous et moi, nous ne sommes plus que euh simplement ce que nous sommes individuellement. Nous sommes des citoyens et on a perdu ce sens-là d'appartenance à un collectif et c'est pour ça le service civique parce que je je crois que on ne peut pas former un peuple si euh un jeune qui naît à à Trappes, un jeune qui naît dans le 7e arrondissement de Paris, un jeune qui naît à Montgobert dans l'Ain, ne se croisent jamais à aucun moment de leur vie et Jean-Luc Mélenchon, lui, il parle d'une nouvelle France.

Il dit il "Aujourd'hui, la France qu'on a connue n'est plus celle-ci, c'est une nouvelle France qui qui qu'il faut écrire." Euh vous parlez de la même France avec Jean-Luc ? Moi, je parle de la France.

Je ne parle pas de nouvelle France, je ne parle pas d'ancienne France photoshoppée euh en en couverture de Valeurs actuelles. Ah c'est pour l'extrême ? Je parle de la France, de la France républicaine, celle qui nous rend fiers, celle qui dit à tous ses enfants, d'où qu'ils viennent, quelles que soient leurs origines, leur religion, leur condition sociale, et bien qu'ils ont tous le stylo dans les mains pour écrire le destin de notre pays.

Et c'est pour ça que je veux qu'ils se rencontrent, qu'ils soient au service de la nation. Et c'est pour ça aussi que je veux une France qui soit profondément antiraciste, qui soit profondément hostile aux discriminations pour dire à tous les Français, tous les Français qu'ils sont Français et qu'ils peuvent en être fiers. Et depuis la Cité de la Vis dans les quartiers nord de Marseille jusqu'à [grognement] jusqu'à Lens et bien il faut qu'on soit tous fiers d'être français et moi je reprends ce slogan Je reprends laissez-moi finir parce que c'est important.

Je reprends ce slogan au rassemblement national. ? Pourquoi je le ? dit fier d'être français. ?

Parce qu'en fait, je n'en peux plus que les démocrates et que la gauche d'ailleurs n'expriment [raclement de gorge] plus cette fierté française. J'en peux plus. Et ce que je veux c'est qu'on reprenne le drapeau tricolore à ceux qui sont en train de l'avilir, c'est-à-dire l'extrême droite.

Parce qu'en fait, ce sont des patriotes de pacotille et j'aimerais vraiment qu'on m'entende quand je dis ça. Jordan [grognement] Bardella au Parlement européen vote contre tout ce qui permet de défendre la France, de défendre les industries françaises. Le Rassemblement national à l'Assemblée nationale vote contre même la taxe sur les petits colis de Chine.

Chine est en train de détruire l'industrie de la mode française. Chine est en train de détruire les petits commerces dans l'ensemble des villes moyennes de notre pays. Et le Rassemblement national qui se dit patriotique vote contre la taxe sur les petits colis.

Il vote contre la défense européenne au Parlement européen. Il vote contre le fait Moi je sais, j'étais rapporteur sur les questions de défense européenne [grognement] contre le fait que pour la première fois on réserve les fonds européens aux productions d'armement réellement européennes contre la dépendance aux États-Unis d'Amérique. Et bien il vote contre et il propose Elon Musk le patron de X et de Tesla et bien comme prix Sakharov qui est le prix qui est décerné pour les combattants de la liberté et qui est combattant des valeurs européennes.

Elon Musk, l'homme qui est en train de déstructurer notre débat public et il défend tous les pays européens. Ce ne sont pas des patriotes. Nous serons nous les patriotes et je veux que la gauche renoue avec ce patriotisme.

Voilà, on va justement évoquer un certain nombre de propositions. Vous parlez de patriotisme, vous parlez de France, vous citez davantage de Gaulle que Jaurès, hein, j'ai compté six fois. Ah si, vous citez six fois le général de Gaulle, euh, cinq fois, euh, Jean Jaurès.

Bah, j'invite, en tout cas, dans le livre, à lire L'armée nouvelle de Jaurès, si on veut comprendre ce que c'est qu'un patriotisme de gauche. C'est absolument éclairant et totalement, euh, adéquat à la situation qui est la nôtre aujourd'hui. Dans ce Dans ce livre, dans ce livre, vous assumez qu'il faudra augmenter l'âge de départ à la retraite, vous êtes pour rendre obligatoire, on l'a dit, euh, un service civique de de 10 mois, pour une convention citoyenne pour l'immigration, c'est pas vraiment un discours habituel quand on se dit de gauche.

Comment vous allez réussir à ? profondément de gauche, parce que la la réforme, euh, des retraites que je propose n'est pas la réforme Borne-Macron. Alors, c'est quoi, ?

Expliquez-nous. c'est une réforme qui est fondée sur la pénibilité, qui prend en compte le fait que nous sommes dans une situation d'inégalité face au travail et face à la retraite. Et que, donc, une femme de ménage, qui est aujourd'hui à 67 ans, n'arrive pas à partir à taux plein, alors qu'elle a le dos et qu'elle a des horaires infernales, eh bien, elle doit être la bénéficiaire numéro 1, la réforme doit être pensée pour elle.

Vous écrivez "En 1945, la France comptait quatre actifs pour un retraité, elle compte aujourd'hui 1,7 actifs pour un retraité. Ceux qui ont une espérance de vie en bonne santé plus longue doivent partir plus tard." Plus tard, ça veut dire quoi, Raphaël ? 65 ? on proposera notre réforme.

Ce que je veux dire dans ce livre, c'est que, en fait, si on veut être crédible, quand on dit que on va abroger la réforme de Macron, ce que nous allons faire, eh bien, il faut insister sur ce fait que nous proposerons, nous, une réforme qui sera juste, qui sera juste, qui permettra, aussi, eh bien, à la France d'investir dans l'éducation, d'investir dans la transition écologique, d'investir dans les industries de l'avenir et qui favorisera ceux qui sont défavorisés aujourd'hui, c'est-à-dire, d'abord, les femmes aux carrières hachées. Mais donc, pour le moment, vous ne répondez pas très concrètement sur cette question. Mais je vais pas vous répondre maintenant parce que on aura un moment de présentation de notre programme et vous aurez des détails.

Mais moi ce que je veux vous dire c'est que on est en train de travailler avec la CFDT, avec les partenaires sociaux et que nous ferons exactement l'inverse, mais d'ailleurs comme sur tous les sujets, de la stratégie politique d'Emmanuel Macron qui a été de braquer les partenaires sociaux, de casser le dialogue social et le résultat c'est qu'en fait on est dans l'incapacité de réformer parce qu'on ne respecte pas ce qui fait le cœur de la démocratie française, c'est-à-dire Il y a un autre sujet euh sur lequel vous renvoyez aussi à d'autres de nouvelles consultations. Euh c'est la question de l'immigration. Vous proposez une une convention citoyenne qui débouchera, je cite, sur des propositions votées euh au Parlement.

On a envie quand même d'en d'en savoir plus. Ça veut dire ? Que vous n'avez pas encore défini votre vision de ce qu'est euh votre politique migratoire pour la ?

Si, nous aurons une politique migratoire. Mais ce que je veux dire c'est que on ne met pas sous le tapis un débat qui polarise à ce point la société française. Nous faisons l'inverse.

Il faut assumer ce débat, l'encadrer. Ce n'est pas le déni, mais ce n'est pas non plus le concours de fantasmes auquel nous assistons aujourd'hui. Et ce dont je me rends compte c'est que plus on parle euh longuement d'immigration avec les Françaises et les Français, plus finalement la discussion produit un point de vue qui est relativement modéré.

Parce que en réalité, même euh chez celles et ceux qui sont les plus choqués par l'impression de chaos, et bien euh quand on leur dit mais vous vous rendez compte euh les travailleurs immigrés, qu'est-ce que qu'est-ce que vous voulez en ? Les euh travailleurs qui permettent à à l'hôpital de tenir debout, les travailleurs qui permettent à la restauration de tenir de travail, c'est ce que vous Il vous dites aujourd'hui. François Ruffin par exemple dit l'inverse.

Je sais et c'est un désaccord que j'ai avec François Ruffin. On peut avoir d'autres accords, mais là-dessus c'est un désaccord que j'ai parce que en réalité, non seulement on a besoin d'une immigration de travail, l'économie française s'écroulerait s'il n'y avait pas d'immigration de travail. On le voit d'ailleurs quand ce Madame Meloni fait campagne en expliquant immigration zéro et qu'ensuite elle invite 500000 travailleurs immigrés parce que son économie a besoin d'immigration.

Et d'autre part, je suis sur l'immigration demandé par Gérald ? Mais c'est encore un gadget total parce qu'en fait on annonce comme ça fièrement un moratoire sur l'immigration. On sait que c'est impossible quand on le prononce.

Ça c'est Monsieur Darmanin, c'est typique du macronisme. C'est d'ailleurs des effets de manche, de la com permanente sur du vide. Et derrière, quand on est questionné, quand ils sont questionnés, qu'est-ce qu'ils ?

Ils disent "Ah non mais en fait c'est juste le regroupement familial." Le regroupement familial, c'est ? C'est 5 % seulement de l'immigration globale.

Donc en fait, faire des effets d'annonce sur un supposé moratoire sur 5 % c'est-à-dire que finalement il y a aucun résultat. Le seul but de cela c'est de finalement monopoliser l'attention publique et de faire croire qu'on agit en parlant. vous évoquez quand même dans le livre le problème du macronisme est que les gens n'en peuvent plus en fait de cette communication permanente autour du vide.

Il y a un moment où il va falloir quand même qu'on soit capable de parler moins et de faire plus. Mais concrètement vous évoquez quand même dans le livre une régulation, c'est votre mot, de l'immigration. Comment concrètement, sur quoi vous allez ?

Mais par exemple, on sait qu'on a besoin d'immigration de travail. Ouais. On va arrêter l'hypocrisie qui consiste aujourd'hui à faire une sorte de darwinisme.

C'est-à-dire que on dit au au à des êtres humains que si ils survivent à la Libye, si ils survivent à la traversée de la Méditerranée et que ils survivent ensuite à 10 ans dans l'illégalité dans une zone grise en France en trouvant un travail, eh bien ils ils finiront par être régularisés. Là on assumera le fait que oui, nous avons besoin d'immigration de travail et que donc nous allons installer ma question. Non mais laissez-moi finir parce que ça va rejoindre votre question.

On a un moratoire Nous allons instaurer des laissez enfin des des visas pendulaires qui permettront de faire des allers-retours, de venir en France normalement, légalement, de pouvoir travailler en France, de retourner chez soi et en échange de cette politique là, et bien ce que nous demanderons aux pays de provenance, c'est de fournir les laissez-passer consulaires qui aujourd'hui manquent et rendent totalement inopérantes par exemple les OQTF et la dignité et finalement minent l'état de droit français puisque en réalité, nous prenons des décisions, le gouvernement prend des décisions, l'état prend des décisions qui ne sont pas appliquées faute de coopération avec les pays de provenance. Pour ça, il faut justement des des bonnes relations avec ces pays. Il faut qu'on avance.

Et et et notamment et notamment impliquer l'Union Européenne donc à nouveau, ceux qui nous prônent une sorte de Frexit déguisé seront euh hostiles aux intérêts de la France parce que en réalité, dans avec beaucoup de pays, vous l'avez souligné, il faut dépassionner les relations et passer par l'Europe. Euh autre thème que vous abordez dans dans ce livre, l'école Raphaël Glucksmann, vous vous avez souhaité en en parler ce ce dimanche matin. Vous écrivez "Le travail de l'enseignant n'est plus valorisé, la République a soumis sa propre école à une concurrence déloyale." On comprend que vous voulez en faire un des thèmes de de votre future campagne.

Vous promettez plus de personnel face aux élèves tout en réduisant les postes administratifs. Euh c'est une formule qui plaît à tout le monde hein mais mais quel poste vous supprimez ? Dans l'éducation nationale, qui perd son emploi Raphaël Glucksmann ?

Non non, il y il y a pas euh il y a il y a pas de mammouth à dégraisser comme ça a été dit euh à d'antiques occasions. Euh en réalité, l'éducation nationale, contrairement à ce qu'on pense, n'est pas le l'administration la plus euh fournie en personnel. Et vous dites qu'il faut redéployer.

Voilà. Il s'agit Il s'agit d'être flexible et de redéployer. Mais il s'agit surtout surtout surtout ce qu'il s'agit de voir, et là j'aimerais vraiment qu'on m'écoute parce que c'est proprement sidérant sur les choix qui ont été faits dans notre pays.

Aujourd'hui, nous avons des enseignants en primaire en France qui sont payés 17 % de moins que la moyenne de l'OCDE. Un enseignant français en primaire est payé moins qu'un enseignant portugais en primaire ou un enseignant slovène. Nous avons des professeurs qui sont les plus mal payés en rapport à notre richesse de tout le continent européen. les salaires de ? de ce que ça signifie pour un pays qui a été façonné, créé par l'école publique.

Donc revalorisation. Ensuite, on a le taux d'encadrement. Non, ça va pas du tout. a Non, mais il faut partir du constat.

Parce que moi ce que j'entends sur l'école aujourd'hui dans cette campagne ou pré-campagne, c'est en fait que une série de gadgets où on explique l'uniforme pas l'uniforme, le brevet pas le brevet. tout le monde en est d'accord. L'école tout le monde n'est pas d'accord puisque il y a eu 10 ans de pouvoir là d'un ancien premier ministre macroniste qui aujourd'hui vous explique que l'école est une priorité. qui ont déjà été revalorisés quand même sous les quinquennats précédents. qui est le le plus faible par taux d'encadrement des élèves qui est le plus faible d'Europe, des écoles qui sont délabrées et une école deux choses, l'école de la République qui reproduit le plus les inégalités sociales dans toute l'Europe et qui voit ses résultats dans les matières fondamentales et dans les savoirs fondamentaux notamment en maths, s'effondrer.

Et pourquoi ils s'effondrent ces ? Ils s'effondrent non pas parce que les meilleurs élèves seraient moins bons qu'avant, mais parce qu'en fait il y a un décrochage et que les inégalités sociales se reproduisent dans les classements et font chuter le classement de la France. Donc l'enjeu dites il faut revaloriser les salaires des enseignants de ? revaloriser les salaires des enseignants de manière substantielle, mais il faut faire plus que cela.

On a soumis l'école publique à une à une concurrence déloyale parce que on finance le privé à hauteur de 75 % Donc vous voulez ? Vous voulez relancer quelque part un peu la guerre entre le public du tout. Je veux absolument pas relancer.

Ce que je veux c'est plus de mixité ? c'est l'égalité. C'est que il y a 43 % des collégiens du public qui sont issus de milieux défavorisés quand ce n'est que 18 % dans le privé.

Et vous savez ? Cette part a baissé dans le privé et a augmenté dans le public. Parce qu'en fait, je vais vous dire une chose très simple.

À l'époque, par exemple, on pouvait mettre son enfant en dans l'école privée parce que c'était une conviction religieuse, par exemple, dans les écoles privées catholiques. Aujourd'hui, c'est plus le moteur principal. Le moteur principal quand on inscrit ses enfants dans le privé, c'est la fuite du public.

C'est qu'on veut C'est qu'on veut C'est qu'on veut Donc vous voulez remettre de la mixité et le financement de l'école privée à plus de mixité sociale pour le public soit la meilleure et que donc les élèves restent dans le public. Moi, je comprends les choix individuels des parents. Mes enfants sont dans une école publique, mais Pour éviter cette fuite du public vers le privé, vous voulez conditionner donc le financement du privé à ?

Plus de mixité ? mixité sociale parce qu'en fait, sinon on organise une concurrence déloyale entre des écoles qui sont financées par le public et qui n'ont à respecter aucun critère social. Et ça, c'est impossible parce que le résultat de cela, c'est l'affaissement et l'affaiblissement de l'école publique.

Et moi, je vous le Sans école publique, il y a plus de République. Et en plus, aujourd'hui, on demande à l'école de porter sur ses frêles épaules déjà mal traitées l'ensemble des crises de la société. Quand vous parlez avec les enseignantes et les enseignants partout en France, ils vous le disent.

C'est-à-dire qu'avant, au moment de la 3e République et des hussards noirs, il y avait toute une série d'institutions dans la société qui tiraient dans le même sens que l'école. Aujourd'hui, il y a l'école et face à l'école, il y a TikTok. Mais si vous n'agissez pas sur les réseaux sociaux, si vous Vous-même, vous voulez interdire, bannir le réseau social TikTok.

Ce que je veux, moi, c'est que TikTok, comme tous les autres réseaux sociaux, respecte nos lois. Et si TikTok, comme c'est le cas aujourd'hui, ne respecte pas nos lois, il faudra le bannir. Donc il faut accepter le rapport de force.

Ça, ça c'est industrie algorithmique qui est en train de déstructurer notre société. Quand vous êtes enseignante aujourd'hui et que vous faites cours et que ensuite vous avez un influenceur qui capte l'attention de votre élève et votre élève vous dit "Mais non, c'est pas vrai, j'ai J'ai l'inverse sur TikTok." Vous êtes en permanence face à des boîtes noires qui sont contrôlées à Pékin ou euh dans la Silicon Valley et qui déstructure l'objet même de la République qui est l'émancipation de l'élève et du citoyen français.

Et donc ça, c'est insupportable. Nous nous protégerons l'école, nous revaloriserons les enseignants et nous ferons de l'école publique le pilier de la République ce qu'il n'aurait ce qu'elle n'aurait jamais dû cesser d'être. Ah.

Alors, on aurait dû à ce moment-là avoir un petit jingle qu'on a pas entendu mais que nos téléspectateurs ont ont vu. Euh question express, Raphaël Glucksmann, des questions des questions courtes et des réponses très courtes pour pour qu'on puisse ensuite vous interroger sur l'international parce qu'on a aussi quelques questions à à vous poser. Euh Raphaël Glucksmann, pour ou contre faire rentrer Samuel Paty au ?

C'est une demande faite euh par une partie de sa famille soutenue par Édouard Philippe. Pour. ?

Pour. Pour pour célébrer les hussards noirs de la République et pour rendre hommage à Samuel Paty, je suis pour pour pour Jean-Jacques Bourdin. Si vous étiez élu président, qui feriez-vous euh rentrer au ?

Est-ce que vous avez une ? J'y ai pas euh j'y ai pas réfléchi, je vous avoue. vous avez pas instinctivement Euh je suppose que enfin je sais pas quand euh Samuel Paty entrera au Panthéon, mais Ça pourrait être votre première décision.

Est-ce qu'il faut retirer son titre de séjour à la Russe euh Xenia Fedorova qui est l'ancienne patronne de la [raclement de gorge] chaîne ? Euh elle multiplie les les positions pro-russes contre euh la France sur les médias du groupe Bolloré. En tout cas, ce que je sais, c'est qu'il faut euh lui retirer le micro euh parce que en réalité, ce n'est pas euh une journaliste, ce n'est pas une une commentatrice, c'est une agente russe et c'est une agente russe depuis le début.

Donc les médias de monsieur Bolloré, quand ils ouvrent grand euh les vannes à madame Fedorova, en fait, se font les caisses de relais de la propagande poutinienne. Et et si c'est ça, euh ce que l'extrême droite appelle du patriotisme, eh bien, ça confirme juste une chose, c'est que ces gens sont au service d'intérêts étrangers hostiles à ceux de notre nation et en particulier d'un régime qui menace, et là, je veux vraiment qu'on m'entende, qui menace directement la France, qui menace directement l'Europe et donc qui menace la sécurité des Françaises et des Français. Le grand jury, tout est politique.

Tout est politique, Raphaël Glucksmann, juste avant de se quitter, euh un mot de politique étrangère. Il y a quelques instants, la la France vi- à travers la la voix de de Jean-Noël Barrot, chef de la diplomatie, demande une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU sur la situation au Liban. Israël poursuit son offensive et et et a franchi le le fleuve Litani, un axe symbolique et stratégique.

Plus de 3000 personnes ont été tuées depuis le début du du conflit en mars. Euh jusqu'où peut encore aller le combat contre le le ? Et est-ce que c'est encore de ça dont il s'agit à l'heure où on se ? arrêter l'offensive israélienne.

Il faut arrêter Benjamin Netanyahu. La France a raison de convoquer le Conseil de sécurité. Et ce qu'il faut, parce que la France peut le faire et parce que c'est sa responsabilité historique, il faut une grande initiative internationale pour soutenir la souveraineté libanaise.

On a la chance d'avoir un gouvernement libanais, d'avoir un président libanais qui veulent affirmer la souveraineté du Liban face au Hezbollah, mais on a face à eux Israël qui euh dont le gouvernement a décidé une fuite en avant et en réalité menace l'existence même du Liban au moment où on se parle. Et donc, il faut que la France soit au côté du peuple libanais, au côté de l'État libanais. Jim Jarrassé, sur l'Iran, les négociations patinent toujours avec euh les États-Unis.

Est-ce qu'il faut décorrélée euh le sujet de la réouverture du détroit d'Ormuz des autres sujets de négociation, notamment le nucléaire, pour accélérer cette ? Ce qu'il faut surtout, c'est que euh Donald Trump acte une chose, c'est que quand on lance une guerre sans aucun objectif stratégique, on la perd. Et que donc, il faut sortir de l'ornière maintenant.

Et je suis, moi, convaincu que le danger euh de Trump, c'est le danger d'un empire américain qui euh finalement ne n'a plus de sens des réalités, de sens stratégique, qui s'est noyé dans son propre spectacle et qui menace aujourd'hui la stabilité du monde. Et c'est pour ça que je me bats pour l'indépendance de l'Europe. C'est pour ça que je me bats pour la souveraineté européenne.

C'est pour ça que je me bats pour que notre pays, la France, soit la locomotive de la puissance européenne. Quand on veut faire un nouveau contrat patriotique, c'est aussi pour que la France puisse à nouveau affirmer sa voix en Europe, mobiliser les Européens pour affirmer notre indépendance. Parce que sinon nous serons entraînés par Donald Trump dans une spirale qui est un gouffre.

Pour la première fois euh cette semaine, un immeuble résidentiel en Roumanie a été touché par un drone russe. Est-ce que vous diriez que cet incident, qui est officiellement accidentel à la frontière de l'OTAN, est un avertissement des ? En tout cas, c'est un un acte grave.

Et je pense que nous faisons tous preuve de légèreté en France en zappant la question euh de la guerre en Ukraine. ? Pas par solidarité vis-à-vis euh des Ukrainiens. ?

Oui. Aujourd'hui, les dirigeants politiques n'en parlent quasiment plus. Aujourd'hui, euh ça ne fait plus les grands titres dans les médias.

Mais ce que je veux rappeler, c'est que l'ensemble des services de sécurité du continent européen nous alerte sur le risque d'une guerre sur le sol de l'Union européenne avant 2029. Et que donc nous sommes dans une situation où nous devons soutenir massivement les Ukrainiens, non pas simplement par solidarité envers une nation dont le seul crime est de vouloir vivre libre, mais parce que c'est notre intérêt vital que chaque euro que nous investissons dans la résistance ukrainienne aujourd'hui est en réalité un euro investi dans notre propre sécurité. On dit que l'OTAN aujourd'hui n'est pas prête.

On dit que l'OTAN n'est pas prête pour une guerre par drone interposé, par exemple. Ça vous ? Ça m'alerte et ça m'alarme.

Et j'aimerais que nous ayons tous conscience de la gravité de la situation. Quand on fait des entraînements conjoints avec les forces ukrainiennes, elles nous expliquent à quel point nous ne sommes pas prêts à la guerre telle qu'elle se pratique aujourd'hui. Or, les menaces qui pèsent sur nous sont extrêmement pressantes et réelles.

Et donc, il faut un effort, un effort commun de l'Europe pour pouvoir se défendre seuls. un emprunt ? Et ça, un emprunt commun à l'échelle européenne pour investir massivement dans la défense du continent européen.

Et ça, la France a une responsabilité particulière. ? Parce que nous sommes le seul pays européen réellement indépendant.

Notre base industrielle de défense est indépendante vis-à-vis des États-Unis. Nous sommes la seule puissance dotée et nous sommes la seule puissance Faut la partager cette arme ? Non pas la partager au sens où il y aurait 27 personnes qui décident d'appuyer sur un bouton, ça ne marchera pas, ce sera toujours le privilège du président de la République française.

Mais par contre, il faut une dimension européenne à la dissuasion française et d'ailleurs, c'était déjà Hmm. l'intuition du général de Gaulle lui-même. Et donc, ce qu'il faut faire, c'est que la France s'appuie sur cet héritage extraordinaire que lui a légué notamment le gaullisme pour pouvoir conduire l'Europe vers l'indépendance.

Et c'est ça le sens de notre nation, le destin de notre nation. En fait, on va être réellement, si nous faisons les réformes intérieures, si nous sommes convaincus que nous pouvons à nouveau donner un destin à notre pays, on va réellement être à nouveau les locomotives du monde libre. Ce sera le mot de la fin.

Merci beaucoup Raphaël Glucksmann pour ce temps passé avec nous. On aura pas obtenu la réponse de savoir si vous êtes candidat, mais vous nous avez promis la réponse dans 3 mois. Merci beaucoup, on se retrouve la semaine prochaine.

Merci à vous. Le Grand Jury RTL, Public Sénat, Le Figaro, M6.